00:00 - Oui, il y a une réforme administrative à faire dans notre pays.
00:03 On a, par exemple, aujourd'hui...
00:04 - Mais pour faire quoi ?
00:05 - Je crois qu'il y a des doublons à supprimer.
00:08 - Il y a des doublons à supprimer ?
00:09 - Regardez, aujourd'hui, les gens ne comprennent pas ce qui se passe.
00:12 On leur dit, il n'y a jamais eu autant de dépenses publiques
00:15 et eux, la dépense publique qu'ils voient autour d'eux, ils la voient réduire.
00:17 En 2017, on a fermé sept centres des finances publiques.
00:20 C'est sept endroits où les gens, ils allaient voir quand ils n'avaient pas les impôts,
00:24 ils ne peuvent plus aller les voir.
00:25 On a fermé 12 places d'école.
00:27 - On rentre en contact avec les finances publiques sans se déplacer.
00:30 - Les gens, ils disent, on a fermé mon centre des impôts,
00:31 on a fermé mon bureau de poste,
00:32 on a fermé les classes d'école de mon enfant, etc.
00:35 Et là, on doit aller beaucoup plus loin maintenant dans la ruralité pour aller à l'école.
00:38 Et on nous dit que la dépense publique augmente.
00:41 Et alors, elle part où, la dépense publique ?
00:42 Moi, je crois qu'elle part aujourd'hui dans une très grosse bureaucratie.
00:46 Donc, il y a la question...
00:47 - Attendez, mais vous êtes membre de la commission des finances, vous devriez savoir.
00:51 - Oui, il y a un peu ancienne, pour un ordre de grandeur,
00:53 qui est un peu ancienne, mais grosso modo, le surcoût de...
00:57 de...
00:58 comment dire ?
00:59 de...
01:00 de cette espèce de frénésie réglementaire,
01:02 cette instabilité fiscale réglementaire, cette complexité,
01:05 c'est quand même 60 milliards d'euros par an.
01:07 - Le fait de changer à chaque fois de...
01:09 - La suradministration, la surcomplexité de l'administration française,
01:14 par rapport à la moyenne de l'OCDE, ça coûte 60 milliards par an.
01:17 - Un exemple, aujourd'hui, quand vous donnez une compétence à une collectivité,
01:20 ça coûte 20% plus cher.
01:22 Bon, donc parfois, c'est utile,
01:24 parce qu'on a besoin que les décisions soient prises près des citoyens.
01:25 Moi, je pense qu'il faut renforcer le pouvoir des maires,
01:27 renforcer le pouvoir des lieux locaux.
01:29 Mais il y a certaines dépenses, on se demande pourquoi elles sont administrées au niveau local.
01:32 Prenons le cas du RSA.
01:34 Quelle est la plus-value à ce que le RSA soit géré par les départements ?
01:36 C'est les mêmes règles partout dans toute la France.
01:39 Et aujourd'hui, on ferait une économie si le RSA était versé directement par l'État.
01:42 - Ça nous coûterait moins cher. - Ça nous coûterait beaucoup moins cher.
01:43 Parce que forcément, quand vous avez plus de souveraineté, plus petite...
01:45 - Je vous dis "décentralisateur".
01:46 - Non, c'est la vraie décentralisation.
01:49 La vraie décentralisation, c'est mettre au niveau local
01:51 les décisions qui ont une plus-value à être gérées au niveau local.
01:55 Et moi, je suis désolé,
01:56 moi, j'ai été candidat à des élections départementales,
01:58 mais je ne savais pas quoi raconter aux gens.
02:00 90% des dépenses des départements, elles sont fléchées.
02:05 Bon, moi, j'estime que la somme de ces dépenses,
02:06 elle pourrait être assumée nationalement et on ferait des économies.
02:09 Et moi, je préfère qu'on rouvre des centres de finances publiques.
02:11 Je préfère qu'on ouvre des cabinets de médecins,
02:12 parce qu'on n'a plus de médecins chez nous.
02:13 Je préfère qu'on rouvre des classes d'école en milieu rural,
02:15 car aujourd'hui, ce n'est pas possible de faire 40 km pour aller à l'école.
02:18 Voilà, je pense que c'est tous ces sujets-là qu'il faut qu'on arrive à poser aujourd'hui.
02:21 Et c'est de réfléchir là où l'euro est le mieux dépensé.
02:24 Et encore une fois, la politique de désarmement fiscal d'Emmanuel Macron
02:28 coûte extrêmement cher au pays.
02:30 50 milliards d'euros de recettes en moins chaque année,
02:32 on ne peut pas se le permettre.
02:33 Donc, il faut rétablir la progressivité de l'impôt sur le revenu,
02:36 rétablir l'impôt sur la fortune,
02:38 et évidemment, mieux taxer le revenu capital.
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