00:00 *Générique*
00:02 La revue de presse d'Europe 1, Olivier Delagarde. Ce matin, on marche sur la tête.
00:06 Depuis quelques mois, on découvre partout en France des panneaux d'entrée de ville.
00:10 « La tête en barre », raconte Gaspard Koenig dans sa tribune des Échos.
00:13 La presse nationale n'y a consacré que des entrefilets ironiques,
00:17 mais la presse locale s'empare régulièrement du sujet,
00:19 car il n'est pas anodin de lire le nom de sa commune à l'envers,
00:23 comme si la terre et le ciel étaient inversés, écrit-il.
00:26 C'est le syndicat des jeunes agriculteurs qui a lancé cette campagne
00:29 pour signifier qu'on marche sur la tête.
00:32 Et le soutien de la plupart des maires qui laissent faire
00:34 montre à quel point cette impression est partagée par l'ensemble de la population.
00:39 Or, « on marche sur la tête » représente une revendication politique bien singulière, poursuit-il.
00:45 Il ne s'agit pas de réclamer des sous ni de refaire le monde,
00:48 mais d'exiger une politique intelligible et cohérente.
00:52 Et c'est peut-être en voyant tous ces panneaux retournés
00:54 qu'Emmanuel Macron a donc décidé de reprendre la main.
00:58 - Alors justement, comment les journaux ont-ils trouvé la conférence de presse du président ?
01:01 - Alors d'abord, sur le fond, chapeau l'artiste.
01:03 Toute la presse reconnaît à notre président une énergie,
01:06 une force de conviction qui ont fait sa marque de fabrique.
01:09 C'était le tourbillon Macron, titre ainsi le Midi libre.
01:12 « Macron à l'offensive », annonce le Parisien.
01:15 C'était le général Macron, s'amuse la dépêche du midi,
01:18 en écho à tous les réarmements annoncés.
01:21 Et dans ses colonnes, Jean-Claude Souléri reconnaît que le chef de l'État
01:24 s'est montré plutôt à son aise dans notre République, écrit-il.
01:27 Il n'y a qu'un seul patron, et c'est le président.
01:30 - Bon, et sur le fond maintenant, que retient la presse ?
01:32 - L'école, l'ordre, le travail, énumère le Dauphiné libéré en titre.
01:36 « Oui, Macron veut remettre de l'ordre », confirme l'Est républicain à Nancy.
01:41 En fait, Macron « vire à droite », résume dit ce matin.
01:44 « À droite, toute mille sabords ! » Le constat revient souvent dans les éditoriaux.
01:49 Et si vous n'êtes pas convaincu, lisez celui du Figaro.
01:53 On sait que Vincent Trémolet de Villers, que l'on connaît bien sur cette antenne,
01:56 peut parfois être féroce à l'endroit de notre président.
01:58 Mais aujourd'hui, c'est la divine surprise.
02:01 « L'union des droites, c'était hier soir à l'Élysée », s'exclame-t-il.
02:04 Avec les reprises des slogans d'Éric Zemmour, de Laurent Wauquiez et Nicolas Sarkozy.
02:09 « Que la France reste la France », « la France forte »,
02:12 la simplification défendue par l'ISNAR, le déclassement évoqué par Bardella.
02:17 Alors Trémolet attend quand même de voir, mais « on ne peut que s'en réjouir », écrit-il.
02:22 Et si vous n'êtes toujours pas convaincu par ce virage à droite,
02:25 jetez aussi un coup d'œil à Libération.
02:27 « Macron, vieille France », titre-t-il en se pinçant le nez le journal,
02:32 « a détesté ce bon sens prôné par un président qui a une vision surannée,
02:37 pour ne pas dire conservatrice de l'école », écrit-il.
02:41 Mais en fait, Macron s'est attaché à répondre aux préoccupations de ses compatriotes,
02:45 semble lui répondre Franck Bouchy des dernières nouvelles d'Alsace.
02:49 L'éditorialiste qui a de la mémoire a vu dans le Macron 2024
02:52 le bon sens de Georges Pompidou et la nouvelle société de Jacques Chaban Delmas.
02:57 Et c'est à même de satisfaire une grande partie de ses compatriotes
03:01 qui souhaitent, affirme-t-il, que la France reste la France.
03:05 - Mais alors pour que la France reste la France,
03:07 peut-être faudrait-il qu'elle se remette à faire des enfants ?
03:10 - Et c'est l'autre grand sujet ce matin, toute la presse est catastrophée par les chiffres de l'INSEE.
03:14 La France s'enfonce dans l'hiver démographique, annonce joliment et tristement Lacroix.
03:20 Mais dans les échos, Lucie Roggin explique que tout ça est politique.
03:23 "La France a fait le choix de la vieillesse", affirme-t-elle.
03:27 "En 30 ans, les dépenses de retraite ont augmenté de 10%
03:31 quand celles pour la famille ont chuté de 22%."
03:34 Alors je vous disais que toute la presse est catastrophée, en fait non, pas toute.
03:38 Libération publie un long article extatique sur ces bobos qui font le choix de ne pas avoir d'enfants.
03:44 Alors il y a les raisons financières, mais pas seulement.
03:47 Libé a décoté Améline, journaliste indépendante de 25 ans, allergique aux bambins.
03:53 "Quand bien même je serai riche, ce choix restera le même.
03:57 Je voudrais d'abord dépenser l'argent pour moi, ma famille et mes amis."
04:01 Voilà, on signalera juste à Améline que si elle ne fait pas d'enfants,
04:05 sa famille risque de se rétrécir assez rapidement à 25 ans, que voulez-vous, on ne peut pas penser à tout.
04:11 Mais on va terminer par cette info assez étonnante, lue dans Le Parisien,
04:16 qui plaît beaucoup à Anissa, et je suis sûr qu'elle va aussi beaucoup plaire à Améline.
04:19 "Dans le 14e arrondissement de notre belle capitale,
04:23 600 appartements d'une nouvelle résidence écolo vont être équipés de WC spéciaux
04:28 afin de récupérer l'urine des habitants."
04:32 "Parce que notre pipi est précieux", nous explique Céline Carès,
04:36 il va servir à fabriquer de l'engrais pour faire pousser des patates, des carottes et des biocarburants.
04:42 Moral de l'histoire, Anissa ?
04:45 "Eh bien l'écologie de demain, ce ne sera plus pisser dans un violon,
04:49 mais utiliser nos WC pour éclairer les lanternes."
04:52 Bravo, magnifique Olivier Delagarde, quelle chute ! Il est fort, il est très fort cet Olivier.
04:56 Merci, c'était dans Le Parisien cet article oublié ?
04:58 C'est dans Le Parisien, il est temps de quitter cette ville.
05:03 Je pense qu'on va tous terminer dans un hôpital psychiatrique, je vous le dis très clairement,
05:06 ça j'ai dit plusieurs fois et je le dis, mais je pense, chère Amie, que là ça se précise, qu'on y va tout droit.
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