- il y a 4 ans
Les Vraies Voix avec Philippe Bilger, Françoise Degois, Sophie Gaugain et Bernard Cohen-Hadad, Président de la CPME Paris Ile de France et du Think Tank Etienne Marcel.
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00:00 Les vraies voix Sud Radio, le grand débat du jour.
00:04 Le partage de la valeur, un accord a donc été en place et signé.
00:07 Le parti Renaissance a fait un grand travail de fond sur savoir
00:10 comment on pourrait mieux partager les fruits de la richesse.
00:13 Le partage de la valeur en France, entre le travail et le capital,
00:16 est stable depuis des années.
00:18 Là où il a fortement évolué au profit du capital,
00:22 dans tous les autres pays développés.
00:23 Un accord entre les organisations professionnelles,
00:26 le patronat et les syndicats dans le climat en ce moment, c'est une bonne chose.
00:30 Nous devons être aux avant-postes de ce capitalisme nouveau
00:34 dans lequel on lutte contre les injustices,
00:36 on réduit les inégalités et on défend ce meilleur partage
00:41 de la valeur entre le capital et le travail,
00:43 au profit de tous ceux qui travaillent.
00:44 Avec cette question du jour, le partage de la valeur
00:48 doit-il être la nouvelle éthique des entreprises ?
00:50 Pour l'instant, vous dites oui à 66%.
00:52 Effectivement, Elisabeth Borne a promis de porter dans la loi
00:55 un accord conclu entre les syndicats et le patronat
00:57 sur le partage de ces valeurs.
00:58 On parle de dispositifs d'intéressement, de participation pour les PME.
01:01 Et selon la Première Ministre,
01:03 c'est un accord très riche et historique pour les PME.
01:05 Oui, Cécile, le gouvernement souhaite aller plus loin
01:09 sur la répartition des profits dans les entreprises.
01:11 Est-ce que pour vous, c'est une bonne chose ?
01:12 Vous profitez déjà de l'intéressement et de la participation,
01:15 qui est obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés.
01:18 Vous rêveriez d'avoir cet avantage ?
01:21 Vous dites, tiens, je travaille dans une entreprise de 15 salariés,
01:23 je vais y avoir droit.
01:25 Venez nous le dire au 0826 300 300.
01:27 Et notre invité pour en parler, Bernard Cohen Haddad, bonsoir.
01:30 Bonsoir.
01:31 Bonsoir, Cécile, bonsoir, Philippe.
01:33 Merci de nous rejoindre.
01:35 Vous êtes président de la CPME Paris-Ile-de-France
01:37 et du think-tank Etienne Marcel.
01:39 D'abord, Philippe, Billiger,
01:41 un accord historique selon Elisabeth Borne ?
01:43 Oui, alors, si on n'avait pas su ça d'Elisabeth Borne,
01:47 j'aurais dit, mon ignorance dans ce domaine
01:50 rejoint l'adhésion à la banalité.
01:54 J'aurais toujours pensé que, évidemment,
01:57 il fallait approuver un partage plus favorable au travail qu'au capital.
02:02 Ce qui me paraît très original aujourd'hui,
02:04 c'est qu'il sera inscrit dans la loi.
02:07 Et à partir de là, ça ne demeurera pas un vœu pieux.
02:12 Je pense que c'est une belle opportunité d'avancement et de progrès.
02:16 Alors, ça ne veut pas dire qu'il faut arrêter là,
02:18 mais je pense que c'est une bonne chose.
02:21 Françoise Lebois.
02:21 Mon inquiétude, moi, va toujours au salaire.
02:25 En réalité, il ne faut pas que le partage et les intéressements
02:30 se substituent à du salaire, donc à des cotisations sociales
02:33 et donc à des choses qui comptent pour votre retraite.
02:36 Moi, j'apprécie, vous savez, par exemple,
02:38 j'ai toujours dit du bien d'une grande société comme Hermès.
02:42 Hermès, qui a à nouveau partagé ses bénéfices records
02:45 avec une prime exceptionnelle de 4000 euros
02:47 pour l'ensemble de ses 20 000 salariés, plus la participation.
02:52 Ils vont avoir à peu près 10 à 12 000 euros, les salariés d'Hermès.
02:55 Pourquoi je dis ça ?
02:56 Parce que Hermès, en plus, ça fait partie des rares entreprises
02:59 qui ont refusé les aides de l'État
03:01 au nom de la solidarité nationale lors du Covid.
03:03 - Il y en a beaucoup, les entreprises ?
03:04 - Il n'y en a pas beaucoup qui ont refusé les aides de l'État.
03:06 Non, il n'y en a pas beaucoup en France de la taille d'Hermès.
03:07 Pas du tout, pas beaucoup.
03:09 - Je crois que des marques comme Clarins,
03:11 comme Ciché et d'autres, tout ça, ont refusé.
03:12 Mais allons-y.
03:13 - Non, mais en tout cas, Hermès, c'est immense.
03:16 Hermès, c'était très symbolique.
03:18 - Et on a un patron de haute volonté.
03:19 - De très grand niveau, la famille Dumas.
03:22 Et donc, tout ça pour dire que j'ai toujours l'inquiétude.
03:26 Je n'ai aucune confiance dans ces effets d'annonce,
03:28 encore moins dans ce gouvernement étant donné les faits,
03:31 tels qu'ils s'inscrivent régulièrement depuis cinq ans.
03:35 Donc, je serai pour la participation, bien sûr,
03:38 ça tombe sous le sens, mais plutôt pour l'augmentation des salaires.
03:40 Je ne voudrais pas qu'il y ait substitution.
03:42 Et malheureusement, je pense qu'il va y avoir substitution.
03:45 - Sophie Gouguin.
03:45 - Ce qui est intéressant, c'est que les entreprises
03:48 prennent leur responsabilité sur ces questions-là.
03:49 Le gouvernement veut l'inscrire dans la loi,
03:52 mais le point de départ, c'est les négociations.
03:54 Et ça, c'est un point fort.
03:55 C'est-à-dire que le dialogue social est bien vivant.
03:58 Et Elisabeth Borne est inspirée à ce moment-là
04:01 de vouloir dire qu'elle va respecter un accord.
04:03 C'est quand même la moindre des choses,
04:05 dans un moment compliqué pour le dialogue social
04:07 après un débat des retraites qui s'est terminé en chaos.
04:10 - Ça, c'est la première fois que le Franc Syndical est uni.
04:12 - Et du coup, la responsabilité des entreprises,
04:15 c'est eux qui en font une éthique.
04:16 Et ça, c'est un point très fort, je crois, à porter à leur crédit.
04:20 Ce qu'il ne faut pas ensuite, c'est que la loi,
04:22 et c'est toujours le travers de la France,
04:24 dévie de sa route cet objectif de façon très pragmatique.
04:28 Parce qu'encore une fois, on est sur du moyen et du long terme.
04:30 Donc c'est très bien le fait de pouvoir tracer
04:32 dans sa vie professionnelle un objectif
04:34 de bénéficier des résultats de son entreprise.
04:38 Mais on sait que c'est à des moments déterminés par la loi.
04:41 Il faudra peut-être plus de souplesse dans la faculté de libérer
04:43 cet épargne salariale.
04:45 Je crois qu'il y a un gros travail qui est enclenché.
04:47 Et il ne faudra pas que la loi détourne de son objectif premier
04:51 l'accord salarial.
04:52 Et puis après, c'est aux branches aussi,
04:54 en fonction des secteurs,
04:55 de prendre la main.
04:57 Et c'est la volonté, je crois, qui ressort de tout ça.
05:01 Il y a quand même un sujet, c'est qu'on voit bien
05:03 que c'est un élément, de toute façon, d'attractivité
05:05 des entreprises aujourd'hui qui n'arrivent pas à recruter.
05:08 Et que la nécessité rend intelligent.
05:11 Et que du coup, elles accélèrent aussi leur mutation
05:13 sur cette question d'éthique et de responsabilité sociale.
05:15 C'est ça.
05:17 Bernard Cohen Haddad,
05:18 pour que tout le monde soit au même niveau de compréhension,
05:20 d'abord, à quoi correspond, pour ceux qui nous écoutent,
05:22 ce partage de valeurs et quelles sont les différentes modalités ?
05:26 Ce qui est nouveau, ça a été bien dit,
05:28 c'est que des Bords, c'est un accord des partenaires sociaux.
05:31 Il faut rendre hommage à cet accord des partenaires sociaux
05:34 dans une période difficile.
05:35 Ce n'est pas quelque chose qui est imposé par la loi.
05:37 Et puis, c'est un accord qui va toucher aussi les entreprises
05:40 de 50 salariés et en dessous.
05:42 Donc ça, c'est nouveau.
05:43 Ce qui n'était pas le cas auparavant.
05:44 Ça concernait que les grandes entreprises.
05:46 Intéressamment, la participation, l'épargne salariale,
05:49 c'était dans nos petites entreprises,
05:50 mais c'était une phase intime, infime.
05:54 On était à 5-10 % de ces dispositifs dans nos TPE-PME.
05:58 Donc, ce dispositif, s'il n'est pas, comme ça a été bien dit,
06:01 détricoté par la loi, parce que c'est bien ça le problème,
06:03 demain, va dans le bon sens.
06:05 Il concernera un certain nombre de personnes.
06:08 Mais effectivement, ça ne doit pas se substituer
06:10 à l'augmentation des salaires quand c'est possible.
06:12 Mais ça, un dispositif supplémentaire,
06:14 parce que ça implique aussi dans le projet entrepreneurial,
06:17 dans la dimension éthique, dans la dimension responsable
06:20 et dans la dimension durable,
06:21 les collaborateurs de nos entreprises
06:23 dont on a du mal aujourd'hui à recruter.
06:25 Et c'est un élément déterminant.
06:27 C'est un marqueur nouveau de la qualité de vie
06:30 et de la qualité des salaires dans l'entreprise.
06:32 - Je pense à des grandes entreprises, et Cécile, vous avez raison,
06:34 j'avais oublié de citer L'Oréal.
06:36 C'est vrai, L'Oréal a refusé les aides de l'État.
06:38 Absolument. Je voulais juste revenir.
06:40 Si on prend, par exemple, ce que vous dites
06:42 et très intéressant sur la difficulté de l'attractivité.
06:45 Je prends un très grand groupe,
06:47 Grant Horton, par exemple, ou Deloitte,
06:49 des immenses groupes mondiaux de comptabilité
06:52 qui ont un mal fou aujourd'hui à recruter.
06:54 On manque de comptables, on manque d'experts comptables.
06:57 Eh bien, ça, ça veut dire aussi que ça peut faire partie de l'attractivité.
07:00 C'est ce que vous dites, pour trouver des salariés,
07:02 même y compris à un niveau de cadre moyen
07:05 où vous devriez spécialiser.
07:07 C'est ça que vous pensez ?
07:08 - Oui, moi, je pense que c'est un élément qui peut demain dire
07:11 vous participez à une entreprise qui ait fait des résultats,
07:15 parce que bien entendu, quand il n'y a pas de résultats,
07:17 il est difficile de les partager, surtout des résultats positifs.
07:20 On ne partage pas des résultats négatifs.
07:22 Donc, le but, c'est effectivement de faire en sorte
07:23 que l'on partage des résultats positifs
07:25 et d'avoir cette marque employeur en disant
07:27 ce projet commun, on l'a ensemble,
07:29 y compris dans le partage de la valeur,
07:31 qui peut se manifester par un encouragement
07:35 des collaborateurs à participer au bénéfice de l'entreprise
07:37 avec des dispositifs, parce que c'est important
07:40 qu'ils ne soient pas bloqués, parce qu'on avait des dispositifs
07:42 qui bloquaient à 5 ans, à 6 ans,
07:44 qui ne permettaient pas de prendre les revenus
07:47 à un certain moment de la vie,
07:48 quand on en avait besoin pour acheter un véhicule,
07:50 pour faire des gros travaux.
07:51 On espère que ça, ce sera mis aussi dans la loi,
07:54 cette souplesse de l'utilisation des dispositifs.
07:57 - Bernard Cohen, juste avant de redonner la parole à Philippe Bilger,
07:59 pourquoi imposer et pourquoi pas incitatif ?
08:03 - Mais là, pour l'instant, on n'est pas dans l'imposition.
08:05 - Si c'est la loi.
08:08 - Mais on est dans une volonté des partenaires sociaux.
08:10 Moi, je trouve que c'est ça qu'il faut dire.
08:12 Ce sont les partenaires sociaux qui permettent de mettre dans la loi
08:15 afin d'assurer une égalité pour tous,
08:18 qu'il y ait un socle commun minimum.
08:20 C'est ça la solidarité aussi.
08:22 Moi, je trouve que peut-être on ne mesure pas assez
08:24 cet accord et cette entente du patronat et du syndicat.
08:28 C'est assez rare pour souligner.
08:29 Et c'est important que la loi vienne légaliser, égaliser aussi,
08:34 afin que chacun ait le droit à un minimum,
08:36 parce que malheureusement, il faut le reconnaître,
08:38 toutes les entreprises ne pouvaient pas le faire dans les TPE-PME
08:41 parce que ces dispositifs étaient complexes,
08:43 difficiles à appliquer et parfois peu utilisés,
08:46 parce que les collaborateurs, ça a été dit par François Devoy tout à l'heure,
08:49 préférait des salaires à de l'avantage sur la longue durée.
08:52 Parce que quand c'est bloqué 5 ans,
08:54 il y a un certain nombre de nos collaborateurs qui disent
08:56 "ça ne m'intéresse pas".
08:56 - Philippe Bichy, Bernard, si cet accord répondait aux promesses qu'on met en lui,
09:03 est-ce que vous ne croyez pas que ce serait de nature à changer un peu
09:08 la tonalité sociale de notre pays,
09:11 où on est encore, peu ou prou, me semble-t-il, dans une lutte des classes,
09:16 plutôt que dans une collaboration de classes ?
09:19 Non pas que la lutte des classes, notion marxiste, n'ait pas de sens,
09:23 mais je préférerais un climat à l'allemande
09:27 qu'une guerre à la française dans ce domaine.
09:30 - Ça ne marchera pas.
09:31 - Je crois que vous avez raison, cher Philippe, vous avez raison,
09:33 il faut arrêter d'opposer le monde de l'entreprise
09:36 et le monde du travail au plus global.
09:39 Je crois que la crise de la Covid-19 a montré qu'il y avait des manifestations
09:42 de solidarité et des passerelles.
09:44 Ce qui n'est pas cale partout, on a vu récemment
09:46 dans un certain nombre de conflits,
09:49 où il y avait une incompréhension de part et d'autre,
09:51 mais justement, cette passerelle nouvelle que l'on met en place
09:55 va permettre, me semble-t-il, de créer du lien commun,
09:57 de créer aussi un échange sur la transparence
10:01 de ce qui se passe dans l'entreprise,
10:02 et puis une reconnaissance du travail qui est fourni.
10:04 Il est normal que quand on gagne un peu d'argent dans les entreprises,
10:06 on le partage avec ceux qui en font la richesse.
10:09 Vous connaissez, cher Philippe, le théorème d'Elmootschmidt,
10:12 ce sont les revenus et les investissements qui font la richesse de demain
10:16 et les investissements de demain qui font l'emploi.
10:18 Donc ça, c'est extrêmement important pour nous.
10:20 - Est-ce que 0,826, 300, 300, est-ce qu'il faut partager ?
10:23 Forcément, Philippe !
10:24 - La valeur ajoutée, est-ce que vous pensez qu'il faut le rendre vraiment obligatoire ?
10:28 Tiens, même pour les entreprises de moins de 15 salariés,
10:30 puisqu'on a quelqu'un qui écrit, c'est Stéphanie Bande sur Twitter,
10:33 "Je suis pour, cependant j'ai des salariés dans une boîte de moins de 15 salariés
10:37 qui avaient mis en place un intéressement,
10:39 mais c'était un moyen pour l'employeur de refuser des augmentations,
10:42 et là c'est un problème, venez témoigner."
10:44 Françoise de Goix, qui n'aurait jamais mérité d'augmentation.
10:46 - C'est vrai, j'en ai jamais eu d'ailleurs.
10:48 - Tu m'avais pas payée, de toute façon.
10:50 - J'écoute ce que dit Bernard,
10:53 moi j'entends le consensus Philippe Bilger-Bernard Cohen,
10:57 j'adore cette espèce de douceur tranquille à l'allemande,
11:01 avec au fond une version remixée du "Russiellement, c'est parce qu'on investit
11:05 qu'on crée de la richesse que ça réussit".
11:07 La vérité c'est que bien sûr, et vous le savez très bien Bernard,
11:10 contrairement aux apparences, par exemple un syndicat aussi radical que la CGT
11:14 signe énormément d'accords d'entreprise, énormément, on ne le voit pas,
11:17 donc il n'y a pas un systématisme de la classe ouvrière
11:21 qui serait le couteau entre les dents contre le patronat dans ce pays,
11:24 par contre il y a des injustices qui se creusent,
11:26 et moi je pense qu'on ne peut gagner que par le combat social,
11:30 je ne crois pas du tout aux fadaises allemandes pour les français,
11:34 ça ne marche pas comme ça, d'abord parce que les allemands ont des salaires plus élevés que nous.
11:37 - Et on part au 0826-300-300 avec Laurent qui est avec nous, une réaction Laurent ?
11:41 - Ah oui, moi je suis chef d'entreprise,
11:43 donc ça va peut-être éclaircir aussi le sujet,
11:48 avant j'étais salarié dans des grands groupes,
11:51 donc la valeur au travail, ce sont des mots qui n'étaient pas encore dans le dictionnaire des entreprises,
11:57 j'ai monté ma structure il y a à peu près un an,
12:00 aujourd'hui je suis tout seul, mais je discute énormément avec des chefs d'entreprise tous les jours,
12:04 tous les jours, tous les jours, la valeur au travail c'est quoi aujourd'hui ?
12:08 Qu'est-ce que c'est une valeur au travail ?
12:09 Parce que la valeur du travail c'est bien sûr la richesse de l'entreprise,
12:13 mais le bien-être fait aussi partie d'une valeur travail aujourd'hui.
12:15 On parle aujourd'hui, donc on est quasiment au plein emploi,
12:19 on peut dire ça comme ça, depuis 40 ans on n'a jamais été aussi bon au niveau travail.
12:25 Par contre aujourd'hui je pense qu'il va falloir s'adapter.
12:28 - Il y a encore des trous dans la raquette quand même en matière de travail.
12:32 - On ne peut pas relayer ça, puisque même Elisabeth Born a dit que ce n'était pas tout à fait vrai,
12:36 donc on ne peut pas expliquer que...
12:38 Ce que je veux dire c'est qu'il va falloir qu'on s'adapte tous les chefs d'entreprise.
12:42 Et moi je suis d'accord là par rapport à l'auditeur qui a envoyé le message.
12:46 Pourquoi attendre des entreprises au-dessus de 11 salariés pour commencer à reverser la richesse ?
12:52 Non, même avec un premier salarié c'est de reverser la richesse de l'entreprise.
12:56 On est chef d'entreprise, mais sans collaborateurs, sans personne à l'intérieur, on n'est rien.
13:02 - Vous avez combien de salariés Laurent ?
13:04 - J'en ai aucun, parce que j'ai débuté il y a un an et je souhaite bien sûr en embaucher.
13:10 Ma devise sera de ce côté-là, c'est-à-dire un salaire plus une richesse reversée.
13:15 Aujourd'hui je pense qu'il y a une motivation qu'il faut avoir.
13:19 Il y a certaines personnes qui vont au travail après le Covid,
13:22 mais qui ne sont pas forcément motivées parce qu'ils font le même travail,
13:25 ils font le même boulot, ils ne sont pas reconnus par leur employeur,
13:29 et puis ils ne retouchent pas entre parenthèses et dividendes.
13:32 Quand on a des sociétés qui disent "mon résultat net et de temps et de temps",
13:37 à un moment donné c'est bien aussi de faire partager.
13:39 Pas partager tout, parce que derrière l'entreprise a besoin de réinjecter de l'argent
13:43 dans son développement, dans ses investissements,
13:46 mais que le salarié puisse en obtenir un peu quand même.
13:49 Je pense que ça c'est la première chose.
13:51 Et la seconde chose c'est qu'il faut tenir compte du bien-être.
13:54 Et le bien-être c'est quoi aujourd'hui ?
13:55 Si un salarié souhaite aujourd'hui travailler trois jours et demi par semaine,
13:58 il va falloir qu'on s'adapte à ce travail trois jours et demi par semaine.
14:01 C'est-à-dire qu'on ramènera son quota d'heures, donc il y a aussi la loi qui doit changer,
14:04 parce que les journées c'est à peu près 8h30,
14:07 donc grosso modo il va falloir changer tout ça.
14:10 Et je pense que c'est important aujourd'hui.
14:13 Si par exemple on a des gens qui veulent travailler jusqu'au samedi soir,
14:15 et bien s'ils ne veulent travailler que du jeudi, du mercredi au samedi,
14:19 il faudra qu'on s'adapte par rapport à ça.
14:21 - Ah oui, donc c'est vraiment à la carte.
14:22 - Oui, c'est vraiment à la carte.
14:24 - On va bien là-dessus, bien sûr.
14:25 - C'est pour ça qu'on le voit bien quand on est aux côtés des entreprises au quotidien,
14:29 ce qui va être important c'est de laisser les entreprises négocier branche par branche,
14:33 dans le cadre de leur propre dialogue social sur les conditions de mise en œuvre.
14:38 Et ce qu'il ne faudrait pas c'est que la loi vienne trop préciser les choses,
14:40 on dit souvent "le diable est dans les détails",
14:43 pour laisser ce dialogue social vivre en fonction des filières stratégiques.
14:47 Comme vous le dites monsieur, on ne travaille pas de la même manière
14:49 si on est dans les services ou dans l'industrie,
14:52 et que je crois encore une fois que ce qui a fait défaut
14:54 pour rejoindre François sur la question du pouvoir d'achat et des bas salaires,
14:58 il faut imaginer un système de déblocage de cette épargne salariale
15:01 pour les petits salaires beaucoup plus simple que les critères qui sont retenus aujourd'hui,
15:05 et réduire la durée parce que la question du pouvoir d'achat n'est pas réglée,
15:09 et ça effectivement pour les salaires les plus bas c'est une exigence.
15:12 - Bernard Cohen à date, dans ce cas-dit, Laurent qui est entrepreneur,
15:15 est-ce qu'il ne risque pas d'y avoir un effet de seuil pour les boîtes de moins de 11 salariés,
15:20 où les patrons qui ne voudront pas négocier, on a souvent eu le problème,
15:22 où le Medef disait qu'un comité d'entreprise à partir de 50 salariés,
15:28 ils arrêtaient à 49, et que ça va dissuader,
15:31 on dit qu'on est presque au plein emploi,
15:32 les gens d'aller travailler dans les toutes petites entreprises,
15:34 parce qu'ils n'auront pas ce même avantage,
15:36 est-ce que ça ne peut pas être un cercle vicieux ?
15:38 - Moi cher Philippe, je pense que quand même,
15:42 le fait d'imposer par un texte législatif,
15:45 la capacité de faire de la participation, de l'intéressement,
15:50 et des partenariats, ce sont ces nouveaux dispositifs de partage de la valeur à tout le monde,
15:55 c'est une bonne chose, parce qu'il faut que tout le monde,
15:56 quand il y a des bénéfices dans l'entreprise, puisse le faire et doit le faire,
16:01 c'est important, aujourd'hui pour moi, il y a trois piliers de la qualité de vie dans l'entreprise,
16:06 ça a été dit, c'est le partage de la richesse, le partage de la valeur,
16:09 on ne peut pas faire des bénéfices et ne pas les partager avec nos collaborateurs,
16:13 le deuxième c'est améliorer, ça a été bien dit par Laurent,
16:16 la qualité de vie dans l'entreprise,
16:18 aujourd'hui c'est un des marqueurs de nos collaborateurs,
16:20 ils viennent chez nous parce qu'il y a une qualité de vie au travail,
16:23 et puis le troisième pilier pour moi, c'est une économie plus responsable et plus durable,
16:27 et ça on sera tous d'accord, ça a été dit par chacun d'entre vous,
16:30 on se doit de devoir évoquer des grands groupes tout à l'heure,
16:33 l'entreprise doit être dans une économie plus circulaire,
16:37 plus responsable, plus économe en matière d'énergie,
16:40 et plus impliquée sur son territoire,
16:41 enfin pour ne pas être trop long, ça a été bien dit,
16:44 la loi ne doit pas être trop compliquée,
16:47 afin de permettre que ce dispositif soit souple, efficace,
16:50 et concret, c'est-à-dire qu'il réponde à une attente de nos collaborateurs,
16:54 parce que si ça ne répond pas à une attente des collaborateurs,
16:56 c'est-à-dire des salariés dans l'entreprise, ça ne servira à rien,
16:59 c'est pour ça que je mets en avant l'accord des syndicats et du patronat,
17:05 que j'appelle les organisations patronales,
17:07 afin qu'on aille dans ce sens-là,
17:09 on a besoin d'être plus responsable, plus humain,
17:12 plus impliqué dans le territoire,
17:13 et de partager les bénéfices de l'entreprise,
17:15 pour nous c'est un marqueur à la CPME Paris Ligue de France.
17:17 Merci beaucoup Bernard Cohen,
17:19 Nada Dabias, président de la CPME de Paris Ligue de France et du Think Tank,
17:22 Etienne, Marcel, c'est très clair,
17:24 vous pouvez bien sûr continuer de commenter,
17:25 vous savez qu'à la fin de l'émission, vous avez le droit de revenir,
17:28 et de revenir sur ce sujet bien entendu, 0826 300 300,
17:32 la jolie voix de Aude vous accueillera bien entendu dans un instant,
17:35 le quiz de l'actu !
17:37 Est-ce que nos amis du Kikadi sont prêts à intervenir ?
17:42 Sophie Gauguin, vous êtes prête ?
17:44 Je suis à fond !
17:45 Je prends une crème pour me donner de la force !
17:48 Je crois que je suis à fond !
17:50 C'est vrai ? Allez à tout de suite !