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00:02 Julien Celié, RTL bonsoir jusqu'à 20h.
00:06 Allez RTL bonsoir, 18h43, bonne fin de journée avec nous.
00:12 C'est désormais l'heure de notre invité pour tout comprendre.
00:15 Ce soir on va vous expliquer comment Vladimir Poutine se débrouille pour obtenir 87,8% des suffrages à la présidentielle.
00:22 Alors avant de découvrir toutes ces techniques de triche,
00:24 et bien le direct ce sont les festivités sur la place rouge, un grand concert pour officiellement célébrer les 10 ans de l'annexion de la Crimée.
00:31 Mais qui tient comme par hasard, tombe en ce lendemain d'élection.
00:35 Bonsoir Nicolas Burnan.
00:36 Bonsoir.
00:37 Vous êtes l'envoyé spécial de RTL à Moscou pour cette présidentielle et tout a été organisé pour remplir la place rouge.
00:43 Oui avec ces centaines de Russes à qui on distribue des drapeaux dès la sortie du bus.
00:48 Ils sont invités par le parti, les entreprises ou encore des organisations professionnelles.
00:53 J'ai rencontré Shamil avec ses amis, il est étudiant et ne savait pas exactement ce qu'il faisait là.
00:59 J'ai présenté mon passeport et j'ai fourni tous les renseignements nécessaires à mon université.
01:04 Et on m'a donné ce carton d'invitation, je ne sais pas vraiment ce que je vais voir précisément mais on m'a dit qu'il y avait des stars russes.
01:09 Aux abords de la place, des policiers ont tié Meuth forme d'important cordon de sécurité et il faut se soumettre à une fouille pour accéder au concert.
01:18 Alors Nicolas ce qui est certain c'est que tout le monde espérait voir Vladimir Poutine.
01:21 Oui sous les murailles du Kremlin tout est savamment orchestré, danse traditionnelle, chant patriotique.
01:27 Avant le clou du spectacle Vladimir Poutine qui entre sur scène en trottinant dans sa parka noire pour saluer la foule.
01:34 Elena espérait le voir un jour.
01:36 Il est tellement important de pouvoir le voir, c'est notre président, c'était mon candidat.
01:41 Je me dis waouh, c'est un homme tellement talentueux et jeune, il a de l'honneur et aime la Russie.
01:46 Prédané à la Russie.
01:48 Le symbole de ce concert est affiché partout, une carte de la Crimée annexée par Moscou avec le drapeau russe, bleu blanc rouge en filigrane.
01:56 Yaroslav ne regrette pas d'être venu.
01:59 Je suis content que mon ami m'ait donné son billet pour être ici.
02:03 Poutine est un très bon président, il a annexé la Crimée, c'est le territoire russe, ça nous appartient.
02:08 Je me sens proche d'eux, ce sont nos compatriotes, c'est très important car c'est notre histoire.
02:13 Ce concert Nicolas, comme beaucoup de journalistes, vous n'avez pas pu y accéder.
02:17 Oui, le Kremlin a verrouillé sa communication, seuls les journalistes russes étaient au plus près pour offrir les meilleures images du pouvoir.
02:25 Beaucoup de reporters occidentaux comme moi font leur direct sur le trottoir.
02:29 J'ai quand même reçu cette après-midi une réponse du service de presse de la présidence.
02:33 Je vous le lis, nous vous remercions de votre demande, malheureusement il n'est pas possible de pouvoir couvrir cet événement.
02:39 Merci Nicolas, on le constate, la communication est verrouillée, un peu comme les élections d'ailleurs.
02:44 Pour tout nous expliquer, on accueille Ulrich Buna, analyste géopolitologue et spécialiste de la Russie.
02:50 Bonsoir.
02:51 Bonsoir.
02:52 Ulrich Buna, comment on peut s'y prendre pour truquer des élections en 2024 ?
02:56 En Russie, il y a différents niveaux de trucage qui se sont sophistiqués au même rythme que les années passées par Vladimir Poutine au pouvoir.
03:05 Désormais, le moyen principal utilisé par la Russie, c'est de trafiquer les votes électroniques.
03:09 Il faut savoir qu'environ un tiers des électeurs russes ont désormais accès aux votes électroniques.
03:14 Et il est très clair, on a notamment vu ça lors des dernières élections municipales à Moscou,
03:18 que ces votes électroniques sont bien souvent modifiés au dépens des gens qui votent par Internet.
03:23 Mais il n'y a pas d'observateurs internationaux ?
03:27 Alors, il y a quelques observateurs internationaux qui viennent en général de régimes proches du Kremlin.
03:32 Ça veut dire que l'observateur est iranien ou syrien ?
03:35 Voilà, c'est ça, exactement. Ou alors ils viennent de quelques pays africains, mais qui sont proches du régime du Kremlin.
03:41 Donc effectivement, il n'y a pas véritablement d'observateurs indépendants.
03:45 Et surtout, quand bien même ils seraient présents sur le terrain,
03:48 bon déjà, ils ne seront pas présents partout.
03:50 Et c'est surtout que désormais, la triche se déroule finalement moins dans les bureaux de vote que directement à la commission centrale.
03:55 Mais alors justement, les votes électroniques, comment ils font pour les truquer ? C'est invérifiable, c'est ça ?
04:00 Exactement, c'est tout à fait ça. C'est-à-dire qu'en grosso modo, les personnes se connectent sur le site.
04:04 Et d'ailleurs, Vladimir Poutine a voté comme ça.
04:06 Donc en fait, vous vous connectez si vous voulez sur un site dédié, vous choisissez votre candidat, vous validez.
04:11 Mais c'est juste qu'après, concrètement, personne n'a de visibilité sur ce que deviennent ces votes, où est-ce qu'ils sont stockés.
04:16 Ça veut dire que par exemple, ce week-end, les votes dans les urnes,
04:20 qui à vous entendre représentent donc encore deux tiers des suffrages,
04:24 ces votes-là, ils ne sont pas truqués ?
04:26 Alors, il y en a une partie qui est truquée aussi, mais si vous voulez, probablement à des échelles un peu moindres.
04:31 Il y a toujours des bulletins qui sont mis dans les urnes, il y a toujours des chiffres aberrants,
04:35 comme celui de 99,3% obtenu par Vladimir Poutine en Tchétchénie.
04:39 Donc effectivement, ces chiffres-là sont bien évidemment liés à des corruptions massives dans les urnes,
04:45 mais c'est probablement moins une directive directe que finalement un zèle de certaines personnes au sein de l'administration
04:52 pour obtenir les résultats qu'ils pensent que le Kremlin espère.
04:55 Mais quand vous dites zèle au sein de l'administration, c'est quoi ?
04:57 C'est-à-dire que c'est le chef des fonctionnaires, entre guillemets, qui les emmène voter, qui vérifie ce qu'ils ont voté ?
05:00 Alors il y a effectivement ça, il y a des fonctionnaires qui eux-mêmes décident de falsifier les résultats
05:05 parce qu'ils estiment que c'est ce que l'on attend d'eux.
05:07 Et il y a effectivement une autre façon de faire, ce que vous évoquez, ce qu'on appelle le "busing",
05:11 c'est-à-dire que grosso modo, tous les employés de l'État, tous les gens qui dépendent plus ou moins de l'État
05:16 pour leur salaire ou autre, sont effectivement fortement incités par leur chef, par les gens qui leur versent des salaires,
05:22 à se déplacer dans les bureaux de vote et à déposer le bon bulletin.
05:26 Donc non seulement on vous force à aller voter, mais en plus de ça on vous demande,
05:30 et c'est notamment le cas pour les personnes qui sont encartées chez Russie Unie et le parti de Vladimir Poutine,
05:34 on leur a demandé de prendre une photo du bulletin pour bien montrer qu'ils avaient voté pour Vladimir Poutine.
05:38 Et s'ils ne le font pas, qu'est-ce qu'il se passe ?
05:40 En général, il peut y avoir des sanctions financières.
05:42 Dans certains cas, on a vu aussi certaines personnes être carrément licenciées.
05:47 J'ai notamment en tête le cas qui a été un peu médiatisé d'une personne qui travaillait dans l'industrie de l'armement
05:52 et qui nous a fait comprendre que ce n'était pas la peine de revenir au bureau,
05:54 vu qu'il avait affirmé clairement qu'il ne voterait pas pour Vladimir Poutine.
05:57 Et comment ça se fait qu'il n'arrive pas à faire 100% Vladimir Poutine ?
06:01 Qui a osé voter contre lui ? Parce que si on vous écoute, c'est risqué de voter contre lui.
06:06 Alors c'est effectivement risqué de voter contre lui. Dans l'absolu, il serait possible de faire 100%,
06:11 mais je ne pense pas que ce serait dans l'intérêt du Kremlin.
06:13 L'objectif de ces élections, entre guillemets, c'est de "relégitimer" Vladimir Poutine.
06:17 Il faut quand même que ça reste…
06:19 Faire semblant, voilà.
06:20 Voilà, que ça reste un minimum vraisemblant. 87%, c'est complètement invraisemblable, on est tous d'accord.
06:25 Mais si vous voulez, ça l'est un peu plus que s'il y avait 100%.
06:28 Mais est-ce que les Russes ont conscience qu'il y a quand même une énorme triche ?
06:32 Oui, je pense que oui. Il est difficile de quantifier le niveau de triche dans ces élections.
06:37 Néanmoins, juste, alors ça restera à confirmer, mais il y a un journal russe qui s'appelle Novaya Gazeta,
06:43 donc qui est un journal quand même relativement sérieux normalement, dont la rédaction a dû partir en Europe,
06:48 qui a fait une première estimation, qui estime qu'environ 50% des bulletins de vote auraient été falsifiés pour Vladimir Poutine sur cette élection.
06:55 Merci beaucoup Ulrich Buhn, le spécialiste de la Russie, pour vos explications sur ces quasiment 90%
07:01 Pour Vladimir Poutine, réélu donc président de la Russie, merci aussi à Nicolas Burdan, notre envoyé spécial ce soir,
07:08 l'envoyé spécial de RTL à Moscou. RTL, bonsoir, la suite, c'est dans une seconde.
07:12 Donc surtout, vous ne bougez pas, d'autant que vous allez apprendre plein de choses en vous amusant.
07:15 Le match des infos pour Brio Diner va opposer dans un instant Isa, ici présente, à Alex Vizorek, qui va revenir en deuxième séance.
07:22 Et puis après 19h, on va recevoir non pas un, mais deux grands invités, le ventriloque Jeff Panaclocq,
07:27 accompagné de Jean-Marc, sa marionnette star à la langue bien pendue. A tout de suite.
07:32 RTL, bonsoir.
07:34 Juste.
07:34 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
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