00:00 Je suis David Snugg, vous êtes sur France Inter.
00:02 Alors, mon personnage récurrent, c'est moi-même.
00:09 Sauf que moi, j'ai évolué, c'est-à-dire, enfin évolué, je ne sais pas si j'ai évolué,
00:14 mais j'ai évolué physiquement.
00:16 C'est-à-dire qu'avant, je portais toujours un bonnet, mais je ne le mets plus.
00:19 Et aussi, j'avais une barbe hyper longue et il a souvent les bras ballants comme ça,
00:24 avec, je ne sais pas pourquoi, je mets tout le temps les mains comme ça,
00:27 ce qui est une position attenable dans la vraie vie.
00:31 Il marche parce que je me représente pas mal souvent en train de marcher,
00:34 parce que je marche beaucoup.
00:37 En fait, c'est comme ça que je trouve mes idées de BD.
00:41 Maintenant, je pourrais presque le dessiner les yeux fermés,
00:45 parce qu'il apparaît quasiment dans toutes les cases.
00:47 Et des fois, j'en ai un peu marre, j'aimerais changer,
00:49 mais si je change, on ne me reconnaîtra plus.
00:55 Mon dernier bouquin, La lutte, pas très classe, ce n'est pas vraiment une BD,
00:58 c'est une collection de cinquantaine de dessins avec une petite préface en BD.
01:03 En fait, comme je me balade beaucoup,
01:05 je suis tombé plusieurs fois sur des slogans écrits sur les murs.
01:09 L'écologie sans lutte des classes, c'est du jardinage.
01:12 Et en fait, ça m'a donné envie d'en créer plein,
01:17 parce que je me disais que politiquement,
01:19 c'était hyper intéressant de remettre la lutte des classes
01:22 dans tous les domaines de lutte.
01:25 Quand j'étais enfant, j'ai eu du mal à choisir un héros
01:30 parce que je ne lisais pas de BD enfant.
01:32 Je me rappelle juste avoir lu une fois ou deux des Tintin,
01:35 donc j'ai pris Tintin.
01:37 À partir du moment où il a fait Lotus Bleu, je crois, et Arger,
01:40 il a commencé à se documenter beaucoup, beaucoup, beaucoup.
01:45 Et moi, j'aime moins.
01:45 Je préfère quand il fait des BD un peu en improvisant,
01:52 comme il a fait avec Tintin au Congo,
01:55 Tintin en Amérique ou chez les Soviétes,
01:58 parce qu'on reconnaît beaucoup plus sa personnalité.
02:04 Quelque part, c'est plus autobiographique.
02:07 Et du coup, on se rend compte qu'il était complètement réac.
02:10 Par contre, c'est un peu le problème.
02:12 Donc, ça me gêne un peu, mais je trouve que les BD
02:15 les plus personnels de Arger, c'est les trois premières, je trouve.
02:18 Et là, j'ai complètement foiré l'épaule.
02:22 Voilà, là, j'ai pas fait la bouche.
02:24 Bon, c'est un Tintin vu par moi.
02:27 Je suis pas sûr qu'il ressemble au vrai Tintin.
02:29 Alors, ma première référence, ce serait Élisée Reclus.
02:34 C'est un géographe anarchiste militant du 19e siècle.
02:40 Et il marchait beaucoup.
02:41 Alors, je marche pas autant que lui,
02:42 qu'il pouvait traverser la France à pied, etc.
02:44 Mais ça me débloque des problèmes de scénario, de choses comme ça.
02:48 Il m'a vraiment inspiré.
02:50 La deuxième référence qu'il m'a construit, c'est Yann Moix.
02:56 Comme ça, ça peut paraître bizarre,
02:58 mais une fois, je regardais l'émission de Laurent Ruquier.
03:02 Et en gros, il y avait Jules qui était invité pour Lucky Luke.
03:07 Et Yann Moix, il a ciré les pompes en disant que c'était super, tout ça.
03:11 Et à un moment, comme il fallait lui faire un reproche, il lui a dit
03:14 c'est dommage, il y a deux cases qui sont copiées, collées.
03:17 Et là, comme je ne suis pas très fan de Yann Moix en vérité,
03:21 ça m'a débloqué un truc.
03:23 Je fais des copiées, collées dans tous les sens.
03:25 Je n'ai plus aucun scrupule à décalquer, etc.
03:28 Et par exemple, la lutte Patrick Lasse,
03:31 tous les dessins sont décalqués et ça ne me pose plus aucun problème
03:36 grâce à cette petite phrase de Yann Moix.
03:38 Troisième référence, c'est mon auteur de BD préféré.
03:44 J'ai vraiment été inspiré le jour où j'ai commencé à lire des BD de Joe Matt,
03:49 qui est l'auteur qui a poussé pour moi le plus, le plus loin l'autobiographie
03:55 dans des retranchements que je serais incapable d'aller,
03:58 mais qui m'inspire à chaque fois.
04:00 Quatrième référence, c'est Julia Verts,
04:05 qui est une autrice de BD américaine, qui est un peu dans la même mouvance
04:10 que Joe Matt, mais qui parle beaucoup de sa vie new-yorkaise.
04:14 Pendant plusieurs années, je suis resté sur du noir et blanc à cause de Julia Verts,
04:18 parce que je trouve qu'elle a un super beau noir et blanc,
04:21 qu'on s'est bien maîtrisé.
04:23 Mais moi, je ne suis pas sûr d'y arriver, alors je suis reparti à la couleur.
04:25 (indicatif musical)
04:28 ♪ ♪ ♪
04:30 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
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