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00:10 La chaîne de télévision russe qui annonce la victoire de Vladimir Poutine alors que la commission électorale russe, salue elle aujourd'hui, son score record.
00:20 Plus de 87% des suffrages. Vladimir Poutine réélu sans surprise pour six années de plus au pouvoir. Bonjour Nicolas Burnan.
00:28 Bonjour.
00:29 Vous êtes l'envoyé spécial de RTL en Russie. Un nouveau mandat, mais pourquoi ? Qu'est-ce que le président a promis au peuple russe lors de son discours hier soir ?
00:37 Pas grand chose. Il s'est d'abord contenté de saluer les électeurs pour leur soutien lors de ce scrutin sans meeting, sans opposition et sans programme.
00:45 Au final, ce qui compte c'est le score de la réélection de Vladimir Poutine, souris, Galia, croisée devant le Kremlin.
00:52 J'ai suivi les résultats à la télévision.
00:55 Est-ce que c'est un score de dictateur ?
00:57 Mais non, ce n'est pas une dictature. On pouvait dire cela dans les années 90, lorsque l'on vivait en Union soviétique.
01:03 Mais aujourd'hui, le peuple russe soutient démocratiquement Poutine. Et c'est pour cela que notre pays est très très fort.
01:09 Pas un mot sur l'inflation, l'augmentation des prix, le manque de main d'œuvre ou l'économie.
01:15 Le président russe a déjà promis des milliards de roubles d'allègements fiscaux ou d'investissement dans les infrastructures publiques.
01:21 Roman dirige une petite entreprise de distribution de courriers.
01:25 Il faut qu'ils soutiennent le rouble, car actuellement le dollar et l'euro sont bas.
01:30 J'ai déjà une petite entreprise, j'ai déjà reçu des subventions lorsque j'ai commencé de la part du gouvernement.
01:36 Il faut continuer à le faire pour que nous puissions encore développer notre économie.
01:40 En chef de guerre, il a en revanche répété que les objectifs de l'opération spéciale militaire en Ukraine seront accomplis.
01:49 Daniel a 20 ans, il est prêt à aller se battre pour le président.
01:53 Je n'ai pas peur d'être mobilisé. S'il faut y aller, j'irai.
01:58 Je ne suis pas spécialiste, mais pour l'instant ça va.
02:01 L'armée russe a suffisamment d'hommes en Ukraine.
02:04 C'est le destin, si je dois être blessé ou tué, c'est mon pays, je suis patriote.
02:10 Vladimir Poutine reste le maître absolu du Kremlin jusqu'en 2030,
02:15 avec la possibilité d'un mandat supplémentaire de 6 ans grâce à une modification sur mesure de la Constitution.
02:22 Merci Nicolas Burdan, direct de Moscou pour RTL.
02:25 Et ce nouveau mandat, bien sûr, il sera scruté de très près par la communauté internationale
02:30 et pas seulement à cause de la situation en Ukraine.
02:32 Bonjour Dominique Trinquant.
02:34 Bonjour.
02:35 Vous êtes général, ancien chef de la mission militaire française auprès des Nations Unies.
02:38 6 ans de plus, donc, avec Vladimir Poutine à la tête de la Russie.
02:42 Faut-il s'attendre à voir de nouveaux fronts s'ouvrir ?
02:45 Écoutez, oui, je pense qu'il y a deux fronts qui vont s'ouvrir.
02:50 Un front intérieur dans lequel le président Poutine va renforcer son pouvoir.
02:55 Il installe le pays dans la guerre, ce qui lui permet de tenir avec une poigne de fer tout le monde,
03:00 y compris d'éliminer l'opposition s'il y en a encore.
03:05 Ça, c'est le premier front.
03:07 Le deuxième front, c'est que je pense que, fort de cette position,
03:11 et pour maintenir son pays dans la guerre, il doit monter des fronts extérieurs.
03:17 C'est-à-dire qu'au-delà de l'Ukraine, il y a des points qui peuvent l'intéresser,
03:21 en particulier en Afrique, au Moyen-Orient, mais aussi sur les frontières de l'Europe,
03:26 avec l'enclave de Kaliningrad ou la Transnistrie à côté de la Moldavie,
03:32 qui peuvent être des points sur lesquels la Russie peut essayer de déstabiliser l'Europe.
03:37 Le grand débat du moment, c'est est-ce que finalement,
03:41 Poutine s'en prend aux marches de la Russie, comme on dit en géopolitique,
03:45 c'est-à-dire aux pays qui sont limitrophes avec la Russie, pour sécuriser ses frontières,
03:50 ou est-ce qu'il a vraiment des ambitions impérialistes qui pourraient le conduire,
03:54 un jour, à attaquer un pays de l'Europe ou un pays de l'OTAN ?
03:57 C'est quand même une question à laquelle il est difficile de répondre, Dominique Tracan.
04:01 C'est-à-dire que, comme vous le savez, la Russie n'a pas de frontières,
04:05 c'est le président Poutine lui-même qui le dit.
04:07 En revanche, s'attaquer à l'OTAN, c'est difficile.
04:10 Et donc, je ne crois pas à une attaque frontale.
04:12 D'abord, il faudrait déjà que l'Ukraine soit vaincue, ce qui n'est pas le cas.
04:16 Depuis deux ans, elle n'a pas réussi.
04:18 Mais en revanche, des attaques ce qu'on appelle asymétriques,
04:22 je veux parler en particulier de Kaliningrad, qui est au cœur de l'Europe,
04:26 entre la Lituanie et la Pologne, et qui offre une possibilité d'action déstabilisatrice
04:31 dans laquelle il pourrait chercher à prouver que l'Europe n'est pas aussi forte qu'elle le prétend.
04:36 La Transnistrie également, aux portes de la Moldavie.
04:40 Il y a d'ailleurs eu des incidents assez étranges qui se sont passés hier en Transnistrie.
04:46 Et comme vous le savez, la Transnistrie demande l'aide de la Russie.
04:50 C'est un peu ce qu'avait fait le Donbass aussi.
04:52 Donc, je crois plutôt à des actions marginales comme ça, que des attaques de front,
04:57 parce que, évidemment, le président Poutine ne peut se permettre une attaque contre l'OTAN.
05:01 La situation en Ukraine, vous l'avez évoquée d'un mot,
05:05 mais à quel encourage Vladimir Poutine a continué dans cette voie-là ?
05:09 Ou est-ce qu'au contraire, après plus de deux ans de guerre,
05:13 ce conflit a montré aussi les limites de l'armée de la puissance russe ?
05:17 Oui, elle a montré la limite de la puissance russe, puisqu'elle n'a pas atteint ses objectifs.
05:22 Mais aujourd'hui, il a en quelque sorte un blanc-seing pour continuer ses attaques.
05:27 Et ses attaques, on le voit bien quand on regarde la carte du front,
05:30 ce sont des grignotages sur la frontière du Donbass,
05:33 et en particulier de Louens et de Donetsk,
05:38 où en fait la Russie veut atteindre les objectifs déclarés il y a déjà un an et demi
05:43 par le président Poutine, qui avait déclaré qu'il allait annexer ces oblastes.
05:47 Les deux autres, Zaporizhia et Kersten, ça me paraît plus difficile.
05:51 Mais pour les premiers, il cherche à montrer que finalement,
05:54 ce qu'il a dit il y a un an et demi, se réalisait.
05:57 Et un autre sujet, c'est que Poutine a maintenant un blanc-seing à cette élection.
06:00 87% lui va peut-être le libérer, ça il faudrait le redouter.
06:04 Et puis surtout, il travaille la société russe au corps, depuis des années et des années.
06:08 Une société russe qui est ultra patriote, nationaliste,
06:12 beaucoup de citoyens sont des vattes en guerre,
06:15 parlent de la suprématie de la Russie, le plus grand pays du monde.
06:19 Peut-être que ça va déclencher encore plus de violence tout ça.
06:23 Alors, tout ça, ça renforce la propagande du président Poutine
06:30 sur cette force de la Russie.
06:32 Et je crois qu'à un certain moment, il faut arriver à faire comprendre
06:36 que d'abord, la Russie n'a été forte, du moins Poutine n'a été forte que par nos faiblesses.
06:41 Donc, lui montrer que nous sommes forts, nous aussi.
06:44 Et vis-à-vis de la population russe, il y a une opération de communication
06:50 extrêmement difficile à faire, pour leur montrer que finalement,
06:55 s'il y a tant de pays qui veulent rejoindre l'Europe, c'est qu'il y a du bon en Europe.
06:59 Et que la liberté et la démocratie, c'est quelque chose qui est plutôt souhaitable.
07:04 Merci beaucoup, Général Dominique Trinquant.
07:07 Je rappelle que vous êtes ancien chef de la mission militaire française auprès des Nations Unies.
07:11 Dans un instant, l'argent, l'argent de poche,
07:13 comment apprendre aux enfants à gérer leur argent ?
07:15 On en parle tout de suite.
07:16 SELINE LANDREAU, ÉRIC BRUNET
07:18 RTL midi
07:21 et de la vie.
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