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  • il y a 2 ans
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02:13 C'est toi, Georges ?
02:15 Oui, rendors-toi, ma chérie.
02:18 Quelle heure est-il ?
02:20 Oh, c'est tard, je pense. Je suis désolé de t'avoir réveillé.
02:24 Ce n'est pas grave.
02:28 Où en est-on à faire ?
02:33 Oh, en bonne voie. C'est un gars bien, ce lait de là-haut.
02:37 Enclin à baratiner longuement sur son influence personnelle,
02:40 mais très réaliste si on parle d'investissement.
02:43 Mon col est trop serré, Maria.
02:46 C'est que tu as grossi ces derniers mois.
02:48 Dans les restaurants bien, la nourriture est trop riche.
02:51 En fait, tes kilos n'ont aucune chance de disparaître.
02:53 Mais alors tu peux garder tes réflexions désobligeantes.
02:55 C'est pas méchant, tu sais.
02:57 Oui.
02:58 Où l'as-tu emmené ?
03:00 Oh, un truc simple, dans...
03:03 Ah, ouais, tais-en.
03:05 De toute façon, c'était assez banal.
03:07 Cette pauvre nonce, y était-elle là aussi, pour prendre des notes ?
03:10 Ne sois pas idiote, Maria.
03:11 Elle était là ?
03:12 Oui, elle était là. Et alors ?
03:13 Tu lui as imposé une cadence de travail trop dure.
03:16 Il n'était jamais venu à l'idée qu'elle peut avoir le droit de choisir ses distractions nocturnes.
03:20 Eh bien, ce n'est pas le cas, c'est tout.
03:22 A longueur de semaine, elle ignore les plaisirs, elle ignore les joies.
03:25 Je doute qu'elle fasse un vrai repas quand elle est toute seule.
03:28 Dans le travail, elle s'intéresse avec passion à ce qu'elle fait.
03:31 Elle s'y consacre corps et âme.
03:33 Et pourquoi ?
03:34 Parce qu'elle sait maintenant qu'elle a une chance d'entrer dans un monde différent.
03:38 Un restaurant de grand luxe,
03:40 une personne est stylée et attentionnée qui lui tend son manteau de capsoule...
03:43 C'était assez banal, disais-tu ?
03:45 Ce restaurant où tu as convié M. Lédleau ?
03:49 Si c'était aussi banal, dis-moi, où as-tu trouvé un pareil endroit ?
03:53 Ne sois pas si désagréable, ce n'est pas l'heure.
03:55 Tu as raison.
03:56 Ce n'est pas l'heure.
04:03 Rester seule quand tu es au club est déjà dur, mais maintenant il y a ça.
04:06 Oh, dur, c'est tout ce qui est dur, seulement.
04:08 Tu devrais être heureuse que j'ai choisi pour toi de te faire la vie belle.
04:12 Et après des années de lutte, tu es assez bien hantée, je crois.
04:15 Oh, mais je l'étais aussi, figure-toi.
04:16 Oui, mais maintenant tu ne sais pas de critiquer et de te plaindre.
04:19 Et en plus, tu te viens d'une jalousie maladive.
04:21 Tu vis dans un cadre agréable et voilà que tu es jalouse d'une jeune femme...
04:25 qui vit dans un appartement minable avec son scélérate frère.
04:28 Comment le sais-tu ?
04:29 Savoir quoi ?
04:30 Où est-ce qu'elle vit ? Comment le sais-tu ?
04:32 Elle est chez elle ?
04:33 Oh, tu sais, dans ce quartier, ils se ressemblent tous.
04:35 Y es-tu allé, oui ou non ?
04:36 J'ai dû la prendre en taxi, oui, une ou deux fois.
04:39 Sans entrée ?
04:40 Mais bien sûr, sans entrée.
04:41 Alors comment sais-tu que c'est minable ?
04:43 Elle a bien me l'a dit.
04:44 Mais Maria, cette pauvre jeune fille a une vie affreuse...
04:48 et je crois qu'elle me considère comme un confident...
04:50 qui l'écoute quand elle a de la peine et qui lui prodigue des conseils.
04:53 Quelle blague !
04:54 C'est ainsi, Maria.
04:55 On a été pauvres aussi, notre maison était propre.
04:57 Tous nos plafonds étaient nets, on peignait les murs, se briquait et tout brillait.
05:01 Et chacun agir comme nous et pas gager son temps à se peindre le visage.
05:04 Bon, c'est assez, Maria. Je prends le train de 8h25.
05:07 Et les taxis ?
05:08 Quoi ?
05:09 Les taxis. Nous n'utilisons les taxis que lorsque nous sommes chargés.
05:11 Tu as horreur du gaspillage.
05:13 Qu'est-ce qui te prend tout à coup ?
05:14 Tu deviens méchante en prenant de l'âge, Maria. Je vais prendre le train.
05:17 Maria, Nancy est une gentille gosse...
05:23 et c'est réconfortant de voir ses yeux qui se remettent à sourire...
05:27 après un simple mouvement d'affection.
05:29 Qu'est-ce que tu vas chercher ?
05:31 Ne t'inquiète pas de ça, c'est trop ridicule.
05:34 Il n'y a que ceux qui connaissent le bonheur...
05:36 qui puissent s'offrir le luxe de se montrer généreux envers les autres.
05:39 Ce qui compte, c'est d'avoir l'âme en paix.
05:41 L'âme en paix !
05:42 Edna, vous ne pouvez vraiment pas laisser ce chapeau à sa place ?
05:51 Georges...
05:52 Georges, comment peux-tu être si fou ?
05:59 J'en ai assez.
06:01 J'en ai assez !
06:05 Quel intérêt de dire "j'en ai assez" quand on ne peut rien y faire.
06:12 C'est absurde.
06:22 C'est absurde.
06:24 Absurde.
06:39 Connaissez-vous le bonheur ?
06:46 Si non, consultez M. Parker, Palme 17, Richmond Street.
06:51 Quels sont les ordres ?
07:01 Faites ce que vous voulez, Edna.
07:04 Je vais faire des courses.
07:06 Il fait assez frais ce matin, M.
07:15 Oui, c'est vrai.
07:17 M. Purvis n'est pas arrivé ?
07:20 Non.
07:21 Elle s'excusera en invoquant une panne de tramway.
07:24 Frèche matinée, M. Ripper.
07:31 Fin de matinée, Nancy.
07:33 Oh, M. Ripper, changez donc de raillerie. Je suis morte.
07:36 D'à peu près 15 minutes. M. Pakington est déjà là, lui.
07:40 Oh. Bon, c'est très bien, alors.
07:44 Vous venez à la suite de l'annonce parue dans le journal ?
07:47 Oui.
07:48 Vous n'êtes pas heureuse ?
07:50 Il y a peu de gens qui le soient.
07:52 Je vais vous surprendre en vous disant qu'à plus de la moitié, les gens ne le sont pas.
07:55 Tant que ça.
07:56 Sans intérêt pour vous, mais très instructif pour moi.
07:59 Durant 35 années de ma vie, j'ai passé tout mon temps à éplucher des statistiques.
08:05 Dans un organisme officiel.
08:07 35 années, Mme Pakington.
08:09 Maintenant que je suis libre, puisque je suis en retraite,
08:12 j'ai eu l'idée de mettre cette expérience au service des autres.
08:15 Tout est si simple.
08:17 Les gens malheureux peuvent être classés en cinq catégories bien distinctes.
08:22 Seulement cinq ?
08:23 Oh, pas plus, je vous assure.
08:25 Ah, le thé.
08:27 Et quelques petits biscuits.
08:30 Oh, c'est merveilleux.
08:33 Bien sûr.
08:34 Bien sûr.
08:35 Être malheureux est une maladie.
08:38 Et dès que l'on sait la cause de la maladie, le remède est sûrement possible.
08:43 Voyez-vous, très cher, je me considère un peu...
08:48 comme un docteur.
08:50 C'est bien votre avis, Mlle Lehmann ?
08:52 Oui, tel un docteur, vous interrogez votre patient sur son état.
08:55 Après quoi, vous recommandez un certain traitement.
08:58 Bien sûr, il existe des cas où aucun traitement ne peut faire effet.
09:01 Mais s'il en est ainsi, je suis franc et je renonce.
09:04 Mais...
09:06 si je vous juge guérissable, Mme Packington, la guérison est pratiquement garantie.
09:13 Oui, je doute de la réussite totale, mais...
09:17 d'un autre côté, je suis malheureuse à un tel point,
09:20 c'est ainsi que je n'ai pas la patience.
09:22 Je n'en sortirai pas seule. Quelqu'un doit m'aider.
09:25 Si vous diagnostiquiez en votre cas.
09:28 Tous vos tourments concernent votre époux.
09:31 Vous avez eu en général une union à peu près sereine.
09:34 Votre époux a acquis une belle situation.
09:37 Et il n'y aurait rien d'étonnant à ce qu'une jeune fille soit concernée également.
09:42 Comment vous doutez ?
09:43 Je dirais même que cette jeune personne travaille avec votre époux.
09:46 Comment savez-vous tout cela ?
09:47 Les statistiques.
09:48 La vie des gens ne m'apporte plus aucune surprise.
09:51 À part quelques petits événements qui, des fois, ne sont pas statistiquement prévisibles.
09:55 Comment votre mari vous rend-il malheureuse ?
09:58 Vous parlez sans crainte devant Mrs. Lehmann. Elle a toute ma confiance.
10:02 J'en suis sûre.
10:04 Eh bien, c'est cette fille...
10:07 Il lui porte une grande attention.
10:10 Il l'emmène sur la rivière, mais...
10:12 J'aime aller sur la rivière, moi aussi.
10:15 Et j'adore aller au théâtre.
10:17 Mais Georges disait toujours qu'il était trop là pour sortir le soir.
10:21 Seulement...
10:23 Maintenant, il la sort dans des dancings.
10:26 Il danse et ne rentre à la maison pas avant 3 heures du matin.
10:30 3 heures du matin ?
10:32 J'ai toujours été une bonne épouse pour Georges.
10:34 J'ai l'oeil à tout dans la maison. Je cuisine assez bien et je gère notre argent économiquement.
10:38 Rien d'extravagant. Aucun gâche.
10:40 Exactement. Et je n'ai jamais levé les yeux sur un autre homme que lui.
10:43 C'est évident, voyons.
10:44 Et maintenant que nous sommes sortis du trou et que l'on devrait jouir de la vie,
10:49 de s'amuser un peu, réaliser toutes ces choses que j'ai souhaitées pendant toute ma jeunesse,
10:53 eh bien...
10:55 C'est fini.
10:58 Je vous assure que je saisis votre cas à la perfection.
11:05 Et vous croyez qu'il y a un mode à cela ?
11:08 Certainement, chère madame. Il y a une cure.
11:10 Ah oui, il y a une cure.
11:12 Qui consiste ?
11:13 À vous placer entre mes mains, le tarif se monte à 200 livres.
11:18 200 livres ?
11:19 Vous avez de quoi vous payer ce luxe, madame Packington.
11:23 200 livres, c'est cher.
11:26 C'est le prix d'une opération.
11:28 Mais le bonheur est aussi important qu'une bonne santé.
11:31 Je ne paye qu'à la fin, je pense.
11:33 Non, au contraire, vous me payez d'avance.
11:36 Non, excusez-moi. Je ne vois pas comment faire pour...
11:42 Pour payer chat en poche ?
11:44 Peut-être avez-vous raison, c'est une grosse somme à risquer.
11:47 Mais c'est votre intérêt de croire en moi.
11:49 Il faut payer pour tender la chance.
11:51 Aide-toi et le ciel te dira.
11:53 Mais 200 livres...
11:54 Je vous accorde que c'est beaucoup.
11:56 Au revoir, madame Packington. Faites-moi savoir si vous changez d'avis.
11:59 Oui, toutefois, ce serait étonnant.
12:01 Excusez-moi pour le temps que je vous ai fait perdre. Au revoir.
12:04 Au revoir, madame Packington.
12:07 Au revoir et merci beaucoup pour le thé.
12:09 Je vous en prie.
12:11 Merci.
12:13 C'est une cliente ?
12:24 C'est une cliente.
12:26 Honoraire A ?
12:27 Honoraire A, bien sûr.
12:29 C'est ahurissant de voir que tous les gens croient que leur cas est exceptionnel.
12:34 Bon.
12:38 Je vous invite à la maison de l'aude, qu'il me retrouve au Moroni demain matin à 8h.
12:43 Dites-lui bien d'être élégant, mais sans trop, et qu'il coupe ses cheveux à ses cours.
12:47 Est-ce que je marque déjà le rendez-vous de madame Packington ?
12:50 Oui, pourquoi pas. Pour le moment, elle ne sait pas, mais elle est bien mûre.
12:55 Elle reviendra cet après-midi.
12:58 Vers 4h.
13:00 Alors, je ne sais pas où trouver tout cet argent pour le charpentier.
13:07 Je suis vraiment dans un triste état, mais notre logeuse nous a traité de tous les noms d'oiseaux.
13:11 Mais si c'est votre frère, c'est à lui de régler les dommages.
13:14 Pauvre Eric, il est débiteur à la banque et il est au chômage.
13:18 Non, c'est ma faute de mettre tant à tarder.
13:21 Aurait-il enfoncé la porte si j'avais été à la maison pour lui ouvrir ?
13:25 Pourtant, cette soirée a été merveilleuse grâce à vous, monsieur Packington.
13:29 Et rien ne pourra en troubler le souvenir, pas même cette porte.
13:33 Je me sens juste un peu nerveuse, c'est tout.
13:37 Nerveuse ?
13:38 Jusqu'à ce que je puisse la faire réparer.
13:40 Vous voyez, je vais trembler en pensant qu'un voleur peut entrer alors que je suis seule, porte ouverte.
13:46 Oui, bien sûr. Nancy, faites-moi plaisir, dites-le à votre frère,
13:52 de s'enquérir d'un excellent charpentier.
13:54 C'est beaucoup trop.
13:56 Mais ma chère enfant, c'est moi le responsable de tous vos ennuis, admettez l'évidence.
14:00 Tout cela ne serait pas arrivé si je vous avais ramené à l'heure. Tenez.
14:04 Non, j'ai honte.
14:06 La décision était importante, vous savez.
14:12 Je réprouve les coups de poker, mais je n'ai jamais craint de procéder à de bons investissements.
14:18 Je devais réfléchir pour décider si ça valait vraiment la peine de payer le bonheur à tel prix.
14:24 Et vous n'avez pas placé la mise sur un outsider, madame Packington,
14:28 une valeur qui rapporte un gros dividende.
14:32 Merci. Je me sens honoré par votre confiance.
14:38 Un client qui douterait de moi ne tirerait aucun bienfait de mon traitement.
14:44 Et maintenant, qu'est-ce que je dois...
14:46 Et maintenant, vous rentrez chez vous.
14:49 Chez moi?
14:50 Avez-vous quelque chose d'important à faire demain?
14:52 Non, je... Non, c'est le jour où on nettoie les bronzes.
14:56 Ah, bon.
14:58 Établissez le récipicien, madame Packington, je vous prie, et vous noterez son adresse.
15:02 Ah, appelez un taxi pour qu'elle rentre chez elle.
15:04 Un taxi? Ah non, non, jamais je ne prends de taxi.
15:06 Ou alors s'il pleut trop, si vous avez des valises lourdes, sinon c'est une dépense idiote.
15:10 Mais il y a bien des choses qui vont changer.
15:13 Dans votre courrier, demain matin, vous recevrez certaines instructions
15:17 que je vous recommande de suivre à la lettre.
15:21 Ah, c'est pour toi, chérie.
15:28 Oh, merci, Georges.
15:32 Une invitation.
15:39 Ah, mais celle-là aussi est pour toi.
15:42 Oh, merci, Georges.
15:49 Bien, il faut que je parte, chérie.
15:53 Maria, il se peut, il est même assez probable
15:57 que l'on m'oblige à dîner à l'extérieur ce soir.
16:00 Qu'est-ce que tu dis?
16:01 Non, je dis que je pense bien dîner dehors.
16:03 Je dois rencontrer un homme très, très important et...
16:06 puisque tu as la chance de...
16:09 Alors, je...
16:15 Oh, Edna, bonjour, une bonne journée.
16:18 Bonjour, monsieur Pakington.
16:20 Est-ce que je peux passer l'aspirateur dans le salon, madame Pakington?
16:32 Vous passez l'aspirateur, vous essuyez et vous faites les poussières.
16:37 Mais d'abord, voulez-vous m'appeler un taxi, s'il vous plaît?
16:40 Un taxi?
16:41 Oui, je suis extrêmement pressée aujourd'hui.
16:44 Je ne serai pas là au déjeuner.
16:46 Vous oubliez qu'il reste un morceau du dernier roast beef.
16:50 Fichez-le en l'air.
16:52 Pour votre boutonnière?
17:03 Pour vous, mademoiselle Lemon.
17:05 Une variété tardive de rose, elle n'est encore qu'un bouton.
17:09 Jouissons donc de sa beauté avant que ses pétales ne meurent.
17:13 Euh, Claude a téléphoné. Quelle cravate doit-il porter?
17:17 Euh, pure soie sombre.
17:19 Les cravates de club et d'université ne représentent rien pour madame Pakington.
17:23 D'accord.
17:24 Oh, et dites-lui qu'il ne mette pas de manteau.
17:26 Je veux qu'elle prenne l'initiative de lui expliquer l'importance d'un manteau d'hiver.
17:31 Vous voyez, étant donné l'âge de ce couple,
17:34 je pense que monsieur et madame Pakington ont l'expérience de ce qu'on risque à prendre froid.
17:40 Un coup de froid? Mais que ressentiez-vous, chère enfant?
17:45 J'avais les jambes toutes molles en me levant ce matin.
17:48 J'ai cru que je n'arriverais jamais ici.
17:50 J'aurais eu honte de vous laisser, monsieur Pakington.
17:52 Oh, pauvre enfant, mais vous avez l'air très affaibli aussi.
17:56 Bon, écoutez, euh, Nancy,
18:00 promettez-moi une remarque, mais ce manteau est très léger pour la saison.
18:04 C'est un tissu de printemps, ma chère.
18:06 C'est mon plus chaud, monsieur Pakington.
18:08 Le prix d'un neuf dépasse ce que j'ai essayé d'économiser cette année.
18:11 Je vous ai vexée, j'en suis sûr.
18:13 Oh, non.
18:14 Oh, tant mieux.
18:16 Bon, écoutez, je vous jure que mon geste n'est pas dû au...
18:20 Oh, monsieur Pakington, il est impossible...
18:22 Orgueil déplacé.
18:24 Oh, merci beaucoup, monsieur Pakington.
18:26 Voilà.
18:27 Ce massage n'est pas des plus plaisants, je vous l'accorde,
18:30 mais nous devons raffermir la ligne de notre menton.
18:33 Jusqu'ici, c'est assez relaxant.
18:36 Maintenant, nous allons clore nos yeux en douceur,
18:40 parce que nous allons passer dix minutes à soigner nos ongles de pied.
18:44 La vapeur est relaxante.
18:47 Et elle ouvre correctement nos pores, madame.
18:49 Ils étaient pleins d'impureté.
18:52 Ah, on se néglige.
18:54 On aurait dû prendre rendez-vous il y a longtemps.
18:57 De toute façon, il n'est pas trop tard.
18:59 Tenez, ces légères réduits,
19:01 rien qu'un minimum de soins tous les quinze jours,
19:04 les obligeront à s'effacer et nous aurons un front tout neuf.
19:07 C'est que j'ai un tic.
19:09 Je cligne des yeux.
19:11 Bonjour.
19:21 Claude, bonjour.
19:24 Excellent, mon cher ami.
19:26 Présentation excellente.
19:28 À part... Qu'est-ce que c'est ?
19:30 Ah oui, l'heure est au milieu.
19:32 C'est le style qui a coup sûr glace les timides.
19:34 J'attends de me coiffer.
19:36 Toutefois, j'ai un tas d'informations
19:38 qu'il vous faudra absorber et utiliser avec votre brio-inné,
19:42 si nous prenions affaire.
19:44 Notre patiente sera sûrement en retard.
19:46 Elle a beaucoup d'occupation ce matin de petite jean, s'il vous plaît.
19:50 Dans le cas de cette cliente,
19:52 essayez de vous faire quelque peu plaindre, une enfance dure.
19:55 Ça marche bien. Accrochez-la, Claude.
19:57 Dans sa jeunesse, elle s'est consacrée à son époux
20:00 pour qu'il réussisse. Maintenant, elle se repose et s'embête,
20:03 encombrée d'une servante dont elle n'a que faire.
20:06 Or, pour la première fois de sa vie...
20:08 Merci.
20:09 Maria Pakington a l'occasion de découvrir la frivolité.
20:13 C'est le type honoraire. Ah, vous...
20:15 Mon cher Claude, c'en est un parfait exemple.
20:17 Ah. La nôtre.
20:20 Voilà, madame. C'est presque terminé.
20:22 Aucun souci pour le reste.
20:24 Notre réception a donné des ordres à un taxi
20:26 qui va vous conduire à l'Elysée Maude.
20:28 Mais je...
20:29 Lorsque Miss Lemon prend ses amis en main et nous les envoie,
20:32 elles se doivent d'aller s'habiller à l'Elysée Maude,
20:34 chez M. Morris.
20:36 Je jure à madame qu'il n'a pas son pareil dans toute la région.
20:39 Mais je...
20:40 Soyez sans crainte, madame.
20:42 M. Morris est un habilleur d'instinct.
20:45 Nous voyons une cliente qui ne portait que des ensembles verts crus.
20:49 Une horreur.
20:50 Jusqu'à ce que M. Morris l'ouvre les yeux.
20:52 Imaginez-la sur son lit de mort,
20:54 réalisant que durant toute son existence,
20:56 elle avait paru en public déguisée en salade.
20:58 Et voilà, madame.
21:00 Oh.
21:10 Oh.
21:11 Madame Paginton.
21:24 L'homme de goût que je suis est réellement ébloui par tant d'allure.
21:28 Vous êtes charmante.
21:29 Merci.
21:30 Et comment vous sentez-vous ?
21:32 Différente.
21:33 Allons-nous asseoir.
21:36 J'ai eu l'initiative de vous demander un white lady.
21:39 Vous êtes ravissante.
21:46 Écoutez.
21:50 Écoutez attentivement, ma chère.
21:53 J'ai consacré à votre cas un grand nombre d'heures
21:55 et j'en ai déduit que votre époux avait besoin d'une bonne prise de conscience, je crois.
22:00 Vous comprenez ce que je veux dire par prise de conscience.
22:03 Mais je ne vois qu'un seul moyen en vous mettant en relation
22:06 avec un jeune garçon qui est un ami.
22:08 Vous allez déjeuner avec lui maintenant.
22:10 Pas avec vous ?
22:11 Non.
22:12 Que va penser ce garçon ?
22:14 J'ai peur qu'il ne me prenne, qu'il pense que je suis...
22:17 Vise que nous trinquons.
22:20 A votre santé et à votre bonheur.
22:24 Ne sont-ils pas aussi importants l'un que l'autre ?
22:27 Il est bon ce cocktail.
22:34 Je me sens un peu perdue.
22:36 Mieux confiance.
22:38 Oh, Claude.
22:44 Madame Packington, est-ce que je peux vous présenter ?
22:48 Monsieur Luttrell.
22:50 Très heureux de vous connaître.
22:55 C'est ce qu'on appelle de la cuisine bourgeoise.
22:57 Mon époux la trouve tellement meilleure.
22:59 Mais je ne connais rien en Europe de comparable à un dîner en tête à tête
23:03 préparé par une femme d'intérieur.
23:06 Ça ne vous manque pas le soleil, monsieur Luttrell ?
23:08 Non, pas vraiment.
23:10 C'est plus romantique en Angleterre. C'est beau l'automne ici.
23:13 Je crois pourtant que c'est joli dans le sud de la France aussi.
23:15 Oui, oui.
23:17 Mais tous les arbres qu'il y a dans l'esquoire,
23:19 leurs feuilles qui tournent au bronze,
23:21 qui se détachent et s'envolent devant les pousses.
23:24 Et cette touche de brouillard le matin.
23:27 Je refuse d'échanger cela contre les délices de la Coupe d'Azur.
23:31 L'Andra du charme.
23:33 Je travaillais avec mon mari, voyez-vous,
23:36 quand il a débuté dans son métier.
23:38 Le secrétariat, la frappe, je notais ses rendez-vous.
23:40 Enfin, des choses sans importance.
23:42 Mais nous habitions au studio à Munchwell Hill.
23:45 Et nous nous rendions au métro en traversant à pied
23:47 à Red Gate Wood tous les matins.
23:49 Il y avait des écureuils qui jouaient.
23:51 Ils s'amusaient dans les arbres.
23:54 C'était un début de journée étonnifiant.
23:58 Et cela vous plaisait d'être femme d'affaire ?
24:01 Eh bien, il me semblait que j'en aurais eu l'envergure.
24:03 Selon mes idées, il vaut mieux s'évader des sentiers battus.
24:06 Enfin, je crois, j'adore innover.
24:08 Et puis, plus c'est compliqué, mieux c'est.
24:11 Oui, j'adorais cela.
24:14 C'était un travail dur et la réussite a été longue à venir.
24:17 J'ai envoyé des centaines de lettres et de tarifs.
24:19 Mais je ne recevais que peu de réponses.
24:21 Ensuite, il arriva à quelques commandes et ça a démarré.
24:25 En quelque temps, nous nous sommes retrouvés pratiquement débordés.
24:30 Nous faisons de la baquelite, voyez-vous.
24:32 Ah, baquelite.
24:35 Ce repas est délicieux.
24:37 Non, non, merci, M. Luttrell, c'est assez.
24:41 Puis, nous avons déménagé dans une grande maison
24:44 où Georges décida...
24:46 où il trouvait choquant pour un homme de sa situation,
24:48 que sa femme travaille, donc...
24:50 Maintenant, vous vous sentez désœuvrée.
24:54 Oui, je m'ennuie un peu.
24:56 Splendide. Aimez-vous danser ?
24:58 Je dansais bien.
25:00 Connaissez-vous l'Aphrodite ?
25:02 Non, je ne connais plus les endroits où l'on se distraît.
25:04 Non, mon époux dit que ça l'ennuie de sortir le soir.
25:06 Alors, acceptez que je vous y conduise.
25:09 Ne soyez pas absurde, M. Luttrell.
25:12 Tonton n'a pas à se sentir choqué puisqu'il vous laisse seule,
25:14 mais vous le mettrez au courant.
25:16 Les femmes ne craignent plus la jalousie de nos jours.
25:18 La jalousie n'entre pas...
25:20 Le quoi ?
25:25 L'Aphrodite.
25:26 Il y a un merveilleux orchestre. Quand y allons-nous ?
25:30 C'est un nightclub ?
25:32 Un des meilleurs. Demain soir ?
25:35 Eh bien, mon époux pourrait ne...
25:40 C'est d'accord, M. Luttrell.
25:42 Demain soir.
25:45 Maria, il est possible que je...
25:57 Je ne veux pas te convenir si ce soir...
25:59 Oh, pardon, chéri, tu voulais dire quelque chose ?
26:01 Non, je t'en prie, vas-y, chérie.
26:03 Eh bien, je constate que tes affaires t'éloignent de la maison.
26:07 Je sais que tu jugeras cela ridicule, mais j'aimerais que tu admettes...
26:09 Non, je sais, je sais très bien, je sais parfaitement, Maria.
26:11 Une femme dont l'occupation est d'espionner son époux et ce qu'il fait...
26:14 a grand intérêt à se passionner pour autre chose.
26:16 George !
26:17 Un violon dingue t'occuperait et mettrait un terme à ses insupportables suspicions.
26:21 Très bien, George, c'est entendu. Je vais chercher à m'occuper.
26:29 D'accord.
26:38 Votre courrier, monsieur.
26:40 Et un jeune homme a apporté ceci pour vous.
26:44 Il prétend être le frère de Nancy.
26:47 Pauvre mademoiselle Purvis.
26:55 Encore un coup de froid.
26:58 C'était inévitable, mademoiselle Draper.
27:01 J'ai demandé trop d'efforts à cette pauvre fille.
27:04 Dites-moi, mademoiselle Draper, quelques roses rouges ?
27:08 Deux mille pour la porte, cinquante livres pour un manteau.
27:14 Tu l'as pigeonné d'une belle somme en trois jours.
27:17 Qu'est-ce qu'on va s'offrir, Eric ?
27:19 J'ai un tuyau du tonnerre dans la troisième à 3h30 à York aujourd'hui.
27:23 Quel sera le prochain ennui ?
27:25 Sans doute la plomberie. Je crois que ça pourra passer.
27:29 Chérie, tu as une imagination étonnante.
27:31 Eric...
27:32 Mmh...
27:34 Musique de l'ambiance
27:38 Musique de l'ambiance
27:42 Musique de l'ambiance
28:10 Musique de l'ambiance
28:13 Madame Packington, vous êtes sans doute la plus douée des partenaires que j'ai jamais eues.
28:27 Monsieur Luttrell, vous êtes sans doute le plus outrancier, flatteur que j'ai jamais eue.
28:31 Je pense ce que je dis.
28:32 Je ne suis pas une experte, il me suffit de vous suivre.
28:39 Je suis heureux que vous soyez là.
28:41 Et votre robe vous va ravir.
28:43 Comme c'est gentil à vous.
28:45 Ce matin, on me l'a fait essayer et je n'ai pas pu résister.
28:48 Je vous approuve.
28:49 Vous, oui.
28:51 Mais je crains les réactions de mon époux quand il verra la facture.
28:55 Monsieur Luttrell...
28:58 Oui ?
28:59 Vous êtes plus que gentil avec moi.
29:00 Je sais que M. Parker Peng prend soin de tout arranger, mais...
29:03 Merci.
29:05 Tout le plaisir est pour moi, Madame Packington.
29:07 Vous avez porté à longueur d'année tellement de monde et de palaces
29:10 que j'ai peur d'être très ennuyeuse pour vous.
29:12 Oh, quelle idée !
29:14 Mais toutes les autres sont...
29:15 Sont des moineaux, rien d'autre. Elles n'ont pas de cœur, pas de cervelle.
29:18 Et je vous jure que leur compagnie n'est pas gaie.
29:20 Vous...
29:21 Vous êtes quelqu'un de si différent.
29:24 Vous avez un tel appétit de divertissement.
29:27 Je trouve cela enchantant.
29:35 Si nous dansions...
29:38 ...
29:42 ...
29:46 ...
30:08 ...
30:18 ...
30:28 ...
30:47 ...
30:49 C'est toi, Maria ?
31:00 Oui, chéri. Tu peux te rendormir.
31:03 Quelle heure est-il ?
31:05 Assez tard, je pense.
31:07 Désolée de t'avoir réveillé.
31:09 Pourquoi reviens-tu si tard ?
31:11 Tu as bien dit que je manquais de vieux noms dingures.
31:14 Oui, bien sûr.
31:16 Madame Parkinton a dit qu'elle désire que son petit déjeuner
31:21 lui soit servi dans sa chambre, monsieur.
31:23 Et elle a décidé aujourd'hui de faire la grasse matinée
31:26 comme une respectable laitise de romans.
31:29 Je vais aller me réveiller.
31:32 Je vais me réveiller.
31:34 Oh, sans doute.
31:57 Je crois que mes capacités innées d'amuseur
31:59 sont de plus en plus dépassées.
32:01 Pourquoi votre mère vous laisse ainsi ?
32:03 Elle pensait plus à mon père et ses ambitions
32:05 qu'à moi.
32:07 Selon mon expérience, la majorité des femmes
32:09 se dévoue et pensent à la profession de leur mari.
32:12 Exclusivement.
32:14 J'ai passé toute ma jeunesse à compter les jours
32:17 jusqu'à ma majorité.
32:19 Je souhaitais contrôler mon destin et diriger ma vie.
32:22 Que de temps perdu !
32:24 Mais avant que j'accède à l'indépendance,
32:27 mes espoirs se sont très vite réduits à rien.
32:30 Ça a débuté en 14.
32:32 Oui.
32:33 Tous nos chevaux furent réquisitionnés,
32:35 nos terres, enfin tout.
32:38 Oui, ce fut une terrible époque.
32:41 J'étais anxieuse pour Georges.
32:44 Alors mon père a tout bradé pour rien
32:47 et nous sommes allés sur la côte d'Azur.
32:50 Le reste de la fortune a été dilapidé au poker.
32:54 Pendant une dizaine d'années, j'ai vécu accroché au basque
32:57 d'une sympathique et ancienne relation.
33:00 Cela valait mieux que rien.
33:03 Je dois vous avouer, Mme Packington,
33:06 mais que cela reste entre nous,
33:08 que j'ai si souvent été désespéré que j'ai songé au suicide.
33:11 Oh, non !
33:12 Il ne faut jamais avoir de telles idées.
33:15 Maintenant, devant une personne si avide de joie de vivre,
33:19 eh bien, il me paraît presque humiliant d'avoir eu cette idée.
33:22 Il est donc utile à quelque chose.
33:25 Ce que vous me dites là est très bien, Claude,
33:30 mais nous espérions vous voir et il est déjà presque dix heures.
33:33 Il s'est rendormi.
33:35 C'est typique.
33:36 Quoi ?
33:38 Si vous croyez que c'est le bon moment,
33:41 qu'il n'y a pas à s'inquiéter,
33:43 eh bien, c'est très bien.
33:45 Laissons courir nos plans.
33:48 Bonne chance.
33:50 Vraiment, Mme Slemon, que vient faire la chance là-dedans ?
33:53 On n'a pas eu de chance avec le temps, hier.
33:55 Le temps est capricieux et fort capable de se mettre de notre côté un de ces jours.
33:59 C'est facile de prolonger un déjeuner et d'aller se balader ensuite en tête à tête.
34:02 Hier, notre cliente a exprimé le désir d'aller voir Kew.
34:05 Les jardins de Kew ?
34:08 Et une galerie d'art ?
34:10 Et le dancing jusqu'au petit jour ?
34:12 Oh, pas de doute, il s'est rendormi.
34:15 Est-ce que vous rendez compte, Mme Slemon,
34:18 que Claude semble très pris par ce que nous lui avons demandé d'accomplir ?
34:22 Je crois surtout que ça le distingue.
34:24 Oui, l'idée est concevable.
34:27 Maria ?
34:36 Bonjour, Claude.
34:38 Grand Dieu, vous êtes glacé.
34:41 Asseyez-vous, j'ai demandé du thé.
34:43 Merveilleux.
34:44 N'auriez-vous pas un bon par-dessus ?
34:46 Un après-midi ensoleillé. C'est toujours ainsi quand je vous vois.
34:49 C'est un charmant compliment, mais qui ne mérite pas un coup de froid.
34:53 Un timide présent.
34:58 Elle a la couleur de vos lèvres.
35:00 À mon âge, il s'agirait plutôt d'une rose légèrement fanée, mais aucune importance.
35:05 Oh, comme elle est belle.
35:09 Oh, si j'avais une broche où l'accrocher.
35:15 Vous croyez-vous qu'il soit possible d'avoir une épingle ?
35:17 Une épingle ? Mais bien sûr, je vous la porte de suite, monsieur.
35:21 Je vais vous tricoter un bon pull à verre.
35:33 Quelle est votre couleur favorite ?
35:35 La couleur de vos yeux.
35:37 Une sorte d'indescriptible mélange.
35:39 Oh, Maria, vous faites ma joie.
35:42 Parce que je ris de moi-même, vous ne croyez qu'il n'y a pas de quoi ?
35:46 Ce qui est le plus drôle, c'est que moi, qui pourrais être votre mère,
35:50 je sois là, devant un thé, en compagnie d'un bien séduisant jeune homme.
35:55 Est-ce que vous...
35:59 Est-ce qu'il vous est déjà arrivé de me prendre pour une vieille folle ?
36:03 Maria...
36:04 C'est très bien.
36:06 Claude, j'ai bien réfléchi.
36:09 À quoi ?
36:11 Il semble que vous n'ayez pas une grande attirance vers certaines dames,
36:14 mais il en existe d'autres qui sont dotées d'un énorme pouvoir d'affection.
36:18 Vous pourriez en connaître qui vous réchaufferait le cœur.
36:22 Je crois que j'en ai trouvé une, Maria.
36:25 Oh, non.
36:28 Où allons-nous ce soir ?
36:32 Je vous laisse le choix.
36:33 À l'Aphrodite.
36:34 Vous dites cela parce que j'adore cet endroit.
36:37 Non, non, c'est égoïste, je vous jure.
36:39 Je veux vous apporter le bonheur.
36:41 L'épingle de madame.
36:46 Oh, l'épingle !
36:48 Je l'avais oublié.
36:50 Merci.
36:51 Merveilleux, merci.
36:53 Magnifique, merci.
36:55 Je désire parler à monsieur Claude Luttrell, s'il vous plaît.
37:09 Allô ?
37:11 C'est décidé pour cette nuit ?
37:16 M. Parker Pan a un sens du rythme irréprochable.
37:19 Diable, l'emporte.
37:21 D'accord, à l'Aphrodite.
37:23 Ce sera à l'Aphrodite.
37:28 Oh, un excellent choix.
37:30 J'appelle le directeur ?
37:31 Oui, je vous serai obligé.
37:37 Si Claude est d'accord, il le cache bien.
37:40 Se serait-il mis en tête d'épingler notre cliente ?
37:43 Je n'aimerais pas qu'il crée un précédent.
37:46 Les précédents arrivent.
37:48 M. Cornelius, s'il vous plaît.
37:50 C'est très ennuyeux, ce genre de choses.
37:52 M. Parker Pan...
37:53 Toutes les statistiques de base seraient remises en question.
37:56 Je souhaite même que vous soyez pessimiste, Miss Lemon.
37:59 Un instant, je vous passe, M. Parker Pan.
38:01 Qui est-ce ?
38:04 M. Cornelius.
38:06 Oh, salut, Corné.
38:08 Oui, ça va ?
38:10 Bon, écoute, je crois que tu as besoin de membres au club.
38:14 Est-ce que c'est vrai ?
38:16 Hein ?
38:17 Invitation spéciale, oui.
38:19 Tu l'as fait porter dès aujourd'hui...
38:22 à M. George Packington et son invité,
38:26 Packington Products Limited, 5 Avenue du Roi George.
38:30 2 P, d'en rappel, Nancy.
38:34 Vous êtes sûre que vous ne seriez pas mieux au lit ?
38:37 J'y suis restée déjà trop longtemps, M. Packington.
38:40 Mais, mon enfant, il faut ramener un peu de rose sur la pâleur de ces petites joues-là.
38:44 Il faut vous remonter.
38:46 Êtes-vous en état de tolérer la compagnie d'un vieux bonze encore toute une soirée ?
38:49 Je pense que oui.
38:51 Oh, et je pense aussi, M. Packington, que vous ne ressemblez pas à un vieux bonze.
38:55 Oh, j'ai reçu une invitation opportune.
38:57 C'est arrivé aujourd'hui.
38:59 C'était pour aller à l'Aphrodite,
39:01 une boîte de nuit qui recrute de nouveaux membres.
39:04 M. George Packington et son invité.
39:07 Comment dit-il votre nom ?
39:09 Je suis connu, vous savez, Nancy.
39:11 C'est un endroit épatant.
39:13 Vous n'avez jamais vu un aussi beau night club.
39:15 Ça vous tente ?
39:17 Oh, non. Je pense que c'est beaucoup trop snob pour moi, M. Packington.
39:20 Et puis, je n'ai rien de décent à mettre.
39:23 [Rire]
39:26 [Musique]
39:30 [Musique]
39:34 [Musique]
39:37 Que se passe-t-il ?
40:02 Mon mari est ici.
40:04 Avec cette fille ?
40:06 Oui.
40:08 Voulez-vous vous asseoir ?
40:10 Non.
40:12 [Musique]
40:15 Bonsoir, M. George.
40:26 [Musique]
40:29 [Musique]
40:32 Je crois que votre idée de ce soir est bonne.
40:42 [Applaudissements]
40:45 [Musique]
40:48 [Musique]
40:51 C'est terrible, ce besoin de rester jeune.
41:12 Claude, quel est votre avis sur M. Parker Pine ?
41:17 Il offre ses services à de pauvres personnes comme moi.
41:20 Pauvres personnes qui lisent toutes les annonces pour passer le temps au point...
41:24 au point même de dépenser de l'argent en croyant pouvoir acheter le bonheur.
41:28 Est-ce un charlatan ou un magicien ?
41:32 Quelle importance ? S'il a pu œuvrer pour que vous retrouviez le bonheur.
41:36 Les statistiques ne donnent pas une parfaite solution aux questions qu'on se pose.
41:40 Non.
41:45 Si nous dansions encore.
41:48 Oui.
41:50 [Musique]
41:54 [Musique]
41:58 [Musique]
42:26 [Musique]
42:29 Ah, te voilà.
42:39 Oui, oui me voilà.
42:42 C'est amusant d'être tombé sur toi.
42:55 Oui, je trouve aussi.
42:58 Je croyais faire une bonne action en sortant cette fille, en la distrayant un peu.
43:03 Elle a plein d'ennuis, d'embêtements, cette petite, alors je pensais...
43:06 Enfin, ce n'était que de la générosité, c'est tout.
43:09 Qui est ce garçon avec qui tu dansais ? Je ne crois pas le connaître.
43:15 Luttrell. Il s'appelle Claude Luttrell.
43:19 Et comment l'as-tu rencontré ?
43:22 Par un ami.
43:24 Tu as tort de te conduire ainsi, je crois.
43:27 Sortir et danser quand on n'a plus l'âge de le faire, ne perds pas la tête, ma chérie.
43:32 J'essaie de sortir de la routine.
43:37 Oui, mais tu dois être prudente.
43:40 Un tas de jeunes désœuvrés sont à la recherche de femmes de ton âge.
43:44 À 50 ans passés, une femme peut perdre la tête pour ce genre de garçon.
43:49 Alors, prends garde, ma chérie.
43:52 Ce genre de relation ne donne rien de bon.
43:55 Je trouve cet exercice bénéfique.
43:58 Pour toi aussi, j'espère.
44:00 Ce qui importe, c'est le bonheur.
44:02 Si je ne m'abuse, c'est toi qui l'as dit un matin au petit déjeuner, il y a moins de 10 jours.
44:07 Euh, oui.
44:10 On aurait un fascinant dernière rencontre, Miss Lemon.
44:15 Claude a très bien rempli son contrat, comme d'habitude.
44:18 Alors, le mari les a surpris ?
44:20 Oui, ça lui a ouvert les yeux.
44:22 Splendide. Et qui va recevoir un petit cadeau pour sa peine ? C'est Claude.
44:26 Je ne serais pas surpris que ce soit une montre en or, selon toute probabilité.
44:29 Oh, non, c'est un peu banal. Un étui à cigarettes en or, plutôt.
44:33 Claude, durant le déjeuner, ce sera le meilleur moment pour dire que vous renoncez à votre genre de vie.
44:41 Déjà ?
44:43 Omnus l'a en douceur, c'est d'accord ?
44:47 Pour moi ?
44:49 Oui. Cela vous plaît-il ?
44:52 Pourquoi ? Je ne demande rien. Je ne veux rien. Je n'en veux pas.
44:58 Pourquoi ?
45:00 Je n'en veux pas, c'est tout.
45:02 Excusez-moi.
45:05 Un danseur mondain, un gigolo, ça se gâte.
45:07 Vous croyez que je vis des femmes, que je suis un lierre. C'est cela, avouez-le.
45:10 Je vous ai dit de m'excuser, j'ai manqué de tact.
45:12 Vous êtes une fille de merde.
45:14 Je vous ai dit de m'excuser, j'ai manqué de tact.
45:16 Vous avez vu juste, au contraire, c'est vrai.
45:18 Eh bien, oui, on m'a ordonné d'exaucer vos caprices, de vous amuser,
45:21 de capter votre attention pour vous détourner de votre épouse.
45:23 Claude, je le savais, c'est sans importance.
45:25 J'ai été payé pour ça, Maria. Il n'y a vraiment pas de quoi être fier.
45:29 Pourquoi le dites-vous maintenant ?
45:31 Parce que j'en ai honte. J'arrête ce jeu stupide à cause de vous.
45:35 Vous êtes différente, Maria.
45:38 Vous êtes le genre de femme en qui je peux avoir confiance et que j'adore.
45:42 Je sais, tout ce que je raconte a l'air de faire partie de mon rôle.
45:45 C'est inexact et je le prouverai.
45:48 J'ai décidé de partir loin d'ici.
45:50 Je me transformerai en homme pour ne plus continuer ce jeu
45:52 et détruire l'ignoble individu qui est devant vous.
45:54 Partir ? Est-ce que c'est nécessaire ?
45:56 C'est la seule issue.
45:58 J'ai vécu comme un lâche, toujours.
46:01 Mais j'ai fait le serment d'être un homme maintenant.
46:04 Vous lisez une certaine rubrique, je crois.
46:06 Eh bien, à cette date, chaque année, vous trouverez un message dedans.
46:10 Claude, pourquoi ?
46:12 Un message disant que je ne vous oublie pas et que ma vie est digne.
46:16 Chaque année, vous saurez ainsi que vous m'avez remis dans le droit chemin.
46:22 J'ai refusé votre gentille présence. Je veux que vous acceptiez le mien.
46:28 Non, je n'accepterai rien du tout.
46:29 Maria, je vous prie de vous taire.
46:31 Je souffre assez d'avoir à vous dire au revoir.
46:34 C'était à ma mère.
46:39 Je souhaite qu'elle soit à vous.
46:41 Adieu, Maria.
46:56 Adieu, Maria.
46:58 Écoute, Maria, reparlons de cette fille.
47:12 Oui, chéri.
47:14 Je ne voulais pas te faire de peine, sois-en sûre.
47:16 Tu me crois. C'était en toute innocence.
47:19 Je sais. J'ai été idiote.
47:22 Si ton bonheur est d'être avec elle, tu le peux sans remords.
47:25 Maria !
47:26 Oui, Georges.
47:27 Mais c'est immoral qu'une épouse incite son mari à sortir avec une autre femme.
47:32 Crois-tu ?
47:33 Mais oui, ça frôle l'indécence.
47:36 C'est surtout moins drôle, je pense.
47:38 Tu trouves vraiment ça drôle ?
47:39 Non, Georges.
47:41 Mais ce que tu ne réalises pas, c'est que c'est littéralement épuisant, cette sorte de chose.
47:47 Quelle sorte de chose, Georges ?
47:49 Danser, sortir le soin.
47:52 Oui, je me rends compte que tu allais très plutôt tirer.
47:55 Dans ce cas, rien de tel que la détente.
47:58 On peut peut-être s'en aller tous les deux pour quelques semaines, si tu le souhaites.
48:02 Ne te soucies pas de moi. Je me sens très bien.
48:04 Diable de femme, tu n'es jamais d'accord avec moi.
48:08 On pourrait aller sur la rivière.
48:10 Que dis-tu de cela ?
48:13 Pourquoi pas, en tout cas ?
48:16 Oui, oui.
48:17 Pabworth, Pagford, Packington.
48:22 Voilà.
48:23 Sauf erreur, je crois que ce cas est classé.
48:26 Statistiquement, oui.
48:28 Combien les divertissements ont-ils coûté ?
48:33 102 livres, 40 shillings et 6 pence.
48:36 Ah, bonjour, Claude.
48:38 Tout s'est passé comme prévu ?
48:40 Oui, je suppose, monsieur.
48:41 La vague, quel nom avez-vous fait graver à l'intérieur ?
48:44 Mathilde, 1900.
48:46 Et l'annonce, quelle est, le libellé ?
48:48 Je pense à vous, tout va bien, Claude.
48:50 Prenez en note, Miss Lemoyne,
48:52 affaire insérée chaque année dans les petites annonces.
48:54 Quelle date aujourd'hui ? Le 1er novembre, pendant...
48:57 Montrez-moi la note de frais, s'il vous plaît.
48:59 Pendant...
49:01 On peut lui en accorder pour 10 ans.
49:03 Ça laissera un bénéfice de 14...
49:06 76, 90 livres.
49:08 C'est correct, très correct.
49:10 M. Parker, il faut que je vous dise quelque chose.
49:12 Ce qu'on fait là est dégoûtant et avilissant.
49:15 Mon cher petit...
49:18 Entrez dans le bureau un moment.
49:21 C'est indubitablement l'élément de surprise de dernière...
49:26 Vous ne l'avez pas prévu dans vos statistiques ?
49:29 Alors, Claude...
49:36 C'est une femme adorable et lucide aussi.
49:39 J'ai honte de ce que je lui ai raconté,
49:41 honte de ces mensonges, de cette duplicité.
49:43 J'en ai assez et ça me fait mal au coeur.
49:45 Dites-moi, jusque-là, votre coeur ne vous a jamais troublé.
49:48 Vous aviez une splendide carrière devant vous.
49:50 Eh bien, je commence à réagir différemment, c'est tout.
49:53 Toujours trompé, c'est... c'est déloyal.
49:55 Stop !
49:56 Regardons les choses en face, Claude.
49:58 Au lieu de gaspiller en vain votre côté mercenaire naturel,
50:02 vous avez offert à une femme un peu de tout ce qui lui manquait.
50:05 Une romance.
50:07 Les femmes détruisent les passions, les grandes passions,
50:10 et elles les oublient, mais une romance.
50:13 Une romance, mon cher Claude,
50:15 mais mal abri, dans de la lavande,
50:18 et sa délicatesse reste intacte durant des éternités.
50:21 Je connais bien les êtres, mon petit,
50:23 et je vous assure qu'un coeur de femme
50:25 se souvient toute sa vie d'une telle aventure.
50:28 Alors, vous n'avez qu'à vous féliciter
50:30 de tout ce que vous avez apporté à madame Packington,
50:34 sans crise de conscience et sans remords.
50:37 Il se trouve que j'en ai.
50:40 Intéressant résurgence de conscience.
50:57 Le danseur mondain aurait-il une âme ?
51:03 On ne peut même plus se fier aux statistiques.
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