00:00 - Allez, suite de vos signatures européens, Gaspard Proust, vous êtes resté, vous n'hésitez pas à intervenir,
00:06 on va écouter ensemble la revue de presse d'Olivier Delagarde. Bonjour Olivier !
00:09 - Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:11 - Allez, on ouvre cette revue de presse avec un reportage qui a retenu votre attention à la cité de Pissevin, à Nîmes,
00:16 où on s'en souvient un enfant de 10 ans est mort victime des gangs de trafic de drogue.
00:20 - Shit, beuh, coke, on y trouve tout ce qu'on veut pour se défoncer,
00:24 et les prix sont tagués sur les murs à proximité des points de deal.
00:28 Ici, les trafiquants qui attendent les clients dans des fauteuils défoncés font partie du décor.
00:33 On finit par banaliser, raconte un habitant, c'est quand on va ailleurs qu'on se rend compte qu'ici, on vit vraiment dans un monde parallèle.
00:42 Voilà ce que vous lirez ce matin dans Le Parisien.
00:44 On dit parfois que la presse n'a pas de mémoire, qu'une information chasse l'autre, qu'elle est vite oubliée.
00:49 Eh bien, Le Parisien, aujourd'hui en France, a eu la bonne idée d'envoyer une reporter qui est restée 6 jours sur place.
00:55 Louise Colcombe nous raconte ainsi le quotidien de ce quartier qu'elle présente comme le plus pauvre de France.
01:00 "Regardez autour de vous", lui lance une habitante en montrant les tours délabrés, les commerces abandonnés,
01:05 la médiathèque fermée depuis des mois pour des raisons de sécurité.
01:09 "C'est comme si nous ne faisions pas partie de Nîmes, dont le centre-ville propre à elle et ses célèbres arènes ne sont pourtant qu'à 10 minutes en voiture.
01:17 Ici, 70% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.
01:22 Ici, les seuls notables sont les trafiquants de drogue et leurs clients qui passent aux heures de pointe.
01:29 C'est une voiture, toutes les 25 secondes, lui raconte un habitué, jeune des beaux quartiers, petite nana en talons,
01:35 qui viennent chercher leur gramme de coke avant d'aller en boîte.
01:38 Certains assurent avoir déjà reconnu les profs de leurs propres enfants.
01:42 Reportage à lire ce matin dans Le Parisien, aujourd'hui en France.
01:45 - Allez, on regagne les beaux quartiers maintenant, Olivier.
01:47 - Oui, à 10 minutes en voiture de Pisse 20, donc ces quartiers où on lit la presse, le Midi Libre,
01:53 et bien la une ce matin, c'est "Le coup de Massus", c'est le gros titre du journal,
01:57 il ne s'agit pas de la violence de trafiquants, mais celle du percepteur,
02:00 parce que les propriétaires reçoivent à partir d'aujourd'hui leur avis d'imposition de taxes foncières
02:05 et l'augmentation sera pour beaucoup majuscule, écrit le journal.
02:10 Et le Midi Libre n'est pas le seul à faire ses comptins, dans toute la presse régionale,
02:13 vous trouverez des tableaux, ville par ville, avec des +4, +7%, +11%.
02:20 Oui, petits joueurs semblent leur dire les échos ce matin depuis son siège parisien,
02:26 parce que le champion de France de la hausse de la taxe foncière,
02:30 et bien c'est notre belle capitale, +51,9%.
02:36 Alors certes, il y a l'inflation, mais on a peine à comprendre
02:40 ce qui justifie de tels coups de balancier, sinon la mauvaise gestion des finances,
02:45 écrit Jean-Francis Pécresse dans son éditorial.
02:48 Les propriétaires qui se sont endettés pour des années poursuit-ils,
02:51 n'ont pas vocation à faire les fins de mois de municipalité aux administrations pléthoriques,
02:56 s'abstenant de tout effort des finances publiques.
03:00 - Bing, bien envoyé. Fiscalité, sécurité, Olivier,
03:02 est-ce qu'il en sera question aujourd'hui entre le président de la République et les chefs de parti ?
03:05 - Eh bien je vais vous répondre extrêmement précisément, Dimitri.
03:08 On n'en sait rien parce que c'est quand même le grand flou cette affaire.
03:11 En fait, vos journaux n'attendent pas grand-chose de cette grande réunion,
03:15 sans micro ni caméra, à Saint-Denis cet après-midi.
03:17 L'humanité n'y voit qu'une initiative d'ampleur médiatique, un coup de com', quoi.
03:22 Les dirigeants de la NUPES iront en traînant des pieds, mais passeront une tête,
03:27 écrit un rien des abusés Libération.
03:29 À la une du Figaro-Yftréa, il voit pour sa part qu'une illusion démocratique
03:34 dans un pays éruptif comme la France, où l'aptitude au dialogue est relative,
03:39 où la culture de l'opposition est supérieure à l'esprit de coopération,
03:43 où chaque parti voit midi à sa porte, énumère l'éditorialiste.
03:47 Ce type de tentative est moins reçu comme des signes de bonne volonté
03:50 que comme des entreprises suspectes pour noyer le poisson.
03:55 Bon, mais on termine ce matin en flexant.
03:58 Je vois que vous me regardez avec des yeux ronds, Dimitri.
04:01 - En flexant ?
04:02 - Je vais vous expliquer. - Je flexe, tu flexes, nous flexons ?
04:04 - Absolument. C'est un nouveau verbe.
04:06 "Et il fait fureur parmi les employés d'accenture", raconte Margarita Nazi dans "Le Monde".
04:11 Flexer, ça veut dire ne pas se rendre à son travail un jour par semaine.
04:15 C'est vous qui décidez et vous gardez l'intégralité de votre salaire.
04:19 "Le Monde" consacre une grande enquête à cette sorte de semaine de 4 jours à la carte,
04:23 méthode adoptée par ce grand groupe pour appâter les jeunes diplômés.
04:27 Alors dit comme ça, ça peut paraître anecdotique.
04:29 Vous pensez peut-être que c'est un truc réservé à quelques entreprises dans le vent.
04:33 Eh bien, ne croyez pas cela.
04:35 En position de force, en raison de la pénurie de talent,
04:37 les jeunes exigent désormais une liberté totale dans leur modalité de travail,
04:42 explique au journal la directrice Carlier et Prospective à l'EDEC.
04:46 Elle y voit même une révolution sociétale, façon mai 68.
04:51 On vous aura prévenu.
04:52 Quant à moi, je vous laisse, je flexe.
04:54 - Oui, mais vous avez fini votre revue de presse, vous avez bossé, voilà.
04:57 On est mal si vous commencez à flexer, Dimitri, à nous laisser tout seul.
05:00 - Je flexerai pas.
05:01 Tiens, dans le genre des mots nouveaux, j'en ai un autre aussi, tardiveté.
05:05 Et ça, c'est le mot fétiche, je crois, de votre invité Pascal Praud tout à l'heure à 11h, Pascal Praud et vous.
05:11 Bonjour Pascal.
05:12 - Bonjour, effectivement.
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