00:00 Vous êtes levée ce matin pour applaudir Yannick Morrès au Parlement ?
00:03 – Pour applaudir qui ?
00:07 – Yannick Morrès, le maire de Saint-Brévent-les-Pins.
00:09 – Ah non, l'intervention de Raphaël Glucksmann vous voulez dire ?
00:13 – Oui absolument.
00:14 – Non, non, pas du tout, je ne me suis pas levée
00:17 parce que j'ai estimé que son intervention
00:20 relevait plus de la récupération politique et d'une scène de théâtre
00:26 que du sérieux concernant ce sujet qui doit tous nous interpeller.
00:30 Évidemment quand on voit les chiffres des agressions envers les élus,
00:35 ça doit être condamné avec la plus grande fermeté.
00:38 En revanche, moi je n'ai pas d'élément
00:41 puisque personne n'a été interpellé, il y a une enquête qui est en cours,
00:45 je ne vois pas comment je peux mettre en cause qui que ce soit,
00:49 ceux que je dénonce et ceux que je condamne,
00:52 comme tous les élus, et pas que tous les élus d'ailleurs,
00:56 tous les citoyens je pense, condamnent, c'est l'agression qui est faite
01:00 et c'est l'augmentation des agressions à la fois verbales et physiques
01:04 que subissent les élus, mais pas que les élus locaux,
01:08 les parlementaires nationaux, les parlementaires européens,
01:11 même moi j'ai eu des plaintes que j'ai déposées,
01:16 j'ai d'ailleurs fait condamner des personnes pour des propos inacceptables,
01:22 pour des violences, pour des menaces.
01:25 – Mais pardon, vous dites ce soir que ce qu'a fait ce matin Raphaël Glucksmann
01:29 c'était du théâtre, il va vous répondre forcément Raphaël Glucksmann.
01:31 – Oui bien sûr, il me répond, pas de problème.
01:34 – Vous voyez, là ce que vous venez de faire c'est noyer le poisson dans l'eau,
01:38 c'est-à-dire qu'en gros vous venez d'expliquer, on part d'un cas précis,
01:42 qui est le cas d'un maire qui est la cible permanente de l'extrême droite,
01:46 la cible permanente de partis politiques d'extrême droite
01:49 qui sont officiellement en campagne contre lui,
01:51 où il y a des cadres qui le mettent en cause directement,
01:55 donc vous partez de ce cas-là et vous aboutissez aux violences en général
02:01 contre les élus, où vous expliquez qu'en gros vous-même,
02:04 vous avez été visé par des insultes et des menaces,
02:09 mais vous vous rendez compte, c'est-à-dire que vous dépolitisez,
02:12 et on comprend bien pourquoi vous dépolitisez ce cas-là,
02:15 vous le dépolitisez pour une raison très simple,
02:17 c'est que ça ne vous arrange absolument pas de dire la vérité,
02:20 c'est-à-dire qu'il était la cible d'une idéologie d'extrême droite
02:24 dans sa commune et par des acteurs qui n'étaient même pas ses administres.
02:29 – Nadine Morano vous répond, Nadine Morano.
02:30 – Ok, moi c'est… bon, ça j'entends votre version M. Glucksmann,
02:35 mais il y a beaucoup d'élus qui ont été surpris d'ailleurs par votre intervention
02:40 puisqu'il ne vous aura pas échappé que c'est le seul côté de votre hémicycle
02:44 qui s'est levé parce qu'aucun autre élu n'était informé,
02:48 notamment de votre intervention que vous avez faite en début de séance
02:52 avant les votes…
02:54 – Mais ça c'est pas le problème Nadine Morano.
02:55 – Ben tenez, ben si, parce que c'est un problème en séance
02:59 de se lancer dans une scène de table,
03:01 il me dit que c'est des gens d'extrême droite,
03:03 moi je suis désolée, j'ai lu la presse, j'ai lu les interventions
03:07 pour voir ce qui était dit, j'ai regardé quels étaient les propos
03:11 du sous-préfet, du commandant de gendarmerie,
03:13 il y a eu des manifestations de gens qui étaient opposés
03:16 à ce centre d'accueil pour demandeurs d'asile,
03:20 on en a dans tous nos territoires, ne vous inquiétez pas,
03:24 cette répartition imposée par le chef de l'État des migrants
03:27 dans nos territoires, il ne faut pas croire que ça fasse plaisir aux gens,
03:31 quand ils découvrent un matin, c'était le cas aussi chez moi ici
03:34 dans le Saint-Ouen, ou dans un château, dans une petite commune,
03:38 on y a mis des migrants, le maire s'est retrouvé en difficulté…
03:40 – Mais est-ce que ça se passe… c'est un problème,
03:42 est-ce que ça se passe pas là-dedans ?
03:43 – On retiendra juste que vous ne vous levez pas pour rendre hommage
03:46 à un maire qui est agressé, menacé par l'extrême droite
03:50 et qui est conduit, obligé à la démission et à renoncer
03:56 à son mandat confié par les électeurs, on retiendra que pour vous,
04:00 ce n'est pas un problème, que pour vous…
04:02 – Elle vient de vous dire l'inverse, c'est malhonnête.
04:04 – Il n'y a pas d'idéologie…
04:05 – Franchement, c'est malhonnête de me dire une chose comme ça,
04:07 je vais vous dire…
04:08 – Ce n'est pas un problème politique, il n'y a pas d'idéologie.
04:12 – Monsieur Glucksmann, vous mettez en cause des personnes,
04:15 moi je ne me permets pas de mettre en cause des personnes…
04:17 – Il n'y a pas d'idéologie, madame Morano,
04:19 une idéologie politique, des cadres politiques d'un parti politique…
04:22 – Monsieur Glucksmann, mais monsieur Glucksmann, pardon,
04:25 il y a eu des manifestations, il y a la liberté d'expression
04:28 et je crois que dans ce pays, ce qui est insupportable,
04:30 c'est qu'aujourd'hui, on ne peut plus débattre,
04:33 on ne peut plus non plus se servir du moyen électoral du vote
04:36 pour dire on est d'accord ou on n'est pas d'accord,
04:39 mais moi que vous me disiez, c'est des gens d'extrême droite,
04:41 qui ne sont pas d'accord avec ça,
04:43 c'est que vous les accusez d'avoir mis le feu à la maison ?
04:45 C'est ça que vous êtes en train de dire ?
04:47 Parce que la question c'est que ce monsieur s'est retrouvé,
04:50 et que je soutiens à fond, il n'y a pas de sujet là-dessus,
04:54 il n'y a même pas d'interrogation, et je condamne tout acte de violence,
04:57 il n'y a même pas de sujet là-dessus, mais moi je me refuse…
05:00 – Il le dit qu'il est la cible de l'extrême droite, il le dit lui-même.
05:04 – Mais monsieur, il peut dire qu'il est la cible de l'extrême droite
05:07 comme d'autres peuvent dire qu'ils sont la cible de l'extrême gauche,
05:10 quand il y a un fait tel qu'il a subi, c'est-à-dire que sa maison,
05:14 on a mis le feu à sa maison, et à des véhicules qui étaient
05:17 à proximité de sa maison, qui lui appartiennent,
05:19 si j'ai bien compris.
05:20 Moi j'ai entendu qu'il y avait une enquête,
05:22 que pour l'instant personne n'a été mis en cause sur cet acte de vandalisme,
05:27 sur cet acte qui aurait pu d'ailleurs très très mal tourner,
05:30 moi je suis désolée, je respecte la justice, je respecte mon pays,
05:34 et je respecte l'enquête qui est en cours,
05:36 donc vous n'entendrez pas devant vous…
05:38 Il n'y a eu aucune interpellation qui a été réalisée.
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