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  • il y a 3 ans

Chaque jour, Romain Desarbres et ses invités font un point complet sur l'actualité.
Retrouvez "Europe Midi" sur : http://www.europe1.fr/emissions/europe-1-midi3

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Transcription
00:00 - Heureux de midi !
00:02 - Romain Desarbres
00:04 - Il est midi 24, on est en direct avec Philippe Besson, pompier, responsable des pompiers de l'urgence internationale.
00:10 - Bonjour Philippe Besson. - Bonjour.
00:12 - Merci beaucoup d'être en direct avec nous. Vous êtes à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle ?
00:16 - Exactement, nous sommes en train d'embarquer, de faire passer le matériel, les chiens et les effectifs pour le vol avec la Turkey Shirline.
00:24 - Avec la Turkey Shirline, direction la Turquie, vous allez atterrir où ?
00:27 - On va atterrir à Ankara et ensuite on a deux interprètes que l'on connaît depuis plusieurs années qui vont nous accueillir avec un autocar et nous transporter le matériel et l'ensemble de l'équipe sur l'épicentre du deuxième tremblement de terre.
00:40 - Du deuxième tremblement de terre. Vous êtes combien dans cette mission ?
00:43 - Nous sommes 36, 3 chiens de recherche, une équipe médicale, un télépilote de drone et des spécialistes du sauvetage.
00:51 On est en fait configuré comme une équipe INSARA, c'est-à-dire classifiée par l'ONU, avec une équipe de coordination opérationnelle, une équipe médicale, deux équipes de sauvetage et une équipe logistique afin de travailler 24h/24 pendant une dizaine de jours.
01:06 - Concrètement, quelle va être votre mission ? Retrouver des personnes bloquées sous les décombres ?
01:14 - Oui, c'est pour ça qu'on emmène à la fois des appareils électroniques de recherche de victimes ensevelies, on emmène également un scanner de recherche, un tout nouvel appareil qui permet de localiser les victimes qui sont sous les décombres
01:27 et on a également trois chiens de recherche qui vont nous aider, faciliter les opérations de recherche. C'est le but principal, la recherche des victimes qui sont encore ensevelies sous les décombres.
01:38 - Ce n'est pas pour soigner les blessés, c'est vraiment pour rechercher les victimes encore vivantes sous les décombres. Comment vous les détectez ? A la chaleur ? Vous écoutez ? Qu'est-ce que vous faites ?
01:48 - On a plusieurs outils, on peut à la fois écouter les bruits qui seraient émis par une victime, à condition bien sûr qu'elle soit consciente, on la motive, on l'appelle en quelque sorte pour qu'elle puisse nous répondre en frappant sur des matériaux.
02:01 Si elle est inconsciente, on a également un appareil qui est un scanner de recherche qui fonctionne comme un système Wi-Fi en fait, et le signal Wi-Fi est déformé lorsqu'une personne a un rythme cardiaque, a une respiration ou est encore vivante et qu'elle bouge.
02:17 Donc avec ça on arrive à localiser la victime à plusieurs mètres de profondeur avec une très bonne précision. C'est un tout nouvel appareil et on peut ensuite utiliser une caméra miniaturisée qui nous permet d'explorer les décombres et de localiser les victimes et puis bien sûr il y a les chiens qui facilitent grandement le travail.
02:34 - Grandement le travail, c'est formidable. Combien de temps peut-on survivre sans manger ni boire ?
02:40 - Sans manger, on peut tenir pas mal de jours sans manger. Après sans boire, il y a toujours des problématiques de la déshydratation qui peuvent arriver.
02:51 On a vu des cas où plusieurs jours après un tremblement de terre, notamment à Haïti, on a pu sauver des décombres une petite fille de 8 ans et un bébé de quelques mois sous les décombres, 5 jours après le tremblement de terre en Haïti.
03:05 On arrive à tenir. Après on peut se passer de manger mais de boire c'est très difficile.
03:11 - Donc là c'est évidemment une course contre la montre, l'avion décolle, vous arrivez, vous foncez sur les lieux du drame, vous savez déjà précisément quel secteur va vous être affecté j'imagine, pour ne pas perdre une seconde.
03:23 - Oui, on a tout anticipé, à la fois l'accueil à Ankara pour qu'on puisse très rapidement un moyen de transport et être acheminé sur la zone. On a contacté les équipes de l'ONU qui coordonnent les secours internationaux sur place, qui nous ont déjà affecté une zone.
03:38 On n'est pas obligé, en fait, ils nous ont demandé de nous déployer immédiatement à la demande de la sécurité turque sur une zone, la zone du deuxième tremblement de terre.
03:48 - Ce sont les Turcs les patrons, évidemment.
03:51 - Oui, on est à leur disposition, ils nous ont donné l'autorisation d'intervenir, sans leur autorisation on n'aurait jamais fait le forcing, on ne serait jamais intervenu.
04:00 On a eu les autorisations à la fois des autorités internationales et des autorités turques, que l'on connaît depuis plusieurs années, puisqu'on s'est déjà déployé en Turquie à Izmit notamment et à Duje en 1999.
04:11 Et puis on travaille avec les autorités turques sur des projets européens, de style Erasmus pour la formation des sauveteurs européens.
04:18 - Philippe Besson, responsable des pompiers d'urgence internationale, merci beaucoup et bon courage évidemment pour votre mission.
04:25 Tous les auditeurs d'Europe Midi vous envoient de bonnes ondes. Merci beaucoup d'avoir témoigné juste avant de décoller pour la Turquie.
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