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  • il y a 2 ans
Une semaine après la démission du proviseur du lycée Maurice-Ravel à Paris, menacé de mort après avoir demandé à une élève d'enlever son voile, Richard Malka prend la parole. L'avocat de la famille de Dominique Bernard est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité de RTL du 01 avril 2024 avec Amandine Bégot.

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Transcription
00:00 Vous êtes sur RTL.
00:02 RTL 7h40, au 3, excellente journée à vous tous qui nous écoutez.
00:10 Des fêtes cataclysmiques pour la République, vient de nous dire Richard Malca, que vous recevez ce matin, Mandine Bégaud.
00:16 Richard Malca, avocat, on le sait depuis des années de Charlie Hebdo, avocat aussi, vous étiez venu nous en parler il y a quelques semaines de la famille de Dominique Bernard,
00:24 ce professeur de lettres assassiné à Arras le 13 octobre dernier. Vous parlez de des fêtes cataclysmiques pour la République,
00:33 ce sont vos mots après la démission de ce proviseur, le proviseur du lycée Maurice Ravel à Paris, menacé de mort après avoir demandé à une élève d'enlever son voile.
00:42 Vous vouliez prendre la parole ce matin, pour dire quoi ? Pour taper du poing sur la table, pour qu'enfin ça s'arrête ?
00:49 Oh, je l'ai fait déjà tellement souvent, alors je ne vais pas rajouter des mots d'indignation à tous ceux qui ont été prononcés sur cette affaire.
00:58 Le mot de défaite de la République, il n'est pas de moi, il est de Fabien Roussel, ce qui dit aussi qu'il existe encore une gauche digne dans ce pays.
01:06 Mais malheureusement, je dirais une défaite de plus, et j'ai entendu beaucoup de mots.
01:12 Je n'ai pas vu beaucoup d'actes qui seraient de nature à faire en sorte que l'entrisme islamiste, comme l'appelle Gabriel Attal,
01:23 ne provoque pas dans un mois, dans deux mois, dans six mois, un nouvel incident qui fera qu'il y aura des nouvelles tribunes,
01:30 que vous m'inviterez à nouveau, que vous me demanderez s'il faut taper du poing sur la table, et puis en fait, tout va toujours plus mal, et tout empire toujours.
01:39 - L'entrisme, juste je reviens sur ce mot, c'est quand même un mot fort, l'entrisme, on le rappelle, c'est une stratégie politique
01:46 qui vise à faire entrer de manière concertée des membres d'une organisation dans une autre organisation rivale.
01:51 On en est là aujourd'hui, il y a de l'entrisme islamiste à l'école.
01:55 - On est au-delà de ça, parce que ça concerne la société au-delà de l'école.
02:01 Aujourd'hui, l'islamisme terrorise la République. Je préférerais que ce soit la République qui terrorise l'islamisme.
02:09 Quand l'État ne contrôle pas la religion, la religion contrôle l'État. C'est ça la dialectique.
02:15 Ça a été la dialectique pour le christianisme au début du XXème siècle.
02:19 Et ça a été compliqué de faire rentrer les prêtres et les évêques dans leurs églises.
02:24 Et ce qui me stupéfait, c'est qu'aujourd'hui, après des professeurs assassinés, c'est quand même pas rien,
02:32 au nom d'une religion, au nom d'Allah, après des proviseurs obligés de démissionner,
02:40 et puis des enseignants, et puis des milliers d'incisants, et puis des contestations de minutes de silence,
02:45 et puis des contestations d'enseignement artistique, il y a quelques mois, historique, scientifique,
02:52 et bien nous ne sommes toujours pas en ordre de bataille contre ce péril qui est un péril systémique.
02:58 - C'est une guerre ?
03:00 - Bien sûr que c'est une guerre. C'est une guerre depuis des siècles et des siècles.
03:05 C'est une guerre pour nos libertés, face à la religion, pour notre égalité, pour notre émancipation,
03:11 pour ne pas vivre sous le joug de dogmes, de contes, de sorciers.
03:16 C'est ça la guerre des êtres humains, de l'homme, c'est une guerre humaniste qu'il faut mener.
03:22 Qu'est-ce qu'a fait cette jeune femme ?
03:24 Qu'est-ce qu'elle a fait la première chose qu'elle a faite, à part mentir ?
03:27 Parce que c'est toujours le mensonge, comme dans "Sapuène Paty", comme dans les caricatures de Charlie Hebdo,
03:32 et le mensonge crée la violence, pour citer Anna Arendt.
03:37 Qu'est-ce qu'elle fait ?
03:39 Elle va voir immédiatement le CCIF, c'est-à-dire l'émanation des frères musulmans
03:45 qui ont été dissous en France et qui sont allés se réfugier en Belgique, pour donner une interview.
03:50 Quel est le programme des frères musulmans ?
03:52 C'est de placer tous les hommes dans un rapport d'esclavage à l'égard de la religion,
03:57 et toutes les femmes dans un rapport d'esclavage à l'égard de la religion et à l'égard des hommes.
04:02 Et le symbole de cela, c'est le voile.
04:04 - Elle est téléguidée par les frères musulmans ?
04:07 - Téléguidée, j'en sais rien, en tout cas inspirée clairement.
04:10 Cet islam politique, cet islam prosélite, c'est évidemment celui des frères musulmans et de bien d'autres.
04:17 Mais c'est celui-là que l'on doit affronter.
04:19 C'est celui-là auquel il faut faire une guerre sans merci, et nous ne la faisons pas.
04:24 - "Nous ne la faisons pas", dites-vous Richard Malka, le gouvernement a quand même fait un certain nombre de choses ces derniers mois.
04:30 Je pense à l'interdiction de la Baïa par exemple.
04:32 "Il ne faut rien laisser passer", a dit la semaine dernière Gabriel Attal,
04:36 qui a annoncé par ailleurs que l'Etat allait porter plainte pour dénonciation calomnieuse contre cette élève.
04:42 Ça ne sert à rien cette plainte ?
04:44 - Je suis un peu perplexe, parce que je ne vois pas comment l'Etat serait recevable, tout simplement.
04:49 - Donc c'est de la com' en fait ?
04:51 - Il n'y a que la victime d'une dénonciation calomnieuse qui peut porter plainte, pas l'Etat.
04:54 Ou alors le droit à changer depuis trois jours.
04:57 Je pense qu'il y a quand même beaucoup de communication, et il y a un message d'impuissance politique.
05:03 Ça c'est terrible, c'est épouvantable, ça vaut 100 meetings d'Éric Zemmour, ce qu'a fait cette jeune fille.
05:09 C'est son meilleur agent électoral.
05:11 Il y a des choses à faire.
05:13 - Quoi ?
05:14 - La première chose, c'est un changement radical de paradigme.
05:18 Il faut faire des vagues.
05:20 - Contrairement à pas de vagues ?
05:22 - Il faut faire des vagues, absolument.
05:23 - Mais faire des vagues c'est quoi ?
05:24 - C'est être intraitable, inflexible, à l'égard de toute atteinte aux valeurs républicaines dans l'enseignement public.
05:30 - C'est-à-dire vous appelez ce matin ?
05:32 - Des élèves et des parents d'élèves.
05:34 Et il faut qu'il y ait des sanctions extrêmement dures.
05:36 Il y a des chartes éventuellement de la laïcité à faire signer aux parents d'élèves.
05:40 C'est une mesure préconisée par le Sénat.
05:42 - Et ça existe dans certains établissements ?
05:44 - Évidemment. Le 6 mars dernier, 38 mesures préconisées par le Sénat dans un rapport après l'assassinat de Samuel Paty.
05:50 J'ai pas l'impression qu'on y ait porté beaucoup d'intérêt du côté de l'éducation nationale.
05:55 Il y a ne plus donner un euro de subvention publique à toute association, à tout établissement d'enseignement,
06:01 même les plus prestigieux, dont certains organisent la journée du hijab.
06:05 On est chez les fous. On pourrait faire une journée pour l'exclusion, ou une journée pour l'esclavage des femmes.
06:10 Il y a à ne plus nommer un président d'université, un recteur d'académie,
06:15 qui n'est pas pour mission première de promouvoir la raison et l'universalisme.
06:21 Il y a à enseigner la dangerosité du fait religieux.
06:26 Quand ce fait religieux veut investir la sphère publique,
06:29 elle n'est pas vécue simplement comme une choix personnelle.
06:32 - Les enseignants ont du mal à enseigner même le programme aujourd'hui.
06:35 - Je sais bien, mais c'est insupportable.
06:38 - Mais comment on leur redonne confiance ?
06:41 - Avec un peu de fermeté. C'est exactement ce qu'on me disait dans l'affaire Mila.
06:46 Ça ne sert à rien de poursuivre. Maintenant c'est comme ça qu'on parle sur les réseaux sociaux.
06:50 Il y en a 100 000, il y en a trop, ça ne servira à rien.
06:53 On a poursuivi, on a fait savoir qu'on a poursuivi.
06:57 Il y a eu des condamnations, parfois lourdes, et les menaces se sont arrêtées.
07:01 Et la peur a changé de camp. Et la terreur a changé de camp.
07:05 On ne peut pas continuer à accepter que ce soit les professeurs qui soient terrorisés.
07:09 Ils n'ont pas signé pour être dans des commandos marines.
07:11 Ils ont signé pour être professeurs. Et c'est bien normal qu'ils aient peur.
07:15 Mais simplement, il faut les soutenir.
07:18 Quand là encore la communication autour de cette affaire de convenance personnelle...
07:23 - Quand le rectorat nous dit "bon c'est une retraite insécipée".
07:25 On met encore sous le tapis trop de choses ?
07:27 - Ah ben on n'est pas en économie de guerre.
07:29 - Richard Malca, vous commencez en disant "ce n'est pas la première fois que je m'insurge".
07:33 Et on a entendu des tas de gens s'insurger ces derniers jours.
07:37 C'est quoi le problème ? Un manque de volonté politique ?
07:40 De la lâcheté ? De la peur ? De voir, je ne sais pas, raviver peut-être dans certains quartiers,
07:46 certaines choses ? Du déni ? Qu'est-ce qui se passe ?
07:48 - Oui mais plus on recule, plus on est dans le déni de la réalité,
07:52 plus on prépare les conflits de demain.
07:55 C'est comme en Russie en fait.
07:58 La seule manière d'éviter les conflits, c'est d'être ferme.
08:02 C'est de ne pas alimenter le crocodile, le tchertchilien, auquel j'ai déjà fait référence,
08:06 parce qu'il ne cesse de grossir, et alors nous on espère gagner encore un peu de paix,
08:10 de temps de paix. Mais ça ne marche pas.
08:13 Et en face, la bête grandit et grandit.
08:16 Et elle est alimentée, y compris par des politiques,
08:19 qui relaient les mensonges de cette jeune femme.
08:21 - On sait notamment la France Insoumise.
08:23 - Évidemment, qui est un peu l'étoile noire de notre monde politique.
08:26 Voilà, il faut aussi enseigner que ceux qui vous font croire à des absurdités
08:33 peuvent vous faire commettre des atrocités.
08:36 Et je cite là évidemment Voltaire.
08:38 Il faut enseigner tout cela.
08:40 Il faut enseigner aux jeunes que la laïcité les protège,
08:43 que s'ils veulent vivre libre, aimer librement,
08:46 parler librement demain, eux ou leurs enfants,
08:49 alors ils ont une méfiance à avoir à l'égard du fait religieux.
08:53 Qui est très bien quand c'est vécu comme une foi personnelle,
08:56 comme une philosophie, mais pas dans une lecture littéraliste.
08:59 - Merci beaucoup Richard Malca.
09:01 Et le boulot, si j'ose dire, est immense.
09:05 65% des lycéens musulmans pensent aujourd'hui que les lois religieuses
09:08 sont supérieures aux lois de la République.
09:10 loi de la République.
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