00:00 La lutte contre l'antisémitisme, ça ne concerne pas uniquement les juifs,
00:03 comme ça ne concerne pas uniquement les musulmans, ça concerne tout le monde.
00:06 De la même façon que la lutte contre le timetim, ça concerne tout le monde,
00:10 la lutte contre toutes les discriminations concerne aussi tout le monde.
00:13 Le 10 novembre, il y a la mosquée de Pessac qui a été profanée
00:17 avec des inscriptions qui étaient écrites "vos valises" ou "vos cercueils".
00:21 Je ne l'ai pas encore entendu dans vos différents médias.
00:25 Le souci que cela peut induire, c'est qu'il y a une sorte de sensibilité particulière
00:31 des musulmans en France qui s'imaginent ou qui voient que finalement
00:36 les discriminations dont ils peuvent subir et le racisme dont il peut être l'objet
00:40 n'est pas forcément remarqué, n'est pas forcément vu.
00:43 Bien sûr, il y a une tradition qui est très ancienne de la part de la communauté juive
00:49 de pouvoir aider, voire associer et puis faire.
00:51 Bien sûr, force est de constater que les événements dramatiques
00:54 depuis le 7 octobre ont entraîné une sorte d'occultation de cette partie-là.
00:57 Et je ne veux pas rentrer dans la...
01:00 - 1518 quand même, c'est quelque chose.
01:04 - 1518, c'est 1518 fois 1.
01:08 C'est un peu comme quand on visite la maison d'Anne Franck dès qu'on sort.
01:11 Le plus terrible, ce n'est pas de se dire qu'il y a eu 6 millions de morts,
01:14 c'est qu'il y a eu 6 millions de fois 1 de cette scène-là.
01:17 Il y a des moments où les chiffres risquent de devenir abstraits
01:20 et c'est pour ça qu'il faut pouvoir garder cette dimension-là,
01:23 que voir qu'à chaque fois, c'est une catastrophe.
01:26 Et notre pays...
01:27 - Concrètement, qu'est-ce que vous pouvez faire ?
01:30 Et qu'est-ce qu'on peut faire collectivement ?
01:32 - C'est ce que l'on a revu avec le président de la République
01:34 lors de cette réunion qui était dense,
01:36 qui était extrêmement chargée d'émotions et qui était centrée sur le faire.
01:40 Bien sûr, il y a une question, et c'est pour ça que je reprends la dimension
01:43 de "il n'y a pas de concurrence ou de compétition victimaire",
01:47 mais pour pouvoir faire la paix, il faut comprendre la souffrance de l'autre.
01:51 - Si il y avait 1500 attaques contre 1500 mosquées,
01:54 vous auriez une marche républicaine dans ce pays ?
01:56 Je peux vous assurer qu'Aylebrand Pivet et Gérard Larcher
01:58 déclencheraient une marche républicaine.
02:00 Il se trouve, et heureusement, qu'on n'a pas pour l'instant 1500 actes anti-musulmans,
02:04 comme on n'a toujours pas eu un terroriste qui rentre dans une école confessionnelle musulmane
02:08 pour tuer une petite fille d'une balle dans la tête,
02:09 alors qu'on l'a vu dans une école juive en 2012.
02:12 Ce n'est évidemment pas la faute des musulmans,
02:14 c'est la faute des terroristes islamistes,
02:15 mais s'il y avait 1500 actes anti-musulmans,
02:18 je vous assure qu'on serait des centaines de milliers dans la rue
02:21 pour dire "les français musulmans..."
02:22 - Si je peux juste finir ce que je voulais dire,
02:27 c'est qu'avec tout le respect que je dois aux institutions,
02:29 à la présidente de l'Assemblée nationale et au président du Sénat,
02:33 les organisateurs de cette marche finalement ont une forme de responsabilité
02:37 de l'avoir limitée uniquement à une facette et de ne pas l'avoir étendue...
02:41 - Et bien là-dessus, vous n'allez pas être d'accord avec Elie Korshia ?
02:44 - C'est la facette d'aujourd'hui, c'est le drame d'aujourd'hui.
02:46 - Elie Korshia, Elie Korshia...
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