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00:02 RTL 7h40, au 3, excellente journée à vous tous qui nous écoutez.
00:10 Des fêtes cataclysmiques pour la République, vient de nous dire Richard Malca, que vous recevez ce matin, Mandine Bégaud.
00:16 Richard Malca, avocat, on le sait depuis des années de Charlie Hebdo, avocat aussi, vous étiez venu nous en parler il y a quelques semaines de la famille de Dominique Bernard,
00:24 ce professeur de lettres assassiné à Arras le 13 octobre dernier. Vous parlez de des fêtes cataclysmiques pour la République,
00:33 ce sont vos mots après la démission de ce proviseur, le proviseur du lycée Maurice Ravel à Paris, menacé de mort après avoir demandé à une élève d'enlever son voile.
00:42 Vous vouliez prendre la parole ce matin, pour dire quoi ? Pour taper du poing sur la table, pour qu'enfin ça s'arrête ?
00:49 Oh, je l'ai fait déjà tellement souvent, alors je ne vais pas rajouter des mots d'indignation à tous ceux qui ont été prononcés sur cette affaire.
00:58 Le mot de défaite de la République, il n'est pas de moi, il est de Fabien Roussel, ce qui dit aussi qu'il existe encore une gauche digne dans ce pays.
01:06 Mais malheureusement, je dirais une défaite de plus, et j'ai entendu beaucoup de mots.
01:12 Je n'ai pas vu beaucoup d'actes qui seraient de nature à faire en sorte que l'entrisme islamiste, comme l'appelle Gabriel Attal,
01:23 ne provoque pas dans un mois, dans deux mois, dans six mois, un nouvel incident qui fera qu'il y aura des nouvelles tribunes,
01:30 que vous m'inviterez à nouveau, que vous me demanderez s'il faut taper du poing sur la table, et puis en fait, tout va toujours plus mal, et tout empire toujours.
01:39 - L'entrisme, juste je reviens sur ce mot, c'est quand même un mot fort, l'entrisme, on le rappelle, c'est une stratégie politique
01:46 qui vise à faire entrer de manière concertée des membres d'une organisation dans une autre organisation rivale.
01:51 On en est là aujourd'hui, il y a de l'entrisme islamiste à l'école.
01:55 - On est au-delà de ça, parce que ça concerne la société au-delà de l'école.
02:01 Aujourd'hui, l'islamisme terrorise la République. Je préférerais que ce soit la République qui terrorise l'islamisme.
02:09 Quand l'État ne contrôle pas la religion, la religion contrôle l'État. C'est ça la dialectique.
02:15 Ça a été la dialectique pour le christianisme au début du XXème siècle.
02:19 Et ça a été compliqué de faire rentrer les prêtres et les évêques dans leurs églises.
02:24 Et ce qui me stupéfait, c'est qu'aujourd'hui, après des professeurs assassinés, c'est quand même pas rien,
02:32 au nom d'une religion, au nom d'Allah, après des proviseurs obligés de démissionner,
02:40 et puis des enseignants, et puis des milliers d'incisants, et puis des contestations de minutes de silence,
02:45 et puis des contestations d'enseignement artistique, il y a quelques mois, historique, scientifique,
02:52 et bien nous ne sommes toujours pas en ordre de bataille contre ce péril qui est un péril systémique.
02:58 - C'est une guerre ?
03:00 - Bien sûr que c'est une guerre. C'est une guerre depuis des siècles et des siècles.
03:05 C'est une guerre pour nos libertés, face à la religion, pour notre égalité, pour notre émancipation,
03:11 pour ne pas vivre sous le joug de dogmes, de contes, de sorciers.
03:16 C'est ça la guerre des êtres humains, de l'homme, c'est une guerre humaniste qu'il faut mener.
03:22 Qu'est-ce qu'a fait cette jeune femme ?
03:24 Qu'est-ce qu'elle a fait la première chose qu'elle a faite, à part mentir ?
03:27 Parce que c'est toujours le mensonge, comme dans "Sapuène Paty", comme dans les caricatures de Charlie Hebdo,
03:32 et le mensonge crée la violence, pour citer Anna Arendt.
03:37 Qu'est-ce qu'elle fait ?
03:39 Elle va voir immédiatement le CCIF, c'est-à-dire l'émanation des frères musulmans
03:45 qui ont été dissous en France et qui sont allés se réfugier en Belgique, pour donner une interview.
03:50 Quel est le programme des frères musulmans ?
03:52 C'est de placer tous les hommes dans un rapport d'esclavage à l'égard de la religion,
03:57 et toutes les femmes dans un rapport d'esclavage à l'égard de la religion et à l'égard des hommes.
04:02 Et le symbole de cela, c'est le voile.
04:04 - Elle est téléguidée par les frères musulmans ?
04:07 - Téléguidée, j'en sais rien, en tout cas inspirée clairement.
04:10 Cet islam politique, cet islam prosélite, c'est évidemment celui des frères musulmans et de bien d'autres.
04:17 Mais c'est celui-là que l'on doit affronter.
04:19 C'est celui-là auquel il faut faire une guerre sans merci, et nous ne la faisons pas.
04:24 - "Nous ne la faisons pas", dites-vous Richard Malka, le gouvernement a quand même fait un certain nombre de choses ces derniers mois.
04:30 Je pense à l'interdiction de la Baïa par exemple.
04:32 "Il ne faut rien laisser passer", a dit la semaine dernière Gabriel Attal,
04:36 qui a annoncé par ailleurs que l'Etat allait porter plainte pour dénonciation calomnieuse contre cette élève.
04:42 Ça ne sert à rien cette plainte ?
04:44 - Je suis un peu perplexe, parce que je ne vois pas comment l'Etat serait recevable, tout simplement.
04:49 - Donc c'est de la com' en fait ?
04:51 - Il n'y a que la victime d'une dénonciation calomnieuse qui peut porter plainte, pas l'Etat.
04:54 Ou alors le droit à changer depuis trois jours.
04:57 Je pense qu'il y a quand même beaucoup de communication, et il y a un message d'impuissance politique.
05:03 Ça c'est terrible, c'est épouvantable, ça vaut 100 meetings d'Éric Zemmour, ce qu'a fait cette jeune fille.
05:09 C'est son meilleur agent électoral.
05:11 Il y a des choses à faire.
05:13 - Quoi ?
05:14 - La première chose, c'est un changement radical de paradigme.
05:18 Il faut faire des vagues.
05:20 - Contrairement à pas de vagues ?
05:22 - Il faut faire des vagues, absolument.
05:23 - Mais faire des vagues c'est quoi ?
05:24 - C'est être intraitable, inflexible, à l'égard de toute atteinte aux valeurs républicaines dans l'enseignement public.
05:30 - C'est-à-dire vous appelez ce matin ?
05:32 - Des élèves et des parents d'élèves.
05:34 Et il faut qu'il y ait des sanctions extrêmement dures.
05:36 Il y a des chartes éventuellement de la laïcité à faire signer aux parents d'élèves.
05:40 C'est une mesure préconisée par le Sénat.
05:42 - Et ça existe dans certains établissements ?
05:44 - Évidemment. Le 6 mars dernier, 38 mesures préconisées par le Sénat dans un rapport après l'assassinat de Samuel Paty.
05:50 J'ai pas l'impression qu'on y ait porté beaucoup d'intérêt du côté de l'éducation nationale.
05:55 Il y a ne plus donner un euro de subvention publique à toute association, à tout établissement d'enseignement,
06:01 même les plus prestigieux, dont certains organisent la journée du hijab.
06:05 On est chez les fous. On pourrait faire une journée pour l'exclusion, ou une journée pour l'esclavage des femmes.
06:10 Il y a à ne plus nommer un président d'université, un recteur d'académie,
06:15 qui n'est pas pour mission première de promouvoir la raison et l'universalisme.
06:21 Il y a à enseigner la dangerosité du fait religieux.
06:26 Quand ce fait religieux veut investir la sphère publique,
06:29 elle n'est pas vécue simplement comme une choix personnelle.
06:32 - Les enseignants ont du mal à enseigner même le programme aujourd'hui.
06:35 - Je sais bien, mais c'est insupportable.
06:38 - Mais comment on leur redonne confiance ?
06:41 - Avec un peu de fermeté. C'est exactement ce qu'on me disait dans l'affaire Mila.
06:46 Ça ne sert à rien de poursuivre. Maintenant c'est comme ça qu'on parle sur les réseaux sociaux.
06:50 Il y en a 100 000, il y en a trop, ça ne servira à rien.
06:53 On a poursuivi, on a fait savoir qu'on a poursuivi.
06:57 Il y a eu des condamnations, parfois lourdes, et les menaces se sont arrêtées.
07:01 Et la peur a changé de camp. Et la terreur a changé de camp.
07:05 On ne peut pas continuer à accepter que ce soit les professeurs qui soient terrorisés.
07:09 Ils n'ont pas signé pour être dans des commandos marines.
07:11 Ils ont signé pour être professeurs. Et c'est bien normal qu'ils aient peur.
07:15 Mais simplement, il faut les soutenir.
07:18 Quand là encore la communication autour de cette affaire de convenance personnelle...
07:23 - Quand le rectorat nous dit "bon c'est une retraite insécipée".
07:25 On met encore sous le tapis trop de choses ?
07:27 - Ah ben on n'est pas en économie de guerre.
07:29 - Richard Malca, vous commencez en disant "ce n'est pas la première fois que je m'insurge".
07:33 Et on a entendu des tas de gens s'insurger ces derniers jours.
07:37 C'est quoi le problème ? Un manque de volonté politique ?
07:40 De la lâcheté ? De la peur ? De voir, je ne sais pas, raviver peut-être dans certains quartiers,
07:46 certaines choses ? Du déni ? Qu'est-ce qui se passe ?
07:48 - Oui mais plus on recule, plus on est dans le déni de la réalité,
07:52 plus on prépare les conflits de demain.
07:55 C'est comme en Russie en fait.
07:58 La seule manière d'éviter les conflits, c'est d'être ferme.
08:02 C'est de ne pas alimenter le crocodile, le tchertchilien, auquel j'ai déjà fait référence,
08:06 parce qu'il ne cesse de grossir, et alors nous on espère gagner encore un peu de paix,
08:10 de temps de paix. Mais ça ne marche pas.
08:13 Et en face, la bête grandit et grandit.
08:16 Et elle est alimentée, y compris par des politiques,
08:19 qui relaient les mensonges de cette jeune femme.
08:21 - On sait notamment la France Insoumise.
08:23 - Évidemment, qui est un peu l'étoile noire de notre monde politique.
08:26 Voilà, il faut aussi enseigner que ceux qui vous font croire à des absurdités
08:33 peuvent vous faire commettre des atrocités.
08:36 Et je cite là évidemment Voltaire.
08:38 Il faut enseigner tout cela.
08:40 Il faut enseigner aux jeunes que la laïcité les protège,
08:43 que s'ils veulent vivre libre, aimer librement,
08:46 parler librement demain, eux ou leurs enfants,
08:49 alors ils ont une méfiance à avoir à l'égard du fait religieux.
08:53 Qui est très bien quand c'est vécu comme une foi personnelle,
08:56 comme une philosophie, mais pas dans une lecture littéraliste.
08:59 - Merci beaucoup Richard Malca.
09:01 Et le boulot, si j'ose dire, est immense.
09:05 65% des lycéens musulmans pensent aujourd'hui que les lois religieuses
09:08 sont supérieures aux lois de la République.
09:10 loi de la République.
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