00:00 Vous êtes sur RTL.
00:02 RTL midi. Agnès Bonfillon, Vincent Parézo.
00:06 La Russie est en guerre actuellement alors tous les russes doivent voter massivement pour soutenir Vladimir Poutine.
00:13 Ceux qui ne le font pas sont des traîtres.
00:15 Alors le suspense n'est pas vraiment insoutenable.
00:19 On a une petite idée du résultat.
00:22 Vladimir Poutine est certain d'être à nouveau élu président de la Russie.
00:27 Cela dit on fait comme si et les bureaux de vote ont quand même ouvert ce matin.
00:30 Oui et en raison des 11 fuseaux horaires que compte le pays le scrutin ne prendra fin que dimanche soir Vincent.
00:36 Nous sommes avec Nicolas Burnan. Bonjour Nicolas.
00:38 Bonjour. Vous êtes l'envoyé spécial de RTL à Moscou. Une élection on le disait sans aucun suspense
00:44 et pourtant du monde dans les bureaux de vote en tout cas dans celui vous vous trouvez.
00:49 Oui dans cette annexe de la mairie des dizaines d'électeurs attendent leur tour assis sur des chaises.
00:54 Des policiers en armes surveillent l'entrée équipés d'un portique de sécurité, quelques tables,
00:59 des agents administratifs derrière des ordinateurs, tout est informatisé
01:03 et une urne posée au milieu de la salle. Sergueï vient juste de voter.
01:07 Au bureau de vote vous présentez simplement votre passeport, des agents vérifient votre identité
01:12 puis on vous donne tous les papiers, vous vous rendez ensuite dans l'isoloir
01:15 et vous glissez le bulletin dans l'urne. Ce n'est pas une obligation de voter
01:17 mais les citoyens le font dans tous les états. C'est pour l'amour de notre pays
01:21 et cela nous donne la possibilité de changer la situation politique.
01:24 Il est certain qu'il est venu et a fait sa position.
01:26 Dans un coin de la pièce, deux observateurs en costume surveillent le vote
01:30 mandaté uniquement par les parties admises au scrutin.
01:33 Et à la sortie, inutile de demander à Loubiouf pour qui elle a voté,
01:37 enveloppée dans son manteau en fourrure, elle prononce spontanément le nom de Vladimir Poutine.
01:42 Nous aimons beaucoup notre président, nous vivons avec lui depuis longtemps.
01:47 Il représente toute une époque, j'aime tout ce qu'il fait.
01:51 Tellement de choses ont changé depuis les années 90 et l'URSS.
01:55 Nous avons une très bonne et très forte armée, l'économie, la productivité sont meilleures,
02:01 nous avons plus de produits dans les supermarchés.
02:04 On comprend bien Nicolas que c'est une élection finalement,
02:08 où tout le monde sait qu'à la fin, c'est Vladimir Poutine qui gagne.
02:11 Oui, ce scrutin est taillé sur mesure pour le chef du Kremlin.
02:14 Son opposant est au pouvoir depuis plus de 20 ans.
02:17 Il n'a participé à aucun meeting de campagne, à aucun débat télévisé.
02:20 Sur fond de guerre en Ukraine, Vladimir Poutine veut faire de cette élection
02:24 une démonstration de force vis-à-vis de l'Occident et d'unité du pays
02:28 en imposant un contrôle total et première cible de son parti Russie-Unie,
02:32 les retraités comme Tatiana, âgée de 80 ans.
02:36 Je crois en Vladimir Poutine, car il a fait beaucoup pour notre pays,
02:41 plus que tous les autres présidents.
02:44 Je l'ai toujours soutenu, je suis heureuse de ma vie.
02:48 Le président paie notre retraite et c'est assez.
02:52 Il nous donne même quelques subventions en plus.
02:55 Je ne peux pas espérer mieux.
02:58 Les Russes se sont grandement incités à voter.
03:02 Nicolas, tous les moyens sont bons ?
03:04 Absolument, avec un système de loterie pour remporter des prix,
03:08 des paquets de pâtes, des voitures ou même des appartements.
03:11 Le Kremlin a aussi généralisé le vote électronique dans 29 régions,
03:15 c'est-à-dire plus d'un tiers des suffrages.
03:18 Grâce à une plateforme, les Russes peuvent voter directement en ligne.
03:21 Mais personne ne sait vraiment ce qu'il y a derrière ces algorithmes.
03:24 Difficile également de savoir qui et comment s'en surveiller les bureaux de vote la nuit,
03:29 ce qui a tendance selon les observateurs d'accentuer les risques de fraude.
03:33 Pour le quotidien des Russes, est-ce qu'il est impacté par la crise économique ?
03:38 C'est vrai que l'économie russe souffre des sanctions européennes,
03:42 les prix ont augmenté en raison de l'inflation.
03:44 Mais pour l'instant, elle résiste tirée par les dépenses militaires
03:47 qui représentent près de 40% du budget de l'État.
03:50 J'ai pu le constater, ici il n'y a pas de queue ou de pénurie dans les supermarchés.
03:54 Les Russes achètent désormais des voitures chinoises ou coréennes plus chères,
03:58 trouvent de l'électroménager ou de l'électronique venant de pays limitrophes.
04:02 En revanche, ce qui change dans un pays déjà très autoritaire,
04:05 c'est que les autorités russes ont pris une série de lois
04:08 qui interdit notamment de discréditer l'armée.
04:11 Des milliers d'anonymes et d'opposants font aujourd'hui l'objet de poursuites.
04:15 Des dizaines sont emprisonnés, impossible de connaître le nombre précis.
04:19 Et pourtant, l'opération spéciale en Ukraine,
04:22 c'est le terme utilisé par le pouvoir, s'affiche ici partout,
04:25 avec un symbole, le Z, sur presque chaque arrêt de bus, un appel à s'engager.
04:30 Rejoignez les vôtres ou encore notre profession, défendre la patrie.
04:34 Vous parliez de régime autoritaire, Nicolas.
04:36 Pour les journalistes, vous par exemple, en tant qu'envoyé spécial,
04:39 vous avez travaillé comme dans n'importe quel autre pays ?
04:42 Alors, je suis libre de mes mouvements, je peux interviewer qui je souhaite dans la rue,
04:46 mais je dois demander des autorisations, par exemple pour visiter une exposition,
04:50 me rendre dans un bureau de vote ou rencontrer des officiels.
04:53 Pour cela, j'ai reçu une accréditation de la part du ministère russe
04:56 des affaires étrangères pour la durée de mon séjour.
04:59 Moscou a délivré très peu de visas aux journalistes français pour couvrir cette élection.
05:04 Je suis parfois contrôlé, par exemple, dès mon arrivée à l'aéroport,
05:08 j'ai dû, pour des raisons de sécurité officiellement,
05:11 me soumettre à de longues heures de vérification et de questions
05:14 avant de pouvoir commencer à travailler.
05:17 Merci beaucoup Nicolas Burnan, envoyé spécial de RTL en Russie, à Moscou précisément.
05:22 Une info, le PSG connaît son adversaire pour les quarts de finale de la Ligue des Champions,
05:27 ce sera le FC Barcelone.
05:30 Un Barça qui n'est plus le grand Barça,
05:33 c'est un tirage qui est plutôt bon pour le PSG,
05:38 vu de toute façon tous les adversaires possibles qui étaient en lice.
05:41 On verra ça tout à l'heure avec Nicolas Jorgerot.
05:43 Du coup, champagne peut-être ?
05:44 Champagne ?
05:45 Dans un instant on fait sauter le bouchon.
05:47 Vincent Parisot, Agnès Bonfillon.
05:50 RTL midi jusqu'à 20h.
05:52 de la France.
05:53 [SILENCE]
Commentaires