00:00 Bonjour, un mot sur ce que l'on vient d'évoquer avec Yann Effelé, la mort de ce gendarme que l'on a appris pendant la séance des questions au gouvernement.
00:06 Il avait 24 ans. Il est mort il y a quelques heures. Votre réaction ?
00:11 Un gendarme est mort. Il avait effectivement 24 ans. Il est mort en faisant son devoir.
00:16 Son devoir, c'était de protéger nos compatriotes en Nouvelle-Calédonie, quels qu'ils soient, Kanak ou Kaldosh.
00:23 Il est mort en faisant son devoir et il a donné sa vie finalement pour la République, pour la France. Je veux lui rendre hommage.
00:30 Je veux m'adresser à sa famille qui doit aujourd'hui être dans une grande souffrance, mais aussi à ses frères d'armes,
00:36 les gendarmes qui ont été dépêchés sur place pour que l'ordre républicain puisse régner enfin dans une Nouvelle-Calédonie en pleine insurrection.
00:45 Justement, comment faire redescendre la pression sur l'île ?
00:48 On a vu que vous demandiez ce matin l'instauration de l'état d'urgence sur l'archipel de Nouvelle-Calédonie.
00:54 Là, visiblement, c'est ce qui va être acté en Conseil des ministres. C'est la solution pour l'heure ?
00:59 Ce n'est pas la solution. C'est un outil qui va permettre encore une fois de rétablir la sécurité, la tranquillité des Néo-Calédoniens,
01:06 parce qu'on voit bien qu'il y a des centaines de blessés, il y a des morts. Il pourrait y avoir d'autres morts.
01:11 Il y a des dizaines de milliers d'armes qui sont en circulation.
01:14 Désormais, malheureusement, les Français calédoniens considèrent que l'État ne les protège plus.
01:20 Ils se sont armés, ils s'arment. Il y a des milices et on voit bien que les choses peuvent dégénérer très vite.
01:26 Alors oui, l'ordre public, l'état d'urgence, mais au-delà, il faudra restaurer le dialogue.
01:31 Mais le dialogue après que la sécurité et la tranquillité soient revenus.
01:35 À l'origine de ces violences, il y a le projet de loi constitutionnel qui a été adopté par le Sénat le 2 avril et la nuit dernière à l'Assemblée nationale.
01:42 Le Congrès devrait maintenant être convoqué pour enteriner cette réforme constitutionnelle.
01:46 On a appris que l'exécutif attendait pour l'heure de recevoir tous les responsables politiques de l'archipel
01:51 avant d'engager cette procédure de Congrès. Quelle est la solution politique autour de ce projet de loi constitutionnel ?
01:58 Faut-il suspendre cet examen ?
02:01 Je pense que le président de la République a eu raison de tendre la main.
02:06 Il a tendu la main, le Sénat d'abord et puis ensuite l'Assemblée nationale ont fait leur travail.
02:11 Maintenant, ça devrait être le Congrès. Je pense qu'il doit y avoir l'espace de dialogue.
02:15 D'abord, le rétablissement, je le disais, de la sécurité. Mais c'est la démocratie, quand même, qui doit triompher.
02:21 Parce qu'aujourd'hui, le blocage vient du fait que certains ne veulent pas jouer le jeu de la démocratie.
02:27 Aujourd'hui, il y a pratiquement plus d'un cinquième des néo-calédoniens qui ne peuvent pas participer au vote.
02:33 Donc on ne peut pas faire d'élection démocratique s'il n'y a pas une révision de ce corps électoral.
02:39 Il faudra aller au bout de l'examen. Il faut convoquer le Congrès.
02:42 Mais attention, il n'y a pas seulement une crise politique institutionnelle. Il y a une crise économique et sociale.
02:48 On voit bien avec la crise du nickel. Il y a beaucoup de chômage. Donc il faut aussi avoir cette réponse.
02:53 Il y a aussi une crise en matière géopolitique. Il y a des influences étrangères de la Chine, de l'Azerbaïdjan.
02:58 [Musique]
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