- il y a 3 ans
L'actualité du jour décryptée avec les journalistes et les invités de #90minutesInfo. Présenté par Nelly Daynac du lundi au vendredi et Lionel Rosso le samedi et le dimanche.
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00:00:00 Bonjour, bienvenue sur CNews en ce lundi après-midi.
00:00:03 Je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle semaine de 90 minutes info.
00:00:06 C'est parti dans un instant, juste après bien sûr le rappel des titres.
00:00:09 Il est signé Adrien Spiteri aujourd'hui.
00:00:11 Elisabeth Borne présenta un plan de lutte contre le racisme,
00:00:16 l'antisémitisme et les discriminations depuis à l'Institut du Monde à Paris.
00:00:21 La Première ministre promet une fermeté totale dans la réponse pénale.
00:00:25 Un renforcement de la lutte contre la discrimination à l'embauche.
00:00:29 Elle annonce également la création d'un mémorial pour les gens du voyage.
00:00:33 Un mardi noir dans les transports.
00:00:35 À l'Aératp, le trafic sera grandement perturbé.
00:00:38 Demain, avec un train sur 4 sur la ligne 12, aucun train sur la ligne 3 bis.
00:00:43 À la SNCF, 2 Wigo sur 5 circuleront, 2 TER sur 10.
00:00:48 Le trafic aérien sera aussi affecté.
00:00:51 Conséquence de la deuxième journée de mobilisation contre la réforme des retraites.
00:00:56 Et puis au moins 32 morts et 150 blessés au Pakistan
00:00:59 en cause d'une explosion à l'intérieur d'une mosquée.
00:01:02 Elle a eu lieu ce lundi à l'heure de la prière.
00:01:05 La mosquée se situe à une cinquantaine de kilomètres de la frontière avec l'Afghanistan.
00:01:10 L'ensemble du pays a été placé sous haute alerte sécurité.
00:01:15 Et au programme aujourd'hui, nous parlerons du braquage d'un barbier
00:01:18 interrompu par la police en plein 15e arrondissement
00:01:21 grâce à la vigilance d'un voisin.
00:01:23 Alors l'observation de situation anormale.
00:01:26 Est-ce aussi la responsabilité de chacun ?
00:01:28 Cette histoire finit bien, mais l'agressé a eu très peur, écoutez.
00:01:33 Elle m'a tranglé derrière.
00:01:37 Après moi j'ai pensé sur moi il y a un coton, je ne sais pas quoi dedans, sur lui.
00:01:41 Après je lui ai donné la montre.
00:01:44 Après les flics, heureusement, ils sont rentrés.
00:01:48 Un texte qui débarque cette fois pour de vrai à l'Assemblée.
00:01:50 Des syndicats qui veulent croiser le fer demain à nouveau dans les rues.
00:01:53 Peut-être une mobilisation massive d'ailleurs.
00:01:55 Et une majorité pas si solide qu'il y paraît.
00:01:58 Le gouvernement commence-t-il à douter ?
00:02:00 En tout cas sur la question des 64 ans, il ne pliera pas.
00:02:02 On écoute.
00:02:04 Plus vous parlez, plus le nombre de Français qui sont contre cette réforme augmente.
00:02:09 Deux semaines de pédagogie du gouvernement,
00:02:10 c'est plus 13 points de Français et de Françaises qui sont contre cette réforme.
00:02:15 Enfin nous parlerons du droit à la différence et du respect de l'autre.
00:02:17 Vous entendrez d'ailleurs le témoignage crève-cœur de la mère du jeune Lucas,
00:02:20 âgé d'à peine 13 ans lorsqu'il a mis fin à ses jours
00:02:23 parce qu'arcelé à l'école.
00:02:26 Moi oui c'est le harcèlement qui a été l'élément déclencheur.
00:02:32 Il y a des choses qui n'ont pas été faites.
00:02:34 Donc oui ils auraient dû faire plus.
00:02:36 Enfin c'est mon ressenti à moi.
00:02:38 Si je l'ai déclaré une fois et que je l'ai redéclaré après,
00:02:43 il fallait peut-être réagir quand même.
00:02:45 Voilà le programme.
00:02:46 Mais tout de suite les invités du jour.
00:02:47 Bonjour Gabrielle Cluzel.
00:02:48 Je rappelle que vous dirigez la rédaction de Boulevard Voltaire.
00:02:51 Merci d'être là.
00:02:52 Merci à vous également François Pomponi, ancien député.
00:02:55 Ainsi d'ailleurs que Pierre Lelouch.
00:02:57 Merci d'avoir fait le déplacement avant d'en venir.
00:03:00 Vous l'aurez compris au gros morceau que constitue la réforme des retraites.
00:03:03 Ça va nous occuper une bonne partie de la semaine déjà
00:03:06 et sans doute aussi celle à venir ensuite.
00:03:08 Un mot sur un texte qui passe encore un peu inaperçu dans cette actualité sociale.
00:03:13 C'est cette semaine que Gérald Darmanin doit présenter son projet de loi immigration
00:03:17 en Conseil des ministres.
00:03:18 Mais le texte n'a pas encore recueilli l'aval de député LR par exemple
00:03:22 pour espérer pouvoir passer la droite qui s'interroge notamment sur les titres de séjour
00:03:27 et qui souhaiterait fixer des quotas pour les métiers en tension.
00:03:31 Alors qu'en pensent les principaux concernés ?
00:03:33 Avant d'avoir un invité en direct, je vous propose de regarder ce reportage
00:03:35 tourné par nos équipes chez un restaurateur
00:03:37 qui lui est favorable à l'instauration de ces quotas.
00:03:42 C'était réglé madame, monsieur ?
00:03:43 Ce restaurateur n'y va pas par quatre chemins.
00:03:45 La proposition de Gérald Darmanin, il l'approuve, il n'y voit même aucun inconvénient.
00:03:51 Si les personnes qui sont dites françaises ne veulent plus faire ce métier-là,
00:03:56 je suis tout à fait ouvert à prendre des étrangers.
00:03:59 Parce que le but principal, mon intéressement à moi,
00:04:01 c'est de trouver de la manœuvre pour répondre à ma clientèle.
00:04:04 Et pour cause, dans cet établissement parisien, le constat.
00:04:07 Et sans appel, faute de personnel, le gérant.
00:04:10 Et sur tous les fronts, il lui manque aujourd'hui deux employés
00:04:13 pour faire tourner son affaire correctement.
00:04:15 Sans ces deux personnes, en fait manquant au staff,
00:04:19 le reste des employés, ils ont une amplitude horaire qui est vraiment plus élevée.
00:04:25 Donc déjà que c'est difficile au terme d'horaire.
00:04:28 S'il y a quelqu'un du personnel qui a un empêchement,
00:04:31 que ce soit famille ou personnel, on n'a pas de plan B.
00:04:35 Du côté de la clientèle ce jour-là, la proposition ne fait pas débat.
00:04:39 Je pense que c'est une bonne chose en fait, ça peut les permettre de s'intégrer.
00:04:42 Le travail peut vraiment être un moteur de motivation
00:04:45 et d'insertion dans la vie sociale et professionnelle.
00:04:47 En Ile-de-France, il manquerait jusqu'à 40 000 personnes
00:04:50 selon l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie.
00:04:53 Un chiffre qui grimpe à 220 000 emplois vacants au niveau national.
00:04:57 Et une première réaction en direct.
00:04:59 Nous sommes avec Franck Delaveau, qui est le président de l'UMIH Paris-Ile-de-France.
00:05:03 L'UMIH, c'est l'Union des métiers et de l'industrie hôtelière.
00:05:05 Merci de nous rejoindre.
00:05:07 On l'a entendu à la fin du reportage.
00:05:08 Il s'agit de combler 40 000 postes manquants en région parisienne.
00:05:13 C'est beaucoup.
00:05:14 Parmi les restaurateurs que vous êtes amenés à rencontrer,
00:05:18 est-ce que ce sentiment de devoir régulariser,
00:05:21 de devoir restaurer des titres de séjour est prévaut ?
00:05:25 Est-ce que c'est vraiment une demande générale
00:05:28 parce qu'on ne peut pas combler ces emplois ?
00:05:30 Pour voir ces emplois ?
00:05:32 Oui, tout à fait. Vous l'avez souligné.
00:05:33 Il manque environ entre 30 et 40 000 postes sur Paris-Ile-de-France,
00:05:38 en hôtellerie et notamment en restauration.
00:05:40 Effectivement, nous, on est pour ces régularisations.
00:05:43 Sans compter également qu'il y a les vrais faux-papiers.
00:05:45 C'est-à-dire des personnes qui ont été embauchées
00:05:47 sur la base de faux-papiers et au moment du renouvellement,
00:05:50 donc ces gens sont déclarés,
00:05:52 et au moment du renouvellement, ça bloque au niveau de la préfecture
00:05:55 parce que là, on s'aperçoit qu'ils ont des faux-papiers.
00:05:57 Or, ce sont des personnes qui, pendant leur déclaration, ont cotisé.
00:06:01 Nous, les employeurs, on a cotisé, le salarié a cotisé,
00:06:04 et pour rien puisqu'il ne va même pas bénéficier de la retraite ou d'autres choses.
00:06:07 Donc effectivement, oui, il faut régulariser ces personnes qui travaillent
00:06:10 et qui sont complètement dans la société française.
00:06:15 Oui, mais d'une manière générale quand même, le non-être de ces métiers,
00:06:19 est-ce que ce n'est pas lié aussi à une non-revalorisation des salaires ?
00:06:24 On dit, voilà, il y a encore un chômage certes résiduel,
00:06:27 mais enfin, il y a des emplois à pourvoir
00:06:29 pour ceux qui sont en activité en France.
00:06:33 Pourquoi ne pas les rendre plus incitatifs ?
00:06:37 Alors, les salaires, je vous rappelle qu'en avril 2022,
00:06:40 nous sommes une des premières branches à avoir revu nos niveaux, nos échelons,
00:06:44 et à avoir revu de façon forte les rémunérations,
00:06:47 puisqu'on a augmenté en moyenne de 16%.
00:06:49 Alors, on vient d'être rattrapé par les augmentations du SMIC au niveau 1, échelon 1,
00:06:53 mais on est une branche où on a fortement revu les rémunérations.
00:06:57 Et puis, je tiens à souligner aussi que dans notre branche,
00:06:59 il y a ce qu'on appelle l'ascenseur ou l'échelle sociale qui fonctionne.
00:07:03 Vous pouvez démarrer en bas de l'échelle et puis finir chef de salle,
00:07:06 voire propriétaire de votre brasserie.
00:07:09 Qu'est-ce qui fait selon vous que ça n'attire plus les jeunes, les étudiants
00:07:12 qui voyaient ça il y a encore 10, 15, 20 ans comme un métier d'appoint,
00:07:17 comme on le voit beaucoup dans les pays anglo-saxons aussi ?
00:07:22 Oui, je pense que c'est de façon plus générale,
00:07:24 puisqu'il n'y a pas uniquement dans la restauration, il y a des problèmes de recrutement.
00:07:27 C'est un peu dans tous les métiers manuels.
00:07:29 Et puis, il y a le télétravail.
00:07:30 Comme je vous l'ai dit, vous savez, faire un boeuf bourguignon en télétravail,
00:07:32 on a essayé, on n'y arrive toujours pas.
00:07:34 Donc oui, on ne peut pas faire de télétravail.
00:07:36 Oui, on travaille quand les autres ont envie de s'amuser,
00:07:38 mais c'est quand même beaucoup plus sympa d'être servi par une serveuse, un serveur,
00:07:41 que demain par un robot.
00:07:43 Donc, il faut aussi remettre au niveau de l'éducation la valeur travail,
00:07:47 que ce soit dans les métiers du bâtiment, dans les métiers de service.
00:07:50 Et ça, ce n'est pas assez mis en valeur au niveau de notre pays.
00:07:52 Alors, vous restez avec nous, on va vous inclure à la conversation en plateau avec nos autres invités.
00:07:57 Je vais vous soumettre cet extrait de ce qu'a dit Gérald Darmanin à propos de ces fameux quotas.
00:08:02 Lui, il dit, le ministre de l'Intérieur, qu'il est prêt à discuter.
00:08:06 Chez les LR, certains défendent l'idée d'instaurer des quotas pour limiter les régularisations.
00:08:10 Discutons-en.
00:08:11 Nous sommes ouverts à toutes les discussions dans le cadre du débat parlementaire.
00:08:16 Donc, il y a encore une marge de manœuvre.
00:08:17 Donc, on sent que ce n'est pas gagné, cette histoire.
00:08:19 On compte souvent du côté de Renaissance, de la majorité présidentielle,
00:08:23 sur le soutien quasiment de facto des LR.
00:08:26 Or, on voit que, et sur ce texte, et sur les retraites, ça ne va pas être si simple, Pierre Lelouch.
00:08:31 En fait, il y a deux sujets, là.
00:08:33 Il y a les régularisations des gens qui sont ici et dont certains travaillent.
00:08:38 Pas tous, d'ailleurs, puisque le taux de chômage chez les gens immigrés en France, c'est 56%.
00:08:44 Donc, c'est dire qu'il y a de la marge.
00:08:47 Et puis, il y a l'idée aussi de faire rentrer des gens avec une rubrique travail
00:08:53 dans les métiers dits sous tension.
00:08:55 Alors, moi, je dis au monsieur qui préside...
00:09:00 - À monsieur Delvaux, oui. - À monsieur Delvaux,
00:09:02 que je suis moi-même fils de restaurateur et dès l'âge de 12-13 ans, je servais dans la salle.
00:09:08 Je sais que c'est un métier difficile.
00:09:12 J'ai vu mes parents y laisser leur santé.
00:09:14 Je sais combien c'est difficile et je sais que c'est difficile de trouver des salariés.
00:09:19 Mais qu'on n'aille pas me dire que la solution au problème des métiers de la gastronomie
00:09:23 et de l'hôtellerie en France, premier pays touristique au monde,
00:09:27 vient de l'importation de gens qui arrivent du fin fond de l'Afghanistan ou de l'Érythrée,
00:09:32 qui ne parlent pas un mot de français, qui ne savent pas servir dans la salle
00:09:35 et encore moins faire un boeuf bourguignon.
00:09:37 Je suis...
00:09:39 - Donc, il y a un sujet sur l'attractivité du métier.
00:09:41 - Le souci, c'est celui que vous avez dit.
00:09:43 C'est-à-dire le fait que le métier est dur,
00:09:48 est insuffisamment attractif et insuffisamment payé
00:09:51 pour générer des jeunes générations,
00:09:55 de gens qui sont passionnés par la restauration, l'hôtellerie, etc.
00:09:58 C'est ça notre problème.
00:10:00 Et c'est l'incitation au travail et le fait que bien souvent,
00:10:03 de ne pas travailler rapporte autant de travailler,
00:10:06 qui fait qu'on dit que la solution est dans l'immigration.
00:10:09 Je ne le crois pas.
00:10:11 Il y a en France en ce moment 350 000 offres d'emploi.
00:10:15 Ce n'est pas parce que les Français ne veulent pas les prendre
00:10:17 qu'il faut ouvrir la porte à l'immigration,
00:10:19 parce que ceux qui vont entrer vont se remettre ensuite,
00:10:22 naturellement, aux lois sociales françaises et on recommencera.
00:10:25 Donc si le jeu consiste à dire
00:10:27 il y a un problème d'attractivité, de valeur travail,
00:10:31 et donc la solution c'est d'ouvrir les portes,
00:10:33 on est foutu.
00:10:34 Article 1.
00:10:35 Deuxièmement, s'agissant des métiers sous tension,
00:10:38 faisons comme les pays autour de nous
00:10:39 qui font appel à une main d'oeuvre très qualifiée
00:10:43 dans les secteurs d'avenir pour l'économie française.
00:10:46 Je pense aux Allemands qui font appel, par exemple,
00:10:50 à des gens qui sont des ingénieurs,
00:10:51 parce qu'on ne produit pas assez d'ingénieurs,
00:10:54 d'informaticiens qui viennent d'Inde, par exemple.
00:10:57 Ça, je peux comprendre.
00:10:58 Mais qu'on fasse rentrer des gens qui n'ont aucune formation,
00:11:01 qui bien souvent ont des niveaux inférieurs
00:11:03 au certificat d'études ou au brevet,
00:11:05 c'est ce que disent toutes les statistiques pour ensuite dire...
00:11:08 - Combler des besoins immédiats.
00:11:09 - Je ne comprends pas.
00:11:12 - François Pomponi, on sent bien, comme le dit Pierre.
00:11:14 - Faisons des quotas, mais extrêmement serrés.
00:11:17 - Qu'il faut avoir au fond sur ces questions,
00:11:19 une réflexion plus transversale.
00:11:21 Il faut s'interroger aux racines du problème
00:11:23 et pas seulement combler les trous.
00:11:25 - Sur le théorée de restauration,
00:11:26 un sujet que je connais bien aussi,
00:11:28 en cuisine, si on ne régularise pas
00:11:32 les gens qui travaillent en cuisine dans la salle de restaurant
00:11:35 et qu'il y a des contrôles, on ferme tous les restaurants.
00:11:39 Aujourd'hui, qui travaille dans les cuisines ?
00:11:41 On sait très bien que c'est souvent des immigrés en situation irrégulière.
00:11:44 Il y a un problème au service.
00:11:46 Et là, on a un problème de formation en France.
00:11:48 On ne forme pas suffisamment de jeunes pour ces métiers-là.
00:11:51 Et les jeunes français, évidemment, n'ont plus envie de le faire.
00:11:53 Donc là, un des moyens ouverts,
00:11:55 ce n'est pas forcément d'aller en Afghanistan.
00:11:57 Mais aujourd'hui, beaucoup d'hôteliers restaurateurs
00:12:00 veulent aller en Tunisie, par exemple,
00:12:02 où il y a du personnel formé, capable de venir, qui parle français.
00:12:05 Donc, on voit bien qu'il y a un sujet de formation, d'attractivité.
00:12:08 Et si on ne régularise pas,
00:12:10 moi, je vois la préfecture de Vallois,
00:12:12 qui fait régulièrement des descentes de contrôle dans les restaurants,
00:12:16 ils ferment parce qu'il y a des gens qui sont en situation irrégulière.
00:12:19 Donc, c'est un vrai sujet.
00:12:20 Alors après, par rapport à ce que vous disiez, par rapport aux Républicains,
00:12:24 on leur dit, il va falloir régulariser,
00:12:27 même ouvrir les frontières pour les mettre en tension,
00:12:29 y compris les gens très diplômés, je suis d'accord.
00:12:32 Mais d'un autre côté, ils se disent, vous êtes d'accord,
00:12:33 mais qu'est-ce qu'on fait de ceux qui sont irréguliers
00:12:35 et qu'on ne veut pas garder chez nous ?
00:12:37 Et là, le ministre, on dit, vous inquiétez pas,
00:12:39 les OQTF, on va faire mieux qu'avant et ça ira mieux.
00:12:41 Et comme ils sont un peu sceptiques,
00:12:42 ils se disent, pour l'instant, ne le continuez pas.
00:12:44 – Très bonne analyse et très bonne, finalement, synthèse.
00:12:47 Pour compléter la réflexion, Gabriel Pouzet…
00:12:49 – Non, je suis d'accord avec mon voisin,
00:12:50 il y a des restaurateurs, j'en connais,
00:12:52 qui n'emploient pas des gens irréguliers dans les cuisines.
00:12:55 – Heureusement.
00:12:56 – Ce n'est pas général.
00:12:57 Moi, j'ai été assez heurtée par les propos de ce monsieur,
00:12:59 pardon, qui témoignait là.
00:13:01 – On va lui faire réagir après.
00:13:02 – Il disait donc, ah ben oui, les gens qui sont sans papier,
00:13:05 ils ont cotisé pendant des années,
00:13:08 ils ne peuvent pas récupérer leur cotisation,
00:13:10 donc il faut les régulariser.
00:13:11 Alors, il y avait un principe de droit,
00:13:12 et là aussi, je me dis, on a vraiment une société qui marche sur la tête,
00:13:14 qui s'appelait, je crois que c'était en première année de droit,
00:13:16 on apprenait ça aux étudiants,
00:13:18 "nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes".
00:13:21 Donc, si vous voulez partir dans l'idée qu'ils étaient sans papier,
00:13:25 ils ont cotisé, il va donc falloir les régulariser
00:13:27 pour qu'ils récupèrent leur cotisation, c'est n'importe quoi.
00:13:30 Alors, si les restaurateurs, aujourd'hui, se posaient les bonnes questions,
00:13:35 peut-être qu'ils auraient les bonnes réponses.
00:13:36 Et si l'État aussi se posait les bonnes questions.
00:13:38 Pourquoi personne ne veut travailler dans les restaurants ?
00:13:40 Parce que c'est dur, et parce que surtout, c'est mal rémunéré.
00:13:43 Alors peut-être faut-il mieux rémunérer plutôt que de faire venir des migrants
00:13:47 qui sont habitués à travailler dans des conditions difficiles.
00:13:51 Donc, on compte là-dessus.
00:13:52 C'est assez cynique de la part des restaurateurs.
00:13:54 On compte sur le fait que ces gens-là ne sont pas habitués
00:13:56 à nos standards de vie français pour les faire travailler.
00:13:59 Et puis après, quand ils sont habitués à un standard...
00:14:00 Ça contribue à la propérisation du métier.
00:14:01 Évidemment.
00:14:02 Et l'État aussi pourrait se demander s'il n'y a pas des charges
00:14:06 que l'on pourrait, bon, ça a été d'ailleurs envisagé par le passé,
00:14:10 mais des charges allégées pour ces métiers-là.
00:14:14 Par ailleurs, dernier point, et vous avez eu raison de le dire,
00:14:16 c'est que la population étrangère aujourd'hui est plus au chômage
00:14:19 que la population française.
00:14:20 Donc, il va peut-être falloir arrêter avec ce narratif
00:14:22 qui devient pénible et insultant,
00:14:24 selon lequel les Français voudraient moins travailler que les étrangers.
00:14:26 - Franck Delvaux, vous n'avez pas beaucoup d'avocats sur le plateau.
00:14:28 Néanmoins, on va vous laisser vous défendre
00:14:31 et peut-être amener vos arguments sur la table pour compléter le tableau.
00:14:36 - Oui, je pense qu'effectivement, je n'ai pas beaucoup d'avocats
00:14:39 pour défendre mon métier.
00:14:41 Oui, je veux réagir à ce qui a été dit.
00:14:42 - Non, votre point de vue.
00:14:43 - Votre métier, cher monsieur, moi, je le défends tous les jours.
00:14:46 - Monsieur, je ne vous ai pas interrompu.
00:14:48 Monsieur Leloup, je ne vous ai pas interrompu.
00:14:50 Je ne vous ai pas interrompu, laissez-moi répondre, s'il vous plaît.
00:14:53 Merci.
00:14:54 Évidemment, je m'élève quand il vient d'être dit,
00:14:58 on n'embauche pas des gens sans papiers en hôtellerie-restauration.
00:15:03 Fort heureusement, dans beaucoup d'établissements,
00:15:05 alors je ne dis pas que ça ne peut pas exister,
00:15:07 mais dans beaucoup des prisons,
00:15:08 les gens sont déclarés dans une très grande majorité.
00:15:10 Ce que je parlais tout à l'heure, c'est les vrais faux-papiers.
00:15:14 C'est-à-dire que vous embauchez quelqu'un avec des papiers qui sont faux,
00:15:17 mais quand nous, on prend ça pour des faux-papiers,
00:15:20 on ne sait pas comment on peut faire entre des vrais et des faux-papiers.
00:15:24 Et au moment du renouvellement,
00:15:26 donc cette personne cotise sur le nom qui a été déclaré,
00:15:28 et au moment du renouvellement,
00:15:29 on s'aperçoit que ce sont des faux-papiers.
00:15:32 Mais ce sont des gens qui travaillent et qui sont dans la société française.
00:15:35 C'est sur ces personnes-là, où nous on dit aujourd'hui,
00:15:38 il faut qu'on puisse les régulariser,
00:15:40 parce qu'ils occupent un emploi,
00:15:42 et ils travaillent et ils sont complètement en phase dans la société.
00:15:47 Après, effectivement, de dire qu'on ne paye pas les gens,
00:15:49 il faut arrêter aussi de dire qu'on ne paye pas les gens,
00:15:51 et qu'on va encore sous-payer des travailleurs étrangers.
00:15:54 C'est du grand n'importe quoi.
00:15:56 En France, il y a des lois, vous ne payez personne en dessous du SMIC.
00:15:59 La preuve, toutes les branches ont été rattrapées par les augments.
00:16:03 Vous payez tout le monde, mais je suis désolé, vous ne payez pas.
00:16:06 Il faut arrêter de dire que dans la restauration,
00:16:08 on paye des gens en dessous du SMIC.
00:16:09 Sur le rattrapage des cotisations sociales,
00:16:12 comme disait Gabriel, à la base, on leur a demandé
00:16:15 ceux qui sont entrés illégalement pour tenter de travailler.
00:16:19 Tout à fait, mais c'est-à-dire que les cotisations, elles sont doubles.
00:16:22 Vous savez très bien que les cotisations sont salariales et patronales.
00:16:24 Donc nous aussi, on cotise pour ces cotisations.
00:16:27 Donc ces personnes-là, qui sont dans la société,
00:16:29 qui ont un emploi et qui travaillent, pourquoi ne pas les régulariser ?
00:16:32 Je ne vois vraiment pas où est le problème.
00:16:34 Ce sont des gens qui travaillent, qui travaillent tous les jours
00:16:36 pour aller au SMIC.
00:16:37 Il y a parce qu'il y a une chose qui s'appelle la France.
00:16:39 Il nous reste deux minutes.
00:16:40 La réponse à ça, c'est qu'il y a un pays qui s'appelle la France.
00:16:43 On n'est pas obligé, parce que tel métier manque de bras,
00:16:47 parce que ces gens sont mal payés, de changer la nature du pays.
00:16:50 On a eu le même problème avec l'automobile en France dans les années 60.
00:16:53 On a ouvert les vannes parce qu'on avait besoin de construire
00:16:56 des automobiles en France.
00:16:57 On a fait venir des millions d'immigrés.
00:16:59 Les immigrés sont restés.
00:17:01 Ils ont fait souche.
00:17:02 Les voitures sont parties.
00:17:03 Et les constructeurs automobiles français font maintenant
00:17:05 construire les voitures en Algérie ou au Maroc.
00:17:07 – Allez, on fait.
00:17:08 – Tu points sur les chiffres là, qu'on avançait.
00:17:10 – Juste, juste, juste.
00:17:11 Si on ne se met pas d'accord sur le fait qu'il y a des personnes
00:17:15 en situation régulière qui travaillent dans le terrain de la restauration,
00:17:18 je vous invite à regarder le site de la préfecture du Val d'Oise
00:17:21 qui fait des contrôles.
00:17:22 Là, je regarde, je suis d'hier, il y a quatre heures,
00:17:25 un restaurant, il a été constaté une personne en situation,
00:17:27 33% de l'effectif.
00:17:28 Un autre établissement, 100% de l'effectif en situation régulière.
00:17:31 C'est une réalité.
00:17:33 – Alors ? C'est normal ?
00:17:35 – Je ne dis pas que c'est normal, mais c'est une réalité.
00:17:37 Moi, je peux vous dire, bon.
00:17:38 Donc la question, et vous le dites vous-même,
00:17:40 il faut dire qu'on doit en régulariser régulièrement
00:17:44 et certains se régularisent.
00:17:45 La vraie question, c'est ces gens-là qui travaillent,
00:17:48 qui sont payés, il va falloir les régulariser.
00:17:51 C'est ce que moi, j'en suis convaincu.
00:17:53 Et effectivement, il en manquera quand même,
00:17:55 il faudra en faire venir.
00:17:57 – Mais vous êtes pour faire des migrations choisies
00:18:01 pour la restauration et la construction ?
00:18:03 – Moi, j'ai des amis restaurateurs.
00:18:04 Cet été, activités saisonnières en Corse,
00:18:08 ils ont fermé le restaurant en plein été, trois jours par semaine,
00:18:11 ils n'avaient plus de personnel.
00:18:13 Par contre, il y avait des cuisinières.
00:18:14 – Pourquoi ?
00:18:14 – Mais il n'y avait plus de personnes qui voulaient travailler.
00:18:16 – Pourquoi ?
00:18:17 – Parce qu'il y a des gens qui ont un niveau de vie,
00:18:19 en restant chez eux.
00:18:20 – Oui, mais d'accord, mais…
00:18:22 – Pardon, je m'excuse.
00:18:23 Si les gens ont un besoin de travailler, ils vont travailler.
00:18:26 S'ils sont payés à rien foutre chez eux,
00:18:29 ils n'ont aucune raison d'aller travailler dans un restaurant
00:18:31 ou d'aller ramasser des fruits en Anjou.
00:18:34 Pourquoi ?
00:18:35 Moi, je vois dans le centre de la France,
00:18:38 des vergers à perte de vue, personne pour ramasser les fruits.
00:18:42 Il faut faire venir des personnes qui arrivent de Pologne, d'Espagne…
00:18:46 – Parce que les Français ne veulent plus le faire.
00:18:47 – Parce que les jeunes Français…
00:18:48 – Non, non, non, moi j'en ai marre que,
00:18:49 quand on tape sur la tête des Français,
00:18:52 il y a des gens qui aussi emploient cette immigration clandestine
00:18:57 avec l'idée claire que ça leur coûtera moins cher.
00:19:01 – Non, non, ils ne trouvent pas.
00:19:02 – Mais évidemment, mais évidemment…
00:19:03 – Non mais, attendez, attendez…
00:19:04 – La vérité, si tu sors de là, t'es un peu au milieu.
00:19:07 – Non, non, juste, pour faire venir un étranger,
00:19:10 attention, pour faire venir un étranger officiellement travailler en France,
00:19:15 la préfecture dit, demandez d'abord à Pôle emploi.
00:19:19 Il y a un délai de 40 ans.
00:19:20 Donc on demande à Pôle emploi qui veut venir travailler dans le restaurant,
00:19:23 zéro réponse.
00:19:24 Et au bout de trois mois où personne en France ne répond à Pôle emploi,
00:19:28 la préfecture dit, ok, pour aller recruter à l'extérieur.
00:19:30 – Alors je vais vous expliquer pourquoi votre raisonnement ne tient pas.
00:19:32 – Très bien, ce soit la plus grande chose.
00:19:33 – On n'a plus de temps ?
00:19:34 – En deux secondes.
00:19:35 – Si vous teniez, une fois on aurait résolu, fait venir des migrants,
00:19:38 on aurait résolu le problème de la restauration et ce serait terminé.
00:19:41 Ce n'est pas le cas, c'est un flux continu,
00:19:44 c'est un flux continu parce qu'au bout d'un moment,
00:19:46 les migrants qu'on a fait venir atteignent un standard de vie français
00:19:50 et ne veulent plus travailler.
00:19:51 – Merci beaucoup, on n'a pas fini d'en parler.
00:19:52 – On continue à ouvrir les portes.
00:19:53 – On n'a pas fini d'en parler et c'est un flux continu.
00:19:54 – Et 500 000 personnes par an et ça va où ?
00:19:58 Ça va à des situations qui sont ingérables, dans le Val d'Oise,
00:20:01 dans Cherami, vous connaissez bien le nom,
00:20:03 Villiers-le-Bel, Sarset, Gargé-Gonnet, on a des ghettos et c'est ingérable.
00:20:08 Ensuite, les respirateurs disent, moi j'ai besoin de cette personne,
00:20:11 donc c'est à l'état de s'en occuper.
00:20:13 Ce n'est pas sérieux, tout ça ce n'est pas sérieux.
00:20:16 – Il faut se taire quand on vous le demande.
00:20:19 – Oui, c'est ça.
00:20:20 – Et c'est la première.
00:20:21 – La deuxième partie de 90 minutes info, c'est dans un tout petit instant,
00:20:24 mais il est de retour et en pleine forme, me dit-on,
00:20:26 c'est Simon Guillin pour le JT, bonjour Simon.
00:20:28 – Bonjour Annelie et bonjour à tous.
00:20:30 À la veille d'une nouvelle manifestation contre la réforme des retraites,
00:20:33 le texte est débattu depuis ce matin en commission à l'Assemblée nationale.
00:20:37 La NUPES a déposé 7000 amendements.
00:20:40 Raquel Garrido de la France Insoumise a défendu ce nombre d'amendements
00:20:43 qu'elle juge même raisonnable, on l'écoute.
00:20:46 La France Insoumise et la NUPES ont été particulièrement raisonnables
00:20:51 dans la quantité d'amendements déposés.
00:20:53 On est sur une quantité d'amendements à 7000 amendements
00:20:56 qui est parfaitement proportionnée à l'envergure de ce texte.
00:20:59 Il ne serait pas acceptable que le gouvernement, dans l'hémicycle,
00:21:03 tripatouille l'ordre des articles.
00:21:05 Nous, nous avons fait notre part, maintenant c'est à eux de respecter le Parlement
00:21:10 et eux doivent maintenant prendre l'engagement
00:21:13 de examiner les articles dans l'ordre.
00:21:16 Et toujours en marge de cette mobilisation, Gérald Darmanin a annoncé
00:21:20 la mobilisation de 11 000 policiers et gendarmes dans toute la France,
00:21:23 dont 4000 à Paris.
00:21:24 Et vous le voyez à l'antenne, ce parcours de cette nouvelle journée de manifestation.
00:21:27 Un cortège qui s'élancera de la place d'Italie à 14h.
00:21:30 Le cortège passera par l'avenue du port royal Montparnasse
00:21:33 avec une arrivée prévue Place Vauban aux alentours de 19h.
00:21:36 Je vous propose à présent d'écouter ce commerçant,
00:21:39 un commerçant parisien qui n'est pas vraiment inquiet
00:21:41 à l'approche de cette mobilisation massive. On l'écoute.
00:21:44 On se prépare dans la répétition parce que ça fait moi 35 ans que je suis ici
00:21:49 et ça fait 35 ans que je vois des manifestations et des défilés.
00:21:52 Donc on se prépare comme on se prépare habituellement,
00:21:55 c'est-à-dire on vient quand même travailler, on ouvre la librairie,
00:21:58 on la ferme si effectivement on voit qu'il y a un peu trop d'agitation
00:22:02 et qu'il y a un peu trop de risques.
00:22:04 Ça nous est arrivé deux, trois fois de la fermer.
00:22:06 Mais globalement non, on laisse passer la manif,
00:22:09 voire on s'associe à la manif en disposant en vitrine des calicots
00:22:15 où il est écrit "En grève" lorsqu'on estime que nous aussi,
00:22:18 même si on ne défile pas, on est solidaires du mouvement.
00:22:22 Une nouvelle mobilisation qui sera une nouvelle fois très suivie dans les écoles.
00:22:26 Le premier syndicat du primaire annonce 50% de grévistes dans les écoles.
00:22:30 Une mobilisation qui va également impacter les transports
00:22:33 avec un trafic très perturbé à la SNCF et également dans le métro parisien.
00:22:37 Il est donc l'heure pour les Français de s'organiser et de trouver une solution.
00:22:41 Je vous propose d'écouter ces quelques témoignages recueillis à la Gare Paris-Montparnasse.
00:22:44 Mon train a été annulé, donc j'ai choisi de partir aujourd'hui pour être sûre.
00:22:49 Il n'y avait plus d'autres trains disponibles dans la journée.
00:22:52 Je comptais rester à Paris aujourd'hui et partir chez moi demain.
00:22:57 Et comme il y a grève à partir de 19h, je rentre chez moi ce matin.
00:23:02 J'ai dû reporter mon TGV à aujourd'hui pour pouvoir y aller
00:23:07 sans avoir de train et de changement d'horaire à prévoir pour mardi.
00:23:12 Ce soir, je dois rentrer tôt pour garantir de rentrer chez moi.
00:23:16 Et demain, ce sera du télétravail pour sûr.
00:23:18 Et puis un tout autre sujet. Dans ce journal, on voulait vous parler de cette nouvelle drogue
00:23:22 qui inquiète les autorités, le Lyrica 300, également appelé la drogue de la misère.
00:23:26 Ce puissant anxiolytique est vendu sous le manteau environ 2,50 euros la gélule.
00:23:31 Quels sont les dangers de cette drogue très bon marché ?
00:23:34 Jeanne Cancard et Fabrice Elsner.
00:23:36 Le Lyrica se présente sous forme de gélule comme ici, dans la main d'un revendeur.
00:23:41 Ce médicament, utilisé à l'origine contre les douleurs neuropathiques,
00:23:45 est devenu dans les rues de la capitale une drogue bon marché.
00:23:49 C'est défoncé, c'est un peu ailleurs.
00:23:54 C'est pas cher, c'est 2 euros. Après tout le monde prend ça parce qu'ils savent très bien que c'est pas cher.
00:24:00 Les gens gagnent beaucoup d'argent sur ça, qu'à ne vendre des cigarettes ou à ne vendre des chics.
00:24:06 Le Lyrica est délivré uniquement sur ordonnance. Environ 6 euros la boîte de 50 comprimés
00:24:12 qui seront revendus en moyenne 2,50 euros à l'unité sur le marché noir.
00:24:16 Ça se présente comme ceci.
00:24:18 Face à ce trafic souterrain très juteux, les pharmacies sont régulièrement confrontées
00:24:22 à des toxicomanes et des revendeurs.
00:24:24 Souvent c'est des personnes qui n'ont pas de car vital et souvent c'est des présentations d'ordonnances par mail.
00:24:29 Il y a aussi des fausses ordonnances.
00:24:31 Moi je préfère dire que j'en ai pas en stock.
00:24:33 Souvent les gens sont agressifs et ça nous est déjà arrivé que des patients
00:24:38 qui présentent ce genre d'ordonnances viennent avec des béquilles ou des ceintures
00:24:43 pour qu'on voit vraiment qu'ils sont malades et à la fin en sortant de la pharmacie, ils enlèvent tout ça.
00:24:48 Les professionnels de santé inquiets face au phénomène veulent alerter les pouvoirs publics
00:24:53 car la substance mélangée à d'autres produits psychoactifs peut être mortelle.
00:24:59 Et puis à l'international, Anthony Blinken est arrivé à Tel Aviv.
00:25:03 Le secrétaire d'état américain a de nouveau appelé Israéliens et Palestiniens à apaiser les tensions sur place.
00:25:08 Cette visite d'Anthony Blinken était prévue de longue date.
00:25:11 On va l'écouter lors de son arrivée.
00:25:13 Il est de la responsabilité de chacun de prendre des mesures pour apaiser les tensions
00:25:19 plutôt que de les exacerber.
00:25:21 Travailler pour que personne ne ressente de peur dans sa communauté, dans sa maison, dans les lieux de culte,
00:25:25 c'est la seule façon d'arrêter la marée montante de violences qui a coûté trop de vie à trop d'Israéliens, trop de Palestiniens.
00:25:31 Je le ferai comprendre tout au long de mon séjour en Israël et en Cisjordanie à tous ceux que je rencontrerai.
00:25:36 Voilà pour ce tour de l'actualité à 16h. La suite du débat, c'est avec vous. Nelly Denak et vos invités.
00:25:44 Merci beaucoup et tout de suite on va s'intéresser à la réforme des retraites, à nouveau, avec la chronique éco d'Éric Derritte-Matin. C'est parti.
00:25:54 Regardez votre programme avec farmazone.fr. Le confort de commander en ligne en soutenant votre pharmacie.
00:26:00 Bonjour Éric. Dans le cadre de la réforme des retraites, on va beaucoup en parler cette semaine,
00:26:06 le gouvernement planche pour apporter quelques compensations dans ce qu'on appelle les tâches pénibles.
00:26:11 Il y a certains métiers difficiles qui échappent aux critères.
00:26:14 Oui, c'est assez étonnant mais vous savez qu'il y a des métiers pénibles, c'est vrai, qui n'entrent pas.
00:26:19 Alors pour en bénéficier, il fallait avoir un certain nombre de critères mais ces critères ont disparu en 2017.
00:26:24 Ça veut dire que par exemple, pour un déménageur, depuis 2017, le port de lourdes charges n'est plus considéré comme un facteur de pénibilité.
00:26:32 Alors pourtant, les déménageurs pouvaient espérer partir à 60 ans au lieu de 62 à l'époque.
00:26:37 Vous voyez que les postures pénibles, tout ça, le travail soumis à fortes vibrations, l'exposition à des agents chimiques, ça n'entre plus en ligne de compte.
00:26:43 Vous avez même le marteau-piqueur qui n'est plus pris en ligne de compte.
00:26:46 Alors j'ai appelé ce matin le BTP, un grand groupe de BTP, ils m'ont dit que de toute façon, c'était lié à la durée d'utilisation d'un marteau-piqueur
00:26:54 et qu'un ouvrier marteau-piqueur ne travaille pas 7 heures par jour sur son marteau-piqueur.
00:26:59 Donc vous voyez, ça n'entre pas, c'est assez sidérant.
00:27:01 Alors je vous dis tout ça parce que ça veut dire que dans la nouvelle réforme, il va y avoir, vous savez, un compte qui va être créé,
00:27:07 il va y avoir la possibilité d'aller voir un médecin à partir de 61 ans et de se faire arrêter pour partir de manière anticipée.
00:27:12 Mais c'est une usine à gaz considérable et pourquoi les critères avec la loi précédente avaient été supprimés ?
00:27:18 Parce qu'on n'arrivait pas à les quantifier, on n'arrivait pas à les mesurer et pourtant c'était bien pratique
00:27:23 parce que vous obteniez des points et ces points vous permettaient de valider un certain nombre de trimestres
00:27:28 et donc de pouvoir partir de manière anticipée.
00:27:31 Voilà, tout ça veut dire qu'aujourd'hui, il n'y a pas suffisamment de personnes qui bénéficient de cette pénibilité des tâches.
00:27:36 3 000 personnes en France seulement, c'est quand même pas grand chose. L'État a répondu que dans la future loi, si elle passe,
00:27:42 ce serait 20 000 personnes qui pourraient en partier. Mais comme je le disais, c'est très complexe
00:27:46 et rien ne dit que ces départs seront aussi faciles qu'on le dit.
00:27:50 Merci beaucoup. C'était la chronique écolairique.
00:27:53 ...
00:28:01 Allez, on continue de débattre avec nos invités Pierre Lelouch, François Pomponi et Gabriel Cusel sont toujours à ma compagnie.
00:28:08 On va parler évidemment de la réforme des retraites. Ce qu'on a compris, c'est qu'Elisabeth Borne, l'exécutif en général,
00:28:13 reste inflexible sur la notion des 64 ans, ce qu'on a appelé il y a encore quelques jours le fameux totem des 64 ans.
00:28:20 Ça n'est plus négociable, c'est le terme qu'a utilisé la Première Ministre.
00:28:25 Cette réforme est très critiquée pour son impact sur les femmes, y compris d'ailleurs dans la majorité aujourd'hui.
00:28:31 En revanche, Elisabeth Borne se dit plutôt ouverte à la discussion sur une meilleure utilisation de ce qu'on appelle les trimestres éducation et maternité.
00:28:40 Et puis surtout, ce qu'on retient, Élodie Huchard, c'est qu'à partir d'aujourd'hui,
00:28:44 que les députés s'emparent de la question avec une étude du projet en commission des affaires sociales,
00:28:52 avant une étude au sens large du texte, ce sera dans l'hémicycle à partir de mercredi je crois, ou jeudi.
00:28:59 Oui exactement Nelly, l'étude du texte a commencé ce matin en commission des affaires sociales à 9h30.
00:29:09 C'est un débat d'abord qui a commencé sur la forme, parce qu'il n'y avait pas forcément assez de chaises pour tous les députés,
00:29:14 parce qu'un certain nombre de députés, par exemple de la France Insoumise, voulaient assister à la commission,
00:29:19 même s'ils n'en font pas partie, ils y ont le droit, mais forcément les députés ont manqué de place.
00:29:23 Et puis il y a aussi la question du temps des débats.
00:29:26 Les députés ont précisément 5 693 amendements à étudier, le tout en 27 heures,
00:29:32 pas plus, ce qui veut dire qu'il faudrait étudier un amendement toutes les 16 secondes,
00:29:35 et forcément, vous l'imaginez, le compte n'y est pas. Alors sur le fond, pour l'instant, chacun reste campé.
00:29:40 Sur ses positions à gauche, on ne veut pas de cette réforme.
00:29:44 La France Insoumise notamment a proposé sa contre-réforme, une retraite à 60 ans avec 40 annuités,
00:29:49 pas de retraite quand on a une carrière pleine en dessous de 2600 euros net par mois.
00:29:53 À droite, les Républicains essayent de peser le maximum, mais toutes les oppositions regrettent le fait
00:29:58 qu'on prenne cette réforme par le biais financier et non pas par le biais humain.
00:30:02 Et puis surtout, l'opposition, elle sait bien qu'elle a l'opinion publique de son côté,
00:30:06 alors qu'on est à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation.
00:30:09 Alors du côté de la majorité, on reste ferme.
00:30:11 Vous rappeliez il y a quelques instants les propos de la Première Ministre.
00:30:14 La rapporteure du texte n'a de cesse de rappeler que certes, elle comprend qu'on demande des efforts aux Français,
00:30:19 mais que ce sont des mesures de justice sociale.
00:30:21 Et puis effectivement, à partir du 6 février, le texte arrivera cette fois en séance publique dans l'hémicycle.
00:30:26 - Beaucoup, Elodie Huchard, on entend beaucoup Elisabeth Borne, on entend beaucoup Bruno Le Maire,
00:30:30 on entend beaucoup Olivier Dussopt.
00:30:32 Et à contrario, quand on écoute Mathilde Panot pour la France Insoumise, elle nous dit
00:30:36 "Plus ils parlent, plus les Français sont contre".
00:30:39 - Plus vous parlez, plus le nombre de Français qui sont contre cette réforme augmente.
00:30:45 Plus vous parlez, plus les gens comprennent que ce sont effectivement les femmes qui vont être pénalisées.
00:30:50 C'est d'ailleurs le ministre Riester qui le dit.
00:30:52 Plus vous faites de la pédagogie, deux semaines de pédagogie du gouvernement,
00:30:56 c'est plus 13 points de Français et de Françaises qui sont contre cette réforme.
00:30:59 Et s'il y a un point sur lequel les Français et les Françaises ne vous croient pas,
00:31:03 c'est bien celle du fait qu'il y ait une nécessité économique à faire cette réforme.
00:31:07 - Mme Puzel, bien que vous ne partagiez pas ces idées, sur le fond, elle a raison en termes de contre-productivité de cette communication.
00:31:16 Il s'empêtre un peu cet exécutif ?
00:31:18 - C'est une constatation.
00:31:20 C'est difficile de ne pas être d'accord parce qu'on se rend compte que, au fur et à mesure que le gouvernement parle,
00:31:24 l'adhésion de la population s'oblègue à augmenter.
00:31:27 Mais c'est vrai qu'il communique d'une façon qu'il est difficile de trouver autrement que désastreuse.
00:31:32 Cette façon d'être dressée sur ses ergos, la veille de la manif, l'avant-veille, pardon,
00:31:37 d'aller dire "64 ans, ce n'est pas négociable" de la part d'Elisabeth Borne, c'est un peu étrange.
00:31:43 Vous savez, il y a un... ça s'appelle la muletta, je crois, dans les corridors.
00:31:46 Là, le chiffon rouge que l'on agite devant le taux, c'est un peu étonnant d'utiliser cette technique.
00:31:53 Et puis, il faut se rendre compte du contexte actuel.
00:31:56 Les Français ont le sentiment qu'on est toujours fort avec les faibles ou fort avec les gentils,
00:32:01 je dirais, les Français ordinaires qui bossent, qui simplement n'ont pas envie qu'on les fasse travailler plus tard,
00:32:07 qui ont des doutes sur cette réforme.
00:32:09 Et qu'à côté de ça, on est très faible avec d'autres Français.
00:32:12 Vous voyez, tout à l'heure, on parlait des migrants clandestins.
00:32:14 Le fait est que là, on dit "ils sont rentrés sans papier, mais on va les régulariser".
00:32:17 Vous voyez, cette espèce de double discours qui est toujours extrêmement gênant
00:32:21 et qui, à mon avis, rajoute de la rancœur à la méfiance.
00:32:26 Je vous propose d'écouter aussi Marisol Touraine, qui dit "c'est une mauvaise réforme".
00:32:33 Cette loi, elle divise parce qu'on a le sentiment, enfin j'ai le sentiment,
00:32:40 que la mesure phare, qui est le relèvement de l'âge légal à 64 ans,
00:32:46 est posée comme le totem du réformisme.
00:32:50 Ça ne peut pas être cela.
00:32:52 À partir du moment où il y a des inquiétudes et des tensions,
00:32:56 et à partir du moment où cette mesure, non seulement est perçue comme injuste,
00:33:00 mais je crois profondément est injuste,
00:33:02 alors il y a un risque pour notre pays.
00:33:06 Mon message, c'est pour l'unité du pays, pour la cohésion nationale,
00:33:12 nous avons besoin d'une loi qui rassemble et pas d'une loi
00:33:16 qui risque de se transformer en passeport pour le populisme d'extrême droite.
00:33:21 - Pierre Lelouch, est-ce un totem qui pose un risque pour la suite, comme elle le décrit là ?
00:33:27 - Elle est très forte, Marisol Touraine, je l'ai bien connue.
00:33:31 - Faut oser.
00:33:32 - Faut oser.
00:33:33 Femme de gauche, qui est l'auteur de la réforme la plus hypocrite,
00:33:38 mais efficace, sous François Hollande.
00:33:42 Parce que, mine de rien, elle a fait bouger le curseur de 40 à 43 années de cotisation,
00:33:49 ce qui est quand même le cœur du sujet,
00:33:51 parce que 64, c'est le totem, la moulette à, le chiffon rouge, tout ce que vous voulez,
00:33:56 mais le vrai sujet, c'est combien d'années un Français doit-il cotiser ?
00:34:01 Si vous commencez à 20 ans à travailler, vous arrêtez à 63, on n'est plus dans le 64 ans.
00:34:06 En revanche, si vous faites des études, vous profitez de la vie jusqu'à 28, 29 ans,
00:34:11 vous commencez à travailler à 30 ans, alors là, 43, ça vous amène à 73, 74 ans,
00:34:17 pour avoir une retraite à taux plein.
00:34:20 Et vous êtes obligé d'épargner, et donc de vous responsabiliser,
00:34:23 et de glisser vers quelque chose, sans le dire, qui s'appelle la capitalisation.
00:34:27 Alors, Mme Touraine, elle a fait ça, la femme de gauche,
00:34:30 elle a fait une réforme, d'ailleurs intelligente, nous on l'avait soutenue à l'époque, évidemment,
00:34:36 parce qu'en fait, elle a évité le chiffon rouge de la reine,
00:34:41 dans laquelle s'est précipité M. Macron, avec 65 ans,
00:34:46 il faut dire que la droite aussi y est allée, 65 ans,
00:34:49 parce que ça, c'est un marqueur dans un programme électoral,
00:34:52 mais le seul truc vraiment important, c'est la durée de cotise.
00:34:56 Si vous faites une durée de cotise à 44 ans, 45 ans,
00:35:00 et vous y arrivez très progressivement, c'est moins douloureux,
00:35:04 et au fond, vous avez réglé votre problème.
00:35:06 - Mais alors, pourquoi se tarque-bouter sur ces 64 ans ? Ils n'ont pas compris le message !
00:35:10 - Je dis depuis le début qu'il s'est totalement trompé sur la méthode,
00:35:15 il ne fallait jamais faire ça à la rentrée,
00:35:17 où les taux, les coûts de l'énergie, la guerre en Ukraine, l'inflation,
00:35:21 il fallait faire ça avant, il fallait faire ça au lendemain des législatives,
00:35:25 avec une réforme technique comme celle-là, façon Touraine,
00:35:30 ça passe comme une lettre à la poste.
00:35:32 Ça, ça risque de bloquer, parce qu'il y a le chiffon rouge,
00:35:35 et puis que dans leurs explications à Longuebouquet,
00:35:38 où ils se prennent, d'ailleurs, ils se mordent,
00:35:40 ils se marchent sur les pieds les uns des autres,
00:35:42 voire Riester et la Première ministre sur les femmes, par exemple,
00:35:45 on découvre qu'il y a des sujets non réglés,
00:35:47 la pénibilité, les femmes, les carrières longues, etc.
00:35:52 - Et là, il y a un peu de rétro-pédalage en chantement.
00:35:54 - Mais sur les 64 ans, quand même, la CFDT,
00:35:57 qui n'est pas le plus virulent des syndicats,
00:35:59 dit "ça ne passera pas, ça sera sans nous".
00:36:01 - Moi, depuis le début, le gouvernement est dans une difficulté
00:36:04 qui est qu'il faut que la droite vote, sinon on passe à 49-3.
00:36:09 - Ce n'est pas gagné.
00:36:10 - Ce n'est pas gagné, mais il faut que la droite vote.
00:36:12 Et pour que la droite vote, eux, ils étaient à 65,
00:36:14 et donc ils en font une question de principe aussi,
00:36:16 en disant "ne reculez pas là-dessus".
00:36:18 - Encore qu'il y a des gens à l'ERG.
00:36:20 - Oui, qui peuvent dire "ok". Ils disent "mais ne reculez pas".
00:36:23 Et de toute façon, le gouvernement sait très bien
00:36:26 que même s'il recule sur les 64 ans,
00:36:29 la gauche ne votera pas quand même.
00:36:31 - Bien sûr.
00:36:32 - Donc, d'ailleurs, ils disent "ok, on y va".
00:36:34 Après, j'ai une autre théorie, on verra bien ce qu'il dira à l'avenir.
00:36:36 Je pense que depuis le début, le président Macron dit maintenant
00:36:39 "ça passe ou ça casse".
00:36:41 Si c'était 65, je tomberais à 64, je ne descendrais pas en dessous.
00:36:45 Et si les gens ne sont pas contents, si ça bouge,
00:36:47 je dissous et les Français choisiront.
00:36:49 - Oui, parce que quel intérêt d'aller au clash,
00:36:52 comme ils vont au clash, et quel intérêt pour la Première ministre
00:36:55 à deux jours de la manifestation, de dire "là-dessus, on négocie".
00:37:00 C'est même pire ce qu'elle a dit.
00:37:02 Elle a dit "ce n'est plus négociable".
00:37:04 C'est-à-dire, comment ça l'était ?
00:37:05 Alors, est-ce que c'est un message timidain ?
00:37:07 - Ce à quoi les syndicats ont dit "elle se fiche un peu de nous,
00:37:09 parce qu'on a eu la proteste de jamais".
00:37:10 - Non, mais c'est un message qui passe à la droite en disant
00:37:12 "on ne lâchera pas, donc soyons..."
00:37:13 Parce que ça commence à tanguer à droite, chez les Républicains.
00:37:15 - Bien sûr.
00:37:16 - Même chez Renaissance.
00:37:17 - Mais même chez Renaissance, bien sûr.
00:37:18 - Ils ont leurs circonscriptions.
00:37:19 - Donc on y va.
00:37:20 Et là-dessus, le président de la République dit "écoutez,
00:37:23 soit vous votez, soit je dissous.
00:37:25 Et si je dissous, vous n'êtes pas sûrs de revenir".
00:37:27 - Il ne dit pas ça encore.
00:37:28 - Voilà.
00:37:29 - Est-ce que ça peut finir en ordonnance ?
00:37:30 Moi, j'ai entendu cette nouvelle notion,
00:37:32 la ordonnance, ordonnance émergée, ou pas ?
00:37:35 - Alors, attendez, là, on est sur un...
00:37:36 - En cas de blocage.
00:37:38 - Deux choses.
00:37:39 Non, mais là, en cas de blocage,
00:37:40 ils ont le 49-3 sur le texte budgétaire.
00:37:42 - Le 47-1, oui, ça peut être comme ça.
00:37:44 - Avec le 47-1.
00:37:45 - Non, mais le blocage, ça sera débloqué avec le 49-3.
00:37:47 Le problème, c'est que les mesures positives...
00:37:50 - Ça peut être retoqué par le Conseil aussi, conscientement.
00:37:52 - Non, non, non, le 49...
00:37:53 Oui, attendez.
00:37:54 Donc, ils seront obligés de faire un deuxième texte
00:37:56 qui pourra passer aussi pour le 49-3,
00:37:58 avec le fameux one-shot du 49-3.
00:38:00 Mais ça veut dire que la loi immigration, elle,
00:38:02 s'il n'y a plus de 49-3...
00:38:03 - C'est fini, après.
00:38:04 - 47-1, s'il y a un blocage, ça se termine par une ordonnance.
00:38:07 - Oui, mais là, sur un texte financier,
00:38:09 le 49-3 sera plus simple.
00:38:10 - Éric de Rivematten, est-ce que vous vous êtes penché
00:38:12 sur la question, forcément ?
00:38:13 Sur quoi ça peut encore bouger ?
00:38:14 Quelle est la marge de manœuvre,
00:38:16 ou disons les aménagements encore possibles
00:38:18 du côté de l'exécutif, sans que ça coûte trop ?
00:38:20 Parce que j'ai l'impression qu'ils ont sorti
00:38:21 les calculettes tout le week-end.
00:38:22 - C'est vraiment le problème de la calculette,
00:38:24 parce que là, on est en train de dépasser, finalement,
00:38:26 on va dépasser la zone qui était à peu près encore rentable
00:38:28 pour cette réforme, et finalement, le gain financier
00:38:30 risque d'être nul.
00:38:32 Alors, si vous voulez, aujourd'hui, on l'a dit,
00:38:34 la pénibilité, ça, c'est la première chose,
00:38:36 avec un compte formation qui permettrait
00:38:38 de gagner des trimestres et de partir plus tôt,
00:38:40 mais vous avez compris tout à l'heure,
00:38:41 c'est une telle usine à gage que ça ne sera pas simple.
00:38:43 Et deuxièmement, oui, effectivement,
00:38:44 il faut le reconnaître, le travail des femmes.
00:38:46 Maintenant, c'est acquis, on le sait.
00:38:48 Ça, c'était un peu passé sous silence,
00:38:49 mais vous avez raison de dire...
00:38:50 - Merci, je m'en crée le sterre.
00:38:52 - Renaissance, par exemple, elle propose,
00:38:54 Barbara Pompili, qui est verte,
00:38:56 elle propose de descendre à un an
00:38:58 l'âge légal de départ à la traite pour les femmes.
00:39:00 - Oui, mais ça fait perdre le bénéfice.
00:39:02 - Ça fait perdre deux ans, d'après les calculs.
00:39:04 - Le troisième enfant, une pension
00:39:06 qui serait revalorisée de 15 %,
00:39:08 vous imaginez ce qu'elle va me demander ?
00:39:10 - Combien de milliards ?
00:39:12 - Oui, mais d'accord, mais ce n'est pas simplement
00:39:14 pour faire plaisir aux femmes et pour être gentil avec les femmes.
00:39:16 C'est simplement que c'est le moteur aussi,
00:39:18 la maternité est quand même le moteur
00:39:20 de la démographie, jusqu'à preuve du contraire.
00:39:22 Et donc, laisser de côté l'aspect démographique,
00:39:25 moi, j'ai été très frappée par une interview
00:39:27 du porte-parole de Renaissance sur Europe 1,
00:39:30 Bartholomew Mabrouk, qui lui faisait parler
00:39:32 de la démographie. Il nous a quasiment dit
00:39:34 "Ah oui, mais ça ira mieux avec la..."
00:39:36 Il nous a quasiment dit "Quand les Français penseront printemps,
00:39:38 la démographie ira mieux." Je me dis, comme politique
00:39:40 nataliste, ça se pose là. Vous voyez, ça n'a pas du tout
00:39:42 été pensé. C'est complètement...
00:39:44 - Alors, je veux juste parler de la mobilisation aussi.
00:39:46 - C'est l'angle mort, pardon, justement, pour dire
00:39:48 que la politique familiale a été l'angle mort, là aussi.
00:39:51 - Bien sûr. - Et bien sûr qu'il faut que
00:39:54 cette loi prenne en compte ce que font les femmes
00:39:57 pour l'intégrité du pays.
00:39:59 - On est d'accord, mais ça va coûter quelques milliards.
00:40:01 - C'est ça. - Deux, trois, quatre, cinq.
00:40:03 - C'est pour ça. - Et c'est un investissement.
00:40:05 - Non, mais d'accord. Ce qui veut dire que ça plombe
00:40:07 la réforme, puisqu'on sortira avec une réforme
00:40:09 qui sera déficitaire.
00:40:11 - Peut-être pas, mais qui ne rapportera rien.
00:40:13 - Donc qui n'aura servi à rien.
00:40:15 - Qui obligera à une nouvelle réforme.
00:40:17 - De toute façon, dans dix ans, on est repartis pour un tour.
00:40:19 - Allez, c'est parti aussi pour la mobilisation.
00:40:21 On attend peut-être une mobilisation supérieure
00:40:24 à celle du 19 janvier, en tout cas.
00:40:26 Bon, ça, c'est la communication côté syndicat,
00:40:28 mais c'est même du côté des pouvoirs publics.
00:40:30 On a mis un petit peu plus de force de l'ordre dans les rues
00:40:32 pour un cortège qui sera, a priori,
00:40:34 plus fourni à Paris, déjà,
00:40:36 et puis peut-être dans des villes moyennes.
00:40:38 Ça a déjà été le cas la dernière fois.
00:40:40 À quoi faut-il s'attendre demain ?
00:40:42 Sandra Buisson nous résume tout cela.
00:40:44 - Dans la rue, une foule aussi nombreuse
00:40:47 que celle du jeudi 19 janvier,
00:40:49 voire plus conséquente,
00:40:51 c'est ce que prévoient les autorités pour demain.
00:40:53 Selon nos informations, ce sont 1, voire 1,2 million
00:40:56 de manifestants qui sont attendus à travers la France,
00:40:59 dont 80 à 100 000 dans la capitale.
00:41:02 Au total, un peu plus de 250 actions
00:41:05 ont été déclarées au niveau national
00:41:07 pour cette journée de protestation
00:41:09 contre la réforme des retraites.
00:41:11 En région, les plus fortes mobilisations
00:41:13 autour de 30 000 manifestants
00:41:15 se tiendront à Toulouse, Marseille, Lyon
00:41:17 ou encore Montpellier.
00:41:19 Particularité de ce mouvement,
00:41:21 ils mobilisent fortement au-delà des grandes métropoles.
00:41:24 Dans les villes moyennes comme Rodez, Tulle, Limoges
00:41:27 ou encore Brive, 5 à 10 000 personnes
00:41:29 s'étaient réunies lors de la dernière journée d'action.
00:41:32 Et plusieurs centaines de manifestants
00:41:34 avaient aussi battu le pavé
00:41:36 contre le projet du gouvernement dans des villes plus petites.
00:41:38 Du côté des lycéens, la mobilisation
00:41:40 pourrait être plus importante demain,
00:41:42 alors que jeudi 19,
00:41:44 moins d'une trentaine d'établissements
00:41:46 avaient été concernés par des actions au niveau national.
00:41:48 Quant aux perturbateurs,
00:41:50 les casseurs qui voudraient tenter
00:41:52 les cortèges, ils seront à nouveau de la partie.
00:41:54 Lors de la précédente journée de manifestation,
00:41:56 les seules heures en région
00:41:58 ont concerné la ville de Rennes.
00:42:00 A Paris, deux courts épisodes de violence
00:42:02 ont eu lieu vers 16h,
00:42:04 sans parvenir à faire basculer dans le désordre
00:42:06 la masse des manifestants classiques.
00:42:08 François Pomponi,
00:42:10 les syndicats ne sont pas un peu sur une ligne de crête ?
00:42:12 Parce que paralyser le pays, c'est aussi
00:42:14 courir l'honneur que de voir l'opinion se retourner.
00:42:16 C'est compliqué de trouver le bon adage, non ?
00:42:18 C'est tout le débat entre la CGT et la CDT.
00:42:20 La CGT sait que pour gagner,
00:42:22 il faut bloquer.
00:42:24 Parce que ça rend un mouvement impopulaire.
00:42:26 Et que devant l'impopularité,
00:42:28 les Français diront
00:42:30 "oui les syndicats ce qu'ils font c'est pas bien
00:42:32 mais le gouvernement il a qu'à retirer son projet de loi".
00:42:34 Donc à la fin, la pression étant tellement forte
00:42:36 que même si c'est impopulaire,
00:42:38 ça oblige le gouvernement à retirer.
00:42:40 Et tous les mouvements sociaux ont été gagnés
00:42:42 comme cela. Ils devenaient insupportables
00:42:44 pour les Français, et les Français disent
00:42:46 au gouvernement "retirez vos textes et ça ira mieux".
00:42:48 Et donc le gouvernement à la fin est obligé de le retirer.
00:42:50 Mais là on n'a pas l'impression d'un pays bloqué comme dans les...
00:42:52 Non mais là ça va monter en puissance.
00:42:54 On va monter en puissance.
00:42:56 Il y aura une manifestation.
00:42:58 Vous vous y croyez demain.
00:43:00 Et quand le gouvernement dira "il y a du monde mais c'est pas grave
00:43:02 rappelez-vous Juppé en 95,
00:43:04 moi tant qu'il n'y aura pas
00:43:06 2 millions de personnes dans la...
00:43:08 Et donc après ça sera des mouvements ciblés
00:43:10 qui vont perturber le pays.
00:43:12 Parce que c'est un combat de longue haleine.
00:43:14 Et les syndicats savent très bien
00:43:16 que c'est dans la durée qu'on gagne un mouvement.
00:43:18 Gabrielle Clusel, le temps de la rue n'est pas celui du temps...
00:43:20 Enfin c'est pas le temps parlementaire quoi.
00:43:22 Parce que celui-là il va être raccourci pour le coup.
00:43:24 Oui vous avez raison.
00:43:26 Mais le temps de la rue risque d'être un peu long
00:43:28 surtout si les villes moyennes s'en mêlent.
00:43:30 Parce que ça prouve qu'il y a quand même
00:43:32 peut-être une gilet jaunisation du mouvement.
00:43:34 Il y a une résurgence visiblement.
00:43:36 Voilà, ces villes moyennes, c'était là où il y avait
00:43:38 les gilets jaunes. Donc si elles commencent à s'agiter
00:43:40 ça peut être compliqué.
00:43:42 L'enjeu pour les syndicats c'est aussi de montrer
00:43:44 parce qu'ils sont contents, on les disait
00:43:46 discrédités, démonétisées.
00:43:48 Là ils reprennent la main.
00:43:50 Mais c'est de montrer que c'est eux qui mènent
00:43:52 ce qui n'est pas forcément évident
00:43:54 parce que la retraite elle est un totem
00:43:56 pour le gouvernement mais elle est aussi un totem
00:43:58 pour les manifestants qui "je ne suis pas d'accord
00:44:00 avec Macron, je n'aime pas ce qu'il fait au gouvernement
00:44:02 et bien je suis contre
00:44:04 la réforme des retraites".
00:44:06 Et à l'Assemblée nationale, vous avez raison,
00:44:08 c'est un autre jeu.
00:44:10 C'est compliqué, par exemple pour le RN
00:44:12 c'est une ligne de crête parce qu'eux ne veulent pas jouer
00:44:14 la carte de la rue, cela dit ils n'ont pas tellement le choix
00:44:16 parce que les syndicats ont dit qu'ils ne voulaient pas d'eux
00:44:18 alors c'est compliqué.
00:44:20 Ils veulent montrer
00:44:22 qu'eux ils sont "bien élevés"
00:44:24 et ils jouent la carte de l'Assemblée nationale.
00:44:26 Donc tout ça c'est un jeu compliqué, un billard à 5 bandes.
00:44:28 Pierre Lelouch, comment vous la sentez cette mobilisation
00:44:30 de la rue ?
00:44:32 Je pense que le gouvernement s'est mis dans un coin
00:44:34 en disant qu'ils ne bougeront plus.
00:44:36 L'âge devient
00:44:38 le chiffon rouge
00:44:40 de toute l'affaire.
00:44:42 Il y a un objectif, c'est soit le maintenir
00:44:44 soit le retirer.
00:44:46 A partir de là, tout se joue
00:44:48 dans la rue. Si ça monte
00:44:50 en puissance, ça va être très compliqué
00:44:52 pour le gouvernement parce qu'ils ont exclu
00:44:54 eux-mêmes
00:44:56 de négocier.
00:44:58 On passe dans une autre dimension par sortant de demain ?
00:45:00 Je pense que oui.
00:45:02 La question c'est
00:45:04 pourquoi il l'a fait.
00:45:06 M. Pépini pense que c'est parce que Macron joue la dissolution.
00:45:08 Je pense qu'ils ont très mal joué le coup
00:45:10 depuis le début parce que
00:45:12 Sarkozy, j'étais
00:45:14 autour de la table du Conseil, je sais que c'était difficile.
00:45:16 Là on a eu beaucoup de manifestations
00:45:18 à 1 million pendant 9 semaines
00:45:20 de mémoire.
00:45:22 Sarkozy, il était
00:45:24 il devait être 63, 64
00:45:26 il est descendu à 60.
00:45:28 Et on avait la majorité
00:45:30 à l'Assemblée.
00:45:32 Là il n'y a pas de majorité à l'Assemblée et ils sont
00:45:34 coincés avec un chiffon rouge.
00:45:36 On s'interrompt à nouveau
00:45:38 et on revient pour parler
00:45:40 du suicide de Lucas.
00:45:42 Agé de 13 ans, sa mère a pris la parole aujourd'hui.
00:45:44 C'est un témoignage très émouvant
00:45:46 mais surtout elle a dit des choses
00:45:48 qui vont marquer beaucoup de parents et on l'espère aussi
00:45:50 beaucoup d'adolescents.
00:45:52 A tout à l'heure.
00:45:54 De retour avec vous
00:45:56 pour la 3ème partie de notre émission.
00:45:58 On va retrouver Adrien Spiteri
00:46:00 pour le rappel des titres avant de reprendre le débat.
00:46:02 Vous avez une main ?
00:46:04 La réforme des retraites s'est examinée
00:46:06 en commission à l'Assemblée nationale
00:46:08 aujourd'hui. Une soixantaine
00:46:10 de parlementaires planchent sur le texte
00:46:12 avant d'arriver dans l'hémicycle
00:46:14 à compter du 6 février.
00:46:16 Un examen à la veille de la 2ème journée
00:46:18 de mobilisation contre le projet
00:46:20 du gouvernement. 1,2 million
00:46:22 de manifestants sont attendus
00:46:24 sur le territoire.
00:46:26 Une œuvre de Gustave Caillebotte entre au musée
00:46:28 d'Orsay à Paris. Il s'agit
00:46:30 du tableau "La partie de bateau"
00:46:32 considéré comme un trésor national.
00:46:34 L'acquisition a été réalisée grâce
00:46:36 au mécénat du groupe LVMH.
00:46:38 La toile est estimée
00:46:40 à 43 millions d'euros.
00:46:42 Et puis des recherches en courent en Australie.
00:46:44 Objectif, retrouver au plus vite
00:46:46 une capsule radioactive. Elle est
00:46:48 introuvable depuis la mi-février.
00:46:50 Elle serait tombée d'un camion
00:46:52 alors qu'elle était à transporter vers un lieu
00:46:54 de stockage. Les autorités sanitaires
00:46:56 mettent en garde contre toute manipulation
00:46:58 de cet objet.
00:47:00 Merci beaucoup.
00:47:02 On va parler du suicide de Lucas.
00:47:04 Vous vous en souvenez sans doute, c'était il y a 3 semaines
00:47:06 cette adolescente de 13 ans qui mettait fin
00:47:08 à ses jours parce que harcelée
00:47:10 à l'école, et bien sa mère est sortie du silence.
00:47:12 Elle s'est exprimée pour la première fois
00:47:14 devant les caméras. Une de nos équipes était sur place.
00:47:16 Le résumé, Jeanne Cancard.
00:47:18 Une prise de parole pleine d'émotion
00:47:20 au cours de laquelle la maman de Lucas
00:47:22 a pointé du doigt la responsabilité
00:47:24 de l'établissement scolaire face
00:47:26 au harcèlement de son fils. Ils auraient pu
00:47:28 faire quelque chose. Ils auraient dû
00:47:30 a-t-elle déclarer lors de cette conférence
00:47:32 de presse. Elle s'est aussi adressée indirectement
00:47:34 au harceleur de son enfant.
00:47:36 Elle veut aujourd'hui qu'il prenne conscience
00:47:38 qu'il réalise que chaque mot, chaque parole
00:47:40 peut avoir de graves conséquences.
00:47:42 Même si elle reconnaît aussi
00:47:44 que ces 4 harceleurs, 4
00:47:46 adolescents âgés de 13 ans
00:47:48 qui seront jugés au cours du printemps prochain
00:47:50 restent des enfants. Cette maman
00:47:52 aujourd'hui appelle au calme et à la sérénité.
00:47:54 Elle qui veut faire de la lutte
00:47:56 contre le harcèlement scolaire et l'homophobie.
00:47:58 Les combats de sa vie. Ce dimanche
00:48:00 ici à Epinal, une marche blanche
00:48:02 est organisée en mémoire de Lucas.
00:48:04 On va l'écouter, cette femme
00:48:06 dans ses mots, pointer la responsabilité
00:48:08 de l'établissement scolaire.
00:48:10 Moi oui, c'est le harcèlement qui
00:48:12 a été
00:48:14 l'élément déclencheur.
00:48:16 Il y a des choses qui n'ont pas été faites.
00:48:18 Donc oui, ils auraient dû faire plus.
00:48:20 Enfin, c'est mon ressenti à moi.
00:48:22 Si je l'ai déclaré une fois
00:48:24 et que je l'ai redéclaré après,
00:48:26 il fallait peut-être réagir quand même.
00:48:28 Voilà. Alors là,
00:48:30 clairement, il y a quelque chose
00:48:32 qui n'est pas bien passé au niveau de l'encadrement.
00:48:34 Ou on ne l'a pas écouté,
00:48:36 ou on a minimisé, ou on n'a pas imaginé
00:48:38 que ça pouvait prendre une telle ampleur.
00:48:40 Mais il va falloir se poser la question du recueil
00:48:42 de la parole aussi des enfants à un moment donné.
00:48:44 Oui, mais le harcèlement c'est un vrai sujet
00:48:46 au collège. Il y a eu d'autres enfants, on se souvient de Manon.
00:48:48 Il y a eu un film qui a été fait, même sur son cas.
00:48:50 Et le collège,
00:48:52 vous savez, à Blanquefort,
00:48:54 il y a quelques semaines,
00:48:56 les professeurs se sont mis en grève
00:48:58 parce qu'ils n'arrivaient plus à...
00:49:00 Enfin, ils n'ont pas fait la rentrée
00:49:02 parce qu'ils n'arrivaient plus à rien maîtriser.
00:49:04 Il faut voir que dans une société où monte l'ensauvagement,
00:49:06 le collège, c'est un lieu
00:49:08 où beaucoup de professeurs,
00:49:10 des chefs d'établissement
00:49:12 ne maîtrisent plus rien.
00:49:14 Vraiment, c'est l'âge de tous les dangers.
00:49:16 Ils sont trop grands pour être petits,
00:49:18 vraiment.
00:49:20 Il n'y a plus de tuteurs.
00:49:22 Vous savez, c'est un peu vrai,
00:49:24 on parle souvent de la délinquance des minaires,
00:49:26 mais c'est vrai aussi pour le harcèlement.
00:49:28 Quand tout petit, on ne vous a pas mis de tuteurs.
00:49:30 Vous ne savez pas ce que c'est que l'auto-censure,
00:49:32 qu'il y a des propos qui ne se disent pas,
00:49:34 qu'il n'y a pas d'empathie pour les autres.
00:49:36 Eh bien, ça se traduit
00:49:38 dès l'âge de 13 ans
00:49:40 par une méchanceté sans nom.
00:49:42 Et c'est le caïd, finalement, de la classe
00:49:44 qui fait la loi et qui entraîne avec lui
00:49:46 les moutons de panurges.
00:49:48 Parce qu'il y en a toujours dans tous les établissements.
00:49:50 Et ensuite, on a fait une loi
00:49:52 sur le harcèlement. Curieusement,
00:49:54 les sociétés très laxistes
00:49:56 avec les enfants aboutissent à
00:49:58 beaucoup de judiciarisation parce que ça aboutit
00:50:00 à des drames et on se dit, mon Dieu, il faut faire quelque chose.
00:50:02 Donc je crois que le mal,
00:50:04 il est profond et c'est une question d'éducation
00:50:06 intrinsèque qui concerne
00:50:08 les familles au-delà de l'établissement
00:50:10 qui, sans doute,
00:50:12 n'y a pas pris garde
00:50:14 parce qu'il doit recevoir,
00:50:16 il doit être le réceptacle d'un certain nombre
00:50:18 d'oléances et il n'a pas
00:50:20 su voir lesquelles étaient
00:50:22 absolument urgentes à prendre en compte.
00:50:24 Mais il y a un problème d'éducation profond
00:50:26 dans notre pays.
00:50:28 Je le trouve proprement
00:50:30 effrayant aujourd'hui et évidemment,
00:50:32 cette famille en a payé le prix fort.
00:50:34 - Charles Louch, c'est une combinaison de facteurs.
00:50:36 Effectivement, il y a le problème aussi de l'éducation des enfants.
00:50:38 - C'est extrêmement difficile.
00:50:40 Je suis très gêné pour commenter
00:50:42 sur une situation que je ne connais pas
00:50:44 parce que je ne connais pas. Il y a la psychologie
00:50:46 de cet enfant qui est mort.
00:50:48 Une tragédie absolument épouvantable.
00:50:50 Connaître
00:50:52 comment ça se passait entre lui et ses parents,
00:50:54 s'il n'a plus parlé à ses parents,
00:50:56 à temps pour que les parents
00:50:58 agitent le cocotier au niveau de l'école.
00:51:00 Si au niveau du lycée,
00:51:02 il y a à côté du directeur d'établissement
00:51:04 quelqu'un qui est à même
00:51:06 de faire de la surveillance ou zéro.
00:51:08 Si les professeurs viennent juste
00:51:10 faire un cours sans s'intéresser à ce qui se passe
00:51:12 une fois qu'ils sont sortis de la classe.
00:51:14 Tout ça, c'est un tout.
00:51:16 Est-ce que l'éducation nationale,
00:51:18 compte tenu de ce que disait Mme Cusel,
00:51:20 sur l'ensauvagement qui lui-même
00:51:22 est amplifié par les réseaux sociaux,
00:51:24 ils sont bardés de téléphones.
00:51:26 Je dis toujours que les téléphones doivent être bannis
00:51:28 de l'enceinte scolaire. Déjà pour commencer.
00:51:30 Pour éviter les groupes
00:51:32 WhatsApp et toutes sortes de choses
00:51:34 où ils se renvoient des messages toute la journée.
00:51:36 Déjà, il faut les bannir.
00:51:38 Et puis, finalement, il faut qu'il y ait un système
00:51:40 de surveillance. Du temps où on était au lycée,
00:51:42 de notre génération, il y avait ce qu'on appelait
00:51:44 un censeur qui était là
00:51:46 pour assurer. Puis il y avait des contrôleurs.
00:51:48 Il y avait des contrôles dans la cour.
00:51:50 Il y avait surveiller les élèves. Et quand il y avait
00:51:52 un problème, il y avait des procédures
00:51:54 d'activation et de sanction.
00:51:56 S'il n'y a rien, si le professeur
00:51:58 fait son cours et qu'on se dit
00:52:00 que son contrat est rempli
00:52:02 et s'en va, évidemment
00:52:04 ça peut laisser des situations extrêmement
00:52:06 compliquées, surtout sur des enfants.
00:52:08 En plus, tu es en train de parler de sexualité
00:52:10 et d'homosexualité
00:52:12 à un âge où
00:52:14 la sexualité n'est même pas encore vraiment
00:52:16 définie. Qu'est-ce que c'est
00:52:18 que ces accusations
00:52:20 homophobes à des âges
00:52:22 pareils entre enfants ?
00:52:24 J'ai du mal à... Vraiment,
00:52:26 j'ai du mal à comprendre parce que
00:52:28 ce sont des âges où la sexualité
00:52:30 est en train de s'affirmer.
00:52:32 Donc c'est très fragile. Si personne ne surveille
00:52:34 rien, on a ce genre de drame.
00:52:36 À l'école primaire, on sait
00:52:38 comment sont les enfants aussi.
00:52:40 Il y a souvent, dans l'affirmation du caractère,
00:52:42 beaucoup de cruauté chez les enfants.
00:52:44 On est cruel quand on est enfant. Mais c'est là que les parents
00:52:46 entrent en jeu aussi.
00:52:48 Ça, on le sait. Les réseaux sociaux
00:52:50 nous font qu'amplifier. Pierre-Louis Charledon
00:52:52 nous fait qu'amplifier cela.
00:52:54 Parce que c'est diffusé.
00:52:56 Le problème, c'est qu'au niveau des établissements
00:52:58 scolaires primaires ou secondaires, il n'y a plus
00:53:00 personne pour être dans l'écoute.
00:53:02 Un enfant qui est harcelé, il faut un psychologue
00:53:04 qui le suive, qui l'écoute,
00:53:06 qui voit s'il est en train éventuellement d'avoir un passage
00:53:08 dans le cadre d'un suicide.
00:53:10 - Même quelqu'un à qui parler.
00:53:12 - Oui, quelqu'un qui est capable de comprendre.
00:53:14 Mais il n'y a plus. Les professeurs ne sont pas là pour ça.
00:53:16 Quand on dit... Eux, ils peuvent signaler
00:53:18 un harcèlement. La mère a signalé le harcèlement.
00:53:20 Mais ensuite, qui... - Deux fois.
00:53:22 - Il n'y a plus de pédopsychiatre, il n'y a plus de psychologue scolaire,
00:53:24 il n'y a plus d'assistante sociale scolaire,
00:53:26 il n'y a plus tout ça. On a supprimé ces structures-là.
00:53:28 Donc l'écoute dans ces hablissements,
00:53:30 c'est compliqué et on arrive à les draindre comme cela.
00:53:32 - Allez, une petite interruption, puis on viendra
00:53:34 pour parler de ce braquage qui avait tourné court,
00:53:36 parce que là-bas, qui était en embuscade
00:53:38 dans le 15e arrondissement,
00:53:40 grâce au signalement d'un voisin.
00:53:42 C'est Amaury Bucaud qui vient nous raconter
00:53:44 cette histoire, à tout à l'heure.
00:53:46 - Bienvenue. Si vous nous rejoignez à l'instant,
00:53:50 nous entamons la toute dernière partie de cette émission
00:53:52 90 minutes info. On va parler de ce barbier
00:53:54 qui a été attaqué dans son salon de coiffure
00:53:56 pour sa montre. Ça s'est passé
00:53:58 samedi soir dans le 15e arrondissement
00:54:00 de Paris. Il était en état
00:54:02 de choc, mais il a accepté de témoigner
00:54:04 pour CNews. Vous allez voir aussi
00:54:06 les images de l'agression qui ont été filmées
00:54:08 par un riverain et puis on en parle avec Amaury Bucaud
00:54:10 du service Police-Justice. Juste après
00:54:12 ce reportage, Charles Bajet, Barbara Durand.
00:54:14 - Le cauchemar
00:54:16 de ce barbier n'aura duré que quelques secondes.
00:54:18 Un braquage d'une hyper-violence
00:54:20 pour une fausse montre de luxe.
00:54:22 Le gérant de ce salon n'en revient toujours pas.
00:54:24 - Il m'a posé sur un café
00:54:26 parce qu'il y a la toilette dedans et tout.
00:54:28 Il m'a demandé directement
00:54:30 "donnez-moi votre montre".
00:54:32 Je ne l'ai pas donné à la base.
00:54:34 Après, il m'a vraiment
00:54:36 tranglé derrière.
00:54:38 Après, moi, j'ai pensé
00:54:40 sur moi, il y a un coton, je ne sais pas quoi dedans,
00:54:42 sur lui. Après,
00:54:44 je lui ai donné la montre.
00:54:46 Après, les flics, heureusement,
00:54:48 ils sont rentrés.
00:54:50 D'un coup. - Et ce,
00:54:52 grâce à la vigilance de plusieurs voisins,
00:54:54 dont celui à l'origine de cette vidéo.
00:54:56 Les policiers, prêts à intervenir,
00:54:58 ont très vite maîtrisé et arrêté les trois
00:55:00 individus pris en flagrant délit.
00:55:02 - Trois jeunes qui ont essayé de pénétrer dans un
00:55:04 immeuble du 15e arrondissement.
00:55:06 Les voisins ont vu le mouvement
00:55:08 qui a été provoqué. Ils ont réagi tout de suite,
00:55:10 très vite et à raison.
00:55:12 Ils ont appelé le 17. Les policiers
00:55:14 ont pu intervenir, faire fuir
00:55:16 ces jeunes-là et ensuite les prendre
00:55:18 en filature. - Dans ce quartier,
00:55:20 décrit comme calme et paisible,
00:55:22 les habitants craignent de voir s'installer la violence
00:55:24 et l'insécurité. En 2022,
00:55:26 les vols de montres de luxe ont augmenté
00:55:28 de 31% en un an.
00:55:30 - Bonjour Amourubiko. On va s'intéresser
00:55:32 avec vous à la manière dont tout cela
00:55:34 a commencé parce qu'en fait, c'est parti
00:55:36 du signalement d'un voisin
00:55:38 qui était au Zagué, qui assistait à une scène
00:55:40 qu'il a interpellée. - C'est ça, en fait, ce voisin,
00:55:42 pour vous expliquer un peu le contexte,
00:55:44 il avait été lui-même victime d'une
00:55:46 tentative du vol de sa montre, fin 2021.
00:55:48 Et il n'était pas le seul, puisque dans ce
00:55:50 même 15e arrondissement,
00:55:52 plusieurs autres voisins, ils sont à peu près une quinzaine,
00:55:54 avoir été victime de tentatives de vol de montre.
00:55:56 Les auteurs avaient été interpellés,
00:55:58 ils vont être jugés bientôt d'ailleurs. Mais donc,
00:56:00 toujours est-il que ce voisin était
00:56:02 du coup assez vigilant de fait de ce traumatisme.
00:56:04 Et a vu,
00:56:06 lui ainsi que d'autres voisins,
00:56:08 trois personnes déambuler dans la rue, complètement
00:56:10 masquées, si vous voulez, avec un masque chirurgical
00:56:12 et une capuche, c'est quand même bizarre.
00:56:14 Et ils ont essayé de rentrer d'abord dans un immeuble.
00:56:16 Puis, ils ont été chassés,
00:56:18 c'est-à-dire que les voisins se sont descendus
00:56:20 pour voir ce qu'ils faisaient, etc. et pour ne pas être
00:56:22 cambriolé, sans doute. Mais ils n'en sont pas restés là.
00:56:24 Exactement, puisqu'ils ont prévenu la police
00:56:26 et que la BAC était
00:56:28 dans le coin,
00:56:30 savait qu'ils étaient là apparemment aussi, mais du coup,
00:56:32 on a pu les suivre à la trace et se dire
00:56:34 on reste vigilant,
00:56:36 on reste derrière eux, et dès qu'ils sont arrivés
00:56:38 dans ce salon de coiffure
00:56:40 pour arracher la montre
00:56:42 du gérant, et bien la BAC,
00:56:44 qui est une unité spécialisée dans
00:56:46 les flagrants d'alliés, a pu agir en flagrant d'alliés
00:56:48 en sortant leur arme pour figer
00:56:50 la situation et les interpeller sur le moment.
00:56:52 Alors, sur le profil des auteurs, puisque
00:56:54 la scène s'est déroulée samedi soir
00:56:56 et maintenant on est lundi, donc il s'est passé
00:56:58 48 heures, et bien il s'agit
00:57:00 de deux mineurs et un majeur,
00:57:02 c'est ce que nous indique le parquet de Paris.
00:57:04 Ils sont domiciliés
00:57:06 en banlieue parisienne, il y en a deux
00:57:08 qui habitent en Seine-Saint-Denis et un autre
00:57:10 qui habite dans les Hauts-de-Seine. Ils ont été
00:57:12 déplacés en garde à vue. Là, la matérialité
00:57:14 des faits en fait peu de doute, puisqu'il y a
00:57:16 le flagrant d'alliés, il y a aussi la vidéo de ce voisin,
00:57:18 donc à priori, ils vont être condamnés.
00:57:20 En tous les cas, là,
00:57:22 ils sont toujours présumés innocents,
00:57:24 ils sont en garde à vue. Cette garde à vue
00:57:26 a été prolongée de 24 heures, c'est 48
00:57:28 heures maximum, et à l'issue de cette garde à vue
00:57:30 qui va à priori prendre fin à la fin de la journée
00:57:32 aujourd'hui, et bien ils vont être déferrés
00:57:34 et puis le parquet va décider
00:57:36 des poursuites, sachant que comme c'est
00:57:38 deux mineurs et un majeur, et bien ils ne vont pas être forcément
00:57:40 jugés ensemble. Alors ce voisin témoin
00:57:42 que vous avez rencontré, on a un extrait
00:57:44 de ce qu'il a dit, je vous le soumets, et puis après on en parle ensemble.
00:57:46 ...
00:57:48 ...
00:57:50 J'ai vu trois types, habillés
00:57:52 tout en noir, la capuche sur le crâne,
00:57:54 masque chirurgical sur le
00:57:56 nez, jogging noir,
00:57:58 basket noir. Je me suis dit, c'est bizarre,
00:58:00 ils n'ont pas l'air d'être
00:58:02 du coin, ils ont essayé d'entrer
00:58:04 dans l'immeuble qui est situé juste en face
00:58:06 de chez moi. Clairement, c'est
00:58:08 des voisins qui ne me disaient rien du tout, j'ai appelé
00:58:10 immédiatement le 17.
00:58:12 ...
00:58:13 Ambiant autour de voisins vigilants,
00:58:15 c'est aussi le rôle de tout un chacun ?
00:58:17 Bien entendu, c'est le citoyen qui doit
00:58:19 signaler lorsqu'il constate qu'il peut y avoir
00:58:21 une agression, un cambriolage, bien sûr.
00:58:23 C'est le rôle de chacun de le faire.
00:58:25 Donc là c'est une histoire qui finit bien, c'est la preuve
00:58:27 que le système marche. Ce voisin est courageux, parce que
00:58:29 moi je connais beaucoup de gens qui n'osent plus le faire
00:58:31 de peur des représailles.
00:58:33 Pierre Lelouch.
00:58:34 Moi, ajouté, c'est exactement
00:58:36 comme ça que ça doit être fait.
00:58:38 L'action du citoyen prévient la police,
00:58:40 qui était très efficace.
00:58:42 Mais ne jamais agir soi-même, c'est ce que nous disent régulièrement les policiers.
00:58:44 Il faut signaler, mais ne jamais se mettre
00:58:46 en danger, aller à la confrontation.
00:58:48 Ça avait été le cas, on se souvient,
00:58:50 d'affaires de cambriolage en Rasse-Campagne
00:58:52 qui avait mal tourné parce que des voisins étaient
00:58:54 arrivés sur les lieux. Ils s'étaient un peu fait
00:58:56 embêter, enfin en tout cas
00:58:58 réprimander, pour utiliser un mot,
00:59:00 un terme châtié,
00:59:02 par les gendarmes à l'époque, Gabrielle Cluzel.
00:59:04 Oui, de fait, ce voisin est
00:59:06 courageux parce que la tendance est plutôt à regarder ailleurs.
00:59:08 Comme ça, on n'a pas d'embrouille.
00:59:10 Et puis, on n'est pas
00:59:12 encouragé dans notre société
00:59:14 à simplement tirer des déductions.
00:59:16 Je vois ce monsieur dire, oui, avec leur
00:59:18 marche chirurgicale, leur capuche,
00:59:20 quand même, j'ai trouvé ça louche, ils n'étaient pas du
00:59:22 coin. Bah écoutez, aujourd'hui,
00:59:24 c'est des mots que vous avez à peine le droit de dire,
00:59:26 parce qu'on va vous dire, ah bon, mais les capuches, quel est le problème avec
00:59:28 les capuches ? Vous savez, aujourd'hui...
00:59:29 C'est stigmatisant.
00:59:30 Voilà, c'était stigmatisant, donc c'est du délit
00:59:32 de sale gueule, vous voyez,
00:59:34 toute la rhétorique autour
00:59:36 de ces sujets-là, donc ça n'incite
00:59:38 pas les voisins à être vigilants et pourtant,
00:59:40 la solidarité entre voisins, je pense que c'est une des premières
00:59:42 solidarités de la société depuis
00:59:44 des siècles. Et il n'était pas tout seul,
00:59:46 d'ailleurs, puisqu'il le dit,
00:59:48 vous le racontiez tout à l'heure, il y a d'autres voisins
00:59:50 qui se sont interposés, enfin, qui ont dit
00:59:52 « qu'est-ce que vous faites là ? Vous avez rien à faire là ? »
00:59:54 Oui, exactement. Quand ils sont passés dans ce hall d'immeubles.
00:59:56 C'est ce que raconte effectivement ce témoin,
00:59:58 c'est que quand ils ont vu que
01:00:00 ces trois jeunes gens,
01:00:02 j'imagine qu'ils sont jeunes, je n'ai pas leur âge,
01:00:04 mais oui, vous me direz, il y a deux mineurs et un majeur,
01:00:06 donc à priori, ils sont plutôt jeunes, pardon,
01:00:08 quand ils ont vu qu'ils rentraient dans un immeuble,
01:00:10 mais en cherchant un peu leur chemin, ils se sont dit
01:00:12 « bon, on va descendre nous-mêmes »
01:00:14 et c'est en voyant qu'il y a des voisins qui sont là,
01:00:16 ils ne vont pas forcément
01:00:18 faire leur méfait, puisqu'ils voient qu'il y a de la présence
01:00:20 humaine et du mouvement, et donc ça les effraie.
01:00:22 Merci beaucoup, Amaury, en tout cas, en l'espèce,
01:00:24 plus de peur que de mal. On va parler de ces
01:00:26 heures de cours qui sont
01:00:28 rassurées en très grand nombre, le manque de profs
01:00:30 dans le primaire et le secondaire se fait
01:00:32 de plus en plus ressentir en France,
01:00:34 malgré les
01:00:36 trésors d'imagination déployés par
01:00:38 l'éducation nationale pour tenter de
01:00:40 recruter des profs qui manquent à l'appel,
01:00:42 visiblement, ça ne marche pas très bien.
01:00:44 Kinson et Célia Judat pour le résumer.
01:00:46 Dans les établissements scolaires,
01:00:48 le problème est bien connu.
01:00:50 Les remplaçants n'étant pas assez
01:00:52 nombreux, il devient impossible de
01:00:54 boucher tous les trous. Un casse-tête pour
01:00:56 un parent d'élève qui dénonce un manque de
01:00:58 visibilité. À l'école, on ne sait pas si on va avoir
01:01:00 un maître ou une maîtresse, donc ce n'est pas très motivant.
01:01:02 Ils ne sont pas vraiment
01:01:04 cadrés. Enfin, à cet âge-là,
01:01:06 on a besoin d'une structure. On va à l'école
01:01:08 pour apprendre. La semaine dernière, un
01:01:10 collectif de parents d'Île-de-France, baptisé
01:01:12 "On veut des profs", a lancé une procédure
01:01:14 judiciaire contre l'État. Nous engageons
01:01:16 des actions d'urgence pour
01:01:18 essayer de
01:01:20 faire condamner l'État à
01:01:22 trouver un remplacement et à
01:01:24 rattraper toutes les heures perdues.
01:01:26 Avec cette action, chaque parent
01:01:28 pourrait réclamer à l'État une indemnisation
01:01:30 de 10 euros par heure de cours perdu,
01:01:32 ou encore le remboursement
01:01:34 d'éventuels frais de cours particuliers.
01:01:36 Pour le syndicat national des lycées
01:01:38 et des collèges, la rentrée prochaine
01:01:40 s'annonce déjà difficile. On a beau
01:01:42 avoir des job-datings organisés
01:01:44 dans plusieurs académies,
01:01:46 le constat est sans appel.
01:01:48 Il manque des profs.
01:01:50 En 20 ans, le syndicat a recensé une baisse
01:01:52 de 60% du nombre de candidats
01:01:54 inscrits au CAPES dans le second degré.
01:01:56 "Ca c'était la grande affaire de la rentrée,
01:01:58 vous vous souvenez quand on a dit "ouh là là, il n'y aura pas de profs
01:02:00 pour la rentrée, vite, recrutons,
01:02:02 recrutons à
01:02:04 à Bacou ou alors
01:02:06 revoyons un peu le
01:02:08 degré d'exigence, visiblement ça ne marche même pas."
01:02:10 "Mais il faut faire comme le monsieur
01:02:12 de la Restauration nous indiquait tout à l'heure."
01:02:14 "Faire venir des gens de l'étranger." "Ah ben y'a qu'à
01:02:16 mettre des immigrés.
01:02:18 C'est là que...
01:02:20 c'est là que j'hésite
01:02:22 entre le coup de gueule et le coup de déprime
01:02:24 parce que quand on voit l'état
01:02:26 de l'hôpital en France,
01:02:28 il manque des infirmières,
01:02:30 il manque des médecins. Quand on voit l'état de la justice,
01:02:32 le manque criant de juges,
01:02:34 des affaires qui traînent sur
01:02:36 10 ans, 12 ans au civil,
01:02:38 des affaires pénales qui sont reportées,
01:02:40 même, on a eu le cas d'une
01:02:42 grosse affaire antiterroriste
01:02:44 qui n'a pas pu être jugée il y a quelques jours.
01:02:46 Quand on voit l'affaire de la
01:02:48 l'éducation nationale où on a été prendre
01:02:50 des gens qui étaient à peine formés,
01:02:52 qui avaient 4 de moyenne en
01:02:54 arithmétique comme prof,
01:02:56 c'est ce qu'on a fait à la rentrée, faute de professeur.
01:02:58 On se dit "mais il y a quelque chose qui va plus du tout
01:03:00 dans ce pays, quoi."
01:03:02 "On a un problème avec la fonction publique en tout cas."
01:03:04 "Quel intérêt pour quelqu'un
01:03:06 qui a fait des études de se retrouver
01:03:08 prof dans des conditions difficiles
01:03:10 en étant mal payé ?
01:03:12 Donc, à un moment, les gens qui ont fait des études,
01:03:14 ils font autre chose.
01:03:16 Ce n'est plus attractif.
01:03:18 - Mais François, avec un pays qui a
01:03:20 3 000 milliards de dates,
01:03:22 et le record de dépenses publiques.
01:03:24 - Mais ça n'est plus attractif.
01:03:26 Et donc là, c'est pas qu'on manque de profs.
01:03:28 L'épreuve du remplacement des profs,
01:03:30 ça a toujours été récurrent. Mais là, c'est qu'on n'arrive plus
01:03:32 à en recruter.
01:03:34 C'est-à-dire que quand on publie le CAPES,
01:03:36 les gens ne se présentent plus.
01:03:38 Donc, ce n'est plus un emploi porteur.
01:03:40 - Donc, on va voir les effectifs grossir dans les classes.
01:03:42 - Et grossir, et puis plus de profs du tout.
01:03:44 - Et puis, le dédoublement des classes de CP.
01:03:46 - Et puis, le niveau des enseignants qui va baisser.
01:03:48 Donc, on est en train d'appauvrir
01:03:50 la qualité de l'enseignement.
01:03:52 - C'était censé devenir la norme, dédoubler les classes.
01:03:54 Pour l'instant, on en est loin, Gabriel.
01:03:56 - C'est vraiment le naufrage de l'éducation nationale.
01:03:58 Vous avez parlé du job dating, pardon,
01:04:00 que c'était quelque chose de profondément scandaleux.
01:04:02 C'est quand même ce qu'on a de plus précieux au monde pour les enfants.
01:04:04 On va confier des enfants, le sujet précédent l'a montré,
01:04:06 qui psychologiquement ne sont pas des adultes,
01:04:08 par définition, donc ils sont malléables.
01:04:10 On va confier des adultes qui,
01:04:12 au-delà de la matière elle-même,
01:04:14 ne sont plus serviants.
01:04:16 - Ça devient de la garderie.
01:04:18 - Évidemment, et de la garderie assumée de briques et de brocs.
01:04:20 Et après, on s'étonne que les parents fuient vers le privé,
01:04:22 ce qui leur coûte cher, parce que c'est payer deux fois l'école.
01:04:24 Ils paient une première fois l'école publique par leurs impôts.
01:04:26 Et puis, ils essaient d'en trouver une meilleure ailleurs, autrement.
01:04:30 Et après, on s'étonne que les gens se disent
01:04:32 « Ah ben, on paie trop d'impôts ». Ils ne paient pas trop d'impôts,
01:04:34 ils paient mal d'impôts. Ça n'existe pas comme expression,
01:04:36 mais c'est grammaticalement faux, mais voyez l'idée.
01:04:38 - Merci à tous les trois. C'est déjà la fin de cette émission.
01:04:40 C'est tout le temps qui nous restait, mais on n'a pas fini d'en parler
01:04:42 de ce recrutement dans l'éducation nationale.
01:04:44 Je voulais quand même vous soumettre ça, juste avant le début de Punchline.
01:04:46 Bien sûr, vous retrouverez Laurence Ferrari dans un tout petit instant.
01:04:49 Quant à moi, je vous dis à demain. Grosse journée de mobilisation.
01:04:52 Nous serons là dans le cortège avec plusieurs de nos équipes déployées.
01:04:56 En attendant, vous pouvez retrouver l'émission sur le site de CNews,
01:04:59 cnews.fr, pour le replay. À demain après-midi.
01:05:03 - Mais c'est vrai que...
01:05:05 ♪ ♪ ♪
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