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Les conseils de notre docteur Brigitte Milhau sur les sujets santé qui vous concernent dans #LaMatinale

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Transcription
00:00Je vais quand même commencer par expliquer pourquoi la moustache.
00:02Parce que mot, ça veut dire moustache en anglais.
00:04Et donc, c'est devenu le symbole de la sensibilisation au cancer masculin,
00:09mais non seulement au cancer masculin, mais aussi à la santé mentale des hommes.
00:13Et c'est devenu, et donc les hommes, normalement, quelques-uns le font,
00:17se laissent pousser la moustache au mois de novembre.
00:20Donc c'est fini, c'était juste pour la blague.
00:24Je me suis fait la moustache.
00:26Ça a bien fonctionné, en tout cas.
00:27Ça a bien fonctionné.
00:28Donc voilà.
00:30Oui, vous le disiez, c'est vrai.
00:32Alors, on va faire un petit rappel sur la prostate.
00:35C'est une glande qui se trouve sous la vessie, devant le rectum,
00:38et qui participe à la fertilité, à la sexualité, etc.
00:42Alors, c'est vrai que, comme vous le disiez, c'est très fréquent.
00:45C'est le cancer le plus fréquent chez l'homme.
00:47Un homme sur huit, vous savez, on vient de parler d'Octobre Rose.
00:51Une femme sur huit, un cancer du sein.
00:53Là, c'est un homme sur huit, un cancer de la prostate.
00:55Donc c'est très fréquent.
00:56Donc on pourrait se dire, pourquoi pour les femmes, c'est un sur huit et on fait un dépistage systématique,
01:01organisé, national ?
01:02Et pourquoi pour les hommes, c'est un homme sur huit et pourquoi on ne ferait pas un dépistage ?
01:06On pourrait se poser la question.
01:07Et je vais vous expliquer pourquoi.
01:08On va voir là les différentes raisons.
01:11Alors, déjà, des études ont été faites et ont montré qu'en fait, le fait de faire un dépistage organisé
01:17n'avait pas d'influence, n'avait pas de bénéfice sur la mortalité.
01:21Donc déjà, c'est une des bonnes raisons.
01:25Mais surtout, vous savez, quand on veut doser, savoir si votre prostate va bien, on va faire ce qu'on
01:29appelle des PSA.
01:30Des PSA, c'est simplement avec une prise de sang où on dose, ce sont des antigènes spécifiques de la
01:35prostate et on va voir s'ils sont élevés, c'est qu'il y a un petit risque, etc.
01:40Sauf qu'en fait, ce n'est pas si fiable que ça et ce n'est surtout pas si spécifique
01:44que ça.
01:45C'est-à-dire qu'on peut avoir une hypertrophie bénigne de la prostate qui arrive souvent en vieillissant, c
01:50'est très fréquent aussi, c'est tout à fait bénin, comme son nom l'indique, et ça peut faire monter
01:54les PSA.
01:55On peut avoir une infection urinaire et ça peut faire monter les PSA.
01:58On peut avoir une prostatite, une inflammation de la prostate et ça fait monter les PSA.
02:02Il y avait même une étude qui avait montré que le simple fait de faire beaucoup de vélos pouvait faire
02:06monter les PSA.
02:07Donc, ce n'est pas assez spécifique et assez fiable et de même qu'à contrario, des PSA normaux n
02:17'éliminent pas le fait que vous ayez un cancer.
02:21Attention, il faut continuer à les faire les PSA, mais je vais y revenir après.
02:24Après, un risque de surdiagnostic.
02:26En fait, ça c'est le vrai problème qui explique qu'on ne fait pas de dépistage en France.
02:33Certains pays le font.
02:34C'est qu'en fait, parmi tous les cancers, les 1 sur 8 dont je vous ai parlé, tous les
02:39cancers de la prostate,
02:41il y en a certains qui sont agressifs, très agressifs, il y en a certains qui sont moyennement agressifs
02:47et il y en a certains qui sont indolents.
02:50Quand je dis indolents, ça veut dire que vous pouvez très bien avoir un cancer de la prostate toute votre
02:54vie
02:55et ne jamais en entendre parler.
02:57Il y avait une grande étude qui avait été faite, des autopsies sur des hommes qui étaient décédés.
03:02On a regardé la prostate, il y en avait plus de 60% qui avaient eu un cancer de la
03:07prostate
03:07mais qui n'en avaient jamais entendu parler.
03:10Donc, il faudrait arriver à faire la différence entre les agressifs et les indolents, vous voyez ?
03:14Ensuite, les examens complémentaires.
03:17Pour savoir si vous avez un problème de prostate, il y a les PSA, comme je vous l'ai dit,
03:21mais qui ne sont pas tout à fait fiables.
03:23Le toucher rectal, puisque je vous ai dit qu'elle était la prostate, elle est devant le rectum.
03:27Donc, avec un toucher rectal, on va voir, apprécier sa consistance, si elle est souple, si elle est dure, etc.
03:34Et surtout, s'il y a un doute, on va vous faire une biopsie.
03:38Ce n'est pas rien.
03:39Pour un cancer indolent, aller faire une biopsie, ce n'est pas rien.
03:42Ensuite, on va sûrement vous opérer, si on l'a diagnostiqué, sans savoir s'il aurait été agressif ou pas.
03:48On vous opère avec les complications de tous les traitements, hormonothérapie, chimiothérapie, intervention,
03:54avec les risques de l'intervention sur la sexualité.
03:58Voilà pourquoi il n'y a pas, malgré la fréquence, de dépistage systématique.
04:03En revanche, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de dépistage généralisé qu'il ne faut
04:07pas faire un dépistage personnalisé.
04:11Là, je vous ai mis les signes, alors là, vous allez voir votre médecin.
04:16Si vous avez des difficultés urinées, des envies fréquentes, notamment la nuit,
04:20vous allez faire pipi plusieurs fois dans la nuit, des brûlures en urinant,
04:23un jet qui n'est pas terrible, des difficultés à avoir le jet, puis ça s'arrête, puis ça recommence,
04:28du sang dans les urines, voire dans le sperme, des troubles de l'érection ou des éjaculations douloureuses.
04:34Là, il faut consulter.
04:36Mais de toute façon, c'est l'exemple type de la pathologie dont on discute.
04:41Avec son médecin.
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