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Dans son édito du 31/03/2026, Paul Sugy revient sur la gestion de la question de l'immigration d'Edouard Philippe.

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Transcription
00:00La politique avec Paul Sujit. Bonjour Paul. Bonjour Romain.
00:03Journaliste au Figaro. La politique tous les matins avec vous.
00:05On en sait un petit peu plus sur le programme d'Edouard Philippe en matière d'immigration.
00:09Oui, vous avez bien vu qu'Edouard Philippe a décidé de ne pas accélérer comme son rival Gabriel Attal sur
00:14sa campagne.
00:15Donc en attendant, ses conseillers ou Edouard Philippe lui-même disent-ils quelques éléments de langage sur le programme
00:20plutôt que de rentrer frontalement en campagne avec des grands meetings ou des émissions de télévision.
00:24C'est un peu comme au restaurant. On s'assit, on ne va pas manger tout de suite, mais on
00:27va nous dire le menu plat après plat.
00:29Et justement, on parle de grandes émissions de télévision.
00:32Edouard Philippe en avait fait quand même une dimanche soir et ça lui avait été reproché.
00:35Il n'avait pas prononcé une seule fois le mot immigration. C'est à présent chose faite.
00:39Et alors donc, de ce qu'on en sait, Edouard Philippe, ça ne sera ni du Retailleau ni du Darmanin.
00:43Il refuse de dire, comme l'ancien ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, que l'immigration n'est pas une
00:48chance pour la France.
00:49Et contrairement à Gérald Darmanin qui lui avait déjà proposé il y a quelque temps un moratoire
00:54pour geler les entrées légales en France pendant deux ou trois ans,
00:56histoire de déjà gérer le stock d'immigration en France.
01:01Edouard Philippe n'est pas du tout sur cette ligne-là.
01:02Au contraire, il déclare qu'il faut assumer qu'on a besoin d'une immigration
01:07parce qu'on a une population active qui se contracte.
01:09C'est ce qu'il déclare auprès de Loris Boichaud dans Le Figaro hier.
01:13Alors, il pourrait proposer face à cette contraction de la population active une grande politique nataliste.
01:17Mais non, lui, ce qu'il veut, c'est de l'immigration de travail, une immigration choisie et contrôlée.
01:22Ce sont ces termes.
01:23En revanche, il veut limiter les entrées d'immigration légale par le biais du regroupement familial.
01:28Comment est-ce qu'il compte s'y prendre ?
01:29C'est là qu'on ne sait pas très bien parce qu'Edouard Philippe, en même temps, ne veut pas
01:32bousculer l'ordre établi,
01:33ni constitutionnel, ni les traités.
01:35Alors, ces conseillers disent que l'idée, c'est de ne pas sortir de la Convention européenne des droits de
01:40l'homme,
01:40du droit européen des droits de l'homme, dont on sait qu'il nous oblige à accueillir beaucoup plus d
01:45'immigrés légaux
01:46que ce que l'on voudrait parfois.
01:47Mais, disent les conseillers, on devrait faire accepter une sorte de rapport de force sur l'un des articles,
01:53l'article 8, qui régit notamment le droit au respect de la vie privée et familiale,
01:56qui est souvent utilisé dans les procédures pour contraindre, justement, l'immigration familiale.
02:02Donc, Edouard Philippe, c'est un conseiller d'État.
02:04Ce qu'il veut défendre dans sa campagne, c'est l'idée, quand même, que le droit, chez lui, ça
02:08compte.
02:08Il ne veut pas passer pour un opposant au droit européen ou international.
02:13Par son parcours, encore un de ses conseillers, il n'est pas celui qui remette en cause l'état de
02:18droit,
02:18mais qui va pousser certains curseurs ou mener quelques combats.
02:21Bref, on n'est pas bien avancé.
02:23De même que face à l'Algérie, Edouard Philippe dit vouloir assumer, là aussi,
02:26il y a un rapport de force, mais on ne sait pas davantage comment ni à quel prix.
02:29Tout a l'air un peu flou.
02:30Et quand c'est flou, il y a souvent un loup.
02:32Oui, vous pensez, on le sait, vous savez d'où ça vient.
02:35C'est la grand-mère de Martine Aubry qui disait ça.
02:37C'est la grand-mère de Martine Aubry.
02:40Et Martine Aubry avait dit, à propos de François Hollande, dans la campagne,
02:44c'était une campagne interne au PS,
02:46quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup.
02:47Donc voilà, ça remonte.
02:49Et on en passe, la grand-mère de Martine Aubry.
02:51Vous pensez qu'il ne va pas assez loin, Edouard Philippe ?
02:53Il va déjà trop loin, en ce qui défendent sur l'immigration des tabous moraux.
02:58Ça suffira à le faire passer, sans doute, pour quelques électeurs,
03:00comme quelqu'un de courageux, qui bouscule l'ordre établi.
03:02Mais enfin, si l'objectif réel, c'est vraiment de tordre le coup à l'immigration clandestine,
03:07dont il parle très peu,
03:07et de faire chuter les vecteurs automatiques d'immigration légale,
03:10dont il parle un peu, mais de manière très imprécise,
03:13eh bien, on est assez loin du compte,
03:15et on voit mal comment cette immigration choisie,
03:17celle en fait qui ne trierait que les immigrés qui profitent à la France,
03:21étudiants ou travailleurs.
03:22On voit mal comment est-ce qu'ils pourraient l'installer.
03:24Au fond, Edouard Philippe recycle les vieilles ficelles du « en même temps ».
03:27La politique d'Edouard Philippe, ça n'est que la continuation du macronisme par d'autres moyens.
03:31Et encore, même Emmanuel Macron allait plus loin,
03:33en promettant, par exemple, avant 2022, d'atteindre 100% d'expulsion des OQTF.
03:37On voit mal, à ce stade, comment la droite pourrait se rallier à cette candidature,
03:40au premier tour, ou même au second.
03:44Sous-titrage Société Radio-Canada
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