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Regardez L'esprit de l'info avec Thomas Sotto du 03 mars 2026.

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00:00RTL Matin, c'est notre époque.
00:03A 9h13, c'est notre époque. Un missile qui tombe au Moyen-Orient, c'est une addition qui grimpe à
00:07la station service.
00:08C'est une note de gaz qui s'emballe. Tiens, à propos de gaz, on apprend à l'instant que
00:11le gaz européen bondit de nouveau de plus de 30%.
00:14Elle avait pris pratiquement 50% hier sur les marchés. Autant vous dire que ça va jouer sur les prix.
00:18On va en parler avec nos deux invités pour essayer de comprendre comment tout cela fonctionne.
00:22Patrice Joffron, bonjour.
00:23Bonjour.
00:24Professeur d'économie à Paris-Dauphine et directeur du Centre de Géopolitique de l'énergie et des matières premières.
00:28Et puis Marcia Liu, c'est la famille, éditorialiste économique, ICRTL et auteur du livre
00:32Les Dindons, comment on vole les classes moyennes, qui est sorti il y a quelques jours chez Robert Lafontaine.
00:38On va d'abord écouter, pour commencer, l'inquiétude des automobilistes. Votre inquiétude au moment d'aller à la pompe.
00:43Oui, il peut y avoir des conséquences sur l'approvisionnement. C'est pour ça que je fais le plein, là,
00:48aujourd'hui.
00:49On va limiter les trajets en voiture jusqu'en ce nécessaire et puis on va faire avec.
00:54Mais oui, on s'attend à une grande hausse.
00:56Marcia Liu, pour commencer, est-ce qu'on a raison d'aller faire le plein tout de suite ?
00:59Comme on achetait des packs de riz ou du papier toilette au moment du Covid ?
01:02Il y a un côté pavlovien chez les Français. De toute façon, dès qu'il y a un souci, hop,
01:05on fait le plein et on stocke du riz et du sucre.
01:07Non, il n'y a pas de raison objective.
01:09C'est-à-dire qu'il n'y a pas un problème, pour l'instant, de fourniture de pétrole.
01:13Parce que les livraisons sont certes réduites, mais ça continue.
01:17Et puis, on a des stocks.
01:18Et les prix sont, on va dire, relativement contenus pour l'instant.
01:22C'est-à-dire qu'on est autour de 80 dollars le baril de Brent pour l'instant.
01:26On était à combien ?
01:28En janvier, on était à 61.
01:30Donc, ça veut dire que depuis janvier, ça augmente.
01:32Mais depuis janvier, ça augmente de 27% depuis janvier.
01:35Donc là, on est sur des hausses de 10, 15, 20%.
01:38Non, ce n'est pas énorme sur plusieurs jours sur une crise comme celle-là.
01:40Patrice Joffron, est-ce que vous êtes inquiet, vous ?
01:42Est-ce que vous dites, non, restons calmes, gardons notre sang-froid ?
01:44Comment vous voyez les choses se dessiner, sachant que, on le disait tout à l'heure,
01:48le ministre de l'économie commence à dire, il va y avoir des conséquences sur notre économie.
01:52La Banque de France, à l'instant, dit qu'elle suit avec une grande attention l'énergie et les marchés
01:56qui sont en train de se casser la figure.
01:58Quel est votre état d'esprit, là ?
01:59Alors, je suis inquiet, mais il faut rester calme.
02:01Alors, évidemment, il y a matière intrinquillée, mais vous le disiez à l'instant,
02:03en fait, les prix à 80 pour l'instant, ils ne sont pas extrêmement élevés.
02:06Avant l'arrivée de Trump au pouvoir, c'était à peu près leur de grandeur.
02:09On a vécu comme ça pendant quelques temps.
02:12Et puis, il faut se souvenir qu'au plus fort du début du conflit en Ukraine,
02:15on est monté très très haut à 130 dollars.
02:17À 130 ?
02:18130, oui.
02:19Ça devait être de mémoire au mois d'août, au cœur de l'été.
02:22Oui, donc on n'est pas encore dans une situation...
02:23De fait, on n'en est pas là.
02:25Et puis, l'autre élément, mais vous l'avez dit également,
02:28c'est qu'en fait, ce n'est pas une problématique de pénurie.
02:31Les prix pourraient monter, on verra comment ça peut se traduire
02:33entre le baril et le prix à la pompe.
02:37Mais de fait, le pétrole et les produits transformés,
02:41ils viennent des États-Unis, du Kazakhstan, du Nigeria, de la Norvège,
02:46pour ceux qui arrivent en France, pas mal également du Moyen-Orient.
02:49Mais il n'y a pas un approvisionnement exclusif.
02:51On n'est pas dépendant, on n'est pas complètement dépendant.
02:53Alors si, on est dépendant au travers du mécanisme de prix,
02:55mais en tout cas, la question et la menace dans les semaines, les mois à venir,
02:59ce n'est pas celle de manquer de pétrole.
03:01En revanche, de devoir le payer plus cher,
03:02et c'est là-dessus évidemment qu'il faut être vigilant.
03:04Sachant que l'effet panique qu'on peut constater,
03:08parce qu'Olivier Devers me disait que dans les grandes surfaces,
03:11hier, il y a eu plus de 50% d'achats de carburant.
03:15Donc comme les grandes surfaces, c'est plus de la moitié du carburant vendu en France,
03:19il peut y avoir un phénomène d'attrition, tout simplement,
03:22parce que tout le monde va faire le plein.
03:23Ce n'est pas une obligation, en tout cas, de remplir le réservoir en ce moment.
03:27Et je sais qu'à chaque fois qu'on le dit, tout de suite, les gens vont à la station
03:30de service.
03:30Patrice Joffron, vous avez dit qu'il faut comprendre les mécanismes.
03:33Est-ce qu'on peut les expliquer simplement, ces mécanismes ?
03:35On a une question de Mathilde, au 74-900.
03:37Pourquoi quand ça augmente, ça va très vite,
03:38et quand le baril de pétrole baisse, ça met des plombes ?
03:41Est-ce que vous arrivez à nous expliquer simplement ce qui fait grimper les prix ?
03:45Alors, ce qui fait grimper les prix, c'est premièrement le prix du baril.
03:49Encore une fois, on est dans une zone un peu d'attente,
03:51et ça pourrait monter significativement plus haut.
03:53Si on veut avoir un ordre de grandeur, vraiment à grosse maille,
03:5710 dollars de plus du baril, ça aboutit in fine à peu près à 10 centimes de plus.
04:02Alors, ça varie selon que c'est du diesel ou d'essence.
04:0410 dollars, 10 centimes, c'est-à-dire que là, on est passé de 60 à 80,
04:07donc on va prendre 20 centimes à la pompe ?
04:09Et voilà.
04:10Depuis le 1er janvier, où on avait baissé avant.
04:12Donc, pas sur 3 jours.
04:14Voilà, pas sur 3 jours.
04:15Donc ça, c'est le premier élément.
04:16Le deuxième élément, la Banque de France, par exemple,
04:18qui s'est penchée sur toutes ces affaires assez régulièrement,
04:21nous dit que la transmission, elle dure à peu près deux semaines
04:24entre la variation du prix et...
04:27Bon, alors après, ça redescend, ça peut redescendre plus lentement,
04:31mais ça dépend très concrètement des conditions locales.
04:34Si vous avez autour de vous pas mal de concurrence
04:37et la possibilité d'arbitrer entre des stations classiques,
04:40et puis, c'était évoqué également,
04:43il y a 50% de l'essence qui est distribuée en France
04:47qu'il est dans le domaine de la grande distribution,
04:50à ce moment-là, il peut y avoir de l'intensité.
04:52Il faut également avoir à l'esprit un phénomène psychologique.
04:54On est plus sensible à la montée qu'à la descente,
04:58et on a du mal, en termes cognitifs,
05:00à percevoir la descente qui paraît toujours...
05:02Mais qui est toujours là, quand même, au final ?
05:04In fine, oui, oui.
05:07Il y a toujours un peu de trésorerie, quand même.
05:08Faut pas se mentir.
05:09C'est-à-dire que là, j'ai regardé, moi, sur la guerre des 12 jours.
05:13Donc, c'était à peu près la même situation il y a un an, en 2025.
05:17Iran attaqué par Israël et Etats-Unis.
05:20En 4 jours, on a répercuté les hausses à la pompe,
05:24et on a mis 15 jours à répercuter les baisses.
05:27Donc, si vous voulez, il y a toujours un petit moment
05:28où vous faites un peu de trésorerie.
05:30Un peu de bénef, discrètement.
05:32Question de Régine, au 74-900,
05:35il paraît qu'on a des stocks stratégiques.
05:37Ça permet de tenir combien de temps ?
05:383 mois.
05:383 mois.
05:39Au minimum, 3 mois.
05:40C'est une obligation de tous les pays de l'OCDE.
05:43Donc, on en fait partie.
05:44Donc, tous les pays européens sont à la même enseigne.
05:48Donc, ça peut permettre de tenir 3 mois.
05:50Alors, dans une hypothèse...
05:51Alors, ça, c'est ce qu'on appelle...
05:52S'il n'y a plus une goutte d'essence qui arrive de tous nos policiers
05:54dont vous parliez tout à l'heure, il nous reste 3 mois.
05:55Donc, c'est un scénario qui, évidemment, n'a pas grand sens.
05:58En tout cas, pas dans l'état actuel des choses.
06:01D'autant que si des pénuries devaient apparaître,
06:05et on en est très loin,
06:05et ça n'est pas, encore une fois, le problème à court terme à ce moment-là.
06:08Et puis, des règles seraient mises en œuvre.
06:13Certains à cette table, et je suis le seul, en fait,
06:15ont des souvenirs des années 70,
06:17dans lesquels ce genre de choses a pu être mis en œuvre.
06:19Voilà.
06:20Donc, la perspective, ça n'est pas celle de l'arrêt de l'économie.
06:23En revanche, on doit se rappeler que nous, en France,
06:25on importe 99% de notre pétrole.
06:27Et donc, évidemment, c'est un sujet de réflexion,
06:29notamment sur les efforts de décarbonation.
06:31C'est-à-dire qu'on produit quand même 1% de notre pétrole ?
06:33On produit 1%, mais ça veut dire, Thomas,
06:35qu'il faudrait que nous soyons plus nombreux à venir à vélo.
06:38Bon, absolument.
06:39Quand c'est un autre sujet qu'on abordera.
06:41Question pour vous, Martial, de Bernard, au 74-900.
06:43Je vous la livre telle qu'elle.
06:45Sur l'essence, l'État se gave, et pour le coup,
06:47on est tous des dindons.
06:48C'est vrai ou pas, ça ?
06:50Alors, oui.
06:51Si on prend les chiffres, effectivement,
06:531 litre de carburant, c'est 60% de taxes.
06:56Donc, quelque part, on peut se dire que l'État se gave.
06:58Mais souvenons-nous de ce qui s'est passé pendant l'Ukraine.
07:01C'est aussi un peu notre bouclier.
07:02C'est-à-dire qu'au moment de l'Ukraine,
07:04l'État a aussi joué son rôle de bouclier.
07:06C'est-à-dire qu'il a réduit les taxes qu'il percevait précisément
07:10pour éviter qu'on dépasse les 2 euros le litre
07:12et qu'on mette un plafond.
07:14Aujourd'hui, on est à 1,75, 1,85 le litre
07:18en fonction des carburants à la pompe.
07:20L'État a toujours cette possibilité aussi, quand même.
07:22Bon.
07:23Je note quand même que Patrice Joffron,
07:24qui vient nous parler gaz et pétrole,
07:26est venu avec son casque de vélo.
07:28Donc, vous avez choisi les mobilités douces, vous ?
07:30Douces, oui.
07:32Relativement, ça dépend.
07:33Question sur le gaz, à présent.
07:35Elisabeth, je me chauffe au gaz.
07:36Est-ce que ma facture va exploser ?
07:38Exploser, non, parce qu'en entrée, tout à l'heure,
07:41vous nous indiquiez que le prix sur les marchés d'eau
07:44avait encore augmenté.
07:46Mais, encore une fois, d'une part,
07:48des stocks ont été constitués.
07:50Et puis, par ailleurs, on a eu une période
07:51durant laquelle on va utiliser moins de gaz,
07:52parce qu'on va avancer...
07:54On va voir la belle saison.
07:56Voilà.
07:56Il y a une saisonnalité dans les usages du gaz.
07:59Et puis, de la même manière,
08:00il y a des coûts de transport,
08:02il y a de la fiscalité,
08:04qui font que le prix de la molécule,
08:05le prix de la molécule de gaz,
08:06ne détermine pas tout.
08:08Donc, pas d'affolement dans ce domaine.
08:09Mais, la réponse est à peu près la même,
08:11par ailleurs, que pour le pétrole.
08:1299% du pétrole consommé est importé.
08:1696% du gaz consommé en France est importé.
08:19Et là, on est plus sensible au Qatar, effectivement,
08:22parce que je crois en mémoire
08:23que c'est pas loin de la moitié du gaz
08:26qu'on achète au Qatar.
08:27L'autre, c'est chez les Norvégiens.
08:29Donc, il y a une sensibilité par rapport à ça.
08:31C'est évident.
08:32Maintenant, c'est aussi le moment de l'année
08:35où on remplit nos réservoirs de gaz au niveau national.
08:39Donc, évidemment, il y a une sensibilité
08:40par rapport à ce qui se passe en ce moment.
08:43Il faut juste rester relativement zen là-dessus aussi.
08:46C'est-à-dire que si vous avez un contrat au gaz
08:48et que vous vous chauffez au gaz à la maison,
08:51vous renégociez pas, pour l'instant, votre contrat.
08:53Il n'y a pas de raison.
08:55Vous attendez les termes du contrat.
08:57Là où il faut être un peu vigilant,
08:59et je crois que Bercy, c'est un de ces sujets
09:01sur lesquels ils sont très sensibles,
09:03c'est pour les industriels, pour les professionnels
09:06qui, eux, payent au prix spot.
09:08Donc, ça veut dire que là, ils le payent au cul du camion,
09:10quelque part, ou au cul de l'eau et au duc.
09:11C'est-à-dire, en direct...
09:12Donc, eux, ils prennent en pleine figure
09:14toutes les variations sur certaines hausses.
09:15Plus sensiblement, les tarifs ne sont pas régulés,
09:18à la différence de la plupart des gens
09:21qui nous écoutent et qui consomment du gaz.
09:24Vous avez dit que c'est la période à partir de laquelle
09:26on doit préparer l'hiver prochain,
09:28mais on peut également décaler dans le temps
09:31des réapprovisionnements en gaz.
09:33Donc, tout ça peut se lisser.
09:35De toute façon, il faudra bien le faire
09:36parce qu'évidemment, il y aura des arbitrages
09:38et les prix étant assez élevés,
09:40il vaudra mieux attendre que le D3 soit libéré.
09:43Si je résume, c'est patience et pas de panique.
09:45Pour l'instant, c'est à peu près le mot d'ordre.
09:47Oui, ça va augmenter un peu,
09:48mais on n'est pas encore dans une situation dramatique.
09:50Évidemment, tout cela est très évolutif
09:51en fonction de la situation internationale.
09:54Tiens, Martial, une réaction de Nadege à l'instant,
09:56en 64-900, je pensais que notre gaz venait de Russie
09:58et Martial va nous dire qu'on était dépendants du Qatar.
10:00Je ne comprends plus rien.
10:02Il est venu longtemps de Russie, le gaz, effectivement.
10:05On a réorienté...
10:07Je pense que ce que veut dire Nadege,
10:08c'est qu'elle a déjà vu sa note augmenter
10:09quand on a eu les problèmes avec la Russie
10:10et que là, elle se dit que ça fait beaucoup.
10:12Oui, c'est possible, effectivement,
10:14qu'après avoir réussi à sortir de la dépendance du gaz russe
10:18suite à la crise ukrainienne,
10:21c'est-à-dire en allant notamment chercher du gaz liquéfié américain,
10:24là, on se retrouve avec notre dépendance au Qatar.
10:27Mais encore une fois, ça peut durer une semaine seulement.
10:30C'est pour ça qu'il faut rester calme.
10:31Il faut rester calme.
10:31Dernière question, très rapidement,
10:32parce qu'on est au bout, Patrice Geoffron.
10:33Erwan, je ne savais pas que le gaz était liquide.
10:35Comment c'est possible ?
10:37Alors, pour le liquéfié,
10:39il faut le descendre à moins 162 degrés.
10:42D'accord.
10:43Donc, on le transforme de gaz en liquide.
10:45On le met dans un bateau qui est un métanier.
10:48Lorsqu'il arrive chez nous, on le retransforme en gaz.
10:50Donc, c'est plus coûteux et c'est un grand sujet de préoccupation
10:53parce qu'il y a une partie importante de ce gaz
10:56qui nous vient des Etats-Unis.
10:57Il n'est pas impossible que nos prochains soucis avec le gaz
11:00nous viennent des Etats-Unis.
11:02Parce qu'acheter du gaz à Trump
11:03ou en acheter à Biden avant,
11:05ce n'est pas exactement la même chose
11:06en termes géopolitiques dont vigilance.
11:09Merci beaucoup à tous les deux.
11:10Patrice Geoffron, professeur d'économie à Paris-Dauphine
11:12et directeur du centre de...
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