00:00 Dans ce processus général, un élément qui me semble mériter l'attention,
00:06 c'est que lorsque vous parlez avec des responsables des forces de l'ordre, des services de sécurité,
00:10 ils vous indiquent la préoccupation d'une montée de la violence en France.
00:13 Une montée de la violence qu'on retrouve pas ou peu dans la plupart des indicateurs,
00:18 qu'il s'agisse des statistiques administratives ou des enquêtes de victimation,
00:21 mais néanmoins une violence qui est plus présente dans les conflits sociaux
00:26 et on peut présenter des exemples comme les mouvements écologistes ou les mouvements autour des conflits du travail,
00:32 les mouvements des retraites, mais on peut penser également aux mouvements des gilets jaunes.
00:35 On a eu une succession de mouvements sociaux dans lesquels la violence était finalement à un moment ou à un autre
00:39 une facette du rapport politique en l'absence d'autres relais, d'autres médiations institutionnelles.
00:46 Je crois que la question des banlieues est une question paroxystique de cette dynamique.
00:50 En l'absence quasi complète de relais politiques structurés, finalement il n'y a soit pas de confrontation,
00:55 soit une confrontation qui passe par la forme de la violence et qu'un des enjeux à construire,
01:00 et qui n'est pas forcément seulement du travail des institutions,
01:02 mais c'est de réussir à trouver des canaux de désaccord et d'affrontements politiques qui ne passent pas par la violence
01:09 et qui permettent de faire émerger des enjeux de façon beaucoup plus structurelle que ces affrontements sporadiques
01:17 qui arrivent à échéance régulière et en causant beaucoup de dégâts et beaucoup de dommages aussi pour les auteurs,
01:25 pour certains très jeunes, dont la trajectoire sociale, scolaire, familiale va être fortement impactée
01:31 par leur participation et leur condamnation dans ces contextes.
01:35 [Musique]
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