00:00 *Musique*
00:02 Mais avant Lénine,
00:04 Olivier Delagarde, la revue de presse d'Europe 1, on commence Olivier par la phrase du jour.
00:08 "Si elles nous prennent la grâce, nous garderons la dignité."
00:12 Hein ? Quoi ? Si si, si elles nous prennent la grâce.
00:16 C'est ainsi que s'achève la pétition de ce collectif de personnalités pour la plupart inconnues qui s'indignent
00:21 du parrainage de Sylvain Tesson au printemps des poètes dont Philippe Valle nous parlait il y a un instant.
00:26 Et attention, si elles ne s'écrit pas C I E L mais S apostrophe I E L S
00:32 parce que ce n'est pas de la licence poétique mais du vol à puc inclusif.
00:36 On pourrait être tenté de regarder ailleurs comme le fait Tesson qui n'a pas daigné répondre.
00:41 Mais il faut lire ce texte publié aujourd'hui par Libération
00:44 pour achever de se convaincre qu'il y a vraiment quelque chose qui ne tourne plus rond dans la gauche française.
00:50 "Si elles nous prennent grâce, il est heureux que le ridicule ne tue pas."
00:55 A la une des journaux ce matin, la colère du monde paysan.
00:59 "Étoile de la mer, voici la lourde nappe et la profonde houle et l'océan des blés et la mouvante écume et nos greniers comblés.
01:07 Voici notre regard sur cette immense chape."
01:10 On nous permettra en préambule de lire ces quelques vers de Charles Péguy pour se nettoyer les oreilles.
01:14 Et avant que Libération ne lui lance une fatwa, Charles Péguy, poète d'une France disparue, d'un pays catholique et paysan.
01:21 Sauf que les agriculteurs ne veulent pas mourir.
01:24 "Et au sommet de l'État, c'est le branle-bas de combat", écrit Isabelle Fissecq des Échos.
01:28 Pas question de voir flamber une crise de type gilet jaune à cinq mois des élections européennes.
01:33 Dans le Parisien, aujourd'hui en France, Pauline Théveniaux raconte qu'il a été ordonné à tous les préfets de France
01:38 de rencontrer ce week-end les agriculteurs et leurs représentants dans chaque département.
01:43 Le mail qui leur a été adressé comportait également la consigne suivante.
01:47 "Adressé au gouvernement avant dimanche 19h, un compte-rendu de leurs échanges mentionnant la liste exhaustive des organisations et représentants rencontrés."
01:57 Bref, au gouvernement, après avoir regardé ailleurs pendant longtemps, on commence à prendre très au sérieux cette menace de jacquerie.
02:04 En première page, les Échos nous exposent les raisons de cette colère.
02:08 Les agriculteurs sont inquiets pour leurs revenus, pour l'accès à l'eau, la multiplication des normes.
02:13 Et le mouvement qui a commencé aux Pays-Bas avant de gagner l'Allemagne est européen.
02:18 Partout, on s'inquiète de l'impossibilité faite aux agriculteurs de produire à bas coût.
02:24 Suppression des aides et bâton qu'on leur met dans les roues.
02:27 Conséquence, explique Vincent Trémolet de Villers à la Une du Figaro.
02:30 Nos concurrents chinois ou américains sont trop contents de déverser chez nous à bas prix ce que l'on n'a plus le droit de produire nous-mêmes.
02:38 Et des verres de Peggy, on bascule à la farce de Jari.
02:42 Car le père Ubu est à Bruxelles, s'exclame-t-il.
02:45 Cette crise est à la conséquence d'une logique inquiétante, d'un décroissantisme qui ne dit pas son nom.
02:51 Dans la capitale européenne, c'est le très puissant président de la Commission de l'Environnement, Pascal Canfin, qui mène la danse, affirme-t-il.
02:58 Haute figure du macronisme écologique qu'il élabore et promeut au Parlement
03:02 les lois qui bientôt tenteront de s'inscrire dans le droit français.
03:07 Ce double jeu du pouvoir avec nos agriculteurs, conclut-il, alimente un peu plus la colère.
03:13 - On va en parler avec Emmanuel Ducroch, qui est une grande spécialiste de toutes ces questions agricoles dans un instant.
03:17 Autrement que l'air dans la presse ce matin, Olivier.
03:19 - Eh bien d'abord la presse d'hier, si ce n'est pas encore fait.
03:21 Le journal du dimanche nous apprend comment France Télévisions bidonne ses reportages
03:25 pour les faire rentrer dans les cases de sa vérité anti-école privée.
03:29 Une journaliste de France 3 invitait les élèves de Stannes à témoigner sur son antenne
03:34 à l'unique condition que ce soit à charge.
03:37 Sinon cela ne l'intéressait pas.
03:40 Contacté par le gilet d, qui souhaitait discuter de ces méthodes,
03:43 la journaliste n'a pas souhaité répondre.
03:45 Vérité toute nue, espérance en sabot, abri des abattus, courrez, courrez, chevaux.
03:51 Mais on va terminer avec cette statistique intéressante que vous lirez dans l'Opinion,
03:55 en marge du débat sur les peines planchées.
03:57 En France, seuls 8% des auteurs de délits sont condamnés à la peine maximale,
04:02 nous révèle Marie-Amélie Lombard-Latune.
04:04 Exemple, 90% des condamnations pour le transport de stupéfiants
04:09 sont comprises entre 0 et 4 ans de prison, alors que le maximum encouru est de 10 ans.
04:14 L'auteur du rapport y voit un décalage croissant entre le code pénal et les pratiques pénales,
04:20 qui contribuent, dit-il, à une impression de laxisme dans le système judiciaire.
04:25 "C'est la chauve loi des hommes, du raisin ils font du vin, du charbon, ils font du feu, des baisers,
04:30 ils font des hommes", écrivait Paul Eluard, qui lui, par les pétitionnaires de l'IB,
04:35 n'a pas encore été ostracisé.
04:37 - Le temps nous le dira, le temps nous le dira.
04:39 Merci beaucoup Olivier Delagarde, votre revue de presse sur Europe 1 chaque matin,
04:44 et c'est à retrouver sur europe1.fr en podcast à 8h40.
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