00:00 [Musique]
00:11 Ces sondages ont apporté sur des médecins en exercice,
00:16 dont à peu près la moitié à moins de 40 ans.
00:19 La moitié est à peu près en milieu hospitalier,
00:23 le reste en milieu libéral ou salarié dans des établissements de santé privés.
00:29 Et quelques-uns en fin de formation interne, docteur junior.
00:33 Les questions qui étaient peut-être posées étaient de savoir
00:36 si le digital avait modifié un petit peu leur rapport avec l'information,
00:42 et aussi avec l'industrie pharmaceutique avec laquelle on travaille régulièrement quand on est praticien.
00:47 70% des répondeurs ont plutôt dit que finalement les choses n'avaient pas tant changé que ça.
00:53 70% avaient aussi reçu dans leur cabinet ou à la consultation des représentants de l'industrie pharmaceutique
01:01 venus échanger des informations pendant la dernière année.
01:04 Ce qui, en tout cas sur ce petit groupe, qui n'a pas la vérité d'être la réponse ultime,
01:10 tend à dire que la présence du digital qui remplacerait tout, telle une vague,
01:16 en tout cas, je pense que ça ce n'est pas une bonne information.
01:20 Le digital a bien pénétré le rapport et l'information vers les médecins, praticiens,
01:26 mais il ne remplace pas la relation humaine, il la, sans doute, complète,
01:31 il la modifie, il la rend différente,
01:36 mais en tout cas il n'est pas là pour se substituer à la relation humaine existante.
01:44 Deuxième enseignement de ce sondage, si on lit en diagonale l'ensemble des réponses,
01:49 c'est que globalement, la manière dont viennent les informations aux médecins,
01:56 le fait que ce soit digital ou par communication papier ou par communication de rendez-vous, de réunion,
02:04 n'est pas fondamentalement un enjeu en soi.
02:08 L'engouement aux réponses à ce sondage par rapport au sondage que l'on réalise régulièrement
02:13 pour WhatsApp Doc, pour la rédaction ou pour des partenaires, n'a pas suscité un engouement majeur.
02:19 On peut aussi dire que pour eux, c'est une évolution de la société
02:25 qui entraîne une évolution de leur information dans leur cabinet et salle de consultation,
02:31 mais ce n'est pas une révolution.
02:33 Et peut-être que la bascule qu'on a connue au moment de la Covid,
02:35 avec forcément une rupture des relations humaines obligatoires,
02:40 on en revient forcément un petit peu, un rééquilibrage est en train de se faire.
02:46 Globalement, en tout cas, je ne vois pas tellement de différence entre 30 et 40
02:50 dans les réactions du lecteurat.
02:52 Ce qui est sûr, c'est que les médecins, comme la société civile dans sa globalité,
02:58 la vague du digital a évidemment pénétré l'ensemble des mœurs.
03:03 Ils sont souvent dans le besoin d'outils digitaux pour simplifier, par exemple, la prise de décision,
03:08 pour simplifier une recherche de références scientifiques,
03:11 pour simplifier dans un algorithme la stratégie thérapeutique qui pourrait être proposée.
03:16 Mais encore faut-il l'avoir au moment de l'interaction immédiate avec le patient.
03:19 Parce qu'une particularité aussi dans les besoins des médecins,
03:23 c'est que ce n'est pas comme un projet dont je coûterais votre besoin,
03:28 je réfléchirais 18 jours et je vous restituerais une offre dans 20 jours.
03:32 C'est immédiat, c'est dans les cinq minutes.
03:34 Et si vous n'avez pas une réponse immédiate,
03:36 alors vous avez toujours le droit de voter en cours,
03:38 mais si vous n'avez pas une réponse immédiate, en général,
03:40 vous perdez quand même le crédit et donc la confiance du patient
03:44 qui peut se sentir inquiet que vous n'ayez pas une réponse à lui portée.
03:49 Des usages de la pratique vont dépendre,
03:53 la manière dont doit être véhiculée l'information,
03:56 car pour avoir une information qui serait consommée et utilisée immédiatement dans une consultation,
04:00 là, pour le coup, il faut quelque chose d'extrêmement rapide,
04:02 mais qui ne soit pas faux pour autant.
04:03 J'ai essayé en traduisant ce que les patients me disaient
04:06 pour essayer de voir s'ils avaient tapé ce qu'ils auraient eu comme information.
04:09 J'ai essayé en me posant des questions sur un cas,
04:11 en tapant les questions que j'avais pour voir quel type de réponse j'allais avoir.
04:14 Pour l'instant, je peux le dire, ce n'est pas concluant par rapport à ce que j'ai essayé.
04:17 Je vais faire pipi cinq fois dans la nuit, j'ai tel problème, j'ai tel problème,
04:21 qu'est-ce que je dois faire ?
04:22 Ça ne me donne pas les bonnes réponses nécessairement, ce n'est pas très loin néanmoins.
04:25 Mon premier conseil, c'est de ne pas faire des choses qui ne sont pas très efficaces.
04:28 Si vous êtes patient ou si vous êtes médecin, ne reposez surtout pas sur ce seul conseil.
04:32 Oui, on va accompagner sans doute les professionnels de santé quels qu'ils soient
04:38 à savoir travailler avec ces outils qui vont évoluer par ailleurs
04:42 et qui vont faire partie de notre quotidien.
04:44 La difficulté restera d'éduquer les patients, qu'on est tous potentiellement un jour,
04:49 parce que nous, nous aurons tous le droit de faire des choses qui ne sont pas efficaces.
04:55 Et parce que nous, nous aurons tous la volonté d'avoir ce recours-là pour raison de rapidité.
05:02 Et on aura tous, dans cette période en plus de faiblesse où on se sent malade,
05:06 l'incapacité à juger des résultats ou des informations qui nous seront données.
05:11 Et les patients, ils ne vont pas à l'université pour être formés patients, ça n'existe pas ça.
05:15 Donc ça, c'est l'éducation civique, civile, citoyenne.
05:22 J'enseigne pour partie justement l'application de l'intelligence artificielle dans ma pratique de l'urologie.
05:29 Et dans un des cours introductifs que j'ai régulièrement chaque année
05:33 avec les étudiants qui sont inscrits à ce cours,
05:37 j'évoque exactement que l'intelligence artificielle va parfois suppléer,
05:42 mais parfois associer, permettre d'aller plus loin, mais parfois aussi remplacer.
05:47 Et j'ai forcément face à moi des réactions dans l'amphi.
05:52 Et globalement quand même, la première des réactions que j'ai,
05:55 elle est quand même souvent dans une forme d'inquiétude.
05:59 En pratique, il est sûr et certain que ça va modifier la manière d'exercer.
06:04 Et que du coup, moi, de mon côté enseignant, je dois modifier ma manière d'enseigner
06:09 pour apprendre à savoir utiliser des outils qui vont accompagner l'enjeu de l'exercice clinique.
06:16 Parce que sinon, je vais risquer de former des professionnels qui vont être opaques,
06:21 ou opposés, ou hostiles, ou pas ouverts à l'incorporation de technologies dans leur pratique,
06:27 pour comprendre que finalement cette partie-là est automatique.
06:31 Et lui, il a à choisir parmi les décisions qui lui seraient préconisées,
06:35 et non pas à formuler un trio de décisions.
06:38 Il y a un outil actuellement qui est proposé d'intelligence artificielle
06:43 par une industrie qui accompagne l'examen clinique,
06:47 pour évaluer la conversation et apporter une aide conversationnelle,
06:51 et donc une analyse sémiologique de l'instantanéité de la conversation avec un patient.
06:57 Une conversation qui s'appelle examen clinique.
07:00 Ça, c'est l'incorporation d'un outil complémentaire qui va aménager véritablement le quotidien,
07:05 et changer totalement la manière d'être.
07:09 Aujourd'hui, avec les technologies, le médecin va être de plus en plus,
07:14 sur son ordinateur, à tapoter son rendu de son observation clinique,
07:18 dont en plus, médico-légalement, on va lui demander qu'il y ait un document,
07:22 alors qu'avant il pouvait le faire manuscrit.
07:24 Donc avant, quand il était manuscrit, ou quand c'était dans l'oralité uniquement,
07:27 il était très proche du patient,
07:29 ce qui était plutôt favorable pour l'échange patient, la confiance qui s'installait.
07:34 Or, dès que l'on détourne forcément avec un tiers ce qui va être un ordinateur, ça pose problème.
07:39 S'il y a une intelligence artificielle conversationnelle qui permet d'écouter les deux propos qui sont évoqués,
07:46 et de restituer automatiquement, sans doute avec des adaptations,
07:50 mais de restituer automatiquement une trame de ce qui s'est dit,
07:53 en la classant, ici l'anamnèse, ici les signes cliniques, ici les signes physiques,
07:57 ici les signes fonctionnels, etc.
07:59 Elle permet de soulager le praticien d'une attache technologique,
08:04 pour le rendre à nouveau au plus proche du patient,
08:07 et lui permettre d'avancer, de restaurer finalement la relation médecin-malade.
08:11 Très souvent les technologies disent "ah bah elles vont changer totalement les choses",
08:15 en fait celle-ci, c'est un exemple,
08:17 elle permet de réinvestir une situation de relation synanigmatique médecin-patient,
08:23 qui à cause de la technologie, avait un peu été dévoyée,
08:27 pour des raisons évidentes de restitution, que l'on comprend bien,
08:31 ou de transmission aux équipes médicales après.
08:34 Donc l'apport de l'IA va être multiple et divers, à nouveau,
08:39 sans doute va-t-il générer des situations d'augmentation des pratiques par les médecins,
08:46 il va aussi permettre de regagner parfois du temps médical,
08:49 ou de restituer une relation qui doit rester ce qu'elle est,
08:53 parce que vous l'avez dit tout au départ pour l'information,
08:56 le besoin d'échange, le besoin physique, le besoin émotionnel existe dans l'information,
09:02 il existe aussi à la consultation, c'est très important d'avoir ce temps d'écoute,
09:06 juste d'écouter, juste d'être silencieux, juste de comprendre ce qui a été dit,
09:10 parfois de ne pas forcément répondre à toutes les questions,
09:13 de donner un autre rendez-vous, mais d'avancer, de construire avec quelqu'un qui est en face.
09:16 Si certaines personnes vont avoir un aura très important sur le digital,
09:25 c'est pas pour ça qu'ils en sont plus intelligents et que leur expertise est fondée.
09:30 Parfois un expert est fondé pour une expertise, mais ça ne l'empêche pas de parler à d'autres sujets,
09:36 et parce qu'il est justement, digitalement parlant, très connu, il va être très reconnu,
09:43 et ce qu'il risque de dire sur d'autres sujets qui sont les siens,
09:46 peuvent poser véritablement parfois sujet.
09:49 La parole scientifique quand même, quand il s'agit de messages scientifiques,
09:53 ou la parole médicale quand il s'agit d'une interprétation de la science pour les patients,
09:58 il faut quand même qu'elle repose sur un faisceau d'arguments
10:02 qui eux n'ont pas changé depuis l'histoire.
10:05 Il y a des publications, ces publications il en faut un certain nombre,
10:08 puis ensuite il y a des recommandations, puis ensuite on applique les recommandations en tant que thérapeute.
10:11 Si on commence parce qu'on a une intuition scientifique
10:15 à partir sur un autre territoire qui n'a pas été prouvé,
10:18 ou qui n'a pas suivi ces canaux-là, et que par ailleurs on a une influence majeure,
10:23 eh bien on risque de malmener l'opinion, on risque d'importer des mauvaises informations.
10:30 Donc je crois qu'attention à l'usage des dols.
10:34 Pour eux-mêmes, il faut qu'ils fassent très attention à ce qu'ils disent,
10:38 comme toute personne en réalité qui a la responsabilité de son propre discours,
10:43 et qui sait qu'il a un impasse.
10:44 Sauf que ça, c'est beaucoup plus facile de le faire n'importe où, dans son salon ou aux toilettes,
10:49 et ça va beaucoup plus vite, et que du coup l'impact derrière,
10:52 il peut être beaucoup plus dramatique en beaucoup moins de temps,
10:55 alors que quand on vient à une audience devant un parterre de 1000 personnes,
10:59 c'est pas tout à fait la même chose.
11:01 Donc la facilité de cet usage rend risqué l'émergence d'un certain nombre de porteurs d'opinions
11:11 qui ne sont pas nécessairement fondés dans le sujet sur lequel ils interviennent.
11:15 Encore une fois, il y a ceux qui n'ont pas du tout d'expertise,
11:18 mais il y a ceux qui ont des expertises,
11:20 donc en général ils ont quand même une certaine intelligence,
11:22 qui sont d'autant plus responsables quand ils discutent juste à côté
11:25 dans un domaine dans lequel ils n'ont pas d'expertise, où il ferait mieux de se tailler.
11:27 Les formats longs ne sont pas les formats les plus lus.
11:35 Quelques-uns néanmoins arrivent à émerger,
11:38 donc c'est d'autant plus difficile de faire un format long,
11:41 ça c'est une certitude pour capter l'attention sur une certaine durée.
11:44 Il y a une méthode, c'est connaître ceux qui nous écoutent pour savoir ce que l'on doit préparer.
11:48 Mais il n'y a pas un type de contenu dit de qualité et d'autres qui ne le seraient pas,
11:52 donc un digest à 10 000 formes possibles.
11:54 WhatsApp Docs est un média d'informations socio-pro sur les médecins,
11:58 pour les médecins, sur les médecins.
12:00 Même sur les sujets qui sont les nôtres,
12:02 la manière dont on va aborder le propos dépendra du type de personnalité qui est en face
12:13 et qui comprendra ou ne comprendra pas le discours ou l'article ou l'analyse que l'on veut préparer.
12:18 Ma seule recommandation par rapport à notre expérience,
12:23 c'est un message qu'on aurait voulu mettre dans un traité plus long
12:29 parce que ça nous paraissait avoir plus de sens,
12:31 mais volontiers le rendre en série, le rendre en rubrique itérative, en rendez-vous
12:37 et ne pas chercher à donner un savoir plus encyclopédique trop long en une fois
12:44 parce qu'en fait on aura plus de réussite 10 fois 2 minutes que 1 fois 20 minutes.
12:48 En fonction des sujets, il y a des contraintes.
12:50 Par exemple, si je bascule dans le sujet scientifique,
12:53 un scientifique ou un médecin qui va publier un papier
12:57 aura quand même du mal à en arriver à un contenu très court
13:02 car le propre de la science, c'est justement de formuler des hypothèses
13:06 et d'émettre des résultats qui vont être multiples et variés
13:11 dont un excès de simplicité rendra toujours faux le propos.
13:15 La nature des contenus ne s'adapte pas non plus à une simplification des propos.
13:20 Il faut donc tenir compte de l'audience,
13:24 de la nature du message pour ne pas le singulariser,
13:27 pour le rendre trop vulgarisé jusqu'à en perdre du sens.
13:31 [Musique]
Commentaires