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  • il y a 2 ans
Avec Morad Aït-Habbouche, fondateur de la plateforme 2 degrés de plus.
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##COMMENT_VA_LA_PLANETE-2024-02-18##

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News
Transcription
00:00 Sud Radio, comment va la planète ?
00:03 Bonjour Morad aïe ta bouche !
00:04 Bonjour Jean-Marie !
00:05 Fondateur de la plateforme 2° de plus.
00:08 Alors chaque dimanche ou presque dans le Grand Matin Week-end,
00:10 vous revenez sur ce qui vous remonte le moral
00:12 dans l'implacable lutte contre le changement climatique.
00:14 Ce qui me donne la patate Jean-Marie,
00:16 c'est cette chance que j'ai, vous le savez, de voyager pas très loin.
00:20 Là, je vous emmène sur un petit bout de terre.
00:22 Devinez donc où je suis allé.
00:24 Des indices, des mouettes, des goélands et cette musique.
00:29 Trimartolo, on est en Bretagne quoi.
00:32 La Bretagne forcément.
00:33 J'ai débarqué sur l'île de Sein en mer d'Iroise
00:36 et sur le port, Didier-Marie-Lebihan m'attend.
00:38 Ici, il est connu comme le loup blanc, à la fois peintre et photographe.
00:42 Et devinez quoi, comme nous parlons ici de notre belle planète,
00:46 eh bien Didier-Marie est un chasseur, un croqueur de tempêtes.
00:50 Et sur l'île de Sein, on peut dire qu'il est gâté.
00:53 Il y a des tempêtes qui sont des lumières mais extraordinaires,
00:57 d'autres sont très écrasées, c'est gris, c'est plat, c'est triste.
01:01 Puis il y en a d'autres qui sont lumineuses, qui sont belles.
01:04 Il n'y en a pas deux pareil.
01:05 Fermez les écoutilles, car la tempête peut être aussi brutale que soudaine.
01:11 En tant qu'artiste ou même que spectateur, je veux dire,
01:15 la tempête attire, elle est belle.
01:19 Après, il faut toujours penser aussi à ceux qui sont en mer,
01:22 les dangers que ça peut représenter.
01:25 Nous, on a la chance d'être à l'abri, on se sent en sécurité quand on est sur l'île.
01:29 Je me sens plus en sécurité sur l'île que quand je suis sur le continent.
01:32 Au cœur de l'hiver, l'île de Sein compte une centaine d'habitants.
01:37 Didier-Marie, lui, a jeté l'encre et posé son chevalet ici il y a plus de 30 ans.
01:42 Du pain béni pour l'artiste, il faut dire, qu'un jour de tempête.
01:45 L'île ressemble à bateau ivre, balotté de toutes parts par des vagues scélérates.
01:51 Le 4 février 2014, Jean-Marie, il s'en souvient bien.
01:54 Pour la première fois, il prend sa caméra et se rend en haut du phare.
01:59 - Alors moi, j'ai pris les images d'ici, là, sur le balcon.
02:02 J'avais senti que ça arrivait vraiment bien fort de là.
02:07 L'hiver est terrible. Une trentaine de tempêtes en l'espace de 3 mois.
02:13 Ce jour-là, il filme une vague, puis une autre.
02:16 - J'ai rentré carrément dedans, là, la gare maritime.
02:20 Le sac de ciment.
02:22 Voilà.
02:24 Ça saute.
02:26 Cette image, là, elle est forte,
02:29 parce qu'on sent cette puissance de la nature qu'on ne peut pas maîtriser.
02:34 On ne peut que contempler et subir.
02:37 Et c'est vrai que toute la côte française, à ce moment-là,
02:41 en permanence, était assaillie par les tempêtes.
02:44 Donc chacun s'est un peu senti concerné.
02:48 - Didier-Marie prend tous les risques.
02:51 C'est un jour de grandes marées, de tempêtes, de tous les diables.
02:54 Il me raconte alors qu'il est sur la digue.
02:57 Face au phare, il tient à peine debout.
02:59 - C'est vrai, on pourrait me reprocher de montrer que des images catastrophiques.
03:06 Mais c'est un moyen, en même temps, de communication,
03:09 pour alerter, je veux dire, les gens qu'il y a un problème.
03:13 Si on ne montre pas des images dites catastrophiques,
03:17 les gens, ça leur parle pas.
03:20 Mais ce problème, on peut le résoudre.
03:23 Voilà, c'est une question de volonté.
03:25 - Ici, avec le dérèglement climatique, la météo règle la vie de chaque habitant.
03:30 - Il ne faut pas non plus se focaliser que sur l'île de Sein.
03:34 Ailleurs, c'est pareil. Voilà. Ailleurs, c'est pareil.
03:37 Mais c'est plus spectaculaire ici, c'est vrai.
03:39 - Régulièrement, l'île est submergée par l'eau de mer.
03:42 Des épisodes difficiles à vivre parfois, surtout pour Jean-Pierre Kerlock,
03:46 qui est à l'époque le maire de l'île de Sein.
03:48 - J'ai toujours dit que l'île de Sein, c'était comme un diamant.
03:50 Si le diamant n'est pas sorti, il ne tient pas.
03:52 Eh bien, l'île, c'est pareil.
03:54 Si l'île n'est pas protégée par les digues, elle va être immergée par l'eau.
03:58 Et à ce moment-là, tous les autres projets que vous avez entamés,
04:00 ne tiendront pas non plus.
04:02 - Chaque année, juste avant l'hiver, les ouvriers colmatent les brèches.
04:06 Un travail de scisif.
04:08 - Là, on a l'exemple d'un ouvrage bien fait.
04:11 C'est rassurant, puisque là, enfin, on a des fondations.
04:14 Faut savoir que quand on a construit les digues sur l'île de Sein,
04:17 on les a construites sur du sable.
04:19 Elles n'avaient pas de fondation.
04:21 Et c'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, avec la mer qui monte
04:25 et avec des tempêtes qui sont plus fréquentes,
04:27 eh bien, elles résistent moins du fait que, effectivement,
04:31 elles ne sont pas sur des bases solides.
04:34 - Les digues et l'île de Sein, une vieille histoire.
04:38 En 1762, le duc d'Aiguillon offre aux habitants la possibilité de quitter l'île
04:43 et de s'installer sur le continent.
04:45 La population refuse en bloc.
04:47 Les premiers ouvrages de défense sont alors construits.
04:50 Ils ceinturent l'île sur près de 2 km.
04:53 - Vous savez, on est un petit peu comme des Birnicks.
04:55 On est accrochés à notre île.
04:56 Il faudrait vraiment qu'on soit envahis par la mer pour qu'on s'en aille.
04:59 On a moi-même, pour rien au monde, je ne quitterai mon île de Sein.
05:03 Je ne l'envisage même pas.
05:05 - L'île de Sein est condamnée à se protéger des attaques de la mer.
05:08 Les tableaux et les photos de Didier-Marie Lebihan,
05:11 qui sont exposées dans son atelier au centre de l'île,
05:14 rappellent à tous la vulnérabilité de l'île face au climat qui devient fou.
05:19 Mais les élus veulent aussi et surtout utiliser les éléments
05:22 pour devenir, Jean-Marie, plus résilient.
05:25 Le vent pour produire de l'énergie.
05:27 Cette année, 65% de l'électricité sera renouvelable avec des éoliennes.
05:33 Elle n'est pas belle la vie ?
05:34 - Ça paraît logique en même temps.
05:35 Ce serait dommage de gâcher tout ce vent qu'il y a aux alentours.
05:38 Merci beaucoup, vieux loup de mer, Moradeï Tabouch,
05:40 fondateur de la plateforme 2° de plus.
05:42 de plus. On vous retrouve un prochain dimanche sur Sud Radio.
05:44 Évidemment, avec plaisir Jean-Marie.
05:45 Merci.
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