- il y a 3 ans
Programme de la matinée :
9h15 - 9h30 : Ouverture par les co-présidents du RNA, Sarah BELLIER (directrice générale, EPA Nice Ecovallée) et Nicolas GRAVIT (directeur, Eiffage Aménagement), accompagnés par le président du Club Ville Aménagement, Eric BAZARD (directeur général, SPL Vallée Idéale Développement)
9h30 - 9h45 : Séquence vidéo du Ministre en charge de la transition écologique, de la cohésion des territoires, Christophe Béchu.
9h45 - 11h - Séquence 1 - Du projet politique au projet urbain : aménager pour mettre en oeuvre sa vision du
territoire.
Animé par Olivier CARO, BOC.
Avec les témoignages de :
• Anne VIGNOT, maire de Besançon, présidente de Grand Besançon Métropole ;
• Grégory BERNARD, adjoint au maire de Clermont-Ferrand en charge de l’urbanisme et de l’aménagement, conseiller métropolitain délégué au PLUi et aux opérations d'aménagement d'intérêt métropolitain ;
• Jacques BREILLAT, maire de Castillon-la-Bataille, président de la communauté de communes de Castillon-Pujols ;
• Jean-Baptiste MARIE, directeur général, GIP Europe des Projets Architecturaux et Urbains (EPAU).
11h - 12h15 - Séquence 2 - Du projet urbain à sa mise en oeuvre : trouver des solutions financières et techniques, avec l’aménageur.
Animé par Bernard BLETTON, directeur général, SEDIA – Territoire 25.
Avec les témoignages de :
• Roch BRANCOUR, adjoint au maire d'Angers chargé de l'urbanisme et du logement, vice-président en charge de l'aménagement et de l'habitat d’Angers Loire Métropole ;
• en duo avec Michel BALLARINI, directeur général, Alter ;
• Roger LITAUDON, maire de Varennes-sur-Allier, président de la communauté de communes Entr'Allier Besbre et Loire ;
• en duo avec Marie-Laure CHAZELLE, directrice exécutive, SPL 277 ;
• Michel-François DELANNOY, directeur du département Appui aux Territoires, Banque des Territoires.
12h15 - 12h30 - Intervention de Thierry REPENTIN, maire de Chambéry, représentant de l’Association des Maires de France et des Présidents d'Intercommunalité.
9h15 - 9h30 : Ouverture par les co-présidents du RNA, Sarah BELLIER (directrice générale, EPA Nice Ecovallée) et Nicolas GRAVIT (directeur, Eiffage Aménagement), accompagnés par le président du Club Ville Aménagement, Eric BAZARD (directeur général, SPL Vallée Idéale Développement)
9h30 - 9h45 : Séquence vidéo du Ministre en charge de la transition écologique, de la cohésion des territoires, Christophe Béchu.
9h45 - 11h - Séquence 1 - Du projet politique au projet urbain : aménager pour mettre en oeuvre sa vision du
territoire.
Animé par Olivier CARO, BOC.
Avec les témoignages de :
• Anne VIGNOT, maire de Besançon, présidente de Grand Besançon Métropole ;
• Grégory BERNARD, adjoint au maire de Clermont-Ferrand en charge de l’urbanisme et de l’aménagement, conseiller métropolitain délégué au PLUi et aux opérations d'aménagement d'intérêt métropolitain ;
• Jacques BREILLAT, maire de Castillon-la-Bataille, président de la communauté de communes de Castillon-Pujols ;
• Jean-Baptiste MARIE, directeur général, GIP Europe des Projets Architecturaux et Urbains (EPAU).
11h - 12h15 - Séquence 2 - Du projet urbain à sa mise en oeuvre : trouver des solutions financières et techniques, avec l’aménageur.
Animé par Bernard BLETTON, directeur général, SEDIA – Territoire 25.
Avec les témoignages de :
• Roch BRANCOUR, adjoint au maire d'Angers chargé de l'urbanisme et du logement, vice-président en charge de l'aménagement et de l'habitat d’Angers Loire Métropole ;
• en duo avec Michel BALLARINI, directeur général, Alter ;
• Roger LITAUDON, maire de Varennes-sur-Allier, président de la communauté de communes Entr'Allier Besbre et Loire ;
• en duo avec Marie-Laure CHAZELLE, directrice exécutive, SPL 277 ;
• Michel-François DELANNOY, directeur du département Appui aux Territoires, Banque des Territoires.
12h15 - 12h30 - Intervention de Thierry REPENTIN, maire de Chambéry, représentant de l’Association des Maires de France et des Présidents d'Intercommunalité.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00:00 puisque j'accueille avec grand plaisir Sarah Bélier,
00:00:03 donc à mes côtés,
00:00:04 qui a rejoint le réseau national des aménageurs
00:00:07 en tant que coprésidente,
00:00:09 donc dans la continuité de Haute-Debroye.
00:00:13 Et je vous souhaite la bienvenue.
00:00:14 Tu vas voir, c'est très sympa.
00:00:16 On a un codire efficace, qui bosse bien,
00:00:19 et nous allons monter des plénières
00:00:22 très, très intéressantes,
00:00:23 et j'espère qu'on va encore vous le prouver aujourd'hui.
00:00:25 Donc aujourd'hui, nous sommes heureux
00:00:27 de tenir notre cinquième journée du cycle de travail 2022-2023
00:00:33 qui explore le thème "Osez l'aménagement".
00:00:36 Après une séance qui a fortement réuni en mars dernier
00:00:38 avec 300 participants,
00:00:39 vous êtes aujourd'hui 400 inscrits.
00:00:42 Merci pour votre intérêt et votre mobilisation.
00:00:45 Donc pour l'instant, je ne vois pas encore 400 personnes
00:00:47 dans la salle, mais on espère qu'ils vont arriver.
00:00:51 Depuis début 2022,
00:00:53 nous avons ouvert donc ce nouveau cycle avec quatre journées,
00:00:55 et nous avons déjà réfléchi et planché
00:00:57 sur le faire avec le distant,
00:00:59 le bas carbone qualité de vie et de ville,
00:01:02 prendre le risque de faire et faire avec le risque,
00:01:05 et l'exploration des futurs de l'aménagement de demain,
00:01:08 qui est la dernière séance que nous avions faite en mars dernier.
00:01:11 Ces séances de travail auxquelles une dizaine d'élus
00:01:13 ont déjà témoigné nous ont montré
00:01:14 que pour préparer leur ville à l'avenir,
00:01:18 des collectivités sont en train d'agir,
00:01:20 d'innover, d'accélérer,
00:01:22 en initiant des opérations d'aménagement urbain
00:01:24 qui constituent des clés de voûte dans leur action d'ensemble.
00:01:28 Ces collectivités, qui n'étaient pas toutes aguerries
00:01:31 à la culture de l'aménagement,
00:01:32 ont su trouver un équilibre politique
00:01:33 entre communes et intercommunalités,
00:01:35 définir leur vision de territoire et leur projet urbain.
00:01:39 Elles se sont fermement placées dans des postures
00:01:40 de pilote d'opérations d'aménagement assumé,
00:01:43 choisi au service d'un projet urbain d'ensemble.
00:01:46 Elles ont aussi cette compétence, qui est la leur,
00:01:48 en faisant le choix de s'appuyer, dans certains cas,
00:01:50 sur des services d'aménagement dédiés,
00:01:53 mais, dans la majorité des cas,
00:01:54 sur des aménageurs publics et privés,
00:01:57 afin de trouver des voies financières,
00:01:58 de faisabilité financière, juridique, technique,
00:02:01 ainsi que des voies de dialogue avec les citoyens.
00:02:04 Les élus entendus lors de ces 4 dernières séances du réseau
00:02:07 nous ont rappelé que l'évolution spontanée et diffuse de la ville
00:02:09 sera toujours prédominante,
00:02:11 qu'en revanche, l'aménagement urbain n'existe pas
00:02:14 sans initiative et volonté politique,
00:02:17 que ces deux modes d'action ne s'opposent pas,
00:02:19 ils sont bien au contraire complémentaires,
00:02:21 mais que l'aménagement reste nécessaire,
00:02:23 puisqu'il permet de mettre en oeuvre un projet public,
00:02:26 citoyen, économique, social, environnemental
00:02:29 sur le territoire.
00:02:30 Ces élus ont aussi constaté que la planification
00:02:32 est indispensable, mais non suffisante.
00:02:36 Face à la rapidité du marché,
00:02:37 l'opération d'aménagement leur est parue
00:02:38 comme un outil nécessaire à l'inflexion de l'urbanisation
00:02:41 dans des temps raisonnables,
00:02:43 à la hauteur des ambitions des politiques publiques locales,
00:02:45 sous le permet de l'opération,
00:02:47 comme au-delà, sur le territoire, par effet d'entraînement.
00:02:51 Ils ont également rappelé qu'une opération d'aménagement
00:02:53 permet de porter des actions
00:02:54 d'une envergure inatteignable autrement,
00:02:57 de travailler des compromis,
00:02:58 des équilibres pour divers objectifs
00:03:00 de manière contextualisée, transversale.
00:03:02 Bref, de tenir le cap,
00:03:03 les fondamentaux d'un projet dans le temps,
00:03:06 de sécuriser face aux occasions du à-la-moins-donnée.
00:03:09 Enfin, même s'il est conflictuel,
00:03:11 le projet d'aménagement est visible
00:03:12 et assure l'implication du citoyen,
00:03:15 oblige les élus à une recherche du consensus,
00:03:18 précieux pour réussir et agir collectivement
00:03:20 et dépasser la tentation de l'immobilisme.
00:03:24 Ces preuves de réussite doivent être diffusées
00:03:26 et doivent nous servir à convaincre
00:03:28 tous les élus et leurs équipes
00:03:30 que le mode de l'aménagement leur permettra de répondre
00:03:33 à leurs principales préoccupations
00:03:34 relatives à l'impact économique,
00:03:36 à la gestion des équipements publics,
00:03:38 aux questions environnementales et climatiques,
00:03:40 et enfin à l'acceptabilité des projets.
00:03:42 Bref, une ville durable, désirable et équilibrée.
00:03:48 A l'heure des récents événements
00:03:49 et auxquels les maires et leurs équipes
00:03:50 ont été confrontés,
00:03:52 et afin de ne pas renouveler les erreurs du passé,
00:03:56 oser l'aménagement devient plus que nécessaire
00:03:59 et donc prioritaire.
00:04:01 J'en profite pour vous témoigner,
00:04:03 mesdames, les messieurs, les élus qui sont dans la salle,
00:04:06 du soutien des acteurs de notre profession
00:04:08 auprès des élus de notre République
00:04:09 et notamment les maires.
00:04:11 Notre métier d'aménageur au service des territoires
00:04:13 impose que nous soyons au plus près de vous au quotidien
00:04:15 pour élaborer et construire une ville durable.
00:04:18 En ces jours difficiles pour vous
00:04:20 et pour l'ensemble de la population française,
00:04:22 je vous remercie pour votre dévouement
00:04:24 et des actions au quotidien que vous menez
00:04:25 avec conviction et courage pour nos concitoyens.
00:04:28 J'ai encore un petit mot à dire.
00:04:32 Je retrouve mes notes. Excusez-moi.
00:04:37 J'en profite, et donc je voulais terminer par cela,
00:04:43 pour vous témoigner d'un soutien assez particulier
00:04:47 auprès d'une personne qui devait intervenir cet après-midi,
00:04:50 qui est M. Vincent Jeanbrun,
00:04:52 qui est donc le maire de Laïl-et-Rose,
00:04:53 qui devait intervenir lors de la dernière table ronde
00:04:57 pour évoquer un projet ambitieux
00:04:58 qu'il mène à Laïl-et-Rose,
00:05:00 donc sur deux quartiers,
00:05:02 dans un quartier en rue et un quartier à proximité
00:05:04 d'une gare du Grand Paris.
00:05:07 Donc il ne sera pas là cet après-midi
00:05:09 pour les raisons que vous connaissez tous.
00:05:11 Donc je lui apporte tout mon soutien.
00:05:13 Je sais que c'est un maire convaincu,
00:05:14 courageux, qui a osé l'aménagement,
00:05:17 qui est un jeune maire,
00:05:18 et donc je tiens à lui témoigner mon soutien
00:05:20 que je lui ai déjà apporté à titre personnel,
00:05:22 et je pense qu'il est reflet
00:05:24 de ce que nous souhaitons pour la ville de demain.
00:05:26 Voilà, on donne pensée à lui,
00:05:28 et on repensera à lui cet après-midi.
00:05:30 (Applaudissements)
00:05:32 (...)
00:05:39 -Merci, Nicolas, pour ces mots
00:05:40 auxquels nous nous souscrivons tous, bien évidemment.
00:05:43 Et je reviens 30 secondes sur des mondanités,
00:05:45 puisque je souhaiterais remercier effectivement
00:05:47 les membres du Codire du réseau national des aménageurs
00:05:50 de m'avoir accueilli au sein de ce collectif,
00:05:53 collectif dont j'ai déjà pu mesurer et apprécier
00:05:57 l'engagement pour répondre aux enjeux
00:05:59 de la fabrique de la ville,
00:06:00 et ce dans le contexte, je dirais,
00:06:03 de transition augmentée que nous connaissons à l'heure actuelle.
00:06:07 J'ai pu mesurer leur volonté de le faire avant tout,
00:06:10 et c'est une préoccupation commune avec les élus aujourd'hui,
00:06:13 de le faire avant tout au bénéfice des habitants
00:06:15 et des territoires, et ça, c'est assez...
00:06:18 Il faut souvent le rappeler.
00:06:20 Et chacun participe aux travaux de manière assez sympathique
00:06:23 et conviviale, ce qui ne gâche rien.
00:06:26 C'est donc avec un réel plaisir que je m'attacherai désormais
00:06:30 à incarner à tes côtés, cher Nicolas,
00:06:32 la composante publique et féminine
00:06:35 de cette présidence bicéphale du réseau.
00:06:38 Et bien évidemment, je tiens à remercier les ministres,
00:06:41 Christophe Béchu et Olivier Klein,
00:06:44 et leurs représentants, au premier rang desquels
00:06:46 Jean-Baptiste Buckley,
00:06:47 pour la confiance qu'ils me témoignent
00:06:49 en me demandant de succéder à Haute-Debroye,
00:06:52 mon amie, dont je tiens à saluer l'action,
00:06:54 parce qu'effectivement, elle a occupé cette fonction
00:06:56 avec conviction, avec la ténacité
00:07:00 et avec l'enthousiasme qu'on lui connaît.
00:07:04 La tâche ne va pas être simple.
00:07:06 Effectivement, nous avons aujourd'hui la satisfaction
00:07:10 de pouvoir prolonger et amplifier les travaux
00:07:12 qui ont été rappelés par Nicolas
00:07:14 au sein de Saint-Estence
00:07:17 sur les leviers et la nécessité d'agir ensemble
00:07:20 par l'aménagement urbain.
00:07:23 Tout l'enjeu est d'arriver à se préparer collectivement
00:07:26 à l'avenir, à faire évoluer nos pratiques.
00:07:30 Et pour cela, on a besoin d'entendre les attentes
00:07:32 et les besoins des collectivités pour mieux y répondre.
00:07:35 Et tu l'as rappelé, les enjeux sont multiples, Nicolas.
00:07:38 Nous sommes donc très heureux d'accueillir aujourd'hui
00:07:41 en nombre plus important que d'ordinaire
00:07:44 des élus et des représentants
00:07:45 et des dirigeants de collectivités,
00:07:48 parce que vous êtes à l'initiative
00:07:49 des projets de territoire et que sans projet de territoire,
00:07:51 il n'y a pas de projet urbain.
00:07:54 Donc sincèrement, un grand merci chacun pour votre présence,
00:07:58 que ce soit les élus, les dirigeants
00:08:00 et bien évidemment les aménageurs et les partenaires
00:08:04 qui sont toujours mobilisés à nos côtés.
00:08:08 Nous avons aussi eu le plaisir de construire cette journée
00:08:13 grâce à l'implication importante de plusieurs associations,
00:08:17 aux premières en desquelles l'Association des maires de France,
00:08:21 Intercommunalité de France, France urbaine,
00:08:24 l'Association des petites villes de France,
00:08:26 et nous vous en remercions grandement.
00:08:28 Et innovation aussi pour cette plénière
00:08:30 un petit peu particulière pour nous.
00:08:32 Nous l'avons conçue en pleine collaboration
00:08:35 avec le Club Ville et Aménagement
00:08:37 et avec la Banque des territoires.
00:08:39 Nous les en remercions fortement
00:08:40 et j'invite d'ailleurs Éric Bazard
00:08:43 à venir prendre...
00:08:45 Président du Club Ville et Aménagement.
00:08:47 Mesdames et messieurs les élus,
00:08:52 chers membres du Réseau national des aménageurs
00:08:54 et du Club Ville et Aménagement,
00:08:56 chères toutes et tous,
00:08:57 chère Sarah, cher Nicolas,
00:08:59 merci pour votre invitation et cette présentation
00:09:02 dont je partage chaque mot.
00:09:04 Peut-être un petit rappel.
00:09:06 A l'automne dernier, quelques semaines
00:09:07 après la 10e édition de notre colloque triannuel
00:09:10 des entretiens de l'aménagement,
00:09:11 nous décidons au Club de réinterroger
00:09:13 la relation élu-aménageur,
00:09:15 si centrale dans la fabrique urbaine,
00:09:18 et nous déterminons une date le 5 juillet
00:09:20 pour tenir au web des territoires
00:09:22 avec la complicité de la Banque des territoires
00:09:24 une rencontre inaugurale de ce que l'on espérait
00:09:26 une longue série de débats.
00:09:28 Quelques temps après, nous apprenons
00:09:30 que le Réseau national des aménageurs
00:09:31 organise le lendemain une grande journée
00:09:33 consacrée au même thème.
00:09:35 A partir de là, il était bien entendu impensable
00:09:37 de maintenir notre événement,
00:09:38 et il nous a immédiatement paru à la DHUP
00:09:43 comme à nos deux instances
00:09:44 que le chevauchement de nos initiatives respectives
00:09:46 signalait une heureuse coïncidence
00:09:48 aux enseignements précieux.
00:09:50 En premier lieu, la confirmation
00:09:53 de l'importance du sujet
00:09:55 et le caractère impératif d'une meilleure coopération
00:09:58 entre le Réseau national des aménageurs
00:09:59 et le Club ville-aménagement.
00:10:01 Je me réjouis, comme Sarah, tout à l'heure,
00:10:03 que cette première journée commune
00:10:05 s'enrichisse du concours précieux
00:10:06 de l'Association des maires de France,
00:10:08 d'Intercommunalité de France, de France urbaine,
00:10:11 de l'Association des petites villes de France,
00:10:13 de la Banque des territoires.
00:10:15 Concours qui, je l'espère, perdurera.
00:10:19 Je voudrais vous inviter à prendre connaissance
00:10:22 d'un texte fondateur pour le Club ville-aménagement.
00:10:24 Je l'ai dans la poche, là.
00:10:25 Utile, me semble-t-il, à nos débats du jour.
00:10:28 Il s'agit d'une déclaration pour l'aménagement public,
00:10:31 actualisation et refondation
00:10:33 adoptée en juin 2022,
00:10:35 à la veille de nos entretiens de Clermont-Ferrand.
00:10:37 Certains l'ont déjà baptisé "Petit livre jaune".
00:10:40 Il est disponible à l'entrée
00:10:41 et, bien entendu, en téléchargement
00:10:43 sur le site Internet du Club.
00:10:46 Alors, il ne s'agit pas d'un plaidoyer pro-domo
00:10:49 pour aménageurs inquiets de leurs conditions.
00:10:51 Je profite d'ailleurs de l'occasion
00:10:53 pour rappeler que le Club ville-aménagement
00:10:55 n'est en aucun cas un syndicat professionnel,
00:10:58 un ordre ou une corporation.
00:10:59 C'est juste un club de réflexion permanent
00:11:02 créé il y a 30 ans entre le ministère
00:11:03 et les grands aménageurs nationaux
00:11:07 et propice au déploiement du temps long de la pensée
00:11:10 à destination des acteurs de la fabrique urbaine.
00:11:13 Notre déclaration est un plaidoyer
00:11:16 pour l'aménagement public,
00:11:17 qu'il soit exercé en régie par une collectivité,
00:11:20 un aménageur public ou un opérateur privé.
00:11:24 D'avantage que la personnalité juridique de l'aménageur,
00:11:26 c'est son engagement à travers un contrat public
00:11:28 et une gouvernance publique ad hoc
00:11:30 qui détermine la finalité de nos actions.
00:11:32 L'aménagement de la ville est une affaire de connivence
00:11:36 et relève intrinsèquement d'un partage des rôles
00:11:39 entre opérateurs publics et opérateurs privés,
00:11:41 comme on est tous dans cette salle.
00:11:42 Néanmoins, il nous semble au Club
00:11:44 qu'une des conditions essentielles,
00:11:47 c'est l'organisation de la maîtrise d'ouvrages urbains,
00:11:51 en somme, de l'acte politique et de sa conduite.
00:11:54 Elle s'illustre et s'organise bien,
00:11:57 d'entendu très différemment selon les territoires,
00:11:59 mais il est indiscutable que celle
00:12:00 à maître d'ouvrage urbain public,
00:12:02 il y signe commande, exprime des attentes,
00:12:04 rend des comptes, au moins une fois tous les six ans,
00:12:06 et quelquefois finance l'opération.
00:12:10 Cette part-là, stratégique, politique,
00:12:12 encore une fois, est très importante.
00:12:14 Aucun aménagement réussi
00:12:16 n'est là par l'opération du Saint-Esprit.
00:12:19 Il procède d'une pensée stratégique,
00:12:22 faire la ville est un acte éminemment politique,
00:12:24 et croyez-moi, mon expérience,
00:12:25 maintenant peut-être un peu longue,
00:12:27 me le confirme chaque jour.
00:12:30 Plus que jamais, c'est la relation primordiale
00:12:33 entre élus, citoyens et aménageurs
00:12:35 qui portent un edifice complexe du développement territorial
00:12:37 et dont il convient de prendre soin.
00:12:39 La déclaration du club est une contribution lucide
00:12:42 et parfois critique de nos réalisations,
00:12:44 nourrie d'une cinquantaine d'entretiens
00:12:46 auprès d'acteurs de la ville
00:12:47 que nous avons souhaités verser au débat.
00:12:49 Encore une fois, cet engagement de maître d'ouvrage urbain
00:12:52 à préparer la ville à sa transformation écologique
00:12:54 et sociale et à l'aménager à la bonne échelle
00:12:56 n'est pas une profession de foi
00:12:58 ou une façon pour les aménageurs de se parer de vertu,
00:13:00 bien au contraire, il s'agit d'un appel
00:13:03 à une refondation collective et à une réflexion permanente.
00:13:06 Nos pratiques et nos modes de faire
00:13:08 ont beaucoup évolué depuis 30 ans.
00:13:09 J'en discutais avec la maire de Besançon avant ça.
00:13:12 Et ils vont encore devoir évoluer, sans doute très vite,
00:13:15 dans les années qui viennent.
00:13:16 Nous devons, au quotidien,
00:13:18 remettre l'ouvrage sur le métier.
00:13:19 C'est l'esprit de ce document
00:13:21 et, d'une façon plus générale, des travaux du club.
00:13:24 Nous l'avons voulu le plus vivant possible,
00:13:25 une matière sujette à un ajustement permanent.
00:13:29 Cette journée marque dès lors,
00:13:30 pour l'ensemble des membres du club et nous tous,
00:13:32 chahuter par des mutations climatiques,
00:13:34 démocratiques et sociales profondes,
00:13:36 une occasion exceptionnelle de consolider le dialogue
00:13:38 avec vous, élus et collectivités,
00:13:41 et d'examiner ensemble les conditions d'actualisation
00:13:44 et de pérennisation du modèle français de l'aménagement,
00:13:46 qui, vous le savez tous, est unique.
00:13:48 Donc merci à tous et très bonne journée d'échange.
00:13:51 Voilà.
00:13:52 (Applaudissements)
00:13:54 (...)
00:13:59 Alors, avant d'entendre, monsieur le ministre,
00:14:01 Christophe Béchu, qui, malheureusement,
00:14:03 n'a pas pu se joindre physiquement à nous,
00:14:05 mais qui a vraiment tenu à s'exprimer,
00:14:07 au moins par le biais d'une vidéo,
00:14:09 nous souhaitons le remercier, ainsi qu'Olivier Klein,
00:14:12 pour le soutien témoigné au RNA
00:14:14 et l'intérêt pour les travaux que l'on porte.
00:14:17 En effet, le RNA est une instance de travail
00:14:19 qui concrétise une forme de collaboration innovante
00:14:22 et qui réunit une diversité d'acteurs
00:14:25 qui en fait la richesse.
00:14:26 Alors, et puis on va finir avec les remerciements,
00:14:30 puis après, je vous promets qu'on n'en fera plus
00:14:32 d'ici la fin de la journée.
00:14:33 Donc, je salue publiquement les membres du comité directeur
00:14:38 qui pilote ce réseau et qui l'anime,
00:14:41 et notamment nos six chefs de file,
00:14:44 publics et privés, hommes et femmes,
00:14:46 publicité complète.
00:14:49 Donc, je vais citer Anne Blondo, Benoît Gérardin,
00:14:51 Sophie Plavinsky, Emmanuel Weibel, Anne Fresse
00:14:53 et Olivier Toubianna,
00:14:55 ainsi que tous les autres membres du Caudire.
00:14:57 Votre investissement et atout, c'est fondamental.
00:15:00 Sans vous, tous les deux, on ne serait rien.
00:15:02 C'est clair.
00:15:03 Et donc, c'est ça qui entraîne la dynamique
00:15:06 et la qualité de notre réseau.
00:15:07 Donc, merci également, bien entendu,
00:15:08 à la sous-direction de l'aménagement durable,
00:15:10 la DHAUP,
00:15:12 Jean-Baptiste Butelaine, Jean-Marie Kemmener,
00:15:14 Émilie Touchard, qui se cache toujours en régie,
00:15:16 mais grâce à elle aussi, on ne ferait rien.
00:15:18 Et l'accompagnement du CRMA,
00:15:22 qui pilote techniquement le fonctionnement du réseau
00:15:25 avec l'appui de l'Asset,
00:15:26 l'adéquation et l'état d'esprit.
00:15:28 Et bien entendu, le soutien financier du ministère,
00:15:31 qui nous permet d'organiser ces journées
00:15:34 et ouvrir ces journées à un public diversifié.
00:15:37 Voilà. On en a terminé pour les remerciements.
00:15:39 Et nous vous invitons à écouter
00:15:42 les paroles de monsieur Christophe Béchut.
00:15:45 (...)
00:15:52 -Cher co-président du réseau national des aménageurs,
00:15:56 mesdames et messieurs les élus,
00:15:59 mesdames et messieurs,
00:16:02 je ne peux malheureusement pas être à vos côtés
00:16:03 pour ouvrir cette journée d'échange,
00:16:06 dont l'objectif, je le sais, est de rapprocher les élus
00:16:09 et les professionnels de l'aménagement
00:16:11 au service des villes et des territoires durables.
00:16:15 C'est la raison pour laquelle je tenais
00:16:16 à vous adresser ce message vidéo.
00:16:19 Vous le savez mieux que quiconque,
00:16:21 les défis sont immenses pour atteindre nos objectifs
00:16:24 de transition écologique, mais pour atteindre aussi
00:16:27 nos objectifs d'amélioration du cadre de vie,
00:16:29 de production, de logement, d'accueil,
00:16:31 d'activité productive.
00:16:33 Je suis élu local avant d'être ministre,
00:16:36 et je sais combien il est difficile de faire émerger
00:16:39 et de réaliser des projets urbains
00:16:41 face aux injonctions parfois contradictoires,
00:16:43 aux contestations ou à la complexité des procédures.
00:16:47 Pourtant, le risque serait tout aussi fort
00:16:49 de renoncer à l'exercice des compétences
00:16:50 d'urbanisme et d'aménagement.
00:16:52 Et l'objectif de cette journée, c'est justement
00:16:55 de regarder comment oser convaincre
00:16:58 les maîtresses d'ouvrages publics.
00:17:00 Dans un contexte, c'est celui de la planification territoriale,
00:17:05 avec des documents d'urbanisme qui reflètent normalement
00:17:08 les stratégies de territoire,
00:17:11 entre les défis de sobriété, de lutte contre l'étalement urbain,
00:17:15 de décarbonation, vos opérations d'aménagement
00:17:19 constituent des projets qui sont à la croisée des chemins.
00:17:24 D'abord, les opérations d'aménagement
00:17:28 sont la meilleure réponse que l'on puisse proposer
00:17:30 pour appliquer une politique de sobriété foncière
00:17:32 dont le pays a besoin.
00:17:35 Au moment où nous finalisons le travail
00:17:38 sur une proposition de loi pour rendre Lausanne
00:17:40 plus applicable dans les territoires,
00:17:42 il me semble particulièrement important que vous,
00:17:45 professionnels de l'aménagement, vous puissiez montrer
00:17:48 l'exemple de la fabrication de villes plus sobres en espace,
00:17:52 mais tout aussi agréables à vivre.
00:17:54 Ensuite, les villes dans lesquelles nous vivons,
00:17:57 elles sont directement, elles le seront de plus en plus,
00:18:00 impactées par le règlement climatique,
00:18:02 avec des températures de plus en plus chaudes.
00:18:05 Nous savons l'importance de la place de la nature en ville,
00:18:07 de la renaturation, des îlots de fraîcheur.
00:18:10 Et plus largement, du changement de la morphologie de nos villes,
00:18:13 qui sont trop souvent minérales.
00:18:17 Pour tout cela, les élus ont tout intérêt à recourir
00:18:19 à des professionnels de l'aménagement
00:18:21 pour à la fois optimiser les programmations urbaines,
00:18:24 dépasser les complexités administratives, techniques,
00:18:26 voire partager les risques financiers de projets d'envergure.
00:18:31 C'est vous dire si je suis sensible
00:18:33 à l'initiative du réseau national des aménageurs
00:18:36 qui vise à mettre au diapason les attentes des élus
00:18:40 et les savoir-faire des professionnels de l'aménagement public ou privé.
00:18:45 L'organisation de cette journée est d'ailleurs le fruit d'un partenariat
00:18:48 entre le réseau national des aménageurs,
00:18:53 organisé par le ministère, le club Ville et Aménagement,
00:18:56 l'association des maires de France,
00:18:58 l'association des petites villes de France,
00:18:59 France Urbaine, Intercommunalité de France
00:19:01 et la Banque des Territoires.
00:19:03 Depuis sa création, à l'initiative du ministère en 2015,
00:19:06 le RNA constitue pour l'État, pour les collectivités,
00:19:09 pour les professionnels, le lieu de partage des bonnes pratiques,
00:19:12 de réflexion sur les enjeux de l'aménagement opérationnel.
00:19:17 Amplifier ses travaux, les mettre plus directement au service des élus,
00:19:20 répondre aux enjeux de sobriété dans la consommation des ressources,
00:19:25 penser la résilience, l'inclusion sociale, le dynamisme économique.
00:19:30 Voilà toutes ces raisons qui justifient à la fois le RNA et son évolution.
00:19:35 Avec la nomination de Sarah Bélier,
00:19:39 en fonction de coprésidente du RNA, que je tiens à saluer,
00:19:43 c'est aussi une nouvelle page qui s'ouvre,
00:19:45 et j'ai souhaité avec Olivier Klein
00:19:47 que nous puissions renforcer le lien entre l'activité du RNA
00:19:50 et les entreprises publiques locales
00:19:51 qui ont un rôle majeur en matière de conseil auprès des élus.
00:19:54 C'est pourquoi nous avons créé un poste de secrétaire général du RNA
00:19:58 qui sera confié à un directeur ou à une directrice
00:20:01 d'une entreprise d'aménagement.
00:20:03 Mesdames et messieurs,
00:20:05 merci d'avoir accepté de vous mobiliser aujourd'hui
00:20:07 pour témoigner, pour débattre de l'importance d'oser l'aménagement.
00:20:12 Votre expérience au service de nos concitoyens,
00:20:15 de nos territoires, est très précieuse.
00:20:18 Elle profitera l'ensemble de la filière,
00:20:21 et pour toutes ces raisons,
00:20:23 je vous souhaite de bons et de fructueux échanges.
00:20:27 Merci.
00:20:28 Je laisse la parole à Jean-Baptiste Butelaine.
00:20:40 Bonjour à tous.
00:20:47 Messieurs et mesdames les élus,
00:20:49 cher Sarah, cher Nicolas, cher Eric.
00:20:52 Quelques mots à la suite des propos de M. le ministre
00:20:55 pour bien indiquer, évidemment, que je suis très heureux
00:20:58 de l'organisation de cette journée
00:21:00 dont nous avions rêvé, n'est-ce pas, Nicolas,
00:21:02 et qui s'est enfin concrétisé,
00:21:04 concrétisé comme un partenariat inédit
00:21:07 entre le Réseau national des aménageurs
00:21:09 et le club de l'aménagement,
00:21:11 et un partenariat aussi avec les associations de collectivité
00:21:14 et la Banque des territoires
00:21:15 avec lesquelles nous travaillons au quotidien.
00:21:18 Et surtout, une journée qui est avec et pour les élus,
00:21:22 que je salue, tout particulièrement
00:21:24 en cette période singulière,
00:21:26 cette période mouvementée,
00:21:28 cette période de contestation.
00:21:29 Évidemment, je me joins au coprésident
00:21:31 pour témoigner tout mon soutien
00:21:33 au maire de l'Aïlée-Rose, qui devait nous rejoindre,
00:21:36 et qui, au regard des événements, on le comprend,
00:21:38 est occupé ailleurs.
00:21:39 Des élus donc qui sont les élus de la République,
00:21:42 des élus qui osent au quotidien,
00:21:45 au bénéfice des territoires et des habitants,
00:21:46 comme tu le disais, Sarah,
00:21:48 et qui osent notamment dans l'exercice
00:21:50 de leurs compétences d'urbanisme
00:21:52 et de leurs compétences d'aménagement,
00:21:53 ce qui nous réunit aujourd'hui.
00:21:55 Le ministre l'a exprimé bien mieux que je ne le ferai,
00:21:57 mais les défis sont immenses.
00:21:59 En ce moment même, aujourd'hui,
00:22:01 sont votées les lois zéro artificialisation nette,
00:22:04 les lois industrie verte,
00:22:06 et le président de la République a annoncé,
00:22:08 il y a quelques heures,
00:22:09 un projet de loi reconstruction,
00:22:11 qui, évidemment, appellera l'exercice,
00:22:14 encore une fois, de la compétence
00:22:16 d'urbanisme et d'aménagement.
00:22:17 Donc, face à ces défis,
00:22:18 nous sommes tous convaincus
00:22:21 qu'au-delà de la planification,
00:22:23 les opérations d'aménagement sont un outil
00:22:25 qui permettent de répondre à l'ambition
00:22:27 de transformation des territoires.
00:22:30 Je terminerai mes propos en saluant, bien sûr,
00:22:32 Sarah Bélier, directrice générale de Nice ECO Valley,
00:22:36 qui est une grande professionnelle et une amie,
00:22:40 et qui saura, avec Nicolas Gravitte,
00:22:42 prendre le flambeau d'Aude Debreuil,
00:22:44 qui a pris d'autres fonctions,
00:22:47 et me réjouit également de la confirmation
00:22:49 de la place des établissements publics locaux
00:22:51 au sein du Codire du RNA.
00:22:53 Ils y étaient déjà présents et très actifs,
00:22:56 mais ils sont légitimés encore davantage
00:22:59 dans leur rôle en ayant accepté la place
00:23:03 de ce critériat général de cette instance.
00:23:05 Donc, RNA, CVA,
00:23:08 sont des instances de réflexion essentielle
00:23:11 pour les professionnels, pour les élus,
00:23:13 mais aussi pour l'Etat.
00:23:15 Nous avons besoin, effectivement, de vous,
00:23:17 de ces énergies pour nous accompagner
00:23:19 dans l'élaboration des politiques publiques,
00:23:21 qui sont inspirées par cette collégialité,
00:23:24 par des expériences de terrain
00:23:25 et par les engagements des femmes et des hommes que vous êtes,
00:23:28 et je vous en remercie.
00:23:30 (Applaudissements)
00:23:32 (...)
00:23:37 -Allez, si tu veux.
00:23:39 Donc, ce que j'ai retenu de mes précédentes participations au RNA,
00:23:42 c'est qu'on est les gardiens du temps,
00:23:44 mais on est toujours en retard.
00:23:45 Donc, sans plus tarder, j'appelle à nous rejoindre sur scène
00:23:48 pour la première séquence,
00:23:50 qui est du projet politique au projet urbain.
00:23:52 Donc, Olivier Carreau, qui va animer cette table ronde,
00:23:56 madame Anne Vignot, maire de Besançon,
00:23:58 présidente de Grand Besançon Métropole,
00:24:01 Grégory Bernard, qui est adjoint au maire de Clermont-Ferrand,
00:24:03 en charge de l'urbanisme et de l'aménagement,
00:24:06 Jacques Breillat, qui est maire de Castillon-la-Bataille
00:24:09 et président de la communauté de communes de Castillon-Plujol,
00:24:13 et Jean-Baptiste Marie, directeur général du GIP Europe,
00:24:17 pour les projets architecturaux et urbains.
00:24:19 Bonjour à tous.
00:24:31 Donc, Sarah l'a rappelé,
00:24:32 il faut qu'on soit très attentifs au chronomètre.
00:24:35 Donc, je vais commencer par vous saluer,
00:24:39 accueillir mes invités.
00:24:41 Je suis ravi d'animer cette table ronde.
00:24:43 C'est quelque chose qui nous anime tous
00:24:46 au sein de la communauté des aménageurs,
00:24:48 la question du passage du projet politique à sa mise en oeuvre.
00:24:51 Et chacun, avec vos expériences,
00:24:54 vous incarnez un peu cette problématique-là.
00:24:56 C'est ce dont on va essayer de parler pendant une heure.
00:24:59 On va essayer d'observer, dans des contextes très différents,
00:25:02 parce que vos territoires sont très différents,
00:25:05 comment, pourquoi des élus se sont lancés
00:25:07 dans des opérations d'aménagement,
00:25:10 quelle capacité ça a eu à construire des logiques intégrées,
00:25:13 en quoi ces projets répondent à des problématiques
00:25:16 qui, peut-être, ne trouveraient pas de réponse
00:25:19 dans une logique plus diffuse de construction de la ville.
00:25:22 Alors, je vais commencer par vous, Mme Vignault.
00:25:25 Vous êtes maire de Besançon.
00:25:27 On vient de vous présenter.
00:25:28 Vous êtes présidente du Grand Besançon également.
00:25:30 C'est un territoire emblématique
00:25:33 de la manière de refonder l'aménagement
00:25:36 ces dernières années.
00:25:37 On en parle souvent, à la fois au RNA,
00:25:39 au Club Ville Aménagement, etc.
00:25:41 Et dans la préparation de cette table ronde,
00:25:44 on vous a proposé de nous raconter de manière succincte
00:25:47 à la fois les éléments de contexte, peut-être,
00:25:49 qui vous ont conduit à mobiliser fortement
00:25:51 les outils opérationnels de l'aménagement,
00:25:53 et puis, surtout, cette question de la mise en oeuvre
00:25:57 de la stratégie territoriale
00:25:59 à travers cette mobilisation des outils de l'aménagement.
00:26:03 Donc, peut-être, je vais arrêter de parler
00:26:05 et vous laisser nous raconter, comme ça, un peu
00:26:08 d'où vous venez et comment vous faites de l'aménagement.
00:26:12 -Alors, déjà, bonjour.
00:26:15 Bonjour et merci de m'avoir invité.
00:26:18 C'est effectivement un territoire
00:26:20 qui contient à peu près 200 000 habitants,
00:26:26 pour ceux qui ne le connaissent pas,
00:26:29 donc, dans l'Est de la France et au pied du massif du Jura,
00:26:34 et qui a comme caractéristique
00:26:37 d'avoir une structuration urbaine assez particulière,
00:26:41 parce que la ville de Besançon, c'est à peu près 119 000 habitants.
00:26:45 Il y a, sur cette agglomération, 68 communes,
00:26:50 et la commune suivante, c'est 5 000 habitants.
00:26:53 Donc, on voit qu'on passe assez rapidement
00:26:56 d'une structuration urbaine à une structuration rurale,
00:27:00 ou en tout cas néorurale,
00:27:02 et qui, du coup, implique une organisation
00:27:05 en aménagement du territoire assez spécifique.
00:27:08 Ça, c'est la première chose. La deuxième chose,
00:27:10 c'est un territoire qui est au cœur d'un territoire d'industrie
00:27:14 et qui est aujourd'hui dans son renouvellement
00:27:18 en matière de forme industrielle,
00:27:22 et donc, demande finalement
00:27:25 à ce qu'on soit en capacité d'accueillir une industrialisation.
00:27:31 Et pour ça, c'est quelque chose à inventer,
00:27:34 puisque nous n'avons pas vraiment de friche industrielle,
00:27:38 le friche en général,
00:27:40 et nous avons un territoire, un terrain assez compliqué à occuper.
00:27:45 Le troisième élément, c'est que nous avons effectivement,
00:27:49 pour autant, un certain nombre de renouvellements urbains,
00:27:54 mais qui s'insèrent dans quelque chose de singulier,
00:27:56 puisque la ville de Besançon a à peu près 230 hectares de PSMV,
00:28:01 donc parce que nous sommes effectivement
00:28:04 la deuxième ville en France à avoir un PSMV aussi important,
00:28:08 ce qui impose aussi que l'aménagement du territoire
00:28:11 puisse intégrer la dimension patrimoniale.
00:28:15 Et l'autre élément important
00:28:17 qui correspond aux interrogations du moment,
00:28:20 c'est que nous avons un rapport avec la nature
00:28:23 qu'il est nécessaire de continuer à améliorer,
00:28:25 et pour autant, qui est très fort,
00:28:27 puisque nous sommes avec une géographie,
00:28:31 une morphologie qui est très intégrée de collines, de rivières,
00:28:37 et un ensemble de milieux naturels,
00:28:39 un tiers du territoire est couvert par la forêt.
00:28:43 Donc tout ça mène à ce qu'on soit en capacité
00:28:47 d'organiser des aménagements
00:28:49 qui puissent répondre aux enjeux du moment.
00:28:52 Tout le monde l'a dit, aujourd'hui,
00:28:54 nous sommes dans un temps de convergence,
00:28:57 celui de considérer qu'on ne peut plus envisager
00:29:01 un aménagement du territoire sans intégrer des nouveaux paramètres.
00:29:04 Alors soit on peut considérer que ça complexifie
00:29:07 la prise de décision,
00:29:09 ça complexifie les formes d'aménagement,
00:29:11 ça aussi impose d'autres compétences
00:29:14 qui n'avaient pas forcément été développées
00:29:17 et qu'il est nécessaire aujourd'hui d'envisager.
00:29:19 Je dis toujours aux personnes avec qui je travaille,
00:29:21 aujourd'hui, la biodiversité et le climat
00:29:24 sont des paramètres aussi importants que tous les autres
00:29:27 qui vous avaient amené à prendre des décisions
00:29:29 pour organiser tel type d'aménagement.
00:29:33 Donc nous sommes dans ce moment-là clé
00:29:36 et vous voyez sur ce territoire
00:29:39 que nous avons des petites tâches jaunes
00:29:42 qui montrent les impacts
00:29:44 sur lesquels nous devons aujourd'hui intervenir.
00:29:47 Donc vous voyez qu'il y a à peu près
00:29:48 une projection de 3 000 logements sur ce territoire
00:29:53 et qui doit nous permettre d'apporter
00:29:56 non seulement un renouvellement,
00:29:59 parce que là, on est sur de la construction,
00:30:02 non seulement de la renouvellement de logements,
00:30:05 mais aussi le fait d'être...
00:30:09 Vous voyez une répartition dans la ville,
00:30:11 c'est-à-dire une diversité d'ambiances et de conditions,
00:30:15 et aussi avec la volonté d'être...
00:30:19 à expérimenter des formes urbaines différentes
00:30:23 et ambitieuses.
00:30:24 Ambitieuses parce qu'encore une fois,
00:30:27 intégrer l'ensemble des paramètres actuels,
00:30:29 c'est extrêmement complexe.
00:30:31 Et dans un contexte comme on a aujourd'hui,
00:30:34 celui d'un contexte de tension,
00:30:36 donc on a une tension en matière de logement,
00:30:38 de tension au niveau des prix,
00:30:40 parce que ce qu'il faut aussi savoir,
00:30:42 c'est que Besançon est proche de la frontière suisse
00:30:45 et donc est en train, aujourd'hui,
00:30:47 de subir des transformations profondes
00:30:50 du fait de l'écart économique
00:30:52 qu'il y a entre la Suisse et la France,
00:30:54 et en particulier une forme d'aspiration, finalement,
00:31:00 d'effet aspirateur de la Suisse en termes de recrutement.
00:31:04 Et donc c'est le moment aussi pour la ville de Besançon,
00:31:06 le territoire et le territoire d'industrie
00:31:08 au coeur duquel elle est,
00:31:10 d'être particulièrement attractive
00:31:12 et donc le cadre de vie,
00:31:15 tant pour les entreprises que pour les habitants,
00:31:18 est essentiel si on veut résister à cet effet aspirateur
00:31:22 que nous avons depuis notre voisin.
00:31:25 Donc là, c'est le contexte.
00:31:27 Nous avons beaucoup d'enjeux à Besançon.
00:31:30 Je voudrais revenir sur quelque chose
00:31:32 que vous avez évoqué au tout début de votre présentation
00:31:35 et que je trouve très intéressant
00:31:37 et sur lequel vous avez pris un peu d'avance.
00:31:40 On le voit avec la mise en place de ZAN,
00:31:42 qui était rappelée dans les discours d'introduction,
00:31:44 les enjeux de logement, de mobilité.
00:31:46 Le ministre a cité la question des activités productives.
00:31:50 Il y a des enjeux d'articulation des échelles,
00:31:53 de construction d'une stratégie territoriale commune.
00:31:56 Vous l'avez rempli. Le poids de la ville-centre,
00:31:58 le morcellement particulier du territoire,
00:32:01 le grand nombre de communes
00:32:03 avec lesquelles vous devez construire cette stratégie commune,
00:32:06 ça vous a amené à penser vos outils d'aménagement
00:32:10 d'une manière assez singulière.
00:32:13 Je crois qu'il y a Angers qui intervient juste après
00:32:15 et qui parlera du modèle d'Alter,
00:32:17 qui a une échelle d'intervention qui est assez vaste.
00:32:20 Et vous avez adopté une stratégie qui est un peu différente,
00:32:24 où vous avez, au lieu d'un grand outil très intégrateur,
00:32:27 vous avez choisi de diversifier vos outils
00:32:30 et de les synchroniser, de les coordonner.
00:32:32 Je vais peut-être vous laisser nous expliquer ça un peu mieux.
00:32:35 Donc à la fois, vous couvrez un nombre de champs thématiques
00:32:38 qui est très important,
00:32:40 mais vous couvrez aussi la grande diversité des territoires
00:32:44 qui ont à voir avec la ville de Besançon
00:32:46 et qui ont à se coordonner dans cette stratégie territoriale.
00:32:49 Et peut-être la question qui m'intéressait, c'est
00:32:51 comment a émergé cette stratégie d'outils
00:32:55 et comment vous avez pensé cette gouvernance
00:32:58 qui est assez particulière, si vous pouvez nous en dire quelques mots.
00:33:01 Écoutez, je vais pouvoir vous parler de la mienne d'expérience,
00:33:06 parce que c'est une histoire beaucoup plus longue
00:33:08 que celle que je vis aujourd'hui.
00:33:12 C'est une histoire qui est venue, effectivement,
00:33:15 de la volonté d'avoir un outil d'aménagement.
00:33:20 Dans un premier temps,
00:33:22 et donc de commercialisation, de valorisation,
00:33:25 qui était important, qui était donc la CED à l'époque,
00:33:29 qui était un outil d'aménageur.
00:33:31 Et puis ensuite, il y a eu la volonté de donner des moyens
00:33:37 de fédérer aussi autour d'une foncière.
00:33:43 Donc on a une foncière qui est une SEM
00:33:48 et qui, elle, permet effectivement de fédérer public et privé
00:33:54 sur cette logique de foncière
00:33:56 pour tout ce qui est activité économique.
00:33:59 On a aussi, par ailleurs, un outil qui s'appelle Territoire 25,
00:34:04 qui, elle, a par contre une SPL.
00:34:08 C'est-à-dire que nous avons développé
00:34:11 trois types de structures qui répondent à des enjeux différents
00:34:16 et qui permettent de mener des actions
00:34:18 dans des dynamiques qui sont différentes.
00:34:20 Certaines sont publiques-privées, d'autres sont essentiellement publiques.
00:34:24 Et ces outils-là, du coup,
00:34:26 permettent de démultiplier toutes les formes d'action
00:34:31 et de correspondre à des philosophies aussi différentes.
00:34:35 Parce que parfois, l'idée, c'est que la décision
00:34:38 soit prise qu'à travers des collectifs de collectivité.
00:34:43 Et parfois aussi, nous avons évidemment un travail à mener
00:34:47 avec le privé.
00:34:49 Et je dois quand même dire aussi qu'on a une histoire,
00:34:51 qui est celle d'une agence d'urbanisme
00:34:53 qui est extrêmement développée sur nos territoires
00:34:56 depuis très longtemps.
00:34:57 Nous avons aussi un EPF
00:34:59 qui est extrêmement développé aussi sur le territoire.
00:35:02 Et en fait, ce qui s'est passé, c'est qu'à Besançon,
00:35:05 on a été à l'initiative du portage de tous ces outils-là.
00:35:10 C'est-à-dire que dès le départ,
00:35:12 il y a eu une volonté d'un développement
00:35:14 qui était plutôt un développement économique
00:35:17 et qui proposait, du coup,
00:35:19 de penser ce développement économique,
00:35:21 sans doute aussi pour répondre
00:35:24 à des problématiques assez spécifiques de ce territoire.
00:35:26 Parce que, je le dis encore,
00:35:28 il est très contraint, ce territoire.
00:35:31 Et finalement, il ne donne pas autant de potentialité
00:35:34 que ce qu'on pourrait imaginer
00:35:35 en termes de développement et de consommation.
00:35:38 Et on peut être très fiers parce que, finalement,
00:35:40 c'est un territoire qui n'a pas tant consommé.
00:35:42 Aujourd'hui, il est d'actualité.
00:35:45 Mais en même temps,
00:35:46 quand il faut accueillir des entreprises,
00:35:49 et on a un phénomène de concentration,
00:35:51 on a des entreprises qui étaient dans les villes
00:35:53 et villages alentours
00:35:55 qui voudraient venir s'installer sur notre territoire
00:35:59 parce que les salariés considèrent
00:36:01 qu'ils veulent avoir aussi accès aux fonctions urbaines.
00:36:06 Et donc, comment on peut répondre à ce genre de questions ?
00:36:09 On a besoin d'une intelligence collective
00:36:12 et tous les outils,
00:36:14 que ce soit des outils de collectivité
00:36:16 comme des outils qui amènent à un partage public-privé.
00:36:22 Rien ne se fera si on n'est pas en capacité
00:36:25 de s'unir et d'aller sur une même direction.
00:36:30 Les enjeux auxquels on est confrontés aujourd'hui
00:36:33 sont des enjeux que, si on ne les partage pas,
00:36:35 on passera à côté,
00:36:36 on commettra encore des erreurs assez graves
00:36:39 sur le maintien de nos terres agricoles,
00:36:42 de nos fonciers forestiers,
00:36:44 et en même temps, continuer à faire venir nos entreprises.
00:36:48 Parce qu'aujourd'hui, une entreprise,
00:36:50 si elle ne correspond pas à son territoire
00:36:52 et à l'image de ce territoire
00:36:54 et au sens que ça envoie,
00:36:55 elle ne s'installe pas là, elle part ailleurs,
00:36:58 et elle a un problème de recrutement.
00:37:01 Et on le sait, c'est tout ça aussi qui se joue aujourd'hui
00:37:04 derrière l'aménagement du territoire.
00:37:06 Il se joue quelque chose d'encore plus profond
00:37:08 que ça n'a pu l'être jusqu'à présent.
00:37:10 Je ne sais pas si ça répond à votre question.
00:37:12 J'ai dû multiplier les...
00:37:14 -Si, ça répond très bien.
00:37:16 Je crois qu'on entend à la fois
00:37:18 la ferme intention politique, la vision du territoire,
00:37:22 et puis en même temps, comment le projet crée l'outil,
00:37:25 déforme les outils, en génère de nouveaux
00:37:28 pour en permanence s'adapter à la stratégie.
00:37:31 On a souvent tendance à penser la stratégie
00:37:33 depuis les outils qui préexistent,
00:37:35 et là, on sent dans votre approche, dans votre récit,
00:37:39 comment c'est depuis le projet stratégique
00:37:42 qu'on vient imaginer une manière de déformer les outils publics
00:37:45 au service du projet de territoire,
00:37:47 et comment la gouvernance se suit.
00:37:51 On est passé très vite, mais j'invite tout le monde
00:37:54 à aller fouiller un peu,
00:37:55 regarder même les organigrammes qui sont assez précis.
00:37:58 Il y a des gens, je crois que Bernard Bléton, en plus,
00:38:01 va intervenir dans la table ronde juste après.
00:38:03 Ce sera le sujet sur le passage un peu opérationnel
00:38:06 sur le plan technique, économique.
00:38:09 Mais voilà, cette question du projet qui précède l'outil,
00:38:12 ça me paraissait très intéressant.
00:38:14 Merci, Anne Vignaud.
00:38:16 On va changer de territoire,
00:38:19 descendre un peu plus au sud, au bord de la Dordogne.
00:38:22 Jacques Breillat, qui est ici,
00:38:28 vous êtes maire de Castillon-la-Bataille,
00:38:30 président de la communauté de communes.
00:38:33 Donc on vient de le dire,
00:38:34 c'est un beaucoup plus petit territoire que Besançon.
00:38:38 Mais vous aussi, vous avez fait le choix de l'aménagement
00:38:40 pour faire face aux défis auxquels vous étiez confrontés.
00:38:44 Et là aussi, on retrouve l'idée d'une vision globale,
00:38:46 d'une approche très intégrée.
00:38:48 Vous allez nous présenter à la fois la multiplicité
00:38:51 des problématiques auxquelles votre territoire
00:38:53 devait faire face, et comment vous avez essayé,
00:38:56 vous êtes en train de mettre en oeuvre
00:38:59 un projet complètement intégré
00:39:01 pour répondre par le projet urbain
00:39:03 à la diversité de ces problématiques-là.
00:39:05 Je vous propose de nous raconter ce contexte
00:39:08 et puis la stratégie opérationnelle
00:39:09 que vous avez adoptée,
00:39:10 et puis ensuite, on dialoguera un petit peu.
00:39:14 Très bien. Merci de me donner la parole.
00:39:16 Alors évidemment, ce n'est pas un territoire
00:39:18 aussi grand que Besançon,
00:39:20 mais je pense que dans la méthode
00:39:24 et toute comparaison raisonnable gardée,
00:39:27 on pourra établir un certain nombre de liens.
00:39:29 La situation initiale de mon territoire,
00:39:32 c'est l'histoire d'un territoire en déprise,
00:39:34 comme il existe beaucoup de petits pôles
00:39:36 de centralité rurale en France
00:39:38 qui ont vécu ces phénomènes,
00:39:40 avec de la vacance commerciale,
00:39:43 de la vacance de logement,
00:39:45 et puis une particularité aussi,
00:39:48 des indicateurs sociaux plutôt dégradés.
00:39:51 Un taux de chômage de 27 %,
00:39:53 qui monte à 41 % chez les jeunes de 18 à 25 ans,
00:39:57 donc une caractérisation avec des indicateurs
00:40:01 très forts taux de familles monoparentales.
00:40:04 18 % de travailleurs étrangers saisonniers
00:40:09 qui viennent pour, évidemment,
00:40:12 dans les vignes du Saint-Émilionnet,
00:40:13 pouvoir remplir un certain nombre de travaux agricoles.
00:40:17 Et puis c'était aussi en 2014,
00:40:19 quand nous avons lancé ces travaux
00:40:23 avec l'équipe municipale,
00:40:24 c'est aussi une maille totalement oubliée
00:40:28 des politiques publiques, il faut le rappeler.
00:40:30 Aujourd'hui, on a Petite ville de demain,
00:40:32 on a vu se mettre en place
00:40:34 sur ces petits pôles de centralité
00:40:35 un certain nombre de politiques publiques
00:40:37 qui prennent en compte nos réalités.
00:40:40 Mais à l'époque, on était toujours renvoyés
00:40:42 au seuil démographique.
00:40:44 Alors c'était terrible,
00:40:45 parce qu'en dessous de 10 000 habitants,
00:40:46 globalement, il n'y avait aucune place pour nous,
00:40:50 aucun guichet ouvert,
00:40:51 et donc il y avait même une forme de sentiment de relégation,
00:40:55 parce que d'un côté, il y avait une forme de pauvreté
00:40:58 ou de difficultés sociales urbaines
00:41:00 prises en compte par les pouvoirs publics,
00:41:01 et puis en dessous de 10 000 habitants,
00:41:02 on avait l'impression qu'on était un peu oubliés,
00:41:05 ce qui, depuis, je le dis, a été pris en compte.
00:41:08 Et la démarche de départ,
00:41:11 puisque ce projet est vraiment
00:41:13 partie d'une volonté de l'équipe municipale,
00:41:15 la nouvelle équipe municipale,
00:41:17 était de se dire que pour s'atteler
00:41:19 à des difficultés telles
00:41:21 qu'étaient les difficultés que nous rencontrions,
00:41:24 nous n'avions pas, je crois que c'était
00:41:26 la première prise de conscience,
00:41:27 nous n'avions pas les moyens d'agir seuls,
00:41:30 et qu'il était nécessaire de mobiliser
00:41:33 un large partenariat,
00:41:35 alors non seulement les institutions
00:41:38 qui nous entourent en termes...
00:41:40 Aussi bien la communauté de communes
00:41:42 que le département, la région,
00:41:44 mais que cette mobilisation des autres acteurs
00:41:48 impliquait aussi de mobiliser de l'expertise et de l'ingénierie.
00:41:52 On était dans une ville de 3 200 habitants.
00:41:55 Je ne sais jamais, d'ailleurs,
00:41:56 si je suis maire d'une ville ou d'un gros village,
00:42:00 parce qu'on est un peu dans cette maille intermédiaire.
00:42:03 Et il était nécessaire d'aller chercher de l'ingénierie,
00:42:05 qui se résumait en 2014
00:42:07 à une directrice générale des services,
00:42:10 le maire ayant été sollicité pour produire un peu aussi,
00:42:13 mais ce n'était pas mon métier,
00:42:15 et donc il fallait aller chercher de l'ingénierie.
00:42:17 C'est donc à partir de ces indicateurs,
00:42:21 du constat qui était fait,
00:42:23 de la nécessité de mobiliser largement,
00:42:27 qu'on s'est lancé dans un diagnostic préopérationnel
00:42:30 de revitalisation.
00:42:32 A l'aveugle, je le dis, puisqu'il n'y avait aucune forme...
00:42:35 Au départ, on avait évidemment une intention qui était forte,
00:42:38 mais on n'avait pas de vision très opérationnelle de tout ça,
00:42:42 il faut dire les choses.
00:42:43 Et c'est en faisant et en construisant ce diagnostic
00:42:48 qu'on a progressivement pu avancer sur ces questions.
00:42:52 Deuxième élément très fort de contextualisation,
00:42:56 ce qui a été partagé par l'ensemble de l'équipe municipale,
00:42:58 c'est que nous n'avions pas le luxe
00:43:01 de tirer des politiques publiques sectorielles locales
00:43:04 les unes après les autres.
00:43:07 Et qu'il était nécessaire,
00:43:08 je crois que ça caractérise sans doute
00:43:10 ces démarches d'aménageurs,
00:43:11 il était nécessaire de prendre en compte
00:43:13 la réalité de la situation dans toutes ses dimensions
00:43:16 et de le faire en même temps,
00:43:18 avec un déploiement certes progressif,
00:43:20 mais qui était fondé ou qui reposait
00:43:23 sur une vision globale et plutôt systémique de la réalité.
00:43:28 Et donc, de ce point de vue,
00:43:29 il y avait aussi besoin d'avoir de l'expertise pluridisciplinaire.
00:43:33 Et c'est donc ce qu'on est allé chercher
00:43:35 au début de cette aventure.
00:43:37 Vous aviez préparé quelques slides.
00:43:43 Oui.
00:43:44 Peut-être on peut les...
00:43:46 Voilà, alors sur la caractérisation justement
00:43:48 de la globalité de la démarche,
00:43:51 tout en regardant sur son côté intégré,
00:43:53 il y avait à la fois la volonté
00:43:56 de s'intéresser aux activités de la ville
00:43:59 avec la remédiation
00:44:02 au phénomène de vacances commerciales,
00:44:05 la volonté aussi de travailler sur l'habitat,
00:44:07 puisqu'on a un très bel habitat 18e, 19e,
00:44:12 une maison en pierre de taille.
00:44:14 Donc extérieurement, c'est magnifique,
00:44:16 mais intérieurement, c'est très dégradé.
00:44:18 Donc avec des phénomènes de marchand de sommeil,
00:44:21 vous vous en doutez, comme on a beaucoup de travailleurs saisonniers,
00:44:23 on a aussi ces phénomènes auxquels il fallait s'atteler.
00:44:27 Une ville plus accueillante aussi
00:44:28 à travers le travail sur les espaces publics,
00:44:31 avec des évolutions fortes aussi,
00:44:32 là, on le voit dans la gestion de projets en quelques années.
00:44:35 Quand on a travaillé sur ces questions 2014 à 2017,
00:44:39 on n'avait pas la nécessité sans doute ou la conscience
00:44:42 de devoir prendre en compte
00:44:44 ce qu'on est obligé de réintégrer aujourd'hui,
00:44:46 c'est-à-dire le processus de trames vertes,
00:44:48 des lots de fraîcheur, de végétalisation.
00:44:50 Donc on a retravaillé ces questions.
00:44:53 Et puis aussi la question des services
00:44:56 et particulièrement de l'ancrage des services dits de centralité,
00:45:00 que ce soit les services publics, évidemment,
00:45:02 avec un espace France Service,
00:45:03 les services médicaux, les services commerciaux,
00:45:05 bref, c'était l'ensemble de ces éléments
00:45:08 qu'il fallait traiter en même temps.
00:45:10 Avec aussi une particularité,
00:45:11 c'est que 3 200 habitants sur un territoire
00:45:14 d'une communauté de communes rurales,
00:45:16 de 31 communes, 19 500 habitants,
00:45:19 vous voyez un peu l'échelle et l'ensemble des villages autour.
00:45:23 Dans la phase dans laquelle nous sommes aujourd'hui,
00:45:26 on s'aperçoit que le fait d'avoir traité
00:45:27 ces différents points de façon globale,
00:45:30 cela nous permet aussi, même modestement,
00:45:33 mais quand même significativement,
00:45:36 d'abonder et de permettre à un certain nombre de collègues
00:45:40 d'autres communes, désormais, de profiter
00:45:44 ou de bénéficier de l'expertise ou de l'ingénierie
00:45:46 qu'on a pu construire modestement sur la ville-centre.
00:45:49 - En forme d'acculturation ? - Exactement.
00:45:52 Je vois, par exemple, sur les parcours marchands,
00:45:54 on a un manageur de centre-ville,
00:45:55 il est amené régulièrement aujourd'hui
00:45:57 à se déployer dans des communes
00:45:59 pour, par exemple, travailler sur le dernier commerce
00:46:02 ou voir comment on peut faire aussi bénéficier
00:46:05 de porteurs de projets qu'on ne peut pas accueillir
00:46:06 sur la ville-centre et que, donc, on va amener
00:46:09 à s'installer dans d'autres communes
00:46:11 de l'intercommunalité.
00:46:12 On travaille sur le logement à l'habitat indigne.
00:46:15 Les procédures sont assez complexes,
00:46:16 les usages et pouvoirs de police des maires.
00:46:18 Et donc, là, toute l'ingénierie qu'on a pu construire, nous,
00:46:21 profite aujourd'hui, bénéficie à un certain nombre de collègues
00:46:24 sur d'autres communes.
00:46:25 Donc, c'est assez intéressant de voir comment,
00:46:27 partant d'une vision intégrée, mais quand même très micro-locale,
00:46:31 3 200 habitants, un petit pôle de centralité structurant,
00:46:36 on peut ensuite diffuser en porosité
00:46:39 tout cela aux autres communes.
00:46:41 Ce qui m'a intéressé dans vos propos,
00:46:44 et on le voit, je crois, présenté un ou deux slides après,
00:46:49 c'est que vous avez parlé du besoin d'ingénierie
00:46:53 et de l'absence de ressources.
00:46:55 Vous êtes à une échelle de territoire,
00:46:56 vous l'avez très bien expliqué,
00:46:58 où les services ne peuvent pas, malheureusement,
00:47:01 se mettre en mode projet en dehors du temps consacré
00:47:04 à tout ce qu'il y a à faire dans une commune.
00:47:07 Besoin d'ingénierie pour penser, mais aussi pour faire.
00:47:11 Et on voit bien que dans les territoires
00:47:14 qui, aujourd'hui, sont confrontés aux besoins d'aménagement,
00:47:20 le passage au fer et l'ingénierie du fer
00:47:23 est parfois but
00:47:26 par rapport aux conditions de mise en oeuvre d'une étude
00:47:29 qui va créer un cadre, donner une vision,
00:47:31 la traduire dans une vision intégrée, etc.
00:47:34 Alors peut-être si vous pouvez nous raconter un peu cette bascule
00:47:38 entre le moment où on pense le projet
00:47:40 et les conditions dans lesquelles on engage sa mise en oeuvre.
00:47:44 Oui, vous avez parfaitement raison.
00:47:46 Une fois que le diagnostic préopérationnel a été achevé,
00:47:50 on s'est rendu compte de la très grande complexité de tout cela.
00:47:55 Et on a vite compris qu'on ne serait pas en mesure,
00:47:57 nous-mêmes, de l'assumer.
00:47:59 Et donc, il fallait trouver un moyen d'intégrer le projet
00:48:03 sans déposséder les élus.
00:48:04 Il y avait quand même cette volonté forte aussi
00:48:06 que les élus puissent conserver la main sur ce projet
00:48:10 qui nous avait porté.
00:48:11 Et puis, il a fallu trouver une solution.
00:48:15 Alors la solution qu'on a trouvée, nous,
00:48:17 assez originale, je pense, assez inédite
00:48:20 pour une commune de 3 200 habitants,
00:48:22 c'est le traité de concession d'aménagement.
00:48:25 Et donc, ce traité de concession d'aménagement
00:48:27 nous a amené à recruter un aménageur,
00:48:30 en l'occurrence la SEMINCité,
00:48:31 qui nous avait accompagné sur le diagnostic préopérationnel,
00:48:34 en confiant à l'aménageur un certain nombre de missions.
00:48:38 Alors des missions sur la partie habitat,
00:48:41 et notamment sur la partie à la fois incitative
00:48:44 et coercitive de lutte contre l'habitat indigne,
00:48:48 ou en tout cas de modernisation de l'habitat,
00:48:52 avec un volet de recyclage foncier
00:48:54 sur lequel on est allé mobiliser
00:48:56 l'établissement public foncier de Nouvelle-Aquitaine
00:48:58 pour nous accompagner,
00:48:59 parce qu'on n'avait pas la capacité de portage de tout cela.
00:49:03 Une partie sur le foncier commercial
00:49:05 pour développer un certain nombre de cellules commerciales nouvelles,
00:49:09 mais aussi rénover des cellules existantes
00:49:12 pour moderniser le parcours marchand.
00:49:14 On avait quand même la chance,
00:49:15 dans les difficultés que nous rencontrions,
00:49:17 d'avoir conservé une armature commerciale assez importante.
00:49:20 On avait à peu près 90 commerces,
00:49:22 ce qui, à l'échelle d'une commune de 3 200 habitants,
00:49:24 est plutôt un point très positif.
00:49:28 L'aménagement des espaces publics,
00:49:30 avec la prise en compte, comme je le disais juste avant,
00:49:33 de la nécessité aussi désormais
00:49:35 d'intégrer un certain nombre d'éléments
00:49:36 de type végétalisation, îlot de fraîcheur,
00:49:38 en train de réaliser nos premiers aménagements
00:49:42 de verdure en centre-ville,
00:49:44 sachant que dans la partie de reprise de l'habitat dégradé,
00:49:47 il est aussi prévu d'effacer certains immeubles dégradés
00:49:50 pour y mettre des placettes avec de la végétalisation.
00:49:53 Et puis, les missions ensemblières de l'aménageur
00:49:58 qui nous permettent de coordonner l'ensemble,
00:50:01 de piloter le projet,
00:50:03 de mobiliser, de recruter, comme on vient de le faire
00:50:05 sur les espaces publics des assistants maîtrises d'ouvrage.
00:50:08 Et donc, on travaille sur l'ensemble de ces questions
00:50:11 en mode comité de pilotage, comité technique,
00:50:13 ce n'est pas très original,
00:50:15 mais avec cette vision ensemblière,
00:50:19 qui finalement traduit assez bien sur le plan opérationnel
00:50:21 la volonté de départ.
00:50:23 Je pense qu'au départ, on n'avait pas imaginé tout ça,
00:50:25 mais en fait, aujourd'hui, on s'aperçoit
00:50:27 que l'ensemble des éléments qu'on voulait traiter
00:50:28 sont traités par l'aménageur
00:50:32 et nous permettent aussi,
00:50:34 sur ces politiques qui sont très structurelles, finalement,
00:50:38 de nous déconnecter du site électoral,
00:50:40 ce qui était aussi un souhait fort de ma part,
00:50:43 de dire qu'il faut que le projet de ville
00:50:45 puisse perdurer sur 10 années.
00:50:49 Les élus que nous sommes,
00:50:50 on passe nécessairement aux fonctions de responsabilité,
00:50:54 mais c'est le projet de la ville.
00:50:56 D'ailleurs, les habitants ont été fortement associés,
00:50:58 puisqu'en 2019, on a eu le premier prix
00:51:00 de la participation citoyenne de Gazette des communes
00:51:03 pour la participation des habitants
00:51:06 à l'ensemble du projet de ville
00:51:08 et toute l'animation qui a été mise en place.
00:51:11 Voilà, peut-être pour conclure,
00:51:14 pour ne pas être trop long, l'émission de l'aménageur,
00:51:17 trois éléments que je voulais soulier
00:51:20 parce qu'ils me semblent caractériser
00:51:22 peut-être des facteurs clés de succès dans ces démarches,
00:51:24 en tout cas à la maille et en tenant compte
00:51:27 de la singularité du territoire qui est le nôtre.
00:51:29 J'échange beaucoup avec d'autres collègues
00:51:31 qui sont retenus en Petite ville de demain.
00:51:33 Alors, vous savez, Petite ville de demain,
00:51:34 pour nous, ça a été une formidable opportunité
00:51:36 parce que c'est tombé après le diagnostic préopérationnel,
00:51:39 quand on rentrait dans la phase opérationnelle.
00:51:41 Donc, on était très en retard, on s'est retrouvé les premiers.
00:51:45 C'est là aussi qu'il faut oser, des fois,
00:51:47 parce qu'on n'a pas nécessairement de lésibilité
00:51:49 sur les politiques publiques d'Etat.
00:51:50 Et donc, en échangeant avec les collègues
00:51:54 qui sont retenus en Petite ville de demain,
00:51:55 avec lesquels on a pas mal d'échanges
00:51:57 en Nouvelle-Aquitaine,
00:51:59 je crois que la condition de tout ça,
00:52:02 évidemment, c'est le projet politique
00:52:04 et les conditions de gouvernance qui doivent être réunies.
00:52:06 Si le territoire n'est pas parfaitement aligné,
00:52:09 notamment entre la centralité, la périphérie,
00:52:12 dans des logiques de communautés de communes
00:52:14 qui sont parfois complexes aujourd'hui
00:52:16 parce que nécessairement polycentriques,
00:52:17 quand vous faites plus de 15 000 habitants
00:52:19 sur des territoires comme les nôtres,
00:52:20 vous avez nécessairement plusieurs pôles.
00:52:22 Donc, il faut arriver à s'entendre
00:52:24 pour déterminer le fait que la ville-centre
00:52:27 doit aussi, lorsqu'elle a une condition de dégradation
00:52:30 que j'évoquais, être traitée
00:52:33 avec des outils spécifiques
00:52:35 et puis faire l'objet d'une solidarité territoriale.
00:52:37 Donc, ça, c'est la première condition.
00:52:39 Parce que si on n'est pas dans cet état d'esprit, déjà,
00:52:43 ça génère quand même un côté très anxiogène,
00:52:44 je pense, pour les financeurs,
00:52:46 que de voir que, localement,
00:52:47 c'est un peu le village d'Astérix,
00:52:50 vous voyez ce que je veux dire.
00:52:51 Deuxième élément, il faut aussi
00:52:53 que les conditions budgétaires soient réunies.
00:52:55 Je vois beaucoup de petites villes de demain retenues
00:53:00 qui, aujourd'hui, n'ont pas les capacités
00:53:01 d'autofinancement nécessaires pour pouvoir le faire.
00:53:04 Nous, on a désendetté depuis 2008 la commune.
00:53:06 On était en CAF négative.
00:53:08 On a considérablement désendetté.
00:53:10 On n'a pas recouru à l'emprunt du tout.
00:53:12 On avait dit qu'on mobilisera l'emprunt
00:53:15 sur le projet structurel.
00:53:16 Projet important. Et c'est ce qu'on a fait.
00:53:19 Du coup, on a mobilisé l'emprunt,
00:53:21 mais on reste à 3,8 années de capacité de désendettement,
00:53:24 ce qui est extrêmement correct.
00:53:26 Et donc, on a même encore un peu de réserve
00:53:30 si jamais il y avait des opportunités à saisir
00:53:32 pour ne pas se laisser complètement fermer.
00:53:34 Et puis, dernier élément, on l'a évoqué,
00:53:36 c'était celui de l'expertise.
00:53:38 Il faut arriver à mobiliser de l'expertise externe,
00:53:41 essentiellement pluridisciplinaire.
00:53:43 Et aujourd'hui, je peux vous dire,
00:53:44 quand on va en réunion avec les élus
00:53:46 et qu'on voit l'expertise de l'ensemble des personnes
00:53:49 qui nous accompagnent,
00:53:51 on se sent à la fois toujours en capacité de pilotage.
00:53:56 On n'a pas perdu la main.
00:53:57 On est extrêmement rassurés de bénéficier de cette expertise
00:54:00 parce qu'elle nous fait avancer.
00:54:02 On va reparler de ces questions de gouvernance
00:54:05 et de lien entre le politique et toute l'ingénierie
00:54:09 qui se met en place autour de ces projets.
00:54:12 On passe de la petite ville de demain
00:54:15 à la grande ville de demain.
00:54:16 Je ne sais pas si la formule est juste,
00:54:18 mais vous allez nous dire ça.
00:54:19 Grégory Bernard, vous êtes adjoint en charge de l'urbanisme
00:54:22 et de l'aménagement à la ville de Clermont-Ferrand.
00:54:25 Et par ailleurs, vous êtes conseiller métropolitain
00:54:28 en charge du PLUI, le volet réglementaire,
00:54:31 et les opérations d'aménagement
00:54:34 qui ont un caractère métropolitain, le projet.
00:54:37 Donc vous couvrez de cette manière-là
00:54:40 pas mal des sujets qui nous concernent aujourd'hui
00:54:43 sur le territoire clermontois.
00:54:46 Au moment de préparer cette table ronde,
00:54:47 on a retenu deux projets
00:54:49 qui s'inscrivent dans la stratégie urbaine clermontoise,
00:54:52 dans le projet urbain clermontois,
00:54:55 et qui relèvent d'une logique d'aménagement à chaque fois,
00:54:58 mais qui sont très différents.
00:54:59 Très différents dans les problématiques,
00:55:02 dans les objectifs auxquels ils tentent à répondre,
00:55:05 et très différents aussi dans les conditions
00:55:06 de leur mise en oeuvre.
00:55:07 Alors peut-être je vous laisse nous raconter ça,
00:55:10 et puis là encore, on trouvera un petit temps d'échange après.
00:55:14 Merci. Bonjour à toutes et à tous.
00:55:16 Et merci pour cette invitation à échanger sur ces sujets.
00:55:22 Je crois qu'on ne perd jamais notre temps
00:55:25 quand on croise justement d'autres territoires
00:55:28 et qu'on écoute les stratégies aussi de nos collègues.
00:55:32 Alors un petit mot sur la métropole clermontoise,
00:55:35 à ce point de son histoire.
00:55:38 Clairement, c'est la métropole du Massif central.
00:55:41 C'est une métropole qui est entre deux parcs naturels régionaux,
00:55:45 au pied de la chaîne des Puys.
00:55:46 Donc un territoire qui est couvert, en fait, encore...
00:55:52 Je vais le dire comme ça,
00:55:53 encore par deux tiers de forêts,
00:55:56 d'espaces naturels et de terres agricoles.
00:56:00 Même si malheureusement,
00:56:02 ce que montre le diagnostic du PLU,
00:56:03 c'est qu'on en a quand même consommé 40 hectares par an
00:56:06 dans les 10 années précédant l'adoption
00:56:08 de la loi Climat et Résilience.
00:56:09 Et vous savez, vous connaissez tous l'importance de ce chiffre
00:56:13 pour les efforts qu'on a à conduire
00:56:15 pour les années qui viennent.
00:56:18 Ce qui veut dire qu'on est à un tournant sur cette question.
00:56:20 C'est pour ça que je pense toujours bien de partir d'une carte
00:56:25 et que les efforts qui ont déjà été conduits sur le territoire
00:56:28 pour lutter contre l'étalement urbain,
00:56:31 se poser des questions de faire autrement,
00:56:33 de s'intéresser à ces tissus urbains qui existent déjà,
00:56:38 là où c'était, je dirais, des politiques très volontaristes
00:56:43 il y a 15 ans.
00:56:45 Aujourd'hui, ça devient l'évidence, je pense, pour tout le monde.
00:56:50 Et ça donne...
00:56:51 Je ne vais pas vous détailler tous les projets,
00:56:53 parce que vous voyez qu'il y en a beaucoup sur cette carte.
00:56:56 Mais ça donne lieu donc à des stratégies.
00:56:58 Et c'est là que je vais venir à...
00:57:00 Pourquoi présenter deux projets si différents ?
00:57:02 C'est qu'en fait, on a besoin de ça.
00:57:04 Il n'y a pas une seule réponse, il n'y a pas un seul modèle.
00:57:08 D'ailleurs, c'est une question de savoir,
00:57:10 est-ce qu'on a le modèle ?
00:57:12 Moi, je pense que non.
00:57:13 Je pense qu'on le cherche.
00:57:15 Je pense qu'il faut d'ailleurs assumer
00:57:18 cette posture aussi d'expérimentation
00:57:21 en matière de projet urbain.
00:57:24 Et donc, ça donne lieu à cette carte
00:57:26 où vous avez à la fois un espèce de concentré
00:57:29 sur la revitalisation des centres-bourgs
00:57:33 qui sont très importants sur notre territoire
00:57:36 et qui, pour certains, pourraient se rapprocher,
00:57:38 monsieur le maire, de vos préoccupations.
00:57:42 D'autres enjeux qui sont des enjeux de mobilité,
00:57:44 Clermont est une ville qui a une histoire complexe
00:57:47 avec l'automobile.
00:57:49 Et donc, aujourd'hui,
00:57:51 penser autrement la question de la mobilité,
00:57:54 ça n'est pas une évidence.
00:57:56 On mène un projet majeur qui est le projet Inspire,
00:58:00 mais qui, comme il touche à l'équilibre de l'espace public,
00:58:03 je pense que mes collègues élus comprendront
00:58:05 que ça génère aujourd'hui avec les travaux,
00:58:10 mais aussi demain avec la nécessité de changer
00:58:14 de mode de déplacement
00:58:15 pour un certain nombre de nos concitoyens.
00:58:17 Ça génère des débats des fois un petit peu tendus.
00:58:20 Nous avons aussi des grands projets de renouvellement urbain,
00:58:22 trois quartiers accompagnés par l'Agence nationale
00:58:25 de rénovation urbaine,
00:58:27 trois écoquartiers
00:58:29 et un ensemble de projets urbains
00:58:32 qui essaient à travers des plans guide
00:58:34 et à travers des outils d'aménagement
00:58:36 spécifiques à chaque site
00:58:40 de traiter ces questions.
00:58:43 Pourquoi ?
00:58:44 Parce que, justement, on a choisi...
00:58:46 On écrit actuellement le premier PLU de la métropole
00:58:50 et on a choisi d'anticiper la loi Climat et résilience
00:58:53 et les débats qui peuvent avoir lieu aujourd'hui,
00:58:57 je pense, vont pas infléchir fortement
00:59:01 la situation pour les métropoles.
00:59:03 Et on a quelque part une obligation de le faire
00:59:07 qui est aussi une obligation morale et politique.
00:59:10 Elle n'est pas que réglementaire.
00:59:12 C'est la question de prendre ce tournant
00:59:15 et de la sobriété foncière
00:59:20 et donc de s'attaquer à ces sujets,
00:59:21 même s'ils sont très complexes.
00:59:23 Donc un petit mot sur un sujet singulier
00:59:27 qui est un démonstrateur de la ville du RAB.
00:59:30 C'est le projet Bamba.
00:59:32 Dans l'écoquartier de la Grande-Pleine,
00:59:35 là, on a innové sur la façon de construire la ville,
00:59:41 mais là, au sens propre,
00:59:43 puisque Bamba, c'est un quartier
00:59:46 dont nous avions la maîtrise foncière au départ.
00:59:49 C'est un point qui est essentiel.
00:59:51 On est sur une friche au nord de la ville,
00:59:54 au milieu des quartiers populaires du nord Clermont-Thoy,
01:00:00 et donc dans une zone qui n'est pas en tant que telle
01:00:02 très attractive pour le résidentiel,
01:00:06 et en même temps qui est à 5 minutes à pied du tramway,
01:00:12 et donc au cœur de la métropole,
01:00:14 et qui offre donc la possibilité
01:00:17 d'imaginer que si on développe
01:00:20 la bonne offre en termes d'habitat à cet endroit-là,
01:00:23 on va pouvoir convaincre des gens
01:00:27 qui, sans ce projet-là, seraient partis plus loin,
01:00:30 ce qui est, je pense, un des grands problèmes
01:00:34 de nos modèles de développement urbain aujourd'hui.
01:00:38 C'est que les classes moyennes, notamment, quittent les villes
01:00:41 pour aller chercher des terrains moins chers
01:00:42 à 10, 20, 30, 40, 50 kilomètres,
01:00:45 voire plus loin quand il y a des autoroutes,
01:00:47 et c'est notre cas.
01:00:49 Et donc, cette problématique
01:00:52 qui entraîne quand même une dépendance au pétrole,
01:00:55 qui est à la fois un problème environnemental,
01:00:57 mais aussi un problème social.
01:00:58 D'ailleurs, c'est toute la question de la crise des Gilets jaunes,
01:01:00 par exemple, à mon sens.
01:01:02 Et donc, on a une responsabilité d'inventer
01:01:05 un mode d'habiter qui puisse correspondre
01:01:08 au désir d'habiter.
01:01:10 Donc, c'est pour ça qu'on travaille ici, sur ce quartier,
01:01:12 sur des formes relativement denses.
01:01:14 En fait, on réinvente des formes
01:01:17 qui se rapprochent des cités-jardins
01:01:18 qu'on connaît sur notre territoire,
01:01:21 puisqu'on a une grande histoire autour de ça,
01:01:24 mais sans l'uniformité, sans la maison type.
01:01:28 C'est-à-dire que ces lots, ils ont la particularité
01:01:30 d'être découpés sur mesure par la collectivité,
01:01:33 et ce sont les futurs habitants
01:01:36 qui sont les maîtres d'ouvrage de leur maison.
01:01:41 Et donc, nous vendons des lots à bâtir.
01:01:43 Il n'y a plus aucune collectivité en France
01:01:45 qui fait ça à ma connaissance,
01:01:47 en direct, avec les habitants.
01:01:49 On a peut-être pris parfois des mauvaises habitudes,
01:01:51 y compris avec nos partenaires aménageurs.
01:01:54 Il faut qu'on réapprenne, des fois, pas partout,
01:01:57 mais des fois, à faire ce petit pas de côté
01:02:01 et essayer de réinventer d'autres formes.
01:02:03 C'est un vrai laboratoire.
01:02:04 C'est pour ça qu'il est démonstrateur de la ville durable.
01:02:07 C'est le premier, d'ailleurs, à entrer en phase de réalisation,
01:02:10 puisque les premiers chantiers vont commencer en septembre.
01:02:13 On a plus d'une cinquantaine de familles
01:02:15 qui sont accompagnées dans ce cadre.
01:02:18 Ça, c'est extrêmement singulier.
01:02:20 Ça prend sa place dans un projet urbain plus classique,
01:02:22 qui est un écoquartier.
01:02:24 Et c'est une réelle expérimentation,
01:02:27 je dirais, assez disruptive.
01:02:28 J'y rajoute quand même
01:02:29 qu'à la fois, vous vendez du lot à bâtir
01:02:31 et en même temps, vous le faites avec un niveau d'ingénierie
01:02:34 et d'accompagnement
01:02:35 pour encadrer cette production en autopromotion,
01:02:40 si on peut le qualifier de cette manière-là,
01:02:42 qui est très important.
01:02:44 C'est la clé.
01:02:46 Sans accompagnement architectural,
01:02:48 je ne conseillerais pas à mes collègues de faire ça.
01:02:50 En fait, ça pourrait produire, évidemment,
01:02:53 des quartiers terriblement...
01:02:56 Enfin, qui poseraient plein de problèmes.
01:02:59 Là, on a un accompagnement très lourd
01:03:01 et on a mis les moyens là-dessus.
01:03:05 Mais ce qui est intéressant, c'est le savoir-faire.
01:03:09 C'est l'équipe de Villevivante qui nous accompagne
01:03:12 et qui est celle qui a la plus grosse expertise,
01:03:14 à ma connaissance, sur notamment des pratiques plus anciennes
01:03:17 comme le BIMBID, le jeu sur l'acronyme,
01:03:20 et donc notamment sur cette capacité d'accompagner
01:03:23 des particuliers et des acteurs
01:03:24 avec qui on ne parle pas beaucoup,
01:03:26 nos collectivités, c'est-à-dire les constructeurs
01:03:28 de maisons individuelles, par exemple,
01:03:30 ou certains maîtres d'oeuvres,
01:03:33 ou des maçons, ou des entreprises de bâtiments
01:03:36 qui n'ont pas les habitudes de travail
01:03:38 avec les collectivités.
01:03:40 Et donc, ils ont développé ce savoir-faire
01:03:43 d'accompagner des porteurs de projets
01:03:44 et d'être en interface avec la collectivité
01:03:47 pour que tout ça ait une harmonie à la fin
01:03:49 qui fasse quartier.
01:03:51 Donc, il y a plein de principes, je ne vais pas vous les détailler,
01:03:53 mais les moyens sont vraiment mis sur ça.
01:03:58 Et c'est une opération, ça, c'est un point intéressant aussi,
01:04:01 qui vise l'équilibre financier,
01:04:03 c'est-à-dire que les droits à construire
01:04:05 vont permettre de financer les coûts d'aménagement,
01:04:08 mais aussi l'ingénierie qu'on aura mis.
01:04:10 Et donc, ça, c'est un modèle qui...
01:04:12 Enfin, ça fait partie des choses qu'on veut documenter
01:04:14 dans l'expérimentation pour montrer
01:04:16 qu'on peut imaginer un peu des façons de faire différentes.
01:04:19 -Alors, autre contexte, Saint-Jean.
01:04:22 Alors, on revient à quelque chose qui sera plus classique
01:04:24 pour, je pense, celles et ceux qui sont dans la salle.
01:04:27 J'en profite pour saluer l'équipe de la SPL,
01:04:31 sans qui ce projet ne serait pas possible.
01:04:33 Donc Rachid Kander, son directeur,
01:04:35 et Marianne Olivier, qui sont dans la salle
01:04:37 et qui pilotent ce projet, j'ai envie de dire, depuis le départ.
01:04:41 On l'a imaginé ensemble.
01:04:44 Et ici, on est dans cet entre-deux-villes Clermont-Thoy.
01:04:47 C'est une des pièces urbaines, elle fait 40 hectares.
01:04:49 Le triangle que vous voyez là fait 40 hectares.
01:04:52 On estime qu'il y a un potentiel d'un peu plus de 1 000 logements
01:04:54 sur ce secteur,
01:04:56 mais aussi des gros enjeux, par exemple, d'activité économique.
01:05:00 Aujourd'hui, la question de la réindustrialisation du pays,
01:05:04 de la ville productive,
01:05:05 de la place de l'activité économique dans la ville
01:05:08 est un gros enjeu.
01:05:09 Ici, à Saint-Jean, on maintient une activité
01:05:12 qui me semble essentielle pour le XXIe siècle,
01:05:16 parce que c'est un des derniers endroits en France
01:05:21 où on fait de façon importante de la maintenance ferroviaire.
01:05:24 Et donc, on a les ateliers de construction du centre qui sont là.
01:05:27 Et donc, je crois que la maintenance
01:05:29 est un enjeu du XXIe siècle
01:05:31 et que le ferroviaire est un enjeu du XXIe siècle.
01:05:33 Et donc, quand on a la chance d'avoir
01:05:37 presque 300 emplois à terme sur un site
01:05:40 qui a des marchés comme Retapé et l'Orient Express,
01:05:45 mais aussi le RERB ou le tramway de Grenoble,
01:05:49 eh bien, c'est une grande chance.
01:05:51 Et là où on avait pu imaginer,
01:05:53 et notamment mes prédécesseurs,
01:05:54 de les installer à l'extérieur de la ville,
01:05:56 dans des zones d'activité économique, etc.,
01:05:58 nous, on travaille le projet urbain aussi
01:06:00 autour de cette question du maintien d'activités productives.
01:06:05 C'est pas du tertiaire, c'est pas des start-up.
01:06:08 Voilà, on est vraiment dans ces activités.
01:06:12 Et dans une ville qui a une histoire ouvrière forte,
01:06:15 qui a une histoire productive forte,
01:06:17 c'est évidemment aussi un symbole.
01:06:21 On a, sur ce site, qui accueillait nos abattoirs
01:06:24 et également du logement social
01:06:28 qui était lié aux cités d'urgence
01:06:31 à la fin de la guerre d'Algérie, etc.
01:06:33 Donc on a mené finalement une opération
01:06:36 de renouvellement urbain avec des démolitions,
01:06:38 avec la fermeture des abattoirs.
01:06:40 Et ça a été l'occasion d'imaginer un projet urbain
01:06:43 avec en son cœur un grand parc
01:06:46 et des objectifs qui correspondent,
01:06:49 il me semble, aux enjeux qui sont ceux d'aujourd'hui.
01:06:52 Alors il y a énormément de cibles
01:06:54 qui sont déclinées dans un projet comme celui-là.
01:06:56 Je voudrais insister sur la question de l'impact carbone
01:07:00 de nos aménagements et de nos constructions.
01:07:02 Ici, à Saint-Jean, les 2 premiers bâtiments
01:07:06 qui sont sortis de terre sont des bâtiments publics.
01:07:08 Et pour moi, c'est extrêmement important que ce soit le cas
01:07:11 parce que je crois que l'affirmation
01:07:13 de la puissance publique,
01:07:15 aussi comme locomotive de quartier en devenir,
01:07:18 est un point qui doit être signalé.
01:07:22 C'est un lycée qui accueille 1 000 élèves,
01:07:25 donc nouveau lycée qui a fusionné
01:07:27 deux lycées professionnels qui existaient déjà dans la ville.
01:07:31 Et le bâtiment est un bâtiment E4C2,
01:07:34 ce qui veut dire qu'à la fois,
01:07:38 a priori, en tout cas, de ce qu'on nous dit,
01:07:41 il consomme moins d'énergie qu'il n'en produit.
01:07:44 Et surtout, c'est un bâtiment bas carbone
01:07:48 pour comprendre comment il a été construit.
01:07:50 En fait, il s'est élevé sur une dalle béton assez classique,
01:07:55 mais il s'est élevé en bois,
01:07:57 et c'est du bois du massif central.
01:07:59 Il est isolé.
01:08:01 C'est des complexes de murs qui accueillent de la paille.
01:08:05 Et donc, c'est de la paille de la plaine de la Limagne.
01:08:07 Et donc, on est aussi dans une sorte de circuit court
01:08:09 de la construction qui, à cette échelle-là,
01:08:12 c'est-à-dire un lycée de 1 000 élèves,
01:08:14 est, je crois, unique en Europe.
01:08:17 Juste à côté, la ville de Clermont-Ferrand
01:08:18 est maître d'ouvrage d'un grand équipement sportif
01:08:22 qui, lui aussi, s'est mis sur les mêmes standards, E4-C2.
01:08:26 Et donc, les deux ont été présentés, par exemple,
01:08:30 au CIPCA, etc.
01:08:31 Donc, on est sur un niveau très haut d'ambition.
01:08:34 Et c'est, je crois, notre responsabilité
01:08:36 de maître d'ouvrage public que d'affirmer cette nécessité-là.
01:08:41 Toute la question qui se pose maintenant pour nous,
01:08:43 c'est comment est-ce que le reste du quartier
01:08:45 va pouvoir, justement, aller un peu plus loin,
01:08:49 notamment sur cette cible du carbone,
01:08:52 parce que je crois que c'est autant la partie
01:08:55 de consommation énergétique,
01:08:56 quelque chose qu'on traite depuis, finalement, assez longtemps
01:08:59 et sur lesquelles on a des méthodes qui sont en place,
01:09:04 autant cette question de l'impact carbone,
01:09:07 et notamment de l'usage, justement, de matériaux biosourcés
01:09:11 et du circuit court me semble une question
01:09:14 qu'on a du mal à traiter.
01:09:15 Et en tout cas, et c'est pour ça que je plaide
01:09:17 pour des opérations publiques d'aménagement
01:09:20 qu'on n'arriverait pas du tout à traiter
01:09:22 si on était dans le diffus de la ville.
01:09:24 Et ce n'est pas nos règlements d'urbanisme,
01:09:26 en tout cas, ni la réglementation environnementale
01:09:29 qui suffisent à traiter cette grande question
01:09:31 que nous avons tous à nous poser,
01:09:33 celle de l'impact carbone de l'aménagement et de la construction.
01:09:36 J'ai déjà été très long.
01:09:38 Non, mais je vais essayer de résumer à ma manière
01:09:42 pour vérifier si je n'oublie rien.
01:09:44 On voit dans ce projet à la fois le besoin de maîtrise,
01:09:50 être capable de tenir un tissu productif
01:09:52 dans un endroit où, a priori, on pourrait trouver les ressorts
01:09:56 pour que des activités, j'allais dire,
01:09:58 à plus fort pouvoir foncier
01:10:00 ou de valorisation foncière prennent le dessus.
01:10:04 Donner à voir, vous en avez parlé sur la question du carbone
01:10:09 et sur l'approche environnementale,
01:10:11 l'action publique qui vient, qui précède
01:10:12 et qui pose un niveau d'ambition à travers de premières réalisations.
01:10:17 On le voit aussi à travers ce plan
01:10:18 sur la place de l'espace public dans un quartier.
01:10:21 C'est un tissu faubourgien actuellement,
01:10:23 avec très peu de qualité dans l'espace public,
01:10:26 des trottoirs qui sont des fois pas assez larges
01:10:28 pour le resto où on va manger un steak,
01:10:30 si je me souviens bien du quartier.
01:10:32 C'est ça. C'est les traces de l'abattoir, ça.
01:10:34 On a encore quelques restaurants de la filière viande.
01:10:38 Donc donner à voir aussi sur la ville telle qu'on veut la voir émerger,
01:10:42 telle qu'on envisage qu'elle soit demain
01:10:46 dans des tissus centralissés.
01:10:48 La gestion de la complexité.
01:10:50 Il y a à la fois une équation économique
01:10:53 et puis une manière d'imbriquer toutes les politiques publiques
01:10:55 dont on parlait tout à l'heure, qui est absolument centrale.
01:10:58 Et puis il y a la question du temps long
01:11:00 qu'on a retrouvé dans le discours de monsieur le maire.
01:11:03 Enjamber un mandat, être capable que le projet
01:11:06 dépasse l'éclivage politique,
01:11:07 qu'il trouve son inertie
01:11:10 pour qu'au-delà des échéances, des alternatives politiques,
01:11:15 on puisse construire dans le temps long
01:11:17 la transformation de la ville.
01:11:18 Alors, est-ce qu'à travers ces ingrédients,
01:11:21 on n'est pas là dans le socle du passage
01:11:23 de la commande politique à l'opérationnel ?
01:11:26 La complexité, le temps long, la manière de donner à voir
01:11:30 et en même temps, cette question de la maîtrise
01:11:34 qu'on sent très forte dans ce que vous avez pu
01:11:37 énoncer chacun de vous trois.
01:11:38 Avant qu'on en débatte
01:11:41 dans une discussion un peu libre entre nous,
01:11:43 je voudrais profiter de la présence de Jean-Baptiste Marie
01:11:47 pour conclure ce tour de table.
01:11:48 Vous êtes directeur général d'un GIP,
01:11:51 d'un groupement d'intérêts publics qui s'appelle
01:11:53 Europe des projets architecturaux et urbains.
01:11:56 Et vous êtes un observateur privilégié de l'aménagement
01:12:01 depuis plusieurs années.
01:12:03 Alors, on l'a dit
01:12:06 dans les discours d'introduction, finalement,
01:12:10 l'aménagement public, notamment, avait développé un imaginaire
01:12:14 incarné par les grandes opérations métropolitaines
01:12:17 qu'on associe d'ailleurs souvent à l'outil ZAC
01:12:20 et qui ne passe pas nécessairement par un périmètre de ZAC
01:12:24 qui épouse celui du projet urbain.
01:12:25 On le voit d'ailleurs avec Saint-Jean,
01:12:27 le projet tel qu'il est représenté
01:12:29 est beaucoup plus vaste que le périmètre de la ZAC.
01:12:31 Et puis, on voit à travers le rapide panorama qu'on vient de faire
01:12:34 comment les problématiques,
01:12:35 elles amènent à relire ce qu'est le projet urbain.
01:12:38 Alors, la première question que j'avais envie de vous poser,
01:12:41 qui est un peu vache, j'en conviens,
01:12:43 c'est comment est-ce qu'on pourrait définir,
01:12:47 redéfinir dans une vision un peu historique
01:12:49 cette notion du projet urbain ou ce concept de projet urbain ?
01:12:54 Alors, bonjour à toutes et à tous,
01:12:57 et très heureux d'être parmi vous.
01:13:00 Alors, quand on parle de projet urbain,
01:13:02 c'est, à mon sens, à relier d'abord
01:13:05 avec un certain nombre de notions,
01:13:07 qui sont par exemple la notion du plan,
01:13:09 qui a préfiguré d'abord la question du projet,
01:13:13 puis du projet urbain.
01:13:15 Le projet urbain, il prend tout son sens
01:13:18 notamment autour des années 1990,
01:13:21 comme une figure incontournable, finalement, de l'action publique.
01:13:25 Et le plan est un peu relégué, d'une certaine manière,
01:13:28 comme une vision un peu trop technocratique,
01:13:31 d'une certaine manière.
01:13:32 En tout cas, c'était la critique qui lui était souvent retenue.
01:13:38 Ensuite, il faut voir aussi que le projet prend naissance
01:13:43 dans le fait qu'il est aussi enrichi
01:13:45 d'une dimension symbolique de transformation de la ville.
01:13:49 Je crois que c'était ça, l'élément marquant
01:13:51 et qui a donné ses lettres de noblesse
01:13:54 à la question du projet urbain.
01:13:56 Et puis, il est aussi devenu très adossé
01:13:59 à la question du projet politique.
01:14:02 Le projet urbain, bien évidemment,
01:14:04 il désigne la question d'un quartier multifonctionnel.
01:14:08 La plupart du temps, on le voit sur le quartier Saint-Jean,
01:14:11 l'assemblage de logements, d'activités économiques,
01:14:14 de production d'espaces publics, de commerce, de loisirs.
01:14:19 C'est un projet qui, pour les urbanistes,
01:14:21 désigne, oui, une opération urbaine,
01:14:24 avec une taille qui est relativement significative.
01:14:27 On verra qu'elle se met en débat aujourd'hui
01:14:31 et elle vise à faire émerger un nouveau quartier
01:14:34 où, plus récemment, ce qu'on observe,
01:14:36 c'est aussi le réaménagement des espaces urbains
01:14:39 du déjà-là, de l'existant.
01:14:42 Pour les architectes,
01:14:43 je crois que c'est important d'en faire la distinction,
01:14:46 c'est que le terme de projet urbain,
01:14:49 il est entendu comme une notion plutôt
01:14:51 qui est assortie à la question de la conception,
01:14:53 au dessin, à la définition des espaces bâtis,
01:14:57 la définition des espaces publics.
01:14:59 L'architecture, c'est une affaire de mesure et de dimensionnement.
01:15:03 Et dans ce contexte-là, le projet urbain,
01:15:05 il dispose de codes très particuliers,
01:15:07 y compris de représentations,
01:15:09 non sans clin d'œil par rapport, encore une fois,
01:15:11 au quartier Saint-Jean qu'on vient de découvrir,
01:15:13 avec un plan guide, le A5000, des schémas directeurs,
01:15:19 le plan des espaces publics, le plan programme,
01:15:21 qui sont les outils de régulation, d'une certaine manière,
01:15:24 pour l'architecte.
01:15:25 Le projet urbain, il se distingue, en réalité,
01:15:27 de deux autres projets, à mon sens.
01:15:30 Le projet d'architecture,
01:15:31 c'est bien évidemment celui des espaces publics,
01:15:35 celui de l'édifice,
01:15:36 et on est sur des résolutions d'échelle beaucoup plus fines.
01:15:39 Et puis, plus récemment,
01:15:41 vient poindre la question du territoire.
01:15:43 C'était le débat que nous avions
01:15:44 sur les deux précédentes interventions,
01:15:46 notamment celle de Besançon,
01:15:48 qui est extrêmement intéressante,
01:15:50 en ce sens qu'il définit le projet de territoire
01:15:53 à la fois un diagnostic,
01:15:54 mais aussi une feuille de route sur son territoire.
01:15:57 Et on voit bien qu'on doit aller
01:15:59 au-delà des périmètres administratifs classiques.
01:16:03 Un projet qui embrasse la question de la géographie,
01:16:06 un projet qui intègre la question des bassins versants,
01:16:10 la chevelure hydrographique,
01:16:12 le flux et le stock des matériaux,
01:16:15 et que l'impératif de la transition écologique
01:16:18 auquel nous sommes toutes et tous confrontés aujourd'hui,
01:16:22 c'est-à-dire l'impératif de la question
01:16:25 de comment prendre en compte une meilleure alimentation,
01:16:28 de la réponse face à la transition énergétique,
01:16:31 ça impose de trouver de nouveaux périmètres,
01:16:34 de nouvelles échelles dans lesquelles on doit intervenir,
01:16:37 et donc de penser de nouveaux assemblages,
01:16:39 de nouvelles solidarités territoriales.
01:16:41 Le mot a été prononcé à l'instant.
01:16:44 Et puis celui de complémentarité entre les territoires
01:16:48 et d'essayer de construire ces systèmes territoriaux
01:16:51 qu'on voit bien poindre dans ce contexte si particulier.
01:16:55 Donc c'est finalement une nouvelle culture de projets,
01:16:59 d'assemblages qui est en train de naître,
01:17:02 de construction aussi d'alliances qui peuvent s'établir.
01:17:08 Et puis dans ce contexte-là, c'est évidemment aussi
01:17:11 de nouveaux acteurs qui doivent permettre
01:17:15 un dialogue plus concerté et des cultures de projets
01:17:19 qui sont en train de naître.
01:17:21 Vous amenez à une 2e question.
01:17:26 Finalement, on parle du projet.
01:17:27 Et dans ce que vous êtes en train d'énoncer,
01:17:30 on sent finalement que la transformation du projet
01:17:34 induit une transformation des acteurs du projet.
01:17:37 Et alors ça nous intéresse au plus haut point ici.
01:17:41 A la fois, on l'a rappelé en introduction,
01:17:43 il y a beaucoup d'élus dans la salle pour cette journée du RNA.
01:17:47 Et puis en même temps, la majorité des membres de cette salle,
01:17:51 vous vous êtes reconnus entre vous, sont des praticiens.
01:17:53 Alors qu'est-ce que c'est les grands mouvements
01:17:56 de transformation des acteurs de l'aménagement ?
01:17:58 Alors l'aménagement se transforme.
01:18:02 Évidemment, il se transforme parce que d'abord,
01:18:04 je crois que ça a été rappelé,
01:18:05 mais c'est important de pouvoir le caractériser,
01:18:07 c'est qu'on est dans un contexte très incertain.
01:18:10 C'est-à-dire on agit dans un monde incertain.
01:18:13 Bon, crise sanitaire, OK, une zoonose.
01:18:17 Une crise sociale, la question des gilets jaunes,
01:18:19 la crise que nous traversons aujourd'hui,
01:18:22 sans précédent également.
01:18:24 La crise climatique, augmentation sans précédent,
01:18:28 avant la fin du siècle,
01:18:29 de la question de la température planétaire.
01:18:33 Érosion de la biodiversité,
01:18:35 injonction à stopper l'étalement urbain dans ce contexte-là.
01:18:39 Mais aussi des crises qu'on va devoir préfigurer.
01:18:42 La crise démographique, je crois qu'on l'oublie,
01:18:45 le vieillissement de la population
01:18:46 va amener un tournant 2030-2040
01:18:49 absolument sans précédent
01:18:51 d'adaptation, d'ajustement des logements.
01:18:54 Et la question de la littoralisation de la France.
01:18:58 On l'a vu sur la crise Covid,
01:19:00 phénomène de décerrement urbain,
01:19:01 renforcement de la méga-péri-urbanisation,
01:19:04 renforcement des 3e, 4e couronnes,
01:19:06 et littoralisation de la France.
01:19:08 Qu'est-ce que ça signifie dans ce contexte-là ?
01:19:10 En creux, bien évidemment, ça veut aussi dire
01:19:12 un certain nombre de dépeuplement de certaines régions
01:19:15 qu'il faut pouvoir devancer et penser.
01:19:18 Et puis c'est aussi des crises alimentaires, en eau.
01:19:22 Ce sont autant de défis auxquels nous serons confrontés.
01:19:26 Et ces défis imposent en réalité
01:19:29 de pouvoir réinventer, repenser nos méthodes d'aménagement.
01:19:34 D'abord, à mon avis, on construira moins,
01:19:37 mais ça ne veut pas pour autant dire
01:19:38 que le rôle de l'aménageur disparaît,
01:19:40 dans le sens où on réhabilitera plus,
01:19:42 on transformera plus dans ce contexte-là.
01:19:45 Et donc, notamment parce que le bâtiment
01:19:48 représente 44% de l'énergie consommée en France,
01:19:53 pour mémoire, c'est 123 millions de tonnes de CO2
01:19:57 qui constituent un élément cardinal, finalement,
01:20:02 de la lutte contre le changement climatique
01:20:04 et la transition écologique.
01:20:07 Et que donc, le risque n'est pas celui de ne plus aménager,
01:20:11 mais celui de pouvoir penser l'aménagement différemment.
01:20:15 Et je trouve que les débats qui débutent ce matin
01:20:17 montrent en réalité déjà des nouveaux rôles
01:20:19 qui sont en train de poindre.
01:20:21 Premièrement, ça a été rappelé,
01:20:23 et je crois que c'est assez juste,
01:20:25 sur le développement et le responsabilité
01:20:28 qu'ont les aménageurs.
01:20:30 Et je suis très impressionné dans le parangonage qu'on fait
01:20:32 de la culture de la solution expérimentale
01:20:35 qui est développée par les aménageurs.
01:20:37 Vous le rappeliez, Grégory Bernard,
01:20:39 sur cette responsabilité,
01:20:42 c'est-à-dire poser le risque d'aménager,
01:20:45 d'expérimenter avec deux postures,
01:20:47 être à l'avant-garde des transformations sociétales
01:20:51 auxquelles nous serons confrontés,
01:20:53 comprendre les mutations qui s'opèrent,
01:20:56 pour accélérer les transformations.
01:20:58 Et puis, c'est dans le même temps, donner un droit.
01:21:01 Je crois qu'il faut l'accepter à l'erreur
01:21:04 et permettre d'expérimenter
01:21:08 et permettre l'échec.
01:21:10 Deuxième élément cardinal, à mon avis,
01:21:11 dans la responsabilité de l'aménageur,
01:21:14 c'est celui de se dire qu'on voit poindre beaucoup de qualités
01:21:18 et que cette qualité, elle doit pouvoir être maîtrisée
01:21:22 dans une condition de coût maîtrisée.
01:21:24 Et qu'on ne peut plus apposer coût-qualité,
01:21:27 on ne peut plus opposer transition écologique
01:21:29 et qualité architecturale.
01:21:31 Les rapports Jérôme-Etienne Leclerc,
01:21:33 le rapport Pierre-René Lemas,
01:21:35 montrent cette alliance et la question
01:21:38 qui est au centre de la valeur de l'usage.
01:21:40 Et ça, je pense qu'on voit poindre dans les initiatives aussi
01:21:43 cet élément d'ADN.
01:21:46 Troisième élément qui me semble extrêmement saillant,
01:21:50 c'est qu'on a beaucoup à apprendre,
01:21:52 et là, ça rejoint votre intervention,
01:21:55 des petites villes et des territoires ruraux.
01:21:58 Je crois qu'il y a une inversion du regard.
01:22:01 Le grand brodger d'aménagement bifurque.
01:22:06 Et dans ce contexte-là,
01:22:08 il faut sortir des oppositions qui ont constitué
01:22:11 l'urbain, le rural,
01:22:13 et on voit bien qu'il y a une inversion du regard
01:22:16 et qu'à travers ces expériences liées aux ruralités,
01:22:20 parfois plus sobres,
01:22:21 parfois par une recherche notamment des artisans,
01:22:26 s'inventent de nouvelles responsabilités
01:22:28 et de nouveaux métiers pour l'aménageur
01:22:30 qui vont être d'aller chercher ces territoires,
01:22:33 d'aller travailler avec eux
01:22:34 pour inventer de nouveaux modes de fer,
01:22:36 de nouveaux modèles, de nouveaux modus operandi.
01:22:39 Et je terminerai en disant
01:22:41 que le point qui me semble le plus saillant,
01:22:44 c'est celui de la capacité prospective
01:22:47 que doivent engager les aménageurs
01:22:50 dans ce contexte-là
01:22:52 et de pouvoir investiguer aussi de nouveaux territoires
01:22:54 comme celui du périurbain,
01:22:56 parce que le périurbain,
01:22:57 c'est 30 % du territoire des Français qui y habitent
01:23:01 et que l'aménageur a une responsabilité particulière
01:23:05 dans ce contexte-là.
01:23:06 -On va revenir à cette question du périurbain
01:23:08 et de la manière que peuvent avoir les aménageurs
01:23:12 de s'y projeter.
01:23:14 Avec tous les enjeux de gouvernance,
01:23:15 je suis curieux de vous entendre sur cette question,
01:23:18 messieurs et mesdames les élus, madame les élus.
01:23:22 Avant ça, j'avais une dernière question.
01:23:23 J'y résiste pas.
01:23:25 Je l'ai dit dans la présentation.
01:23:27 Vous travaillez à l'échelle urbaine,
01:23:28 à l'échelle européenne
01:23:30 dans votre observation des territoires.
01:23:33 Ce petit pas de côté à l'échelle européenne,
01:23:37 à la fois les modes opératoires sont très différents,
01:23:40 et puis en même temps, certaines des problématiques,
01:23:42 vous avez parlé de qualité,
01:23:44 vous avez parlé de mode d'habiter,
01:23:45 vous avez parlé de tout un tas de sujets comme ça.
01:23:47 Qu'est-ce qu'on apprend quand on tourne le regard
01:23:49 comme ça, qu'on fait ce pas de côté européen ?
01:23:51 Qu'est-ce qu'il y a à y aller chercher,
01:23:55 selon vous, en 1 minute 43 ?
01:23:58 Oui, alors un parangonage européen en 1 minute 43,
01:24:03 vous m'autoriserez à le réduire à une expérience
01:24:06 que je voudrais mettre en lumière,
01:24:10 celui de l'IBA, notamment en Allemagne,
01:24:14 qui est un dispositif allemand
01:24:16 qui est cette stratégie sur une courte durée.
01:24:20 L'installation du NIBA, c'est de 5 à 15 ans
01:24:24 quand elle se déploie.
01:24:26 C'est un projet très structurant, innovant,
01:24:29 associant architecture, urbanisme,
01:24:31 paysage, territoire,
01:24:34 dans un attelage concerté.
01:24:36 On laisse les acteurs qui ne se substituent pas.
01:24:40 L'IBA ne se substitue pas aux acteurs locaux.
01:24:42 Il vient intensifier le travail qui est mis en oeuvre
01:24:46 dans un travail très étroit entre maîtrise d'oeuvre,
01:24:51 les décideurs, les faiseurs de projets.
01:24:55 Et l'idée, c'est de construire un cadre de collaboration
01:24:59 qui va permettre d'accélérer collectivement
01:25:02 la mise en oeuvre des stratégies territoriales.
01:25:05 C'est fédérer aussi un certain nombre d'acteurs entre eux,
01:25:10 y compris les entreprises, qui jouent un rôle clé,
01:25:14 pierre de touche souvent,
01:25:15 aussi dans la construction de ces quartiers,
01:25:18 et puis la société civile
01:25:19 et la place en particulier des habitants.
01:25:23 Et juste pour prendre une référence,
01:25:25 l'IBA n'est pas nouvelle.
01:25:26 Ça fait des années qu'elle est mise en oeuvre en Allemagne, en Suisse.
01:25:31 Mais un exemple, c'est celui de l'IBA d'Hemshire Park, 1988.
01:25:36 Aujourd'hui, on est plutôt aux conditions d'évaluation,
01:25:39 en réalité, du travail qui a été mené,
01:25:41 sur lequel il ne faut pas être sans critique.
01:25:45 Et en même temps, on sait à quel point il a valeur d'exemple.
01:25:50 Il remettait en place à la fois un projet de restructuration
01:25:53 du paysage, de restructuration écologique
01:25:57 du système fluvial, entre Duisburg et Dortmund,
01:26:01 la question du patrimoine culturel,
01:26:03 le redéveloppement d'un patrimoine culturel,
01:26:06 qui peut être mis en défaut sur le plan international,
01:26:08 mais qui, au plan local, a joué un rôle extrêmement intéressant.
01:26:12 Ça a été aussi le développement d'un certain nombre de formes bâties,
01:26:15 conciliant densité et qualité architecturale du cadre bâti,
01:26:24 et puis de nouvelles perspectives en matière d'activité sociale,
01:26:29 et en particulier sportive.
01:26:31 Ce qu'il faut retenir de cet IBA, d'une certaine manière,
01:26:33 c'est aussi le modèle, puisque là, dans le cadre du RNA,
01:26:37 on aime bien ouvrir le capot de la voiture,
01:26:39 examiner la mécanique.
01:26:41 Ce qui est intéressant dans ce contexte-là,
01:26:44 c'est une structure extrêmement légère.
01:26:46 On est sur une quinzaine, vingtaine de personnes
01:26:49 qui sont dans cette équipe hautement qualifiée,
01:26:52 accompagnées d'un conseil scientifique de six personnalités,
01:26:56 et ils assurent ce cadre d'intervention un peu nouveau,
01:27:00 alliant, et là on le voit bien, systèmes territoriaux,
01:27:03 c'est-à-dire une logique de planification territoriale,
01:27:06 et en même temps, des établissages très concrets
01:27:09 d'opérations qui sont mises en oeuvre.
01:27:12 Vous me faites une transition super,
01:27:16 et je crois qu'on n'était pas loin de la minute 43.
01:27:19 Vous avez parlé de cadre coopération.
01:27:21 On a évoqué la question
01:27:24 du très vaste champ potentiel
01:27:27 pour aller faire de l'aménagement
01:27:29 que peut constituer le périurbain.
01:27:31 Alors, je m'adresse à vous, les élus,
01:27:34 qui êtes avec nous ce matin.
01:27:36 Au-delà des blocages liés à notre organisation territoriale,
01:27:40 qui, vous l'avez rappelé, est centrée sur la commune,
01:27:43 et même si on tend vers un échelon plus intercommunal,
01:27:48 même si nos documents d'urbanisme vont dans ce sens-là,
01:27:53 comment est-ce qu'on fait pour impulser un nouvel imaginaire,
01:27:56 pour organiser aussi une économie de l'intervention
01:27:59 dans ces espaces,
01:28:00 avec des sujets sur la solidarité territoriale,
01:28:04 mais aussi sur la maîtrise des valeurs.
01:28:06 Là aussi, ça a été rappelé.
01:28:08 On a beaucoup d'étalements urbains
01:28:09 qui sont produits par la hausse des valeurs dans la centralité.
01:28:12 Et pour que, je termine par là,
01:28:14 des opérations d'aménagement émergent,
01:28:17 il faut qu'il y ait le cadre politique qui le précède,
01:28:20 rappelait le président du club de l'aménagement
01:28:23 dans son intervention introductive.
01:28:26 Peut-être quelques pistes, quelques grands sujets
01:28:29 pour vous à traiter autour de ces enjeux,
01:28:33 et puis après, on prendra une ou deux questions dans la salle.
01:28:36 Je vous laisse choisir qui commence.
01:28:40 Allez, j'y vais.
01:28:44 Franchement, on est sur un choc culturel.
01:28:50 On est encore en France à opposer l'urban au rural.
01:28:56 Et on patine, excusez-moi d'employer ce terme-là,
01:29:00 mais quand même, c'est extrêmement difficile,
01:29:02 et s'il y a des élus dans la salle,
01:29:04 j'espère que tout le monde y réfléchit,
01:29:07 parce que c'est une aberration.
01:29:11 Et c'est une aberration...
01:29:12 Moi, j'ai eu la chance d'avoir un parcours scientifique,
01:29:16 et j'ai travaillé pendant plus de 15 ans
01:29:19 sur l'aménagement du territoire à l'époque grecque et romaine.
01:29:22 Et rien n'avançait si on opposait l'urban et au rural.
01:29:27 Je veux dire, c'était...
01:29:29 C'est nécessaire.
01:29:33 Et la question, c'est...
01:29:34 Est-ce que tous les élus qui sont maires ou en responsabilité
01:29:39 doivent se transformer en...
01:29:42 Ma centralité est essentielle.
01:29:45 Alors, toutes les centralités sont essentielles,
01:29:47 mais elles ont tous un rôle différent.
01:29:49 Elles ne peuvent pas se construire de la même façon.
01:29:51 Elles ne peuvent pas s'opposer.
01:29:52 Elles ne peuvent que constituer un réseau
01:29:57 ou organiser le territoire sur des fonctions
01:30:01 sur lesquelles on est d'accord de partager, d'échanger.
01:30:06 Mais à un moment donné, il va falloir qu'on arrête
01:30:09 ce genre de débat, parce que ça nous stérilise tous.
01:30:12 C'est des combats en permanence, et on n'arrête pas,
01:30:15 finalement, on n'avance pas.
01:30:18 Et sur, par exemple, l'économie,
01:30:21 moi, je le dis, je le demande, je le répète.
01:30:24 En matière d'industrialisation,
01:30:27 si on considère que seul le territoire de Besançon
01:30:31 ou de Grand-Besançon, par exemple,
01:30:34 doit recevoir l'ensemble des composants
01:30:36 d'une chaîne de valeurs ajoutées,
01:30:40 une chaîne de valeurs,
01:30:41 eh bien, on meurt,
01:30:43 parce que d'abord, je n'en ai pas la capacité,
01:30:45 parce que d'abord, ce n'est pas nécessaire,
01:30:47 alors que j'ai des territoires à côté de moi
01:30:49 qui ont, par exemple, des friches, etc.
01:30:52 Donc, il y a quelque chose de très perturbant.
01:30:56 C'est un peu comme le sentiment de propriété
01:30:58 de la part des élus.
01:30:59 C'est leur maison et ils défendent leur territoire.
01:31:03 Et ça, je pense que face aux phénomènes qu'on a,
01:31:07 que ce soit la question carbone, climat, biodiversité,
01:31:10 enjeux, ressources en eau, ressources en énergie,
01:31:13 ressources de toute nature,
01:31:15 et bien sûr, la question de l'industrialisation,
01:31:17 on va dans le mur.
01:31:19 Donc, du coup, on fait référence,
01:31:21 j'espère bien que les aménageurs, quand ils viennent,
01:31:23 ils sont en capacité aussi d'appréhender
01:31:26 qu'un territoire n'est pas administratif.
01:31:29 Il a des logiques morphologiques de déplacement de toute nature.
01:31:34 Et que, du coup, l'aménageur est en capacité
01:31:36 d'intégrer complètement ces éléments-là
01:31:38 pour être l'interlocuteur qui permet à l'élu
01:31:41 de dépasser son territoire.
01:31:43 Voilà. Donc, c'est un appel, c'est une acculturation
01:31:45 qui est nécessaire d'avoir.
01:31:47 Il ne faut pas que l'aménageur rentre là-dedans,
01:31:50 parce que quand on voit, par exemple, le ZAC,
01:31:53 eh bien, souvent, ce qui se passe,
01:31:54 c'est qu'il y a un travail qui est sympa,
01:31:56 qui se fait... Je ne dis pas que c'est ça,
01:31:57 qui est fait, en tant que sûr,
01:31:59 mais souvent, ça a été comme ça.
01:32:01 On a un joli quartier qui émerge,
01:32:04 et puis, il n'y a aucune couture avec le voisin.
01:32:06 Et il y a des fractures sociales,
01:32:08 et on continue à aller jusqu'à la discrimination spatiale
01:32:11 dans les territoires.
01:32:13 Donc, ça, c'est un travail systémique,
01:32:15 et très clairement, sans doute, vous, les aménageurs,
01:32:19 vous allez me dire que vous savez faire ça depuis longtemps,
01:32:21 mais moi, je ne le vois pas aussi clairement que ça,
01:32:24 que l'approche systémique soit intégrée
01:32:27 dans les écoles, dans les formations,
01:32:28 que ce soit des architectes, des aménageurs,
01:32:30 des ingénieurs, etc.
01:32:32 Il est prioritaire de penser systémique
01:32:35 et d'envisager quelle est l'échelle
01:32:37 à laquelle on doit penser la dynamique
01:32:40 dans laquelle on veut s'inscrire.
01:32:41 Alors, vous poussez les aménageurs
01:32:43 à impulser la transformation de la vision des élus.
01:32:47 C'est intéressant. On a dit que les élus sont en aval.
01:32:50 Je vois qu'on me fait signe pour accélérer.
01:32:54 Peut-être, je vous invite à choisir
01:32:57 lequel de vous deux peut rebondir sur ce que disait Anne Vignault.
01:33:01 Et puis, je prendrai quand même une question de la salle.
01:33:03 Si vous êtes d'accord, on me fait oui de la tête.
01:33:05 Juste, très rapidement, moi, ce que je voulais...
01:33:08 Je pense qu'il y avait la réponse à votre question
01:33:10 dans ce que Jean-Baptiste a dit tout à l'heure.
01:33:13 L'exemple de Liba, il est très intéressant.
01:33:14 Je pense que son fondement,
01:33:17 ça passe par la prise de conscience
01:33:19 des habitants d'un territoire.
01:33:21 Et c'est pour ça que c'est un enjeu, je pense, culturel,
01:33:23 d'abord, d'imaginaire,
01:33:25 de comment est-ce qu'on va dépasser
01:33:26 la désindustrialisation de la Roure, etc.
01:33:29 Et donc, ce qui fait projet et ce qui est un moteur puissant,
01:33:33 c'est quelque chose qui est de l'ordre de la culture
01:33:35 et de l'imaginaire d'un territoire.
01:33:37 Si on ne travaille pas ces questions-là,
01:33:39 on ne dépassera pas les égoïsmes de Clocher.
01:33:42 Ce qu'il faut construire, c'est la compréhension
01:33:45 sur un territoire beaucoup plus large
01:33:47 que nos administrations territoriales,
01:33:49 d'une communauté de destins.
01:33:52 Et ça, c'est quelque chose qui nous aidera, je pense, à dépasser.
01:33:56 Toutes les réflexions, par exemple, sur les biorégions,
01:33:58 montrent que le dépassement dont tu parlais,
01:34:01 il est absolument nécessaire et il est devant nous.
01:34:04 Alors, est-ce qu'il y a quelqu'un qui se risque à poser la question
01:34:09 qui permet d'embrasser tout ce qu'on s'est dit
01:34:11 pendant une grosse heure ?
01:34:13 Ou est-ce que, très vite, je cède la parole à Bernard Bléton,
01:34:16 qui prend la suite pour animer la deuxième table ronde ?
01:34:19 Eh bien, Bernard, nous libérons la place.
01:34:24 Merci à tous. Merci à mes invités.
01:34:28 J'espère que ça vous a intéressés.
01:34:30 (Applaudissements)
01:34:32 (...)
01:34:47 -Eh bien, merci. Merci pour cette intervention.
01:34:52 On a un petit quart d'heure de retard,
01:34:53 mais ça va, on va maîtriser.
01:34:55 Donc, je vais faire appel, effectivement,
01:34:59 à la deuxième table ronde.
01:35:00 Donc, nous avions une première table ronde
01:35:02 qui était vraiment composée quasiment exclusivement d'élus
01:35:06 pour avoir leur ressenti.
01:35:07 Et donc, dans les 3 tables rondes suivantes,
01:35:09 nous aurons un duo élu-aménageur.
01:35:12 Donc, avec 3 thématiques.
01:35:15 La première, nous allons l'embroider tout de suite,
01:35:16 ce qui est l'aspect prépondérant
01:35:20 pour beaucoup de collectivités
01:35:21 sur les solutions financières, techniques,
01:35:24 et aussi les liens avec les équipements publics.
01:35:26 Et cet après-midi, nous aurons 2 tables rondes,
01:35:28 une sur la thématique de l'environnement
01:35:30 et des changements climatiques,
01:35:32 et la dernière table ronde sur l'acceptabilité des projets.
01:35:35 Je crois que ce sont les 3 thèmes qui sont au coeur des propos
01:35:39 et des hésitations de temps en temps des collectivités.
01:35:43 Donc, j'appelle tout de suite Bernard Bléton,
01:35:45 directeur général de Cédia Territoire 25,
01:35:48 avec les témoignages de Roch Brancourt,
01:35:50 adjoint au maire d'Angers,
01:35:52 chargé de l'urbanisme et du logement,
01:35:54 vice-président en charge de l'aménagement
01:35:55 et de l'habitat d'Angers, Loire-Métropole.
01:35:58 En duo avec Michel Balarény, directeur général d'Alter,
01:36:01 donc à la ménageur.
01:36:03 Roger Litendon, maire de Varennes-sur-Allier,
01:36:05 président de la communauté de communes
01:36:07 entre Allier, Bèbre et Loire.
01:36:09 En duo avec Marie-Laure Chazelle,
01:36:10 directrice exécutive de l'ASPL 277.
01:36:14 Et enfin, Michel-François Delanois,
01:36:15 directeur de l'appartement Appui au territoire
01:36:17 de la Banque des Territoires.
01:36:19 (Propos inaudibles)
01:36:45 -Je vais démarrer debout,
01:36:46 parce que je pense qu'il n'était pas prévu 6 personnes.
01:36:50 En attendant la chaise, on va démarrer.
01:36:52 Voilà. Tant pis.
01:36:54 Oui, je vais prendre le tabouret.
01:36:59 Voilà. Donc, on a entendu le discours politique des élus.
01:37:03 Là, on va se focaliser,
01:37:05 après avoir entendu le projet politique,
01:37:07 sur le projet lui-même.
01:37:09 Et donc, interpeller le duo élus-aménageurs
01:37:13 sur des territoires assez différents.
01:37:17 Eric Bazard a évoqué nos convictions d'aménageurs
01:37:20 qu'on a formulées à travers le petit livre jaune
01:37:23 au Club Ville-Aménagement.
01:37:25 Ce qu'on souhaite désormais, au-delà de ces convictions,
01:37:27 c'est les confronter aux intentions des élus,
01:37:30 voir si cette question de l'aménagement,
01:37:34 comment elle est interpellée
01:37:35 et si on y répond convenablement.
01:37:37 On a beaucoup évoqué ce matin
01:37:39 les injonctions contradictoires auxquelles on est confrontés,
01:37:43 avec d'un côté, effectivement, le besoin
01:37:46 d'une économie décarbonée,
01:37:48 d'être plus sobre sur le foncier,
01:37:52 de penser aux questions climatiques,
01:37:55 et puis, de l'autre côté, de participer quand même
01:37:57 au développement de l'habitat,
01:37:59 puisque les besoins en habitat demeurent,
01:38:01 au besoin de la relance du marché industriel,
01:38:07 et on le voit notamment avec le projet Industrie verte.
01:38:10 Alors, comment résoudre ces contradictions ?
01:38:12 Est-ce que la question de l'aménagement,
01:38:14 est-ce qu'il faut continuer à aménager ?
01:38:17 Comment faut-il le faire ?
01:38:19 C'est à cette question-là qu'on se propose d'y répondre
01:38:22 à travers cette nouvelle table ronde.
01:38:25 Donc, on va recevoir...
01:38:26 On va questionner deux territoires très différents.
01:38:29 Le territoire d'Angers,
01:38:30 qui fait un peu office de modèle dans le métier.
01:38:35 Donc, là, on va entendre à la fois l'élu et l'aménageur.
01:38:39 Donc, là, on est sur une métropole
01:38:41 qui sert effectivement un petit peu de référence
01:38:43 dans le domaine de l'aménagement.
01:38:45 Et puis, on va écouter une collectivité
01:38:47 beaucoup plus petite, Varennes Saint-Sauveur,
01:38:49 qui...
01:38:51 Surallier, pardon, excusez-moi, Varennes-Surallier,
01:38:54 qui est confrontée à des questions d'aménagement quand même,
01:38:58 après le départ d'une base militaire.
01:39:01 Voilà. Donc, je vous propose qu'on démarre tout de suite le débat
01:39:04 en écoutant Roch Brancourt.
01:39:06 Vous êtes, Roch Brancourt, adjoint au maire d'Angers,
01:39:09 chargé de l'urbanisme et de l'aménagement.
01:39:11 Vous êtes également vice-président
01:39:13 en charge de l'aménagement et de l'habitat
01:39:15 d'Angers-Loire-Métropole.
01:39:18 On accueille également Michel Ballarini,
01:39:20 directeur emblématique du réseau Alter,
01:39:23 dont on parlera tout à l'heure.
01:39:26 Voilà. Monsieur l'élu,
01:39:29 on a envie de vous entendre sur cette question,
01:39:31 sur votre projet, justement.
01:39:33 Comment exprimez-vous les besoins d'Angers ?
01:39:36 Comment faut-il les satisfaire ?
01:39:39 Et quel est, finalement, le projet d'aménagement
01:39:41 que vous proposez par rapport aux contradictions
01:39:44 dont on a parlé tout de suite ?
01:39:45 Bien, bonjour à vous.
01:39:49 Bonjour, mesdames et messieurs.
01:39:51 Donc, évidemment, moi, je suis très honoré
01:39:54 des mots que vous avez eus sur le territoire angevin.
01:39:58 Vous savez qu'à Angers, on est souvent...
01:40:01 On s'auto-flagelle même un petit peu
01:40:03 en se disant qu'on est trop dans l'humilité,
01:40:05 dans le vivons-cachés-pour-vivre-heureux.
01:40:10 Enfin, en tout cas, on l'est un peu moins
01:40:12 depuis ces dernières années.
01:40:14 Et je crois qu'on est effectivement
01:40:19 très engagés dans des opérations d'aménagement.
01:40:22 Vous avez posé la question de savoir
01:40:25 faut-il continuer à aménager ?
01:40:28 Et moi, mon sentiment d'élu local,
01:40:32 c'est que non seulement il faut continuer d'aménager,
01:40:36 mais il va falloir aménager,
01:40:38 ou plutôt réaménager de plus en plus,
01:40:41 compte tenu des salutaires limites
01:40:44 qui sont posées à l'étalement urbain
01:40:47 et qui le seront de plus en plus.
01:40:50 L'enjeu, et qui nous taraude tous un peu,
01:40:53 en tant qu'élus, c'est de savoir
01:40:54 comment est-ce qu'on va réussir à réaménager.
01:40:57 J'ai entendu tout à l'heure un collègue élu dire
01:41:00 qu'il ne connaissait pas encore bien le modèle.
01:41:03 En tout cas, il n'était pas aussi solide
01:41:07 et affirmé que le modèle
01:41:10 sur lequel reposait plutôt l'étalement urbain.
01:41:13 Effectivement, c'est un enjeu très fort.
01:41:16 L'exercice va consister peut-être à Devoy, avec Michel,
01:41:20 à vous faire un rapide panorama
01:41:24 des projets en chevin
01:41:28 et de faire un zoom sur deux projets,
01:41:30 qui ont la particularité d'être des projets
01:41:33 de reconquête de friches, finalement,
01:41:36 qui ont été réalisés ou qui vont être réalisés.
01:41:39 Là, vous avez une carte d'Angers.
01:41:41 Si on revient dix secondes sur la diapo précédente.
01:41:44 C'est peut-être nous qui maîtrisons ça, non ?
01:41:46 Non, ce n'est pas nous. Merci beaucoup.
01:41:49 Oui, donc, très vite,
01:41:52 notre vision sur l'aménagement d'Angers,
01:41:55 elle s'appuie sur un stand de considération.
01:41:59 D'abord, on avait une ligne de tramway
01:42:02 et depuis plusieurs années, on va inaugurer demain et samedi
01:42:07 l'arrivée d'une deuxième et d'une troisième ligne de tramway
01:42:11 qui vont compléter la colonne vertébrale structurante
01:42:15 en matière de déplacement, transport en commun,
01:42:18 en site propre, qui innerve en quelque sorte Angers.
01:42:22 Après, la deuxième chose, c'est que nous avions comme objectif...
01:42:25 Oui, je le vois. Merci beaucoup.
01:42:28 Nous avions, en 2014, lorsque nous avons été élus,
01:42:32 avec Christophe Béchut,
01:42:34 comme objectif d'accroître fortement le rayonnement économique de la ville,
01:42:38 avec un quartier d'affaires qui était en sommeil
01:42:43 et qui avait du mal à décoller,
01:42:45 et puis un autre qui était dans les cartons
01:42:48 et sur lequel on va revenir tout à l'heure.
01:42:51 Nous voulions aussi offrir un cadre de vie très important pour nous,
01:42:55 bien sûr, comme pour toutes les collectivités,
01:42:58 de travailler sur le cadre de vie,
01:43:00 de jouer sur l'attractivité de notre ville
01:43:02 à travers son cadre de vie.
01:43:05 La restructuration aussi de quartiers...
01:43:08 de renouvellement urbain,
01:43:12 de quartiers sensibles.
01:43:15 On en a deux importants et un plus petit,
01:43:18 mais très central à Angers.
01:43:21 La poursuite d'un développement harmonieux équilibré.
01:43:24 Il est vrai qu'on a déjà à Angers
01:43:29 des opérations qui sont en train de se terminer,
01:43:34 d'extension aux portes de la ville.
01:43:38 On mise beaucoup, de plus en plus,
01:43:42 sur l'attractivité culturelle, patrimoniale de la ville,
01:43:44 qui est encore, à notre sens, insuffisamment connue,
01:43:48 malgré la très grande qualité de son patrimoine historique et culturel.
01:43:53 Et puis, bien entendu,
01:43:55 l'engagement dans la transition environnementale,
01:43:57 qui n'est pas quelque chose de très récent,
01:44:00 mais qui s'accroît de plus en plus,
01:44:02 avec notamment des réseaux de chaleur
01:44:05 qui commencent à être assez conséquents,
01:44:09 à être interconnectés les uns avec les autres,
01:44:13 et un certain nombre de projets en énergie renouvelable.
01:44:16 Et puis, on va le voir, plusieurs projets
01:44:20 de restructuration urbaine, de reconquête de friches,
01:44:23 qui, pour certains, sont déjà en cours,
01:44:26 mais pour d'autres, sont dans les tuyaux.
01:44:29 Alors, si on traduit ça sur une carte,
01:44:31 vous allez voir des points... C'est à moi, du coup.
01:44:35 Vous voyez des points rouges, roses,
01:44:38 qui représentent plutôt les projets qui ont été lancés,
01:44:41 et puis des points bleus, qui sont des projets à lancer.
01:44:47 Et la particularité d'Angers, vous le voyez,
01:44:49 mais je ne reviendrai pas particulièrement,
01:44:51 c'est que la ville est traversée par une rivière, la Maine,
01:44:55 et qu'il y a aussi un enjeu de reconquête
01:44:57 des abords de cette rivière
01:44:59 pour en faire vraiment une composante,
01:45:02 un élément structurant de l'aménagement de notre ville,
01:45:05 alors que, très longtemps, la rivière a été plutôt conçue
01:45:08 comme un obstacle à franchir,
01:45:10 plutôt que comme quelque chose qui relie les deux parties de la ville.
01:45:14 Un mot, peut-être, sur la relation
01:45:18 entre l'aménageur et la collectivité.
01:45:22 On est à Angers, on a la chance, je pense vraiment à Angers,
01:45:27 d'avoir un aménageur alter
01:45:29 qui travaille très étroitement avec la collectivité,
01:45:33 à la fois la ville et la métropole,
01:45:36 et qui travaille à la fois sur de l'aménagement,
01:45:39 c'est-à-dire en tant que SPL ou SEM,
01:45:42 et puis aussi sur de la gestion de services urbains,
01:45:46 à travers notamment, je l'ai évoqué, les réseaux de chaleur,
01:45:50 les parcs de stationnement,
01:45:51 mais peut-être que, Michel, tu veux dire un mot complémentaire
01:45:54 sur la relation qui unit la ville et l'aménageur.
01:45:57 Bien sûr.
01:46:00 Bonjour à tous.
01:46:01 Oui, je vais juste rajouter un mot,
01:46:04 c'est un des mots qui font partie de notre vocabulaire,
01:46:06 c'est qu'on a une relation qui se qualifie d'in house,
01:46:10 de plus en plus,
01:46:11 même si nos ensembles d'entreprises publiques locales
01:46:15 sont constitués de SEM et de SPL,
01:46:19 c'est vraiment cette dernière relation qui se manifeste,
01:46:22 c'est-à-dire que, de plus en plus, notre métier,
01:46:25 c'est d'apporter des réponses à des choix
01:46:27 qui sont faits par des collectivités locales
01:46:31 et par leurs élus.
01:46:33 Donc je ne rajoute qu'un mot à ce que tu viens de dire.
01:46:36 Merci beaucoup. Alors peut-être...
01:46:40 On reviendra peut-être tout à l'heure sur la question des outils,
01:46:42 ou alors on en parle tout de suite, et puis on parlera du projet après.
01:46:45 Anne Vignot a évoqué tout à l'heure le montage byzantin,
01:46:49 où on a finalement une grappe d'entreprises publiques locales
01:46:52 qui sont chacune indépendante, mises en réseau,
01:46:56 et qui finalement répondent à la carence
01:46:58 ou à l'insuffisance de l'initiative privée.
01:47:01 Il me semble que le modèle enjeu 20 est assez différent.
01:47:05 On a un modèle sans doute plus intégré
01:47:07 et qui est peut-être plus là pour organiser les choses
01:47:10 et pour assurer aux élus une meilleure maîtrise.
01:47:13 Est-ce que vous pouvez nous exposer justement
01:47:15 quel est votre modèle d'outils,
01:47:17 puisqu'on est dans les questions d'aménagement ?
01:47:19 Je crois que l'outil est quand même important
01:47:21 pour traduire justement le mode d'aménager.
01:47:24 En fait, non, il n'est vraiment pas différent, Bernard,
01:47:28 pour le connaître bien, le modèle byzantin,
01:47:31 puisque c'est ma ville aussi.
01:47:33 Non, il n'est pas différent.
01:47:35 On a fait ensemble, sans le savoir, exactement le même chemin.
01:47:38 On a essayé d'apporter des réponses
01:47:42 juridiques, administratives, techniques et financières
01:47:45 à des préoccupations qui traversaient nos élus.
01:47:47 C'est l'environnement qui a changé.
01:47:49 C'est les questions que les nouveaux élus se posent
01:47:52 qui ont changé.
01:47:54 Et c'est à ces questions-là
01:47:55 qu'on a dû apporter d'autres réponses.
01:47:57 Pour le modèle,
01:47:59 on n'a pas la prétention d'être un modèle à Angers.
01:48:02 On essaie simplement d'apporter des réponses.
01:48:04 Donc, effectivement, on a inventé des outils
01:48:07 qui, aujourd'hui, sont plus qualifiés sur les déplacements,
01:48:09 parce que là, il y a une vraie problématique.
01:48:12 Et évidemment que les opérations d'aménagement,
01:48:14 qui sont le cœur de notre métier,
01:48:15 ne se conçoivent plus sans, préalablement,
01:48:18 apporter ces réponses à ces problématiques de déplacement.
01:48:23 Et puis, une autre très forte préoccupation,
01:48:25 c'est celle des énergies renouvelables.
01:48:27 Donc là, on a dû inventer, oui, une CEM,
01:48:32 qui fait partie de notre GRAP,
01:48:34 puisque ce n'est pas un groupe non plus
01:48:36 qui apporte et qui est capable d'apporter
01:48:40 des réponses concrètes à des installations ENR
01:48:44 sur des équipements, dans des opérations d'aménagement,
01:48:47 ou maintenant, beaucoup en autoconsommation.
01:48:50 Mais sans apporter trop de détails techniques,
01:48:53 oui, c'est plutôt un ensemble d'outils
01:48:56 composés soit de SPL, soit de CEM, soit de CEMOP,
01:49:01 comme on le vit bien tous au niveau national,
01:49:04 capables de répondre à un choix politique
01:49:06 et capables de s'y adapter.
01:49:08 C'est ça, et ce n'est surtout pas un modèle.
01:49:11 Je pense que c'est une question importante
01:49:12 et quelque part, elle est au coeur
01:49:14 de la discussion d'aujourd'hui.
01:49:15 Est-ce qu'on attendait d'un aménageur il y a 20 ans ?
01:49:17 Est-ce qu'on attend d'un aménageur aujourd'hui ?
01:49:19 C'est sans doute très différent.
01:49:21 Est-ce que vous pouvez nous caractériser,
01:49:22 justement, Roquebrancourt,
01:49:24 les attentes de l'élu par rapport, justement,
01:49:27 à l'effet de levier qu'il peut obtenir
01:49:29 par rapport aux entreprises publiques locales ?
01:49:32 Pardon ?
01:49:35 Alors, je ne pourrais pas vous dire
01:49:36 ce qu'on attendait d'un aménageur il y a 20 ans,
01:49:38 parce qu'il y a 20 ans, je faisais complètement autre chose.
01:49:41 Mais je dirais que, d'abord,
01:49:46 mon vécu et mon vision, aussi, peut-être, politique,
01:49:51 c'est que l'aménageur,
01:49:54 c'est aussi l'aménageur public.
01:49:57 Pour nous, c'est quand même le prolongement
01:50:02 de la collectivité.
01:50:04 C'est-à-dire qu'on a,
01:50:06 pour le dire rapidement, dans la collectivité,
01:50:09 on a plusieurs missions, quand même.
01:50:10 On a des missions qui relèvent d'abord davantage
01:50:14 de la définition de règles,
01:50:18 le suivi, le contrôle,
01:50:21 la mise en œuvre un peu de ces règles
01:50:24 qui s'appliquent sur l'ensemble du territoire.
01:50:26 Et puis, derrière, il y a d'initier,
01:50:29 de porter des projets.
01:50:31 Et pour porter des projets,
01:50:32 il ne faut pas toujours les mêmes...
01:50:34 On n'a pas toujours les mêmes moyens,
01:50:35 les mêmes compétences, le même savoir-faire,
01:50:36 la même culture
01:50:38 pour aller sur un terrain plus opérationnel
01:50:40 que quand on est dans des services
01:50:42 qui ont plutôt pour mission de planifier,
01:50:44 de réglementer, de contrôler, d'évaluer.
01:50:49 Et donc, déjà, c'est la première chose.
01:50:51 Donc, on a besoin de ces satellites
01:50:53 qui sont parfois, par certains élus
01:50:56 ou dans certaines collectivités,
01:50:58 regardés avec une certaine défiance
01:51:00 parce qu'ils sont un petit peu extérieurs.
01:51:02 Mais il faut plutôt y voir une chance, en réalité,
01:51:04 parce que ça permet d'éviter de trop dépendre
01:51:08 des acteurs privés
01:51:10 pour réaliser des opérations
01:51:12 sur lesquelles on aurait beaucoup moins de contrôle
01:51:14 en tant que puissance publique.
01:51:16 Or, je pense que la puissance publique
01:51:17 a besoin de pouvoir s'appuyer sur des acteurs
01:51:19 qu'elle contrôle,
01:51:21 mais qui ont cette culture,
01:51:22 cette organisation propre
01:51:24 qui ne peut pas être aussi performante
01:51:26 s'ils sont des services de la collectivité.
01:51:29 Donc, peut-être, on pourrait dire
01:51:31 beaucoup d'autres choses,
01:51:32 mais je crois que ça, c'est un enjeu.
01:51:33 Et à mon avis, c'est un enjeu
01:51:34 qui va se renforcer
01:51:36 avec toutes les contraintes
01:51:38 et les limites qu'on s'est fixées
01:51:39 et les évolutions du modèle d'aménagement.
01:51:43 Merci. De votre point de vue,
01:51:44 on est bien au coeur de l'économie mixte.
01:51:46 Pour terminer sur Angers,
01:51:47 est-ce que vous pouvez nous présenter,
01:51:48 finalement, la traduction opérationnelle
01:51:50 à travers un ou deux projets d'importance
01:51:52 de votre philosophie ?
01:51:54 Alors, merci beaucoup de nous donner l'occasion
01:51:56 de dire quelques mots très rapidement
01:51:58 sur ces deux projets,
01:52:00 qui sont deux friches,
01:52:03 deux projets de reconquête,
01:52:04 restructuration urbaine,
01:52:06 et sur lesquels on va dire
01:52:07 très rapidement deux mots.
01:52:08 Il y en a un premier, qui est Angers-Saint-Serges,
01:52:10 qui est en cours d'aménagement,
01:52:13 et puis un autre qui est en cours d'étude, plutôt.
01:52:17 Le premier, Saint-Serges,
01:52:18 on est, vous le voyez,
01:52:20 à l'entrée de l'hypercentre d'Angers
01:52:23 sur... Je vais tout de suite passer,
01:52:25 parce qu'on n'a pas beaucoup de temps.
01:52:27 Voilà, on est à l'entrée, au nord de cette carte,
01:52:31 on est sur l'hypercentre d'Angers,
01:52:33 le long de la mène,
01:52:35 et on a ce grand secteur qu'on appelle Saint-Serges,
01:52:38 qui est composé, en réalité,
01:52:40 d'une ZAC qui existe
01:52:42 et qui est en train d'être aménagée,
01:52:43 qui fait 15 hectares,
01:52:45 de ce qu'on appelle Saint-Serges-Faubourg-Actif,
01:52:47 qui est plutôt une zone d'activité...
01:52:52 Activité, c'est-à-dire que ce n'est pas du tertiaire,
01:52:53 ce n'est pas de l'habitat, c'est vraiment de l'activité,
01:52:56 qui ressemble un peu à ces zones d'entrée de ville
01:52:58 pas très denses, pas très vertueuses, si je puis dire.
01:53:02 Et puis on a un grand secteur de marché international
01:53:06 qui fait 25 hectares.
01:53:07 Et sur cette zone, je vais tout de suite montrer quelques...
01:53:10 Sur cette zone de 15 hectares que vous voyez
01:53:12 avec les bâtiments blancs,
01:53:14 qui sont en réalité désormais des vrais bâtiments,
01:53:16 eh bien, nous avons réalisé...
01:53:18 Nous sommes en train de réaliser une opération de reconquête,
01:53:21 puisque je vais tout de suite vous montrer
01:53:23 à quoi elle ressemblait jusqu'à il y a quelques années.
01:53:27 Là, on est sur une photo de 2014,
01:53:30 mais même en 2018, on était dans le même état,
01:53:32 avec des halles GO10 abandonnées,
01:53:36 une zone qui était à la fois polluée,
01:53:38 artificialisée en totalité,
01:53:40 et qui, désormais, ressemble à ça,
01:53:43 avec un parc urbain qui a été reconstitué,
01:53:49 qui a aussi la vertu de permettre
01:53:51 de gérer des élévations du niveau de la mène voisine
01:53:55 et d'éviter des phénomènes d'inondation
01:53:58 lorsqu'elles se produisent,
01:54:00 lorsqu'elles sont amenées à se produire.
01:54:01 Un équipement majeur qui est une patinoire.
01:54:04 On est le long d'une ligne de tram,
01:54:07 donc avec un niveau de desserte qui est très intéressant
01:54:10 et avec une opération de densification des lieux
01:54:14 qui est très importante.
01:54:16 Et puis le 2e volet, ça sera sur tout le secteur voisin,
01:54:21 une mutation progressive qui va s'appuyer
01:54:23 plutôt là sur un plan guide.
01:54:25 Donc on a aussi une zone d'aménagement,
01:54:27 mais qui va plutôt être dans un déroulement
01:54:31 d'urbanisme concerté, négocié,
01:54:33 où on guide la mutation des fonciers sur ce secteur.
01:54:38 Donc ça, c'est la 1re opération Saint-Serge,
01:54:41 qui est en cours et qui est une opération
01:54:43 de désartificialisation partielle,
01:54:46 de dépollution très lourde
01:54:49 et de densification,
01:54:52 puisque à travers ces aménagements,
01:54:55 en lien avec le PPRI,
01:54:57 on a réussi à produire
01:55:02 des mètres carrés constructibles sur ce secteur-là.
01:55:05 Je ne rentre pas davantage dans le détail.
01:55:08 Peut-être que tu veux compléter, Michel, sur Saint-Serge
01:55:09 avec quelques chiffres clés ?
01:55:11 Oui, quelques chiffres clés.
01:55:15 C'est toujours impressionnant,
01:55:16 puisque là, vous venez en 3 slides
01:55:18 de voir 30 ans d'histoire de mutation d'une ville.
01:55:22 Au total, donc, une soixantaine d'hectares au total
01:55:27 pour un potentiel global
01:55:29 d'environ 300 000 mètres carrés de planchers.
01:55:33 Ça fait du bien de dire des chiffres.
01:55:35 Ça réchauffe.
01:55:37 Voilà.
01:55:38 Et surtout, un projet très évolutif,
01:55:40 car comme Robrancourt l'a rappelé,
01:55:44 on a amorcé le travail
01:55:47 avec une zone d'aménagement concertée,
01:55:49 mais on évolue maintenant
01:55:50 avec quelque chose qui fabrique un plan guide
01:55:53 et qui permet de changer les modes de mutation
01:55:56 sans que, préalablement, on ait tout décidé,
01:55:59 puisque là, on est dans une véritable révolution
01:56:02 de la façon de faire la ville.
01:56:03 Donc, il faut qu'on en profite
01:56:06 et qu'on laisse venir ces initiatives.
01:56:08 Là, c'est un tout petit peu plus compliqué,
01:56:11 puisque 2023 ne ressemblera pas à 2022
01:56:14 en matière de contexte économique,
01:56:16 c'est sûr, maintenant.
01:56:18 Mais on pourrait dire qu'on a le temps pour nous.
01:56:22 Et puis, une grosse...
01:56:25 Sur la première tranche, on a fabriqué un parc
01:56:28 qui, comme Robrancourt l'a rappelé,
01:56:31 sert à la fois de rétention,
01:56:32 mais aussi de parc urbain de 6 hectares.
01:56:36 Donc, un jeu de réappropriation de la ville
01:56:39 avec sa rivière.
01:56:41 Merci. Donc, on est bien dans la transformation urbaine,
01:56:44 dans cette nouvelle façon, effectivement, d'aménager.
01:56:48 Peut-être en deux mots, le 2e projet ?
01:56:49 En deux mots, très rapidement,
01:56:52 un site industriel de 13 hectares,
01:56:56 qui est le triangle bleu que vous voyez à l'écran.
01:57:01 13 hectares qui est une friche industrielle complète.
01:57:05 Vous voyez sur la photo à droite
01:57:07 des surfaces très importantes de bâtiments
01:57:10 avec des problématiques de pollution.
01:57:11 Un site qui est totalement abandonné,
01:57:13 sur lequel on fabriquait des téléviseurs
01:57:15 pendant des décennies.
01:57:18 Et qui est une enclave, en réalité,
01:57:22 dans une zone urbanisée d'habitats,
01:57:25 et sur laquelle la collectivité, donc, rachète le site, d'une part,
01:57:29 va confier à Alter, en parallèle,
01:57:33 à la fois une mission d'études,
01:57:35 enfin, à confier, à mandater l'aménageur
01:57:37 pour mener une mission d'études,
01:57:39 mais aussi une mission d'acquisition foncière
01:57:43 autour du site, non seulement sur le site,
01:57:45 mais aussi autour du site,
01:57:46 sur un périmètre plus large qu'on voit aussi à l'écran,
01:57:49 qui est le périmètre grisé,
01:57:50 et qui, au total, représente un périmètre de 30 hectares,
01:57:53 avec une ambition de renouvellement urbain,
01:57:55 restructuration urbaine.
01:57:57 Et sur ce site-là, finalement, à date,
01:57:59 on a un aménageur qui mène 2 fronts, 3 missions,
01:58:03 pour le compte de la collectivité,
01:58:04 d'une part, des études d'aménagement,
01:58:07 de programmation, etc.,
01:58:09 en parallèle, des acquisitions foncières,
01:58:12 à la fois du site et de l'environnement,
01:58:14 qui offrent un potentiel de restructuration,
01:58:18 et puis, enfin, qui vont mener les procédures de dépollution.
01:58:22 Donc, ces 3 missions qui sont menées de front
01:58:24 sur un site avec des enjeux très importants,
01:58:26 qui représentent, sur 30 hectares,
01:58:28 un potentiel de renouvellement urbain
01:58:30 dans un contexte de ZAN qui est majeur pour nous.
01:58:34 Et là, juste en 2 mots, c'est la slide d'après.
01:58:37 Voilà, alors, magnifique emprise,
01:58:41 une trentaine d'hectares en pleine ville.
01:58:43 Vous avez vu sur la slide précédente,
01:58:45 le petit trait, c'est l'arrivée du tramway,
01:58:48 la 2e ligne que nous inaugurons demain.
01:58:51 Et en fait, toute cette histoire se percute
01:58:54 puisque hier,
01:58:55 oui, hier, le juge a prononcé la cession en notre faveur
01:59:02 du site historique de Thomson,
01:59:05 puisque nous l'acquérons après 10 ans de combat
01:59:09 auprès du liquidateur de l'entreprise.
01:59:11 Donc, toutes ces choses-là,
01:59:13 ça va devenir notre pain quotidien.
01:59:16 Mais pour fabriquer un projet urbain
01:59:21 qui vient d'un projet politique,
01:59:23 il faut avoir des outils d'aménagement
01:59:25 qui vont devoir devenir de plus en plus professionnels
01:59:29 et de plus en plus précis,
01:59:30 parce que quand on gère à la fois la maîtrise foncière
01:59:33 d'un site de 30 hectares situé à 300 mètres d'un tram
01:59:37 et qu'à 3 jours d'écart, on inaugure un tram
01:59:40 et qu'on maîtrise un espace foncier,
01:59:42 vous voyez, on est dans des échelles de temps
01:59:44 que des fois, on croit qu'elles sont très longues,
01:59:46 mais qu'en fait, il y a toujours des étapes
01:59:48 très importantes qui se passent.
01:59:50 Je crois que c'est assez symptomatique, effectivement,
01:59:52 de ces nouveaux métiers qu'on demande à l'aménageur
01:59:55 de réfléchir plus largement en ingénierie,
01:59:58 d'acquérir ou pas, d'ailleurs,
02:00:02 de dépolluer quand il le faut,
02:00:05 d'être capable de porter des équipements,
02:00:06 de travailler sur l'immobilier d'entreprise.
02:00:09 On voit bien que les métiers d'aménageurs
02:00:10 sont différents et sont requestionnés
02:00:13 à l'aune des transitions qu'on a évoquées ce matin.
02:00:16 Merci beaucoup aux représentants d'Angers.
02:00:18 Je vais me tourner vers Roger Lethaudon,
02:00:20 qui est maire de Varennes-sur-Allier.
02:00:24 Merci. Et Marie-Laure Chazelle.
02:00:27 Là, on est sur une taille de ville beaucoup plus petite,
02:00:29 puisque ça doit être 3 500 habitants à peu près.
02:00:32 Vous avez été confrontés au départ d'une base militaire
02:00:36 qui représentait une emprise d'une trentaine d'hectares,
02:00:38 70 000 m2 bâtis.
02:00:41 Et là, la question d'aménagement s'est posée.
02:00:43 Alors, à l'échelle d'une ville comme Varennes-sur-Allier,
02:00:45 comment vous réfléchissez ?
02:00:47 J'imagine que, comme ce matin, à Castillon,
02:00:49 la bataille, vos services ne sont pas dimensionnés
02:00:52 pour intervenir en direct.
02:00:53 Quel a été votre cheminement,
02:00:55 premièrement, pour décider d'intervenir,
02:00:58 et deuxièmement, sur la nature de l'outil d'intervention ?
02:01:00 Très bien. Bonjour à tous.
02:01:03 Alors, effectivement, nous ne jouons pas tout à fait
02:01:05 dans la même cour.
02:01:06 Mais c'est vrai que, pour Varennes-sur-Allier,
02:01:12 la question était simple.
02:01:13 C'était, on rebondit ou on meurt ?
02:01:15 Puisqu'en effet, à fin 2012,
02:01:19 la fermeture de l'ancienne base militaire
02:01:22 d'étachement R-277 a été officialisée.
02:01:27 Et que cette emprise étant un quartier de la commune,
02:01:32 entraînait la disparition de 650 emplois
02:01:36 qui faisait suite à la fermeture
02:01:39 d'une usine de fabrique de meubles
02:01:42 qui avait rayonné pendant très longtemps
02:01:44 et qui a eu jusqu'à 1 000 emplois.
02:01:46 À tel enseigne que ces deux emprises
02:01:49 étant de chaque côté de la nationale 7,
02:01:51 il a fallu, à un moment, faire des sorties différées
02:01:54 pour ne pas engorger le cœur de ville.
02:01:57 On en est très loin maintenant,
02:01:58 même si les choses s'améliorent un peu tous les jours.
02:02:01 Alors, en effet, il s'agissait de savoir
02:02:03 ce qui se passait après la fermeture
02:02:06 du détachement et le départ des militaires.
02:02:09 Et très clairement, il y avait deux postures.
02:02:13 Il y avait la posture des élus qui étaient avant 2014,
02:02:18 qui avaient déjà été confrontés
02:02:21 à la fermeture de l'usine de meubles
02:02:22 et qui avaient vendu à la découpe à des investisseurs
02:02:25 l'ensemble du site,
02:02:28 qui aujourd'hui constitue presque une nouvelle friche
02:02:30 dont il faudra qu'on s'occupe un jour
02:02:32 quand on aura fini l'autre opération.
02:02:34 Et pour nous, il n'était pas question
02:02:36 d'aller sur ce modèle
02:02:38 et il n'était pas question non plus
02:02:39 de laisser place à une friche permanente
02:02:42 ou un squat à deux pas du centre-bourg.
02:02:46 Alors, nous avons été confrontés à ce moment-là
02:02:50 à des discussions très, très vives
02:02:52 avec les services de l'État et notamment la préfecture,
02:02:56 qui nous expliquaient qu'une commune de 3 500 habitants
02:03:00 n'avait pas les épaules pour porter un projet comme ça,
02:03:04 et la communauté de communes non plus d'ailleurs,
02:03:06 puisqu'à l'époque, avant la loi NOTRe,
02:03:08 on nous avait une communauté de communes de 14 communes.
02:03:11 Marraine-sur-Ally, avec ses 3 500 habitants,
02:03:13 était de loin la plus importante.
02:03:15 Et donc, le préfet a essayé pendant une heure
02:03:19 de m'expliquer que c'était un peu de la folie
02:03:22 et qu'il fallait confier ça à d'autres structures
02:03:26 ou vendre au plus offrant le site.
02:03:29 Et pour nous, il n'en était évidemment pas question.
02:03:32 C'est pour ça qu'on s'est présenté
02:03:34 aux élections municipales et qu'on a été élus.
02:03:37 Alors, on a été traités d'utopistes,
02:03:39 on a été traités d'inconscients,
02:03:41 voire parfois, excusez-moi, mais de grands malades.
02:03:44 Il n'empêche qu'au bout d'une heure,
02:03:45 j'ai dit au préfet qu'il m'avait dit
02:03:47 "Mais en fait, c'est vous qui décidez."
02:03:49 Et bien oui, c'est décidé.
02:03:50 C'est la commune qui va porter les choses.
02:03:52 Alors, pas seule, évidemment,
02:03:53 parce qu'elle n'en avait pas la capacité,
02:03:56 ni en ingénierie, ni financière,
02:03:59 avec la communauté de communes,
02:04:00 mais qui, compte tenu de sa taille,
02:04:02 ne pouvait pas répondre non plus aux problématiques.
02:04:04 Et c'est là où on s'est dit
02:04:06 qu'il faut qu'on trouve une structure
02:04:09 suffisamment souple pour pouvoir répondre
02:04:12 à ce que l'on veut.
02:04:15 Et c'est là où on s'est tourné vers une forme SPL
02:04:18 avec un conseil d'administration
02:04:19 composé à parité d'élus municipaux
02:04:21 et d'élus communautaires,
02:04:23 considérant que la mission qu'on donnerait à la SPL,
02:04:27 et donc à sa directrice, Marie-Laure Chazelle,
02:04:29 qui est avec nous depuis le départ,
02:04:31 c'était de rendre possible ce que voulaient les élus.
02:04:34 Or, c'était simple, comme feuille de route, en fait.
02:04:38 Et en fait, le gros souci,
02:04:40 c'est que nous étions au-devant,
02:04:41 compte tenu des projets qu'il y avait,
02:04:43 c'est-à-dire de réinvestir les bâtiments,
02:04:47 d'éviter de déconstruire si c'était possible
02:04:49 et d'adapter pour avoir des réponses
02:04:53 par rapport à des porteurs de projets.
02:04:55 Nous étions sur une problématique
02:04:57 de 17 millions d'euros d'investissement
02:05:00 avec un capital de départ de 300 000 euros.
02:05:03 Donc, il a fallu convaincre les banquiers,
02:05:08 qui sont toujours à l'écoute, évidemment,
02:05:10 et comme j'avais un peu un passé dans la banque,
02:05:12 j'ai invité les dix acteurs bancaires du territoire
02:05:15 autour d'une table.
02:05:17 Je leur ai présenté le projet qu'on avait imaginé
02:05:20 en leur disant, voilà, nous n'avons pas d'argent,
02:05:22 nous avons beaucoup de dépenses,
02:05:24 nous allons avoir, grâce à l'Etat
02:05:27 et un contrat de redynamisation,
02:05:29 à peu près 5 millions d'euros de subventions.
02:05:32 Donc, il nous manque le reste. Qu'est-ce qui se passe ?
02:05:35 Sur les dix, huit sont partis en courant,
02:05:38 deux sont restés, nous accompagnent depuis le départ,
02:05:40 ils sont très contents d'être avec nous aujourd'hui.
02:05:42 Et puis, je vais peut-être laisser à Marie-Laure
02:05:45 le soin de raconter un petit peu le début de l'histoire,
02:05:47 puisqu'elle l'a vécu en direct.
02:05:50 On vous écoute.
02:05:52 OK, merci. Bonjour à tous.
02:05:55 Donc, effectivement, on s'est lancé dans cette aventure
02:05:57 un peu folle de reconvertir un espace de 30 hectares
02:06:03 au coeur d'une petite ville qui fait 2 400 hectares.
02:06:06 Après 80 ans d'occupation militaire,
02:06:09 il fallait reconquérir cet espace
02:06:12 et le rendre disponible au profit du développement
02:06:15 de ce territoire très rural.
02:06:17 On l'a rappelé, moins de 4 000 habitants,
02:06:20 une petite commune au coeur de l'Allier,
02:06:21 entre Vichy et Moulins,
02:06:22 qui sont les deux agglos les plus proches,
02:06:25 mais quand même à 25 km de part et d'autre.
02:06:29 Et donc, le projet s'est déroulé malgré tout
02:06:34 avec le portage de ce projet par la SPL que je dirige
02:06:40 et qui a obtenu une concession d'aménagement de l'emprise
02:06:45 afin d'y développer les projets,
02:06:48 de la transformer et de l'aménager
02:06:50 pour devenir un site d'accueil,
02:06:52 principalement d'activités économiques,
02:06:56 industrielles et artisanales,
02:06:58 puisque nous n'avons pas encore récupéré
02:07:00 la partie sur laquelle il y avait des logements.
02:07:03 Ça, ça sera la phase d'après.
02:07:05 Mais voilà.
02:07:06 Et tout ça en même temps aussi que d'autres problématiques
02:07:11 qui se sont révélées aussi dans Varennes,
02:07:14 avec, Roger Litton en le disait,
02:07:19 une autre friche industrielle de l'autre côté de la Nationale,
02:07:24 la réhabilitation d'une ancienne maison de retraite
02:07:30 de frères Maristes à reconvertir.
02:07:33 Donc tous ces projets ont été menés de front
02:07:36 grâce à un certain nombre de projets et d'actions
02:07:40 qui ont été évoqués tout à l'heure.
02:07:43 Reconquête Centrebourg, Petite ville de demain, etc.
02:07:47 Et puis le contrat de redynamisation
02:07:49 de sites de défense dont on a bénéficié
02:07:52 avec l'aide et le soutien du ministère des Armées
02:07:55 pour mettre tout ça en musique.
02:07:57 Peut-être une question complémentaire sur l'outil.
02:07:59 On a vu l'expérience de Castillon ce matin
02:08:01 qui s'appuyait sur une société bordelaise, une cité.
02:08:05 Vous avez décidé de constituer une société ad hoc.
02:08:09 Est-ce que vous avez étudié d'autres alternatives ?
02:08:11 Et comment vous avez résolu cette question de l'ingénierie ?
02:08:14 Parce qu'aménager une zone de cette configuration,
02:08:17 ce n'est pas simple.
02:08:19 Et puis peut-être quelques précisions sur l'aspect financier,
02:08:21 parce qu'effectivement, 17 millions, c'est beaucoup.
02:08:23 Est-ce que vous avez mis des fonds propres ?
02:08:25 Est-ce que vous avez progressé par phase
02:08:27 justement le temps de rassurer ?
02:08:29 Comment vous avez obtenu les premières recettes
02:08:31 pour enclencher la suite ?
02:08:32 Sur les deux questions des compétences en ingénierie,
02:08:35 et de l'équation financière d'aménagement.
02:08:38 D'accord. Oui, alors, effectivement,
02:08:43 sur le début de la SPL,
02:08:47 nous avions deux personnes, Marie-Laure,
02:08:49 qui connaissait bien le milieu,
02:08:50 parce qu'elle venait d'une carrière
02:08:53 bien entamée
02:08:56 chez différents partenaires des restructurations, notamment,
02:08:59 et une secrétaire,
02:09:01 qui a été mise à disposition par la communauté de communes.
02:09:04 Et à elles deux, elles se sont attachées
02:09:07 les compétences qu'il pouvait y avoir
02:09:08 au niveau des consulaires déjà,
02:09:11 au niveau de l'agence d'attractivité,
02:09:13 et puis au niveau des différents partenaires
02:09:15 que chacune et chacun avait dans ses cartes de visite.
02:09:19 Et l'idée, c'était effectivement de cadencer
02:09:23 les évolutions à nos capacités financières.
02:09:26 Alors, il y a eu l'apport en capital
02:09:29 de la mairie et de la communauté de communes,
02:09:30 mais c'est presque anecdotique.
02:09:32 Il y a eu le soutien sans réserve des deux financeurs,
02:09:36 qui, dès le départ, nous ont amené une enveloppe
02:09:38 de 4 millions d'euros,
02:09:40 en croyant à ce que l'on voulait faire.
02:09:43 Et on a eu aussi la chance, il faut le dire,
02:09:46 puisque ce site est entièrement protégé H24,
02:09:50 d'avoir un industriel qui travaille
02:09:52 pour le milieu de la défense
02:09:54 et qui avait besoin d'un site protégé,
02:09:56 qui ne pouvait pas s'étendre où il était déjà,
02:09:58 et donc qui est arrivé sur le site,
02:10:01 ce qui fait qu'en fait, le site n'a jamais été fermé,
02:10:03 n'a jamais été vide,
02:10:04 puisque cette activité est arrivée
02:10:07 avant même que la session soit effective.
02:10:09 Et elle a commencé d'alimenter la pompe à loyer,
02:10:14 et c'est cette pompe à loyer qui a fait
02:10:16 que progressivement, on a pu faire les choses.
02:10:19 On avait compris dès le départ,
02:10:20 parce que j'avais un peu l'habitude du sujet,
02:10:23 qu'il nous fallait, à minima,
02:10:25 80 000 euros de recettes pérennes
02:10:27 pour emprunter un million.
02:10:29 Lequel million venait faire les 20 %
02:10:31 qui manquaient par rapport à des soutiens,
02:10:33 on l'a dit, de l'État,
02:10:35 mais aussi de la région, du département,
02:10:37 voire de l'Europe.
02:10:38 Et tout ça a permis d'aménager d'abord ces bâtiments
02:10:42 pour la première activité qui est arrivée,
02:10:44 ensuite d'accompagner l'installation
02:10:48 d'un producteur de granules et bois,
02:10:51 et puis, accessoirement, après,
02:10:53 à chaque fois qu'on avait deux nouvelles recettes,
02:10:55 on a réussi à faire évoluer les choses
02:10:58 pour avoir aujourd'hui un peu plus de 30 locataires
02:11:01 et 36 activités sur le site.
02:11:03 Et malheureusement, plus de place,
02:11:05 parce qu'on a d'autres porteurs de projets,
02:11:06 mais plus de surface disponible.
02:11:09 Donc, on s'attaquera aux autres qui restent.
02:11:12 Voilà.
02:11:13 Et on a pu faire ça progressivement.
02:11:16 Et c'est vrai qu'aujourd'hui,
02:11:18 la SPL, c'est neuf collaborateurs.
02:11:21 Et qu'à un moment,
02:11:24 on va à la fois chercher des compétences
02:11:26 qu'on garde en interne,
02:11:27 et à chaque fois que c'est possible,
02:11:29 on va aussi s'appuyer sur des partenaires
02:11:33 qui ne sont jamais les mêmes,
02:11:34 parce qu'on est inféodés à personne,
02:11:36 et qu'en fonction du thème, du sujet, des spécialités,
02:11:40 on va chercher les bonnes compétences,
02:11:42 puisqu'on a aussi la volonté
02:11:44 d'être respectueux de l'environnement,
02:11:47 de travailler avec des matériaux biosourcés,
02:11:50 de favoriser, quand c'est possible,
02:11:52 l'artisanat local et les circuits courts.
02:11:54 Et donc, on essaie d'avoir cette démarche
02:11:56 un peu vertueuse,
02:11:57 pas forcément exemplaire,
02:11:58 mais en tout cas vertueuse,
02:11:59 qui permet d'amener sur le territoire
02:12:03 de l'activité complémentaire.
02:12:06 Et aujourd'hui, on a aussi la capacité,
02:12:09 parce que le plan s'est bien déroulé,
02:12:12 à amener de l'autofinancement
02:12:14 généré par la SPL,
02:12:15 puisqu'on s'était dit qu'il fallait quatre ans
02:12:17 pour être à l'équilibre financier,
02:12:18 ce qu'on a fait.
02:12:20 Il fallait aussi six ans
02:12:21 pour absorber les pertes initiales.
02:12:23 Et donc, aujourd'hui,
02:12:25 quand on va voir nos deux amis banquiers,
02:12:28 ou même avant qu'on aille les voir,
02:12:29 ils nous appellent de temps en temps
02:12:30 en disant "Vous avez quoi comme nouveau projet ?"
02:12:33 Alors, peut-être une dernière question.
02:12:34 Vous avez dit que vous vous êtes fait élire
02:12:36 finalement sur cette intention
02:12:38 de prendre en main l'aménagement
02:12:39 et de ne pas laisser faire les choses.
02:12:41 Comment réagit la population aujourd'hui
02:12:42 par rapport à l'avancement du projet ?
02:12:45 Alors, la population...
02:12:46 Il faut savoir que nous avons succédé
02:12:48 à un maire qui a été maire pendant 35 ans,
02:12:52 qui est quelqu'un d'intellectuellement brillant,
02:12:54 qui a plein de qualités, que je respecte beaucoup,
02:12:57 mais qui n'aimait pas les entreprises
02:12:58 et qui n'aimait pas l'activité économique.
02:13:00 Ce qui fait qu'un certain nombre de pépites
02:13:03 ne se sont pas installées à Varennes
02:13:05 pendant sa mandature,
02:13:06 parce qu'il ne voulait pas les voir.
02:13:09 Donc, le projet a été...
02:13:11 Alors, il y avait ce phénomène un peu d'usure,
02:13:13 qui fait qu'en 2014,
02:13:15 nous avons été élus assez largement.
02:13:18 Et la population a d'autant mieux réagi
02:13:20 que 6 ans après, nous avons été réélus
02:13:23 sans aucune liste d'opposition.
02:13:25 Et qu'aujourd'hui, même si je dis
02:13:27 qu'il n'en est pas question,
02:13:28 les gens me disent "faites un 3e mandat",
02:13:30 mais non, ce sera sans moi.
02:13:31 Ce sera avec tous les gens qui vont poursuivre tout ça.
02:13:34 Mais voilà, donc la population,
02:13:37 qui aujourd'hui augmente,
02:13:38 qui fait qu'on a quasiment plus
02:13:41 une maison disponible à la vente
02:13:44 quand elle est en état correct et au bon prix,
02:13:47 que la population revient
02:13:48 et que ça permet aussi d'irriguer le territoire
02:13:50 et donc, voilà.
02:13:51 -En tout cas, merci. -A notre échelle,
02:13:52 c'est des choses sympas.
02:13:54 Merci de votre retour d'expérience,
02:13:55 qui fait chaud au coeur,
02:13:56 comme on en parlait tout à l'heure avec Olivier,
02:13:58 comme une capacité, finalement,
02:14:02 à intervenir dans un territoire intermédiaire,
02:14:05 pas forcément, effectivement...
02:14:07 Enfin, qui n'est pas une métropole, en tout cas.
02:14:09 Je me tourne désormais
02:14:10 vers Michel-François Delannoy.
02:14:13 Donc, vous travaillez à la Banque des Territoires.
02:14:17 On a envie d'avoir votre regard d'expert
02:14:20 sur ces expériences,
02:14:22 sur les différences entre les territoires,
02:14:25 sur votre point de vue
02:14:26 par rapport, justement, à la capacité d'aménager
02:14:29 dans les différents territoires.
02:14:31 Vous êtes acteur de dispositifs nationaux,
02:14:34 type PVD, Coeur de ville.
02:14:36 Voilà. Quelle est l'expérience
02:14:38 de la Banque des Territoires
02:14:39 par rapport, justement,
02:14:40 à ces nouveaux dispositifs d'aménagement
02:14:43 et à la faculté, finalement, des territoires
02:14:45 de prendre en main leur devenir ?
02:14:48 Merci beaucoup et bonjour à toutes et à tous.
02:14:51 Merci de nous avoir associés
02:14:53 à cette table ronde et à cette journée.
02:14:56 Effectivement, plus que de présenter
02:14:58 ce que fait la Caisse des dépôts
02:15:00 et la Banque des Territoires,
02:15:01 parce que je suppose que beaucoup d'entre vous
02:15:04 connaissaient cela, je voudrais, effectivement,
02:15:06 plutôt partager des réflexions
02:15:09 autour des questions que vous venez de poser
02:15:11 et aussi autour de l'évolution
02:15:13 que la Caisse des dépôts et la Banque des Territoires
02:15:16 ont dû opérer, compte tenu de tout ce qu'on évoque
02:15:20 depuis ce matin.
02:15:22 Alors, d'abord, point de repère,
02:15:23 on connaît la Caisse des dépôts
02:15:26 dans les sujets qu'on évoque
02:15:29 depuis longtemps comme investisseurs.
02:15:31 Nous sommes, effectivement, investisseurs
02:15:34 dans des projets, dans des opérations
02:15:36 qui peuvent d'ailleurs trouver place
02:15:38 au sein d'une opération plus globale
02:15:41 portée par un aménageur,
02:15:44 quelle que soit la forme que cet aménagement prend
02:15:47 ou la manière dont il est conduit.
02:15:50 Ça peut être un cinéma, ça peut être un hôtel,
02:15:52 ça peut être un immeuble tertiaire,
02:15:54 enfin, je mets trois petits points,
02:15:55 vous connaissez ça par cœur.
02:15:57 Un deuxième point de repère,
02:15:59 c'est qu'on connaît aussi la Caisse des dépôts
02:16:01 comme entrant au capital de société.
02:16:06 Alors, là, on pense surtout au SEM
02:16:08 ou à des filiales de SEM
02:16:11 qui peuvent, en tout cas, conduire
02:16:14 des projets d'aménagement comme on en parle.
02:16:17 On en a des exemples, là,
02:16:19 autour de cette table et dans la salle,
02:16:22 donc comme, finalement, venant au capital
02:16:25 et permettant le développement
02:16:27 de ces projets d'aménagement
02:16:29 parce qu'on va être au capital de la société
02:16:31 qui va porter ces aménagements.
02:16:33 Et puis, on est aussi prêteur,
02:16:35 et donc, on peut aussi apporter de la ressource
02:16:38 sous forme de prêts, enfin, tout ça, vous le connaissez.
02:16:41 Là où, effectivement, il y a eu un changement,
02:16:44 c'est au moment où la Caisse des dépôts,
02:16:48 avant même, préfigurant, finalement,
02:16:50 de ce qu'allait devenir la Banque des territoires,
02:16:53 décide de s'engager
02:16:55 dans les politiques nouvelles de redynamisation.
02:16:59 Et de notre point de vue,
02:17:01 ça a été d'ailleurs plus structurant comme évolution
02:17:04 que ce qu'avait pu produire notre engagement
02:17:07 dans la politique de la ville,
02:17:08 qui était quand même déjà aussi une étape importante.
02:17:11 Alors, pourquoi ? Parce que, finalement,
02:17:12 quand on a commencé à travailler
02:17:14 sur les sujets de redynamisation des centres-villes,
02:17:17 par exemple, à travers le programme Action Cœur de Ville,
02:17:21 on est évidemment tout de suite venu
02:17:23 à la rencontre des complexités,
02:17:25 c'est-à-dire à la fois
02:17:27 comment on assure les sujets de la mobilité,
02:17:30 comment on repositionne la question du commerce,
02:17:33 mais aussi comment on développe des activités
02:17:37 ou on soutient des activités
02:17:38 qui vont générer des flux ou régénérer des flux.
02:17:41 Et tout ça, ce n'est pas une opération
02:17:45 dans laquelle on investit,
02:17:47 puis une, puis une,
02:17:49 qui réalise, effectivement,
02:17:50 qui permet d'aller construire cette dynamique d'ensemble.
02:17:55 Et donc, tout ça, ça nous a obligés à bouger
02:17:59 dans notre offre
02:18:01 que nous proposons aujourd'hui aux acteurs territoriaux.
02:18:04 Alors, je la décris très, très, très rapidement.
02:18:08 Il y a d'abord, et c'était beaucoup évoqué ce matin,
02:18:11 ça l'a été aussi à l'instant,
02:18:13 il y a d'abord, effectivement, le projet.
02:18:16 Et donc, nous avons été, plus que jamais,
02:18:22 alloueurs, finalement, de moyens pour, en ingénierie,
02:18:26 accompagner les porteurs de projets,
02:18:28 enfin, accompagner les décideurs locaux
02:18:30 dans l'élaboration d'un projet
02:18:33 qui est marqué par cette complexité.
02:18:35 Y compris en cofinancement d'études.
02:18:36 En cofinancement d'études,
02:18:38 avec des modalités très, très, très différentes,
02:18:40 mais notamment le cofinancement d'études.
02:18:44 Ça, par exemple, sur Coeur de Ville,
02:18:46 c'était quand même 100 millions d'euros
02:18:48 que nous mettions sur la table.
02:18:49 Sur Petite Ville de Demain, c'est 200 millions d'euros.
02:18:53 Donc, des sommes quand même très significatives,
02:18:55 des élargissements de périmètre.
02:18:57 Et j'allais dire, ce faisant,
02:19:01 ça venait aussi questionner nos propres métiers.
02:19:04 C'est-à-dire que quand un collègue en direction régionale
02:19:08 était finalement formé
02:19:10 et avait finalement toutes les compétences
02:19:12 pour questionner un projet dans lequel il allait investir,
02:19:16 un cinéma, un hôtel d'entreprise ou autre,
02:19:19 et c'est une chose.
02:19:20 Mais quand on lui demande de venir finalement
02:19:23 allouer de la ressource en ingénierie
02:19:26 pour accompagner le territoire
02:19:28 dans la conception de son projet,
02:19:30 là, c'est un petit peu autre chose.
02:19:33 Et donc, ça a amené aussi nos métiers à évoluer,
02:19:36 d'ailleurs, des compétences nouvelles,
02:19:38 à nous rejoindre.
02:19:40 Ensuite, dans ce rôle de conseil finalement
02:19:43 et d'accompagnement à la prise de décision,
02:19:46 au-delà du projet,
02:19:47 et on est évidemment convaincus
02:19:48 que ce n'est pas l'outil qui fait le projet,
02:19:51 mais que la question de l'outil se pose à un moment donné,
02:19:54 et que là, il faut aussi être aux côtés des acteurs locaux
02:19:59 pour les accompagner dans l'exploration
02:20:02 du champ des possibles,
02:20:04 et en même temps, à un moment donné,
02:20:05 poser la décision la plus pertinente,
02:20:09 mais qui revient évidemment aux acteurs locaux.
02:20:11 Et donc, les moyens d'ingénierie dont nous parlons,
02:20:15 nous les avons aussi activés dans ce sens-là
02:20:18 pour accompagner notamment les territoires
02:20:20 qui étaient dépourvus de ces ressources-là,
02:20:23 de pouvoir les avoir à leur disposition.
02:20:25 Et puis ensuite, c'est pas tout,
02:20:28 puisqu'une fois qu'on a peut-être conçu finalement
02:20:31 la procédure avec laquelle on allait aménager,
02:20:34 il y a effectivement la question du choix de l'outil.
02:20:36 Et donc là, ce sont des choix qui sont à la fois politiques,
02:20:39 qui sont aussi économiques.
02:20:41 Et donc là aussi, il s'agit de pouvoir accompagner les élus,
02:20:44 notamment ceux qui découvraient finalement
02:20:46 toute cette capacité à déployer
02:20:52 pour accompagner et mettre en oeuvre le projet.
02:20:54 Et donc, ça veut dire que, et j'en termine là,
02:20:57 la Banque des Territoires, elle a finalement fait
02:21:00 transformer au-delà de l'offre investisseur
02:21:04 que j'évoquais tout à l'heure ou prêteur,
02:21:06 elle a développé finalement tout cet accompagnement
02:21:08 d'aide à la décision qui est devenu maintenant
02:21:11 un élément extrêmement massif.
02:21:13 Et donc, avec le recul, ce qu'on peut dire maintenant,
02:21:16 alors là, surtout sur Cœur de ville,
02:21:18 on l'a pas encore tout à fait sur Petite ville de demain,
02:21:21 qui est un programme plus récent,
02:21:24 mais immanquablement, je le dis,
02:21:26 alors sans aucun jugement de valeur,
02:21:29 ça va de soi, mais on voit bien, nous,
02:21:32 quand il y a eu dans un territoire le temps pris
02:21:36 pour, un, vraiment solidifier le projet,
02:21:40 deux, faire tout ce parcours que je viens d'énoncer
02:21:42 pour finalement s'outiller à la bonne échelle
02:21:47 et autour des questions les plus pertinentes à résoudre,
02:21:52 et qu'on prend le temps, effectivement,
02:21:54 de construire ces processus,
02:21:57 puis cet outillage d'aménagement,
02:22:00 c'est un temps qui peut paraître long.
02:22:02 C'est d'ailleurs parfois une critique
02:22:04 qui a été faite au début du programme ACV.
02:22:07 On disait, mais finalement, il n'y a rien qui sort.
02:22:09 Et nous, on expliquait...
02:22:11 -Beaucoup d'études, mais pas assez d'actions.
02:22:12 -Voilà. Et à l'inverse, quand on voit des territoires
02:22:16 qui, finalement, ont décidé à un moment donné,
02:22:19 bon, et encore une fois, là, c'est sans jugement,
02:22:22 mais finalement, d'aller "plus vite",
02:22:24 c'est-à-dire de prendre des opérations
02:22:26 un peu une à une et de dire,
02:22:28 "Voilà, on veut que ça bouge vite
02:22:29 "et donc on investit dans des opérations une à une."
02:22:32 Mais sans faire ce travail d'aménagement, finalement,
02:22:36 au bout d'ACV1, 1re saison,
02:22:39 on voit bien la différence entre les territoires
02:22:42 qui semblaient perdre du temps au début
02:22:45 à mener tout ce travail,
02:22:47 mais qui, finalement, en ont gagné beaucoup
02:22:49 dans une transformation beaucoup plus approfondie,
02:22:52 au terme, en tout cas, de la 1re séquence d'ACV1.
02:22:56 Voilà, donc, témoignage, mais vraiment...
02:22:59 Alors, après, il y a d'autres sujets, évidemment,
02:23:01 qui arrivent, que vous avez beaucoup développés.
02:23:05 Aujourd'hui, on voit bien qu'avec les questions
02:23:07 de la sobriété foncière...
02:23:09 -Voilà, j'allais vous questionner là-dessus.
02:23:11 On a bien entendu le métier d'investisseur,
02:23:13 le métier, effectivement, d'actionnaire
02:23:15 de sociétés et d'économies mixtes,
02:23:17 le métier, effectivement, de conseiller aux collectivités.
02:23:20 Par rapport aux nouveaux besoins
02:23:21 dont on a parlé aujourd'hui depuis 2 heures,
02:23:24 est-ce que vous pensez qu'il y a une nouvelle offre
02:23:26 à produire ?
02:23:27 Et je pense notamment, effectivement,
02:23:28 à la question du foncier, qui est quand même 1re
02:23:30 dans la question de l'aménagement
02:23:31 dans 10 ans, dans 15 ans.
02:23:33 Est-ce que là-dessus, vous réfléchissez ?
02:23:34 Est-ce que vous constituez des outils ?
02:23:37 Quelle est votre position, notamment, sur ce sujet-là ?
02:23:39 -Alors, merci de poser cette question,
02:23:41 parce que c'est, effectivement, pour nous,
02:23:43 un élément important à partager en ce moment.
02:23:46 Il y a 2 sujets sur lesquels on a estimé
02:23:49 qu'il y avait, finalement, des besoins nouveaux
02:23:52 qui nécessitaient aussi un positionnement nouveau
02:23:54 de la Caisse et dépôts, au-delà de ce que je viens d'évoquer
02:23:57 sur les sujets de redynamisation.
02:23:59 C'est la question de l'adaptation des territoires
02:24:01 aux conséquences du changement climatique.
02:24:04 Et là, on parlait tout à l'heure,
02:24:06 Jean-Baptiste Marie parlait des enjeux
02:24:08 sur le littoral, par exemple.
02:24:10 On sait très bien que là, il va falloir
02:24:13 enclencher des modalités inédites d'aménagement,
02:24:18 puisque, à la fois sur les sujets qu'on a traités,
02:24:22 par exemple, avec le retrait du trait de côte,
02:24:25 et donc de relocalisation, de protection,
02:24:29 d'un nouveau rapport aussi à la mer, par exemple.
02:24:32 Il va falloir, là, vraiment inventer
02:24:34 des nouvelles modalités d'aménagement inédites.
02:24:38 Donc, il va falloir aussi se laisser du temps
02:24:40 pour expérimenter, innover,
02:24:42 mais aussi inventer des modalités nouvelles.
02:24:45 Et donc, aujourd'hui, nous travaillons, effectivement,
02:24:47 sur des ajustements de nos offres
02:24:49 pour accompagner ces territoires.
02:24:51 Et deuxièmement, sur l'enjeu de la sobriété foncière,
02:24:53 que nous nous abordons non pas comme une contrainte,
02:24:57 mais comme une exigence,
02:24:59 eh bien, nous déployons, effectivement,
02:25:01 à la fin de cette année, une nouvelle offre
02:25:04 pour que nous soyons acteurs,
02:25:06 aux côtés, évidemment, des décideurs territoriaux,
02:25:10 de cette sobriété foncière, avec des nouvelles offres.
02:25:13 Vous avez dans la salle Céline Lins,
02:25:16 qui est la chef de projet sobriété foncière,
02:25:20 qui vient d'arriver il y a quelques mois.
02:25:22 Et donc, pour animer, justement, transmétier,
02:25:25 c'est-à-dire, à la fois dans les métiers investisseurs,
02:25:28 sur les sujets de près,
02:25:29 mais aussi sur l'accompagnement à des innovations
02:25:33 et en matière d'ingénierie,
02:25:35 pour avoir une offre transverse
02:25:38 que nous pourrons adresser aux territoires.
02:25:39 C'est évidemment un enjeu de premier plan.
02:25:43 Et je voulais aussi dire,
02:25:44 par rapport à ce qui a été évoqué ce matin,
02:25:46 c'est qu'au-delà de tout...
02:25:49 Enfin, des ressources que l'on peut apporter
02:25:52 en la matière, et on sera contributeurs,
02:25:55 je pense aussi qu'il y a, sur les méthodes,
02:25:59 et notamment dans la relation avec les habitants
02:26:02 et les forces vives du territoire,
02:26:05 forcément, des méthodologies nouvelles aussi
02:26:08 sur lesquelles on devra travailler.
02:26:10 On ne va pas faire l'aménagement demain
02:26:12 avec des tas de conflits possibles,
02:26:15 avec des gisements de contentieux
02:26:19 extrêmement importants.
02:26:21 Pensez, dans les territoires du littoral,
02:26:24 un maire qui va devoir travailler
02:26:28 sur tout ce qui est maîtrise, relocalisation, etc.
02:26:31 Ce sont des gisements de contentieux considérables.
02:26:34 Donc, c'est-à-dire de la solidité juridique à assurer,
02:26:37 mais pas seulement.
02:26:38 Ça veut dire aussi comment on associe, effectivement,
02:26:41 la population à ces nouveaux enjeux.
02:26:44 Et donc, ça veut dire qu'on doit être sans doute
02:26:46 dans des processus beaucoup plus subtils
02:26:49 de négociation, finalement, du projet d'aménagement
02:26:53 qu'on ne l'a fait dans les années précédentes,
02:26:55 même s'il y avait déjà un travail de cette nature.
02:26:58 Mais je pense que ce qui arrive, de ce point de vue-là,
02:27:00 sera beaucoup plus exigeant.
02:27:02 Et ça, je pense qu'il faut qu'on y travaille aussi
02:27:05 ensemble avec les aménageurs.
02:27:08 Merci de cette préoccupation de la Caisse des dépôts.
02:27:10 Il nous reste un tout petit peu de temps.
02:27:12 Je vois Sarah qui m'autorise.
02:27:14 Est-ce qu'on a des questions de la salle ?
02:27:16 Alors, une réaction par rapport aux expériences
02:27:19 l'une ou l'autre, ou de façon générale,
02:27:21 un questionnement par rapport aux métiers de l'aménageur,
02:27:23 aux préoccupations des élus, à votre façon d'entendre
02:27:27 le discours que vous avez entendu aujourd'hui ?
02:27:29 On a une question à gauche.
02:27:34 Est-ce qu'un micro se... Voilà.
02:27:36 Oui, bonjour. Jérôme Rouge,
02:27:43 président de la Fabrique de la Logistique,
02:27:45 qui est un lieu d'innovation soutenu par l'ADEME.
02:27:49 J'ai une question sur le rôle des aménageurs
02:27:51 sur les sujets logistiques, justement.
02:27:53 Je pense en particulier à deux cas de figure.
02:27:56 Au moment où on a une période de travaux en zone dense
02:28:00 ou en perspective de l'aménagement d'une zone
02:28:05 où il peut y avoir aussi des soucis de logistique urbaine.
02:28:07 Quel est le rôle de l'aménageur sur ces sujets de logistique ?
02:28:10 Est-ce que c'est juste de regarder ce qui se passe ?
02:28:14 Est-ce que c'est de chercher à organiser les choses,
02:28:18 à apporter un conseil ?
02:28:19 Merci pour votre point de vue.
02:28:21 C'est peut-être plus une question qu'on va poser à Angers.
02:28:25 La logistique urbaine, voilà.
02:28:27 Est-ce que vous avez un point de vue là-dessus ?
02:28:29 Moi, j'ai spontanément, suite à votre question,
02:28:31 un exemple qui me vient à l'esprit.
02:28:33 On travaille actuellement avec Alter
02:28:34 sur une opération qui s'appelle les bretonnières à Angers,
02:28:39 qui est une opération dans une ZAC d'habitat
02:28:42 avec l'ambition de créer de l'habitat assez dense,
02:28:48 mais avec une composante beaucoup d'intermédiaires ou d'individuels.
02:28:52 Et on a une sorte de lot zéro dans le projet.
02:28:59 Et on demande aux six constructeurs,
02:29:06 aux six promoteurs qui ont remporté les fonciers,
02:29:10 les appels à projets,
02:29:11 de confier chacun une partie de la gestion de leurs travaux,
02:29:19 la gestion logistique de leurs travaux à un acteur commun,
02:29:25 un acteur partagé.
02:29:26 C'est une mutualisation, finalement.
02:29:28 Donc, effectivement, là, c'est vraiment l'aménageur
02:29:29 qui a la manœuvre pour organiser, coordonner les choses.
02:29:33 C'est un exemple concret.
02:29:35 Michel ?
02:29:36 Pour répondre à votre question,
02:29:39 oui, bien sûr, le rôle de l'aménageur,
02:29:41 c'est déjà de bien comprendre ce qui se passe dans la société
02:29:44 sur le sujet de la logistique.
02:29:47 Et là, c'est vraiment une question...
02:29:49 Là, je ne vais pas vous en parler plus,
02:29:52 mais simplement de dire ça, c'est important.
02:29:55 Parce qu'aujourd'hui, les grandes fonctions logistiques,
02:29:57 on le sait,
02:29:58 sont mal venues d'un point de vue sociétal.
02:30:04 Les gens ne comprennent plus pourquoi on a fabriqué
02:30:07 des grands hangars qui sont en fait des hubs de distribution
02:30:11 pour ensuite revenir sur les villes.
02:30:14 Ça, c'est un...
02:30:15 Alors, soit nous basculons dans un modèle sociétal
02:30:18 où on consommera différemment,
02:30:21 soit on conservera l'ancien modèle.
02:30:23 Et l'aménageur, il doit préparer les deux scénarios.
02:30:26 Mais ce n'est pas lui qui va choisir le scénario.
02:30:29 Mais il doit bien comprendre ce qui se passe.
02:30:32 Et là, l'exemple que Robranco prend,
02:30:35 c'est celui qu'on appelle notamment
02:30:37 la logistique du dernier kilomètre,
02:30:39 où là, par contre, on a directement la main
02:30:42 et on est capable d'offrir des solutions
02:30:45 propres à chaque territoire.
02:30:47 Et sur le problème plus vaste de la logistique
02:30:50 et de la façon dont notre société consommera demain,
02:30:53 là, il faudrait une autre journée, je pense.
02:30:56 Oui, parce qu'on peut parler de la logistique urbaine,
02:30:58 mais effectivement, concernant le métier global
02:31:01 de la logistique, quelque part,
02:31:03 on côtoie tous des élus qui sont quand même assez hésitants
02:31:06 par rapport à une activité qui consomme beaucoup d'espace
02:31:09 et qui amène peu d'emplois.
02:31:12 Donc, il y a une question de fonds, effectivement,
02:31:13 sur ces questions-là.
02:31:14 À quoi en affecte, finalement,
02:31:16 le peu de foncier qui reste disponible ?
02:31:19 Ça, c'est une question que je livre à chacun.
02:31:21 Est-ce qu'on a d'autres questions, peut-être ?
02:31:24 Ou sinon, je voudrais revenir à la...
02:31:25 Oui, allons-y. Pardon.
02:31:28 -Merci. Pascal Poupineau, je suis urbaniste.
02:31:31 Comme les uns et les autres,
02:31:32 vous avez travaillé ou vous travaillez sur des friches.
02:31:37 Est-ce que la question du réemploi,
02:31:41 de l'utilisation des matériaux trouvés sur place
02:31:46 fait partie de vos questions au quotidien ?
02:31:49 Puisque ça a aussi des conséquences
02:31:51 sur le fonds de l'urbanisme.
02:31:54 Puisque ça a aussi des conséquences sur le foncier,
02:31:57 l'occupation du foncier et dans le temps.
02:32:00 Donc, comment...
02:32:02 Est-ce que c'est une question que vous avez en tête
02:32:07 et comment vous commencez ou vous poursuivez
02:32:11 une réponse par rapport à ce sujet
02:32:14 du réemploi des matériaux et du bâti existant ?
02:32:18 Merci.
02:32:19 -Oui, ça, c'est une question, effectivement,
02:32:22 qui s'est posée à nous.
02:32:24 Sur un site qui avait plus de 80 ans d'existence,
02:32:27 et la tentation aurait été de dire
02:32:30 "On rase tout, on reconstruit à neuf",
02:32:32 mais nous, on a pris un autre chemin
02:32:34 et une autre volonté très affirmée
02:32:37 de plutôt faire avec l'existant.
02:32:39 On avait la chance d'avoir un site pas pollué,
02:32:41 qui n'avait pas été bombardé
02:32:42 et sur lequel il n'y avait pas d'amiante
02:32:44 qu'a reconstruit avant.
02:32:46 Ça, c'était une vraie chance, effectivement.
02:32:50 Et très importante, j'en conviens,
02:32:52 parce que les quelques petits bâtiments
02:32:53 sur lesquels, malheureusement,
02:32:54 il y a eu des aménagements de faits dans les années 70,
02:32:57 on a été confrontés à ces problématiques d'amiantage
02:33:00 où on met de l'argent à la poubelle,
02:33:02 et ça, c'est vraiment frustrant.
02:33:04 Mais, effectivement, on a vraiment cherché, nous,
02:33:06 à valoriser l'existant et à réutiliser
02:33:10 les bâtiments tels qu'ils existaient
02:33:12 en les améliorant, mais en repartant, évidemment,
02:33:14 du bâti tel qu'il était construit.
02:33:17 Et, finalement, après expertise,
02:33:19 on s'est rendu compte que les gens
02:33:21 qui les avaient construits au moment
02:33:22 où ils ont été construits dans les années 40,
02:33:24 les avaient construits plutôt avec du bon sens
02:33:26 et des matériaux solides
02:33:28 et construits un peu pour l'éternité,
02:33:30 j'allais dire.
02:33:31 Donc, ça nous a permis quand même
02:33:33 de partir sur des bases solides.
02:33:35 -Parfois, ça coûte plus cher. -Oui, parfois.
02:33:39 Et pourtant, effectivement,
02:33:41 ça nous a parfois coûté plus cher
02:33:43 que de démolir et de reconstruire à neuf.
02:33:46 -Rocco Branco ?
02:33:47 -Oui, sur le territoire angevin,
02:33:50 on travaille sur plusieurs axes.
02:33:52 D'abord, éviter de déconstruire.
02:33:55 On essaye d'éviter...
02:33:56 On analyse de plus en plus
02:33:59 est-ce qu'on peut éviter de déconstruire,
02:34:01 parce qu'il y a un bilan carbone
02:34:03 derrière le global qui est différent.
02:34:06 On a un projet, d'ailleurs, sur le secteur Saint-Serge,
02:34:10 où on va réaménager, restructurer un bâtiment
02:34:14 sans le déconstruire,
02:34:15 qui appartenait à ERDF, à INEDIS.
02:34:19 La deuxième chose, c'est...
02:34:21 On a un exemple sur l'opération des bretonnières,
02:34:23 où des promoteurs lauréats
02:34:27 vont...
02:34:28 recycler la terre excavée sur le site
02:34:34 pour des usages plutôt agricoles
02:34:36 autour sur le territoire.
02:34:38 C'est un autre exemple intéressant,
02:34:39 auquel on ne pense pas toujours.
02:34:41 On a aussi un travail en cours sur le territoire,
02:34:45 là, pour le coup, de toute la métropole,
02:34:48 qui est d'essayer d'accompagner la structuration
02:34:50 d'une filière de réemploi.
02:34:51 Parce qu'en fait, sur la question du réemploi,
02:34:54 ce qui est intéressant, ce qui est important,
02:34:55 c'est de pouvoir retirer...
02:34:59 Il faut des acteurs qui sont capables
02:35:01 de retirer des matériaux sans les dégrader
02:35:04 pour qu'ils puissent être réemployés.
02:35:05 C'est un premier enjeu.
02:35:07 Et derrière, il faut que ça puisse être stocké,
02:35:09 référencé, en quelque sorte, recensé,
02:35:12 pour qu'ensuite, des acteurs qui, eux,
02:35:15 pourraient avoir l'usage de ces produits
02:35:18 puissent les réemployer ailleurs.
02:35:20 Et donc, il y a des acteurs qui sont en train de s'organiser
02:35:22 pour définir un peu des fiches produits,
02:35:25 pour définir la réemployabilité des matériaux.
02:35:27 Donc, ça, c'est aussi une filière qu'on accompagne
02:35:30 pour essayer de la structurer.
02:35:32 Voilà. Donc, il y a plusieurs initiatives
02:35:34 qui, je pense, doivent être à tous les étages
02:35:36 pour le réemploi.
02:35:38 -Alors, ça coûte cher,
02:35:39 mais c'est une préoccupation qui va très, très vite.
02:35:42 Je trouve, d'ailleurs, que la façon d'appréhender
02:35:44 un projet d'aménagement est très différente
02:35:46 de celle qu'elle était il y a 5 ans, il y a 10 ans.
02:35:48 On s'aperçoit, nous,
02:35:50 qu'on conserve beaucoup plus de bâtiments.
02:35:52 Les opérations qu'on a enclenchées il y a 10 ans,
02:35:55 finalement, ont mis de côté un certain nombre de bâtiments
02:35:58 qu'on conserverait aujourd'hui, je pense.
02:36:00 Peut-être une dernière question.
02:36:02 On a peu parlé de la concertation avec la population.
02:36:04 Ça aussi, je pense que c'est un élément
02:36:06 qui intervient très fortement dans nos opérations aujourd'hui.
02:36:09 C'est l'appétence de la population
02:36:11 à intervenir, à agir sur nos projets urbains.
02:36:14 Peut-être, j'aimerais bien avoir l'expérience d'Angers
02:36:17 par rapport à ces projets qui sont quand même impactants.
02:36:19 Comment vous faites avec la population ?
02:36:21 D'abord, on a énormément d'outils,
02:36:24 je pense, aujourd'hui, réglementaires
02:36:27 qui ne doivent pas être vécus et utilisés
02:36:29 que comme des outils réglementaires.
02:36:30 Et donc, généralement, ça nous conduit à aller plus loin que ça.
02:36:33 Quand on parle de la concertation obligatoire,
02:36:36 toutes ces étapes-là, en fait, c'est un peu une étape,
02:36:38 souvent un peu préalable dans la vie du projet.
02:36:41 La réalité, mais je pense que tout le monde fait le fait
02:36:43 sans forcément le formaliser.
02:36:45 En tout cas, nous, on a vraiment à cœur de le faire.
02:36:48 C'est que tout au long de la vie du projet,
02:36:50 on a des étapes d'information, d'ateliers
02:36:55 avec les parties prenantes,
02:36:57 que ce soit les riverains,
02:37:00 mais aussi tous les acteurs qui gravitent autour de ce projet-là,
02:37:04 qui représentent les différentes...
02:37:06 Parfois un peu les corps intermédiaires de la population locale.
02:37:09 Donc, c'est quelque chose qui a en effet pris énormément
02:37:12 d'ampleur.
02:37:14 Peut-être un exemple un peu symbolique
02:37:16 de ce qui est peut-être plus répandu maintenant,
02:37:19 mais que nous, on fait à Angers depuis maintenant de nombreuses années,
02:37:22 c'est qu'on demande à tous les promoteurs
02:37:24 ou tous les porteurs de projets immobiliers
02:37:26 de plus de... Je crois que c'est plus de 5 ou 10 logements,
02:37:30 d'organiser des réunions d'information des riverains
02:37:33 dans un périmètre que nous définissons autour du projet
02:37:36 avant de déposer le permis de construire.
02:37:39 Ça, c'est systématique maintenant à Angers
02:37:41 et ça permet d'enclencher
02:37:44 un cycle de confiance
02:37:47 sur des sujets qui ne sont pas toujours faciles
02:37:50 et qui peuvent générer beaucoup de défiance.
02:37:52 Merci à chacun pour cet échange bien nourrissant.
02:37:57 Je cède la parole à Sarah, peut-être.
02:38:00 (Applaudissements)
02:38:02 (...)
02:38:07 -Merci.
02:38:08 Ecoutez, merci beaucoup pour cette intervention.
02:38:16 La première table ronde à laquelle nous avons participé ce matin
02:38:19 a démontré que l'aménagement pouvait être pertinent
02:38:21 à l'ensemble des échelles territoriales,
02:38:24 sans opposer aucunement urbain et rural,
02:38:27 comme ça a pu être dit.
02:38:29 Celle que Bernard vient d'animer, je pense,
02:38:32 a mis en lumière que pour réussir ces mutations territoriales,
02:38:35 le partenariat, l'émulation, la confiance
02:38:39 entre les décideurs locaux et les aménageurs
02:38:41 était un facteur clé de la réussite.
02:38:43 Et pour conclure cette matinée,
02:38:46 nous avons la chance de pouvoir accueillir
02:38:49 en qualité de grand témoin,
02:38:51 qui va pouvoir apporter son éclairage
02:38:53 sur les enjeux que nous avons échangés depuis ce matin,
02:38:56 monsieur le ministre Thierry Repentin,
02:38:58 qui est actuellement maire de Chambéry
02:39:00 et qui représente l'Association des maires de France
02:39:02 et des présidents d'intercommunalité.
02:39:04 Je le vois prendre dans la salle.
02:39:07 Merci beaucoup, monsieur le ministre.
02:39:09 Bien, mesdames et messieurs,
02:39:24 j'interviens ici comme maire.
02:39:27 Au bout de quelques années, vous savez, madame,
02:39:28 il n'y a plus que celui qui a eu la charge de ministre
02:39:31 qui sait qu'il a été ministre,
02:39:32 parce que ça tourne vite.
02:39:35 J'ai bien conscience que je suis le dernier obstacle,
02:39:41 avant qu'on puisse se retrouver autour d'un verre
02:39:44 et de manger un petit morceau,
02:39:46 et que ventre vide n'a pas d'oreille.
02:39:49 Mais je voulais vous dire effectivement
02:39:51 comment j'ai ressenti vos travaux,
02:39:53 parce que c'est finalement ça qui est intéressant
02:39:56 et que je voulais apporter au titre de l'AMF.
02:39:59 En préambule, je voulais vous remercier,
02:40:02 madame et monsieur le coprésident,
02:40:04 pour votre propos liminaire ce matin,
02:40:08 où vous avez tenu à déclarer un message de solidarité
02:40:12 à l'égard des élus.
02:40:14 Au nom de l'AMF, je voulais vous en remercier,
02:40:17 parce que c'est vrai que beaucoup trop d'élus de France
02:40:21 ont eu des moments difficiles à gérer
02:40:25 au cours des derniers jours.
02:40:28 Ce sont des moments où on s'interroge aussi
02:40:32 sur le sens de l'engagement.
02:40:35 Et c'est parfois aussi des moments de découragement,
02:40:38 car en quelques heures,
02:40:41 des années de travail
02:40:44 qui ont été engagées sur des territoires
02:40:46 peuvent partir au sens propre, au sens figuré, en fumée.
02:40:50 Et c'est parfois du découragement
02:40:54 et je vous laisse du coup vous dire
02:40:57 que je pense que tous les élus qui sont dans la salle
02:41:00 et qui ont été confrontés à ces difficultés
02:41:03 ont apprécié que vous y pensiez à ce moment précis.
02:41:08 Alors, ce que je voulais vous dire,
02:41:10 c'est que ce qui est intéressant
02:41:14 dans ce qu'on a vu ce matin,
02:41:16 c'est qu'en fait, on n'abandonne pas la maîtrise du projet
02:41:20 quand on est élu et qu'on fait appel à des aménageurs.
02:41:24 Et je crois que c'est une question essentielle
02:41:27 qui peut parfois effrayer un certain nombre de collègues
02:41:30 en disant, mais si on passe par un aménageur,
02:41:32 qui peut être un aménageur public ou un aménageur privé,
02:41:36 est-ce qu'on perd la maîtrise du projet ?
02:41:40 Et en fait, on ne la perd pas du tout.
02:41:43 Et on l'a bien vu à travers les différents exemples
02:41:46 sur des collectivités locales de taille très différente
02:41:51 avec des projets politiques très différents,
02:41:55 qu'on ne l'abandonne pas et que lorsque l'on choisit
02:41:59 un projet qui va être ensuite confié à une SPL,
02:42:05 qui va être confié à une SEM,
02:42:06 qui va être confié à un outil de développement économique
02:42:11 de son EPCI, voire parfois de plusieurs EPCI
02:42:15 réunis dans un outil ou d'aménageurs privés,
02:42:19 on va travailler ensemble.
02:42:22 Mais ce qui prime, avant tout, en tout cas,
02:42:25 le fait générateur, c'est qu'évidemment,
02:42:28 il y a la nécessité d'un projet politique préalable,
02:42:33 bien défini, qui épouse la réalité du territoire
02:42:37 et des enjeux que portent les équipes municipales.
02:42:41 On l'a vu à Besançon, où il y avait un souhait,
02:42:46 notamment une priorité sur le logement.
02:42:50 Je résume, évidemment, à l'excès, à Castillon,
02:42:54 où on est sur un projet de redéfinition interne
02:42:57 à une collectivité locale de taille moyenne
02:43:00 avec des contraintes très particulières,
02:43:01 puisque j'ai compris que vous aviez un PSMV,
02:43:04 donc c'est des choses qui corsettent,
02:43:08 en quelque sorte, la réflexion.
02:43:09 Mais l'important, c'est quelle est la vision
02:43:12 du devenir du territoire.
02:43:13 Une fois qu'on a la vision du devenir du territoire,
02:43:16 alors là, on peut confier à l'aménageur,
02:43:19 quel qu'il soit.
02:43:20 Et il y a un partenariat qui s'établit.
02:43:24 Il faut que, dans le projet de territoire,
02:43:27 les dimensions qualitatives soient là,
02:43:30 soient suivies, soient ensuite déclinées,
02:43:33 et qu'on s'assure que cet aspect qualitatif
02:43:36 ne soit pas dévoyé.
02:43:37 Quand je dis l'aspect qualitatif,
02:43:38 c'est des choses très différentes.
02:43:40 L'aspect qualitatif,
02:43:42 ça peut être la mixité sociale,
02:43:45 qui est un aspect qualitatif,
02:43:47 la mixité d'usage sur le périmètre du projet,
02:43:51 qui peut être aussi un aspect qualitatif.
02:43:54 C'est les enjeux environnementaux
02:43:55 dont on a beaucoup parlé ce matin.
02:43:59 Mais voilà, la prédominance préalable,
02:44:02 c'est effectivement que les choses
02:44:04 aient été bien définies
02:44:05 pour qu'il n'y ait pas de mauvaises solutions
02:44:10 qui s'élaborent ou qu'on ait le sentiment
02:44:12 que le projet initial est dévoyé.
02:44:14 Après, moi, ce que j'en retire aussi
02:44:17 comme expérience sur mon territoire,
02:44:21 dans ma ville, avec quatre zones d'aménagement,
02:44:24 avec quatre opérateurs différents
02:44:27 dans quatre situations différentes,
02:44:29 puisque un aménagement d'un QPV
02:44:32 avec un aménageur,
02:44:34 un aménagement d'une friche industrielle
02:44:36 à vocation économique,
02:44:39 une ancienne friche à vocation
02:44:41 exclusivement de logement
02:44:43 et un périmètre Action Cœur de Ville,
02:44:49 ACV2,
02:44:51 je vois que le partenariat, en fait,
02:44:55 il est fécond entre la collectivité locale
02:44:58 et l'aménageur.
02:45:00 Et ce qui est important,
02:45:02 c'est que l'aménageur va aussi
02:45:04 nous amener des compétences
02:45:06 que nous n'avons pas toujours
02:45:08 dans les collectivités territoriales
02:45:11 de tailles très, très différentes.
02:45:13 Et c'est important, je trouve, votre rencontre
02:45:18 pour faire comprendre à celles et ceux
02:45:20 qui, dans la salle, sont des professionnels
02:45:22 qu'ils apportent aussi la compétence
02:45:24 qui va permettre à ce que le projet politique,
02:45:27 il puisse avoir une déclinaison opérationnelle.
02:45:30 Le maire de Castillon disait maintenant,
02:45:32 effectivement, je suis plus en recul de pilotage
02:45:37 parce que je sais que je peux m'appuyer
02:45:38 sur une ingénierie que je n'avais pas.
02:45:40 Et c'est, ça me semble-t-il,
02:45:42 l'importance du choix du bon aménageur
02:45:47 et que l'aménageur ait vraiment bien intégré
02:45:50 le projet politique de la collectivité territoriale.
02:45:54 Parce qu'à travers ces compétences,
02:45:56 ça va aussi nous amener parfois des moyens
02:45:58 auxquels on n'avait pas forcément pensé
02:46:00 ou sur lesquels on n'est pas en capacité
02:46:02 de pouvoir les porter.
02:46:04 Aller chercher du fonds friches,
02:46:07 aller chercher des fonds européens,
02:46:11 aller chercher parfois des crédits bonifiés
02:46:14 auprès de la banque des territoires,
02:46:18 c'est, pour une collectivité locale de taille moyenne,
02:46:20 une grande collectivité locale,
02:46:22 on en a eu quelques-unes ce matin,
02:46:24 plus aisée que lorsque vous êtes
02:46:26 à un territoire de taille plus faible.
02:46:29 Et il faut un cahier des charges, là aussi très précis,
02:46:33 et une obligation de résultat.
02:46:34 C'est-à-dire si on va chercher un aménageur,
02:46:36 il faut qu'il nous amène aussi
02:46:39 ses compétences techniques permettant de monter
02:46:41 des dossiers qui, parfois, sont d'une complexité telle
02:46:45 qu'on y renonce en se disant
02:46:46 "Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ?"
02:46:48 Alors que c'est aussi dans un moment
02:46:51 où les collectivités territoriales
02:46:52 ne voient pas leur dotation augmenter,
02:46:55 c'est le moins que l'on puisse dire,
02:46:57 à un moment où, d'ailleurs,
02:46:59 la fiscalité dynamique a disparu,
02:47:02 que ce soit la TH, la CVE qui disparaît,
02:47:06 nous avons besoin d'aller chercher des fonds
02:47:11 qui existent,
02:47:12 mais dont la complexité pour aller les dénicher
02:47:16 sont telles que nous avons recours
02:47:20 aussi à des aménageurs.
02:47:22 Et donc, celles et ceux qui sont dans la salle,
02:47:25 qui sont aménageurs professionnels,
02:47:27 vous dirent qu'il faut que vous soyez
02:47:32 d'une grande efficacité sur ces sujets-là
02:47:34 pour que cela crée aussi de l'appétit
02:47:38 dans les collectivités territoriales
02:47:39 pour aller chercher des aménageurs extérieurs.
02:47:41 Ça, c'est sur l'aspect, on va dire,
02:47:44 professionnel et technique,
02:47:47 qui est intéressant
02:47:49 lorsque l'on passe un contrat avec un aménageur.
02:47:52 Je trouve que ce qui est bien aussi
02:47:54 dans les zones d'aménagement,
02:47:59 c'est que ce sont les seules qui permettent
02:48:01 d'avoir une vision de développement de territoire
02:48:03 qui soit vraiment organisée.
02:48:05 On ne peut plus agir au coup par coup
02:48:06 et boucher des dents creuses, boucher des trous.
02:48:10 Ça vous apporte des opportunités,
02:48:12 mais ça ne vous apporte pas un projet politique,
02:48:14 une vision pour votre territoire,
02:48:16 alors que les zones d'aménagement
02:48:18 le permettent évidemment,
02:48:21 avec une difficulté pour les élus,
02:48:24 mais qui ne sont pas obnubilés,
02:48:26 contrairement à ce que beaucoup,
02:48:28 on entend souvent à l'extérieur,
02:48:29 par l'échéance électorale,
02:48:33 car on sait que sur les zones d'aménagement,
02:48:34 on travaille au-delà de notre mandat.
02:48:38 Vous l'avez dit vous-même, monsieur, tout à l'heure,
02:48:43 même si vous êtes aujourd'hui dans une position
02:48:46 où vous dites que vous ne ferez pas un troisième mandat,
02:48:49 on voit qu'on engage des opérations
02:48:51 dont certaines, on ne verra pas nous-mêmes
02:48:54 l'aboutissement.
02:48:56 Pour ma part, j'ai inauguré le premier bâtiment
02:49:00 sur une zone d'aménagement
02:49:03 que j'ai initiée par une ZAD il y a 25 ans.
02:49:07 25 ans après, le premier bâtiment
02:49:09 a été inauguré il y a six mois,
02:49:12 parce que vous avez aussi des territoires à complexité.
02:49:16 Et dans les territoires à complexité,
02:49:18 les seuls outils effectivement vraiment efficaces,
02:49:21 c'est être maître du foncier,
02:49:23 ça passe parfois par des ZAD,
02:49:26 ce qui vous permet de geler le prix du foncier
02:49:27 à l'année de création de la ZAD,
02:49:30 puis ensuite avec la ZAC,
02:49:31 qui vous permet là aussi d'avoir des outils.
02:49:35 Et c'est aussi ensuite sur l'aménagement,
02:49:38 la mise en commun, la synergie,
02:49:40 le pilotage d'outils que vous pouvez vous-même apporter,
02:49:44 établissements publics fonciers locaux,
02:49:46 lorsque vous avez la chance d'en avoir,
02:49:48 offices fonciers solidaires,
02:49:50 organismes de logements sociaux.
02:49:53 Le pilotage, c'est toujours la collectivité territoriale.
02:49:57 La mise en œuvre, c'est aussi
02:49:59 avec l'apport de l'aménageur.
02:50:02 Voilà ce que je voulais dire aussi.
02:50:04 Ce qui ne vous empêche pas aussi
02:50:08 d'aller chercher des outils parfois plus coercitifs,
02:50:12 c'est le cas quand vous avez la chance
02:50:14 d'avoir une orie
02:50:15 pour mettre en demeure.
02:50:19 C'est le cas lorsque vous faites une ZAD
02:50:22 pour mettre en demeure avec la protection du propriétaire
02:50:25 qui peut, du coup, en contrepartie,
02:50:28 vous demander d'acheter son bien,
02:50:30 ce qui veut dire qu'il faut avoir des moyens.
02:50:32 Et si j'en viens à la question des moyens,
02:50:33 c'est qu'aller chercher un aménageur,
02:50:35 quel qu'il soit,
02:50:37 c'est aussi une sécurité financière
02:50:39 pour la collectivité territoriale
02:50:41 de ne pas être appelé tout de suite à la dépense
02:50:43 parce qu'on peut étaler dans le temps
02:50:45 par rapport à des préemptions,
02:50:49 à des démolitions, des dépollutions,
02:50:52 et ça vous donne une souplesse aussi,
02:50:55 en termes de collectivité locale,
02:50:56 sur des dépenses que vous devriez vous faire
02:50:58 en direct immédiatement
02:51:00 et pour lesquelles votre budget
02:51:01 ne vous le permet pas tout de suite.
02:51:03 Donc vous avez bien compris que je plaide, évidemment,
02:51:06 pour le développement des zones d'aménagement.
02:51:10 Il y a aussi une chose,
02:51:11 moi, si j'avais un message à délivrer
02:51:13 à nos amis aménageurs,
02:51:15 c'est la nécessité du dialogue.
02:51:18 Il se trouve qu'il y a une question
02:51:20 qui a été posée il y a quelques instants
02:51:22 sur laquelle je voulais intervenir avant,
02:51:25 c'est que la nature du dialogue
02:51:27 avec nos concitoyens, elle évolue aussi.
02:51:29 Et on n'aménage plus aujourd'hui
02:51:31 comme on aménageait il y a quelques années.
02:51:34 On ne dialogue plus avec nos concitoyens
02:51:36 comme on dialoguait il y a quelques années,
02:51:37 où nous avions une sorte de blanc-seingle
02:51:40 donné par l'élection et on déroulait notre mandat.
02:51:42 C'est terminé. Il y a aujourd'hui une attente
02:51:45 d'une association des habitants
02:51:48 bien plus qualitative,
02:51:53 j'allais le dire parfois, revendicative
02:51:54 de la part de nos habitants.
02:51:56 Et sur les zones d'aménagement,
02:51:57 il faut aussi organiser
02:51:59 un dialogue beaucoup plus permanent,
02:52:03 beaucoup plus qualitatif,
02:52:05 beaucoup plus proche que c'était le cas
02:52:07 sur les années antérieures.
02:52:09 Et ça, il faut le prendre en compte,
02:52:12 même quand vous êtes sur une zone
02:52:13 d'une ancienne friche.
02:52:15 Il faut, notamment si vous avez
02:52:18 la perspective de faire sortir
02:52:20 des écoquartiers, c'est un des critères
02:52:22 qui vous permettra d'ailleurs
02:52:23 d'être labellisé ou non,
02:52:26 faire des pratiques d'échange différents,
02:52:29 faire des promenades, par exemple.
02:52:30 Certains d'entre nous le font,
02:52:33 consacrent quatre ou cinq samedis par an
02:52:36 sur la zone pour voir comment elle évolue,
02:52:39 demander l'avis sur le parc urbain
02:52:41 qui va être créé,
02:52:43 quelles sont les aménités souhaitées
02:52:45 par celles et ceux qui seront soit dedans,
02:52:47 soit à proximité du quartier.
02:52:50 Faire effectivement,
02:52:52 pour mon collègue d'Angers,
02:52:54 comme nous le faisons à Chambéry aujourd'hui,
02:52:56 le dialogue se fait avant le dépôt
02:52:58 du permis de construire
02:53:00 à partir d'un nombre d'appartements
02:53:03 qu'on peut déterminer librement
02:53:05 dans nos collectivités territoriales.
02:53:07 Mais aujourd'hui, on fait le dialogue
02:53:08 avant même le dépôt du PC,
02:53:10 ce qui ne se faisait pas il y a quelques années,
02:53:13 parce que c'est aussi un gage
02:53:15 d'acceptabilité sociétale aujourd'hui
02:53:17 sur la densité,
02:53:18 car si tout le monde s'accorde à dire,
02:53:20 et les pouvoirs publics nous y amènent,
02:53:24 avec notamment des textes sur le ZAN,
02:53:26 qui fait l'objet d'une commission
02:53:28 mixte paritaire aujourd'hui,
02:53:30 en ce moment même,
02:53:31 sans gage de succès,
02:53:35 en tout cas, ça ne se passe pas aussi bien
02:53:36 qu'on pourrait le penser,
02:53:39 la densité, elle n'est pas spontanément
02:53:40 adoptée par nos concitoyens.
02:53:43 On est tous d'accord
02:53:44 pour préserver des espaces de respiration
02:53:47 pour les générations futures,
02:53:49 en se disant qu'on doit concevoir,
02:53:51 effectivement, la morphologie
02:53:54 de la ville différente.
02:53:56 Eh bien, ce n'est pas aussi évident
02:53:58 que cela à faire admettre,
02:54:00 car si dans l'absolu, on est d'accord,
02:54:03 dès lors que le projet se rapproche
02:54:05 d'habitation,
02:54:07 ça devient plus difficile
02:54:11 en termes d'acceptabilité.
02:54:13 Donc, on a une exigence aussi
02:54:16 à l'égard des aménageurs
02:54:17 sur l'évolution de la nature
02:54:20 du dialogue à organiser.
02:54:23 Et pour ma part, j'y vois parfois,
02:54:25 à partir de mon expérience,
02:54:28 parfois, pour l'élu aussi,
02:54:30 ce n'est pas inintéressant d'avoir ce pas de côté
02:54:33 quand l'aménageur lui-même organise
02:54:37 le dialogue avec celles et ceux
02:54:39 qui sont concernés, avec les habitants concernés.
02:54:41 Parce que ça vous permet d'être un peu en recul,
02:54:44 de ne pas être en première ligne
02:54:45 et de faire aussi évoluer néanmoins le projet
02:54:49 grâce à ce dialogue qui est organisé
02:54:51 par l'aménageur.
02:54:53 Mais être parfois à côté
02:54:55 apporte un certain confort
02:54:57 et vous oblige à réfléchir différemment
02:54:59 par rapport au pilotage de votre projet.
02:55:02 Voilà ce que je voulais vous dire
02:55:04 en ayant écouté tranquillement
02:55:07 dans la salle depuis ce matin
02:55:09 de bout en bout,
02:55:11 et en vous disant aussi, pour conclure,
02:55:13 que c'est l'intérêt, je trouve, de cette matinée,
02:55:16 c'est que les procédures d'aménagement
02:55:18 n'excluent aucun territoire.
02:55:20 Aucun territoire.
02:55:23 Des territoires qui sont fortement structurés
02:55:25 avec des outils.
02:55:27 Moi, je n'ai pas la chance d'avoir
02:55:28 une agence d'urbanisme,
02:55:29 je n'ai pas la chance d'avoir des EPCI
02:55:31 qui sont engagés
02:55:33 dans les procédures d'aménagement.
02:55:36 Mais il y a des communes,
02:55:38 et c'était très bien plus rural
02:55:40 qui se sont exprimés ce matin.
02:55:42 Donc les procédures d'aménagement
02:55:44 sont ouvertes à tous les territoires
02:55:47 avec leurs spécificités.
02:55:49 Mais j'en reviens là.
02:55:50 Ce qui compte, c'est d'abord
02:55:51 l'élaboration du projet politique,
02:55:53 et c'est sur cette base, je pense,
02:55:55 que le contrat d'aménagement
02:55:56 passé avec celui ou celles et ceux
02:55:59 qui sont chargés de le mettre en exergue
02:56:02 devient le plus efficient.
02:56:04 Merci pour avoir pris cette initiative.
02:56:09 Et le dernier obstacle est franchi.
02:56:13 Bien, maintenant que le dernier obstacle
02:56:26 est franchi, vous êtes autorisés,
02:56:28 allez-vous restaurer derrière,
02:56:30 et on se retrouve à 14 h.
02:56:32 ...
02:56:37 ...
Commentaires