- il y a 3 ans
A la veille de la mobilisation du 7 mars contre la réforme des retraites, Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti Socialiste et député de la Seine-et-Marne déclare qu'il "ne croit pas que le Gouvernement quoi qu'il dise, soit de nature à empêcher la contestation. La mobilisation est très forte".
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TVTranscription
00:00 – Bonjour.
00:01 – Et notre invité politique ce matin c'est Olivier Faure.
00:03 Bonjour Olivier Faure.
00:04 – Bonjour à vous.
00:05 – Merci beaucoup d'être là, député de Saint-Émerde,
00:07 Premier secrétaire du Parti Socialiste.
00:08 On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat
00:11 avec la presse régionale, représentée par Fabrice Vesserodon
00:13 du groupe ÉBRA, les journaux de l'Est de la France.
00:15 – Bonjour Auriane, bonjour Olivier Faure.
00:18 – Bonjour à vous.
00:19 – Olivier Faure, on va évidemment augmenter la réforme des retraites,
00:21 c'est une réforme de gauche, c'est ce qu'affirme Olivier Dussopt,
00:24 hier dans les colonnes du Parisien, c'était même le titre.
00:26 Comment vous avez réagi en regardant cette une ?
00:29 – Je ne sais pas s'il faut en rire ou en pleurer,
00:33 l'évidence c'est que c'est le problème des gens qui un jour
00:36 trahissent leurs propres convictions, c'est qu'ils ont besoin de se rassurer
00:39 en se disant qu'ils ne les ont pas complètement trahis
00:41 et qu'ils sont restés fidèles à ce qu'ils étaient,
00:43 et donc je crois qu'ils se rassurent comme ça,
00:45 mais l'évidence c'est que cette réforme n'est pas une réforme de gauche,
00:48 c'est une réforme qui va faire de nombreux perdants,
00:50 et les perdants seront les femmes, les précaires,
00:53 les gens qui ont commencé à travailler tôt,
00:54 qui ont eu les métiers les plus difficiles, les plus pénibles,
00:57 et qui ont l'espérance de vie la plus courte.
00:58 Je ne vois là aucun lien avec la gauche.
01:01 – Lui il dit qu'il n'y a aucun perdant,
01:02 qu'il y a des mesures sur la pénibilité,
01:04 qu'il y a des mesures sur les carrés longs,
01:05 et qu'un gouvernement social-démocrate aurait très bien pu l'apporter.
01:08 – Eh bien non, un gouvernement social-démocrate ne l'aurait pas apporté,
01:11 et par ailleurs l'évidence c'est qu'il y a de très nombreux perdants,
01:15 et je ne vais pas détailler l'égalité,
01:18 mais l'évidence c'est que quand une femme qui jusqu'ici,
01:22 grâce à ses 62 ans, grâce à ses années de validation pour naissance d'enfant,
01:27 sera obligée de désormais attendre 64 ans pour pouvoir parvenir au même résultat,
01:31 sans surcôte, l'évidence c'est que c'est une perdante.
01:34 En voilà une parmi d'autres.
01:35 – On va évidemment rentrer dans le détail de la réforme,
01:38 mais Aurore Berger il y a un matin a dit que c'est la gauche qui se renie,
01:40 parce que cette réforme accélère la loi Touraine que vous avez vous-même portée.
01:44 – Mais écoutez, je ne crois pas qu'Aurore Berger soit particulièrement qualifiée
01:47 pour dire ce qui est de gauche et ce qui ne l'est pas,
01:50 et leurs efforts disproportionnés pour essayer de renvoyer la patate chaude à la gauche,
01:56 tombera dans les limbes parce que rien n'est évidemment,
02:02 je ne sais pas comment, quelle crédibilité accordée à ces paroles
02:04 qui ressemblent plutôt à des gens qui se débattent et qui se…
02:08 c'est les sables mouvants et donc je les vois se débattre et je me dis que c'est pathétique.
02:14 – Pathétique, et Olivier Dussopt aussi vous trouvez, vous avez jugé ça pathétique ?
02:17 – Oui, pathétique oui.
02:18 – Pourquoi ?
02:19 – Bah tout simplement parce que les voir chercher à expliquer l'inexplicable,
02:23 mentir semaine après semaine, se faire à chaque fois dévoiler par le débat parlementaire,
02:31 je vous rappelle le débat sur les 1200 euros qui devaient être accessibles
02:34 à toutes celles et ceux qui avaient une pension de retraite inférieure à ce niveau.
02:38 La réalité c'est que le texte ne contient pas cette réforme
02:41 et qu'il y aura 1,7% des gens qui partent à la retraite qui auront 100 euros de plus,
02:48 ce qui ne leur permettra même pas toujours d'atteindre les 1200 euros.
02:51 On est très très loin du mythe qu'ils ont cherché à installer
02:55 et qui d'évidence ne trompe plus personne.
02:57 – Mais ils disent qu'il y aura 1,8 million de Français qui verront leur retraite augmenter,
03:02 57 euros en moyenne, dont la moitié entre 70 et 100 euros.
03:07 – On est passé de 1200 à 57 euros, vous voyez quand même la différence,
03:13 et donc 1,8 million sur le stock, c'est pas grand monde.
03:18 – On va parler de l'examen du texte au Sénat Fabrice ?
03:20 – Oui avec des Républicains qui pèsent lourd dans la discussion,
03:25 depuis le début déjà à l'Assemblée.
03:28 Qu'est-ce que ça dit de notre paysage politique,
03:31 le fait qu'aujourd'hui la droite pèse plus lourd finalement que les forces de gauche ?
03:37 – Je ne sais pas ce qui vous permet de dire ça,
03:39 parce que la réalité c'est qu'ils sont moins nombreux que nous à l'Assemblée.
03:42 – Mais justement, est-ce qu'ils n'ont pas obtenu plus du gouvernement
03:47 que la CGT et la NUP réunies ?
03:51 – Je ne sais pas ce qu'ils ont obtenu, peut-être me direz-vous ce qu'ils ont obtenu,
03:54 moi je ne vois pas grand-chose, et par ailleurs,
03:56 même s'ils obtenaient quelque chose, ils ne l'obtiendraient que
03:59 parce que la pression est mise par la gauche et par la rue,
04:02 et par le monde syndical qui a accompli un travail extraordinaire de mobilisation,
04:07 et qui monte graduellement son niveau de mobilisation,
04:10 et qui permet de mettre la pression sur le gouvernement.
04:14 – Mais sur le fond du texte, vous avez regardé sans doute l'examen au Sénat depuis jeudi,
04:19 alors la gauche parle beaucoup, mais c'est un débat qui se fait sur le fond,
04:22 dans une ambiance cordiale, avec de réels arguments,
04:25 est-ce que vous regrettez que ça ne se soit pas passé pareil à l'Assemblée nationale ?
04:30 – Ecoutez, d'abord il y avait de vrais arguments à l'Assemblée,
04:33 ne laissez pas dire qu'il n'y avait pas d'arguments,
04:36 il y avait parfois de la véhémence, parfois il y a eu des sorties de route,
04:39 que tout le monde a commandé, trop oui bien sûr,
04:42 mais bien sûr que le débat de fond a eu lieu,
04:45 et c'est justement le débat à l'Assemblée, je pense par exemple à Jérôme Gage,
04:49 et ses contrôles sur pièces et sur place,
04:51 qui ont permis de démasquer ce que le gouvernement disait sur les 1200 euros,
04:55 voilà un exemple parmi d'autres qui a montré que le débat de fond a pleinement existé,
04:59 et nous avons parlé, même si nous n'avons pas été jusqu'à l'article 7,
05:05 tout a été évoqué, y compris les 1200 euros qui sont à l'article 10,
05:10 et qui pourtant ont été évoqués dans le débat.
05:12 – Sur un plan démocratique, ça reste quand même pour vous un problème,
05:15 de ne pas avoir pu aller jusqu'à l'article 7.
05:17 – Moi je souhaitais qu'on puisse aller à l'article 7,
05:20 mais le débat ne l'a pas permis, je dirais quand même…
05:23 – Le débat ne l'a pas permis, ou la stratégie de vos alliés ne l'a pas permis ?
05:27 – Les deux, mon capitaine, parce que la réalité c'est que quand même,
05:30 si on revient au démarrage, le gouvernement utilise, abuse,
05:34 d'un article de la Constitution qui est le 47-1,
05:37 la réalité c'est que c'est la première fois qu'une réforme est réalisée
05:40 dans ces conditions-là, une réforme des retraites.
05:42 Et donc ça leur permettait de dire, il y a eu 9 petits jours,
05:47 et même pas des jours complets, des jours qui étaient pour part des demi-journées,
05:51 pendant lesquels nous avons discuté d'une réforme qui va modifier le sort,
05:56 la vie de millions de Français pendant les prochaines décennies.
05:59 Est-ce que vous trouvez légitime qu'un gouvernement refuse à ce point-là le débat
06:04 et crée en fait les conditions du désordre ?
06:07 Parce que la réalité c'est qu'il crée la colère au fur et à mesure.
06:10 On a un pays qui se refuse à 93% pour les actifs, au 2/3 des Français,
06:17 tous confondus, et qui disent clairement qu'ils sont contre cette réforme,
06:22 et le gouvernement cherche à passer en force et à tout faire pour continuer
06:27 à se considérer, pour le Président en tout cas, à se considérer comme Jupiter.
06:31 Non, les Français ne veulent plus de Jupiter.
06:34 Et le lui ont signifié clairement au moment des élections législatives,
06:37 puisque ne lui ont pas accordé de majorité absolue.
06:40 Et malgré cela, voilà un Président qui considère qu'il n'a pas écouté les Français.
06:44 C'est là le déni démocratique.
06:45 Depuis le début de l'examen au Sénat, depuis jeudi, la gauche monopolise quasiment la parole,
06:50 avec des motions, avec de nombreux amendements.
06:52 Vous êtes dans une forme d'obstruction plutôt cordiale,
06:55 c'est comme ça que vous la qualifierez la stratégie des socialistes et de la gauche ?
06:58 D'abord, il n'y a pas d'obstruction, puisque la réalité de l'obstruction,
07:01 c'est qu'habituellement, elle sert à bloquer un texte,
07:04 et donc à faire en sorte qu'il ne puisse pas être adopté.
07:07 La réalité, c'est qu'avec la procédure utilisée par le gouvernement,
07:11 au bout de 50 jours, il peut même procéder par ordonnance.
07:14 Ce qui est là quand même le comble du déni démocratique,
07:18 pour revenir à ce qu'on disait juste précédemment.
07:20 Et donc, il y a là la volonté, dans le débat parlementaire,
07:24 d'asseoir un certain nombre d'arguments, et donc de prendre le temps de les assumer.
07:28 Parce que la réalité, c'est que vous avez un débat parlementaire,
07:31 qui pourrait prendre une heure.
07:33 Parce que la réalité, c'est que si on devait simplement dire une seule fois
07:37 "Voilà ce qu'on pense, et voilà ce que vous pensez",
07:40 à la fin de la discussion générale, c'est terminé.
07:42 Donc au bout, il doit les donner deux heures, trois heures, et puis c'est fini.
07:45 Et donc, le débat permet, justement, par la répétition,
07:49 par aussi les coups d'éclat, et par le harcèlement du gouvernement,
07:56 de faire émerger la vérité.
07:58 S'il n'y avait pas ce débat parlementaire, il y a beaucoup de sujets,
08:00 qu'on n'aurait jamais vus, on n'aurait jamais compris
08:03 que cette réforme allait prélever les 17,7 milliards d'économies,
08:08 principalement sur les femmes.
08:09 Ce sont les femmes qui, aux deux tiers, vont payer,
08:12 parce qu'elles ont des carrières hachées, parce qu'elles ont des salaires plus faibles,
08:15 qui vont payer cette réforme.
08:17 Et les deux tiers de ces économies sont payés par les femmes.
08:20 – Un mot, justement, sur les femmes, puisque au Sénat, Bruno Retailleau
08:22 souhaite qu'il y ait une surcote pour les mères de famille,
08:24 après 63 ans, qui a bénéficié d'une surcote de 5% pour aller jusqu'à 64 ans.
08:28 Vous voterez ? Les socialistes voteront cet amendement ?
08:31 – Mais, vous vous rendez compte que ce que propose Bruno Retailleau,
08:34 c'est en fait, on avait prévu de vous faire très mal,
08:36 on vous fera un peu moins mal, et il faudrait applaudir.
08:38 Ben non, je ne l'applaudis pas.
08:39 Je considère que, en fait, c'est une mauvaise manière faite aux femmes,
08:43 parce que la réalité, c'est que vous dites "après 63 ans",
08:46 mais aujourd'hui, à 62 ans, elles peuvent partir à la retraite,
08:49 et à voir si elles continuent, en fait, jusqu'à 62, 63, 64, 65 ans,
08:54 par leur seule volonté, elles ont là droit à une surcote
08:58 qui est plus élevée que celle que propose Bruno Retailleau.
09:00 Donc c'est vraiment le miroir aux alouettes.
09:02 On nous raconte des histoires.
09:03 Et donc, là où on voudrait mettre quelques petites compensations
09:08 pour essayer de nous faire croire que les choses vont se passer
09:10 un peu mieux que prévu, ben non, les choses ne vont pas se passer
09:13 mieux que prévu. En réalité, elles se passent très mal,
09:16 et c'est simple à comprendre.
09:18 Le gouvernement veut prélever 17,7 milliards sur les retraités.
09:23 Ça suppose qu'il y ait des perdants, et notamment des perdantes.
09:26 – Donc ça veut dire que vous ne voterez pas cette amende ?
09:27 Que vous ne souhaitez pas que les socialistes ne votent cette amende ?
09:29 – Ça veut dire que je ne souhaite pas que nous votions tout simplement la réforme.
09:32 – Oui, ça on a bien compris sur cette amende.
09:35 – Non mais on ne vote pas la réforme, on ne vote pas les amendes.
09:37 Enfin, les amendements de cette nature ne sont pas des vraies compensations,
09:40 et donc ça trompe l'œil.
09:42 – Pour revenir à votre stratégie, vous dites que ce n'est pas de l'obstruction,
09:45 mais est-ce que quand même le souhait des socialistes,
09:47 c'est que dimanche soir, minuit, il n'y ait pas de vote sur ce texte ?
09:51 – Non, je ne souhaite pas, enfin, le débat se tiendra comme il doit se tenir,
09:57 et on verra en fonction de l'avancée des débats.
10:00 Je n'ai pas à donner de conclusion, moi je souhaite que…
10:04 – On imagine que vous en avez parlé avec Patrick Cannaire, le président du groupe.
10:07 – Oui, mais je ne vois pas, enfin, d'abord, même si on avait déjà pris une décision,
10:12 on ne la révélerait pas, et par ailleurs…
10:16 – Ça veut dire qu'il y a une stratégie des socialistes.
10:18 – Il y a une stratégie, mais elle n'a pas à être dévoilée prématurément,
10:21 et par ailleurs, au fond, qu'est-ce que ça change ?
10:26 Ça ne change pas grand-chose, la réalité c'est que tout le monde sait
10:28 que la droite c'est matérial.
10:30 – Si le Sénat vote le texte, ce n'est pas la même chose que s'il n'y a pas de vote,
10:32 s'il n'y a aucun vote dans aucune des deux chambres.
10:34 – C'est sûr, mais ce que l'on sait, c'est qu'ici, la droite est majoritaire,
10:38 et que la droite soutient la réforme du gouvernement.
10:41 Donc, au fond, on est déjà enseigné sur la nature, la déposition des uns et des autres.
10:46 – Mais justement, est-ce que ça ne va pas affaiblir la contestation qu'il y ait un vote du Sénat ?
10:51 Est-ce que ce n'est pas ça votre stratégie, d'empêcher ce vote
10:53 pour continuer à entretenir la contestation ?
10:55 – Je ne crois pas que quoi que ce soit soit de nature à empêcher, entraver la contestation.
10:59 Je crois que la mobilisation est très forte.
11:01 J'étais, comme beaucoup d'autres, sur les marchés ce week-end, dans ma circonscription,
11:08 et je vois ce que les gens me disent.
11:10 Et qu'est-ce qu'ils me disent ? Ils me disent "vous vous rendez compte",
11:12 et moi je suis dans une circonscription où il y a beaucoup de caristes,
11:15 beaucoup d'entrepôts, beaucoup d'entrepôts logistiques.
11:18 Tous ces gens me disent "mais vous vous rendez compte,
11:20 en fait, ils veulent me faire travailler deux ans de plus, mais comment on va faire ?
11:23 Comment est-ce qu'on va y arriver ?"
11:24 Alors même que, Dayet, déjà, après 55 ans, c'est très difficile de retrouver un emploi
11:29 parce qu'on n'a pas la fraîcheur de l'âge, parce qu'on est renvoyé séance tenante,
11:36 et vous voulez qu'on tienne jusqu'à 64 ans, mais comment on va faire ?
11:39 Eh bien, c'est ça la question.
11:40 Et donc, les gens qui, aujourd'hui, contestent, contestent tout simplement
11:45 leur droit à une existence en bonne santé, à un moment où c'est encore possible.
11:50 Et cet âge charnière, qui est celui de la retraite aujourd'hui,
11:53 c'est l'âge au cours duquel on peut s'occuper des petits-enfants,
11:57 des parents souvent devenus dépendants,
11:59 et puis c'est aussi le moment où on s'investit dans la vie associative,
12:02 dans la vie démocratique, en étant élu dans les conseils municipaux, etc.
12:06 Et donc, cet âge-là, eh bien, il faut le préserver à tout prix.
12:10 C'est l'esprit même de la réforme au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
12:13 Et je m'arrête un instant pour dire qu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale,
12:18 nous sommes dans un pays qui est exsangue, ruiné,
12:21 et c'est pourtant ce moment-là qui est choisi pour mettre en place
12:24 cette assurance collective qui permet à tout le monde
12:27 de vivre une vieillesse dans de bonnes conditions.
12:30 C'était la première fois depuis le début de l'humanité.
12:33 C'est l'une des plus grandes et des plus belles réformes
12:36 que nous ayons eu à accomplir dans le siècle passé.
12:40 Et c'est cette réforme-là sur laquelle le gouvernement veut revenir.
12:43 – Justement, sur le report de l'âge, c'est l'article 7.
12:45 Il semble y avoir un accord entre les sénateurs
12:47 pour que cet article 7 soit examiné après la journée de mobilisation.
12:50 On parle d'un examen dans la nuit de mardi à mercredi.
12:52 Est-ce que vous, vous souhaitez que ça soit examiné dans la nuit
12:54 alors que la gauche en fait le point d'orgue de cette discussion ?
12:58 – De manière générale, moi j'aime bien que les débats se passent en plein jour
13:01 parce que c'est le meilleur moyen d'abord de permettre aux citoyens
13:06 qui veulent suivre ces débats de pouvoir le faire.
13:09 Et les débats à l'Assemblée comme au Sénat sont publics
13:12 parce qu'on doit en permanence rendre des comptes
13:15 à des gens qui nous ont élus.
13:17 Et donc moi je souhaite effectivement que ça se passe plutôt en plein jour
13:20 et plutôt de manière claire pour que ce ne soit pas dans le silence
13:25 et l'obscurité que se joue un débat qui est l'un des plus importants
13:29 sur ce texte de loi.
13:30 – Donc pas jusqu'au bout de la nuit de mardi à mercredi ?
13:32 – Non, ça ne me paraît pas être de bonne facture.
13:36 – Sur une loi, même voter n'est pas forcément appliqué.
13:39 C'est ce qu'a dit hier Philippe Martinez dans les colonnes du journal du dimanche.
13:43 Est-ce que vous, parlementaire, vous diriez la même chose ?
13:46 – Je regarde tout simplement notre histoire collective.
13:51 Et je me rappelle que le CPE fut adopté et malgré tout pas promulgué
13:55 par Jacques Chirac qui avait compris tardivement,
13:59 mais qui avait fini par comprendre que ce projet devenu loi
14:03 ne pouvait pas être appliqué parce qu'il n'avait pas l'assentiment de la population.
14:07 Et donc c'est vrai que ça peut arriver, c'est rare, mais ça peut arriver.
14:12 Et là, en l'occurrence, je répète qu'on a les deux tiers des Français,
14:17 93% des actifs.
14:18 Ce matin, j'ai regardé dans le sondage produit par l'Humanité
14:21 que les deux tiers des Français sont même pour la grève reconductible.
14:25 C'est extrêmement rare.
14:26 – Vous aussi ?
14:27 – Moi aussi, bien sûr.
14:28 – Vous êtes pour la grève reconductible ?
14:29 – Oui, c'est vrai, ça c'est quand même une vraie question.
14:30 Parce qu'avant la nuit de mardi à mercredi, n'entend pas l'instinct,
14:32 il y a la journée de mardi, la France à l'arrêt,
14:35 selon l'expression consacrée depuis quelques semaines.
14:38 Est-ce que vous pensez qu'au-delà de cette journée de mardi,
14:41 il faudra poursuivre le mouvement ?
14:43 Voir le durcir ?
14:44 – Moi, je ne suis pas syndicaliste,
14:46 donc ce n'est pas moi qui donne les consignes au syndicat.
14:49 – Vous pouvez donner une tonalité.
14:50 – Je vous ai dit à l'instant que j'étais favorable
14:53 à ce que le mouvement se prolonge,
14:55 parce que quand on a un gouvernement qui fait la sourde oreille,
14:59 eh bien il faut répéter souvent plus fort.
15:02 Mais ce n'est pas moi qui décide,
15:04 ce sont les grévistes eux-mêmes qui choisiront
15:06 de reconduire jour après jour leur propre mouvement,
15:09 et moi je les accompagnerai,
15:11 et je les suivrai aussi longtemps qu'il le faudra,
15:14 parce que je pense qu'effectivement,
15:15 ce gouvernement ne comprend qu'une seule chose,
15:18 c'est le rapport de force, et donc il faut l'installer.
15:20 – Mais Gabriel Attal, il dit que ce mouvement,
15:22 ce blocage-ci, blocage-là, ça va pénaliser les travailleurs.
15:25 Il n'a pas raison ?
15:26 – Mais ce blocage, il est lié à qui ?
15:29 Il faut renvoyer en fait la responsabilité au gouvernement lui-même.
15:32 C'est lui qui bloque le pays, par sa réforme que personne ne veut.
15:35 Je vois que même dans la majorité, les gens se désolidarisent.
15:39 J'ai écouté Barbara Pompili, ancienne ministre d'Emmanuel Macron,
15:42 qui dit elle-même qu'elle ne votera pas ce texte.
15:44 Ça devrait quand même éclairer le gouvernement,
15:46 si même dans sa propre majorité, les gens ne veulent pas le voter.
15:49 Vous avez lu aussi, comme moi, tous ces témoignages
15:52 de députés de Renaissance, qui expliquent qu'ils étaient
15:55 très heureux de ne pas aller à l'article 7,
15:57 parce qu'ils n'avaient pas à voter l'article 7,
15:59 et qu'ils ne veulent pas le voter.
16:01 Bon ben voilà, donc personne ne vote ce texte,
16:03 donc il est temps que le gouvernement et que le président entendent raison.
16:08 – Bloquez tout ce que vous pouvez, c'est le message qui est lancé
16:11 par Jean-Luc Mélenchon à la jeunesse, et Louis Boyard,
16:13 qui est député de la France Insoumise, lance lui un "Blocus Challenge".
16:16 Les étudiants et lycéens doivent poster leurs plus belles photos de blocage,
16:19 et la photo tirée au sort, enfin, celui qui a posté la photo,
16:22 viendra visiter l'Assemblée.
16:24 Vous cautionnez ce genre de processus ?
16:26 – Moi je considère que la lutte sociale n'est pas un jeu,
16:29 et que malheureusement, depuis la campagne présidentielle,
16:33 où le mouvement du président de la République avait lui-même lancé
16:36 des challenges pour remplir les salles, avec des lots, etc.,
16:40 tout ça ne me paraît pas…
16:42 – C'est quoi, c'est une instrumentalisation ?
16:45 – Non, c'est une forme de déviation, moi je n'aime pas le débat public
16:53 quand il se transforme en jeu, ce n'est pas un jeu,
16:57 et je vois que de renaissance, et Mme Brune Pivet qui donne des leçons
17:02 devrait se rappeler que c'est son propre mouvement
17:04 qui a lancé ce type d'activité,
17:06 moi je considère qu'il n'y a pas de challenge…
17:09 – Mais il abîme la fonction parlementaire,
17:10 il abîme l'institution Assemblée Nationale…
17:12 – Je ne dirais pas qu'il abîme quoi que ce soit,
17:13 je dirais que la créativité a toute sa place dans le débat,
17:16 mais enfin, parfois elle doit trouver ses propres limites.
17:18 – Avec quand même, pour tous, une vraie préoccupation,
17:21 c'est celle de mobiliser la jeunesse.
17:23 – Oui absolument, là il faut mobiliser la jeunesse,
17:25 et je partage ce point de vue avec toutes celles et ceux
17:27 qui aujourd'hui cherchent à les mobiliser,
17:30 et notamment les syndicats étudiants, pourquoi ?
17:32 Parce que la réalité c'est que si vous faites durer plus longtemps
17:36 les gens dans l'emploi, si c'est possible,
17:39 et bien vous privez en fait toutes celles et ceux
17:43 qui cherchent à rentrer sur le marché de l'emploi,
17:45 de places qu'ils pourraient occuper,
17:46 et donc cette question-là nous occupe toutes et tous,
17:49 et par ailleurs je pense que tous les étudiants ont des parents
17:53 qui les voient aussi trimer et qui savent ce que ça présente,
17:56 et donc il y a une solidarité intergénérationnelle à assumer.
18:00 – Ah Max ?
18:02 – Oui, on évoquait à l'instant, deux minutes,
18:05 la cohabitation avec la NUP, enfin dans la NUP,
18:08 avec notamment la France Insoumise,
18:10 est-ce que cette cohabitation est encore possible
18:12 après ce qui s'est passé à l'Assemblée Nationale,
18:15 et ce désaccord sur la forme, au moins, avec la France Insoumise ?
18:20 – Je vois que c'est formidable, ça fait 15 jours,
18:23 et ça fait 15 jours qu'on ne parle que de ça,
18:25 en fait la réalité c'est que c'est pas la première fois
18:28 qu'il y a des désaccords entre la France Insoumise
18:30 et les autres groupes de la NUP.
18:34 – Vous aspirez à être à nouveau un parti de gouvernement ?
18:38 – Mais nous sommes un parti de gouvernement.
18:40 – Sur la forme, là, vous n'y parvenez pas ?
18:42 – Mais je vous ai… enfin, on n'y parvient pas.
18:46 Si on était honnête, la réalité…
18:48 – Vous l'êtes ?
18:50 – Oui, mais vous aussi, j'espère, si tout le monde était honnête.
18:54 La réalité, c'est que le chahut à l'Assemblée,
18:57 ça n'est pas une spécificité des Insoumis.
19:00 Je me rappelle du débat Tony Truant sur le mariage pour tous en 2012,
19:06 qui a été un débat où les noms d'oiseaux ont circulé assez largement,
19:11 où même le qualificatif d'un assassin a été utilisé,
19:14 que Christiane Taubira a été moquée, conspluée, huée,
19:19 dans des conditions qui étaient largement supérieures
19:22 à ce qu'on a connues dans le débat sur les retraites.
19:24 Et je pourrais continuer jusqu'au 35 heures,
19:27 où Martine Aubry a subi les sarcasmes pendant des semaines,
19:29 des mois, de toute la droite parlementaire.
19:32 – Non mais là, il y a eu des vraies divergences au sein de la gauche.
19:35 Sambine Rousseau, elle demande un acte II de la NUP,
19:37 clair, plus démocratique. Vous aussi ?
19:39 – Oui, bien sûr. Je souhaite que nous puissions réfléchir
19:42 à la meilleure façon de continuer ensemble.
19:44 Mais quand je vous dis ça, je vous dis à la fois
19:46 la meilleure façon de continuer ensemble, et chaque mot compte.
19:49 D'ailleurs que moi, je souhaite continuer
19:51 dans le rassemblement de la gauche et des écologistes.
19:53 Je souhaite que nous puissions faire mieux, selon la formule consacrée,
19:57 et permettre donc à la gauche d'incarner une alternative.
20:01 Pourquoi je dis ça ? Parce que parfois, la forme emporte le fond.
20:05 Et malheureusement, dans ces cas-là, on laisse imaginer
20:09 que l'alternative à 10 ans de macronisme pourrait être l'extrême droite.
20:13 Et moi, je souhaite que la gauche soit présente
20:16 au deuxième tour de l'élection présidentielle,
20:18 qu'elle fasse face à la droite ou à l'extrême droite,
20:21 et qu'elle puisse l'emporter.
20:23 Et ça suppose que nous puissions nous mettre dans un état d'esprit
20:26 qui est celui d'une gauche qui s'apprête déjà à gouverner,
20:29 ce qui suppose parfois d'avoir une forme
20:32 qui soit différente de celle qu'on a connue.
20:34 – Mais ça veut dire quoi ? Qu'il faut qu'il y ait des votes communs ?
20:37 Qu'il faut qu'il y ait moins d'hégémonie de la France insoumise ?
20:40 – Ça veut dire que nous sommes une coalition,
20:42 et dans une coalition, on s'écoute les uns les autres,
20:44 on cherche à avancer, et la réalité, c'est que le plus souvent,
20:47 nous y parvenons.
20:48 – Là, vous n'y êtes pas parvenus, elle a finalement pas écouté
20:51 les socialistes, les communistes, les écologistes,
20:53 vous étiez tous les trois d'accord.
20:54 – Oui, c'est vrai, mais de la même façon qu'il arrive parfois
20:58 que les socialistes n'écoutent pas non plus ce que je pense
21:02 à un débat comme celui sur l'OTAN.
21:04 Si on avait voté en LaNuPe les insoumis et les communistes
21:08 refusant l'entrée de la Suède et de la Flandre dans l'OTAN,
21:10 on aurait été conduits à suivre cette position,
21:12 nous ne l'avons pas souhaitée.
21:14 Donc je suis pour l'autonomie des différents groupes
21:17 qui composent LaNuPeS, mais je souhaite qu'on travaille mieux ensemble,
21:21 et que parfois sur des questions qui sont des questions non pas de fond,
21:24 mais des questions d'ordre tactique, on puisse là avoir une cohésion
21:33 plus forte que celle que nous avons connue.
21:34 – Est-ce que Jean-Luc Mélenchon tient ses troupes selon vous ?
21:37 – Moi je ne suis pas là pour donner des bons points aux uns et aux autres,
21:41 je ne sais pas qui tient quoi etc.
21:43 Ce que je sais c'est qu'il y a aujourd'hui des formations politiques différentes
21:47 qui ont une culture différente, qui ont un apport différent aussi à la gauche
21:52 et qu'il faut tenir compte de tout le monde.
21:53 – Il y a des sénatoriels qui arrivent dans moins de 6 mois,
21:55 est-ce que vous souhaitez des listes communes avec la France insoumise ?
21:57 Patrick Canard il n'est pas franchement pour.
21:59 – Moi je souhaite qu'on fasse ce qui est efficace,
22:03 c'est-à-dire que je souhaite qu'on puisse avoir le plus grand nombre
22:07 de sénatrices et de sénateurs, et j'ai bien dit de sénatrices et de sénateurs.
22:11 – Ça veut dire plus de candidats ?
22:13 – Ça veut dire plus de candidats, absolument, ça veut dire la parité.
22:17 – Est-ce que tous les sortants qui veulent continuer seront réinvestis ?
22:21 – Ça veut dire la parité, ça veut dire qu'il y a des gens qui doivent comprendre
22:27 que cette question de la parité n'est pas une option,
22:31 mais qu'elle doit être une obligation que nous nous faisons.
22:33 – Donc il y a des sortants qui doivent laisser leur place, c'est ce que vous dites ?
22:35 – Je ne suis pas le seul à décider, les fédérations décident,
22:39 et puis ensuite le Bureau national aura à décider, in fine,
22:43 mais moi je souhaite que nous puissions arriver avec un nombre équivalent
22:47 d'hommes et de femmes pour les sénatoriales.
22:49 C'est l'engagement qui a été pris devant le Congrès,
22:51 à la fois par Patrick Canard, mais aussi par toutes les motions,
22:55 et par moi-même, et donc je souhaite que nous nous y tenions.
22:57 – Donc vous demandez à des sénateurs de laisser leur place, très clairement,
23:01 à des candidats teufs.
23:02 – Il y a des candidats qui ne seront pas candidats à leur propre succession,
23:05 on verra comment les choses se passent, je souhaite que nous parvenions à ce résultat
23:09 et nous allons en discuter dans les prochaines semaines.
23:12 – Vous en discutez déjà avec les autres chefs de parti de gauche, de ces sénatoriales ?
23:16 – Il y a des discussions, pas avec moi directement,
23:19 mais il y a déjà des discussions qui ont commencé,
23:21 pour faire en sorte que nous puissions avoir le plus grand nombre d'élus,
23:24 et on a suppose de voir qui a dispués de grands électeurs,
23:27 dans tel ou tel département, et de voir, en fonction de ces grands électeurs,
23:30 qui sont les candidats.
23:32 – J'aimerais vous poser une question,
23:34 sur un temps qui vous a beaucoup occupé la fin de semaine dernière,
23:37 c'est les problèmes en interne à la Fédération du Rhône,
23:40 où vous avez dû écarter, mettre à l'écart, Christiane Constant,
23:45 secrétaire de la Fédération depuis peu, suite à une fuite d'une boucle interne,
23:51 dans laquelle elle traite ses adversaires internes, de "macaque" au pluriel.
23:56 Donc vous avez pris le choix, vous avez fait la décision de l'écarter,
24:01 selon vous, on était sur un écart de langage, ou un vrai problème de philosophie,
24:05 un problème de racisme, pour parler clair ?
24:08 – Écoutez, je n'en sais rien, mais je ne veux pas prendre le risque de la confusion.
24:13 Et donc, dans un moment où l'extrême droite menace,
24:18 il n'y a absolument aucune possibilité pour un écart de ce type.
24:22 Et donc, la sanction a été immédiate, comme vous avez pu le constater,
24:27 et donc je souhaite, à chaque fois que c'est nécessaire,
24:30 mettre de l'ordre dans notre maison,
24:32 parce que je ne veux pas que nous soyons salis par l'expression de tel ou tel.
24:36 C'est une décision lourde, je comprends que Christiane Constant…
24:41 – Que vous ne pensez pas raciste ?
24:43 – Je ne la pense pas raciste, mais je ne veux prendre aucun risque
24:48 et aucune confusion ne doit être possible.
24:51 Et donc, il doit y avoir des sanctions quand il y a des écarts de langage de cette nature,
24:56 parce que je souhaite que nous soyons absolument compris.
25:00 – Mais juste, vous souhaitez qu'elle soit exclue, parce que là, elle est suspendue,
25:04 il va y avoir la commission des conflits qui va se réunir.
25:06 – Elle a perdu sa fonction de première secrétaire fédérale.
25:08 – Mais est-ce qu'elle doit être exclue du PS ?
25:10 – Non, parce qu'il y a une commission des conflits qui l'entendra,
25:13 il y a un contradictoire qui est respecté, et donc elle viendra dire sa vérité,
25:17 et ensuite la décision sera prise en fonction de débats contradictoires,
25:20 et donc ce n'est pas moi qui en déciderai.
25:22 – Mais quel est votre souhait ?
25:23 – Ah mais moi, je n'ai pas à dire à cette commission des conflits ce qu'elle doit faire.
25:26 Elle doit entendre Christiane Constant, la décision est prise
25:29 parce que cet écart de langage pour quelqu'un qui aspire,
25:32 qui était devenu depuis quelques heures la patronne des socialistes dans le Rhône,
25:36 ce n'est pas possible, mais ensuite la décision de l'exclure du parti
25:40 doit relever cette commission des conflits après l'avoir entendue.
25:43 – Un dernier mot, puisque avant les sénatoriales,
25:45 il y a une législative dans l'Ariège à la fin du mois,
25:47 alors vous soutenez la candidate de l'ANUP, selon l'accord de l'ANUP,
25:50 qui est la députée La France Insoumise sortante,
25:52 Nicolas Maillol-Rossignol et d'autres au sein de votre parti,
25:55 eux soutiennent la candidate socialiste dissidente,
25:57 ça veut dire que les fractures au sein du PS ne sont pas réglées ?
26:00 – Il y a une règle qui est très simple, c'est qu'on devrait s'astreindre,
26:05 surtout quand on participe à une direction,
26:07 on doit s'astreindre à une discipline collective et à une solidarité minimale.
26:12 Et la solidarité avec des décisions qui ont été prises au mois de juin,
26:15 puisque en fait nous sommes là dans une réplique du mois de juin,
26:19 puisqu'il s'agit d'une élection partielle et non pas d'une dissolution
26:22 qui entraînerait une révision des équilibres entre les différentes forces.
26:26 Et donc chacun doit appliquer les décisions qui ont été adoptées démocratiquement
26:30 par notre conseil national et donc le week-end prochain,
26:35 nous aurons à nouveau à confirmer cette décision, ce que nous ferons et puis…
26:39 – Vous n'avez pas de doute sur le vote, ça ira dans votre sens ?
26:41 – Je n'ai pas de doute sur le vote, et surtout je n'ai pas de doute
26:43 sur ce qu'il faut faire, parce que quel est le poids d'une signature d'un parti politique
26:47 qui voudrait encore signer un accord avec les socialistes
26:50 si nous ne tenons jamais nos engagements ?
26:52 Voilà, mais on ne parlera pas que de ça.
26:54 – Ça veut dire que Nicolas Maillol-Rossignol manque de solidarité pour vous ?
26:56 – Ça veut dire que là, en l'espèce, il est totalement en contradiction
27:00 avec ce qu'il a débattu avec moi, ce qu'il a signé avec moi au congrès de Marseille,
27:05 et donc il faut que maintenant chacun se reprenne.
27:08 Mais nous aurons…
27:09 – Mais c'est un problème pour vous ?
27:11 Éric Ciotti, il a viré son numéro 2 parce qu'il le trouvait déloyal.
27:14 Est-ce que vous, ça pourrait être le cas avec Nicolas Maillol-Rossignol ?
27:16 – Mais ce que je vous dis, c'est que quand on est membre d'une direction,
27:20 eh bien on doit avoir une parole qui correspond à ce qu'est la parole de la direction.
27:26 – Sinon il peut quitter son poste ?
27:28 – Mais on verra ça plus tard.
27:30 Ce que je vous dis pour l'instant, c'est que j'espère que chacun va revenir à la raison
27:34 parce que nous avons beaucoup de choses à faire ce week-end.
27:36 Notamment, nous allons mettre en place des grandes conventions,
27:39 nous allons mettre en place une nouvelle direction,
27:41 vous verrez, il y aura de belles surprises avec de belles personnalités
27:43 qui vont nous rejoindre, et donc moi je souhaite
27:45 qu'on puisse montrer le meilleur de nous-mêmes
27:48 et nous mettre au travail après ce congrès,
27:51 et notamment lancer de grandes conventions qui seront très ouvertes,
27:54 qui prendront plusieurs mois sur ce qu'il m'entraîne,
27:56 où tous les Françaises et Français qui souhaitent accompagner la gauche
27:59 pourront participer et permettre l'éclosion de nouvelles propositions.
28:04 Voilà ce que je souhaite, je souhaite un Parti socialiste au boulot
28:07 et un Parti socialiste qui fait parler de lui,
28:09 non pas simplement pour ses querelles internes,
28:11 mais parce qu'il est là, au premier plan, notamment dans le combat social.
28:14 – Merci Olivier Faure, merci beaucoup d'avoir été notre invité.
28:17 Merci Fabrice, on continue à parler de la réforme de la retraite tout de suite dans le Club.
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