00:00 Je suis Sébastien Vassant et je suis sur France Inter.
00:03 Pour dessiner La Fabrique des Français, je suis passé par plusieurs systèmes
00:10 de narration et aussi de dessin où je mélange un peu
00:14 à la fois plus des stéréotypes de personnages,
00:18 puisqu'on est sur des représentations de migration de différents pays, etc.
00:23 Donc, j'utilise un petit peu les représentations stéréotypées
00:27 qu'on peut avoir inconsciemment ou même consciemment.
00:30 Je n'ai pas de personnage récurrent dans ce livre, puisque c'est
00:34 une vision un petit peu très large de la nation française
00:39 depuis la Troisième République.
00:42 Il y a un mélange de plusieurs
00:44 origines, plusieurs générations
00:48 dans ce livre qui fait que
00:51 on découvre énormément de visages.
00:56 Tout est important dans ces représentations-là
01:00 et demande pas mal de temps de recherche, d'observation.
01:05 Ça, après, c'est aussi
01:09 le temps passé à dessiner depuis de nombreuses années,
01:13 l'expérience aussi qui fait que ça va un peu plus vite.
01:16 Mais il y a quand même toujours de l'apprentissage là-dedans.
01:20 Alors, La Fabrique des Français raconte
01:25 l'histoire de la nation française,
01:27 celle qui a s'est construite depuis 150 ans à travers les migrations successives.
01:32 Et pour cela, on croise des témoignages d'anonymes
01:37 et de célébrités qui parlent aussi de leur histoire familiale
01:42 et qui donnent concrètement des exemples de cette histoire-là
01:46 française.
01:49 Alors, un héros de mon enfance,
01:55 j'aurais pu choisir plein de choses.
01:58 Je lisais quand même beaucoup de bandes dessinées,
02:00 mais j'avais quand même une lecture favorite,
02:03 c'était Pif, qui est pas un personnage très amusant, en fait.
02:06 Donc, en fait, les personnages dans Pif
02:11 qui m'amusaient beaucoup et qui m'amusent encore,
02:14 c'est Placide et Muso.
02:16 Toute leur blague n'était pas du tout drôle.
02:19 Ça tombait toujours à plat.
02:20 J'avais toujours besoin de le relire plusieurs fois pour comprendre.
02:23 Et une fois que je comprenais,
02:26 ça me faisait vraiment rire tellement c'était pas drôle.
02:28 Et aujourd'hui, c'est encore une espèce de référence d'humour absurde.
02:32 Alors, ma première référence la plus évidente,
02:35 c'est Will Eisner, qui est un auteur de bandes dessinées américaines,
02:39 qui a dessiné jusqu'à 90 ans et qui est un peu le créateur,
02:42 en tout cas, celui qui a relancé la bande dessinée aux Etats-Unis
02:45 avec le concept de roman graphique.
02:48 Voilà, et j'ai découvert ça étudiant et ça m'a formé
02:50 à la fois dans le dessin, mais aussi dans la narration.
02:52 Ma deuxième référence, elle est cinématographique.
02:55 Elle sera assez classique dans ma construction.
02:58 C'est Steven Spielberg, pas forcément
03:01 pour le côté fun de ses films ou plus sérieux.
03:05 C'est aussi dans sa manière de raconter les choses et dans son
03:08 sa façon d'équilibrer entre
03:11 entre le moment tragique et
03:14 et plus comique.
03:16 Et enfin, voilà son équilibre de la narration que j'ai découvert
03:19 en étudiant un peu son travail.
03:21 Troisième référence,
03:23 c'est un ami, David Prudhomme,
03:26 en fait, qui m'a un peu débloqué
03:29 dans la manière de dessiner, de concevoir.
03:32 On travaille comme du dessin pur, en fait, de sortir un peu
03:36 de la prison, de la bande dessinée, de l'illustration jeunesse
03:40 et juste dessiner avec ce plaisir du dessin et de cette recherche.
03:44 Ma quatrième référence va être un peu un peu gnangnan,
03:48 mais c'est un peu les amis qui m'entourent à l'atelier
03:51 dans mon réseau de dessinateurs
03:55 qui m'influencent beaucoup en parlant un peu de nos travails, en échangeant.
04:00 Donc il y a des gens comme Benjamin Adam, Ror Petit, Vincent Sorel, Glenn Chaperon,
04:04 Leslie Pley, Mathieu Demort.
04:07 Voilà, c'est
04:08 les personnes qui constituent mon atelier à Nantes.
04:11 Et au fur et à mesure, en fait, en échangeant avec eux,
04:15 j'évolue pas mal.
04:17 Voilà.
04:17 [Musique]
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