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  • il y a 3 ans

Grégory Caret, directeur de l'Observatoire de la consommation de l'UFC-Que Choisir, répond aux questions d’Alexandre Le Mer.
Retrouvez "L'invité éco" sur : http://www.europe1.fr/emissions/linterview-eco

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Transcription
00:00 - Europe 1 bonjour, Alexandre Lemer et Omblin Roche.
00:04 - Europe 1, il est 6h42, les vacances commencent à peine et vous allez bien en profiter, on l'espère.
00:09 Vous ferez peut-être aussi attention à vos dépenses, un signe que nous n'en avons pas terminé avec l'inflation.
00:14 Les prix des fournitures scolaires ne vont pas baisser à la rentrée.
00:18 Votre invité ce matin, Alexandre, c'est Grégory Carré, directeur de l'Observatoire de la consommation de l'UFC Que Choisir.
00:24 - Bonjour Grégory Carré. - Bonjour.
00:26 - Le coût moyen de la rentrée scolaire 2022, c'était 208 euros, plus 4% par rapport à l'année précédente.
00:31 Est-ce qu'on continue sur la même lancée cette année ?
00:34 - Alors d'après les premiers relevés que nous sommes en train de réaliser, malheureusement non.
00:39 Et la hausse va être beaucoup plus marquée que ce qui a déjà pu être noté en 2022,
00:44 parce qu'on serait probablement au-delà des 10% de hausse en 2023 par rapport à 2022 pour les fournitures scolaires.
00:51 - Donc on continue sur la même lancée, ça continue d'augmenter, c'était le sens de ma question.
00:56 - Oui, alors là on parle de... Effectivement, ça continue d'augmenter, et même sur les autres produits.
01:02 De toute façon, on a en train de constater une pause, une très légère diminution, un reflux,
01:10 mais qui reste quand même assez imperceptible pour la plupart des consommateurs.
01:13 - Les prix des fournitures, ils ont été négociés en grande partie l'année dernière, en fait, par la grande distribution.
01:19 Ça veut dire en plein envolée des prix de l'énergie et du papier.
01:22 Ça veut dire aussi que les prix des fournitures, cette année,
01:24 ils découlent des conditions très inflationnistes de l'année dernière, en fait.
01:29 - Alors, le papier, lui, effectivement, est une des matières premières qui a le plus subi la forte hausse.
01:37 Nous qui vendons un magazine, on a payé pour le voir aussi.
01:42 - Oui, on est bien placé !
01:44 - Mais il y a effectivement l'ensemble des fournitures scolaires dont on a pu relever.
01:50 Alors, on n'a pas fait un relevé extrêmement fourni, parce qu'on a discuté ensemble juste hier,
01:55 mais sur une quarantaine de produits qu'on a pu constater, on est à 11% de hausse.
01:59 Et c'est en fait l'ensemble du cartable qui a été concerné, l'ensemble des produits.
02:04 Donc, pas seulement ceux qui sont avec des fortes matières premières comme le papier,
02:08 mais d'autres aussi qui ont été concernés.
02:10 - C'est-à-dire le contenu de la trousse, par exemple, les stylos, les ciseaux, tout augmente.
02:16 - Voilà, le rapporteur, les cartouches d'encre, le stylo plume, tout est à la hausse.
02:22 Alors, les hausses sont plus ou moins marquées en fonction des marques,
02:26 mais malheureusement, il n'y a aucun produit qui s'inscrit à la baisse.
02:30 Alors, les prix, généralement, dans la grande distribution, sont plutôt négociés,
02:36 en tout cas pour les denrées alimentaires en mars,
02:37 mais c'est vrai que sur les denrées des fournitures scolaires,
02:41 ce sont des produits qui se négocient très longtemps à l'avance.
02:45 Mais je pense que surtout, c'est que la grande distribution a changé son logiciel.
02:51 Il y a quelques années, l'idée de la grande surface voulait que,
02:54 à trop augmenter les prix, vous alliez perdre en volume d'achat
02:57 et vous alliez perdre en chiffre d'affaires.
02:59 L'année 2022 a fait changer complètement l'algorithme pour la grande distribution,
03:03 car remarquez qu'en augmentant très fortement les coûts,
03:07 parce qu'on parle quasiment sur 18 mois de 20% de hausse,
03:10 ils ont constaté que le volume de vente n'est pas forcément en baisse
03:15 et que du coup, les profits sont au rendez-vous.
03:17 Donc je pense que ça risque malheureusement de se répéter encore à l'avenir dans d'autres secteurs.
03:24 - La ministre Olivia Grégoire souhaite que les distributeurs
03:26 intègrent les fournitures scolaires justement aux dispositifs mis en place contre l'inflation.
03:31 On voit que ça ne s'est pas fait tout seul déjà pour l'alimentaire.
03:33 Est-ce qu'on en prend le chemin pour les fournitures scolaires ?
03:37 - Alors le dispositif anti-inflation, c'est anti-inflation, ça veut dire anti-hausse.
03:42 Malheureusement, les produits sont déjà en rayon
03:45 et la hausse est déjà constatée supérieure à 10%.
03:48 Donc un panier anti-inflation, c'est trop tard.
03:50 C'est-à-dire que là, les prix ont déjà augmenté de 10% par rapport à 2022.
03:55 Il faudrait un dispositif de reflux de l'inflation,
03:58 mais pour l'instant, ça n'existe pas encore.
04:00 - Le trimestre anti-inflation se prolonge jusqu'à la fin de l'année.
04:03 Ça veut dire un coup de pouce en principe pour ces vacances d'été.
04:06 En attendant, on ne voit pas beaucoup de baisse sur les étiquettes au supermarché.
04:10 Est-ce que les industriels jouent suffisamment le jeu ?
04:13 - Alors, ce n'est pas tellement malheureusement le dispositif anti-inflation
04:17 qui va faire modifier la courbe des prix.
04:20 Ça va être plutôt la stratégie de la grande distribution.
04:25 Aujourd'hui, il y a un léger reflux, mais vraiment, c'est très marqué.
04:28 Si on prend les comparaisons des prix sur un an et demi,
04:32 un produit qui coûtait 1 euro, vous l'achetez aujourd'hui 1,25 euros.
04:36 Il y a un mois, vous l'achetiez 1,26 euros.
04:38 Donc, vous voyez, le reflux est quand même assez ténu.
04:42 Ce n'est pas du tout le trimestre anti-inflation malheureusement qui porte ses fruits.
04:47 C'est que là, on est à un tel niveau de prix que les consommateurs n'arrivent plus à suivre.
04:52 L'autre enseignement, c'est que cette hausse de prix
04:57 est assez décorrélée de l'évolution des prix des matières premières.
05:01 En 2022, c'est vrai qu'on a eu tendance un peu à accepter toutes ces hausses de prix
05:05 en se disant que c'était lié à une augmentation des cours des matières premières.
05:09 Malheureusement, il y a de plus en plus d'études qui nous expliquent
05:14 que ce n'est pas vraiment ce qui s'est passé et que c'est plutôt la création de profit
05:19 des industriels et de la grande distribution qui est derrière cette hausse des prix.
05:24 Donc, on a payé très cher.
05:26 Maintenant, on aimerait en revanche retrouver des niveaux de prix plutôt dans la norme.
05:31 Effectivement, parce que jusqu'ici, si on est économise à la caisse,
05:34 ça se compte, je crois, en centimes, en pièces jaunes pour l'instant.
05:36 Merci Grégory Carret, directeur de l'Observatoire de la consommation de l'UFC Que Choisir.
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