00:00RTL bonsoir, Julia Célier, Isabelle Choquet et Cyprien Signy.
00:04Allez RTL bonsoir, on va maintenant s'arrêter sur l'événement du soir,
00:08le sommet Choose France, 180 patrons étrangers réunis donc au château de Versailles,
00:14dîner tout à l'heure dans la galerie des glaces.
00:16Ils sont venus investir dans notre pays, implanter, développer, agrandir des usines.
00:2015 milliards d'euros, on le disait de promesse cette année, c'est un record.
00:24On va justement rejoindre à Versailles l'un de ses patrons.
00:26Bonsoir Daniel Hagger.
00:28Bonsoir.
00:29Vous êtes le président du conseil de surveillance d'Hagger Group, société allemande spécialiste des équipements électriques.
00:35Pour vous donner une idée, Hagger c'est 40% des boîtes à fusibles dans nos foyers ici en France.
00:40Allez regarder chez vous.
00:41Daniel Hagger, vous êtes déjà présent dans notre pays.
00:44Vous comptez investir 120 millions d'euros, c'est bien ça sur votre 4 site en Alsace ?
00:50Exactement, principalement sur notre site de Bernay où on va continuer d'investir à hauteur,
00:57exactement comme vous avez dit, 120 millions d'euros, ce qui va représenter 500 emplois supplémentaires sur les 3 prochaines années.
01:03Cet argent, il va servir à quoi ? Développer la recherche ? Augmenter la production ? Quelle est l'idée ?
01:08Il y a plusieurs.
01:10On va étendre la capacité à investir dans la recherche et développement.
01:16Et troisièmement, dans la décarbonisation de nos sites.
01:20Ces 500 emplois, ils seront créés quand ? Et quel métier vous allez recruter exactement ?
01:26C'est sur les 3 prochaines années.
01:28Il y a de la production, il y a de la R&D, il y a des techniciens et de l'administratif, il y a un peu de tout.
01:34Et ça va s'étaler dans le temps, en fonction de la conjoncture aussi,
01:39qui en ce moment pour le bâtiment est un peu plus morose,
01:43mais on est confiant sur l'avenir du métier électrique,
01:47parce que vous avez toujours besoin d'une boîte à fusibles comme vous l'avez appelé.
01:52Vous êtes reçu au château de Versailles ce soir.
01:54Vous dînerez tout à l'heure près d'Emmanuel Macron dans la galerie des glaces.
01:58Vous dites, vous avez dit, on se sent valorisé par le discours politique en France.
02:02Ça veut dire quoi ? Que finalement quand le gouvernement vous fait les yeux doux, ça fonctionne ?
02:06Vous êtes sensible à cette séduction ?
02:09C'est une reconnaissance du travail qu'on fait, de la valeur qu'on génère.
02:17C'est aussi une reconnaissance pour nos salariés qui travaillent à la richesse du pays.
02:26Donc ça fait du bien qu'une fois dans l'an, on nous dit bravo, c'est bien fait.
02:32Ce n'est pas le cas dans tous les pays par exemple ?
02:34Non, ce n'est pas partout pareil.
02:37Et puis en tant qu'entrepreneur, on est parfois suspecté.
02:41Il y a des règles qui sont faites un peu partout pour nous contrôler,
02:45pour nous sous-tendre qu'on est en train de faire quelque chose qui n'est pas légal ou qui n'est pas propre.
02:52Dans beaucoup de pays, c'est comme ça.
02:54La législation européenne vise à ça, à nous contrôler de plus en plus, à restreindre notre action.
03:04Et on a l'impression d'être des voleurs et de faire quelque chose de malsain.
03:11Donc ça fait du bien d'être reçu ici, d'être remercié et tout ça dans un cadre magnifique qui est le château de Versailles.
03:22En France, on critique souvent la bureaucratie.
03:24Vous, au contraire, vous dites que les autorisations, par exemple au niveau local, dans vos usines en Alsace, vos sites en Alsace,
03:30elles sont données plus vite qu'en Allemagne.
03:33Ce qui pour nous français paraît totalement contre-intuitif.
03:38On fait aussi la grève maintenant en Allemagne.
03:41Et on a repris beaucoup de choses qui se faisaient en France avant.
03:45Et on les a perfectionnées, on va dire.
03:47Mais non, blague à part, je pense qu'il y a dans le tissu, en tout cas alsacien,
03:53on a l'Agence pour le Développement Économique qui nous aide énormément,
03:57qui nous enlève un peu les barrières administratives,
04:01qui nous aide à chercher, à trouver des chemins, à trouver des solutions.
04:06Et ça fait du bien.
04:08On n'a pas la même aide en Allemagne,
04:10où on a parfois l'impression que les différentes administrations tirent dans des directions différentes.
04:16Et c'est extrêmement compliqué et frustrant.
04:20Et surtout en Allemagne, en ce moment, le climat n'est pas très bon,
04:24avec un politique qui n'est pas forcément d'accord, qui ne sait pas très bien ce qu'il est en train de faire.
04:29Avec un gouvernement de coalition, on le rappelle, en Allemagne.
04:32Vous dites toutefois que, quand on regarde les dépenses publiques en France,
04:36je vous cite, il est évident qu'on ne travaille pas assez.
04:39Ça veut dire quoi ? Qu'il y a quand même aujourd'hui d'autres pays en Europe
04:42qui, même si la France est, d'après vous, en train de devenir un pays pour entreprises,
04:47sont encore plus attractifs que nous ?
04:51Je pense que si on veut conserver notre statut, et je parle à niveau européen aujourd'hui,
04:57si on veut conserver notre richesse, notre mode de vie,
05:01ça ne se fera pas en travaillant moins, et ça ne se fera pas en accroissant le domaine de l'État.
05:11Je pense que la richesse est créée par les entreprises,
05:15et donc il faut valoriser ça, il faut travailler plus dans l'industrie.
05:19Et je pense que le mouvement du président Macron va dans ce sens-là,
05:24de réindustrialiser la France.
05:28Et bien sûr, les heures de travail, ce n'est pas une semaine de quatre jours
05:32qu'on discute vivement en Allemagne.
05:34Ce n'est pas avec ça qu'on va créer de la richesse.
05:37Il faut savoir que dans les autres pays du monde,
05:40les heures de travail sont bien différentes, les jours de congé aussi,
05:45et c'est comme ça qu'on a aussi assis notre première position, je pense, dans le monde,
05:51et si on a envie de la conserver, ce n'est pas en travaillant moins.
05:56Vous craignez pas l'instabilité politique dans notre pays, en France, dans les sondages ?
06:00Par exemple, Marine Le Pen est donnée gagnante en 2027 pour l'instant.
06:03Sa politique industrielle sera peut-être beaucoup plus protectionniste que la politique actuelle ?
06:08Je ne sais pas si dans le monde d'aujourd'hui on peut être protectionniste.
06:12On verra si ça se concrétise, il y a beaucoup de si.
06:19On voit aujourd'hui un gouvernement Meloni en Italie.
06:23Après, il y a des réalités économiques et des réalités politiques
06:29qui font que la soupe est moins chaude quand elle est mangée que quand elle est cuisinée.
06:36L'industrie s'adaptera à la politique.
06:40On a bien sûr des préférences.
06:42On vit d'un libre-échange, d'un monde ouvert, d'un monde divers.
06:49C'est important, je pense, pour l'industrie.
06:51Je pense que de n'importe quel bord, la politique va devoir se résigner à accepter ce fait-là.
07:00Vous avez quand même une petite partie de votre production en Chine.
07:03Ça veut dire quoi ?
07:04Qu'une entreprise comme la vôtre ne peut pas se passer de la Chine aujourd'hui ?
07:07Ce n'est pas possible de tout rapatrier en Europe ?
07:10Non, je pense que ce n'est pas possible sur plein de plans.
07:16Il y a des compétences qui se trouvent en Asie que vous ne pouvez pas transposer.
07:23Par exemple, sur les boulons et les vis, tout simple,
07:28le plus gros marché mondial de fabrication se trouve à Taïwan.
07:32Je ne sais pas si on a envie de rapatrier les boulons et les vis en Europe.
07:37Dans la division du travail, ça fait du sens de l'avoir dans un autre pays concentré.
07:43Dans la R&D, tout ce qui est digital, la Chine est quand même un acteur extrêmement important.
07:49Dire qu'on va se passer de la Chine me paraît extrêmement compliqué.
07:54En tout cas, ça ne laisse pas présager un monde meilleur pour demain
08:01parce qu'on va aller dans un sens de la décroissance et pas de la croissance
08:05qui est comme dans la théorie, la croissance économique est synonyme de bonheur,
08:13de réalisation personnelle, de liberté.
08:16Si on a envie de conserver ça, je pense que les marchés ouverts sont importants.
08:20Merci beaucoup Daniel Hagger, vous le patron, le président du conseil de surveillance
08:24de l'entreprise allemande Hagger Group, l'un des 180 PDG présents ce soir à Versailles
08:30au sommet Choose Friends, 120 millions d'euros.
08:33C'est donc la somme que vous allez investir sur vos sites en France, en Alsace plus précisément.
08:37Merci beaucoup RTL, bonsoir.
08:39Votre émission continue et dans un instant, RTL Inside en voiture.
08:43Femme au volant, beaucoup moins d'accidents, 84% des accidents mortels sont causés par des hommes
08:48et pourtant en 2024, les clichés misogynes sont persistants.
08:52On va l'entendre, la visoconférence arrive aussi.
08:55Alex, c'était bien les vacances ?
08:57C'était très bien et je tiens à dire que je n'ai jamais fait une blague sur le cliché misogyne.
09:01Jamais, jamais, jamais.
09:04Ne touchez pas à ça vous évidemment.
09:06C'est incendiaire et je ne le ferai pas dans la chronique de tout à l'heure non plus.
09:09On vous retrouve juste après ça.
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