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Dans son édito du 06/11/2026, Paul Sugy revient sur la mobilisation du jeudi 5 novembre et l'impopularité d'Emmanuel Macron 

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Transcription
00:00D'abord que la mobilisation est massive, que la contestation ne faiblit pas et que même un jour de semaine,
00:05un jeudi, l'extrême gauche, la gauche radicale a rassemblé près de 600 000 personnes selon la police, quasiment trois
00:12fois plus selon la CGT.
00:13En tout cas, 200 cortèges différents et des records de nombre de manifestants battus dans un certain nombre de villes
00:18de France.
00:19On peut dire que la reprise en main du mouvement par les syndicats a signé aussi son assagissement.
00:23Alors bien sûr, les scènes rituelles d'affrontement entre les queues de cortège et les forces de l'ordre demeurent
00:29insupportables.
00:29Mais on ne peut pas dire qu'elles représentaient l'esprit général de la journée et les centres-villes, eux,
00:34n'ont pas été mis à sac cette fois-ci.
00:36Les foules étaient pour l'essentiel bruyantes et festives, mais pacifiques, étonnamment diverses.
00:41On a même vu des anciens polytechniciens en grande uniforme, pas sûr que ce soit l'endroit.
00:45Mais ça montre aussi la diversité de cette France-là.
00:48Ce mouvement résiste aux caricatures et en tout cas, politiquement, il faut le prendre au sérieux.
00:52Alors qui était la France qui manifestait hier ?
00:54Celle de la France insoumise pour l'essentiel.
00:56Preuve en est que Raphaël Glucksmann n'a pas pu faire plus de 30 mètres à leur côté avant de
01:00devoir quitter le cortège.
01:01C'est-à-dire, au fond, une foule de gens qui, bien que cette fois il l'ait exprimé pacifiquement,
01:05pensent toujours que tous leurs malheurs sont à cause du capitalisme et des riches
01:09et qu'il suffira de changer le système pour que la France devienne un paradis sur terre.
01:12Alors on se dit que la conférence sociale annoncée par Sébastien Lecornu pour lundi à Matignon ne va pas réussir
01:18à apaiser les manifestants.
01:21Ça paraît difficile.
01:22Sébastien Lecornu jouait presque l'an passé avec les parlementaires socialistes un jeu plus facile que cet automne
01:27où il doit faire face désormais à des organisations syndicales jusqu'aux boutistes.
01:30On voit mal comment les négociations peuvent aboutir car il a les mains liées.
01:33Il est impuissant politiquement et n'a aucune marge de manœuvre économique et financière pour perdre la moindre concession d
01:39'envergure.
01:39Surtout ceux qui manifestent au fond demandent en réalité une chose, c'est le départ d'Emmanuel Macron.
01:44Et là-dessus ce n'est pas le plus fidèle paratonnerre du président de la République qui pourra le leur
01:48offrir.
01:48En ça d'ailleurs les manifestants d'hier ont un point commun avec les milliers d'autres qui se pressaient
01:52à la signature dédicace de Jordan Bardella et d'un beaumont
01:54ou surtout à ceux bien plus nombreux encore qui se tairent dans une indifférence politique profonde.
01:59Tous veulent qu'Emmanuel Macron s'en aille.
02:02On dit de ce pays qu'il est fracturé mais au fond cette exaspération collective
02:06semble réunir une immense majorité de français et le ton lui s'éternise à mesure que le président de la
02:12République était déjà impuissant
02:13semble désormais devenir même indifférent à l'égard de la situation du pays.
02:18Le macronisme devait être une révolution politique.
02:21Il accouche du plus interminable des comptes à rebours, la fin de règne la plus longue du monde.
02:25Et ce ne sont pas des textos kilométriques envoyés à une ancienne journaliste du service public qui vont échanger quoi
02:29que ce soit.
02:30Sous-titrage Société Radio-Canada

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