- il y a 2 ans
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00:00 [Générique]
00:03 Les informés du matin, on décrypte l'actualité sur France Info tous les matins jusqu'à 9h30 avec vous Renaud Delis, bonjour.
00:12 Bonjour Jules.
00:13 Et ce matin avec nous Claude Guibbal de la rédaction internationale de Radio France, bonjour.
00:17 Bonjour.
00:18 Victoria Koussa, service politique et Jean-Jérôme Berthelus, éditorialiste politique.
00:23 On va commencer par notre premier débat, les enjeux de cette visite du président Zelensky à Paris.
00:28 Et oui, ce sera donc la troisième visite aujourd'hui du président ukrainien depuis le début de la guerre,
00:33 depuis l'offensive russe en Ukraine.
00:35 Rappelons d'ailleurs que nous commémorerons le deuxième anniversaire du début de ce conflit la semaine prochaine.
00:41 Troisième visite donc ce soir en fin de journée du président Zelensky,
00:44 à l'occasion de laquelle donc la France veut afficher son soutien.
00:48 Et il y aura d'ailleurs la conclusion, la signature d'un accord bilatéral de sécurité entre l'Ukraine et la France.
00:56 La situation qui se complique sur le terrain militaire pour l'armée ukrainienne,
01:02 faute notamment de soutien, d'aide suffisante des occidentaux.
01:06 Le nouveau chef d'état-major ukrainien a déclaré que la situation militaire, je le cite,
01:11 "est extrêmement préoccupante pour l'Ukraine".
01:13 Voici ce qu'en disait hier sur ce plateau Nikolai Tenzer,
01:17 enseignant à Sciences Po et spécialiste des questions géostratégiques.
01:20 Je pense que c'est un discours de vérité.
01:22 C'est-à-dire qu'à un certain moment, il n'est pas possible de qualifier autrement la situation sur le terrain.
01:29 Mais on le sait depuis longtemps, on le sait depuis l'échec de la contre-offensive.
01:33 Mais qui est dû, il faut toujours le rappeler,
01:35 aux défauts de livraison d'armes et de munitions en quantité suffisante par les puissances alliées.
01:42 La réalité, c'est que quand vous voyez la Russie qui est un pays qui a trois fois plus d'habitants,
01:47 voire plus de trois fois plus que l'Ukraine, qui est prêt à sacrifier vraiment comme un cher à canon
01:54 l'ensemble de ses soldats, vous avez un effet de nombre.
01:58 Une situation qui se complique sur le terrain pour l'armée ukrainienne qui se retrouve sur la défensive.
02:02 Est-ce que le président Zelensky va obtenir davantage de soutien des Occidentaux, des Européens
02:06 et notamment de la France aujourd'hui à travers cet accord bilatéral de sécurité ?
02:11 Est-ce que c'est effectivement le principal enjeu de cette visite ?
02:13 Claude Libal, je me tourne vers vous.
02:15 Vous rentrez de deux mois en Ukraine, correspondante de France Info à Kiev pendant toute cette période.
02:20 Que vient chercher Volodymyr Zelensky en France aujourd'hui ?
02:22 – Volodymyr Zelensky vient chercher la même chose qu'il est allé chercher, qu'il va chercher en Allemagne,
02:27 c'est-à-dire qu'il vient s'assurer d'un soutien militaire de longue durée.
02:32 Aujourd'hui, on l'entendait à nouveau avec les propos de Nikola Tänzer,
02:36 la situation sur le terrain est absolument catastrophique.
02:38 La contre-offensive est effectivement dans les choux.
02:41 Sur le front Est, c'est une catastrophe.
02:43 Dans quelques jours, on s'attend à la chute de la ville d'Avdiivka,
02:49 qui est le lieu d'une bataille, mais qui est absolument monstrueuse depuis des mois,
02:53 où des centaines d'hommes meurent chaque jour.
02:55 C'est vraiment Verdun.
02:57 Si vous imaginez, voilà, Verdun, 1917, les tranchées,
03:01 vous imaginez ça, des obus et des drones au-dessus, et c'est Avdiivka.
03:05 Et vous avez des soldats sur place qui sont là, qui comptent les munitions,
03:09 qui vous disent que quand les Russes en tirent 10, ils en tirent 2, ils en tirent 4,
03:13 parce que les munitions n'arrivent plus.
03:15 Aujourd'hui, ce dont Volodymyr Zelensky vient s'assurer,
03:19 c'est que l'Europe sera là pour être là à l'heure où les États-Unis, eux, ne sont plus là.
03:24 Depuis la fin décembre, il n'y a plus de livraison d'armes américaines.
03:28 Le Congrès bloque toujours l'aide promise par Joe Biden.
03:34 Et aujourd'hui, avec la perspective, au mois de novembre, d'une éventuelle réélection de Donald Trump,
03:41 il est plus que jamais urgent pour l'Ukraine de s'assurer d'un soutien,
03:45 mais d'un soutien qui n'arrive pas dans 6 mois, d'un soutien qui soit rapide.
03:47 – Et un mot encore, justement, de l'état d'esprit des Ukrainiens
03:51 que vous avez côtoyés pendant 2 mois.
03:52 Est-ce qu'ils se disent qu'ils sont peut-être en train de commencer à perdre cette guerre ou pas ?
03:57 – Non.
03:58 De toute façon, ils sont très lucides sur l'état de leurs forces.
04:01 Ils sont très lucides sur, j'allais dire, le golem, le monstre militaire qu'il y a en face.
04:07 Les soldats vous le disent, il ne faut pas sous-estimer cet ennemi-là,
04:12 qui militairement a aussi énormément appris en 2 ans de conflit.
04:15 C'est amélioré au niveau technologique.
04:17 Les armes utilisées, le matériel d'armement utilisé aujourd'hui par les Russes
04:21 est très loin de celui qu'il y avait il y a 2 ans.
04:24 Il y a vraiment en face un ennemi qui est extrêmement fort
04:28 et qui semble infini dans sa capacité d'armement et d'hommes,
04:34 de réservoirs d'hommes à envoyer à la boucherie.
04:38 Donc ils sont à la fois très lucides là-dessus,
04:41 mais pour eux la question ne se pose pas parce que c'est une question existentielle.
04:44 Ils ne veulent pas négocier, les soldats, les gens à l'arrière non plus,
04:48 parce qu'ils savent pertinemment que si on négocie, enfin eux ils disent ça,
04:54 que si on négocie, c'est la porte ouverte pour les Russes, que les Russes ne s'arrêteront pas.
04:58 Donc pour eux le combat est existentiel.
04:59 Ils vous disent "vous arrêtez d'envoyer des livraisons d'armes,
05:03 c'est pas grave, on se battra avec des pelles s'il faut, mais on n'arrêtera pas".
05:06 Visite de Volodymyr Zelensky en France aujourd'hui, dimension politique,
05:10 évidemment pour Emmanuel Macron, on va l'aborder aussi avec vous,
05:13 Victoria Koussa, Jean-Jérôme Berthelus et Renaud Delis,
05:15 juste après le Fil info, 9h11, Damien Mestre.
05:18 Le syndicat Sudrail assure que c'est la direction de la SNCF
05:23 qui est responsable de la grève des contrôleurs ce week-end.
05:25 Elle ne nous a pas reçus et n'a pas tenté la négociation, dit ce matin sur France Info,
05:29 le secrétaire fédéral du syndicat.
05:31 Le nombre de TGV et d'intercités est divisé par deux jusqu'à dimanche.
05:36 Le pouvoir d'achat des Français en légère hausse,
05:38 cette année augmentation de 1% en 2024, c'est ce qu'anticipent les économistes de l'OFCE.
05:44 Une augmentation moyenne en partie liée au revenu du patrimoine
05:47 et à la revalorisation des retraites.
05:50 Volodymyr Zelensky est attendu à Paris ce soir,
05:52 il doit signer un accord bilatéral de sécurité avec la France.
05:55 Le président ukrainien qui fera de même un peu plus tôt dans la journée avec l'Allemagne.
06:00 Plus de 36 degrés dans le sud du Maroc en plein mois de février.
06:04 Le pays bat son record de chaleur pour un mois d'hiver.
06:07 Hier, des mesures de restriction d'eau ont été prises dans les grandes villes.
06:12 [Musique]
06:23 Et on poursuit notre premier débat, bientôt deux ans de guerre en Ukraine
06:26 et le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui est en France à Paris aujourd'hui
06:29 pour signer un accord de sécurité, accord bilatéral avec la France.
06:34 Jean-Jérôme Berthelus, il y a aussi une volonté on l'imagine d'Emmanuel Macron
06:38 de s'afficher aux côtés de Volodymyr Zelensky aujourd'hui ?
06:41 Je pense que pour le président français, il y a en fait une double posture.
06:44 D'abord, faire oublier ses propos.
06:47 Ses propos, par exemple, il y a encore un an, un an c'est assez récent quand même,
06:52 le président Emmanuel Macron disait qu'il ne fallait pas écraser la Russie.
06:57 Expliquait que cette guerre, en fait, ne pouvait pas avoir de conclusion militaire.
07:02 Donc c'était des mots qui ont résonné douloureusement du côté ukrainien.
07:07 Sans parler de "il ne faut pas humilier la Russie" un peu avant.
07:11 Donc déjà, ce soutien autant que de besoin,
07:14 enfin aussi longtemps que possible à l'Ukraine, c'est faire oublier ça.
07:18 Et puis c'est aussi, et Claude Barral l'a très bien dit,
07:20 c'est aussi affirmer le rôle de l'Europe alors que, effectivement, d'ores et déjà,
07:28 comme les États-Unis ne peuvent plus aider pour cause parlementaire,
07:32 ne peuvent plus aider l'Ukraine,
07:34 en sept semaines, ça se ressent déjà sur le terrain ukrainien, faute de munitions.
07:38 Donc effectivement, la demande de Volodymyr Zelensky d'armes,
07:43 est là, est très présente.
07:44 Et d'un mot, mais quand même, il n'y a pas, surtout en temps de guerre,
07:48 il n'y a pas d'amour sans preuve d'amour.
07:50 Et maintenant, je pense que les Ukrainiens disent à la France,
07:54 "Aidez-nous, mais combien, combien véritablement ?"
07:57 Et ce matin, dans Libération, j'en terminerai par ça,
07:59 il y a une interview très intéressante du patron des renseignements militaires ukrainien
08:04 qui remercie la France pour son aide,
08:07 mais qui lui dit, la France peut mieux faire.
08:09 – C'est effectivement, me semble-t-il, le vrai problème.
08:13 C'est-à-dire qu'il y a d'un côté un discours politique,
08:15 un affichage politique d'un soutien désormais plein et entier à l'Ukraine.
08:19 Jean-Jean Berthelus avait raison de rappeler les propos malents contre eux,
08:23 ou malheureux de Emmanuel Macron il y a un an,
08:24 mais aujourd'hui, il y a ce soutien plein et entier,
08:28 cette solidarité qui s'affiche, il y a aussi le processus enclenché,
08:31 même si ce sera à long terme, d'adhésion de l'Ukraine à une Européenne,
08:35 il y a une direction qui est prise de ce côté-là, très clairement,
08:38 qui est d'autant plus importante que, c'était un peu inévitable,
08:41 mais ce conflit est passé, pas sous les radars,
08:44 mais on va dire que, évidemment, la violence,
08:47 le drame du conflit au Proche-Orient, déclenché par le 7 octobre,
08:52 et ce qui se passe aujourd'hui à Gaza, a un peu dans l'émotion collective,
08:58 remplacé ce conflit qui dure maintenant depuis deux ans.
09:02 Et l'un des grands risques, c'est évidemment que la durée de ce conflit en Ukraine
09:06 engendre une forme de lassitude occidentale.
09:08 Donc, c'est important de faire de la politique,
09:10 mais le problème, c'est la traduction concrète en termes d'aide militaire,
09:15 de matériel, de canon César, de munitions,
09:18 et là, on voit que la France, et au-delà l'Europe, mais surtout la France,
09:23 ne semble pas être suffisamment au rendez-vous,
09:25 donc des promesses et de l'affichage annoncé.
09:27 Alors, maintenant, qu'est-ce que ça va être très concrètement, d'ailleurs ?
09:30 Cet accord bilatéral de sécurité signé aujourd'hui,
09:33 est-ce que ça va porter aussi sur ce sujet-là, sur ces questions-là ?
09:37 Pour l'instant, je me parle sous le contrôle de Guibal, il y a un certain mystère.
09:42 On verra ce que les Ukrainiens pensent justement de tout ça,
09:45 de ce qui peut se passer en France, du soutien de la France.
09:47 Victoria Koussa, enjeu politique pour Emmanuel Macron,
09:51 est-ce qu'à l'Elysée, on se dit qu'il y a un intérêt politique auprès des Français
09:54 de s'afficher aux côtés de l'Ukraine,
09:56 avec les élections européennes qui se profilent notamment quand même ?
09:59 En tout cas, effectivement, il y a ces élections européennes
10:01 qui arrivent dans cinq mois, dans quatre mois, un peu plus de quatre mois.
10:05 Et effectivement, on voit qu'Emmanuel Macron tente d'installer le duel
10:10 avec le Rassemblement national, qui est en tête des intentions de vote.
10:14 Dix points de plus sur la liste macroniste,
10:16 qui d'ailleurs n'a toujours pas de tête de liste aujourd'hui.
10:19 On l'a vu aussi dès les voeux d'Emmanuel Macron le 31 décembre,
10:23 le soir du 31 décembre, où il a aussi parlé d'un choix à faire,
10:28 soit arrêter la Russie et soutenir les Ukrainiens,
10:31 ou céder aux puissances autoritaires en Ukraine.
10:33 Il n'a pas cité le Rassemblement national, mais c'était effectivement
10:36 un moyen de dire que les adversaires du soutien à l'Ukraine
10:40 sont les troupes de Marine Le Pen.
10:43 Donc, cette vraie volonté d'installer le duel,
10:45 et puis aussi peut-être tenter de faire oublier
10:47 qu'ils n'ont toujours pas de tête de liste, qu'ils n'ont toujours pas de programme.
10:51 Et on voit les troupes du président s'impatienter.
10:53 - Et juste pour terminer sur un tweet du parti Renaissance
10:57 le jour de l'Ancien Valentin, mercredi, qui montre bien
11:00 que cette lutte contre l'RN est l'un des thèmes de leur campagne.
11:03 On voit un gâteau de mariage avec Marine Le Pen et Vladimir Poutine.
11:06 Vous savez, les petites figurines qu'on met au sommet d'un gâteau de mariage
11:09 pour rappeler justement les liens et du moins l'ambiguïté du RN avec Vladimir Poutine.
11:15 - On imagine que tout ça, ça semblera très très loin,
11:16 Vladimir Zelensky aujourd'hui, Claude Guibbald.
11:19 Qu'est-ce que les Ukrainiens, je le rappelle,
11:21 vous rentrez deux mois en Ukraine quand même,
11:23 pensent de ça, de l'importance de passer des accords
11:27 au moment où ça se joue sur le champ de bataille ?
11:29 Est-ce qu'on se dit quand même que c'est important ?
11:30 Il y en a eu avec Londres et aujourd'hui c'est Paris-Londres.
11:32 - Oui, évidemment. Et l'accord d'ailleurs,
11:34 parce que ces accords bilatéraux qui sont signés aujourd'hui,
11:37 donc à Paris et en Allemagne,
11:38 donc ils ont été précédés par un premier accord signé par Londres.
11:42 Et tout ça, c'est le résultat des engagements qui ont été pris
11:46 lors du sommet de l'OTAN l'été dernier à Vilnius,
11:49 où notamment les pays du G7 se sont engagés à créer ces accords,
11:54 comment dire, comme une forme d'accord transitoire
11:56 en attendant une éventuelle adhésion de l'Ukraine à l'OTAN,
12:01 une forme de garantie de sécurité et tout cela.
12:03 Maintenant, on a l'impression que tout le monde se réveille
12:05 parce qu'on commence à s'apercevoir que les ambitions russes
12:11 sont probablement plus sérieuses que celles...
12:14 On les a peut-être prises un peu à la légère,
12:17 tout comme on prenait à la légère les menaces de Vladimir Poutine
12:20 quand il massait des hommes à la frontière et qu'on se disait,
12:22 moi la première, qu'il n'irait pas,
12:24 et qu'il n'irait pas jusqu'à Kiev, et pourtant ce qu'il a essayé de faire.
12:27 Et peut-être que ces accords passés, la promesse de livraison d'armes
12:30 donne moins l'espoir de renverser la table
12:33 pour l'armée ukrainienne face aux russes aujourd'hui.
12:35 Est-ce que la question de la paix, vous disiez,
12:37 elle n'est pas d'actualité, mais est-ce que ça commence peut-être à germer ?
12:41 Peut-être qu'on peut laisser des territoires déjà pris par les russes ?
12:43 La question de la paix, elle n'est pas entendue par les soldats sur le terrain qui sont là.
12:47 Il faut se souvenir qu'il y a ce problème de mobilisation en Ukraine.
12:51 Donc c'est des soldats qui se battent depuis un an et demi, voire deux ans,
12:56 et qui ne sont pas prêts à lâcher les efforts qu'ils font depuis toujours.
13:02 L'arrière non plus n'y est pas encore prête.
13:06 Maintenant, les alliés occidentaux de l'Ukraine poussent à cela.
13:11 – On sait qu'il peut y avoir un mot d'Emmanuel Macron là-dessus par exemple.
13:14 – Alors je ne suis pas dans la tête d'Emmanuel Macron,
13:16 j'aimerais déjà savoir le contenu de l'accord bilateral qui sera signé ce soir.
13:20 Mais évidemment, en revanche, je rebondis sur ce qu'on disait tout à l'heure
13:25 sur Emmanuel Macron et sur son image notamment en Ukraine.
13:27 Il y a effectivement cette image, il y a un verbe en ukrainien,
13:32 qui se "macroner".
13:34 – Oui, qui se dit en ukrainien.
13:36 – Voilà, il y a un verbe là-dessus.
13:38 Quant au Macron, c'est que "on n'y va pas à fond".
13:43 – Ça veut dire en même temps.
13:46 – Non mais voilà, Emmanuel Macron est clairement dans un déficit d'image,
13:50 et notamment aussi au niveau européen là-dessus.
13:52 Quand on voit que les polonais préfèrent acheter du matériel américain
13:55 plutôt que du matériel français par exemple, ce n'est pas anodin.
13:58 C'est-à-dire que cette position, cette stratégie au départ de
14:01 "on ne coupe pas la porte, on n'humilie pas", etc.,
14:05 qui a été abandonnée depuis, il suffit de voir la tribune encore ce matin
14:08 de Stéphane Séjourné dans "Le Monde" qui est absolument très claire là-dessus,
14:13 il n'y a rien à dire.
14:15 Mais il faut dire qu'entre-temps, la France a aussi perdu sa zone d'influence
14:19 en Afrique, notamment en Afrique de l'Ouest, au profit de qui ?
14:22 Au profit de la Russie.
14:23 Tout cela, ça a probablement fait changer aussi le curseur de l'Élysée
14:28 par rapport au ton à employer face à Moscou,
14:30 et évidemment ne pas donner aux Ukrainiens le sentiment,
14:33 et ne pas donner à Moscou surtout, le sentiment que l'Ukraine
14:37 est effectivement abandonnée, parce que la Russie,
14:40 c'est qu'elle peut jouer sur le temps long,
14:41 et sur les divisions européennes qui sont...
14:46 Sa grande faiblesse de l'Europe, c'est que plus le temps passe,
14:48 plus les divisions sont là, et ce qui est important de noter,
14:51 c'est que quand même, le plan d'aide budgétaire qui a été voté
14:56 par l'Europe pour aider l'Ukraine, l'a été fait en dépit des réticences
15:01 de Viktor Orban, et ça montre que encore, peut-être que l'Europe
15:05 est en train de prendre conscience de ce qui est en train de se produire.
15:07 Quel soutien de la France pour l'Ukraine après deux ans de guerre ?
15:09 On va donc avoir un peu plus de réponses aujourd'hui.
15:11 On se rappelle, c'était il n'y a pas si longtemps quand même,
15:12 pendant la crise agricole, la menace des poulets ukrainiens,
15:15 vouloir se protéger aussi de ça.
15:16 Donc voilà, il y a beaucoup de choses qui se jouent,
15:18 et notamment aujourd'hui.
15:19 Merci infiniment, Claude Guibbal, rédaction internationale
15:22 de Radio France, de retour de Kiev pour cet éclairage.
15:24 Deuxième débat des informés du matin, dans un instant,
15:27 on va parler des trains, de la grève à la SNCF
15:29 pour ce week-end de grand départ.
15:30 Après, le Fil info, 9h21, Damien Mestre.
15:33 Alors que Volodymyr Zelensky est aujourd'hui en Allemagne
15:37 et en France pour signer des accords de sécurité,
15:39 l'armée ukrainienne indique que de violents combats
15:41 sont en cours dans la ville d'Avdiivka,
15:44 ville vers laquelle des renforts ukrainiens
15:46 sont à nouveau envoyés ce matin.
15:48 EDF renoue avec les bénéfices, 10 milliards d'euros en grange
15:52 en 2023, selon les premiers résultats publiés ce matin.
15:55 Le groupe profite notamment de la hausse du prix de l'électricité,
15:58 ainsi que du redressement de la production nucléaire.
16:01 Circulation difficile sur les routes d'Ile-de-France aujourd'hui,
16:04 journée orange dans le sens des départs, ce sera rouge demain
16:07 aux abords des pistes de ski.
16:09 Côté train, seul un TGV et un Intercités sur deux prévus
16:12 jusqu'à dimanche en raison de la grève des contrôleurs.
16:15 Changement de stratégie majeure pour Microsoft dans les jeux vidéos,
16:19 l'entreprise va laisser ses rivaux proposer 4 de ses jeux
16:23 développés initialement en exclusivité pour Xbox.
16:26 On ne connaît pas en revanche encore le nom de ces jeux.
16:29 Et nous sommes ce matin avec Victor Récusa,
16:43 service politique de France Info, avec Jean-Jérôme Berthelus,
16:45 éditorialiste politique.
16:46 Notre deuxième débat aujourd'hui, Renaud, la grève à la SNCF
16:50 et le baptême du feu social pour Gabriel Attal.
16:51 Et oui, en quelque sorte, en tout cas pour ce qui est des grèves
16:53 dans les transports, un trafic ferroviaire chaotique ce week-end,
16:58 une grève des contrôleurs à la SNCF à l'origine de ce mouvement
17:00 en pleine vacances scolaires.
17:02 Un TGV sur deux, un Ouigo sur deux.
17:05 Normalement, tout au long du week-end, voici les prévisions de trafic.
17:08 Alors, ce n'est pas tout à fait le premier mouvement social
17:10 pour Gabriel Attal puisqu'il y a le mouvement des agriculteurs,
17:12 qui n'est d'ailleurs pas totalement éteint,
17:13 mais c'est effectivement le premier mouvement dans un secteur public
17:16 et en l'occurrence les transports.
17:18 Voici ce que disait ce matin sur l'antenne de France Info
17:21 le secrétaire fédéral de Sudrail, Julien Trocasse,
17:24 qui renvoie la responsabilité de cette grève à la direction de la SNCF.
17:28 La direction d'entreprise, si elle ne répond pas à ses revendications,
17:31 il y aura évidemment des suites.
17:32 On va retourner sur le terrain.
17:34 On va causer avec les cheminots et les cheminottes.
17:36 Là, c'est les contrôleurs et les contrôleuses tout particulièrement.
17:39 Et on ne s'interdit rien.
17:40 S'il faudra de toute façon, ces revendications,
17:42 à un moment donné, il faudra y répondre.
17:44 Ils ont joué la stratégie du pourrissement.
17:46 On pense que c'est une grave erreur.
17:47 Mais est-ce qu'il y a aussi un risque pour les syndicats
17:49 si ce mouvement se prolongeait, s'il y avait un durcissement
17:52 au vu de la gêne occasionnée pour les voyageurs,
17:55 que ce mouvement soit impopulaire ?
17:56 Ce qui est d'ailleurs une différence peut-être avec le mouvement paysan
17:59 qui, lui, on l'a vu, était très soutenu dans l'opinion.
18:01 Est-ce que ça explique le fait que Gabriel Attal, d'ailleurs,
18:03 ait durci le ton à l'endroit des grévistes
18:05 avant même le début de ce mouvement en disant, je le cite,
18:08 que la grève était un droit, mais que travailler était un devoir ?
18:11 Et enfin, est-ce que ce mouvement est un coup de saumon
18:14 circonscrit à la SNCF ?
18:16 Ou est-ce qu'il préfigure peut-être un printemps social chaud
18:20 qui pourrait s'ouvrir à d'autres corporations ?
18:22 Jean-Jérôme Berthelus, cette posture de Gabriel Attal,
18:24 il y a quelques jours, alors que se profilait cette grève à l'œuvre aujourd'hui,
18:29 est-ce que c'est un pari ?
18:30 Est-ce que ça peut être un peu dangereux ?
18:31 Ça peut se retourner contre lui ou pas ?
18:33 Alors d'abord, c'est une posture ancienne pour le Premier ministre,
18:36 puisque rappelez-vous, je crois que c'était en 2018,
18:38 il avait parlé de la gréviculture à propos de grévistes à la poste.
18:43 Donc il y a quand même chez le Premier ministre,
18:46 même s'il vient effectivement du Parti Socialiste,
18:49 l'idée qu'il faut bosser, et que la grève n'est pas complètement légitime.
18:53 On va voir, et ça sera intéressant, l'attitude du gouvernement
18:56 face aux propositions de loi qui fleurissent, et qui vont fleurir,
18:59 que ce soit de la part de Lyott, que ce soit de la part des centristes au Sénat,
19:05 que ce soit de la part de LR, tout le monde veut restreindre le droit de grève,
19:09 notamment lorsque les Français, ceux qui le peuvent en tout cas,
19:12 partent en vacances. On verra qu'elles sont un petit peu les…
19:16 qu'est-ce que va dire Gabriel Attal à ses troupes, soutient ou pas ?
19:19 On verra. Moi je pense que pour Gabriel Attal,
19:22 à très court terme, c'est pas risqué.
19:25 Effectivement, Renaud Delisle disait, oui,
19:27 aujourd'hui, les Français, ils disent au syndicat, ça va bien, assez de grève.
19:32 Maintenant, à moyen ou long terme,
19:35 encore une fois, dans une démocratie,
19:38 on va dire qu'il y a aussi la démocratie sociale,
19:42 et qu'il faut que, on va dire, que les conflits se règlent,
19:46 pas seulement à coup d'injonction, pas seulement à coup de loi,
19:49 mais aussi par un dialogue. Et c'est vrai que pour la SNCF,
19:52 c'est compliqué, parce que la SNCF, elle doit être à l'équilibre.
19:55 Et ça, c'est aussi, c'est une injonction du gouvernement.
19:58 – Et c'est vrai que vous l'y ai, le mouvement des agriculteurs,
20:01 il y a quelques jours, ce mouvement à la SNCF,
20:03 avec une différence de ton, peut-être d'approche dans la réponse,
20:06 qu'on donne aux différents corps qui se mobilisent.
20:08 – Deux salles, deux ambiances, on voit que l'exécutif Cajol,
20:11 les agriculteurs, là, forcément, avec ces grévistes de la SNCF,
20:16 on voit que le ton est différent, et on voit aussi que le Premier ministre
20:20 cherche à incarner la valeur travail.
20:22 D'ailleurs, l'ancien président, François Hollande,
20:24 l'a comparé hier à Nicolas Sarkozy, dans le ton.
20:28 Et moi, je dirais qu'il y a quand même un coup politique pour Gabriel Attal,
20:33 à la fois de radicaliser aussi le mouvement,
20:35 que encore plus de grévistes se joignent à cette mobilisation de ce week-end,
20:39 et il y a aussi un coup, peut-être un peu symbolique,
20:41 au moment où les Français ont un rapport différent avec leur travail aujourd'hui.
20:45 Et par exemple, j'entendais un reportage ce matin sur France Info,
20:48 de Français qui, finalement, commencent de plus en plus à s'identifier
20:51 aux grévistes sur le pouvoir d'achat, parce que c'est l'une des revendications,
20:55 de dire "ben voilà, oui, c'est vrai, nous, on a du mal face à l'inflation,
20:57 on a besoin aussi d'avoir une revalorisation".
21:00 Et également, quand Gabriel Attal parle de "travailler est un devoir",
21:05 là aussi, il y a une conception de plus en plus contrastée au sein des Français.
21:10 – Notamment en termes de génération,
21:11 des générations plus jeunes qui se disent "le travail,
21:13 ce n'est peut-être pas forcément toute la vie".
21:14 – Au moment aussi où l'exécutif commence à penser à la semaine de 4 jours,
21:18 et commence à l'expérimenter, donc il y a une forme de paradoxe aussi dans ce ton-là.
21:23 – Avec quand même le fait aussi que les catégories françaises,
21:26 notamment les plus jeunes, effectivement,
21:27 qui ne sont peut-être plus la même vision du travail,
21:30 ce sont celles qui votent le moins, et ça, il le sait très bien aussi le Premier ministre.
21:33 C'est-à-dire quand il revendique, quand il s'arroge la valeur travail,
21:36 il sait à quelle électorat il parle, notamment à un électorat populaire,
21:39 des classes populaires, etc., plus âgées,
21:41 qui avaient d'ailleurs abandonné la gauche depuis un moment.
21:43 Donc il vise très clairement cet électorat-là.
21:45 – Alors qu'il veut t'incarner la jeunesse, peut-être, paradoxalement ?
21:47 – Oui, non, je pense qu'il veut d'abord… enfin, jeune ou pas jeune, c'est…
21:50 – Il le met en avant, sa jeunesse.
21:52 – Oui, bien sûr, ça c'est clair, il communique, ça n'a échappé à personne,
21:55 il communique beaucoup.
21:57 Mais je pense que, et ça explique d'ailleurs cette différence de ton
21:59 entre les agriculteurs et la SNCF, il est très indulgent,
22:02 Gabriel Attal, comme ensemble du gouvernement,
22:04 avec ses agriculteurs, et beaucoup plus ferme à l'endroit des cheminots,
22:06 parce qu'encore une fois, le mouvement paysan,
22:09 il est populaire dans l'opinion, et que les blocages des trains,
22:11 s'ils perdurent, ils ne le seront sûrement pas.
22:13 Donc c'est évidemment davantage, c'est une posture très classique,
22:17 il s'adresse à l'opinion en essayant un peu de mettre en scène,
22:20 justement, une opposition entre l'opinion d'une part,
22:23 et les syndicats de la SNCF.
22:24 – Avec les JO qui arrivent, il faut éviter une accumulation
22:26 de conflits sociaux, on imagine ?
22:28 – Oui, pour que ces JO se passent bien, on voit que les Parisiens
22:32 sont tentés de partir, il y a des injonctions, télétravailler,
22:34 ne prenez pas les transports, etc.
22:36 Il y a un moment où effectivement, ça devient…
22:38 – On se positionne.
22:39 – Ces JO, il y a un peu interrogation.
22:41 – Merci beaucoup Jean-Jérôme Bertolus,
22:43 éditorialiste politique de France Info,
22:44 Victoria Coussa, chef du service politique de France Info également,
22:48 et avec vous, Jean-Rémi Baudot, pas du tout,
22:51 Renaud Delis et Jules, les informés du matin, tous les matins avec vous.
22:54 [Rires]
22:57 C'est bien joué, Piotr !
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