00:00 Bonjour, je suis Grégory Panachone et je suis sur Transinter.
00:03 Je me suis dessiné le monsieur, il n'a pas de nom.
00:06 J'ai essayé de le faire un peu sur la physionomie de l'auteur du livre.
00:11 La petite lumière.
00:12 Il lui ressemble, disons qu'il a son nez.
00:14 Antonio Moresc, il a un nez qui est incroyable.
00:16 De statue antique.
00:18 Mais en même temps, il ressemble aussi, je trouve,
00:20 à un autre personnage que j'ai fait dans une autre BD
00:23 qui s'appelle "Quelqu'un qui parlait", mais plus vieux.
00:26 Ça donne une continuité un petit peu dans tout le travail que je peux faire.
00:29 Un réalisateur qui utilise toujours les mêmes acteurs.
00:32 Voilà, c'est terminé.
00:35 Donc c'est le monsieur qui est le héros de cette histoire, la petite lumière.
00:39 La petite lumière, c'est le livre que je viens d'adapter,
00:44 de Antonio Moresco.
00:46 Et ça parle de ce monsieur qui est perdu dans la nature,
00:52 dans cette vieille maison abandonnée, dans un amour abandonné.
00:55 En face de lui, il voit cette petite lumière qui apparaît
00:58 sur une montagne complètement inhabitée.
01:01 Donc il se demande ce que c'est.
01:03 Et un jour, il décide d'y aller.
01:05 Moi, j'ai choisi ce bouquin parce que je trouvais que c'était très mystérieux.
01:10 Il y avait quelque chose de très mystérieux dans ce livre.
01:12 Et ça me plaisait particulièrement.
01:15 Ce n'est pas vraiment le héros de mon enfance,
01:19 mais c'est celui que je dessinais quand j'étais petit.
01:21 Je ne me souviens plus très bien comment il était,
01:22 mais je me souviens que je n'arrêtais pas de le dessiner tout le temps.
01:24 Mais j'étais petit.
01:25 Le fait de le dessiner, ça me faisait prendre conscience
01:28 que c'était un personnage dessiné.
01:29 Sinon, je pensais que c'était la réalité.
01:32 Et le fait de le dessiner, je me disais,
01:33 ah, donc, c'est des traits qui sont dessinés, vraiment.
01:36 Ce que je suis en train de faire, c'est des traits qui sont dessinés.
01:39 Je n'avais pas cette conscience-là.
01:41 Je pense comme un peu tous les enfants.
01:43 On pense que c'est fait par la magie.
01:45 Je ne sais pas.
01:46 Donc c'est Lucky Luke.
01:47 J'espère qu'on l'a reconnu.
01:50 Mais je ne sais même pas si je lisais Lucky Luke.
01:54 Mais en tout cas, j'étais fasciné par le dessin.
01:58 Et voilà, je n'arrêtais pas de le dessiner.
02:01 Après, j'ai commencé à dessiner d'autres choses et tout.
02:04 Mais c'était une espèce d'amour de jeunesse.
02:08 En tout cas, c'est sûr que Maurice, il avait vraiment une technique très efficace.
02:12 C'est ça que j'aimais bien aussi.
02:13 C'est que je m'en suis aperçu plus après.
02:16 C'est que ça ne lui ressemble pas.
02:18 Mais bon, tant pis.
02:20 Donc voilà.
02:23 Une des plus importantes références pour tout ce que j'ai pu faire,
02:27 c'est vraiment Hayao Miyazaki.
02:29 Je l'ai découvert dans les années 90.
02:30 Pour moi, ça a été vraiment une révélation,
02:32 parce que c'est comme s'il y avait une imagination sans limite.
02:36 Donc, il se permet tout.
02:38 On sent qu'il y a une liberté totale de créativité.
02:41 C'est ça qui m'a toujours fasciné chez lui.
02:45 Ma deuxième référence, c'est Jean-Gyraud Moebius.
02:48 Comme un peu tout le monde, j'adore en fait sa capacité,
02:52 sa capacité qu'il a de graphique, de représenter l'espace.
02:55 En fait, la profondeur de champ est vraiment très particulière chez lui.
03:01 Et aussi l'harmonie qu'il y a dans son dessin, la sensualité.
03:05 Donc la troisième référence, c'est Daniel Gossens.
03:09 Pour l'humour, il y a quelque chose de vraiment très précis dans son humour.
03:14 Je n'ai jamais retrouvé nulle part ailleurs.
03:15 Et je trouve que c'est les seules fois
03:19 pratiquement de ma vie où j'ai pu rigoler, éclater de rire vraiment devant un livre.
03:24 Donc, je trouvais que c'est fort.
03:26 J'essaye de retrouver ça chez lui, enfin en moi chez lui.
03:30 Et ma quatrième référence, c'est Stanley Kubrick.
03:34 Moi, ce qui m'a vraiment fasciné chez lui, c'est la froideur qu'il a
03:39 de représenter les choses comme si c'était objectif,
03:42 comme si on les voyait d'une façon objective.
03:45 Ses qualités de cadrage, la perfection de ses compositions.
03:50 Donc, c'est comme si c'était une caméra qui n'existe pas, qui est là,
03:54 mais comme si c'était quelqu'un qui regardait une situation
03:58 et comme s'il n'y avait personne, en fait.
04:00 C'est ça qui me fascine chez lui.
04:01 [Musique]
04:07 [SILENCE]
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