00:00 Bonjour à tous et bienvenue dans notre émission "Ils font l'actu". Aujourd'hui, je suis en compagnie d'Hervé Favre, dirigeant de la société Décipe.
00:17 La société Décipe, elle est basée en Haute-Savoie et c'est avant tout une aventure familiale puisque ce sont vos parents, Hervé, qui ont repris l'entreprise en 1985.
00:26 Et depuis 2016, vous poursuivez son développement. Bonjour Hervé.
00:29 Bonjour Cléa.
00:30 Alors Décipe, c'est une entreprise qui est spécialisée dans la vente de machines-outils et d'imprimantes 3D sur le marché français.
00:36 Quels sont les machines-outils que vous proposez et qui sont vos constructeurs ?
00:40 En fait, on a un certain nombre de constructeurs qui sont plutôt des spécialistes dans le monde du tournage, c'est-à-dire qu'on va fabriquer des pièces par l'usinage de pièces plutôt cylindriques.
00:51 On est dans le monde du fraisage avec des machines pour des pièces plutôt prismatiques.
00:57 Et ce sont des constructeurs qui sont européens pour certains, donc venant de Suisse, d'Italie ou d'Allemagne.
01:04 Et pour certains, asiatiques, puisqu'on a des constructeurs japonais, coréens et taïwanais.
01:09 Quelle est l'exigence aujourd'hui côté TPE et PME en ce qui concerne la fabrication additive et comment vous y répondez à cette exigence ?
01:17 En fait, les sociétés essayent de trouver des solutions à plusieurs problématiques.
01:21 Il faut produire des objets le plus rapidement possible, la mise sur marché, le time to market.
01:28 La fabrication additive permet de faire une pièce pour le lendemain, donc ça réduit vraiment fortement les temps de conception.
01:35 On a les indices de réparabilité, donc il faut faire un produit réparable.
01:39 C'est clair que quand on a produit une pièce en fabrication additive par rapport à une injection plastique, il est très simple de refaire une cinq ans après avec un dessin.
01:47 Il faut faire des produits avec moins d'émissions de CO2.
01:52 Donc le design libre que l'on peut avoir avec les imprimantes 3D permet de faire des produits plus fins, plus légers ou alors qui ont des fonctions combinées.
02:01 Et à la fin aussi, l'attractivité des jeunes, parce qu'il est quand même très gratifiant de pouvoir fabriquer une pièce sur une imprimante,
02:10 une fois qu'on l'a conçue sur un ordinateur, par rapport à tout le savoir-faire qu'il faut acquérir dans le monde de l'usinage.
02:15 Quels sont les secteurs pour lesquels vous travaillez ?
02:18 Il y a beaucoup de secteurs, mais en particulier le médical avait besoin de pièces unitaires, parce que ça correspond à une morphologie, comme les orthèses par exemple.
02:28 Vous avez le monde de la podologie, faire des semelles pour les chaussures, c'est une semelle par pied.
02:33 Il y a le monde du dentaire avec des aligneurs, mais il y a aussi l'automobile, parce que l'automobile a généré beaucoup de modèles différents dans un temps très court.
02:42 Donc il fallait en fait itérer beaucoup de solutions.
02:45 Il y a aussi la manipulation d'objets, des préhenseurs de robots.
02:50 Plus un préhenseur est léger, plus la charge du robot que le robot peut transporter est lourde.
02:56 Ou alors on fait l'économie d'un robot plus petit et donc moins énergivore.
03:00 Votre politique RSE semble très affirmée. Vous êtes, comme vous dites, acteur de l'industrie en mouvement.
03:06 Par quelles actions cela se manifeste ?
03:08 En tant qu'indépendant, on va essayer au maximum d'influencer nos industriels, pour réfléchir autrement sur l'usinage des pièces.
03:16 On va les pousser à réfléchir sur de l'automatisation, comme la productivité aussi du matériel.
03:24 Puisqu'on a une compétition qui est mondiale, faire plus productif leur permet de rester compétitif.
03:30 L'idée de l'automatisation, c'est de chercher à soulager le travail de l'opérateur, rendre le métier plus attractif.
03:40 Et quelque part, si on peut faire augmenter l'automatisation, augmenter la productivité, on peut peut-être faire l'économie d'un bâtiment et cela devient écologique.
03:49 On a poussé un peu la démarche également.
03:53 Une grande partie des émissions de CO2, puisqu'on a fait un bilan carbone, vient de nos produits.
03:57 Et ça, c'est le job des constructeurs de le faire évoluer.
04:00 Par contre, on a décidé de compenser totalement les émissions de transport de nos matériels, de nos techniciens,
04:06 et de tout ce qui pouvait concerner les trajets.
04:13 Et on a décidé de planter des arbres et de repasser des champs vierges en forêt.
04:19 C'est une très belle initiative. Il en faut des arbres, on en a besoin.
04:22 On en a besoin, oui.
04:23 Et si on a un souci avec son matériel ?
04:25 Admettons, à mon avis, beaucoup de clients qui, à un moment donné, les machines vieillissent, peuvent avoir des soucis avec leur matériel.
04:32 Comment fonctionne votre SAV ? Est-ce qu'il y a aussi une possibilité de reconditionner la machine, pour éviter le gaspillage ?
04:39 Pour éviter le gaspillage, déjà, on va limiter l'obsolescence du matériel.
04:43 Nous, on a installé et vendu plus de 2000 machines.
04:46 Il a fallu industrialiser les processus.
04:48 Les gens vont faire appel à nous.
04:50 On va ouvrir un ticket SAV, comme beaucoup d'entreprises.
04:53 On fait un pré-diagnostic.
04:54 Et l'idée, déjà, c'est de dépanner par téléphone.
04:57 C'est la première chose. Si on peut éviter un déplacement à chacun, on gagne en réactivité.
05:02 C'est écologie aussi, c'est bien.
05:04 Oui, plutôt, oui.
05:05 C'est au moins une petite action qu'on peut faire pour la planète.
05:09 Ensuite, on va pousser au maximum la durée de vie des machines.
05:13 Donc, on stocke énormément de références de pièces détachées.
05:17 On a plus de 5000 références disponibles.
05:19 Ça impacte la réactivité du dépannage.
05:22 Et aussi, on peut faire des acheminements groupés sur notre site.
05:27 Il y a une expédition express, ou amener ça par un technicien.
05:32 Et dernièrement, on peut aussi rétrofiter du matériel.
05:37 C'est-à-dire qu'une machine d'occasion va revenir chez nous.
05:40 Alors, ça a un immense intérêt.
05:42 On va recycler quelque part.
05:43 On va remettre en condition une machine.
05:45 Et on peut continuer à former nos jeunes recrues sur du matériel, comme une école in situ.
05:51 Vous proposez une formation qui est certifiée Calliope.
05:54 Qui est donnée par vos techniciens à vos clients pour pouvoir utiliser correctement la machine.
06:00 Comment vous les formez et sur combien de temps ?
06:03 En fait, les formations vont s'étaler entre 1 et 4 ou 5 jours.
06:07 L'idée est vraiment de faire du coups humain sur du matériel qu'ils ont acheté.
06:12 Or, soit en amont de la livraison.
06:14 On a dans notre showroom un certain nombre de machines.
06:16 Donc, on va prendre les gens en formation in situ.
06:19 On les isole un peu dans leurs usines.
06:22 Et ils ne pensent plus qu'à ça.
06:23 Ou alors directement sur site.
06:25 Et on va former les gens à la manipulation de la machine.
06:28 Au réglage de la machine.
06:29 Et aussi faire monter en compétence les techniciens pour des maintenance de niveau 1 ou niveau 2.
06:33 Merci beaucoup Hervé Fabre pour cette information précieuse.
06:37 Merci à vous, les spectateurs, de nous avoir suivis.
06:40 Et puis, on se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode d'Il font l'actu.
06:45 [Musique]
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