00:00Et nous sommes de retour sur LCP après avoir suivi cette première séance des questions au gouvernement de la session.
00:06On va la débriefer avec Stéphanie Despierre et Marion Becker depuis la salle des 4 colonnes.
00:11Avec également Clément Méry qu'on retrouvera en direct de la manifestation parisienne et avec nos invités.
00:19Marion Becker, vous avez suivi la séance depuis les tribunes de la presse tout en haut de l'hémicycle
00:24et vous revenez évidemment sur l'échange plutôt tendu entre les Insoumis et le Premier ministre.
00:29Effectivement, un échange assez tendu entre Mathilde Panot et Sébastien Lecornu sur la question de la violence et des moyens
00:36concernant le maintien de l'ordre.
00:38Mathilde Panot a dénoncé une répression sauvage de la CIT.
00:41Elle accuse la police de brutaliser les enfants aujourd'hui dans ces manifestations lycéennes.
00:47Ce à quoi le Premier ministre lui a répondu, en tout cas l'a accusé d'ambiguïté sur la condamnation
00:52de la violence.
00:53Prenons pour exemple le député Raphaël Arnaud ou encore des mots de Jean-Luc Mélenchon.
00:58La violence fait partie de votre projet politique, a-t-il rétorqué ?
01:03Il lui a répondu notamment sous les protestations de Mathilde Panot et de Louis Boyard.
01:08On voit que cette question de la violence est un point sensible entre la France Insoumise et le gouvernement et
01:15Sébastien Lecornu en particulier.
01:17Merci beaucoup Marion Becker. On attendait évidemment la parole du Premier ministre.
01:21Vous étiez dans l'hémicycle l'un comme l'autre. Je présente nos nouveaux invités. Céline Calves, bonjour.
01:25Bonjour.
01:26Député ensemble pour la République des Hauts-de-Seine. Arthur Delaporte, bonjour.
01:29Député socialiste et apparenté du Calvados. On va écouter ce que dit le Premier ministre sur la France Insoumise.
01:34Je vous ferai réagir mais on parlera évidemment aussi des revendications des lycéens.
01:38On écoute tout d'abord le Premier ministre sur la France Insoumise.
01:42Il faut faire taire deux mensonges qui divisent la société, qui remontent la population contre la police de la République
01:49et ce n'est pas acceptable.
01:50Le premier mensonge c'est de laisser à penser qu'il y a une intentionnalité et une disproportion volontaire dans
01:57l'usage de la force.
01:58Elle n'est pas volontaire quels qu'en soient les mensonges de la France Insoumise.
02:02Et le deuxième mensonge encore plus grave étant de sous-entendre que la police de la République et les militaires
02:07de la gendarmerie seraient racistes.
02:10Et ça, il faut combattre l'ensemble de ces mensonges qui ont été, ici ou là, disséminés sur les réseaux
02:18sociaux, sur la place publique, dans les médias.
02:21La situation est suffisamment grave pour ne pas avoir besoin d'une classe politique lâche qui souffre sur les braises
02:29et qui cherche à attiser les violences pour ensuite mieux les condamner, pour organiser un chaos à des fins électoralistes.
02:40On va en voir ce qu'en pensent justement les Insoumis. On va retrouver le député Antoine Léaumant. Il est
02:44dans la manifestation parisienne avec Clément Méric.
02:49Oui Elsa, on est encore nous à un peu plus d'un kilomètre de la place de la nation et
02:52là où nous nous trouvons, tout se déroule dans le calme.
02:56Antoine Léaumant, vous avez préféré être dans la manif plutôt que dans l'hémicycle aujourd'hui. Pourquoi ?
03:01Parce que ce matin j'étais à Évry avec les étudiants mobilisés et puis aujourd'hui, c'est une mobilisation
03:08du peuple tout entier.
03:10Il y a les jeunes lycéens, les jeunes étudiants, il y a leurs parents, il y a les professeurs.
03:14Donc c'est des revendications qui sont des revendications républicaines d'intérêt général.
03:19Ils demandent l'égalité devant l'accès à l'éducation. Ils demandent juste à pouvoir avoir un avenir.
03:24Et moi je veux que tout le monde entende bien une chose, c'est que les jeunes de certains lycées,
03:28même s'ils donnent tout ce qu'ils ont,
03:30ils font tous les efforts du monde pour pouvoir réussir, et bien la République ne leur donne pas des conditions
03:36d'études
03:36qui permettent ensuite d'avoir accès par exemple aux études supérieures à cause de parcours sup.
03:41Donc c'est pas normal et personne ne peut être d'accord avec ça.
03:44Et d'ailleurs il y a une solidarité entre les lycées par exemple parisiens, même des lycées privés et les
03:48lycées de banlieue et je trouve ça magnifique.
03:50– Pendant la séance de questions au gouvernement, le Premier ministre Sébastien Lecornu a ciblé la France insoumise.
03:55Il vous reproche d'entretenir un rapport ambigu à la violence et d'avoir pour projet, je le cite, de
04:00bordéliser le pays.
04:01Qu'est-ce que vous lui répondez ?
04:02– C'est M. Lecornu qui bordélise le pays parce que si les jeunes sont dans ces mobilisations, dans ces
04:08manifestations,
04:09c'est précisément parce que ça ne va pas.
04:11Là il n'y a pas un projet de loi qui cristalliserait la tension comme le CPE ou la loi
04:15de Vaquet.
04:15Là c'est la situation actuelle des lycées qui cristallise les tensions.
04:19Ça fait dix ans qu'ils sont au pouvoir.
04:20Ce n'est pas moi qui suis au pouvoir depuis dix ans, ce sont les macronistes.
04:23M. Attal fait semblant qu'il n'était pas au pouvoir, M. Philippe fait semblant qu'il n'était pas
04:26au pouvoir.
04:27On est en train de se demander qui assume la responsabilité gouvernementale
04:30puisque les macronistes, dès qu'il y a un problème, ils disent que c'est de notre faute.
04:33Nous, on est aux côtés des lycéennes, des lycéens, des étudiantes, des étudiants qui sont mobilisés
04:38et on essaye de porter leurs revendications.
04:40Par exemple, qu'il n'y ait pas de rats dans les cantines, ça serait une bonne chose.
04:44Par exemple, qu'il y ait des tables et des chaises pour les étudiants, ça serait une bonne chose.
04:47Et puis enfin, qu'il y ait des professeurs en face des élèves, ça serait la moindre des choses.
04:51Il y a un lycée sur deux où il manque des professeurs.
04:52Comment c'est possible dans la septième puissance économique du monde ?
04:55D'un mot, Antoine Léaumont.
04:56On a vu Jean-Luc Mélenchon s'offrir un long bain de foule au début de la manifestation,
05:01être acclamé par les lycéens.
05:02C'était quoi l'objectif pour lui ? C'était de sonder un peu les jeunes ?
05:07D'être aux côtés des lycéennes, des lycéens, des étudiantes et des étudiants.
05:11Nous, notre rôle d'élu du peuple, c'est d'essayer de faire en sorte qu'on porte ces revendications
05:15-là,
05:15qu'on leur donne de l'audience.
05:17Et je dois dire, on a une énorme difficulté.
05:19C'est que sur un certain nombre de chaînes, alors ce n'est pas le cas sur LCP, fort heureusement,
05:23sur un certain nombre de chaînes, on va vous passer la poubelle qui brûle,
05:27on va vous passer la vide cassée, on va vous passer je ne sais pas quoi, ça va ?
05:30On ne va pas vous passer cette joie-là, ce bonheur-là de la lutte,
05:34cette joie-là de la lutte qui est absolument magnifique.
05:41Et c'est ça qu'il faut qu'on voit, c'est ça qu'il faut qu'on voit.
05:44Voilà, ça c'est des images qu'on veut voir à la télé.
05:48Voilà, écoutez, ce sera la fin de ce duplex, en direct de la manifestation,
05:52à un kilomètre de la place de la Nation.
05:55Merci beaucoup Clément Méric, on voit donc une manifestation festive pour l'instant.
06:01Céline Calvels, il y a eu, on l'a vu, des députés insoumis qui se sont rendus dans les lycées,
06:05qui sont dans la manifestation plutôt bien accueillis.
06:08Est-ce qu'ils sont en soutien du mouvement ?
06:10Est-ce que comme le gouvernement vous dit qu'il l'organise, qu'il l'instrumentalise ?
06:14Je pense qu'il le récupère, et malheureusement c'est aussi de l'instrumentalisation,
06:18et je crois que les lycéens font très attention aussi, ils savent bien
06:21qu'il ne faudrait pas que leur message soit détourné et puisse contribuer à la violence.
06:27Ils le savent et ils le redoutent.
06:29Et donc c'est pour ça aussi que nous, les autres parties,
06:31on évite de pouvoir se rendre sur les blocages
06:34pour pouvoir justement ne pas être accusé de faire de la récupération.
06:38Peut-être que vous ne serez pas forcément accueilli non plus comme les insoumis.
06:42On ne sera sûrement pas accueilli de la même façon, et pourquoi ?
06:45Parce que peut-être qu'on préfère donner dialogue plutôt que de faire du spectacle.
06:49Donc pour moi, et je l'ai vu sur le terrain dans la circonscription,
06:53on a le NPA et des élus insoumis qui sont allés plutôt provoquer, plutôt qu'apaiser.
07:00Donc aujourd'hui, de nombreux adultes vont plutôt pour apaiser auprès des lycéens,
07:04mais surtout les lycéens qu'il faut écouter et pas les autres.
07:07Arthur Delaporte, pas la même stratégie côté des socialistes,
07:11il y avait certains de vos représentants dans la manifestation,
07:13mais vous n'êtes pas forcément allés tous devant les lycées ou en tout cas montrés autant que les insoumis.
07:18Comment vous qualifiez-vous les insoumis ?
07:21Que la gauche soit proche des mouvements étudiants, ça a toujours existé.
07:24Est-ce que là, le Premier ministre a raison quand il dit qu'il y a un mouvement organisé par
07:29LFI ?
07:30Non, mais on est dans un délire complet.
07:31Moi, j'ai fait le tour des lycées cannais, j'ai été invité par les élèves à aller à leur
07:37rencontre,
07:37et je suis allé devant les lycées.
07:39Et j'ai discuté avec des jeunes qui ont des revendications et qui ont envie d'être entendus.
07:44Et moi, je trouve que ce débat de dire qu'il y aurait un mouvement qui serait causé par LFI,
07:50les jeunes qui se sont mobilisés à l'initiative dans les lycées parisiens,
07:54enfin de banlieues parisiennes, n'étaient absolument pas des gens qui étaient envoyés par la France insoumise.
07:59Donc là, il y a quelque chose qui est totalement délirant de la part du gouvernement,
08:02qui entretient une théorie complotiste et qui a d'ailleurs cité de la mauvaise des manières des notes de renseignement
08:09qui ne disaient pas qu'il y avait une origine insoumise.
08:11Les fameux télex que le Premier ministre a cité.
08:14Alors non, ce n'est pas tout à fait ça.
08:15Pardon, les notes de renseignement qui disaient en gros que c'est la France insoumise qui a créé ces mouvements.
08:20Ce n'est pas vrai. Je ne dis pas que certains n'ont pas cherché à les encourager.
08:24Mais de la même manière que c'est bizarre, quand les socialistes disent
08:26nous, on soutient les revendications. Moi, je n'ai pas découragé les jeunes de s'engager.
08:30Moi, je trouve que c'est aussi magnifique ce qui est en train de se passer aujourd'hui.
08:34C'est l'éveil de la jeunesse aussi aux questions de société, à la défense de causes collectives.
08:39Et ça, ça devrait être salué aussi par le gouvernement.
08:42Et malheureusement, en fait, j'ai l'impression qu'on est dans un débat.
08:45Et c'est ce qu'a cherché à faire le gouvernement cet après-midi aux questions du gouvernement.
08:47de dire, ah, c'est de la faute de l'EFI, si c'est cassé, c'est de la faute
08:50de l'EFI,
08:51s'il y a de la tolérance à la violence, c'est de la faute de l'EFI.
08:53Enfin, non, ce n'est pas vrai.
08:55Il n'y a pas eu cette accusation de faire que la paternité du mouvement serait LFI,
09:01mais par contre, de reconnaître qu'il y a eu de l'huile sur le feu, parfois, non et pas
09:05des élus.
09:05Alors, le gouvernement, en fin de semaine dernière, disait que c'est organisé par LFI et c'est proxy d
09:09'ultra-gauche.
09:10Dans une note du renseignement, le mouvement, justement, il est positif et on va en parler.
09:15Vous ne pouvez pas dire que LFI, pareil, s'est mis à balancer des projectiles sur les CRS.
09:20C'est n'importe quoi, ce n'est pas comme ça que ça s'est passé.
09:22On va parler aussi, on va donner la parole à un député de la droite républicaine
09:26qui lui interpellait aussi sur les violences qu'ont connues les forces de l'ordre.
09:29On va parler des violences, mais je vous promets qu'en fin d'émission, on parlera aussi des revendications.
09:33Je vous propose de retrouver le député Yann Boucard depuis la salle des 4 colonnes.
09:37Il est au micro de Marion Becker.
09:39Yann Boucard, vous avez interpellé le gouvernement sur la question des violences
09:44et des violences également commises à l'encontre des forces de l'ordre
09:47parce qu'à Belfort, sur votre territoire, un policier a été passé à tabac.
09:53Le ministre vous avait répondu.
09:55Qu'est-ce que vous avez envie de lui répondre après ces quelques mots qu'il a eus dans l
10:01'émission ?
10:01Je n'ai rien à répondre particulièrement au ministre de l'Intérieur.
10:03Ce que je voulais dire, c'est qu'on réaffirme notre soutien aux forces de l'ordre
10:06mais à tous les fonctionnaires qui ont été pris à partie ces derniers jours
10:08parce qu'on a vu des personnes d'éducation nationale qui étaient aussi attaquées.
10:11On a vu des pompiers qui ont été attaqués.
10:13Il est temps de réaffirmer que oui, il manifestait un droit,
10:15que oui, il faut entendre les revendications de la jeunesse,
10:18que la jeunesse de France doit évidemment être écoutée.
10:19Petit problème à l'image, on retrouvera peut-être le député Yann Boucard quand ce problème sera rétabli.
10:25Il y a la question des dégradations sur les établissements.
10:29La droite a voulu demander en fait qui aussi allait payer et dénoncer à la fois des dégradations
10:33sur les établissements, sur les personnels enseignants et sur les forces de l'ordre.
10:36C'est aussi une réalité qui existe, Céline Calves.
10:38Oui, c'est une réalité et encore, ça ne touche pas tous les établissements.
10:42Tous les établissements n'ont pas été dégradés.
10:45C'est parfois beaucoup plus léger, mais c'est déplorable
10:48parce que quand on voit le lycée, le Nessel Mandela de Nantes,
10:52qui était quand même un lycée tout neuf et dont on rêverait que chaque lycéen puisse bénéficier,
11:00c'est vrai que ça fait plutôt mal au cœur.
11:02À savoir la responsabilité et sur le fait qui va payer,
11:07c'est surtout le temps que ça va prendre en fait.
11:09C'est au-delà même de la question, c'est le temps perdu pour pouvoir donner des conditions réelles aux
11:15lycéens.
11:15Et c'est des images qu'on a beaucoup vues la semaine dernière, Arthur Delaporte,
11:19de dégradations de lycées, effectivement.
11:23Alors c'est toujours difficile de savoir à qui la faute.
11:27Est-ce que c'était des lycéens ? Est-ce que c'est des éléments extérieurs ?
11:29Beaucoup de proviseurs disent que c'est des éléments extérieurs, très certainement,
11:32qui se greffent un peu aux mobilisations.
11:33Je vais vous dire, ça dépend par exemple dans l'Académie de Normandie.
11:36Il y a eu des dégradations dans des établissements qui ont été commises par des lycéens eux-mêmes.
11:40Et c'est terrible, c'est terrible.
11:42Évidemment que je crois que tout le monde condamne ces violences, ces débordements.
11:46Tout le monde, en tout cas tous les élus, en appellent au calme ou doivent en appeler au calme.
11:51Mais pour autant, je tiens à le dire,
11:55cette question qui a occupé 90% du commentaire médiatique,
11:59ça ne doit pas occulter la réalité de ce mal-être lycéen.
12:02J'ai le sentiment que ça change.
12:04Justement, on va retrouver Yann Boukhar.
12:06On s'excuse auprès du député.
12:08On va justement le réécouter.
12:09Il est au micro de Marion Becker.
12:11Oui, Yann Boukhar, vous interveniez justement sur la question
12:14des violences commises à l'encontre des forces de l'ordre.
12:17Oui, je vous le disais tout à l'heure,
12:18on a vu des violences folles contre des forces de l'ordre,
12:21mais aussi contre des personnes de l'éducation nationale,
12:22contre des soignants, contre des pompiers.
12:25Il faudrait affirmer avec force que la violence n'est jamais légitime,
12:27que oui, manifester est évidemment un droit,
12:29que la jeunesse de notre pays doit être écoutée, doit être entendue,
12:32mais que ça ne peut pas se faire au prix des meutes urbaines
12:34comme on les a connues.
12:36Et que oui, l'État doit protéger ceux qui nous protègent
12:39et au premier rang desquels, nos forces de l'ordre.
12:41Merci à vous. Merci Yann Boukhar.
12:44Merci beaucoup.
12:44Et pendant l'interview de Yann Boukhar,
12:46on voit les images en direct de la manifestation parisienne
12:48qui, pour l'instant, se déroule dans le calme.
12:51Justement, cette question de la violence,
12:53le Premier ministre l'a évoquée.
12:54On écoute Sébastien Lecornu.
12:56L'ultra-violence a frappé à la porte de ses lycées,
13:01vous l'avez dit.
13:03Et cette ultra-violence, M. le ministre Marc-Angeli,
13:05vous l'avez dit aussi,
13:06elle doit être condamnée sans condition.
13:10Dans une démocratie qui fonctionne,
13:12on ne peut pas laisser un espace de tolérance à la violence.
13:16Je rappelle que dans une démocratie qui fonctionne,
13:19la responsabilité individuelle des individus,
13:22des citoyens, y compris des mineurs, existe.
13:25Et que brûler un lycée n'améliore pas
13:28la situation bâtimentaire des lycées.
13:31Que de lyncher un professeur
13:32n'améliore pas le taux de remplacement des professeurs.
13:36Ces vérités étant dites,
13:38il faudra que la justice passe.
13:39Car une fois de plus,
13:40on ne peut pas laisser de place à cette violence.
13:43Et de l'autre côté,
13:44ne pas avoir une réponse structurée.
13:45J'y viens dans un instant,
13:46sur les thématiques de fond.
13:49Message de fermeté du Premier ministre.
13:51On a vraiment vu,
13:52et c'est flagrant,
13:53côté droit de l'hémicycle,
13:54on demande des comptes sur les violences
13:56contre les établissements,
13:58contre les personnels de l'enseignement,
14:00et contre les forces de l'ordre.
14:02Quand on pose la question
14:03sur les violences policières,
14:05qu'il a pu exister,
14:05la gauche parle de répression,
14:07on verra si c'est un terme que vous acceptez.
14:08Arthur Delaporte,
14:10là on dit, enquête,
14:11attention,
14:11est-ce que ces images-là,
14:12elles vous ont choquées ?
14:13Céline Calves,
14:13il y a eu plusieurs lycéens
14:15blessés très gravement ces derniers jours.
14:17Bien sûr que c'est choquant,
14:18et on ne devrait pas arriver
14:20à ce que des lycéens soient blessés.
14:22Maintenant,
14:23oui, il y a les enquêtes,
14:24il y a beaucoup d'interrogations.
14:25Les lycéens de ma circonscription
14:27reçus hier,
14:28ils se demandaient aussi
14:29pourquoi ils s'étaient retrouvés
14:30dans telle ou telle situation,
14:31quelle avait été la décision
14:33des forces de police
14:34à ce moment-là.
14:35Et je pense que là,
14:36il va falloir s'expliquer.
14:37Ils vont rencontrer
14:38les commissaires en question
14:39pour pouvoir comprendre
14:40dans quelle mesure
14:41les choses se passent.
14:42et ce dialogue,
14:43il est nécessaire
14:44sur l'ensemble
14:45de leurs revendications de fond,
14:46mais aussi,
14:47on doit accueillir
14:48quelles ont été leurs réactions.
14:50Est-ce qu'il faut s'interroger
14:51sur le maintien de l'ordre
14:52et notamment
14:52quand il s'agit
14:53de mouvements lycéens
14:54avec des jeunes
14:56de 14, 15, 16 ans ?
14:57Mais on doit toujours
14:58s'interroger
14:59sur le maintien de l'ordre.
15:00Je pense que
15:00de balayer d'un revers de la main,
15:02ce devrait être justement
15:04malvenu, en fait.
15:05C'est malheureusement
15:05ce que fait le gouvernement.
15:06Si on écoute
15:07le ministre de l'Education nationale
15:09et si on écoute
15:09le Premier ministre
15:10tout à l'heure,
15:11c'est circuler,
15:12il n'y a rien à voir
15:12ou il y a eu quelques erreurs,
15:13quelques bavures.
15:14je n'ai pas du tout entendu ça.
15:15Il y a eu un débat
15:16sur deux termes
15:17puisqu'on a vu
15:18que le ministre de l'Intérieur
15:19dans son interview
15:20en fin de semaine à TF1
15:21dit qu'il n'y a pas
15:22de consigne de retenue.
15:23Là, le Premier ministre
15:24a cité les télex,
15:26donc des échanges
15:27entre les responsables
15:29et les policiers
15:29en disant qu'il fallait
15:30une grande proportionnalité.
15:33Arthur Delaporte.
15:33Moi, en fait,
15:34je n'ai pas vu
15:35de proportionnalité.
15:36Je peux vous dire
15:37parce que quand je suis allé
15:38à la rencontre des lycéens,
15:39je me suis retrouvé
15:40au milieu des tirs
15:42de gaz lacrymogènes
15:43avec manifestement
15:44des jeunes qui étaient là
15:45et qui étaient en panique
15:46et qui couraient
15:46dans tous les sens
15:47et ça, c'est ce que j'ai vu
15:48de mes yeux.
15:50J'ai aussi reçu des lycéens
15:51qui m'ont dit
15:52avoir subi des coups de matraque
15:53alors qu'ils levaient
15:53les mains en l'air
15:54et qu'ils étaient
15:55en train de dire
15:56qu'ils étaient des manifestants pacifiques.
15:57J'ai vu des images
15:59de jeunes,
16:00compris dans ma ville,
16:01qui se faisaient plaquer au sol
16:03très violemment.
16:04Un jeune de 14 ans
16:05qui a passé 24 heures
16:06en garde à vue
16:07et qui ressort juste
16:08avec un espèce de rappel
16:09à la loi pour dire
16:09attention quand on dit
16:10dispersez-vous, dispersez-vous.
16:11Est-ce que ça, c'est normal ?
16:13La réponse est évidemment non.
16:14Mais c'est encore plus choquant
16:15de voir ces jeunes
16:16qui sont mutilés à vie.
16:18Moi, je pense à cette famille,
16:19à ce jeune
16:20qui a la mâchoire détruite,
16:23détruite
16:23et qui ne pourra plus
16:26avoir de visage
16:27le temps que son visage
16:29soit en fin de croissance.
16:30Donc, c'est terrible, en fait.
16:32Et d'avoir
16:33cette espèce de manque d'empathie
16:34de la part du Premier ministre,
16:37du ministre de l'Intérieur
16:38et du ministre de l'Éducation nationale
16:39qui nous disent
16:39oui, c'est arrivé,
16:41bon, ok.
16:41Mais je suis désolé,
16:43c'est gravissime
16:44et des situations
16:45moins graves que ça
16:46auraient entraîné
16:46des démissions
16:48de la part de ministres de l'Intérieur.
16:49Je vous donne la parole,
16:50Céline Calvel.
16:50Je rappelle juste
16:51qu'il y a 10 enquêtes
16:52de l'IGPN,
16:52la police des polices,
16:53qui a eu un lycéen
16:55a vu sa main arrachée
16:56à lance par une grenade.
16:58Il y a eu aussi
16:59un lycéen
16:59qui a perdu un oeil,
17:01un autre avec la mâchoire fracturée
17:02et tout ça
17:03avec des usages de LBD, etc.
17:06Est-ce que c'est normal
17:06que la police,
17:07quand elle gère
17:07des manifs lycéennes,
17:09soit équipée
17:09de lanceurs de balles de défense,
17:11de grenades
17:12en tout genre
17:13qui sont des armes
17:14intermédiaires, certes,
17:15mais qui peuvent faire
17:16énormément de dégâts ?
17:17En fait, la question,
17:17c'est être équipée
17:18et s'en servir
17:19dans quelle situation ?
17:20Et ça, je pense que c'est
17:21au-delà d'une doctrine
17:22de maintien de l'ordre,
17:23c'est aussi faire confiance
17:24à ceux qui se retrouvent
17:25dans des situations
17:26où, pour protéger les lycéens,
17:28ils ont dû faire usage
17:30parce qu'on avait
17:30des éléments parfois extérieurs
17:32et pas que des lycéens.
17:34Et donc, forcément,
17:34mais c'est une question
17:35qui est éminemment difficile.
17:37Ce que moi, j'ai entendu,
17:38je n'ai pas vu,
17:39mais ce que j'ai entendu
17:40de la part des lycéens,
17:41c'est qu'ils veulent comprendre
17:42pourquoi ils se sont retrouvés
17:43avec des gaz lacrymo.
17:44Ils veulent comprendre
17:44si ça a été fait
17:45en proportionnalité.
17:46Ils peuvent avoir
17:47une première réaction
17:48qui dit non.
17:49Et en fait, moi,
17:49je suis persuadée
17:50que l'on peut soit condamner
17:52des gens qui ont utilisé
17:54ces armes ou autres
17:55alors qu'ils ne devaient pas l'être,
17:57soit de faire comprendre
17:58comment la situation
17:59a été maîtrisée
18:01ou moins maîtrisée
18:01selon les actions
18:03des uns et des autres.
18:04Je vous propose de retrouver,
18:05je vous redonne la parole
18:06dans un instant,
18:07Louis Boyard,
18:07c'était le dernier
18:08à poser une question
18:09au gouvernement sur la question.
18:10On retrouve au micro
18:11de Stéphanie Despierre.
18:13Louis Boyard,
18:13le Premier ministre
18:14a annoncé des temps d'échange
18:15dans les lycées
18:16en fin de semaine,
18:17a dit qu'on corrigerait
18:18ce qu'on pourrait corriger
18:19sur Parcoursup.
18:20Est-ce que ces premières annonces
18:22répondent selon votre point de vue
18:23aux revendications des lycéens ?
18:24Non, je pense qu'il faut
18:25qu'ils arrêtent de prendre
18:26les jeunes pour des imbéciles.
18:27C'est-à-dire que les jeunes,
18:28ils dénoncent le manque
18:29de professeurs,
18:30le bâti scolaire en mauvais état
18:31et le manque de personnel.
18:32Tous ces chiffres,
18:33le ministère de l'Éducation nationale
18:34les a déjà.
18:36Ils savent déjà
18:36quel est le problème.
18:37Ils disent que c'est un problème
18:38établissement par établissement.
18:39Ça fait sourire.
18:40Il y a tout le pays
18:41qui est mobilisé.
18:42C'est donc bien la preuve
18:42que c'est un problème
18:43qui concerne le pays tout entier.
18:44On a une volonté
18:46d'essayer de gagner du temps
18:47et de détourner l'attention
18:49du véritable sujet
18:50qui est la question des moyens.
18:52Il y a les syndicats lycéens et étudiants
18:53qui ont fait une plateforme revendicative
18:55qui estime à 10 milliards
18:57l'argent qu'il faudrait mettre
18:58sur la table
18:59pour répondre aux revendications
19:00des lycéens.
19:0110 milliards,
19:01c'est quand même un sixième
19:02du budget total
19:03de l'Éducation nationale.
19:05Comme ils ont sous-investi
19:06dans le budget
19:07de l'Éducation nationale
19:07depuis 10 ans
19:08et qu'ils ont supprimé
19:09des postes de professeurs,
19:10les jeunes demandent simplement
19:11à ce que le gouvernement revienne
19:12sur les économies
19:13qu'il a faites sur la jeunesse
19:14parce que ces économies
19:15empêchent la jeunesse
19:16d'étudier.
19:17On parle de jeunes
19:18qui manifestent
19:18pour pouvoir aller en cours.
19:20C'est de ça
19:20dont nous sommes en train de parler.
19:21Puis surtout,
19:22les seules augmentations
19:23de budget qu'on a actuellement
19:24dans ce PLF,
19:25c'est pour l'armer
19:26et c'est pour rembourser la dette.
19:27Je trouve que la jeune génération
19:29qui demande pour son avenir
19:30à avoir une augmentation
19:32du budget de l'Éducation,
19:33c'est pas trop demandé.
19:34Et puis de toute façon,
19:34si jamais ils ne le font pas,
19:35les mobilisations continueront
19:36donc ils n'ont pas le choix.
19:37Merci beaucoup.
19:38Merci.
19:39Merci Stéphanie Despierre.
19:41Céline Calvel,
19:41sur ces revendications
19:42des lycéens
19:44avec son voie en 35 par classe,
19:46des bâtiments parfois vêtus,
19:48une inquiétude
19:49sur leur avenir,
19:49parcours sup,
19:50sur les spécialités
19:52qui font des emplois du temps
19:53très compliqués à gérer.
19:54Quelle réponse ?
19:55La réponse déjà,
19:56c'est un,
19:56de les écouter
19:57et puis de se dire
19:57que les moyens,
19:58c'est pas que les moyens financiers,
19:59c'est aussi la capacité
20:01à un établissement
20:02en lien avec les élèves
20:05de pouvoir décider
20:06peut-être des choses
20:07très pratiques en fait
20:08mais qui leur pourrissent la vie.
20:09On vous parlait du bâti
20:10et parfois,
20:11ils sont vraiment très dégradés.
20:13Dans ma circonscription,
20:14ils ne sont pas très dégradés.
20:15Par contre,
20:15quand il fait très chaud,
20:16quand il fait très froid,
20:17il y a juste des choses
20:18qui leur sont interdites
20:19et qui sont intolérables
20:20et qui pouvaient être dépassées.
20:22J'ai pas le droit
20:22d'un éventail
20:23quand il y a la canicule.
20:24J'ai pas le droit
20:24de garder mon manteau
20:25quand il fait froid
20:25dans la salle de classe.
20:26Et parfois,
20:27je peux pas ouvrir la fenêtre
20:27quand il y a la canicule.
20:28Tout ça,
20:29c'est des réponses
20:29où on peut juste se dire
20:30OK, garde ton manteau.
20:31Je ne prendrai pas ça
20:32comme une marque
20:32des obéissances de ta part
20:34et tu seras plus confort
20:35avant même
20:36de pouvoir procéder
20:37à des aménagements.
20:38Il y a le quotidien
20:39et il y a l'avenir.
20:40C'est vraiment ça
20:40qui ressort.
20:42C'est qu'au quotidien,
20:44ils ont l'impression
20:44d'être sous pression.
20:45Il faut passer
20:45d'un cours à l'autre.
20:46Il faut en même temps,
20:47à l'extérieur des cours,
20:48faire preuve d'engagement
20:49pour enrichir leur CV
20:50pour pouvoir alimenter
20:51Parcoursup.
20:53Ils nous disent
20:53OK, pourquoi pas ?
20:54J'ai l'impression
20:55que c'est injuste
20:55et surtout,
20:56on ne m'accompagne pas.
20:57On ne me dit pas assez tôt
20:59ce que je dois y faire.
21:00Donc, ils sont pressés.
21:01Il y a même des parents
21:01qui font des formations
21:02eux-mêmes pour aider.
21:04Oui, et puis il y a bien sûr
21:05des activités commerciales
21:06qui ne devraient pas l'être.
21:08Donc, en fait,
21:08il y a une prise en compte
21:09entre le quotidien
21:10et l'avenir perpétuelle
21:12et qui les mettent sous pression.
21:13Et je pense que là-dessus,
21:15on a des investissements
21:16financiers à faire,
21:17des investissements humains à faire,
21:18mais on a surtout
21:19des solutions au quotidien
21:20à sortir.
21:21Arthur Delaporte,
21:22sur ces solutions à apporter,
21:23est-ce que vous pensez
21:24que le gouvernement
21:25peut en apporter des deux mains ?
21:27Rebâtir, pardon,
21:28un bâtiment vétuste,
21:29ça peut prendre des années.
21:30Bien sûr que toutes ces solutions,
21:31il faut les mettre sur la table.
21:32Mais la première des craintes,
21:34c'est la crainte sur l'avenir.
21:35Et on ne répond pas
21:36à la crainte sur l'avenir
21:37par des coups de matraque.
21:38Et je le dis,
21:38le gouvernement devrait
21:39prendre un engagement,
21:40et c'est pour ça
21:41qu'on dépose une proposition de loi
21:42avec les socialistes,
21:43d'arrêter les armes
21:45qui sont des LBD,
21:46par exemple,
21:47ou des lances-grenades
21:48contre les manifestations lycéennes.
21:50Ça serait un premier engagement
21:51et ça participerait aussi
21:52à la désescalade.
21:54Il devrait aussi,
21:55évidemment, par ailleurs,
21:56annoncer très rapidement
21:57un grand plan d'investissement.
21:58Il devrait, par exemple,
21:59renoncer aussi
22:00aux coupes budgétaires
22:00qui sont prévues
22:01dans le budget
22:01de l'éducation nationale.
22:02Et pour l'instant,
22:03il propose des temps banalisés,
22:06demain après-demain,
22:07pour des échanges.
22:08C'est bien ou c'est une façon
22:09de tuer le mouvement ?
22:09Non, l'un n'empêche pas l'autre.
22:11Mais moi, je dis juste une chose.
22:12Monsieur Jeffrey,
22:13il a attendu dix jours
22:14pour recevoir
22:15les représentants lycéens.
22:16Dix jours pendant ce temps-là,
22:17le mouvement s'est amplifié.
22:18C'est tant banalisé.
22:19On aurait dû les avoir
22:20dès la semaine dernière.
22:22C'est aujourd'hui
22:23toujours trop tard.
22:24Et le problème,
22:24c'est que les jeunes
22:25demandent évidemment de l'écoute,
22:26mais ils demandent aussi du respect.
22:28Et aujourd'hui,
22:28moi, ce que j'ai vu
22:29dans le discours du gouvernement,
22:30c'est quand même d'abord de dire
22:31bon, restez à votre place.
22:34Les choses sérieuses,
22:34on s'en occupe.
22:35On va vous écouter, on verra.
22:36Petite ouverture quand même
22:37de la part du Premier ministre.
22:39J'imagine que vous l'avez
22:40tous entendu.
22:41Regardez, il pourrait y avoir
22:42des marges de manœuvre
22:43assez vite.
22:43Écoutez Sébastien Lecornu.
22:45On ne fasse pas comme s'il n'y avait
22:47pas des discussions budgétaires
22:48qui allaient s'ouvrir prochainement,
22:50sur lesquelles un compromis
22:52doit être trouvé dans cette Assemblée,
22:54avec le Sénat également,
22:55et sur lesquelles,
22:56avec 1,2 milliard d'augmentation
22:58pour le budget du ministère
23:00de l'Éducation nationale
23:01pour l'année prochaine,
23:02on aurait du mal à dire
23:03qu'il n'y a pas ici ou là
23:05des marges de manœuvre.
23:06Il faudra trouver des économies ailleurs,
23:07mais sur lesquelles nous pouvons
23:09trouver des réponses en urgence.
23:11En tout cas, j'ouvre cette porte.
23:12C'est une évidence.
23:14Arthur Delaporte,
23:15le budget,
23:16il y a des suppressions de postes
23:17dans le budget,
23:18ça clairement,
23:19le gouvernement va devoir y renoncer.
23:20C'est profondément malonnel
23:21ce que dit Sébastien Lecornu,
23:221,2 milliard,
23:23c'est essentiellement
23:24pour financer les retraites
23:25des professeurs.
23:26Donc finalement,
23:27aujourd'hui,
23:28c'est 1 800,
23:291 600 postes supprimés
23:31dans l'Éducation nationale,
23:32c'est zéro création de postes
23:34d'AED,
23:35c'est-à-dire d'assistants
23:35d'éducation ou de CPE,
23:37ça c'est l'urgence absolue
23:38pour pouvoir soutenir
23:40les établissements.
23:40Céline Calvès,
23:41ça,
23:42le gouvernement va devoir revenir dessus.
23:43On se souvient
23:44qu'il est revenu
23:45en 24 heures
23:46sur le fait
23:47de payer les BTS
23:47et les classes prépa.
23:49Il va falloir faire
23:50un geste budgétaire
23:51là,
23:52très rapidement.
23:52Mais bien sûr,
23:53et justement,
23:54le fait d'aménager
23:55des endroits
23:56où on va pouvoir parler,
23:57ça va nous donner
23:58des arguments
23:58pour pouvoir aller
23:59dans le bon sens
24:00sur ces investissements.
24:01En fait,
24:01moi,
24:02ce que je veux dire,
24:02c'est qu'on a plutôt
24:04à faire confiance
24:05dans ce que les lycéens
24:06nous montrent
24:06au-delà
24:07des quelques débordements.
24:08C'est-à-dire qu'ils ont
24:09une conscience quand même
24:10de ce qui se passe.
24:11Quand on discute avec eux
24:12et qu'on dit,
24:13vous comprenez,
24:13on ne va pas pouvoir
24:14changer ça tout de suite,
24:15c'est pas grave,
24:16nous on se bat aussi
24:17pour les suivants.
24:17Et ça,
24:18je trouve que ça veut dire
24:19qu'ils sont à hauteur
24:19d'une génération
24:20dans laquelle on peut
24:21avoir confiance.
24:22Et vous pensez
24:23que les milliards,
24:24on sait qu'il n'en pleut pas
24:25à l'Assemblée
24:25pendant le budget,
24:26on peut rallonger
24:281, 2 milliards
24:29pour éteindre aussi
24:30un peu cette colère ?
24:31Souvent,
24:31c'est comme ça
24:31que ça finit ?
24:32On ne peut pas rallonger
24:33et puis il ne faut pas
24:33rallonger des choses
24:34qui ne sont pas pourvues.
24:35Par exemple,
24:35quand on multiplie
24:36le nombre de postes
24:37mais qu'on n'arrive pas
24:37à pourvoir les postes,
24:38en fait,
24:39ça veut dire
24:39qu'on fait une rallongement.
24:40Donc il faut aussi
24:41être très attentifs là-dessus.
24:42On sera non seulement attentifs
24:43mais on est aussi
24:44extrêmement inquiets
24:45parce qu'aujourd'hui,
24:46c'est aussi cette inquiétude
24:48que nous demande
24:48d'entendre la jeunesse.
24:49Et par exemple,
24:50on évoquait tout à l'heure
24:51Parcoursup,
24:52là, ça peut être
24:53des réponses immédiates
24:53qui ne sont pas forcément
24:54budgétaires.
24:55Il y a beaucoup de choses
24:55à remettre sur la table
24:56quand on voit qu'aujourd'hui encore,
24:57vous avez plus de 2000 jeunes
24:59qui sont en pyjama
25:01dans leur lit le matin
25:01plutôt qu'aller dans un établissement
25:03d'enseignement supérieur.
25:03Je vous propose
25:04de retrouver Clément Méric
25:06au sein de la manifestation parisienne.
25:08Clément,
25:08ça a débuté autour de 14h.
25:10Ça fait déjà 3h
25:11que vous marchez
25:12aux côtés des lycéens
25:13dans une ambiance
25:14qui semble très bon enfant, Clément.
25:18Alors, très bon enfant,
25:19là où on est
25:19parce que visiblement,
25:20en place de la nation,
25:21c'est plus compliqué.
25:22On est à 700 mètres
25:24à peu près de la place
25:25et vous voyez derrière moi,
25:26il y a encore
25:26des manifestants qui défilent
25:28mais il y a aussi
25:29les voitures des CRS
25:31qui sont en train
25:31de clore le cortège.
25:33Donc, on est en queue de cortège.
25:35Jusqu'ici,
25:36là où je me trouve,
25:37tout s'est très bien passé.
25:38Des lycéens
25:39qui revendiquent évidemment
25:40plus de moyens,
25:41des établissements
25:42plus salubres,
25:42des emplois du temps aussi
25:44qui soient plus corrects
25:45pour eux
25:46avec moins de trous.
25:47Et globalement,
25:48on a vu pas mal
25:49de responsables politiques
25:50accompagner ce cortège.
25:52des responsables de gauche.
25:53Ils n'ont pas été unis
25:54dans leur démarche.
25:56C'était un peu chacun
25:56dans son coin.
25:57Jean-Luc Mélenchon
25:57s'est offert un long bain de foule.
25:59Il a été acclamé par la foule.
26:00On a vu les écologistes
26:02distribuer des casques blancs
26:03au début de la manifestation
26:05en encourageant les parents
26:06à manifester avec leurs enfants
26:07et à s'interposer
26:08face aux forces de l'ordre
26:09en cas de tension.
26:11Voilà à peu près
26:11tout ce qu'on a vu.
26:13Et globalement,
26:14je vous le disais,
26:15ce qu'on a vu en tout cas,
26:16c'est passer dans une
26:17très bonne ambiance.
26:18Merci Clément.
26:19Et on verra
26:20parce qu'effectivement,
26:21c'est parfois
26:21à la fin des manifestations
26:23que malheureusement
26:23les situations peuvent dégénérer.
26:25Bilan de la manifestation
26:26ce soir dans l'émission
26:27Chaque voix compte
26:28d'Adeline François.
26:29Merci beaucoup
26:30Céline Calvels.
26:31Merci Arthur Delaporte.
26:32Merci à nos reporters
26:33du jour.
26:34Stéphanie Despierre,
26:35Marion Becker
26:36et Clément Méric.
26:37Stéphanie et Marion
26:38depuis l'Assemblée.
26:39Clément depuis la manifestation.
26:41Merci à tous
26:42de nous avoir suivis.
26:43Je vous donne rendez-vous
26:44demain 13h55
26:46pour la deuxième séance
26:47des questions
26:47gouvernement de la journée.
26:48On suivra en direct
26:49sur LCP l'audition
26:50de Laurent Nunez,
26:51le ministre de l'Intérieur
26:52par la Commission des lois.
26:54Il devrait y avoir
26:54évidemment de très nombreuses questions
26:55sur la gestion
26:56du maintien de l'ordre.
26:57Bon après-midi à tous
26:58sur les chaînes parlementaires.
26:59Évidemment.
27:00Sous-titrage Société Radio-Canada