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  • il y a 3 ans
Avec Charles Gave et Éric Zemmour.

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##BERCOFF_DANS_TOUS_SES_ETATS-2023-04-24##

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News
Transcription
00:00:00 Sud Radio Bercov dans tous ses états, ça tweet, ça tweet.
00:00:04 Et voici le tweet du jour.
00:00:06 Le tweet du jour, c'est évidemment, évidemment, évidemment, le tweet du jour.
00:00:13 Non, je dirais le se peler, ce galeud où vient tout le mal,
00:00:18 selon Thierry Breton, commissaire européen,
00:00:22 selon Delphine Hanotte, présidente de télévision, oui, oui, oui.
00:00:25 Il y a un verre dans le fruit, c'est Elon Musk qui vient de racheter Twitter
00:00:31 et vous voyez, il se passe beaucoup de choses en ce moment,
00:00:34 on ouvre des boîtes de pentor, mais en fait, il paraît que c'est un danger pour la démocratie.
00:00:39 Vous allez me dire, mais quand même, c'est un peu beaucoup.
00:00:42 Non, non, non, non, non.
00:00:43 Par exemple, par exemple, hier, Thierry Breton était invité à l'émission
00:00:49 "Questions politiques" sur France Inter, France Info, Le Monde.
00:00:53 Donc, émission politique et on lui a parlé, effectivement, d'Elon Musk.
00:00:58 Et voilà ce qu'il a dit, Thierry Breton, écoutez.
00:01:01 - Mais ce que je voulais dire pour répondre, donc, sur Elon Musk,
00:01:04 donc j'ai proposé à ces plateformes de procéder avant le mois de septembre,
00:01:08 où la loi va devenir de droit, d'aller faire des audits, des audits en blanc,
00:01:16 parce qu'à partir du mois de septembre, pour toutes celles qui ont peur,
00:01:20 je suis en train de créer une équipe, qui est une équipe extrêmement performante,
00:01:23 qui va faire des, pardon cette expression, des descentes,
00:01:26 quand elle estime qu'elle va devoir le faire,
00:01:27 parce qu'elle voit qu'il y a des problèmes dans telle ou telle plateforme.
00:01:29 - Il y a un nouveau shérif dans la ville, c'est vous.
00:01:31 - Et donc, on va le faire, mais comme mon objectif, c'est quoi ?
00:01:34 C'est au fond que ces plateformes, évidemment, respectent désormais notre droit européen.
00:01:39 Donc, je leur ai proposé de faire des audits en blanc,
00:01:42 et figurez-vous que Elon Musk a accepté.
00:01:44 Donc, j'irai faire un audit en blanc.
00:01:47 Et donc, je serai en capacité de répondre plus précisément à cette question,
00:01:51 parce que c'est l'un des points que je regarderai.
00:01:53 Et ça, ce sera fait avant, évidemment, le mois de septembre.
00:01:55 - Mais ce n'est pas presque un bras d'honneur, ça, de faire ça cette semaine ?
00:01:58 De faire ça, de désertifier des comptes ?
00:02:00 Ça veut dire que pour tes tas de gens,
00:02:02 le New York Times est aussi sérieux que n'importe quel véhicule de fausses informations.
00:02:07 - Mais encore une fois, il fait ce qu'il veut avant le 1er septembre.
00:02:11 À partir du 1er septembre, comme je l'ai dit,
00:02:14 il fera ce que nous lui demanderons de faire, s'il veut continuer à opérer.
00:02:18 - Rendez-vous le 2 septembre.
00:02:20 - Il fera ce que nous lui dirons de faire.
00:02:22 Et oui, la Commission européenne, effectivement, dit ceci, voilà.
00:02:26 Il faudra appliquer la nouvelle législation du E, entrée en vigueur en novembre,
00:02:30 pour éliminer les zones de non-droit sur Internet.
00:02:33 Attention, on n'est pas en banlieue avec les zones de non-droit.
00:02:36 On n'est pas dans les territoires perdus de la République.
00:02:38 On est dans les territoires perdus de la jungle Internet, effectivement.
00:02:43 Twitter, Facebook, Amazon.
00:02:45 Attention, on est là.
00:02:46 Si vous voulez rester en Europe, on va légiférer, on va respecter.
00:02:50 Vous voyez, on fera des descentes, pas des descentes de police,
00:02:53 mais des descentes d'audit en blanc, comme on dit.
00:02:57 Alors, Charles Gave, c'est intéressant ça, parce qu'il dit, voilà, effectivement,
00:03:02 discours haineux, respect de la vie privée, désinformation, ça doit être attaqué.
00:03:06 Mais qui décide de quoi ?
00:03:08 - Ben, j'aime bien la Constitution des États-Unis,
00:03:11 dont l'amendement numéro 1 est "le Congrès des États-Unis ne fera pas de loi
00:03:19 pour empêcher la libre parole".
00:03:22 Et c'est tout.
00:03:23 Donc, le Congrès des États-Unis ne fera pas de loi.
00:03:26 - Premier amendement, ça ?
00:03:27 - Premier amendement.
00:03:28 Le deuxième, c'est pour garantir le premier,
00:03:30 le citoyen aura le droit d'être armé pour tirer sur les gens
00:03:32 qui vont vouloir empêcher de dire ce qu'il veut.
00:03:34 Donc, si vous voulez, c'est robuste, vous voyez, c'est assez...
00:03:38 - Et ça n'a pas changé depuis 200 ans.
00:03:40 - Non, non, pourtant, Dieu sait que les gens ont essayé de l'arrêter.
00:03:43 Alors, je dois faire deux remarques.
00:03:44 La première, c'est la première fois dans mon histoire personnelle
00:03:47 que je vois la gauche dans son ensemble être favorable à la censure.
00:03:51 C'est quelque chose...
00:03:52 - C'est historique.
00:03:53 - Ouais, je sais pas, vous, vous êtes comme moi un vieux routier,
00:03:57 la gauche, dans l'ensemble, c'était plutôt favorable
00:04:00 à la liberté de parole, à la liberté d'expression,
00:04:03 à la liberté de la presse, enfin, me semble-t-il.
00:04:05 Et aujourd'hui, vous voyez tous ces gens hurler.
00:04:07 Et pourquoi hurlent-ils ?
00:04:09 Parce qu'ils ne contrôlent plus ces paroles.
00:04:11 Tant qu'ils étaient...
00:04:12 Et comme ils contrôlaient la télévision, ils contrôlaient la radio,
00:04:15 ils contrôlaient les maisons de presse, les maisons d'édition,
00:04:18 ne parlaient que ceux qui avaient la bonne idée de penser comme les gens de gauche.
00:04:22 Mais à partir du moment où ils ne contrôlent plus,
00:04:24 ils trouvent ça insupportable.
00:04:25 Donc, c'est la première des choses que je veux dire,
00:04:27 ces gens-là ne sont plus de gauche.
00:04:29 Ils ont abandonné l'essentiel de la gauche
00:04:31 qui est le respect de l'autre dans ce qu'il a de différent.
00:04:33 Enfin, me semble-t-il, c'est pas...
00:04:35 - Oui, ça me paraît assez cohérent, ça.
00:04:38 - Donc, la gauche est maintenant devenue un pouvoir totalitaire,
00:04:41 ce qui est toujours sa tentation.
00:04:42 C'est ce que disait déjà ce brave Reuvel, la tentation totalitaire.
00:04:45 C'était pas des gens à droite qui avaient la tentation.
00:04:47 - Même Orwell le disait.
00:04:48 - Même Orwell le disait.
00:04:49 Donc, on voit très bien qu'il y a toute une partie de la gauche
00:04:52 qui serait tout à fait d'accord pour nous empêcher de parler.
00:04:55 Si on parle pas bien, de nous mettre dans un camp.
00:04:57 - La droite aussi, quelque part.
00:04:58 - La droite, au départ, mais il ne faut pas oublier que
00:05:00 le National Socialiste fasciste, c'était des gauches, au départ.
00:05:03 Il ne faut pas oublier cet égé d'État.
00:05:04 Il sait que Benito Mussolini était le secrétaire général
00:05:08 des Partis sociales italien avant que toi.
00:05:10 - Alors, oui, vous disiez première chose, ça.
00:05:13 - Première chose, la gauche a une tentation totalitaire
00:05:15 et elle se livre à fond.
00:05:17 Et la deuxième, c'est quand j'étais nouveau, il y a quelque temps,
00:05:19 je vous avais dit que Elon Musk était le nouveau Solzhenitsyn.
00:05:22 Je ne sais pas si vous vous souvenez.
00:05:23 - Oui, tout à fait.
00:05:24 - Je me disais que c'est celui qui avait permis à la liberté.
00:05:25 - Ça avait choqué, mais vous l'aviez expliqué.
00:05:28 - Je l'avais expliqué, j'avais dit que c'est le gars qui permet
00:05:30 à la liberté en soulevant le caillou.
00:05:32 Et en dessous du caillou, vous avez plein de cafards et de salins secs
00:05:35 qui d'un seul coup sont éblouis et vous les voyez courir en tous les sens.
00:05:38 Bon, ben, Thierry Breton et Madame, je ne sais pas quoi, je ne connais pas son nom.
00:05:41 - Madame Delphine Ernotte.
00:05:42 - Delphine Ernotte.
00:05:43 - Présidente de France Télévision, s'il vous plaît.
00:05:45 - Ce sont les cafards qui sont en train de courir au soleil
00:05:47 et qui vont se faire griller parce qu'ils n'ont pas compris ce qui se passe.
00:05:49 Et donc, ce que j'essaye de dire, c'est que
00:05:52 quelle est la réaction quand vous avez un pouvoir qui censure ?
00:05:57 Quelle sera sa réaction ?
00:06:00 Puisque c'est un pouvoir qui a une vocation totalitaire,
00:06:03 il va essayer de prendre le pouvoir de l'État,
00:06:08 le monopole de la violence légitime,
00:06:10 pour vous empêcher de faire ce que vous voulez, c'est-à-dire d'être libre.
00:06:15 Donc, on voit apparaître la nature profonde de ces gens-là,
00:06:18 qui sont des natures de contrainte.
00:06:20 Ce brave Raoult, que j'aime beaucoup,
00:06:23 a fait une remarque...
00:06:25 - Didier Raoult, oui, le professeur.
00:06:27 - Le professeur a fait une remarque que j'ai trouvé extraordinairement intéressante.
00:06:30 Il y a deux sortes de hiérarchies dans le monde,
00:06:32 celles fondées sur la compétence, mettons, libre,
00:06:35 et celles fondées sur l'obéissance.
00:06:37 - Il me l'avait dit à cette émission.
00:06:39 - Et je l'ai trouvé remarquable.
00:06:40 Je me suis dit "tiens, c'est une idée géniale".
00:06:42 Et il dit "le problème de notre société,
00:06:44 c'est que les gens qui vont dans ces hiérarchies d'obéissance
00:06:47 grossissent, grossissent au détriment des autres,
00:06:49 qu'ils empêchent de travailler".
00:06:51 On en a un parfait exemple,
00:06:53 M. Breton et Madame, dont je ne souviens pas le nom d'ailleurs,
00:06:55 parce que ce n'est pas la peine de s'en souvenir,
00:06:56 sont dans des hiérarchies d'obéissance.
00:06:59 Ils obéissent depuis toujours
00:07:01 au pouvoir, à des gens, etc.
00:07:04 Ils n'ont jamais eu une idée originale de leur vie,
00:07:06 ils sont arrivés toujours en sirènes les pompes de tout le monde,
00:07:09 et voilà, on en a une preuve.
00:07:11 Et ce qui est en train d'arriver,
00:07:13 vous vous souvenez,
00:07:15 les soviétiques n'avaient pas osé tuer Solzhenitsyn,
00:07:18 ils l'avaient mis dans un avion pour Francfort.
00:07:20 - Oui, c'est vrai ça.
00:07:21 - Et bien ils sont en train d'essayer de mettre des longs de mœurs
00:07:25 dans un avion pour Francfort, de l'interdire.
00:07:27 Mais dites-moi, en même temps Charles Gagnon,
00:07:29 est-ce qu'il ne faut pas aussi faire attention
00:07:32 aux discours haineux, à la vie privée,
00:07:35 à la désinformation qui sont sur les réseaux sociaux ?
00:07:37 - Et bien on les poursuit après.
00:07:39 - Oui, vous direz, il y a des poursuites.
00:07:41 Pas avant, et vous ne faites pas des descentes de police à la pensée.
00:07:45 - Parce que s'il y a une police de la pensée,
00:07:47 si vous avez une police de la pensée,
00:07:49 les selles d'informations qui sortiront
00:07:51 sont celles favorables, soit au gouvernement,
00:07:54 soit à celui qui paye l'informateur.
00:07:56 Ce que disait Milton Friedman,
00:07:58 dont tout le monde sait que je l'aimais beaucoup,
00:08:00 il disait "quand le gouvernement prend le contrôle
00:08:03 d'une activité économique, la première des choses
00:08:05 qu'il faut acheter, c'est les fonctionnaires".
00:08:07 Et...
00:08:09 Donc si vous voulez, les fonctionnaires sont achetés
00:08:12 dans le monde de la pensée aujourd'hui,
00:08:14 c'est pas vous qui me direz le contraire.
00:08:16 Et qu'est-ce qui se passe ?
00:08:18 Et bien, comme ils sont achetés, ils obéissent aux ordres
00:08:20 de ceux qui les ont achetés.
00:08:22 - Oui, y compris un peu partout, dans la parole, etc.
00:08:24 Mais comment vous expliquez, effectivement,
00:08:26 qu'on aille jusqu'au point où,
00:08:28 par exemple, je cite encore une fois,
00:08:32 vous avez entendu Thierry Breton qui dit
00:08:34 "il fera ce qu'on lui dit de faire".
00:08:36 - Il peut toujours se brosser,
00:08:38 Elon Musk n'a jamais fait ce que les autres lui disaient faire.
00:08:40 - C'est clair que c'est pas...
00:08:42 - Et M. Thierry Breton, qui est soi-disant dans les trucs
00:08:44 de technologie, etc., il a jamais rien fait
00:08:46 de bien intéressant dans sa vie,
00:08:48 alors que Musk, il a déjà créé 4 ou 5 affaires
00:08:50 absolument inimaginables. Donc, d'un côté, vous avez
00:08:52 un brave garçon qui a fait de bonnes études en France,
00:08:54 et de l'autre côté, un génie puissant,
00:08:56 et le brave garçon donne des ordres aux génies puissants.
00:08:58 - Oui, oui.
00:09:00 - Mais en fait, c'est n'importe quoi, quoi, celui-là.
00:09:02 - Et c'est très intéressant. Donc, Delphine Ernotte,
00:09:04 je le rappelle parce que vous oubliez à chaque fois le nom,
00:09:06 vous le faites exprès, d'ailleurs.
00:09:08 Et alors, Delphine Ernotte, il dit
00:09:10 "je reviens sur l'effrayante politique
00:09:12 médiatique du réseau social".
00:09:14 C'est Delphine Ernotte qui parle.
00:09:16 Alors, effectivement, je rappelle simplement que,
00:09:18 et d'ailleurs, il a retiré ça parce que ça allait loin
00:09:20 depuis quelques semaines,
00:09:22 Twitter avait en effet appliqué sur les comptes
00:09:24 de grands médias des mentions controversées
00:09:26 comme "médias affiliés à l'État"
00:09:28 et "médias financés par
00:09:30 des fonds gouvernementaux" avant de les supprimer.
00:09:32 Alors, Delphine dit
00:09:34 "il est effrayant que le milliardaire
00:09:36 Elon Musk, propriétaire du réseau social Twitter,
00:09:38 prétend déterminer si un média
00:09:40 est indépendant ou s'il ne l'est pas".
00:09:42 Je rappelle que quand RT France
00:09:44 s'était marqué partout,
00:09:46 Rechate Day France s'était marqué
00:09:48 "médias payés par un État",
00:09:50 donc la Russie,
00:09:52 on n'avait pas eu de très grandes protestations.
00:09:54 Et alors, j'adore,
00:09:56 et elle dit, elle ajoute,
00:09:58 Delphine Ernotte toujours, "mais cela pose la question
00:10:00 de la maîtrise de notre espace
00:10:02 informationnel. On ne peut pas laisser
00:10:04 des acteurs américains, de main
00:10:06 chinois, jouer aussi
00:10:08 aux apprentis sorciers avec
00:10:10 nos démocraties". Mais qu'est-ce qu'il a dit ?
00:10:12 Il a dit effectivement
00:10:14 - Que France Inter a été payée par les impôts.
00:10:16 - Voilà. Et ce qu'on sait...
00:10:18 - Ce n'est pas une nouvelle.
00:10:20 Non mais ces gens-là ont une façon
00:10:22 assez extraordinaire de se présenter.
00:10:24 Ils sont payés par les impôts.
00:10:26 - Par nos impôts. - Par nos impôts, mais
00:10:28 eux, ils sont pour le bien.
00:10:30 Donc ils travaillent là presque
00:10:32 gratuitement.
00:10:34 Ils sont là, si vous voulez...
00:10:36 - Ils sont quasiment des bénévoles.
00:10:38 - Ils sont quasiment des bénévoles. Et qu'on vienne attaquer leurs bénévoles là,
00:10:40 ça les met
00:10:42 dans un État second.
00:10:44 Et la réalité,
00:10:46 c'est que ces gens-là sont payés par nos impôts
00:10:48 et qu'ils donnent la parole
00:10:50 à peu près constamment à 20% de la population
00:10:52 et 80% n'a pas droit
00:10:54 à la parole.
00:10:56 Je ne me souviens plus.
00:10:58 - Oui, on voudrait avoir la liste,
00:11:00 on ne va pas le faire des animateurs.
00:11:02 Parce qu'il y a d'excellents journalistes dans le service public,
00:11:04 mais il y a aussi des...
00:11:06 La diversité, on peut dire, de la population
00:11:08 française, on ne peut pas dire qu'elle soit vraiment respectée.
00:11:10 - De la population, je ne sais pas,
00:11:12 mais en tout cas des opinions, certainement pas.
00:11:14 Donc,
00:11:16 c'est encore une fois le même
00:11:18 mécanisme qu'on trouve partout,
00:11:20 c'est que, autrefois,
00:11:22 quand vous et moi
00:11:24 étions jeunes, il y avait
00:11:26 une espèce d'acceptation que l'autre
00:11:28 pouvait avoir des opinions différentes.
00:11:30 Mais que ce n'était pas pour ça que c'était
00:11:32 un salaud. Vous voyez ce que je veux dire ?
00:11:34 - Oui, oui, on n'est pas d'accord.
00:11:36 - On n'est pas d'accord, on expliquait pourquoi on n'est pas d'accord,
00:11:38 puis on allait prendre une bière ensemble, c'était pas la peine
00:11:40 d'en faire un fromage, quoi.
00:11:42 Aujourd'hui, les gens partout
00:11:44 sont partis dans un registre
00:11:46 non pas d'opinions différentes, mais de morale.
00:11:48 C'est-à-dire, ce que
00:11:50 je pense est bien, ce que l'autre pense,
00:11:52 c'est mauvais. Mais, s'il, ce que l'autre pense
00:11:54 est mauvais, à ce moment-là, vous avez parfaitement
00:11:56 le droit de le mettre dans un camp de concentration
00:11:58 ou de l'empêcher de parler, puisque ce qu'il
00:12:00 dit n'est pas acceptable. Mais qui décide
00:12:02 ce qui n'est pas acceptable ?
00:12:04 C'est eux. Donc, on se retrouve
00:12:06 devant la base
00:12:08 de l'économie qu'a sûrement l'Église.
00:12:10 Vous n'acceptez pas la doctrine de la transsubstantiation.
00:12:12 Hop, vous êtes excommunié.
00:12:14 Mais on ne vous en va pas.
00:12:16 - On remonte à Galilée,
00:12:18 quoi, maintenant. C'est ça ? - Galilée, c'était...
00:12:20 Oui, c'était ça. Mais Galilée, c'était une plaisanterie.
00:12:22 On l'a laissé vivre chez lui, tranquille, il a continué à publier.
00:12:24 Il n'y avait pas rêvé grand-chose. On lui a juste
00:12:26 dit... Et puis, en plus, il y a eu des... On peut en parler
00:12:28 de Galilée, parce que c'est des prostitutes que ça, mais...
00:12:30 Oui, on remonte jusqu'à Galilée.
00:12:32 Mais ce pouvoir qu'avait l'Église de mettre
00:12:34 hors la vie...
00:12:36 - Excommunier. - L'excommunier,
00:12:38 c'était ceux que ces gens-là
00:12:40 sont arrogés. Donc, ce sont des esprits
00:12:42 profondément religieux,
00:12:44 et ils ne développent pas
00:12:46 une dialectique
00:12:48 pour essayer de convaincre les autres.
00:12:50 Ils développent un dogme auquel,
00:12:52 si vous n'obéissez pas,
00:12:54 vous partez en excommunication.
00:12:56 C'est très visible, par exemple,
00:12:58 dans tout ce qui touche, je ne sais pas, au réchauffement atmosphérique.
00:13:00 Dès que vous dites un truc
00:13:02 qui n'est pas dans la doxa,
00:13:04 tout le monde vous tombe dessus,
00:13:06 en disant... Et pourtant, il y a des gens très intelligents
00:13:08 qui le discutent.
00:13:10 Donc, c'est extraordinaire.
00:13:12 On arrive dans une société
00:13:14 aujourd'hui où plus personne n'a le droit
00:13:16 de rigoler. - Mais ce qui est étonnant,
00:13:18 Jean-Garf, c'est que maintenant, ça va s'appliquer
00:13:20 quand même. L'Union européenne, la Commission
00:13:22 européenne peut décider
00:13:24 effectivement de censurer
00:13:26 tel ou tel ou tel. - Et alors là, Jean-Garf, ça a tout
00:13:28 fait extraordinaire, parce que les pouvoirs de la Commission
00:13:30 dans la Constitution de l'Union européenne,
00:13:32 ce sont des pouvoirs
00:13:34 qui lui ont été dévolus par les autres
00:13:36 pays. - Par les États. - Par les États.
00:13:38 Et elle n'a d'autres pouvoirs que ceux qui lui ont
00:13:40 été dévolus. Donc, dans les
00:13:42 deux dernières années, cette Commission
00:13:44 s'est emparée de pouvoirs avec
00:13:46 lesquels elle n'avait rien
00:13:48 à faire. C'est-à-dire, par exemple, émettre
00:13:50 des obligations internationales, c'était interdit.
00:13:52 Elle l'a fait.
00:13:54 Il n'y avait pas de politique...
00:13:56 - Bon état.
00:13:58 - Il n'y avait pas de politique pour la santé,
00:14:00 la politique de santé européenne, elle l'a
00:14:02 prise. Elle est allée faire
00:14:04 de la diplomatie avec Macron
00:14:06 alors qu'elle n'a rien à voir avec... - En Chine.
00:14:08 - En Chine. Donc, on la voit qu'elle est...
00:14:10 Toute cette Commission européenne, c'est un coup
00:14:12 d'État permanent, où il s'arrange
00:14:14 des pouvoirs, il s'arrange des pouvoirs
00:14:16 au détriment des pays, et si
00:14:18 vous collez contre ça, à ce moment-là
00:14:20 les chiens de garde, comme Madame, rappelez-moi son nom...
00:14:22 - Delphine Ernott. - Delphine Ernott.
00:14:24 Madame Delphine Ernott se met à hurler en disant
00:14:26 qu'on est en train d'attaquer la démocratie
00:14:28 et le futur de l'Europe, puisqu'on empêche ce coup
00:14:30 d'État. Donc, on se dit
00:14:32 "mais on est dans un monde de fous", c'est-à-dire
00:14:34 c'est l'histoire du petit gamin
00:14:36 qui crie au loup, vous savez, un de ces quarts
00:14:38 on va se retrouver avec le loup à la maison,
00:14:40 et on aura que ce qu'on mérite. Mais,
00:14:42 je trouve ça inouï, et je trouve ça
00:14:44 inouï, le silence des hommes politiques
00:14:46 français. - De droite et de gauche
00:14:48 confondus. - De droite et de gauche, personne
00:14:50 ne parle de souveraineté. - Et personne
00:14:52 ne dit, parce que, Elon Musk,
00:14:54 c'est pas pour défendre Elon Musk, il a dit récemment,
00:14:56 il y avait une interview, une conférence,
00:14:58 où il disait "mais vous êtes en train de perdre
00:15:00 des espaces publicitaires", et il dit "oui,
00:15:02 mais la liberté de pression, c'est beaucoup plus important".
00:15:04 - Moi, je trouve ça au poil qu'un type... - Que les espaces publicitaires.
00:15:06 - Je trouve ça au poil qu'un type qui ont sa
00:15:08 45 milliards de dollars, juste pour
00:15:10 défendre ses idées sur la liberté de penser.
00:15:12 Ça, c'est un type qui... parce que peut-être, il va perdre
00:15:14 du fric avec ça. - Sûrement.
00:15:16 - Et moi, je trouve ça
00:15:18 absolument merveilleux. Alors,
00:15:20 si on essaye
00:15:22 de réfléchir à tout ça, on se dit
00:15:24 on est quand même
00:15:26 mal barré, parce que
00:15:28 vous avez tous ces gens-là
00:15:30 qui disent
00:15:32 le beau, le vrai et le bien. - Absolument, oui.
00:15:34 - Et quand vous regardez,
00:15:38 je sais pas si vous avez lu
00:15:40 Ayn Rand, vous savez... - Oui, bien sûr.
00:15:42 - Vous savez, "La Grève",
00:15:44 ou... - "La Grève", absolument.
00:15:46 - Que je recommande à tout le monde. Vous lisez
00:15:48 les écrits d'Ayn Rand des années 60 et 70,
00:15:50 et elle décrivait
00:15:52 parfaitement la marche d'une société
00:15:54 qui était fondée sur
00:15:56 la bienveillance.
00:15:58 Et plus rien ne marchait,
00:16:00 tout s'arrêtait. - Et au fond, on n'a même plus
00:16:02 besoin de coercition, Charles Gaffe,
00:16:04 puisqu'on n'a pas besoin de police. - Les autres sont d'accord.
00:16:06 - Oui. - Tout le monde est d'accord.
00:16:08 On se voit entrer dans
00:16:10 ces sociétés de bienveillance
00:16:12 où tout s'arrête. - C'est ça.
00:16:14 - Et ce que disait... Il y a une phrase de Dostoevsky
00:16:16 qui m'a laissé pantois, que j'ai lu
00:16:18 récemment, je dois dire, c'est
00:16:20 "Le monde futur sera un monde où les gens
00:16:22 intelligents sont obligés de se taire
00:16:24 pour ne pas embarrasser les crétins."
00:16:26 - C'est Dostoevsky. - Et on y est en plein !
00:16:28 On n'a plus
00:16:30 le droit de dire des choses.
00:16:32 Le débat, c'est quand même
00:16:34 un endroit où vous vous mettez des grandes
00:16:36 claques. - Bien sûr.
00:16:38 - Et puis vous essayez... Et puis après,
00:16:40 vous dites "Je t'en veux pas personnellement."
00:16:42 - Et le sit-on pas Voltaire
00:16:44 qui a toujours dit "Je suis en désaccord profond
00:16:46 avec vous, mais je me battrai
00:16:48 jusqu'au bout pour que vous puissiez vous exprimer."
00:16:50 - Or ceux-là, ils sont en désaccord
00:16:52 profond avec nous, ce qui ne me gêne pas, parce que
00:16:54 dans le fond, ils ont toujours eu tort, donc
00:16:56 ça ne me gêne pas. Mais ils veulent m'empêcher
00:16:58 de m'exprimer. Et c'est ça que je trouve
00:17:00 à quel moment bascule-t-on
00:17:02 dans un esprit de dire
00:17:04 "L'autre n'a pas le droit à la parole."
00:17:06 Parce que moi,
00:17:08 je suis toujours d'accord pour laisser l'autre parler.
00:17:10 - Bien sûr. - Et d'abord,
00:17:12 ça me paraît évident.
00:17:14 Donc on se retrouve dans un monde vraiment curieux.
00:17:16 - Et la dernière chose
00:17:18 vraiment qui est tout à fait passionnante,
00:17:20 c'est que d'un côté, donc, qui va,
00:17:22 je reviens là-dessus, parce que c'est dans la loi,
00:17:24 la soi-disant loi, enfin disons la loi
00:17:26 de la Commission de l'Union Européenne,
00:17:28 les discours haineux,
00:17:30 le respect de la vie privée, la désinformation.
00:17:32 On a bien vu ce qui s'est passé
00:17:34 avec les dissimulations
00:17:36 avec le
00:17:38 "Unter Biden", les laptops, on en a parlé
00:17:40 avec vous plusieurs fois ici. - La BBC
00:17:42 qui a raconté des saloperies sur le Covid,
00:17:44 qui a menti sur le Covid,
00:17:46 c'est ce qu'a dit d'ailleurs Elon Musk quand il a été interviewé
00:17:48 par la BBC, il leur a dit
00:17:50 "Bah écoutez, vous êtes gentils, mais la désinformation,
00:17:52 c'est vous qui l'avez pratiquée, j'en ai toutes les preuves.
00:17:54 Vous avez empêché les gens
00:17:56 qui n'étaient pas d'accord de s'exprimer
00:17:58 sur ces sujets-là." Et je voudrais
00:18:00 sur l'histoire de souveraineté, je reviens sur quelque chose
00:18:02 qui m'inquiète beaucoup, c'est que la Commission
00:18:04 Européenne, ou des gens comme ça, sont en train
00:18:06 de signer un accord
00:18:08 avec l'OMS
00:18:10 pour que l'état
00:18:12 d'urgence sanitaire soit décrété
00:18:14 par l'OMS en Europe.
00:18:16 - Et applicable et exécutoire.
00:18:18 - Exécutoire par les états. Mais qui
00:18:20 contrôle l'OMS ? C'est la Chine
00:18:22 d'un côté, puisque le type qu'il
00:18:24 met là c'est un pro chinois, et
00:18:26 de l'autre côté c'est
00:18:28 le propriétaire de Microsoft.
00:18:30 - C'est Bill Gates. - Bill Gates.
00:18:32 Donc c'est les deux qui contrôlent. Donc on va
00:18:34 donner le pouvoir de déclencher, de nous mettre
00:18:36 tous chez nous sans pouvoir bouger,
00:18:38 à Bill Gates et à Xi,
00:18:40 et on va signer ça avec
00:18:42 enthousiasme. - Et Charles Gave, en fait...
00:18:44 - C'est de la folie ! Personne n'en parle !
00:18:46 - Vous êtes un ennemi de la démocratie, voilà.
00:18:48 En vérité, je parle comme nos commissaires
00:18:50 européens. - Oui, je suis
00:18:52 un ennemi de la démocratie,
00:18:54 je suis un ennemi, si vous voulez, de la
00:18:56 démocratie qui...
00:18:58 non représentative.
00:19:00 Et je crois que les gens qui sont au pouvoir
00:19:02 aujourd'hui, qu'il s'agisse
00:19:04 des radios, des télévisions,
00:19:06 des décors politiques, etc.,
00:19:08 ne représentent plus du tout
00:19:10 le peuple. Mais plus du tout.
00:19:12 Ils n'ont plus aucune idée de ce que c'est le peuple,
00:19:14 la façon dont ils vivent, la façon dont ils travaillent,
00:19:16 ce qu'ils pensent, etc. Et ça les intéresse pas.
00:19:18 C'est la première fois dans l'histoire que les élites,
00:19:20 dans un pays autrefois
00:19:22 chrétien, détestent le peuple.
00:19:24 Et pour moi, ça me laisse pas en toi.
00:19:26 - Heureusement, il y a quelques exceptions.
00:19:28 Et qui continueront. Merci Charles Gave.
00:19:30 - Je vous en prie.
00:19:32 - De Sud Radio Bercoff dans tous ses états.
00:19:34 Le face à face.
00:19:36 - Je n'ai pas dit mon
00:19:38 dernier mot. C'est le titre du dernier livre
00:19:40 d'Éric Zemmour. Le président du Parti
00:19:42 Reconquête est avec nous sur Sud Radio dans le face à face
00:19:44 d'André Bercoff. Bonjour Éric Zemmour.
00:19:46 - Bonjour. Alors Éric Zemmour,
00:19:48 d'abord je vais vous dire une chose, c'est que
00:19:50 vous avez parlé au début des sondages. Dans votre livre,
00:19:52 vous dites "oui, mais j'étais à 19, je suis
00:19:54 dépendu à 7 et tout le monde a dit c'est pas ça du tout".
00:19:56 Et vous dites "mais si j'étais
00:19:58 arrivé de 0 à 7, c'est quelque chose".
00:20:00 Mais je vous dis Éric Zemmour,
00:20:02 c'est pas pour vous faire ni des compliments ni tout ça.
00:20:04 Vous êtes passé de 0 à 7%.
00:20:06 Quand vous avez commencé, vous étiez à 0.
00:20:08 Forcément. Quand il est né,
00:20:10 et ce qui est intéressant,
00:20:12 quand même, je veux dire,
00:20:14 quel que soit ce qu'on peut penser de vous, qu'on soit pour,
00:20:16 qu'on soit contre, qu'on vous déteste, qu'on vous adore,
00:20:18 je veux dire, vous avez eu 2
00:20:20 millions d'Illes français qui ont voté pour vous
00:20:22 au présidentiel, vous êtes passé de 0 à
00:20:24 7%, ça c'est les chiffres,
00:20:26 c'est pas les sondages. Et vous savez ce que disait,
00:20:28 je vous le rappelle, parce que souvent,
00:20:30 on va voir les sondages, Victor Hugo
00:20:32 disait que le calembour est la fiance
00:20:34 de l'esprit qui vole. Et le sondage
00:20:36 pour moi, c'est les crottes de la démocratie
00:20:38 qui trottent. Je sais que vous n'êtes pas d'accord,
00:20:40 et dites-moi pourquoi. - Ah ! Je vais pas
00:20:42 me faire l'avocat des sondages.
00:20:44 Ils ont des erreurs, ils ont
00:20:46 une influence autoréalisatrice,
00:20:48 en particulier sur la fin de la campagne,
00:20:50 et ça m'a coûté cher, parce que les gens,
00:20:52 plus après, c'est la logique du vote utile.
00:20:54 - Voilà. On dit "bon, lui, il a aucune chance".
00:20:56 - Absolument. J'ai beaucoup de gens
00:20:58 qui m'ont dit "mais vous savez, on
00:21:00 voulait voter pour vous, on a finalement
00:21:02 voté pour Marine Le Pen parce qu'elle était
00:21:04 en tête dans les sondages, certains disaient même
00:21:06 qu'elle allait être à 49 au second tour".
00:21:08 Vous voyez, là, je suis tout à fait d'accord avec vous,
00:21:10 les sondages fausses, le vote. On est d'accord.
00:21:12 Mais, mais, je ne veux pas être
00:21:14 injuste avec eux, et
00:21:16 vous savez, quand vous êtes candidat,
00:21:18 c'est la différence avec vous, et c'est la différence
00:21:20 avec celui que j'étais. Quand vous êtes candidat,
00:21:22 ça vous permet de voir
00:21:24 où vous en êtes.
00:21:26 D'ailleurs, c'est très
00:21:28 angoissant, il y a un côté, vous savez, comme les élèves
00:21:30 qui attendent leur note, parce que
00:21:32 dans le dernier mois, on a des sondages
00:21:34 tous les jours, les fameux "rolling". Et là,
00:21:36 c'est une pression terrible, on attend, comme à l'école,
00:21:38 on attend sa copie.
00:21:40 Mais, vous voyez, c'est quand même intéressant
00:21:42 parce qu'on voit bien les rapports de force,
00:21:44 on voit bien les mouvements de population,
00:21:46 je vois bien, par exemple,
00:21:48 je l'ai expliqué dans le livre, on ne va pas faire
00:21:50 toutes les missions sur les sondages, mais
00:21:52 je comprends bien comment
00:21:54 de mes... si vous voulez,
00:21:56 la veille de l'Ukraine,
00:21:58 je suis donc au second tour, j'ai dépassé
00:22:00 et Valérie Pécresse et Marine Le Pen,
00:22:02 je suis à 16, selon les
00:22:04 sondages, 16-17, et on voit bien
00:22:06 comment une partie de mes électeurs
00:22:08 que j'ai pris de
00:22:10 François Fillon, parce que j'ai un électorat à la fois
00:22:12 de François Fillon et de Marine Le Pen,
00:22:14 une partie
00:22:16 de ces électeurs-là partent vers Emmanuel Macron
00:22:18 à cause de la guerre, et comment
00:22:20 ça me fait descendre
00:22:22 à 12-13 dans les sondages,
00:22:24 et comment là, la mécanique du vote utile
00:22:26 s'enclenche en faveur de Marine Le Pen.
00:22:28 - Tout à fait. - Donc ça permet... Vous voyez, c'est tout !
00:22:30 Mais vous avez raison, il ne faut pas en faire...
00:22:32 - Il ne faut pas en faire, mais c'est même pas ça.
00:22:34 Est-ce que vous dites... il y a la profil
00:22:36 autoréalisatrice et le vote utile des électeurs.
00:22:38 Mais est-ce qu'il n'y a pas aussi
00:22:40 une déformation des candidats ?
00:22:42 Pas seulement de vous. Je m'explique, et je vais aller plus
00:22:44 loin, parce qu'effectivement on va percer les sondages,
00:22:46 mais la question que je vais vous poser, c'est ceci.
00:22:48 Vous avez été 30 ans journaliste politique.
00:22:50 Vous avez fréquenté tous les politiques.
00:22:52 - Absolument. - Le fait de passer
00:22:54 de l'autre côté de la barricade, c'est-à-dire
00:22:56 d'être vous-même la cible. Journaliste, on n'est pas
00:22:58 la cible, on interview, tout ça, puis on juge,
00:23:00 et puis c'est pas vous qui
00:23:02 avez votre langue dans votre poche, vous devez toujours donner
00:23:04 vos avis, etc., que ce soit par écrit ou à la télévision
00:23:06 ou à la radio. Mais est-ce que
00:23:08 le fait de sentir qu'à ce moment-là,
00:23:10 c'est très simple, il y a un trou dans le
00:23:12 fromage, et il y a 10 animaux qui veulent rentrer
00:23:14 dans ce trou, il y a un seul trou.
00:23:16 Et donc, vous dites à un moment donné dans votre livre
00:23:18 "la politique c'est dur", mais est-ce que
00:23:20 effectivement vous avez beaucoup plus senti
00:23:22 le sentiment de l'Éric Zemmour
00:23:24 politique par rapport au sentiment de l'Éric Zemmour
00:23:26 journaliste ?
00:23:28 - C'est en vérité
00:23:30 tout l'objet du livre.
00:23:32 Vous avez raison,
00:23:34 je crois que c'est dans un article
00:23:36 du JDD, je crois,
00:23:38 qui dit
00:23:40 que c'est le
00:23:42 journaliste Éric Zemmour qui juge
00:23:44 le journaliste, le Zemmour candidat.
00:23:46 Ce livre, donc c'est pas mal. Moi je dis
00:23:48 en vérité, qu'est-ce que c'est ?
00:23:50 C'est
00:23:52 le journaliste a vu des choses qu'un journaliste
00:23:54 ne verra jamais, et
00:23:56 en tant que politique, je dis des choses qu'un politique
00:23:58 ne dira jamais parce que justement je suis à cette frontière.
00:24:00 C'est ça le sens même du livre.
00:24:02 Mais là où vous avez, vous posez
00:24:04 une très bonne question,
00:24:06 comment vous dire ?
00:24:08 Moi, j'étais un journaliste plutôt
00:24:10 engagé. - Oui, c'est clair.
00:24:12 - D'ailleurs, je vais vous dire...
00:24:14 - Ce que vous dites en tant que candidat et en tant qu'homme politique,
00:24:16 vous l'avez déjà dit. - C'est ce que j'allais vous dire.
00:24:18 Je n'ai pas changé d'avis.
00:24:20 Je n'ai pas changé de conviction.
00:24:22 La seule différence, c'est que en tant
00:24:24 que candidat,
00:24:26 au-delà du diagnostic,
00:24:28 au-delà
00:24:30 des principes que l'on
00:24:32 pose, et que vous avez raison, je n'ai pas changé
00:24:34 de principe ni de conviction,
00:24:36 il faut donner des mesures. Qu'est-ce qu'on propose ?
00:24:38 Qu'est-ce qu'on veut faire pour
00:24:40 aménager, améliorer,
00:24:42 corriger, arrêter, etc.
00:24:44 C'est ce que j'ai fait pendant la campagne. Maintenant, vous parliez
00:24:46 des sondages.
00:24:48 - Non, je voudrais, pardon... - Oui, oui, non, non, mais
00:24:50 comment on le vit ? - Comment on le vit, y compris
00:24:52 les coûts ? - Oui, oui, absolument.
00:24:54 D'abord, moi, je
00:24:56 n'ai pas changé d'avis et de conviction
00:24:58 en fonction des sondages. Quand les sondages me
00:25:00 mettaient haut ou quand les sondages me mettaient bas,
00:25:02 je disais la même chose. Ce n'est pas le cas
00:25:04 de la classe politique.
00:25:06 Ça répond à une de vos questions. C'est-à-dire que je trouve
00:25:08 que la plupart des candidats
00:25:10 se fixent
00:25:12 par rapport aux sondages et suivent
00:25:14 les sondages. Ce n'est pas mon cas.
00:25:16 Moi, j'ai des convictions,
00:25:18 j'ai des idées, j'ai une vision de la France.
00:25:20 - Vous voulez dire qu'ils sont opportunistes, soyons clair. - Exactement.
00:25:22 Oui, je le pense. Deuxièmement,
00:25:24 comment on le vit ? Forcément,
00:25:26 si vous voulez, humainement,
00:25:28 on le vit encore plus
00:25:30 durement. C'est-à-dire qu'on a l'impression
00:25:32 d'une injustice permanente. On a l'impression
00:25:34 que
00:25:36 tout ce qu'on dit est déformé.
00:25:38 D'ailleurs, ce n'est pas toujours une impression.
00:25:40 C'est souvent une réalité.
00:25:42 - Vous devenez le punching ball.
00:25:44 Un des punching ball. - Alors, attendez.
00:25:46 J'ai l'impression
00:25:48 que je l'ai été
00:25:50 plus particulièrement que d'autres pendant
00:25:52 la présidentielle. Que je n'étais pas un candidat
00:25:54 comme les autres. Ce n'est pas de la prétention
00:25:56 de ma part. Ce n'est pas moi qui étais en cause.
00:25:58 En vérité, c'était le thème que j'avais
00:26:00 choisi d'avancer. Vous savez, au début
00:26:02 de la campagne, j'ai eu
00:26:04 la prétention, peut-être,
00:26:06 d'annoncer
00:26:08 ce que j'allais faire.
00:26:10 J'ai dit "Celui qui impose
00:26:12 le thème de la campagne sera
00:26:14 le président de la République". Donc, moi, j'ai dit
00:26:16 "Je vais imposer mon thème qui me paraît
00:26:18 le plus important, le plus vital,
00:26:20 l'identité, le grand remplacement".
00:26:22 Et je pense que c'est à partir
00:26:24 de ce moment-là,
00:26:26 et à partir du moment où,
00:26:28 comme vous l'avez dit, de zéro, je suis passé à 19,
00:26:30 que là,
00:26:32 la machine médiatique s'est mise en route
00:26:34 contre moi, et qu'elle a fait de moi,
00:26:36 non pas une cible parmi d'autres, mais
00:26:38 la cible privilégiée. Non pas parce que c'était Éric Zemmour.
00:26:40 Non, non, mais...
00:26:42 Vous deveniez, vous troubliez le jeu.
00:26:44 Non, pas seulement.
00:26:46 C'est parce que je voulais imposer ce thème
00:26:48 de l'identité et du grand remplacement.
00:26:50 Je dis dans le livre, le Dalai Lama
00:26:52 ou le pape
00:26:54 parlerait comme moi, il serait immédiatement
00:26:56 la cible de tout le système médiatique.
00:26:58 Ce n'est pas ma personne. Ce ne sont pas des politiques.
00:27:00 Oui, mais vous avez compris.
00:27:02 Regardez, quand le président de Tunisie,
00:27:04 il y a maintenant deux mois, a parlé de
00:27:06 grand remplacement pour son pays, et qu'il a dit
00:27:08 que l'invasion africaine
00:27:10 était en train de bouleverser
00:27:12 l'équilibre de son pays,
00:27:14 il a été
00:27:16 immédiatement l'objet
00:27:18 de l'hybride médiatique mondial.
00:27:20 Absolument.
00:27:22 Justement, on va avancer
00:27:24 et à l'eau au fond, c'est très intéressant,
00:27:26 parce que vous avez deux choses.
00:27:28 Vous avez répété
00:27:30 "Je suis là, l'alliance des droites, l'alliance des droites, l'alliance des droites, l'alliance des droites..."
00:27:32 - J'ai expliqué ?
00:27:34 - Oui, non, attendez. Et vous avez dit en même temps,
00:27:36 c'est intéressant, parce que là, de vos modèles,
00:27:38 même si c'est de Gaulle, enfin je veux dire, vous n'êtes pas
00:27:40 spécialement un antigolyste primaire.
00:27:42 Or, que dit de Gaulle ?
00:27:44 Il l'a répété, il l'a sonné, "La France n'est ni de gauche,
00:27:46 la France n'est ni de droite,
00:27:48 la France, c'est la France." Et deuxièmement,
00:27:50 quand même, vous dites vous-même dans votre livre,
00:27:52 est-ce que ça ne vous a pas justement
00:27:54 interpellé ? Vous dites
00:27:56 que, en quoi
00:27:58 Macron et Marine Le Pen
00:28:00 ont en commun, ils se proclament
00:28:02 ni de droite ni de gauche. Mais comme par hasard,
00:28:04 Éric Zemmour, en 2017
00:28:06 et en 2022, ils sont retrouvés les deux
00:28:08 premiers. Donc apparemment,
00:28:10 le "ni droite ni gauche", même s'il
00:28:12 n'est pas vraiment vécu et proclamé,
00:28:14 ça marche.
00:28:16 - Une question que j'ai souvent, mais
00:28:18 à laquelle je ne me laferais pas
00:28:20 de répondre. D'abord, le général
00:28:22 de Gaulle. Le général
00:28:24 de Gaulle dit, c'est sa fameuse conférence de presse
00:28:26 de 1965, c'est pas une conférence de presse, d'ailleurs,
00:28:28 c'est une interview avec Michel Droit, "La France
00:28:30 n'est ni de droite ni de gauche", et il le répète,
00:28:32 vous avez tout à fait raison. Il parle de
00:28:34 la France. Il ne dit pas,
00:28:36 il ne parle pas des moyens d'accéder
00:28:38 au pouvoir. Moi aussi, je suis
00:28:40 d'accord avec lui. La France, il y a une France de droite,
00:28:42 il y a une France de gauche, elle n'est ni de
00:28:44 gauche ni de droite, il faut justement rassembler
00:28:46 tous les Français. Il est président de la République.
00:28:48 Il est même plus que président de la République.
00:28:50 - Pour y arriver ? - Non, il ne dit pas pour y arriver.
00:28:52 Pardonnez-moi. - Non, j'ai compris, mais pour vous.
00:28:54 - Alors, je vais répondre. Attendez,
00:28:56 je réponds d'abord pour le général de Gaulle.
00:28:58 Le général de Gaulle, lui, a toujours
00:29:00 été vu comme un homme de droite.
00:29:02 Je regardais l'autre
00:29:04 jour, vous savez, j'aime regarder les
00:29:06 vieilles émissions d'Apostrox dans les années 70
00:29:08 qui sont remarquables, je recommande ça
00:29:10 à tous les jeunes, c'était tout à fait remarquable,
00:29:12 le niveau est tout à fait brillant. Et un
00:29:14 jour était invité Pierre Mendès-France.
00:29:16 Pierre Mendès-France. Qu'est-ce qu'il
00:29:18 dit ? Écoutez bien. Il dit,
00:29:20 j'ai retenu la phrase par coeur parce qu'elle m'a sidéré,
00:29:22 il dit "la politique
00:29:24 du général de Gaulle, en particulier,
00:29:26 dit-il, la politique économique". Il a
00:29:28 été son ministre des Finances en 1945.
00:29:30 "La politique économique du général
00:29:32 de Gaulle est, ouvrez les guillemets, une politique
00:29:34 réactionnaire". Réactionnaire !
00:29:36 Il dit même pas d'autre mot à dire. - Dixi, Pierre Mendès-France.
00:29:38 - Pierre Mendès-France. Je vous
00:29:40 rappelle cette affiche incroyable
00:29:42 du parti communiste en 1958
00:29:44 où l'on voit le général de Gaulle
00:29:46 donner Marianne et écrire "le fascisme
00:29:48 c'est lui". Donc c'est pour vous dire que
00:29:50 lui, il a toujours été vu de droite.
00:29:52 D'ailleurs c'était un homme de droite, tout le monde le sait.
00:29:54 Maintenant allons sur
00:29:56 Marine Le Pen et Emmanuel
00:29:58 Macron. - Oui.
00:30:00 - C'est pas à moi,
00:30:02 pardonnez-moi cet
00:30:04 accès de vanité,
00:30:06 ce n'est pas à moi qu'on va apprendre
00:30:08 que depuis les années 90,
00:30:10 après le référendum sur
00:30:12 Maastricht, le clivage droite-gauche
00:30:14 a pris du plomb dans l'aile, puisque
00:30:16 selon le mot célèbre de Philippe Séguin,
00:30:18 la droite et la gauche étaient des
00:30:20 détaillants qui se fournissaient aux mêmes grossistes
00:30:22 l'Europe. J'ai écrit en tant
00:30:24 que journaliste des dizaines de
00:30:26 papiers disant exactement
00:30:28 ce que vous m'avez dit. Le droit de gauche
00:30:30 s'est terminé, ils font la même politique,
00:30:32 maintenant il y a
00:30:34 l'opposition entre
00:30:36 ce que Marine Le Pen appelle les
00:30:38 patriotes et les mondialistes, etc.
00:30:40 J'ai écrit ça pendant des années. - Non je sais.
00:30:42 - Donc je ne l'ignore pas.
00:30:44 Pourquoi j'ai changé d'avis ? Parce que vous pourrez me dire
00:30:46 après tout "pourquoi vous avez changé d'avis, c'est
00:30:48 ridicule" et en plus, comme vous l'avez
00:30:50 dit, c'est ce clivage qui gagne.
00:30:52 Je vais vous dire pourquoi. Pour deux raisons.
00:30:54 La première raison,
00:30:56 c'est que vous remarquerez
00:30:58 que ce clivage a fait gagner
00:31:00 qui ?
00:31:02 Les prétendus mondialistes.
00:31:04 Ce n'est pas Mme Le Pen qui a gagné.
00:31:06 C'est M. Macron.
00:31:08 Donc, au minimum,
00:31:10 ce clivage favorise une partie
00:31:12 et pas la nôtre.
00:31:14 Pas la mienne. Deuxièmement,
00:31:16 pour
00:31:18 que ce clivage soit vraiment
00:31:20 opérationnel, il faut,
00:31:22 selon la fameuse formule, vous vous souvenez de Jean-Pierre
00:31:24 Chebenemond qui cherchait l'alliance de Philippe
00:31:26 de Villiers, de Philippe Séguin, de Charles Pascois,
00:31:28 ce qui n'a jamais marché d'ailleurs à l'époque.
00:31:30 Et pourtant il y avait des gens de grande qualité.
00:31:32 - Bon, je vois des patriotes et peuple.
00:31:34 - Non, non, non, attendez,
00:31:36 vous allez trop vite. Ça sous-entend
00:31:38 qu'il y ait des patriotes de droite et des
00:31:40 patriotes de gauche qui se mettent
00:31:42 ensemble et qui a un
00:31:44 candidat commun. Vous êtes d'accord avec moi ?
00:31:46 Or, en 2017
00:31:48 comme en 2022, les patriotes
00:31:50 de gauche, les Jean-Pierre
00:31:52 Chebenemond que j'ai cités ou les
00:31:54 Jean-Luc Mélenchon, ou les pardon,
00:31:56 ou les Arnaud Montebourg, pardon,
00:31:58 que Mme Le Pen
00:32:00 a tout fait pour
00:32:02 séduire. Ils ont voté pour qui,
00:32:04 André Bercoff ? Ils ont voté pour le
00:32:06 mondialiste Macron. Et ils ont
00:32:08 appelé à voter pour lui. Donc vous
00:32:10 voyez que ça ne marche pas. - Vous savez pourquoi ?
00:32:12 - Non, non, je ne sais pas pourquoi. - Barrez la honte au fascisme !
00:32:14 - Mais moi je ne veux pas savoir pourquoi.
00:32:16 Je constate. Troisièmement,
00:32:18 troisièmement,
00:32:20 en fait, pourquoi
00:32:22 Macron gagne-t-il ?
00:32:24 Parce qu'il faut maintenant, après qu'on ait vu
00:32:26 le résultat, il faut aller voir
00:32:28 le fondement
00:32:30 sociologique. En vérité,
00:32:32 c'est assez simple à voir,
00:32:34 ce sont les gens de plus de 60
00:32:36 ans qui,
00:32:38 massivement, je veux dire... - Les retraités.
00:32:40 - Les retraités, qui quasi-unanimement,
00:32:42 je dirais, refusent
00:32:44 de voter pour Mme Le Pen.
00:32:46 Et votent pour Emmanuel Macron. Pour des
00:32:48 tas de raisons. On pourrait faire l'émission
00:32:50 pour trouver les raisons, mais ce n'est pas le sujet, on est d'accord.
00:32:52 Moi je pense que
00:32:54 en refondant
00:32:56 le clivage droite-gauche, sur des
00:32:58 vraies différences, on ne va pas refaire
00:33:00 le débat
00:33:02 de Sarko-Hollande, on est d'accord.
00:33:04 On divise
00:33:06 ce bloc
00:33:08 des retraités, qui retrouvent
00:33:10 leurs repères, il y a des retraités de gauche, il y a des retraités de droite,
00:33:12 et qui, du coup,
00:33:14 on peut gagner.
00:33:16 Sinon, je prends
00:33:18 le pari ici chez vous,
00:33:20 sinon, Mme Le Pen sera
00:33:22 au second tour jusqu'en 2040,
00:33:24 et elle perdra à chaque fois, parce que
00:33:26 le bloc des retraités, tant qu'ils ne seront
00:33:28 pas tous morts, ne voteront pas pour
00:33:30 elle. - Alors, 2040,
00:33:32 c'est assez loin,
00:33:34 on va continuer, c'est passionnant,
00:33:36 après cette petite pause, à tout de suite.
00:33:38 - Restez bien avec nous, on se retrouve tout de suite
00:33:40 dans le face-à-face d'André Bercoff avec Eric
00:33:42 Zemmour, et vous avez la parole au 0826-300-300,
00:33:46 à tout de suite sur Sud Radio.
00:33:48 - Les Français parlent au français.
00:33:52 Je n'aime pas la blanquette de veau.
00:33:56 Je n'aime pas la blanquette de veau.
00:33:58 Je n'aime pas la blanquette de veau.
00:34:00 Sud Radio Bercoff, dans tous ses états.
00:34:02 - Alors, l'avant-dernier livre
00:34:04 d'Eric Zemmour, ça s'appelait "La France n'a pas
00:34:06 dit son dernier mot". Aujourd'hui,
00:34:08 il saute un cran, il dit "Je n'ai pas
00:34:10 dit mon dernier mot, il se croit pour la France,
00:34:12 il n'est pas le premier, il a le droit,
00:34:14 après tout, tous les goûts sont d'un même goût".
00:34:16 - J'étais candidat à la présidentielle.
00:34:18 - Je sais. Alors, Eric Zemmour, creusons un peu,
00:34:20 il y a quelque chose de très intéressant,
00:34:22 parce que vous dites, effectivement,
00:34:24 vous avez voulu, et vous l'avez fait,
00:34:26 mettre l'identité, le destin de la France,
00:34:28 au cœur du débat.
00:34:30 Et le problème pour moi, il n'est pas du tout,
00:34:32 et vous avez dit d'ailleurs,
00:34:34 il est moins le temps de réformer
00:34:36 la France que de la sauver.
00:34:38 "Sauvez-nous", vous disiez,
00:34:40 un certain nombre de gens vous a rencontrés,
00:34:42 vous racontez tout cela très bien dans votre livre.
00:34:44 Mais, le vrai problème,
00:34:46 et c'est pas facile,
00:34:48 c'est facile à dire, vous dites aussi
00:34:50 "Ce qui nous rassemble en tant que peuple
00:34:52 est aujourd'hui plus important
00:34:54 que ce qui nous divise en tant que classe sociale."
00:34:56 Vous avez écrit ça. Voilà.
00:34:58 C'est le problème.
00:35:00 Est-ce qu'aujourd'hui, justement,
00:35:02 est-ce qu'il n'y a pas à faire les deux ?
00:35:04 Vous savez, Clinton lui disait
00:35:06 "It's the economy, stupid."
00:35:08 Donc, c'est pas que vous n'avez pas parlé d'économie,
00:35:10 vous avez évidemment parlé d'économie.
00:35:12 - Je vous remercie de ne pas rentrer dans ce lieu commun.
00:35:14 - Moi, je vous ai vu, encore une fois,
00:35:16 je vous ai vu face à Bruno Le Maire
00:35:18 sur l'électricité et la reine,
00:35:20 donc, on ne peut pas dire que vous étiez, vous,
00:35:22 à côté de la plaque.
00:35:24 Non, mais ça, c'est clair. Mais, quand même,
00:35:26 est-ce que le fait de vouloir à tout prix,
00:35:28 et après tout, c'est votre choix,
00:35:30 et il n'y a pas de problème,
00:35:32 c'est légitime,
00:35:34 de mettre l'identité ne vous a pas fait
00:35:36 oublier les classes sociales ? Je m'explique.
00:35:38 Vous avez vu aujourd'hui ce qui se passe.
00:35:40 On est effectivement quelques mois après,
00:35:42 mais vous voyez ce qui se passe avec le prix de l'électricité,
00:35:44 vous voyez ce qui se passe avec le frigo qui est vide,
00:35:46 l'explosion des prix de l'alimentation,
00:35:48 en fait, vous suivez ça, au moins, en tant que nous.
00:35:50 Donc, est-ce que, au fond,
00:35:52 est-ce qu'il n'y a pas,
00:35:54 et c'est en ça que je disais,
00:35:56 un peu rapidement,
00:35:58 vous avez fait le travail de Marine Le Pen,
00:36:00 c'est-à-dire, comment vous êtes occupés
00:36:02 de quelque chose qu'elle avait laissé en déshérence,
00:36:04 c'était son père qui s'en occupait,
00:36:06 elle, dédiabolisation, attention,
00:36:08 je ne suis pas le monstre, machin, etc.
00:36:10 Sauf que vous, en arrivant là,
00:36:12 et en découplant
00:36:14 ce qui était aussi important,
00:36:16 je vous pose vraiment la question,
00:36:18 c'est le pouvoir d'achat, mais les préoccupations économiques,
00:36:20 les préoccupations, il n'y avait pas encore la guerre,
00:36:22 mais enfin bon, est-ce qu'il ne fallait pas,
00:36:24 au contraire, de dire,
00:36:26 "Mais attendez, moi j'occupe des deux,
00:36:28 et les deux sont..." Parce que pour qu'il y ait une identité,
00:36:30 il faut aussi que l'économie marche.
00:36:32 Et je termine là-dessus,
00:36:34 vous avez parlé de la démographie par rapport au grand emplacement,
00:36:36 c'est deux questions...
00:36:38 Et, avant-hier, ici,
00:36:40 Alain Bauer
00:36:42 disait, "Oui, mais attendez,
00:36:44 c'est même pas une question de grand emplacement,
00:36:46 si la démographie est zéro en France."
00:36:48 Et disait-il,
00:36:50 mais je veux dire, en disant ça,
00:36:52 en parlant, disons,
00:36:54 du social, parce que vous dites,
00:36:56 ce n'est plus le problème en tant que classe sociale,
00:36:58 je ne dis pas qu'on revient à la lutte des classes,
00:37:00 mais est-ce que le problème n'était pas de prendre
00:37:02 sur les deux jambes, dans les deux mains,
00:37:04 les deux concepts ?
00:37:06 - Alors, première réponse,
00:37:08 il est paradoxal de votre part,
00:37:10 mais ce n'est pas la première fois qu'on le fait,
00:37:12 d'abord, de me reprocher
00:37:14 de ne pas être gaullien,
00:37:16 puisque je dis
00:37:18 que je suis droite contre la gauche,
00:37:20 et puis après... - Je ne vous ai pas reproché
00:37:22 de ne pas être gaullien ? - Si, si, si, si, si, mais ce n'est pas grave !
00:37:24 Mais j'ai répondu tout à l'heure. - D'accord.
00:37:26 - Et ensuite, dans la question suivante,
00:37:28 de me dire, "Vous oubliez
00:37:30 qu'il y a une lutte des classes."
00:37:32 Mais je n'oublie pas qu'il y a une lutte des classes,
00:37:34 mais le général de Gaulle, justement,
00:37:36 sa politique, c'était
00:37:38 de conjurer la lutte des classes,
00:37:40 et de rassembler les Français
00:37:42 en tant que Français.
00:37:44 - Mais on n'est plus dans la même époque, Éric Zemmour !
00:37:46 - Mais ce n'est pas grave, vous savez, déjà à son époque,
00:37:48 on lui disait, "On n'est plus à la même époque."
00:37:50 On lui disait, "On n'est plus au 19e siècle."
00:37:52 On lui disait déjà, "Il n'est pas moderne."
00:37:54 En fait, il s'est avéré beaucoup plus moderne
00:37:56 que ceux qui se prétendaient modernes.
00:37:58 Première réponse. Deuxième réponse.
00:38:00 Je n'ai...
00:38:02 Pendant toute la campagne,
00:38:04 j'ai...
00:38:06 J'ai essayé
00:38:08 d'agir par ordre.
00:38:10 C'est-à-dire qu'au début, vous avez raison,
00:38:12 j'ai parlé essentiellement
00:38:14 du grand remplacement.
00:38:16 Parce que je voulais imposer mon thème.
00:38:18 Et je voulais l'imposer à toute la classe politique.
00:38:20 Et ça a marché ! Souvenez-vous
00:38:22 de la campagne des primaires
00:38:24 de LR, souvenez-vous de
00:38:26 Mélenchon débattant avec moi,
00:38:28 lui parlant de
00:38:30 de la créolisation, qui était un grand
00:38:32 remplacement assumé, en vérité, et glorifié.
00:38:34 Je me rappelle même,
00:38:36 pour vous faire sourire, que
00:38:38 Mme Le Pen émaillait ses discours
00:38:40 de phrase sur
00:38:42 le conflit de civilisation et sur l'enjeu
00:38:44 de civilisation, après avoir fait
00:38:46 une affiche sur la liberté, puis
00:38:48 ensuite, elle parlera de pouvoir
00:38:50 d'achat.
00:38:52 Ça, oui, je vous l'accorde volontiers,
00:38:54 c'était volontaire. Parce que je pense
00:38:56 que c'est l'essentiel. À partir du moment,
00:38:58 si vous voulez, où
00:39:00 on sera obligé de voir
00:39:02 nos filles voilées,
00:39:04 nos histoires de pouvoir d'achat
00:39:06 et de retraite, paraîtront
00:39:08 bien subalternes, puisque nous aurons
00:39:10 changé de monde et de civilisation. Mais,
00:39:12 je tiens à dire, cher André Bercoff,
00:39:14 que j'ai très vite
00:39:16 parlé, à côté du grand
00:39:18 remplacement, de ce que j'appelais le grand
00:39:20 déclassement. Dès
00:39:22 mes discours d'octobre, mon discours à Lille,
00:39:24 je crois même que c'est fin septembre, je fais
00:39:26 un grand discours sur l'économie,
00:39:28 sur comment on est arrivé
00:39:30 là. Alors, là où vous avez
00:39:32 raison, et peut-être que c'est ce discours-là
00:39:34 qui n'est pas passé, mais je ne le renie pas.
00:39:36 Je n'ai pas fait
00:39:38 le discours d'autres, c'est-à-dire que je n'ai pas dit
00:39:40 on va régler tout ça par des chèques.
00:39:42 J'ai dit, le pouvoir d'achat,
00:39:44 c'est ce qui vous laisse quand
00:39:46 l'État vous a tout pris.
00:39:48 J'ai dit aussi, pourquoi
00:39:50 nous nous appauvrissons ?
00:39:52 C'est parce que nos salaires sont
00:39:54 trop bas. Pourquoi nos salaires sont trop bas ?
00:39:56 Parce que nous ne produisons pas
00:39:58 assez par rapport aux autres pays, nous sommes
00:40:00 de moins en moins compétitifs. Et aussi,
00:40:02 pourquoi les patrons ne peuvent
00:40:04 pas nous augmenter ? Parce que dès qu'ils nous augmentent,
00:40:06 ils ont les charges sociales
00:40:08 qui augmentent
00:40:10 de façon explosive.
00:40:12 Et pourquoi on a des charges sociales explosives ?
00:40:14 Parce qu'on a 800 milliards
00:40:16 de dépenses sociales
00:40:18 qui en font
00:40:20 de nous le record man du monde
00:40:22 des dépenses sociales. Et pourquoi
00:40:24 on a des dépenses sociales ?
00:40:26 Mis à part la question de la retraite, vous voyez,
00:40:28 il y avait aussi le fait que
00:40:30 nous soignons le monde entier,
00:40:32 nous nourrissons le monde entier,
00:40:34 nous accueillons le monde entier,
00:40:36 et que ça nous coûte des fortunes.
00:40:38 Je vois qu'aujourd'hui, M. Le Maire se rend
00:40:40 compte qu'il y a des fraudes
00:40:42 dans les mouvements
00:40:44 sociaux vis-à-vis des étrangers,
00:40:46 mais moi j'irais plus loin. C'est pas seulement les fraudes
00:40:48 dont il devrait s'occuper, c'est de
00:40:50 ce que nous coûte l'immigration.
00:40:52 Globalement. C'est-à-dire
00:40:54 pourquoi on a un hôpital qui s'effondre,
00:40:56 pourquoi on a une école qui s'effondre.
00:40:58 À chaque fois, il y a des causes endogènes,
00:41:00 c'est-à-dire ce dont nous sommes responsables,
00:41:02 mais il y a aussi une immigration
00:41:04 énorme qui fait s'écrouler le système.
00:41:06 - Éric Zemmour, pour la première partie,
00:41:08 les charges sociales, elle n'est pas politique,
00:41:10 Agnès Verdier-Moulinier, autres le disent tous les jours.
00:41:12 - Tout à fait. Mais elle est lucide,
00:41:14 Mme Verdier-Moulinier, depuis longtemps.
00:41:16 - Oui, oui, mais attendez. Et pour le reste,
00:41:18 je rappelle qu'un certain Georges Marchais,
00:41:20 le comble sauvage, le disait il y a 40 ans.
00:41:22 - Pour l'immigration ? Je sais bien.
00:41:24 - Alors, effectivement, le problème
00:41:26 est le problème de réconcilier Agnès Verdier-Moulinier
00:41:28 et Georges Marchais.
00:41:30 - Ce qui n'est pas facile. - Ce qui n'est pas simple.
00:41:32 On se retrouve plus après une petite pause.
00:41:34 - On se retrouve tout de suite. Restez bien avec nous
00:41:36 sur Sud Radio avec Éric Zemmour dans le face-à-face
00:41:38 d'André Bercoff et vous nous appelez
00:41:40 au 0826-300-300 pour participer
00:41:42 à l'émission. 0826-300-300.
00:41:44 À tout de suite sur Sud Radio.
00:41:46 - Les Français parlent au français.
00:41:50 Les carottes sont cuites.
00:41:52 Les carottes sont cuites.
00:41:54 Sud Radio Bercoff dans tous ses états.
00:41:58 - Éric Zemmour,
00:42:00 qui n'a toujours pas dit son dernier mot,
00:42:02 et effectivement, d'ailleurs, on préfère, parce que
00:42:04 de temps en temps, on aime bien l'entendre, même quand il exagère.
00:42:06 - Non, jamais, jamais, j'exagère jamais.
00:42:08 - Et vous n'exagérez pas quand vous dites,
00:42:10 Éric Zemmour, dans votre livre,
00:42:12 c'est la gauche hors les murs
00:42:14 qui, en la personne d'Emmanuel Macron,
00:42:16 avait conquis l'Elysée, je me rappelle,
00:42:18 de réunion de la gauche hors les murs avec votre grand ami
00:42:20 Robert Ménard, votre ex-ami. - De la droite hors les murs.
00:42:22 - La droite, oui. En quoi la gauche ?
00:42:24 C'est-à-dire, c'est Mélenchon ?
00:42:26 - Attendez, attendez.
00:42:28 Ça a besoin d'un peu de classification.
00:42:30 Ce qu'on appelait la droite hors les murs,
00:42:32 c'était, vous savez, la presse a appelé
00:42:34 nos déjeuners avec mes amis
00:42:36 Philippe Devilliers et Patrick Buisson,
00:42:38 où nous essayions de trouver
00:42:40 une alternative de droite.
00:42:42 Et c'était avant
00:42:44 la présidentielle de 2017.
00:42:46 Et j'explique, je raconte ça, parce que je fais un portrait
00:42:50 élogieux d'ailleurs, et louangeur
00:42:52 de mon ami Philippe.
00:42:54 Et je dis, il ne s'était pas complètement trompé,
00:42:56 parce qu'à l'époque déjà, il me disait "tu dois y aller",
00:42:58 c'était après le succès de mon livre
00:43:00 "Le Suicide français", et moi,
00:43:02 j'avais pas du tout... - 2014. - Voilà, exactement.
00:43:04 Et moi, j'avais pas du tout envie d'y aller, donc je
00:43:06 mettais les deux pieds sur le frein.
00:43:08 Et je dis, en forme de boutade,
00:43:10 Philippe ne s'était pas complètement trompé,
00:43:12 parce que c'est pas la droite hors les murs qui a gagné
00:43:14 en 2017, mais c'est la gauche hors les murs, je veux dire par là,
00:43:16 une gauche, mais qui n'est pas dans
00:43:18 les partis politiques. - Oui, mais en quoi Emmanuel Macron...
00:43:20 - En quoi Macron... Ah, j'ai compris votre question.
00:43:22 Emmanuel Macron
00:43:24 est, si vous voulez, le fils
00:43:26 de Michel Rocart
00:43:28 et de Dominique Strauss-Kahn.
00:43:30 C'est-à-dire,
00:43:32 une gauche qui accepte
00:43:34 le marché, qui a existé
00:43:36 depuis Proudhon... - Ah, depuis, oui.
00:43:38 - Depuis Proudhon, depuis toujours, pour en clair,
00:43:40 depuis le milieu du 19ème siècle,
00:43:42 qui n'est pas marxiste, qui n'est pas
00:43:44 collectiviste, qui est libéral,
00:43:46 et qui est tellement
00:43:48 libéral, que, elle fait
00:43:50 alliance, vous savez, selon le schéma
00:43:52 très bien mis à jour par
00:43:54 l'américain Christophe Horlache et le français
00:43:56 Jean-Claude Michéa, avec les
00:43:58 libertaires hérités de mai 68,
00:44:00 ce qui fait que
00:44:02 il est pour la PMA,
00:44:04 vous voyez, pour
00:44:06 le Tanazie, les WOK, etc., et qu'il met
00:44:08 Pape Hendaye à l'éducation nationale.
00:44:10 Tout ça, cette alliance
00:44:12 entre libéraux et libertaires, est une alliance
00:44:14 de gauche, elle est incarnée par exemple
00:44:16 aujourd'hui par Daniel Cohn-Bendit.
00:44:18 Emmanuel Macron est de gauche,
00:44:20 comme Daniel Cohn-Bendit, c'est ça que je voulais dire.
00:44:22 Maintenant, là où vous posez une très bonne question
00:44:24 sur qu'est-ce que la gauche aujourd'hui...
00:44:26 Parce qu'en fait, le clivage droite-gauche,
00:44:28 je vais pas vous faire de l'histoire,
00:44:30 mais vous savez très bien, il naît...
00:44:32 Tous les historiens sont à peu près d'accord
00:44:34 pour dire qu'il naît
00:44:36 pendant la Révolution française, au début,
00:44:38 une discussion à l'Assemblée nationale sur
00:44:40 la question du veto du roi,
00:44:42 ceux qui sont pour le veto du roi se mettent
00:44:44 à droite, ceux qui sont contre le veto du roi
00:44:46 se mettent à gauche. Et depuis,
00:44:48 et depuis, c'est ça qui est important, si je
00:44:50 peux me permettre, la gauche
00:44:52 s'est définie par rapport à...
00:44:54 Le clivage droite-gauche s'est défini par rapport à un sujet.
00:44:56 Le roi,
00:44:58 puis la République, les institutions.
00:45:00 On va faire ça tout le XIXe siècle,
00:45:02 la République, le roi, l'Empire,
00:45:04 etc. Bon. Puis,
00:45:06 la question sociale, à partir de
00:45:08 1860-1880, vous avez tout à fait raison,
00:45:10 la question sociale, qui nous
00:45:12 occupe, en vérité, jusqu'aux années
00:45:14 70-80... - Qui continue de s'occuper...
00:45:16 - Ah oui, justement, je vais venir, je vais venir.
00:45:18 Et, avec un intermède,
00:45:20 parce qu'il y a quand même les deux guerres mondiales,
00:45:22 de la paix et de la guerre, d'ailleurs, la droite
00:45:24 qui était belliciste, devenant pacifiste,
00:45:26 la gauche qui était
00:45:28 belliciste, devenant... Enfin, pacifiste,
00:45:30 devenant belliciste. - Sinon, Epstein. - Exactement.
00:45:32 Bref. Passons ça.
00:45:34 Jeudi, aujourd'hui,
00:45:36 et vous avez vu le résultat
00:45:38 à gauche. La gauche, c'est Jean-Luc Mélenchon
00:45:40 qui a emporté l'affaire.
00:45:42 Et pourquoi il a emporté
00:45:44 l'affaire à gauche ? C'est parce qu'il a
00:45:46 rassemblé un peuple
00:45:48 qu'on peut qualifier
00:45:50 stricto sensu,
00:45:52 d'islamo-gauchiste. C'est-à-dire
00:45:54 qu'il y a 70 à 75%
00:45:56 des musulmans français qui ont voté
00:45:58 Jean-Luc Mélenchon, et le
00:46:00 reste des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, c'est un
00:46:02 peuple de gens
00:46:04 qui sont plutôt
00:46:06 séduits par la mouvance "woke",
00:46:08 qu'on appelle "woke", c'est-à-dire des gens
00:46:10 qui militent pour...
00:46:12 - Pardon, les islamistes
00:46:14 et le "woke", c'est pas du tout la même chose, vous le savez.
00:46:16 - Ah, mais moi, j'appelle ça depuis longtemps
00:46:18 l'alliance
00:46:20 germano-soviétique, le pacte
00:46:22 germano-soviétique. Un jour, ils s'étriperont,
00:46:24 ça, vous avez tout à fait raison. Mais pour l'instant,
00:46:26 - Oui, d'accord. - Jean-Luc Mélenchon arrive
00:46:28 à concilier l'inconciliable.
00:46:30 Et c'est pour ça que je dis
00:46:32 qu'on revient à votre question du début,
00:46:34 comme quoi nous avons, vous et moi, de la suite
00:46:36 dans nos idées.
00:46:38 C'est pour ça que je dis que la gauche
00:46:40 a inventé le nouveau clivage droite-gauche.
00:46:42 C'est-à-dire que, contre
00:46:44 ce peuple islamo-gauchiste qui veut
00:46:46 détruire la France, au sens propre du
00:46:48 terme, il faut
00:46:50 qu'il y ait une droite qui
00:46:52 veuille défendre la civilisation
00:46:54 française, l'identité
00:46:56 française, et
00:46:58 si vous voulez, dans ce cadre de
00:47:00 figure du clivage droite-gauche,
00:47:02 la question sociale n'a pas été
00:47:04 éliminée, vous avez tout à fait raison.
00:47:06 Il y a des gens qui ont du mal à vivre aujourd'hui,
00:47:08 qui avec l'inflation... - Il y en a beaucoup.
00:47:10 - Il y en a beaucoup, vous avez raison, et l'inflation aggrave
00:47:12 tout cela. Je n'en
00:47:14 dis ce qu'on vient nullement, et je vous répète
00:47:16 ce que j'ai dit tout à l'heure, mais je ne vais pas recommencer,
00:47:18 j'en ai beaucoup parlé et je me sens
00:47:20 - Non, je t'y vais. - Je me suis intér... Attendez,
00:47:22 je dis simplement que
00:47:24 aujourd'hui,
00:47:26 nous ne sommes plus au 19e siècle.
00:47:28 La droite, comme la gauche,
00:47:30 s'occupe des questions
00:47:32 sociales. Emmanuel Macron,
00:47:34 qu'on le dise de gauche ou de droite,
00:47:36 a déversé plus d'argent
00:47:38 sur les catégories
00:47:40 dites populaires, que la gauche
00:47:42 n'en a jamais fait.
00:47:44 Et il le finance par la dette, comme la gauche d'ailleurs.
00:47:46 - Comme la gauche. La politique de la
00:47:48 ville se poursuit. - Voilà,
00:47:50 exactement. Et même au-delà,
00:47:52 avec tous les...
00:47:54 - Non, je vous interroge, voilà.
00:47:56 Mais on est au coeur du problème,
00:47:58 en tout cas au coeur de notre discussion.
00:48:00 Vous dites "ils ont ressuscité
00:48:02 la gauche". En fait,
00:48:04 le problème est là, c'est qu'il y a quand même
00:48:06 beaucoup de gens, vous dites,
00:48:08 la gauche n'est pas entièrement
00:48:10 et loin de là, je crois, alors ça je peux
00:48:12 me tromper, versé dans l'islamo-gauchisme.
00:48:14 Je veux dire qu'il y a
00:48:16 des pans entiers de France
00:48:18 qui ne sont pas spécialement de droite,
00:48:20 qui ne se reconnaissent pas là-dedans,
00:48:22 et qui sont patriotes, et qui sont
00:48:24 appelez-le souverainistes, patriotes,
00:48:26 mon cher Bercoff.
00:48:28 - Oui, ceux-là, ils existent.
00:48:30 - Ils existent. - Oui.
00:48:32 - Mais, c'est comme ça
00:48:34 depuis deux siècles. Premièrement,
00:48:36 c'est la gauche qui définit
00:48:38 qui est de gauche, et qui
00:48:40 détruit, et qui
00:48:42 diabolise, et qui élimine
00:48:44 tous ceux qu'elle estime
00:48:46 qui ne sont plus de gauche.
00:48:48 Ceux-là, vous avez raison,
00:48:50 ils se croient encore de gauche, à l'infini
00:48:52 qu'ils croient, ils se croient encore de gauche,
00:48:54 mais la gauche le vomit.
00:48:56 Michel Onfray, il se croit encore de gauche,
00:48:58 la gauche le vomit, c'est la droite qui l'aime.
00:49:00 Lui, ça le désole, mais c'est la vérité.
00:49:02 - Mais parce que ce n'est plus le clivage !
00:49:04 Là, je suis en désaccord
00:49:06 - Non, non, pardonnez-moi, même vous,
00:49:08 peut-être que vous vous croyez encore de gauche, mais mon cher
00:49:10 Bercoff, la gauche vous déteste.
00:49:12 - Mais je m'en fous. - Mais je sais, mais c'est comme ça.
00:49:14 - Je m'en fous. - Non mais, vous savez,
00:49:16 vous pouvez, comme Michel Onfray, je l'ai déjà dit
00:49:18 à Michel Onfray, vous pouvez dire dans votre
00:49:20 baignoire, tout seul, "je suis de gauche,
00:49:22 je suis de gauche, on s'en fout,
00:49:24 parce que la gauche ne vous reconnaît pas."
00:49:26 C'est ainsi. Aujourd'hui,
00:49:28 aujourd'hui, mais aujourd'hui,
00:49:30 Jean Jaurès,
00:49:32 Léon Blum,
00:49:34 - Il serait de droite. - Merci.
00:49:36 - Il serait qualifié de droite. - Merci.
00:49:38 - Il serait Eostrad. - Merci de finir mes phrases.
00:49:40 - Mais c'est pour ça, pardon. - Tout ce que je dis, moi,
00:49:42 je finis, pardon André.
00:49:44 Vraiment, j'y tiens.
00:49:46 Tout ce que je dis,
00:49:48 en particulier sur
00:49:50 l'immigration, l'assimilation,
00:49:52 la France, la République,
00:49:54 tout, vous m'entendez, jusqu'au
00:49:56 si controversé, histoire des prénoms.
00:49:58 Tout cela
00:50:00 était le discours de la gauche
00:50:02 républicaine pendant un siècle et demi.
00:50:04 Tout cela a été
00:50:06 pris de la gauche, je dis bien de la gauche,
00:50:08 de la gauche républicaine,
00:50:10 de Jules Ferry, de Jean Jaurès,
00:50:12 de Léon Blum et de Guy Mollet.
00:50:14 Donc il faut arrêter, et de Georges Marchev,
00:50:16 vous en avez parlé tout à l'heure. - Mais comment il se fait,
00:50:18 c'est plus des émours que dans tout votre livre,
00:50:20 vous ne parlez jamais, or ça,
00:50:22 c'est bien de gauche, je rappelle que Marx
00:50:24 avait demandé aux ouvriers polonais de ne pas venir
00:50:26 en Angleterre, parce que les capitalistes
00:50:28 allaient baisser les salaires, c'est ce qui s'est passé
00:50:30 pendant les remontements familiaux et compagnie.
00:50:32 - Vous parlez d'or.
00:50:34 - On est d'accord. Georges Marchev a dit
00:50:36 "ça suffit l'immigration légale
00:50:38 et l'immigration clandestine
00:50:40 parce que les patrons..." Et dans
00:50:42 votre livre, ce qui est étonnant,
00:50:44 c'est pas un mot là-dessus, c'est-à-dire
00:50:46 franchement, les grands patrons,
00:50:48 alors, moi je suis... Vous n'en parlez pas du tout,
00:50:50 je suis très frappé par une chose,
00:50:52 dans votre livre, vous dites "quand on
00:50:54 parle de système médiatique,
00:50:56 on imagine quelques grands propriétaires de
00:50:58 manières milliardaires
00:51:00 influents et tirants de ficelles, on devrait
00:51:02 plutôt évoquer une
00:51:04 Assemblée Générale d'étudiants où l'on vote à main levée,
00:51:06 on est plus près du communisme que
00:51:08 de la ploutocratie." Allons, allons,
00:51:10 Eric Zemmour, ça délire que les
00:51:12 actionnaires n'ont aucun... Non,
00:51:14 les journalistes sont totalement
00:51:16 indépendants, font ce qu'ils veulent là où ils sont.
00:51:18 Cher Eric Zemmour, vous pêchez par
00:51:20 naïveté là. - J'ai pas dit ça. - Si, vous avez
00:51:22 dit ça. - Non. - C'est dans votre livre. - Je dis que
00:51:24 les pressions des
00:51:26 grands actionnaires sont
00:51:28 beaucoup moins décisives que celles
00:51:30 des autres journalistes.
00:51:32 Et de la pression d'avant... - Vous pensez que c'est le
00:51:34 mimétisme ? - Ah oui. Et de la... Et de
00:51:36 dépression, et de la volonté
00:51:38 de ne pas... de ne pas se...
00:51:40 se détacher de
00:51:42 la masse. Et c'est la formation
00:51:44 des journalistes qui est complètement prise en main
00:51:46 par la gauche, la gauche
00:51:48 plénélienne même.
00:51:50 Nous avons des petits clones de
00:51:52 Mediapart dans tous les journaux, en vérité.
00:51:54 Dans tous les journaux, y compris jusqu'au Figaro.
00:51:56 Je les ai bien connus.
00:51:58 Et ça, c'est pas l'actionnaire,
00:52:00 c'est pas d'assaut
00:52:02 qui les pousse à jouer à Mediapart.
00:52:04 - Alors je vais vous dire... - Donc il faut
00:52:06 arrêter avec ça. - Eh ben je vais vous dire,
00:52:08 Marine Carmitz, vous connaissez Marine Carmitz,
00:52:10 qui est une cinéaste, qui a commencé par la lutte des classes, etc.,
00:52:12 qui est devenue, et d'ailleurs, il a très bien réussi,
00:52:14 moi je suis pas anti-entreprise, bravo.
00:52:16 Vous savez ce qu'il dit ? Il y a une phrase formidable,
00:52:18 parce qu'elle montre très
00:52:20 bien le travail que, à mon avis, vous avez encore à faire.
00:52:22 Pas seulement vous, je parle d'Éric Zemmour.
00:52:24 Il a dit "Je préfère être un milliardaire de gauche
00:52:26 qu'un pauvre d'extrême droite".
00:52:28 Tout est dit, Éric Zemmour.
00:52:30 C'est-à-dire, j'ai le droit, en tant que milliardaire
00:52:32 de gauche, je peux me permettre ce que je veux.
00:52:34 Y a pas que l'idéologie de la gauche,
00:52:36 etc. Il y a que je me proclame de
00:52:38 gauche, je fais de l'inversion fiscale,
00:52:40 je fais ce que je veux, je m'amuse, je fais du dumping,
00:52:42 mais, attendez les gars, je suis de gauche.
00:52:44 Vous me poutouchez pas.
00:52:46 That is the question.
00:52:48 - Non, pardonnez-moi.
00:52:50 Ça c'est typique de la bourgeoisie
00:52:52 de gauche, de la bourgeoisie
00:52:54 macronienne. Marine Carmit, c'est tout à fait ça.
00:52:56 Et je dirais de la bourgeoisie
00:52:58 mondialiste des années 70.
00:53:00 C'est très daté, votre personnage,
00:53:02 que je connais un moins bien que vous, mais que je connais un peu,
00:53:04 et ce qu'il dit.
00:53:06 Maintenant, je vous répète,
00:53:08 c'est la gauche
00:53:10 qui détermine le clivage droite-gauche.
00:53:12 Dans toute l'histoire, ça a été comme ça.
00:53:14 Je vais pas refaire l'historique que j'ai fait tout à l'heure.
00:53:16 Maintenant, vous me parlez,
00:53:18 parce que votre question, elle est intéressante,
00:53:20 je pense,
00:53:22 et je continue de penser,
00:53:24 que le clivage essentiel,
00:53:26 c'est sur l'identité, et sur
00:53:28 la sauvegarde de la civilisation
00:53:30 française en France, et sur le fait que
00:53:32 bientôt, dans 20 ans,
00:53:34 dans l'espace de 20 ans, le peuple français sera
00:53:36 minoritaire chez lui. C'est déjà arrivé
00:53:38 dans d'autres endroits. C'est arrivé au Liban,
00:53:40 c'est arrivé, que vous connaissez bien,
00:53:42 c'est arrivé, mais même au Québec.
00:53:44 J'en parlais avec mon ami Mathieu Boccotte,
00:53:46 il me dit "les Français vont comprendre
00:53:48 ce que nous avons vécu, devenir minoritaire
00:53:50 chez soi". C'est ce qui est...
00:53:52 Je pense que c'est plus important que tout.
00:53:54 Et je dirais
00:53:56 que j'ai longtemps
00:53:58 pensé, vous voyez,
00:54:00 je ne le cache pas dans mon livre d'ailleurs,
00:54:02 que il y avait d'un côté
00:54:04 le peuple qui avait conscience
00:54:06 du sentiment patriotique,
00:54:08 j'ai cité
00:54:10 à Noseam
00:54:12 la formule célèbre de Jaurès
00:54:14 "la patrie est le seul bien des pauvres",
00:54:16 et les riches,
00:54:18 vos "marine karmites", vos élites
00:54:20 mondialisées, comme disait Jean-Pierre Chauvinement,
00:54:22 qui ne pensent plus à la patrie.
00:54:24 Eh ben, j'en suis
00:54:26 revenu.
00:54:28 Je raconte,
00:54:30 dans mon livre, comment
00:54:32 j'ai découvert à Londres, au coeur
00:54:34 même de la city,
00:54:36 avec des gens qui travaillaient dans la finance,
00:54:38 donc vous voyez la caricature...
00:54:40 - Qui disent "je reviendrai si vous êtes élu".
00:54:42 - Exactement. Et qui,
00:54:44 lors d'un déjeuner, ils étaient une trentaine,
00:54:46 je commence à parler d'économie parce que
00:54:48 je pensais que ça les intéressait, vous voyez, naïf que j'étais,
00:54:50 et il y en a un qui m'interrompt et qui me dit
00:54:52 "écoutez, votre programme économique, on s'en fout,
00:54:54 il sera sûrement très bien, parlez-nous
00:54:56 d'identité, parce que moi j'en ai marre que quand ma fille
00:54:58 arrive à Gare du Nord, elle se croit en Afrique
00:55:00 et elle soit menacée". C'est ça que j'entends.
00:55:02 Des gens de Londres, mon cher.
00:55:04 - Mais on est d'accord. - Non, on n'est pas d'accord,
00:55:06 parce que vous dites le contraire.
00:55:08 - Non, non, parce que vous me parlez d'une poignée de gens...
00:55:10 - Moi je dis que ce sont là,
00:55:12 ces gens-là, regardez
00:55:14 Vincent Bolloré. Vincent Bolloré, il a très bien
00:55:16 compris que l'essentiel,
00:55:18 c'était l'identité du pays.
00:55:20 - Regardez Christian Latouche, le PDG de Félicial.
00:55:22 - Et regardez ce qu'il prend, et regardez ce qu'il subit.
00:55:24 - Bien sûr. - Bon, de la part de la presse
00:55:26 de gauche et au-delà.
00:55:28 Donc pourquoi je vous dis tout ça ? Parce que je pense que
00:55:30 aujourd'hui, nous pouvons
00:55:32 rassembler,
00:55:34 et d'ailleurs pour moi c'est la seule condition
00:55:36 de la victoire, c'est ce que je vous disais tout à l'heure
00:55:38 au sujet de Marine Le Pen,
00:55:40 c'est la seule condition de la victoire,
00:55:42 c'est allier les classes populaires
00:55:44 qui demeurent patriotes,
00:55:46 même s'il y a en leur sein des gens qui ne le sont plus
00:55:48 et qui se soucient uniquement
00:55:50 de leurs conditions matérielles de vie.
00:55:52 C'est bien légitime. - On peut pas leur en vouloir.
00:55:54 - Mais bien sûr, il faut pas idéaliser
00:55:56 non plus Le Pen, il faut pas passer d'un extrême à l'autre,
00:55:58 mais je pense qu'il y a une grande masse
00:56:00 effectivement des catégories populaires
00:56:02 qui veut rester française
00:56:05 et veut conserver son art de vivre
00:56:07 et sa civilisation, mais il y a aussi
00:56:09 dans les...
00:56:11 ce que j'ai appelé la bourgeoisie patriote,
00:56:13 de nombreuses personnes
00:56:15 qui ont compris
00:56:17 que l'identité d'un pays
00:56:19 c'était essentiel, que leur pays
00:56:21 était en train de leur échapper, que bien sûr
00:56:23 leurs enfants, comme ils le font déjà
00:56:25 et c'est un révélateur,
00:56:27 iront étudier à l'étranger
00:56:29 et qu'ils vont rester à l'étranger.
00:56:31 - C'est clair.
00:56:33 - Donc c'est la libanisation du pays.
00:56:35 - On en parle tout de suite après cette petite pause, la dernière,
00:56:37 et puis on reçoit les auditeurs de Sud Radio.
00:56:39 - Restez bien avec nous, on se retrouve tout de suite
00:56:41 et vous nous appelez au 0826-300-300
00:56:43 pour un tap-pol et Eric Zemmour, 0826-300-300
00:56:45 à tout de suite sur Sud Radio.
00:56:47 Ici Sud Radio.
00:56:49 Ici Sud Radio.
00:56:51 Les Français parlent au français.
00:56:55 Je n'aime pas la blanquette de veau.
00:56:59 Je n'aime pas la blanquette de veau.
00:57:01 Sud Radio Bercov dans tous ses états.
00:57:03 - Et je ne suis pas le seul Eric Zemmour,
00:57:07 je ne vous en parle pas. Je n'ai pas dit mon dernier mot
00:57:09 aux émissions Rubanprès, un livre vraiment à lire,
00:57:11 d'ailleurs il marche très bien,
00:57:13 et pour cause,
00:57:15 juste Eric Zemmour.
00:57:17 Les élections présidentielles les prochaines,
00:57:19 c'est en 27, il y aura d'abord les élections européennes,
00:57:21 etc. Mais il y a quelque chose,
00:57:23 vous parliez déjà de Luc Mélenchon,
00:57:25 qui a fait son petit programme commun avec la LUPES,
00:57:27 et ça n'a pas si mal marché. Je ne parle pas
00:57:29 de Mitterrand, qui en
00:57:31 81-71 refait le PS,
00:57:33 fait le programme commun avec des gens qui le détestaient,
00:57:35 et qui le détestaient, vous savez ça aussi bien que moi,
00:57:37 et pourquoi vous,
00:57:39 vous n'essayez pas de faire un programme commun
00:57:41 à droite avec Marine Le Pen ?
00:57:43 - Mais mon cher Bercov,
00:57:45 vous parlez d'or.
00:57:47 C'est exactement les expériences
00:57:49 et les propositions que j'ai faites.
00:57:51 J'ai dit, moi, j'ai appelé
00:57:53 à voter Marine Le Pen sans rien discuter,
00:57:55 alors qu'il y avait des gens parmi
00:57:57 mes électeurs et parmi mes soutiens
00:57:59 qui ne voulaient pas entendre parler
00:58:01 de soutien à Marine Le Pen.
00:58:03 J'ai proposé ce qu'on appelle
00:58:05 une union, une coalition comme on veut,
00:58:07 des droites, exactement sur le modèle
00:58:09 de l'union de la gauche. Jean-Luc Mélenchon
00:58:11 l'a faite pour la gauche, d'ailleurs,
00:58:13 il a bien vu les résultats, plus que probant,
00:58:15 puisqu'ils ont rapporté 150 députés,
00:58:17 mais si vous voulez,
00:58:19 d'abord, moi, je proposais une alliance
00:58:21 globale, non seulement avec le RN
00:58:23 de Marine Le Pen, mais aussi avec la partie
00:58:25 de LR qui ne veut pas
00:58:27 se rallier à Emmanuel Macron. On le voit dans les chiffres,
00:58:29 c'est à peu près la moitié. - D'ailleurs, votre
00:58:31 ami Eric Ciotti ne suit pas vraiment.
00:58:33 - Écoutez, je ne parle plus de personne.
00:58:35 Je dis, voilà,
00:58:37 je vois les électeurs, il y a 50% des gens,
00:58:39 des électeurs de LR qui veulent l'union des droites.
00:58:41 Il y a d'ailleurs 80% des électeurs
00:58:43 du RN qui veulent l'union droite. Mais ça bloque
00:58:45 sur, un,
00:58:47 pour l'instant, les gens de LR
00:58:49 ne veulent pas, et deux, surtout,
00:58:51 c'est Marine Le Pen qui
00:58:53 n'en veut pas. Marine Le Pen
00:58:55 veut rester seule, elle considère qu'elle va
00:58:57 gagner toute seule, elle
00:58:59 considère mon intrusion dans le jeu
00:59:01 politique comme inconvenant,
00:59:03 et pour ne pas dire un scandale,
00:59:05 qu'elle veut réduire, elle veut
00:59:07 nous tuer en clair. Donc, elle veut
00:59:09 tuer Reconquête, elle veut tuer Eric Zemmour,
00:59:11 elle estime qu'elle a gagné la
00:59:13 bataille en 2022, et elle
00:59:15 ne veut surtout pas, d'accord, pour
00:59:17 vous parler de Nupes de droite,
00:59:19 j'étais tout à fait favorable et je l'ai proposé,
00:59:21 et donc elle a refusé.
00:59:23 Elle a dit, retrouvé l'interview
00:59:25 dans le Figaro, reprenant notre discussion
00:59:27 du début, je ne suis ni de droite ni de gauche,
00:59:29 donc je ne ferai pas une union des droites. Voilà.
00:59:31 Donc je dis maintenant à tous les électeurs,
00:59:33 les électeurs du RN,
00:59:35 et les électeurs de LR, qui
00:59:37 veulent de cette union, de cette coalition
00:59:39 des droites, ils n'ont qu'une seule solution,
00:59:41 voter pour Reconquête,
00:59:43 voter pour moi, voter pour Reconquête,
00:59:45 parce que c'est uniquement, vous avez cité
00:59:47 le très bon exemple de François Mitterrand,
00:59:49 qui en 71 refait le Parti Socialiste,
00:59:51 rappeler qu'en 69,
00:59:53 le candidat du Parti Socialiste fait
00:59:55 5%, et que le
00:59:57 candidat du Parti Communiste fait 20%,
00:59:59 et que l'union de la gauche
01:00:01 ne marche que parce qu'il y a un
01:00:03 renversement du rapport de force,
01:00:05 et que le Parti Socialiste passe devant le Parti Communiste,
01:00:07 qu'il impose l'union,
01:00:09 et que c'est pour ça qu'il gagne. C'est exactement ce que je comprends.
01:00:11 - Mais on peut comprendre que Marine Le Pen n'a pas envie de se retrouver
01:00:13 dans la position du Parti Communiste de 69.
01:00:15 - On peut comprendre
01:00:17 en tant que
01:00:19 garante de sa boutique, mais
01:00:21 on ne peut pas comprendre en tant que
01:00:23 patriote, puisqu'elle se prétend patriote,
01:00:25 elle devrait voir d'abord l'intérêt de la France.
01:00:27 - Alors, on va prendre,
01:00:29 peut-être malheureusement, vous savez, on a 1h30,
01:00:31 on avait 2h, mais on n'a qu'1h30 en ce moment,
01:00:33 donc on va prendre
01:00:35 un auditeur. - Un auditeur, oui, au 0826
01:00:37 303 100, on accueille Sophie de
01:00:39 Lanières-sur-Seine. Bonjour Sophie. - Bonjour Sophie.
01:00:41 - Oui, bonjour M. Bercoff, merci
01:00:43 encore une fois de vos
01:00:45 extraordinaires émissions, et je suis
01:00:47 enchantée de pouvoir poser une question
01:00:49 à M. Lemoure, pour lequel
01:00:51 j'ai une adhésion intellectuelle
01:00:53 totale depuis de très
01:00:55 nombreuses années, j'admire son courage,
01:00:57 et sa vision
01:00:59 des choses. Cependant,
01:01:01 j'ai adhéré à Reconquest, c'est la première fois de ma vie
01:01:03 que je m'en carte, donc voyez ma sincérité.
01:01:05 Cependant, je suis
01:01:07 un petit peu déçue,
01:01:09 sachant à quel point Éric Lemoure aime
01:01:11 l'histoire de sa position vis-à-vis
01:01:13 d'Ukraine, qui va impacter
01:01:15 la génération
01:01:17 de mes enfants. Nous sommes,
01:01:19 nous n'avons rien à faire dans cette guerre,
01:01:21 les tenants et aboutissants
01:01:23 du pourquoi, du comment, tout ça
01:01:25 s'est déclenché, ont été
01:01:27 étudiés, on en a énormément parlé.
01:01:29 - On ne va pas en venir là-dessus, Sophie.
01:01:31 - Mais de grâce, j'aimerais que Éric Lemoure,
01:01:33 dont le courage est absolument
01:01:35 exceptionnel, je ne sais pas, il n'est peut-être pas
01:01:37 d'accord avec moi, mais nous n'avons rien à faire
01:01:39 dans cette guerre.
01:01:41 - Alors Éric Lemoure. - Cher Madame, d'abord,
01:01:43 merci de tous les éloges que
01:01:45 vous avez déversés sur moi, et de
01:01:47 la confiance que vous me portez,
01:01:49 et merci d'être
01:01:51 à Reconquest.
01:01:53 Je tiens à dire, d'ailleurs, qu'il y a beaucoup de gens
01:01:55 comme Madame, qui n'ont jamais
01:01:57 pris de carte de parti, et qui sont
01:01:59 venus à Reconquest.
01:02:01 - Mais sur l'Ukraine. - Sur l'Ukraine.
01:02:03 J'avoue que je ne comprends pas
01:02:05 cette critique.
01:02:07 Qu'est-ce que j'ai dit ?
01:02:09 J'ai dit simplement que c'était
01:02:11 la Russie qui avait attaqué l'Ukraine.
01:02:13 Voilà. C'est un fait.
01:02:15 Et j'ai dit que c'était évidemment
01:02:17 condamné par le droit international.
01:02:19 C'est un second fait. Maintenant,
01:02:21 j'ai dit, et justement,
01:02:23 j'ai été ouspillé
01:02:25 par la presse bien pensante
01:02:27 qui m'a traité de
01:02:29 poutinien jusqu'à plus soif.
01:02:31 J'ai dit que
01:02:33 nous avions, nous aussi, nos responsabilités
01:02:35 dans la guerre, parce que nous n'avions jamais
01:02:37 crevé cet abcès
01:02:39 de l'Est de l'Ukraine, du Donbass,
01:02:41 où les russophones
01:02:43 étaient bombardés
01:02:45 par l'armée ukrainienne, que
01:02:47 nous, les Français, les Allemands,
01:02:49 qui étaient garants
01:02:51 des accords
01:02:53 de 2014, n'avaient jamais
01:02:55 mis en oeuvre ces accords.
01:02:57 Donc, j'ai dit tout ça.
01:02:59 J'ai une vision équilibrée. Je dis même
01:03:01 que,
01:03:03 si vous voulez, je comprends en vérité
01:03:05 les deux parties. On peut essayer de faire
01:03:07 une analyse. J'explique longuement. Je fais un chapitre
01:03:09 entier dans le livre. Je dis
01:03:11 je comprends la Russie, car c'est
01:03:13 un empire qui ne veut
01:03:15 rester un empire, et qui
01:03:17 sera ravalée
01:03:19 au rang des anciennes puissances impériales
01:03:21 comme la France et l'Angleterre, si elle n'était plus un empire.
01:03:23 Mais je comprends aussi l'Ukraine,
01:03:25 parce que dans l'histoire, on a déjà vu
01:03:27 des nations se forger. Alors que moi,
01:03:29 j'ai longtemps cru qu'il y avait des Ukrainiens,
01:03:31 mais pas d'Ukraine, puisque c'était un pays
01:03:33 rassemblé de briquet de brogue, mais
01:03:35 il y a peut-être une nation qui est
01:03:37 en ce moment en train de germer dans la guerre,
01:03:39 comme il y a eu l'Allemagne face à Napoléon.
01:03:41 Voilà ce que j'ai dit, cher Madame. Je crois que
01:03:43 je ne peux pas avoir une position plus équilibrée,
01:03:45 et qu'on ne peut pas me reprocher
01:03:47 d'être pour l'un ou pour l'autre.
01:03:49 En tout cas, Eric Zemmour, je renvoie
01:03:51 à votre livre, je renvoie les auditeurs
01:03:53 et le président de l'Université de Stradivar à votre livre.
01:03:55 Vous n'avez pas dit votre dernier mot,
01:03:57 mais je ne vous vois pas dire votre dernier mot
01:03:59 avant longtemps. Merci beaucoup.
01:04:01 Merci beaucoup, chers auditeurs, d'être toujours
01:04:03 aussi nombreux à nous écouter. Merci à Eric Zemmour
01:04:05 pour son livre. Je n'ai pas dit mon
01:04:07 dernier mot aux éditions Rubinpré,
01:04:09 le président du Parti Reconquête. A tout de suite
01:04:11 sur Sud Radio.
01:04:12 Un pape ne diaille. On a beaucoup parlé
01:04:14 de pape ne diaille. Et puis là,
01:04:16 récemment, sur France Inter, il a quand même
01:04:18 dit des choses tout à fait intéressantes.
01:04:20 Et qu'est-ce qu'il a dit ? Eh bien, écoutez,
01:04:24 on n'a pas le sonore, mais
01:04:26 on va vous le dire, ce qu'il a dit, pape ne diaille.
01:04:28 Ah si, on a le sonore, pardon.
01:04:30 Alors, écoutez, le
01:04:32 ministre de l'Éducation nationale,
01:04:34 vous savez qu'on a des problèmes de professeurs,
01:04:36 d'effectifs, de remplacement, etc.
01:04:38 Eh bien, pape ne diaille a trouvé
01:04:40 la solution idéale. Écoutez.
01:04:42 C'est qui, pape ne diaille ?
01:04:44 Un prof de maths est absent
01:04:46 au mois de septembre, dans une classe de sixième,
01:04:48 par exemple, qu'est-ce qu'il se passe ? Eh bien, c'est,
01:04:50 par exemple, le professeur d'anglais qui va
01:04:52 remplacer le professeur de mathématiques, non pas
01:04:54 pour faire des mathématiques, bien entendu,
01:04:56 mais pour faire de l'anglais. L'idée,
01:04:58 c'est d'ailleurs ce qu'on a vu. Ah, donc c'est pas un
01:05:00 remplacement sur la matière concernée ? Non. C'est juste
01:05:02 le poste. C'est le trou
01:05:04 dans l'emploi du temps qui est
01:05:06 remplacé, non pas pour faire la
01:05:08 discipline, sauf si un professeur de mathématiques
01:05:10 en classe... Et donc les maths ne seront pas rattrapées,
01:05:12 dans votre logique ? Les mathématiques seront
01:05:14 rattrapées une autre fois, lorsque
01:05:16 le professeur d'anglais
01:05:18 sera absent et que le professeur de
01:05:20 mathématiques pourra le remplacer.
01:05:22 C'est une pesée annuelle, en quelque
01:05:24 sorte, des programmes et puis
01:05:26 des horaires. Écoutez, quand
01:05:28 Thibault Sadler et
01:05:30 Lucien Gasparac m'ont fait entendre ceci,
01:05:32 j'ai dit "mais non, c'est une fake news, vérifiez".
01:05:34 Non, non, non, non, non, non, ce n'est pas
01:05:36 une fake news. C'est le ministre de l'Éducation
01:05:38 nationale qui a dit "c'est-à-dire, c'est la théorie
01:05:40 du trou". Eh bien, là, on a un trou,
01:05:42 le prof, il n'est pas là. Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
01:05:44 Eh bien, on amène le prof d'anglais. Demain,
01:05:46 le prof du gymnastique n'est pas là, on amène
01:05:48 le prof de... je ne sais pas,
01:05:50 moi, d'éducation sentimentale.
01:05:52 Extraordinaire, la théorie du trou,
01:05:54 voilà, on fait... Et puis, le
01:05:56 le lendemain, et le prof d'anglais ne sera pas là,
01:05:58 ce sera le prof de maths, évidemment, qui va enseigner des maths,
01:06:00 bien sûr. On en est là,
01:06:02 on en est à boucher
01:06:04 les trous, c'est ça,
01:06:06 l'éducation nationale d'aujourd'hui. Et c'est ça
01:06:08 que prône l'actuel
01:06:10 ministre de l'éducation nationale. Bouchons
01:06:12 les trous, des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous,
01:06:14 ce n'est plus le poissonneur d'Elila,
01:06:16 c'est l'un poissonneur
01:06:18 de l'éducation. Eh bien, écoutez, les futures
01:06:20 générations, eh bien, elles vont être comblées
01:06:22 avec ça.
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