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La Méditerranée est déjà trop chaude... en avril ! 🌡️ Découvrez pourquoi cette alerte précoce des océanologues, confirmée par vos relevés locaux et le rapport Copernicus, est une réelle menace pour la faune et la flore marines.

Pourquoi un simple degré fait-il trembler les experts ? Nous plongeons dans les conséquences alarmantes de ce réchauffement : mortalités massives d'espèces, prolifération d'espèces invasives comme le crabe bleu, et même une contribution significative à l'élévation du niveau de la mer.

Face à cette urgence climatique, quelles solutions concrètes s'offrent à nous ? L'océanologue Jean-Pierre Gattuso partage les pistes essentielles : réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre, rôle crucial des collectivités locales, et l'importance de la mise en œuvre des aires marines protégées.

Et si le destin des océans dépendait aussi de nos actions quotidiennes ? Cette discussion essentielle vous éclaire sur l'urgence climatique et la nécessité d'agir, pour préserver notre précieuse Méditerranée.

#Méditerranée #RéchauffementClimatique #Océan #ActionClimat

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Transcription
00:00Nous ne sommes pas encore en été et pourtant la Méditerranée est déjà trop chaude.
00:05Selon le dernier rapport des spécialistes du Copernicus Climate Change Service qui concerne le mois d'avril.
00:11Alors quelles en sont les conséquences et surtout est-ce qu'on peut changer les choses encore aujourd'hui ?
00:15On en parle avec l'invité d'ici matin, l'océanologue Jean-Pierre Gattuso,
00:19directeur de recherche et mérite au CNRS de Villefranche-sur-Mer.
00:23Bonjour.
00:24Bonjour.
00:24Vous avez vos propres relevés à Villefranche-sur-Mer qui confirment le rapport de Copernicus ?
00:29Absolument. On mesure la température de surface en Méditerranée à l'entrée de la rate de Villefranche-sur-Mer
00:35et on note que depuis le début de l'année, on est entre 0,5 et 2 degrés au-dessus
00:41de la moyenne des 20 dernières années.
00:45Sur le mois d'avril ?
00:46Alors sur le mois d'avril aussi, oui. Par exemple hier, on était 1,5 degré au-dessus de la
00:52moyenne de 95 à 2023.
00:551 degré, ça paraît faible. Cette hausse, nous on ne l'aperçoit pas en tant qu'humain.
01:00Mais pourquoi c'est une alerte pour vous ?
01:02C'est une alerte parce qu'un degré aujourd'hui, ce n'est pas un véritable problème pour les plantes
01:09et les animaux.
01:10Par contre, si on démarre aussi chaud en début de saison, on peut craindre qu'au mois de juillet-août,
01:16c'est traditionnellement les moments où on a les températures maximales, évidemment, on monte encore plus que les dernières années.
01:24On a eu un record en 2023 de près de 30 degrés à l'entrée de la rate de Villefranche
01:29-sur-Mer,
01:30ce qui est considérable et ce qui est des dommages très importants sur les plantes et les animaux avec des
01:35mortalités massives.
01:36Donc en fait, vous êtes inquiet pour la suite ?
01:38Oui, inquiet pour la suite parce qu'on démarre véritablement la saison avec une eau qui est, encore une fois,
01:44plus d'un degré plus chaude que la normale.
01:47Mais il a plu hier, par exemple. Est-ce que ça, ça peut permettre d'arranger provisoirement les choses ?
01:51Non, la pluie n'a pas beaucoup d'impact sur la température de surface.
01:55Par contre, s'il y a des coups de vent, oui. Si, par exemple, il y avait un coup de
01:59mistral aujourd'hui, la température pourrait diminuer de plusieurs degrés en quelques jours.
02:05Cette hausse, d'ailleurs, elle concerne à la fois la surface et plus profondément la mer ou pas ?
02:12Oui, c'est surtout en surface en cette saison parce que l'eau est stratifiée. En dessous de 50 mètres,
02:17on a toujours 13 degrés.
02:18C'est la température normale pour la saison. C'est la couche de surface, en fait, qui se réchauffe.
02:24Et sur les conséquences, vous avez parlé de mortalité pour la faune et la flore marine.
02:29Si ça continue comme ça à se réchauffer de manière excessive jusqu'à l'été, est-ce qu'il y
02:34en a d'autres ?
02:36Alors, il y a d'autres manifestations, oui. Les gorgones, par exemple, les mollusques, c'est-à-dire les huîtres,
02:44les moules,
02:45ce n'est pas tellement un problème chez nous, mais c'est du côté des étangs de Montpellier.
02:51Il y a ces mortalités massives à ce moment-là. Il y a aussi des problèmes d'espèces qui sont
02:58invasives et qui viennent de mer Rouge,
03:01de la Méditerranée orientale et qui viennent ici sur nos côtes.
03:05Le crabe bleu ?
03:06Le crabe bleu, le poisson lapin, le poisson lion. Et donc, ils ont des effets dommageables.
03:12Il y a plus de 1000 espèces qui sont entrées en Méditerranée en raison du réchauffement.
03:15Et est-ce que ça a des conséquences sur le niveau de la mer ?
03:19Ah oui, absolument. Parce que le niveau de la mer augmente, comme tout le monde le sait.
03:23Il a augmenté de 20 cm depuis 1900.
03:26Est-ce que c'est dû à la hausse de la température de la mer ?
03:29Oui, en partie. Parce que l'eau chaude a un volume plus grand que l'eau froide.
03:34Donc, c'est à peu près la moitié de l'élévation de la mer qui provient du réchauffement.
03:38L'autre moitié, c'est la fonte des glaces et des calottes polaires.
03:41Alors, est-ce qu'on peut limiter cette hausse de la température de la mer ?
03:44Est-ce que vous avez des solutions à nous apporter ce matin ?
03:47Les solutions, tout le monde les connaît. Malheureusement, il n'y a pas beaucoup d'action.
03:52C'est-à-dire qu'il faut absolument réduire les émissions de gaz à effet de serre.
03:55Il faut suivre la trajectoire que la Commission européenne nous assigne,
04:00c'est-à-dire de devenir neutre en émissions, avoir des émissions à zéro d'ici 2050.
04:07Il y a une action climatique qui est faite, mais qui n'est pas suffisante pour atteindre ces objectifs.
04:14C'est très important de réaliser que tout le monde a un rôle à jouer, y compris les collectivités locales.
04:19Ça ne se passe pas seulement par les grandes négociations internationales, par les gouvernements nationaux,
04:26mais les villes, les métropoles, les régions, les départements ont un rôle à jouer pour favoriser, par exemple, la mobilité
04:35douce.
04:35Que pourraient faire les maires azuréens ?
04:37Eh bien, il y a déjà des choses qui ont été faites.
04:40Par exemple, le développement des pistes cyclables a été un point très fort pour limiter les émissions de CO2.
04:49Le transport, c'est une grosse partie des émissions de CO2, donc on diminue le nombre de voitures.
04:53C'est toujours très bon pour ça.
04:56Il y a le fait qu'une aire marine protégée a été créée en face de Nice.
05:01Maintenant, il faut la mettre en œuvre et la surveiller.
05:04C'est la mise en œuvre qui est très importante, parce qu'on a eu l'UNOC l'année dernière
05:07à Nice.
05:09Mais est-ce que ça sert à quelque chose, ce genre d'événement ?
05:12Absolument, ça a servi à quelque chose.
05:14Par exemple, le traité sur la haute mer, grâce à l'impulsion de Nice, a été signé.
05:21Et donc, la Convention sur la haute mer va démarrer avec une première COP le mois de janvier de l
05:27'année prochaine.
05:28Donc, c'est Nice qui a donné l'impulsion à ce traité sur la gestion de la haute mer.
05:33Et on peut encore faire beaucoup et vous en appeler ce matin aux élus locaux.
05:37Merci beaucoup Jean-Pierre Gattuso, océanologue au CNRS de Villefranche-sur-Mer.
05:42Vous étiez l'invité d'ici matin. Bonne journée.
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