00:00Vous le savez, toujours pas de gouvernement bruxellois, et ça fait dix mois.
00:03Une attente qui a de lourdes conséquences pour de nombreuses structures,
00:07notamment les ASBL qui dépendent des subsides régionaux pour maintenir certains projets
00:12et en proposer de nouveaux à leurs bénéficiaires.
00:14Des subsides qui ne sont donc toujours pas renouvelés pour le moment, faute de gouvernement.
00:19On est allé voir deux ASBL bruxelloises sous tension qui s'inquiètent de ce blocage politique.
00:24Je suis Ariane Derix, directrice générale de l'ASBL Lilo.
00:28À court terme, disons que la situation n'est pas trop problématique pour nous
00:32puisqu'on fonctionne comme beaucoup d'autres ASBL avec ce qu'on appelle les douzièmes provisoires.
00:38Les mêmes budgets que ceux dont on a bénéficié en 2024 sont reconduits mois par mois en 2025
00:43jusqu'à ce que le nouveau gouvernement se mette en place.
00:46Ce qui est difficile, c'est que même si ce sont les mêmes budgets, nos coûts ont augmenté.
00:50Les salaires ont augmenté, les coûts de fonctionnement ont augmenté.
00:52Donc on doit quand même arriver à faire la même chose avec moins.
00:55Ce qui est plus complexe aussi, c'est d'envisager la suite des opérations.
01:01On est presque à la moitié de l'année et on a, nous, un budget largement déficitaire,
01:07sans aucune garantie qu'une fois que le gouvernement bruxelloise se mettra en place,
01:11les budgets des années précédentes vont être reconduits.
01:13On doit tout le temps se remettre en question, innover pour pouvoir accompagner correctement les publics
01:19et pouvoir toujours en accompagner un peu plus.
01:21Dans une situation où les budgets ne sont pas reconduits ou en tout cas pas sécurisés,
01:26il est hors de question qu'on prenne le moindre risque supplémentaire.
01:29On en prend déjà en fait en maintenant en place des équipes dont on ne sait pas si on pourra les financer l'année prochaine.
01:34Toute opération d'innovation qui permettrait d'améliorer la qualité de l'accompagnement des publics est exclue.
01:39Les niveaux de pouvoir qui nous financent, c'est-à-dire le niveau régional, n'est pas là, pas au rendez-vous.
01:44On a des situations de conditions de travail qui sont intenables pour nos équipes,
01:48qui créent de la pénibilité dans un secteur déjà pénible au départ,
01:51qui créent de l'épuisement, de la perte de sens.
01:54Ça a des conséquences en cascades en fait de pénurie de travailleurs et de travailleuses sociales.
01:59Et en fait on tombe dans un cercle vicieux qui n'arrange rien,
02:03où on crée de la violence institutionnelle aussi par rapport à nos publics
02:06à qui on ne peut plus vraiment proposer des services de qualité.
02:10C'est quand même extrêmement compliqué de tenir dans ce contexte-là.
02:15C'était déjà compliqué même en ayant des interlocuteurs politiques en face de nous.
02:18Ça l'est encore plus quand on n'a pas d'interlocuteurs en face de nous.
02:22Je suis Sardine Pouturier, je suis à Directive de Convivance.
02:25Ces deux grandes missions principales sont l'accompagnement des locataires
02:29qui ont des problèmes avec leur logement ou avec leur d'ailleurs,
02:32effet de la lutte contre la salivité.
02:34Et de l'autre côté, l'accompagnement des propriétaires
02:37qui veulent faire des travaux de rénovation dans le cadre de la stratégie rénovation.
02:42La difficulté dans laquelle on est pour le moment,
02:44c'est qu'en fait on n'a ni un gouvernement de plein exercice,
02:47mais on n'a même plus vraiment un gouvernement en effet courante.
02:50Et donc ça a un impact considérable,
02:53parce qu'en fait on n'a pas de ligne directrice
02:56dans lesquelles on crée nos missions.
02:59Donc on ne sait pas nous où on va, on navigue complètement à vue.
03:02Au mois de mars, Convivance n'avait pas les moyens
03:06de payer les 17 travailleurs.
03:09Et on a dû donc faire une demande de crédit.
03:12On a dû reporter toute une série de dépenses,
03:15demander des délais de paiement.
03:17Donc ça c'est le côté très pour terme, très concret.
03:20Nous on est vraiment un acteur de première ligne.
03:22On est au contact direct avec les verseurs,
03:25avec leurs difficultés.
03:26C'est facile de dire on va faire des économies aujourd'hui
03:30en coupant dans les subsides.
03:32Mais demain, ça va être des coûts beaucoup plus élevés,
03:36des coûts sociaux, des coûts humains
03:38qui vont être beaucoup plus importants.
03:40Cette crise politique bruxelloise n'affecte pas que les ASBL.
03:43D'autres secteurs sont touchés et sont plongés dans l'incertitude.
03:46Pour en savoir plus, retrouvez notre dossier spécial SOS Bruxelles
03:50ce week-end dans votre journal et sur lessoir.be.
Commentaires