00:00 - On avance là comme chaque matin l'édito politique et le vendredi c'est avec Guillaume Bigot.
00:04 Bonjour Guillaume !
00:05 - Bonjour Patrick !
00:06 - Vous allez l'air d'être en pleine forme en cette rentrée.
00:08 - Je vous le confirme.
00:09 - Vous voulez nous parler de la GPA, la gestation pour autrui, c'est-à-dire le recours aux mères porteuses,
00:15 parce qu'il y a eu une déclaration hier du ministre des Transports Clément Beaune
00:20 qui se déclare favorable en cette rentrée à l'extension de la GPA.
00:25 Et pourquoi alors la déclaration d'ailleurs du ministre des Transports ?
00:29 - Sauf à utiliser le mot transport dans un sens un peu désuet et littéraire.
00:34 On ne comprend pas bien, ce n'est pas son portefeuille de transporter des gamètes.
00:38 Et en plus quand on écoute son entretien, il dit "maintenant" mais en fait pas maintenant.
00:42 Donc il en parle maintenant parce qu'il dit le président de la République n'avait pas prévu dans son programme cette extension.
00:47 Donc il ne faut pas le faire maintenant.
00:48 Alors pourquoi en parler maintenant ? C'est encore plus étrange.
00:50 Moi je pense que c'est un jeune homme très ambitieux et qu'il ne voulait pas laisser le monopole de la rentrée politique
00:57 de la lumière prise par ses collègues Gabriel Attal et Gérald Darmanin.
01:02 Et en plus je pense qu'il les soupçonne un peu d'être dans une dérive un peu à droite
01:06 parce que lui se veut le champion de l'aile gauche du macronisme et de la gauche sociétale.
01:10 Il a tiré profit du fait que cet été le Parlement italien avait passé une loi pour interdire l'adoption
01:16 d'enfants qui ont été conçus à l'étranger par des citoyens italiens avec ces fameuses mères porteuses.
01:21 Et lui donc il dit "moi je suis le défenseur de ce progrès sociétal et en plus je suis à gauche".
01:26 Pourquoi ? Il le dit dans l'entretien, il sait bien que cette GPA coûte très cher,
01:30 que c'est réservé à des gens qui ont les moyens et qui vont à l'étranger.
01:33 Mais lui il veut une GPA pour tous en fait.
01:36 C'est un argument qu'il utilise qui est un peu celui des capitalistes qui disent
01:40 "attendez, chantage à la loi, si vous nous taxez nous on va à l'étranger".
01:43 Et bien là c'est pareil, il dit "regardez la loi ne fonctionne pas, il y a des gens qui vont à l'étranger".
01:46 Oui c'est ça. Les arguments qu'il met en avant, leur sont-ils vraiment de gauche ?
01:50 Justement en apparence ils ont l'air de gauche.
01:52 C'est d'abord un argument sociétal qu'il utilise, un peu misérabiliste.
01:55 Il dit "il y a des enfants qui souffrent dans des familles dysfonctionnelles".
01:58 Il ne le dit pas comme ça, mais on comprend bien qu'ils sont des familles traditionnelles,
02:01 alors qu'il y a des petits cœurs qui saignent de couples qui ne sont pas tout à fait traditionnels
02:05 et qui voudraient avoir des enfants. Mais il a tout à fait raison, on comprend ça.
02:08 Mais en quoi le fait d'autoriser la gestation pour autrui et donc de nouveaux enfants à naître
02:13 va régler le problème des enfants qui sont dans des familles dysfonctionnelles ?
02:17 Justement l'aide sociale à l'enfance n'a plus d'argent.
02:19 Ensuite il y a un argument social, c'est la fameuse GPA pour tous.
02:22 Très bien, mais on nous explique que les dépenses sociales et médicales, ça coûte un pognon de dingue.
02:27 Qu'il faut justement faire la réforme des retraites, qu'il faut dérembourser les médicaments.
02:31 Et là, déjà si on prend ce qui existe, c'est-à-dire la programmation médicalement assistée,
02:36 la PMA pour les femmes qui ne sont pas fécondes, on sait que ça coûte extrêmement cher.
02:40 Les FIV, ça coûte 5 à 6 000 euros, elles ont droit à 6 FIV.
02:43 Ensuite tout n'est pas remboursé, il faut une mutuelle.
02:45 Enfin, ça paraît assez peu probable que ce soit une mesure de gauche.
02:48 Mais dernier point, Guillaume Bigot, le ministre Bohn et sa gauche sociétale
02:53 entend justement éviter ces dérives américaines.
02:56 C'est vrai, sauf que quand on regarde dans le détail, il y a des pays d'ailleurs
02:59 qui ne veulent pas que les femmes soient rémunérées.
03:01 Mais en fait, ces pays-là n'ont pas suffisamment de femmes pour jouer les mères porteuses.
03:05 Donc qu'est-ce qu'ils sont obligés de faire ? Ils sont obligés de donner une compensation financière.
03:09 Et de toute façon, ça crée tout un business médical, les obstétriciens, l'imagerie médicale, les cliniques privées, etc.
03:14 Et là, le business se frotte les mains.
03:17 De toute façon, il faut bien comprendre qu'il n'y a pas qu'une critique, disons,
03:22 de droit type défense de la famille traditionnelle ou manif pour tous,
03:25 contre l'extension de la GPA.
03:27 Il y a Sylvia Nagasinski, par exemple, qui a fait un bouquin qui s'appelle "Le corps en miettes".
03:30 Elle explique que le danger, c'est évidemment de faire du corps de la femme un objet de contraint.
03:35 Robert Badinter se dit, oui bien sûr, le droit à la vie c'est un droit,
03:40 mais est-ce que tout le monde a le droit à donner la vie ?
03:42 Est-ce que finalement la médecine, ça sert à soigner ?
03:44 Ou ça sert à permettre à des individus de réaliser à tout prix et quoi qu'il en coûte leur projet ?
03:49 Merci Guillaume.
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