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  • il y a 2 ans
Avec Alain Finkielkraut, philosophe et écrivain.

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##EN_TOUTE_VERITE-2024-02-11##

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Transcription
00:00 En toute vérité, chaque dimanche entre 11h et midi sur Sud Radio, sécurité, économie
00:09 numérique, immigration, écologie.
00:11 Pendant une heure chaque semaine, nous débattons sans tabou des grands enjeux pour la France
00:15 d'aujourd'hui et de demain.
00:16 Cette semaine, j'ai le plaisir de recevoir le philosophe Alain Finkelkraut.
00:20 Il nous parlera de son nouveau livre "Chasseur de perles"
00:23 "Pêcheur de perles"
00:24 "Pêcheur de perles", tout à fait.
00:27 Merci de ne pas m'interrompre pendant le...
00:30 Merci d'avoir lu au moins le titre de mon livre.
00:33 De bien connaître "Pêcheur de perles".
00:35 Très beau titre d'ailleurs d'Alain Finkelkraut qui vient de paraître chez Gallimard.
00:40 Un essai dans lequel Alain Finkelkraut vous livrez comme jamais sur la vie, l'amour, la
00:45 mort et même les Beatles.
00:46 Dans lequel vous évoquez également quelques sujets brûlants.
00:50 Le Tanazie, la guerre sans fin entre Israël et le Hamas, la littérature à l'heure du
00:54 Wauquiez, le devenir de la France.
00:57 Autant de sujets dont nous parlerons pendant une heure.
01:00 Nous vous demanderons si l'amour peut durer toujours, si vous êtes favorable au droit
01:05 de mourir dans la dignité, comment être juif en France aujourd'hui et surtout, surtout
01:10 Alain Finkelkraut, si vous êtes plutôt John Lennon ou Paul McCartney.
01:13 Tout de suite vos réponses en toute vérité.
01:16 En toute vérité sur Sud Radio, Alexandre de Vécu.
01:21 Alain Finkelkraut, bonjour.
01:23 - Au revoir.
01:24 - Au rebonjour, malgré cette interruption.
01:27 Alors effectivement, Pêcheurs de Perles et non pas Chasseurs de Perles.
01:31 Justement, ça nous fait, ce qui vient de paraître chez Galima, un livre très personnel.
01:37 Chaque chapitre, je ne sais pas si on peut dire chapitre d'ailleurs, chaque partie,
01:41 en tout cas chaque morceau s'ouvre par une citation.
01:45 Pourquoi avoir choisi cette forme ?
01:48 - La raison principale sans doute, c'était que je pouvais, ce faisant, faire autre chose
02:04 que de bâtir une démonstration ou de défendre une thèse.
02:09 Ça m'a libéré d'une contrainte qui est celle de l'essai.
02:16 J'en ai fait des essais, d'identité malheureuse, des fadeuses pensées.
02:19 - Et les Perles, ce sont ces phrases ?
02:21 - Les Perles, ce sont les citations que j'ai cette habitude de noter les phrases, les maximes,
02:33 les fragments qui me plaisent particulièrement.
02:37 Donc j'ai empilé chez moi de nombreux cahiers de citations.
02:43 Un jour, je les ai relues et j'ai choisi celles qui me donnaient le plus à penser.
02:51 Et j'ai pu ainsi aller dans plusieurs directions à la fois.
02:55 J'ai retrouvé bien sûr les thèmes qui me préoccupent, l'Europe, l'école, la culture.
03:04 Mais j'ai pu aussi m'aventurer sur des questions que je n'avais jamais abordées jusque là,
03:12 la mort et la fin de vie, par exemple, avec une citation d'Elias Canetti absolument extraordinaire.
03:20 "La mort est de Dieu et elle a dévoré son père."
03:23 La mort est de Dieu et elle a dévoré son père, c'est la vision la plus crue et la plus véridique de l'athéisme.
03:32 On se représente souvent un athéisme triomphant.
03:35 Après la mort de Dieu, l'homme prend la place.
03:38 Il s'attribue progressivement l'omnipotence et l'omniscience.
03:44 La réalité n'est pas celle-là.
03:46 L'athéisme, c'est celui qui voudrait bien croire.
03:49 C'est tout à fait juste.
03:50 Qui voudrait bien croire. Malheureusement, cette option lui est fermée.
03:55 Pour lui, la mort a le dernier mot.
03:58 Vous diriez ?
03:59 Et donc, c'est elle qui a dévoré Dieu.
04:01 C'est pas l'homme qui a chassé Dieu du trône, c'est la mort.
04:04 La mort qui était plus forte que Dieu.
04:06 Dieu nous apportait une consolation.
04:08 La mort est de Dieu puisque la mort, c'est la punition d'Adam au jardin d'Éden.
04:15 "Ah bah, tu m'as désobéi, tu vas mourir."
04:17 Mais voilà, ça s'est retourné, si j'ose dire, contre Dieu.
04:20 Maintenant, l'espérance ne nous est pas tout à fait permise.
04:26 Il n'y a plus de consolation.
04:27 Ce que Gershom Solheim dit à sa manière, là où il y avait Dieu, il y a maintenant la mélancolie.
04:34 Vous diriez que vous êtes athée, Alain Finkielkraut, que vous croyez en Dieu ?
04:38 Bah non, c'est bien ce que je dis, là.
04:40 Oui, je sais bien, mais...
04:42 Non, non, non, je n'ai jamais...
04:43 Vous vous dites que pour l'homme contemporain, l'homme contemporain a chassé Dieu,
04:46 mais je vous pose la...
04:47 Je n'ai jamais...
04:47 Il n'a pas chassé Dieu, mais en tout cas...
04:49 Je n'ai jamais été effleuré par l'idée de Dieu.
04:54 Les hommes qui ont la foi ne vivent pas dans l'évidence.
05:02 La foi, c'est 24 heures de doute et une minute d'espérance, disait Bermanos.
05:08 Et vous n'allez jamais l'avoir, je crois.
05:10 Moi, cette une minute, je ne l'ai jamais éprouvée, jamais connue.
05:14 Je vis au contraire dans l'évidence intime qu'il n'y a pas d'au-delà.
05:20 La vie sur Terre est la seule vie possible.
05:24 Thérèse de Lisieux disait, au moment de son agonie,
05:28 "Je ne meurs pas, j'entre dans la vie, cette perspective, mais totalement étrangère."
05:35 Vous expliquez, cela dit, dans ce très beau chapitre,
05:39 que vous craignez davantage la fin de vie que la fin de la vie.
05:45 Oui, c'est vrai.
05:47 Donc, j'aborde la question de la mort.
05:52 Je rends hommage aussi au génie du christianisme,
05:56 puisque le Christ, qui est une des hypostases de Dieu,
06:03 dit quand même "Mon Père, mon Père, pourquoi m'as-tu abandonné ?"
06:07 Il y a les descentes de croix, il y a les mises au tombeau, il y a la pietà.
06:11 Donc, le christianisme a intégré la mort.
06:15 Certes, il y a des représentations du Christ ressuscité dans l'iconographie athéenne,
06:20 Nolim étant guérée,
06:22 mais la plupart des peintures, c'est le Christ en croix,
06:25 c'est la souffrance de ce Christ qui dit "Mon Père, mon Père, pourquoi m'as-tu abandonné ?"
06:29 Donc, avant que Nietzsche ne proclame que Dieu est mort,
06:35 c'était déjà, si j'ose dire, dans la religion chrétienne.
06:39 Et Dieu-même a craint la mort, dit Nearque d'Ampolliux,
06:43 et mystiche, admirablement commenté par Charles Péguy.
06:47 Mais bon, il y a cette angoisse,
06:52 que je connais comme tout le monde, et peut-être un peu plus que d'autres,
06:55 étant donné mon âge avancé,
06:57 mais je constate, pour moi et pour d'autres,
07:01 qu'une autre angoisse a pris le pas sur celle-ci.
07:04 Non pas en effet la fin de la vie, mais la fin de vie.
07:06 Parce que la médecine fait des progrès,
07:09 elle répare tout sauf le cerveau.
07:11 Donc, on vit de plus en plus vieux,
07:14 mais sans assurance de vivre intégralement.
07:17 Il y a la maladie de l'isthma mère et les maladies apparentées,
07:23 c'est-à-dire la possibilité d'entrer dans une longue hébétude.
07:29 Rézvani, dont la femme a eu la maladie isthmanaire,
07:34 parle de l'immense chagrin de se savoir en état de destruction mentale.
07:40 L'immense chagrin éprouvé par le malade.
07:43 Parce qu'au début, on a les premiers symptômes,
07:47 on a le diagnostic,
07:48 et on est assez lucide pour comprendre ce qui arrive.
07:51 Et c'est absolument terrible.
07:55 Alors, ce qui ne veut pas dire que je prends position aujourd'hui
07:59 pour le projet de loi euthanasie ou suicide assisté,
08:06 d'autant plus que dans ce projet de loi,
08:08 le cas de la maladie d'Alzheimer n'est pas prévu.
08:12 Alors que moi, je pense que si on a des souffrances physiques terribles,
08:18 peut-être qu'en effet, on peut penser aussi
08:21 à accroître les possibilités de soins palliatifs,
08:24 parce qu'on a des remèdes à ces souffrances physiques,
08:29 on n'en a aucun à cet immense chagrin dont parle Rézvani.
08:35 Et là, je me dis que se draper dans le serment d'Hippocrate
08:40 ou dans le 6e commandant pour ne rien vouloir entendre
08:44 de la détresse de cet impatient,
08:46 ce n'est pas de la miséricorde, c'est de la cruauté.
08:49 – Vous n'êtes pas dans le thune tueur à poing,
08:54 mais en même temps, vous n'êtes pas non plus
08:59 dans le droit de mourir dans la dignité.
09:01 Je crois que le terme vous choque de parler de droit de mourir dans la dignité.
09:06 C'est Houellebecq qui a écrit des mots extraordinaires là-dessus.
09:10 Il dit "écoutez, regardez la tête que j'ai, regardez ce que je viens,
09:13 la dignité ce n'est pas forcément mon souci principal
09:17 et je vais sûrement progresser dans l'indignité".
09:20 On peut lui faire confiance, il dit "donc ça va avec la dignité".
09:24 Et je n'aime pas cette idée, je n'aime pas cette idée.
09:27 Et en même temps, Houellebecq, si vous voulez,
09:29 dit "l'euthanasie c'est horrible", parce que mourir dans l'indignité,
09:32 il confond les deux, il dit même "si une telle loi est adoptée,
09:37 nous sortons de la civilisation".
09:39 Mais, et il illustre ce propos, écrit d'ailleurs dans "Le Figaro",
09:47 par son livre "Anéantir".
09:49 Un homme assez âgé a un accident cardiovasculaire grave,
09:56 il se réveille paralysé et muet.
10:01 Il ne parle plus.
10:02 Il est mis en EHPAD, un groupe de militants le sort,
10:06 pour précisément lui éviter l'euthanasie.
10:10 Et c'est une manière pour Houellebecq d'illustrer sa critique.
10:19 Sauf que cet homme, il continue à communiquer,
10:25 il continue à lire, il écoute de la musique.
10:29 Ce n'est pas du tout le cas de la femme de Resvani.
10:33 Donc il ne prend pas en compte l'immense chagrin
10:41 de se savoir en état de destruction mentale.
10:43 Parce que, il en va de l'ASMR comme de la mort selon La Rochefoucauld,
10:50 ça ne peut pas se regarder fixement.
10:52 C'est ça que j'essaie de dire dans le chapitre.
10:59 On a commencé l'émission en parlant de la mort,
11:01 je voulais commencer par parler de l'amour.
11:03 D'ailleurs votre livre commence par l'amour.
11:05 C'est pas grave, on a inversé le sens de l'émission
11:08 parce que vous avez mis tout de suite les pieds dans le plat,
11:11 si j'ose dire.
11:11 Mais après une courte pause, on évoque Alain Finkielkraut.
11:15 Et l'amour, à tout de suite sur Sud Radio, en toute vérité.
11:19 En toute vérité, 11h30 sur Sud Radio, Alexandre Desvecquiaux.
11:23 Nous sommes de retour en toute vérité avec Alain Finkielkraut
11:26 sur Sud Radio pour parler de son nouveau livre,
11:29 "Le Pêcheur de Perles" qui vient de paraître aux éditions Gallimard.
11:33 Livre très personnel dans lequel il évoque la question de la vie,
11:38 de l'amour, de la mort.
11:39 On a parlé de la mort en première partie d'émission.
11:43 Je voudrais parler avec vous Alain Finkielkraut de l'amour
11:46 puisque vous commencez votre livre par là,
11:51 par une scène très intime, enfin très intime,
11:55 en tout cas une scène personnelle dans laquelle vous racontez
11:57 le jour où celle qui allait devenir votre épouse vous a larguée.
12:02 Je ne sais pas si on peut dire comme ça.
12:04 C'est sans doute dit de l'écrire de manière plus élégante dans le livre.
12:07 Pourquoi avoir commencé ce livre par là ?
12:10 Est-ce que vous avez hésité avant d'écrire ce chapitre ?
12:13 Non, non je n'ai pas hésité.
12:17 D'ailleurs, je peux dire que ma décision d'écrire ce livre
12:24 découle en fait de ce chapitre et de cette volonté qui était la mienne
12:32 de parler de l'amour autrement, autrement que je ne l'avais fait
12:37 parce que c'est un sujet que j'ai déjà abordé
12:40 depuis "Les Nouveaux-Âges Amoureux" jusqu'à "Ici l'amour durait"
12:44 en passant par "La Sagesse de l'amour"
12:47 et cela je n'avais pas non plus...
12:49 C'était... Je voulais dire des choses différentes de ce que j'avais lu
12:54 dans la poésie ou dans la grande tradition romanesque.
12:59 Alors oui, il y a eu cette phrase, un matin, un dimanche matin au petit déjeuner,
13:06 celle qui allait devenir ma femme m'annonça que c'était fini,
13:12 qu'elle me quittait et que sa décision était irrévocable.
13:16 Cet inquipite me plaisait beaucoup.
13:19 Oui, c'est vrai.
13:20 Et je me suis dit "je vais y aller". Alors pourquoi ?
13:23 Pourquoi ? Parce que c'est vrai, à ce moment-là,
13:26 j'ai eu le sentiment que le ciel me tombait sur la tête,
13:30 c'était au lendemain d'une petite querelle...
13:33 Sur "Le choix de Sophie" d'ailleurs.
13:35 Le film, le très beau film avec Mireille Strip.
13:38 Une querelle absolument dérisoire, mais qui était la goutte d'eau.
13:41 La goutte d'eau parce que...
13:45 celle que j'aimais me trouvait un peu envahissant.
13:49 Elle tenait à son camp d'assoir, je lui pompais l'air.
13:52 Et comme moi, justement, ce camp d'assoir me rendait inquiet,
13:57 je me disais "donc j'en rajoutais".
14:00 J'étais lourd, si vous voulez, j'étais lourd.
14:03 Et j'ai voulu un peu raconter ça parce que c'est vrai,
14:08 j'ai demandé conseil autour de moi,
14:10 et tout le monde me disait "tu fais le mort, elle reviendra".
14:13 J'ai fait le contraire.
14:15 J'ai pas insisté, mais je lui ai...
14:19 - Fait un tableau. - J'ai acheté un tableau,
14:22 parce qu'on l'avait vu, qu'il nous plaisait beaucoup,
14:25 donc j'ai complètement cassé ma tierlire,
14:27 j'ai posé le tableau sur son palier,
14:30 au risque qu'il soit volé, etc.
14:32 Elle n'est pas revenue tout de suite.
14:34 Mais enfin, après 10 jours d'attente fébriles,
14:37 où là quand même je suis resté silencieux,
14:39 parce que j'attendais, elle le savait,
14:41 elle est revenue.
14:43 Et donc ça me permettait aussi d'insister sur un fait
14:47 qui a déjà été souligné,
14:49 l'amour c'est une dépendance.
14:52 C'est vrai, une dépendance,
14:54 et c'est une aliénation,
14:56 au fond, qui est meilleure que la liberté.
15:00 Ça c'est la phrase de Jean Kielewicz,
15:02 "L'homme le plus sec,
15:04 tandis qu'il était amoureux,
15:06 a connu la grâce de vivre pour un autre."
15:09 Mais j'ai voulu aller plus loin,
15:12 parce qu'il y a des amours fou-bête,
15:14 et ce n'est pas toujours qu'on peut aimer les marbles.
15:20 Et j'ai voulu faire apparaître aussi
15:22 une composante de l'amour
15:24 qui est effectivement,
15:26 dont la littérature ne parle pas beaucoup,
15:29 même les romantiques,
15:31 qui est l'admiration.
15:33 C'est-à-dire aussi, on dit "l'amour rend aveugle",
15:36 mais non, l'amour peut rendre lucide,
15:39 et c'est une lucidité qui ne se confond pas
15:41 avec le désenchantement.
15:44 C'est une lucidité de l'émerveillement.
15:48 Voilà, donc l'amour,
15:50 dans sa modalité la plus haute,
15:52 peut être un chemin de connaissance.
15:54 - C'est un formidable hommage à votre épouse,
15:57 Hega Lavaux.
15:59 - Elle était pas du tout contente
16:01 que je fasse ce chapitre.
16:03 Au début, elle a eu très peur.
16:05 Après, bon, je l'ai lu.
16:07 L'épisode Meryl Streep l'a embêtée,
16:09 elle a dit "ça dévoile quelque chose
16:11 d'autre vie, tu ne le fais pas".
16:13 Mais bon, sur le coup,
16:15 elle disait "non, ne parle pas de nous,
16:17 ne parle pas de moi".
16:19 Je ne la nomme pas d'ailleurs.
16:21 - C'est pour ça que je ne l'ai pas fait
16:23 à l'antenne, je pense que ça
16:25 débouche sur une réflexion
16:27 qui est plus large
16:29 que l'anecdote personnelle.
16:31 Sans vouloir tomber dans la niaiserie,
16:33 ça remet en cause
16:35 ceux qui vous accusent
16:37 d'être antifemme
16:39 ou je ne sais quoi,
16:41 dans notre époque
16:43 de wokisme.
16:45 Vous vous êtes souvent tombé dessus
16:47 pour vos prises de position.
16:49 - Je ne suis d'ailleurs pas antiféministe.
16:51 - Oui, j'allais dire,
16:53 c'est presque un chapitre féministe.
16:55 Vous êtes d'accord avec ça ?
16:57 - Oui, c'est le néo-féminisme
16:59 qui m'exaspère
17:01 avec sa déconstruction
17:03 stéréotypée des stéréotypes,
17:05 cette façon de dire aussi
17:07 que le féminin n'existe pas.
17:09 Je pense d'ailleurs,
17:11 pour revenir à ce chapitre,
17:13 que le féminisme
17:15 est une conquête des femmes,
17:17 mais c'est aussi
17:19 une bénédiction pour l'amour.
17:21 Parce que,
17:23 si vous voulez,
17:25 une femme au foyer,
17:27 c'est quand même
17:29 une femme à disposition.
17:31 Et la liberté,
17:33 l'éloignement,
17:35 puisque la journée,
17:37 ça entretient, évidemment,
17:39 le sentiment amoureux.
17:41 Parce que le miracle
17:43 que j'ai eu la chance de vivre,
17:45 c'est d'être resté amoureux.
17:47 On dit souvent
17:49 l'amour évolue.
17:51 Au début, c'est l'intensité,
17:53 après ça se calme,
17:55 et alors donc ça devient
17:57 une forme d'amitié,
17:59 de conversation.
18:01 Oui, je sais si la conversation importe,
18:03 mais que
18:05 l'intensité puisse se marier
18:07 avec la durée,
18:09 on n'y croit pas.
18:11 D'ailleurs, moi-même, en entrant
18:13 dans ma carrière amoureuse,
18:15 je n'y croyais pas.
18:17 Les femmes ne sont pas romantiques.
18:19 Elles sont méfiantes, elles sont sceptiques.
18:21 J'allais d'ailleurs vous poser la question,
18:23 vous abordez dans le chapitre,
18:25 vous l'avez dit, la question de l'admiration
18:27 dans l'amour,
18:29 mais aussi vous poser la question,
18:31 vous répondre à la question, finalement,
18:33 l'amour peut durer toujours alors que vous étiez très sceptique
18:35 lorsque vous étiez jeune.
18:37 Mais tout le monde, maintenant,
18:39 est sceptique. On voit les divorces autour de nous,
18:41 on a connu aussi
18:43 des grands amours,
18:45 et puis qui se sont éteints assez vite.
18:47 C'est avec BD, l'amour dure 3 ans.
18:49 Donc on se dit, voilà, là,
18:51 je suis amoureux.
18:53 Quand on dit "je t'aime", c'est un serment
18:55 éternel, mais on le dit
18:57 avec l'idée que ça ne se passera
18:59 pas vraiment comme ça.
19:01 Et moi-même,
19:03 j'étais dans cette disposition.
19:07 Donc mon histoire
19:09 est à l'inverse des romans d'éducation.
19:11 Les romans d'éducation, c'est
19:13 illusion perdue.
19:15 Mon histoire, c'est celle d'une désillusion perdue.
19:17 J'ai commencé
19:19 par la désillusion,
19:21 je me disais "bon, ben voilà, ça durera ce que ça durera,
19:23 profitons-en", et
19:25 cette désillusion a été, si vous voulez,
19:27 démentie par une réalité
19:29 plus belle qu'elle. - On vous accuse
19:31 aussi d'être décliniste, finalement,
19:33 en amour, vous êtes plutôt optimiste, alors ?
19:35 - Ben, oui,
19:37 je ne suis pas optimiste,
19:39 surtout d'abord, je ne voudrais pas... - Pas faire de votre cas personnel
19:41 un cas général. - Je ne voudrais pas me donner en exemple,
19:43 je ne voudrais pas
19:45 attendrir
19:47 qui que ce soit.
19:49 Je dis que c'est une des
19:51 possibilités
19:53 de l'amour, c'est tout.
19:55 Et dans ma vie, évidemment,
19:57 ça compte énormément, parce que je ne suis pas
19:59 décliniste, je suis
20:01 plutôt pessimiste.
20:03 Je reprendrai à mon compte
20:05 cette phrase de
20:07 Walter Benjamin,
20:09 "La catastrophe, c'est lorsque
20:11 les choses suivent leur cours."
20:13 Et les choses suivent leur cours, vraiment.
20:15 On peut le voir. Mais,
20:17 heureusement
20:19 pour moi, j'ai une vie privée,
20:21 c'est-à-dire, nous sommes
20:23 aujourd'hui à l'abri
20:25 de l'histoire.
20:27 Elle ne s'empare pas complètement
20:29 de nos vies. Certes, elle transforme
20:31 le paysage,
20:35 elle transforme beaucoup de choses, mais, donc,
20:37 on peut avoir une vie privée,
20:39 on peut avoir des amis, et on peut
20:41 avoir cet amour. Et donc, c'est vrai, je le dis
20:43 à un moment donné, je suis
20:45 pessimiste, mais j'ai le sentiment que mon
20:47 cœur est immortel.
20:49 - Ce thème de l'amour, on l'oublie
20:51 parfois, mais c'est un thème qui,
20:53 finalement, irrigue toute votre oeuvre,
20:55 votre premier livre avec
20:57 Pascal Brutner, "Le nouveau
20:59 désordre amoureux", vous avez fait également
21:01 "La sagesse de l'amour".
21:03 C'était aussi une manière de boucler
21:05 la boucle sur,
21:07 finalement, un thème
21:09 qui vous passionne et que vous avez traité...
21:11 - Boucler la boucle, oui, sans doute.
21:13 Je suis là, je vais boucler la boucle.
21:15 - Je ne voulais pas. - C'est vrai. Il a raison,
21:17 David Thiault. - Je ne voulais pas vous enterrer.
21:19 - Il voit ma tête, il a compris que je bouclais la boucle.
21:21 - Pas du tout.
21:23 - Je sais pas, mais...
21:25 Mais c'est vrai,
21:27 c'est une question
21:29 qui m'habite depuis
21:31 toujours. Et même
21:33 depuis mon enfance,
21:35 mes premiers émois amoureux,
21:37 en tout bien, en toute honneur, c'était en
21:39 colonie de vacances, à l'âge de 6 ou 7 ans.
21:41 Je glissais
21:43 des bonbons
21:45 sous l'oreiller
21:47 de la petite fille
21:49 que je me sentais amoureux.
21:51 Donc, voilà.
21:53 C'est un sentiment
21:55 auquel j'ai attaché
21:57 toujours une très grande importance
21:59 dans le livre dont vous parlez,
22:01 "Il faut être amoureux".
22:03 On a divisé
22:05 le travail,
22:07 et moi, le premier chapitre que j'ai écrit,
22:09 c'est la formule "Je t'aime".
22:11 Ensuite, j'ai même écrit un chapitre
22:13 sur la pornographie, donc...
22:15 J'ai l'esprit ouvert.
22:17 - Il y a une palette large
22:19 en matière d'amour chez Alain Finkielkrupp.
22:21 Je disais que votre palette
22:23 en matière d'amour était large.
22:25 - J'ai une palette.
22:27 Mais il y avait
22:29 une dimension que je n'avais
22:31 pas abordée, et j'ai pu le faire
22:33 à travers ce récit
22:35 personnel, parce que quand même,
22:37 mon souci, c'est quand même
22:39 explorer l'existence dans la mesure
22:41 de mes moyens.
22:43 Pas pour le plaisir de parler de moi,
22:45 mais pour éclairer
22:47 éventuellement
22:49 l'amour, si c'est
22:51 encore possible aujourd'hui.
22:53 - L'électeur sur l'amour et sur l'existence en général,
22:55 c'est un des thèmes de votre livre.
22:57 On continue à en discuter
22:59 après une courte pause sur Sud Radio, un livre qui est aussi
23:01 un livre de combat, parce que
23:03 Alain Finkielkrupp reste Alain Finkielkrupp.
23:05 On en parle après
23:07 une courte pause sur Sud Radio, en toute vérité.
23:09 - En toute vérité, 11h30
23:11 sur Sud Radio, Alexandre Devecchio.
23:13 - Nous sommes de retour en toute vérité
23:15 sur Sud Radio avec le philosophe
23:17 académicien Alain Finkielkrupp
23:19 qui nous fait le plaisir
23:21 de venir ce dimanche pour nous parler
23:23 de son nouveau livre "Pêcheur de perles"
23:25 qui vient de paraître
23:27 chez Galima. Livre
23:29 à la fois très personnel,
23:31 livre de combat, on a parlé
23:33 de la mort au tout début
23:35 de l'émission, de l'amour, ce sont deux thèmes
23:37 qu'évoque Alain Finkielkrupp
23:39 dans ce livre.
23:41 La littérature, Alain Finkielkrupp, est
23:43 également présente dans ce livre, comme
23:45 peut-être dans tous vos livres, notamment
23:47 le précédent qui s'intitulait
23:49 "Après la littérature". - Non, "L'après-littérature".
23:51 - "L'après-littérature". Décidément, ce matin...
23:53 - Ce matin, j'ai du mal.
23:55 - Ah non !
23:57 - "L'après-littérature". - J'ai pas écrit "La victoire de la pensée"
23:59 mais "La défaite de la pensée". Je n'ai pas écrit
24:01 "L'identité mécontente" mais "L'identité malheureuse"
24:03 de votre côté.
24:05 Je les appelle de votre côté, voilà !
24:07 C'est moi, moi aussi, je fais
24:09 de l'absurde. - Vous voyez,
24:11 c'est Isaimer qui commence pour moi.
24:13 - En plus, vous êtes contagieux.
24:15 - Et je suis contagieux.
24:17 Donc, "L'après-littérature".
24:19 Excusez-moi,
24:21 vous évoquez notamment
24:23 Renaud Camus
24:25 dans ce livre.
24:27 Vous vouliez le défendre
24:29 avant tout en tant qu'écrivain ?
24:31 - Écoutez,
24:33 d'abord, je l'évoque
24:35 à travers une citation
24:37 absolument extraordinaire
24:39 de Tocqueville.
24:41 "Dans les républiques démocratiques,
24:45 la tyrannie laisse le corps
24:47 et va droit à l'âme.
24:49 Le maître n'y dit plus
24:51 "Vous penserez comme moi ou vous mourrez."
24:53 Il dit "Vous êtes libre de ne point penser
24:55 ainsi que moi. Votre
24:57 vie, vos biens, tout vous reste.
24:59 Mais de ce jour,
25:01 vous êtes un étranger parmi nous.
25:03 Allez en paix, je vous laisse la vie
25:05 mais je vous la laisse pire que la mort."
25:07 C'est extraordinaire
25:09 et c'est une phrase
25:11 géniale qui s'applique
25:13 particulièrement
25:15 à Renaud Camus. Effectivement,
25:17 il est en vie
25:19 mais il est
25:21 harcelé par la justice,
25:23 insulté
25:25 sur les réseaux sociaux, il n'a plus
25:27 d'éditeur, il publie
25:29 à compte d'auteur. C'est le
25:31 paria de... parmi
25:33 les parias. Donc,
25:35 j'ai voulu explorer un peu
25:37 cette situation
25:39 et pourquoi l'ai-je fait ? Parce que
25:41 il se trouve dans
25:43 Renaud Camus,
25:45 il vit
25:47 quelque chose de très paradoxal.
25:49 Personne ne le lit et tout le monde le connaît.
25:53 Je le constate.
25:55 Il y a des gens aussi
25:57 qui m'ont dit "mais pourquoi parler de Renaud Camus
25:59 dans ce livre ?"
26:01 Je dis à ces gens, je dis "tu ou
26:03 vous avez lu quelque chose de Renaud Camus ?" "Non,
26:05 jamais." Et je cite
26:07 au début un
26:09 échange de regard
26:11 avec Anne Berest. Je sortais
26:13 du studio
26:15 de France Inter, justement.
26:17 J'étais invité à la matinale.
26:19 Elle était invitée dans l'émission suivante
26:21 avec Augustin Trappenard.
26:23 Et elle me fusille du regard.
26:25 "Mais qu'est-ce qu'elle a ? Je la connaissais pas, je demande,
26:29 mais qui sait ?"
26:31 Et je comprends,
26:33 en écoutant un peu plus tard
26:35 l'émission d'Augustin Trappenard, pourquoi elle a fait ça.
26:37 Parce que j'avais cité
26:39 incidemment Renaud Camus.
26:41 Trappenard lui pose une question
26:43 et elle dit "je peux pas répondre, je peux pas répondre,
26:45 c'est trop baffreux Renaud Camus,
26:47 cité Renaud Camus aujourd'hui, etc."
26:49 Elle n'en avait pas lu une ligne.
26:51 Elle n'en avait pas lu une ligne.
26:53 C'est une manière de dire "on n'a pas besoin
26:55 de lire Mein Kampf
26:57 pour savoir à quoi s'en tenir
26:59 sur Adolf Hitler, parce qu'on en est là."
27:01 Et que reproche-t-on à Renaud Camus ?
27:03 D'abord et avant tout,
27:05 ses propos,
27:07 sa thèse du grand emplacement.
27:09 La thèse raciste
27:11 du XXIème siècle.
27:13 Selon
27:15 Edouard Plenel.
27:17 Bon, d'accord.
27:19 Il dit "oui,
27:21 il y a un peuple en France
27:23 qui n'est pas remplacé par un autre."
27:25 Je n'utilise jamais cette expression
27:27 parce que
27:29 le langage façonne le regard
27:31 et qu'elle peut vous inciter
27:33 à voir dans tout arabe
27:35 ou dans tout noir,
27:37 même s'il traverse la rue,
27:39 un conquérant, un envahisseur.
27:41 Mais je prends acte
27:43 du changement d'égographique en France
27:45 et de l'échec, non seulement
27:47 de l'assimilation, mais de l'intégration.
27:49 Notre société se désintègre.
27:51 Mais je ne vais vraiment pas
27:53 aussi loin que Renaud Camus
27:55 et je le critique dans ce chapitre.
27:57 Simplement, regardez ce qui se passe
27:59 en face.
28:01 Je vous cite,
28:03 c'est pas dans mon livre d'ailleurs,
28:05 "Quand je suis rentré à Brest,
28:07 j'ai trouvé la ville très blanche.
28:09 Pour être honnête,
28:11 j'ai même trouvé qu'il y avait trop de blancs.
28:13 Mélenchon, je ne peux pas
28:15 survivre quand il n'y a que
28:17 des blonds aux yeux bleus,
28:19 c'est au-delà de mes forces.
28:21 Marie Dariussec, l'humain du futur
28:23 sera beige foncé avec des cheveux bruns."
28:25 Donc,
28:27 ces gens,
28:29 là,
28:31 appellent au grand remplacement.
28:33 Ils le veulent.
28:35 Et non seulement on ne les critique pas,
28:37 mais dans les cercles progressistes,
28:39 on les célèbre.
28:41 Donc vous dénoncez le grand remplacement,
28:43 vous êtes maudit,
28:45 vous êtes honni,
28:47 vous le célébrez,
28:49 on vous accueille parmi les anges.
28:51 C'est aussi ce paradoxe
28:53 que j'ai voulu faire ressurgir
28:55 dans ce chapitre.
28:57 - Effectivement,
28:59 il y a toute la question
29:01 scientifique autour de Renaud Camus
29:03 et autour du grand remplacement,
29:05 mais ça pose aussi la question
29:07 de la cancel culture.
29:09 La question est peut-être,
29:11 j'allais dire, bateau,
29:13 mais est-ce que vous êtes de ceux
29:15 qui séparez l'homme de l'écrivain ?
29:17 - Ça n'a aucun sens.
29:19 En l'occurrence, ça ne s'applique pas
29:21 à Renaud Camus.
29:23 Ce qui me gêne chez lui,
29:25 ce qui me gêne chez lui,
29:27 c'est
29:29 la surenchère perpétuelle.
29:31 Le thème du grand remplacement
29:33 est entré dans le débat public.
29:35 C'est vrai.
29:37 C'est son succès.
29:39 Et immédiatement après,
29:41 il est passé à la vitesse supérieure.
29:43 Et il est parlé de génocide
29:45 par substitution. Il a même trouvé ce sigle
29:47 terrifiant GPS.
29:49 Génocide par substitution,
29:51 il emprunte cette expression
29:53 à Aimé Césaire, qui craignait
29:55 une arrivée massive
29:57 de blondes à Métropole
29:59 en Martinique. Ça ne s'est pas produit.
30:01 Et ce terme me paraît
30:03 insupportable, indigne.
30:05 - Surtout compte tenu
30:07 de votre histoire aussi.
30:09 - De ce que c'est que le génocide.
30:11 Pour moi, le génocide, c'est quand même...
30:13 Et en plus,
30:15 il a eu un propos qu'il a regretté.
30:17 C'est vrai.
30:19 Mais il a dit un jour que ce génocide-là,
30:21 le génocide qui a lieu, était un peu
30:23 petit bras par rapport à ce qui se passe.
30:25 Il a regretté, mais ça veut bien dire
30:27 qu'il met les choses
30:29 sur le même plan. Or,
30:31 d'abord, il ne se pose pas
30:33 un remplacement pur et simple,
30:35 et de toute façon,
30:37 nous sommes sur un autre
30:39 registre.
30:41 Donc ça, je pense qu'il faut le dire.
30:43 Et c'est, disons,
30:45 le problème de Renaud Camus.
30:47 Ce côté "je brûle mes vaisseaux",
30:49 il est le prophète des temps à venir,
30:51 et il veut être le seul
30:53 à occuper cette place.
30:55 Il y a chez lui une douleur
30:57 mêlée à un orgueil
30:59 un peu dangereux,
31:01 un peu délirant. Pour ce qui est
31:03 de la question de l'homme et de l'œuvre...
31:05 - Ce n'est pas bien au-delà de Renaud Camus.
31:07 - Ce n'est pas ainsi que je...
31:09 Ce n'est pas ainsi que je raisonne.
31:11 Quand on me dit... - Est-ce qu'il faut effacer
31:13 les films de Polanski, ceux de De Parnus, etc.
31:15 - Justement, mais l'homme ne me paraît pas
31:17 infréquentable.
31:19 Ce que je sais, c'est que
31:21 sa victime, Samantha Gaymer,
31:23 celle pour laquelle
31:25 il a fait plusieurs mois
31:27 de prison aux Etats-Unis,
31:29 est avec lui.
31:31 Elle dit qu'il a eu raison
31:33 de quitter l'Amérique parce que le procureur
31:35 avait déchiré sa parole.
31:37 - Instrumentalisé.
31:39 - Il avait déchiré sa parole.
31:41 Et elle dit "on va le poursuivre".
31:43 - Il avait fait un bouc émissaire.
31:45 - Il risquait 50 ans de prison.
31:47 Et maintenant, on dit
31:49 que les Césars
31:51 et les manifestantes
31:53 se sont pressées
31:55 à l'entrée de l'immeuble.
31:57 Les policiers ont
31:59 utilisé les gaz lacrymogènes
32:01 et certaines ont dit que celui
32:03 qui leur a fallu gazer, c'est Polanski.
32:05 Après ce qu'il a vécu.
32:07 Et il y a un documentaire
32:09 sur son retour à Krakow
32:11 qui est passé
32:13 en catimini
32:15 dans quelques salles.
32:17 Et dans son dernier film,
32:19 il n'a pas de distributeur.
32:21 Sabine Brocoris vient de consacrer
32:23 un livre très intéressant à Polanski.
32:25 Cette manière
32:27 de criminaliser
32:29 l'œuvre
32:31 et l'homme est absolument délirante.
32:33 - Il y a les cas particuliers
32:35 de Renaud Camus, de Polanski
32:37 où vous nous expliquez
32:39 qu'il n'est peut-être pas le bourreau
32:41 qu'on nous présente,
32:43 que l'affaire est compliquée.
32:45 Et même, j'allais dire, on est dans une époque
32:47 qui veut tout aseptiser,
32:49 qui prétend réécrire
32:51 certains livres parce qu'ils ne sont pas
32:53 au goût du politiquement correct.
32:55 Est-ce que ça, ça vous inquiète ?
32:57 Et c'était le thème aussi
32:59 de l'après-littérature,
33:01 d'un monde où finalement
33:03 la littérature permettait
33:05 la complexité, l'absence de
33:07 manichéisme, les cas particuliers.
33:09 Et on entre dans un monde où tout est
33:11 finalement idéologie.
33:13 Et il y a encore eu un exemple récent
33:15 sur lequel je voulais vous faire réagir.
33:17 C'est l'affaire Sylvain Tesson
33:19 qu'on a voulu exclure
33:21 du printemps des poètes
33:23 parce qu'il serait d'extrême-droite.
33:25 Alors là encore, la question n'est pas
33:27 de savoir s'il l'est ou pas,
33:29 mais ce genre de pétition
33:31 et de volonté d'enfermer
33:33 justement la littérature dans une idéologie politique.
33:35 Est-ce que c'est quelque chose
33:37 de très grave finalement ?
33:39 - C'est très dangereux.
33:41 Je vais répondre en deux temps.
33:43 Notre époque se veut éveillée.
33:47 "Woke".
33:49 Mais cet éveil
33:51 est en fait son enfermement.
33:53 Qu'est-ce que l'humanisme européen ?
33:55 C'est l'idée
33:57 que les textes, les grands textes
33:59 ont toujours quelque chose à nous dire.
34:01 C'est l'idée qu'il faut un détour
34:03 par les signes d'humanité
34:05 déposés dans les œuvres de culture
34:07 pour se comprendre soi-même
34:09 et comprendre le monde.
34:11 Or maintenant, les "Woke" n'ont plus besoin
34:13 de ce détour. Au contraire,
34:15 le passé n'est plus un recours,
34:17 c'est un repoussoir
34:19 et le présent est un tribunal.
34:21 On convoque les œuvres
34:23 et on va voir en elles
34:25 tout ce qui ne va pas.
34:27 Parce que nous avons
34:29 la sensibilité absolue.
34:31 Nous sommes antiracistes,
34:33 antisexistes,
34:35 nous luttons contre l'homophobie,
34:37 nous luttons contre la transphobie
34:39 et même contre la grossophobie.
34:41 Qui dit mieux ?
34:43 Aucune époque de l'Histoire.
34:45 Donc ce présent
34:47 si sûr de son ouverture
34:49 s'enferme complètement
34:51 en lui-même.
34:53 Et c'est malheureusement
34:55 le climat qui règne
34:57 sur les campus américains
34:59 et dans de plus en plus d'universités françaises.
35:01 C'est un abétissement,
35:03 c'est un abétissement très, très inquiétant
35:05 de l'élite occidentale.
35:07 Un abétissement qui va de pair,
35:09 qui se manifeste
35:11 par une critique féroce
35:13 de l'Occident lui-même.
35:15 L'élite occidentale
35:17 est anti-occidentale.
35:19 Puisque
35:21 elle, à travers le concept
35:23 d'intersectionnalité,
35:25 elle reconnaît deux blocs.
35:27 Le mâle blanc
35:29 occidental
35:31 et le mâle blanc
35:33 occidental.
35:35 Occidental, hétérosexuel
35:37 et puis toutes les minorités.
35:39 Toutes les minorités dont
35:41 j'ai fait la liste.
35:43 Voilà.
35:45 Et elle ne connaît
35:47 rien d'autre.
35:49 C'est extrêmement inquiétant
35:51 et on peut comprendre aussi
35:53 la
35:55 petite campagne
35:57 menée contre Sylvain Tesson
35:59 dans un tel
36:01 contexte.
36:03 Sylvain Tesson, dénoncé
36:05 comme une icône réactionnaire
36:07 par
36:09 1600 au départ
36:11 et maintenant 2000.
36:13 2000 poètes
36:15 et aussi
36:17 bibliothécaires et libraires.
36:19 Sur le cadavre
36:21 de la poésie, les poètes
36:23 pullulent.
36:25 Et ce qu'il reproche
36:27 à Sylvain Tesson en effet,
36:29 c'est ses incoïtances
36:31 dites d'extrême-droite
36:33 et c'est
36:35 au fond
36:37 l'idée que
36:39 c'est fondé là-dessus.
36:41 C'est-à-dire que
36:43 le Front National,
36:45 le Rassemblement National risque de gagner
36:47 les élections. Nous vivons
36:49 un moment terrible. Il faut
36:51 se mobiliser.
36:53 Il faut se mobiliser
36:55 et pourquoi ?
36:57 Quelle est l'inquiétude ?
36:59 L'inquiétude c'est que
37:01 on parle par exemple aujourd'hui
37:03 de préférence nationale.
37:05 Et la préférence nationale
37:07 s'est déjà tombée
37:09 dans le pire du pire.
37:11 Et ça c'est très intéressant
37:13 parce que je vous cite ici
37:15 non pas Barès mais Maurras,
37:17 ni Maurras mais Rousseau.
37:19 Comment les hommes l'aimeraient
37:21 si leur patrie n'est rien de plus
37:23 pour eux que pour les
37:25 étrangers et qu'elle ne leur accorde
37:27 que ce qu'elle ne peut refuser à personne.
37:29 Il n'y a pas de
37:31 nation sans préférence nationale.
37:33 Mais nous sommes
37:35 adossés à une mémoire
37:37 du national-socialisme
37:39 et de la deuxième mondiale complètement
37:41 fallacieuse. Nous pensons
37:43 que ça a été l'apothéose
37:45 du nationalisme et que
37:47 contre justement
37:49 les crispations identitaires,
37:51 il faut affirmer l'égale
37:53 et la dignité de tous les êtres humains
37:55 et effacer
37:57 la différence entre l'autochtone
37:59 et
38:01 l'étranger. Or
38:03 cette différence
38:05 non seulement ne doit pas
38:07 être effacée mais que s'est-il passé
38:09 pendant la deuxième guerre mondiale ?
38:11 C'est Raymond Aron qui le dit,
38:13 Raymond Aron le dit très bien,
38:15 "Nation libre contre
38:17 empire tyrannique". Voilà.
38:19 Et on se mobilisait,
38:21 on résistait aux cris
38:23 de "Vive la France, vive
38:25 la Pologne, vive la Hollande". On résistait
38:27 contre l'envahisseur.
38:29 Tout ça est complètement
38:31 oublié aujourd'hui. On croit
38:33 revivre les années les plus
38:35 sombres, les heures les plus sombres de notre histoire
38:37 et on invente
38:39 quelque chose et Sylvain Tesson
38:41 est l'un de ceux qui en font les frais.
38:43 - Merci Alain Finkielkraut.
38:45 On a dépassé mais c'est pas grave,
38:47 je voulais pas vous interrompre,
38:49 c'était passionnant. On ne se quitte pas.
38:51 On se retrouve après une courte
38:53 pause pour parler des Beatles
38:55 notamment. A tout de suite avec Alain Finkielkraut.
38:57 On verra s'il est plutôt John Lennon
38:59 ou Paul McCartney.
39:01 - En toute vérité, 11h30 sur Sud Radio,
39:03 Alexandre Desvecqueux.
39:05 - Nous sommes de retour sur Sud Radio
39:07 en toute vérité avec Alain Finkielkraut.
39:09 Nous parlons de son nouveau livre "Pêcheur de
39:11 perles" qui vient de paraître
39:13 aux éditions Galimar.
39:15 Livre très personnel mais aussi
39:17 livre de combat
39:19 qui fait écho
39:21 notamment dans un chapitre
39:23 à la situation actuelle
39:25 de la guerre entre
39:27 Israël et le Hamas.
39:29 Chapitre dans lequel
39:31 vous affirmez que
39:33 étant donné le contexte,
39:35 vous vous dites aujourd'hui
39:37 sioniste par
39:39 une forme de bravade
39:41 d'une certaine manière. Vous ne l'êtes pas
39:43 réellement.
39:45 Pourquoi chapitre ?
39:47 Et pourquoi cette
39:49 conclusion
39:51 où vous expliquez
39:53 qu'aujourd'hui quand vous
39:55 vous proclamez, vous êtes sioniste ?
39:57 - Je pars d'une citation d'Anna Arendt
39:59 qui disait à la question "Qui êtes-vous ?"
40:01 Je réponds
40:03 "Je suis une juive".
40:05 C'est la seule réponse qui tienne compte
40:07 de la réalité
40:09 de la persécution.
40:11 Je dis "Il n'y a pas de persécution aujourd'hui
40:13 mais face à la haine vertueuse
40:15 dont les juifs sont l'objet, je réponds
40:17 "Je suis sioniste".
40:19 Je suis très attaché à Israël
40:21 depuis toujours.
40:23 Israël, c'est la grande consolation des juifs
40:25 après
40:27 l'extermination. C'était la
40:29 consolation de mes parents
40:31 et
40:33 ils m'ont transmis le flambeau.
40:35 Le premier voyage que j'ai fait
40:37 en Israël, c'était en
40:39 1960. J'étais tout jeune à
40:41 l'époque. On prenait le bateau.
40:43 Le théâtre d'Herzl à l'allée, le
40:45 Jérusalem au
40:47 retour.
40:49 Pourquoi dis-je cela ? Parce qu'en
40:51 effet
40:53 aujourd'hui
40:55 le devoir
40:57 de mémoire qui
40:59 devait protéger les juifs
41:01 se retourne contre eux.
41:03 Les juifs, ça a commencé
41:05 en 1967.
41:07 Israël, pays de réfugiés
41:09 devenait
41:11 un pays colonisateur.
41:13 Depuis lors, il s'est passé des choses.
41:15 Israël a
41:17 rétrocéder le Sinaï
41:19 à l'Égypte.
41:21 En 1981, je crois,
41:23 Israël s'est retiré du sud des
41:25 bancs. Israël
41:27 s'est retiré de Gaza
41:29 en 2005.
41:31 Pour un pays impérialiste, expansionniste,
41:33 Israël est singulièrement
41:35 rétractile.
41:37 Il n'empêche, Israël est accusé
41:39 depuis longtemps, bien avant
41:41 la guerre à Gaza
41:43 de génocide
41:45 sur le peuple palestinien.
41:47 Il y avait
41:49 700 000 réfugiés
41:51 après
41:53 la guerre
41:55 de 1948. Il y en a
41:57 5 900 000 aujourd'hui,
41:59 selon le drat, puisqu'on est,
42:01 grâce à l'ONU, réfugiés
42:03 de génération en génération.
42:05 700 000 à 5 900 000,
42:07 c'est un singulier génocide.
42:09 Un génocide qui coïncide
42:11 à une explosion démographique,
42:13 c'est assez curieux. Non, c'est
42:15 un génocide pour dire, voilà,
42:17 les juifs d'aujourd'hui, parce que
42:19 les sionistes, ça couvre
42:21 à peu près une très grande majorité
42:23 des juifs. - Le sioniste, c'est l'héritier du nazisme,
42:25 en fait, c'est ça ? - Oui, voilà. Sionisme =
42:27 nazisme, nazisme = sionisme. Non,
42:29 racisme a-t-on dit, et maintenant, on va
42:31 au-delà, nazisme.
42:33 Et c'est effectivement
42:35 l'insulte suprême, surtout,
42:37 ça autorise,
42:39 ça autorise tout.
42:41 Le harcèlement, ça peut autoriser
42:43 le meurtre, et
42:45 ma grande surprise, c'était
42:47 de voir, effectivement, après
42:49 le 7 octobre, l'ampleur
42:51 des manifestations dans le monde.
42:53 Pas contre
42:55 les pogroms du Hamas, mais contre
42:57 Israël, accusé d'être
42:59 depuis 75 ans,
43:01 d'une entreprise coloniale.
43:03 Il fallait libérer la Palestine
43:05 de la rivière à la mer,
43:07 et c'était un slogan qu'on
43:09 entendait aussi bien au Daguestan
43:11 qu'à Madrid, à Londres,
43:13 ou à Berlin.
43:15 Donc c'est aussi
43:17 l'échec pathétique
43:19 du sionisme, parce qu'on voulait répondre
43:21 à l'antisémitisme,
43:23 qui voyait
43:25 des juifs partout,
43:27 des juifs tentaculaires,
43:29 en disant "on va être quelque part",
43:31 et en plus, on va être quelque part dans un tout petit pays.
43:33 Un tout petit pays.
43:35 Ben non, ça recommence, ça redevient
43:37 un lobby sioniste
43:39 mondial.
43:41 Vous voyez Dominique de Villepin,
43:43 qui a osé,
43:45 à la télévision, dénoncer
43:47 la domination financière
43:49 sur les artistes,
43:51 notamment, qui étaient obligés de se taire
43:53 sous peine de sanctions
43:55 professionnelles. La domination
43:57 financière, c'est ça Israël maintenant.
43:59 C'est le lobby sioniste. Ils sont à nouveau
44:01 partout, c'est à nouveau
44:03 une puissance
44:05 occulte, et une puissance
44:07 illimitée.
44:09 Voilà où nous en sommes
44:11 aujourd'hui, voilà la raison pour laquelle
44:13 je dis "je suis sioniste",
44:15 cela ne fait pas de moi
44:17 un inconditionnel
44:19 de la politique
44:21 israélienne.
44:23 Je pense que la guerre à Gaza
44:25 était nécessaire.
44:27 Je pense aussi que
44:29 ce sont les Palestiniens qui
44:31 portaient un coup, peut-être
44:33 fatal, à la solution
44:35 de des Etats. Parce qu'on dit "avec les
44:37 deux Etats, on va tout résoudre". Ah bon ?
44:39 Mais qu'était Gaza ?
44:41 Qu'était Gaza depuis 2005 ?
44:43 C'était un petit Etat !
44:45 C'était un petit Etat !
44:47 Au lieu de vouloir assurer une vie décente,
44:49 ils ont utilisé les sommes
44:51 énormes qu'ils ont reçues
44:53 pour construire des tunnels, fabriquer
44:55 et entreposer des armes
44:57 dans les écoles, dans les hôpitaux.
44:59 Voilà, c'est ça. Donc, les Israéliens
45:01 sont fondés à se dire "un Etat palestinien,
45:03 si ça donne Gaza, on n'en veut pas".
45:05 Et d'un autre côté, ce serait
45:07 absolument effrayant, mais
45:09 j'ai aussi en tête les extrémistes
45:11 israéliens, ceux qui ont dit
45:13 par exemple, ministre du patrimoine,
45:15 que ce serait peut-être une solution de larguer
45:17 une bombe atomique sur Gaza.
45:19 Netanyahou
45:21 s'est allié, non pas à des fous de Dieu,
45:23 parce qu'ils sont fous de Dieu,
45:25 c'est presque un trop beau mot,
45:27 il s'est allié à des
45:29 imbéciles
45:31 terrifiants,
45:33 comme Itamar Guenvir.
45:35 Je le sais, et je ne cesse de le condamner.
45:37 - Vous dites même qu'il vous fait honte,
45:39 il faut le redire
45:41 pour les gens
45:43 qui n'entendent qu'une partie
45:45 de votre raisonnement.
45:47 Sans transition,
45:49 parce que votre livre aussi fonctionne comme ça,
45:51 c'est ce qui le rend agréable,
45:53 il y a des moments légers, des moments plus
45:55 graves. Un livre dans lequel vous citez
45:57 également Paul McCartney
45:59 pour finir cette émission sur une touche
46:01 un peu plus légère. Vous êtes fan des Beatles
46:03 depuis toujours, Alain Finkielkraut ?
46:05 - Pas tout à fait depuis toujours.
46:07 J'ai commencé, en fait,
46:09 avec
46:11 "Sgt. Pepper's".
46:13 Et aussi une chanson
46:15 peut-être antérieure,
46:17 une chanson aussi extraordinaire, je ne sais pas où elle est,
46:19 Eleanor Rigby. Ce que j'aime chez
46:21 McCartney, c'est que souvent il invente des personnages.
46:23 Plus récemment, Jenny Ren,
46:25 Eleanor Rigby. Et là, je voulais
46:27 écrire un chapitre sur la nostalgie
46:29 avec une liste, j'espère,
46:31 assez cocasse de "C'était mieux avant",
46:33 puisqu'on n'a pas le droit de le dire, donc je vais le dire et je vais le répéter.
46:35 Et je me suis dit
46:37 pourquoi pas McCartney ?
46:39 Introduire McCartney parmi
46:41 ceux qui figurent
46:43 dans mon panthéon
46:45 de géosophie et littéraire.
46:47 Lévinas, Anna Arendt, Kundera, etc.
46:49 - Valéry, ouais. - C'était un petit
46:51 clin d'œil à moi-même.
46:53 Je ne l'aimais pas à la même hauteur, mais
46:55 j'ai toujours été envoûté par sa voix.
46:57 Donc, les Beatles, ça a toujours été pour moi
46:59 McCartney.
47:01 À cause
47:03 de ses mélodies absolument
47:05 délicieuses et de sa voix.
47:07 Et de sa voix. Alors, à l'époque,
47:09 déjà, c'était un tout petit peu compliqué.
47:11 Parce que, il fallait
47:13 plutôt préférer les Rolling Stones
47:15 aux Beatles, quand on était progressiste.
47:17 - Et les nonnes à McCartney.
47:19 J'ai entamé ma carrière de réactionnaire
47:21 avec Paul McCartney.
47:23 - Et votre ami Pascal Bruckner
47:25 a été plutôt les nonnes, je crois.
47:27 Ou un jour, peut-être un débat sur Sud Radio
47:29 entre sur les nonnes et McCartney.
47:31 - On s'amusait. On disait, nous, on est les nonnes
47:33 et McCartney, puisqu'on écrivait ensemble.
47:35 Et il avait accepté d'être les nonnes.
47:37 - Eh bien, Alain McCartney, j'étais ravi
47:39 de vous recevoir
47:41 sur Sud Radio.
47:43 Une émission passionnante,
47:45 comme toujours, avec Alain Finkielkraut.
47:47 Je vous laisse avec la désinformation.
47:49 Et on se retrouve la semaine prochaine
47:51 avec un nouveau numéro, dans Toute Vérité.
47:53 ♪ ♪ ♪
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