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00:00:00Sud Radio, la France dans tous ses états, Érico Légas.
00:00:06Bonjour et bienvenue sur Sud Radio, en ce lundi 14 septembre 2026.
00:00:12La semaine commence sur des chapeaux de roue avec une actualité tonitruante et très agitée, très mouvementée.
00:00:18A mes côtés, plus que mon bras droit, j'allais dire ma conscience, Anissa Arfawi.
00:00:26Et puis en face de moi, Daisy, qui s'assure de la qualité de cette émission 19 et demi sur
00:00:3120,
00:00:31parce que le 20 sur 20 n'existe pas à Sud Radio.
00:00:33Et puis Jérémy qui va recevoir vos appels.
00:00:36Et Elvin surtout, qui est là pour s'assurer.
00:00:38Alors Elvin, si tu as un message à faire passer, genre va chercher, que tu as oublié de prendre le
00:00:42pain,
00:00:43ou de garer la voiture, on peut transmettre, il faut profiter, c'est maintenant ou jamais.
00:00:47Autrefois sur RTL, ça se faisait, ah, dis-donc, dis-donc, j'ai oublié les clés du camion.
00:00:51Sud Radio, comment est la radio ?
00:00:52De la réalité, partout, on peut passer des messages personnels.
00:00:56Voilà, revenons, je vais retrouver mes esprits et vous dire de quoi nous allons parler aujourd'hui.
00:01:00On s'inquiétait des gilets jaunes, mais où sont-ils passés ?
00:01:03Ils avaient quand même quelques raisons, depuis quelques mois, pour ne pas dire quelques années,
00:01:07de se remobiliser les gilets jaunes.
00:01:09Ne serait-ce que le tarif des carburants et d'autres mesures gouvernementales
00:01:13qui pourraient engendrer des colères et des indignations.
00:01:16Eh bien, écoutez, il a fallu qu'on évoque cette possibilité pour que nous apprenions qu'il y a probablement
00:01:21une mobilisation le 17 octobre.
00:01:22Et nous allons recevoir pour ça Jérôme Rodriguez, qui fut un des leaders du mouvement des gilets jaunes.
00:01:27Nous allons voir avec lui si cette fois-ci, ça peut reprendre.
00:01:30Souvent, ça ne reprend pas un mouvement, ça s'est vu dans l'histoire.
00:01:32Il y a un mouvement social et puis il est impossible de le faire redémarrer.
00:01:35Et si, au contraire, il peut reprendre, parce que les raisons pour lesquelles le mécontentement de ces gens-là,
00:01:41de cette partie du peuple français qui est en souffrance, justifierait qu'il y ait une grosse et forte mobilisation.
00:01:47À 12h45, André Bercoff dissertera sur le rire féminin.
00:01:53Il va parler d'une chercheuse sur le rire qui a touché un million et demi d'euros.
00:01:57Vous riez de temps en temps, Anissa ?
00:01:59À tous les jours.
00:02:00Voilà, mais vous ne touchez pas un million et demi d'euros.
00:02:02Non, je vais négocier mon rire, on ne sait jamais.
00:02:04Ça se saurait, ça se saurait.
00:02:06Question très importante, est-ce que la France est passée à basculer dans un état de corruption ?
00:02:12Est-ce qu'elle est une république corrompue ?
00:02:14Et est-ce que le délitement de l'état de droit est à l'origine de cette situation
00:02:18où la corruption semblerait prendre plus d'importance ?
00:02:22Nous allons recevoir un éminent spécialiste qui s'appelle Jérôme Carsanti, il est connu du grand public.
00:02:26Il a écrit le livre Corruption au pluriel, l'effondrement de l'état de droit.
00:02:31Jérôme Carsanti est un avocat, un avocat pénaliste,
00:02:33mais qui a pris souvent des positions très courageuses contre certaines dérives de la classe politique,
00:02:38notamment sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.
00:02:41Et il a édité ce livre aux éditions Autrement, on l'aura pendant une heure avec lui.
00:02:45Je pense que le débat sera, j'allais dire, fourni.
00:02:48Je ne vais pas dire tendu, mais on va se dire des choses.
00:02:51Et puis, Alissa, il y a d'autres informations.
00:02:53Évidemment qu'il y a plein d'autres informations.
00:02:55On va parler du portable au lycée.
00:02:57On verra que la mesure n'est pas vraiment appliquée partout.
00:02:59Nous reviendrons aussi sur le procès du meurtre de Zakaria,
00:03:02un gosse de 15 ans tué pour avoir voulu instaurer la paix.
00:03:05On reviendra sur les dangers de l'intelligence artificielle
00:03:08et du scandale du périscolaire qui démontre aujourd'hui
00:03:10que la sécurité de nos enfants devient un privilège réservé
00:03:13à ceux qui peuvent payer.
00:03:15Ces sujets vous font déjà réagir.
00:03:17Faites-le nous savoir dès maintenant au 0826 300 300.
00:03:25Oui, mon humeur porte sur un sujet douloureux, ancien dans ce pays
00:03:31qui est le comportement des gens du voyage.
00:03:34Bien entendu, la majorité des gens du voyage
00:03:37qui sont des gens qui sont sur la route.
00:03:40Le nom, on disait autrefois, les manouches, les roms.
00:03:44Il ne faut pas confondre.
00:03:45À l'origine, peut-être qu'il y a des gens qui arrivaient de Roumanie.
00:03:47Aujourd'hui, c'est une catégorie, j'allais dire, sociologique très précise.
00:03:51Les gens du voyage, ils sont connus, ils sont encadrés
00:03:54et ils ont eux-mêmes leur culture, leurs mœurs, leurs pratiques.
00:03:58Par définition, ce sont des nomades,
00:03:59c'est-à-dire qu'ils circulent à travers la France, ils se déplacent.
00:04:02Alors, il y a depuis quelques années...
00:04:04Autrefois, ils étaient vraiment campés comme ils pouvaient.
00:04:07J'ai connu, moi, gamin, encore les voitures avec les chariots,
00:04:11les roulottes avec les chevaux.
00:04:13Aujourd'hui, ils ont des moyens de déplacement qui sont beaucoup plus élaborés.
00:04:17Le problème, c'est que quelquefois, ils s'installent dans des endroits
00:04:20qui ne leur sont pas destinés et qui sont des endroits privés.
00:04:24Beaucoup de municipalités ont aménagé un espace pour les gens du voyage
00:04:27qui est indiqué, qui est signalé.
00:04:29Souvent, ça ne leur convient pas et ils s'installent.
00:04:31Et là, depuis quelques temps, j'ai constaté,
00:04:34parce que des amis m'alertent, parlementaires ou élus locaux,
00:04:38me disent qu'il y a une multiplication du comportement incivil,
00:04:42des incivilités des gens du voyage,
00:04:43qui s'installent dans des espaces, souvent dans des prairies,
00:04:47dans des espaces agricoles.
00:04:49Évidemment, leur présence, 150, 80, 150, 200, 300 caravanes.
00:04:54Vous imaginez les dégâts que ça peut avoir.
00:04:57Ils captent l'électricité directement sur les câbles de EDF.
00:05:01Ils ont d'ailleurs des camions très sophistiqués.
00:05:04Ils prennent l'eau sur les pompes à incendie.
00:05:05Tout ça est totalement interdit.
00:05:07Et à chaque fois, les élus m'ont dit,
00:05:09évidemment, la préfecture est prévenue, la gendarmerie arrive,
00:05:12on ne peut rien faire.
00:05:13Et mon humeur vient du fait que,
00:05:15quand les maires se fâchent, demandent l'application de la loi,
00:05:19il faut respecter l'état de droit.
00:05:21C'est-à-dire que l'arrêté préfectoral,
00:05:23quand il est émis il y a 48 heures,
00:05:25avant qu'il soit exécuté,
00:05:27les gens du voyage ont donc deux jours avant de pouvoir l'appliquer.
00:05:30Et ils ont le droit de faire un référé,
00:05:32parce qu'ils ont évidemment des moyens,
00:05:33ils ont des avocats.
00:05:34Et c'est référé, le temps qu'ils aboutissent,
00:05:37et bien ça leur redonne trois jours de plus.
00:05:38Et pendant ce temps-là,
00:05:39et bien l'état de droit n'existe plus,
00:05:41la république n'existe plus.
00:05:43Et surtout, c'est pour ça que j'ai voulu en dire un mot,
00:05:46de façon sous forme d'humeur,
00:05:48le nombre de maires qu'ils m'ont dit,
00:05:50en contactant la préfecture,
00:05:52en se fâchant, en disant
00:05:53je vais faire ma police moi-même,
00:05:54on ne leur dit surtout pas.
00:05:56Et beaucoup de préfets,
00:05:57ou de commandants de gendarmerie,
00:05:59ou de représentants de l'État,
00:06:00disent à ces maires indignés, exaspérés,
00:06:03nous n'avons pas les moyens de faire face,
00:06:06c'est un campement trop important,
00:06:07si nous appliquons la loi par la force,
00:06:09et que ça dégénère,
00:06:10et les risques de dégénérescence sont énormes,
00:06:14si ça dégénère,
00:06:15nous n'aurons pas les moyens,
00:06:17ni matériels, ni en effectif,
00:06:19de maintenir l'ordre,
00:06:20ou j'allais dire,
00:06:23d'encadrer,
00:06:24ou de contenir un mouvement d'humeur
00:06:26de la part de gens de voyage qui seraient en colère.
00:06:28Voilà, donc aujourd'hui, nous avons en France
00:06:30des territoires qui ne sont plus tout à fait dans la République,
00:06:32des maires qui ne peuvent pas appliquer
00:06:35leurs décisions municipales,
00:06:36des préfets qui vous disent,
00:06:37je n'ai pas les moyens,
00:06:37et des commandants de gendarmerie
00:06:39qui vous disent,
00:06:39je n'ai pas assez d'effectifs.
00:06:40Donc ces gens se sentent dans l'impunité,
00:06:42je redis que ce n'est pas la majorité,
00:06:44mais les cas se multiplient en ce moment,
00:06:46et on a une situation qui est effectivement,
00:06:49la citoyenneté,
00:06:49les gens sont totalement scantilisés et indignés,
00:06:52il y a des gens qui enfraînent la loi,
00:06:53qui se prennent immédiatement une sanction,
00:06:55une amende ou une punition pour moins que ça,
00:06:57et là, c'est le viol,
00:06:58en plus, effraction,
00:07:00rentrer dans une propriété,
00:07:01détériorer,
00:07:02laisser les landroits dans un état catastrophique,
00:07:04et il n'y a pas de réponse,
00:07:05il n'y a pas de sanction,
00:07:07il n'y a pas de...
00:07:08on ne peut pas appliquer la loi.
00:07:09La République n'est pas à sa place,
00:07:12et je voulais attirer l'attention
00:07:13de ceux qui nous écoutent,
00:07:15sur le fait que c'est une situation
00:07:16qui est inacceptable,
00:07:17je pense surtout aux agriculteurs
00:07:19qui sont souvent victimes
00:07:20de ces débordements,
00:07:21de ce comportement illicite,
00:07:23et qui n'ont pas les moyens de se défendre
00:07:25et vers lesquels l'État
00:07:27n'a aucun moyen de les protéger.
00:07:29Les Gilets jaunes sont-ils vraiment de retour ?
00:07:31Une question que l'on va aborder
00:07:33avec Jérôme Rodriguez,
00:07:34figure emblématique du mouvement
00:07:36des Gilets jaunes,
00:07:37il sera avec nous dans quelques instants
00:07:38sur Sud Radio.
00:07:39Fait du jour.
00:07:40Non seulement on avait raison il y a 8 ans,
00:07:42ça s'est aggravé,
00:07:43le panier de la ménagère,
00:07:44c'est une explosion,
00:07:46c'est une catastrophe,
00:07:47par 3, par 4,
00:07:48là c'est la première de l'année en fait,
00:07:50pour nous,
00:07:50mais ça ne s'est pas fini,
00:07:52on va continuer.
00:07:53Anissa,
00:07:55les Gilets jaunes seraient de retour.
00:07:57En novembre 2018,
00:07:58ils étaient déjà près de 283 000
00:08:00dès la première journée de mobilisation
00:08:02à enfiler un Gilet jaune
00:08:04et à occuper les ronds-points.
00:08:05En moins d'un mois,
00:08:06ils obtenaient gain de cause
00:08:07sur la taxe sur les carburants,
00:08:09mais pas sur leurs revendications de fonds.
00:08:11Le mouvement s'éteint en mars 2020,
00:08:12avec le confinement et le Covid,
00:08:14mais depuis quelques jours,
00:08:15tous les regards sont à nouveau
00:08:16tournés vers eux.
00:08:18Pourtant, les Gilets jaunes
00:08:18ne sont peut-être pas vraiment de retour,
00:08:20pour en parler avec nous,
00:08:21une figure emblématique du mouvement.
00:08:23Jérôme Rodriguez,
00:08:24bonjour.
00:08:26Bonjour.
00:08:26Bonjour Jérôme Rodriguez,
00:08:28merci d'être en direct avec nous
00:08:29sur Sud Radio.
00:08:31Évidemment,
00:08:32je disais dans mon introduction,
00:08:33on s'étonnait
00:08:34qu'il n'y ait pas eu de mouvement d'humeur,
00:08:36non seulement des Gilets jaunes,
00:08:38mais d'une partie de la population française,
00:08:39compte tenu du cumul des inepties gouvernementales,
00:08:42de l'explosion des tarifs des carburants.
00:08:45Et là, on sent un frémissement,
00:08:46parce que peut-être que certains services,
00:08:48certaines limites ont été franchies,
00:08:50et on sent l'exaspération gagner,
00:08:52gagner le terrain de ce peuple français
00:08:54qui n'en peut plus.
00:08:55Jérôme Rodriguez,
00:08:56vous avez été au cœur,
00:08:57vous avez été un des leaders du mouvement précédent,
00:08:59quand il était, j'allais dire,
00:09:00au sommet de sa puissance.
00:09:02D'abord, est-ce que vous considérez
00:09:03que cette fois-ci,
00:09:04les conditions sont réunies
00:09:05pour qu'une exaspération s'exprime dans la rue ?
00:09:08Deuxièmement,
00:09:09est-ce que le mouvement des Gilets jaunes,
00:09:10tel que vous l'avez connu,
00:09:11tel que vous l'avez animé et accompagné,
00:09:13est-ce qu'il pourrait se reproduire
00:09:14de cette même façon ?
00:09:18Il y a beaucoup de choses à dire.
00:09:21Dans un premier temps,
00:09:23j'ai eu du mal un petit peu à comprendre
00:09:25l'effet mayonnaise dans les médias
00:09:26ces dernières 72 heures,
00:09:28parce que ça avait commencé à partir de vendredi,
00:09:29sur un éventuel mouvement,
00:09:31ce que vous appelez dans les médias,
00:09:33retour des Gilets jaunes.
00:09:34Moi, aujourd'hui,
00:09:35j'ai eu le temps de creuser tout le week-end,
00:09:38d'appeler des entités,
00:09:40des référents au sein des différentes régions,
00:09:43ou d'autres,
00:09:44parce qu'il y a eu des gens,
00:09:46les premières personnes,
00:09:47qui ont créé le mouvement.
00:09:48Aujourd'hui,
00:09:49la seule chose que je peux vous dire,
00:09:50c'est que personne n'en a entendu parler.
00:09:51Et personne n'est à l'initiative
00:09:53de quoi que ce soit.
00:09:54Donc, à un moment donné,
00:09:55il faut se poser la question,
00:09:56d'où vient cette date ?
00:09:57Qui a posé cette date ?
00:09:58Et pourquoi elle a été posée ?
00:10:00Ça, c'est la première chose.
00:10:02Parce que je n'ai aucun retour.
00:10:04Autant, l'année dernière,
00:10:05sur le 10 septembre,
00:10:06j'avais les contacts
00:10:07et les différents référents
00:10:08qui étaient à l'organisation
00:10:10de ce mouvement,
00:10:11qui devait être aussi
00:10:12un mouvement de révolte
00:10:13à l'époque du 10 septembre.
00:10:15eux-mêmes,
00:10:15n'en ont pas entendu parler.
00:10:18D'où vient ce titre aujourd'hui,
00:10:21le retour des Gilets jaunes ?
00:10:22Est-ce qu'on a tellement marqué
00:10:24notre époque
00:10:24qu'aujourd'hui,
00:10:25ça devient limite
00:10:26une référence
00:10:28de dire que s'il y a une révolte,
00:10:29ce sera forcément des Gilets jaunes ?
00:10:31Je n'ai pas la réponse à la question.
00:10:33Mais à l'heure actuelle,
00:10:35je vous dis que...
00:10:37Et puis, en plus,
00:10:37les Gilets jaunes
00:10:38ont appris de leurs erreurs.
00:10:39C'est-à-dire que d'appeler
00:10:41à un mouvement national sur Paris,
00:10:43on a compris la sentence.
00:10:44Bien sûr.
00:10:45Si à un moment donné,
00:10:46il faut regrouper l'ensemble
00:10:47des forces d'action sur Paris
00:10:48pour que les forces de répression
00:10:50puissent nous en mettre
00:10:50plein la tronche,
00:10:51autant diviser les forces de répression
00:10:54en amplifiant les différentes forces d'action
00:10:56à l'échelle du territoire national.
00:10:58On a appris de nos erreurs
00:10:59en termes de stratégie.
00:11:00Donc, je ne sais pas
00:11:00qui est à l'initiative
00:11:02de cette stratégie
00:11:02de faire monter tout le monde sur Paris
00:11:04pour en ramasser plein la tronche.
00:11:05Je tiens à rappeler quand même
00:11:05que les Gilets jaunes
00:11:06se sont fait crever des yeux.
00:11:07Bien sûr.
00:11:07Ça, on a tendance
00:11:08un petit peu à l'oublier
00:11:09dans ce qu'il y a
00:11:10avec une démocratie
00:11:11où on crève des yeux.
00:11:12Oui.
00:11:12Et je ne parle pas que pour moi.
00:11:13Je parle pour les 30 autres mutilés,
00:11:15les mains arrachées,
00:11:15les 25 000 blessés
00:11:16qui n'ont toujours pas
00:11:17obtenu justice
00:11:18ni même une réponse
00:11:20de la part des honneurs d'ordre
00:11:23et de ceux qui étaient
00:11:23à l'initiative
00:11:24de nous, excusez-moi du peu,
00:11:25nous casser la gueule.
00:11:28Donc, c'est encore un dossier
00:11:29aujourd'hui
00:11:30qui pose beaucoup de questions
00:11:31sur lesquelles
00:11:31il y a trop peu de réponses.
00:11:33Maintenant,
00:11:33sur une deuxième partie,
00:11:34effectivement,
00:11:35il y a une exaspération.
00:11:37Si mouvement,
00:11:37il doit y avoir,
00:11:38il sera sûrement
00:11:39populaire et citoyen
00:11:40parce qu'aujourd'hui,
00:11:40l'ensemble des strates
00:11:41de population de ce pays
00:11:44et l'ensemble des catégories
00:11:45socio-professionnelles
00:11:46sont à la gorge.
00:11:48Je vous donne même un exemple.
00:11:49Vous avez aujourd'hui
00:11:50Michel-Édouard Leclerc
00:11:51qui commence à venir se plaindre
00:11:52et qui dit
00:11:52qu'il faudrait peut-être agir.
00:11:53Forcément,
00:11:54quand le produit d'appel
00:11:55sont les carburants
00:11:56et que vous mettez
00:11:57l'ensemble de votre argent
00:11:58dans un carburant,
00:11:59vous n'avez peut-être
00:11:59plus d'argent
00:11:59pour acheter des petits pois,
00:12:01chose sur laquelle
00:12:01il va faire de la marge.
00:12:02On en est là aujourd'hui.
00:12:05Ce n'est plus boire ou conduire,
00:12:06il faut choisir.
00:12:06Aujourd'hui,
00:12:07c'est manger ou conduire
00:12:08qu'il faut choisir.
00:12:09Donc, vous voyez,
00:12:10ça devient très compliqué.
00:12:12Moi, à titre personnel,
00:12:14quand je me balade dans la rue,
00:12:15j'ai des gens qui m'interpellent
00:12:16et qui sont aujourd'hui
00:12:18dans un état de colère.
00:12:19Moi, en même temps,
00:12:20je ne suis pas très objectif.
00:12:21Je n'ai jamais eu
00:12:21de personnes qui viennent me voir
00:12:23en me disant
00:12:23je kiffe la Macronie,
00:12:24la Macronie c'est toute ma vie,
00:12:25j'adore ça.
00:12:26Je n'en connais pas.
00:12:28Par contre,
00:12:28des gens en colère,
00:12:29j'en reçois beaucoup.
00:12:30Je reçois beaucoup
00:12:31de remontées d'informations
00:12:32sur l'exaspération
00:12:33des gens
00:12:34sur les factures,
00:12:36les crédits,
00:12:36le prix à la pompe,
00:12:38le prix en magasin.
00:12:39Mais on en revient toujours
00:12:40à la même question.
00:12:41Mais vous êtes où,
00:12:42M. Rodriguez ?
00:12:43Ils sont où,
00:12:43vos copains ?
00:12:44Mais quand est-ce que
00:12:45vous allez ressortir dans la rue ?
00:12:46Comme si c'était mon job,
00:12:47comme si c'était le job
00:12:48des Gilets jaunes
00:12:48d'aller manifester,
00:12:50se faire éclater la tronche
00:12:51pendant qu'eux
00:12:53vont tranquillement
00:12:53peut-être faire autre chose
00:12:54le samedi.
00:12:55Donc, ça me donne,
00:12:56moi, l'impression
00:12:57que dans l'absolu,
00:12:58les gens ne sont pas
00:12:59forcément prêts à bouger.
00:13:01Est-ce que le 17 octobre,
00:13:03il y a une espèce
00:13:03de machination derrière
00:13:04qui viendrait à dire
00:13:05que le 17 octobre,
00:13:07ça ferait un flop monumental
00:13:08et qui viendrait légitimer
00:13:10au final
00:13:11la non-action
00:13:12du gouvernement
00:13:13qui se dirait
00:13:13« Bon, vous voyez,
00:13:14les Français sont
00:13:14pas dans la rue,
00:13:15on va continuer comme ça,
00:13:16on va pas se gêner. »
00:13:18Donc, ça,
00:13:18il y a plein de questions.
00:13:19Et ça, je me réfère aussi
00:13:20à l'ensemble
00:13:21de ce que vous appelez
00:13:22les têtes d'affiche
00:13:23ou leaders
00:13:23qui n'existent que dans les médias
00:13:24parce qu'il n'y a pas eu de leaders.
00:13:25S'il y avait eu des leaders,
00:13:26on le saurait.
00:13:26Il y a eu des noms
00:13:28que quand on voyait à la télé.
00:13:29Oui, on va dire...
00:13:30Donc, vous êtes.
00:13:32Oui, moi,
00:13:32je me considère plus
00:13:33comme un leadership
00:13:34qu'un leader en lui-même.
00:13:35Oui, mais vous étiez
00:13:36un porte-parole, en tout cas.
00:13:37Voilà, on va dire le...
00:13:38On va dire ça
00:13:39sur l'ensemble
00:13:40des autres porte-paroles
00:13:41que j'ai pu entendre
00:13:41via des réseaux sociaux
00:13:43ou autres médias.
00:13:44On a à peu près
00:13:45le même discours
00:13:46et les mêmes interrogations
00:13:47sur ce retour
00:13:48des gilets jaunes, quoi.
00:13:50En tout cas,
00:13:50ça fait bien flipper
00:13:51le gouvernement,
00:13:51ça c'est sûr,
00:13:52parce que dès qu'on prononce
00:13:52le mot gilet jaune,
00:13:54je pense qu'ils ont
00:13:54les poils qui frémissent.
00:13:55Oui, sauf si,
00:13:57comme vous le dites,
00:13:58c'est un petit peu eux
00:13:59qui seraient à l'origine
00:14:00de cette rumeur
00:14:01pour prouver, voyez,
00:14:02l'exaspération n'est pas...
00:14:03Je ne peux pas me permettre
00:14:04de dire ça
00:14:04parce que ce serait
00:14:06de la part ouverte.
00:14:06Ou alors, au contraire,
00:14:07des gens qui souhaiteraient
00:14:08qu'il y ait un désordre.
00:14:10Dans le paysage politique,
00:14:12il y a peut-être des gens
00:14:12qui aimeraient bien
00:14:13qu'il y ait un petit peu
00:14:14désordre pour dire
00:14:15que ça va très mal.
00:14:16Peut-être, peut-être.
00:14:17Non, on va rester
00:14:18sur du basique réseau social.
00:14:20Vous avez TikTok aujourd'hui
00:14:22où le phénomène des trends,
00:14:23comme disent les jeunes,
00:14:24moi j'ai 50 ans
00:14:25donc je ne suis pas trop
00:14:26dans ce genre de choses,
00:14:28où il y en a un
00:14:28qui a posté une vidéo
00:14:29avec un gilet jaune
00:14:30en disant
00:14:30il y en a marre,
00:14:31l'essence est trop chère,
00:14:32ça a fait boule de neige,
00:14:33tout le monde s'est mis
00:14:34dans le créneau
00:14:34parce que ça fait des vues
00:14:35et potentiellement des vues
00:14:36ça fait des followers
00:14:37et potentiellement des followers
00:14:38ça fait des thunes.
00:14:39Et c'est plus l'impression
00:14:40que ça me donne aujourd'hui.
00:14:41Le message est légitime,
00:14:43je dirais,
00:14:43parce que forcément
00:14:44ils ont le droit
00:14:45d'être énervés
00:14:45en allant à la pompe
00:14:46mais voilà,
00:14:47on a un phénomène de mode
00:14:48aujourd'hui sur TikTok
00:14:49où tout le monde
00:14:50met un gilet jaune
00:14:51en disant
00:14:51on va aller le 17 octobre,
00:14:55on va aller le 17 octobre.
00:14:55Est-ce que franchement
00:14:56aujourd'hui
00:14:57les Français ont le temps
00:14:57d'attendre le 17 octobre ?
00:14:59Est-ce que les Français
00:15:00et Jérôme Andriès
00:15:01on pourrait penser
00:15:02que les...
00:15:03Je l'ai dit tout à l'heure
00:15:04en traduisant notre échange
00:15:06que le motif d'exaspération
00:15:08il est acquis.
00:15:10La situation
00:15:11n'a jamais été aussi tragique.
00:15:12Il est palpable.
00:15:13En 2018
00:15:13c'était en deçà
00:15:16de ce qu'on a aujourd'hui.
00:15:18Anissa Arfawi
00:15:19est-ce que les Français
00:15:19peuvent avoir peur ?
00:15:21Est-ce que ça coûte cher
00:15:22de se révolter ?
00:15:23Alors,
00:15:24ce qui est sûr
00:15:25c'est que tous les ingrédients
00:15:26semblent réunis.
00:15:27Vie chère,
00:15:28service public qui recule,
00:15:29salaire insuffisant
00:15:30et sentiment d'injustice.
00:15:31Pourtant,
00:15:32la France ne se soulève pas
00:15:34comme le disait d'ailleurs
00:15:35Jérôme Rodrigues
00:15:36il y a un instant.
00:15:37Pourquoi ?
00:15:37Parce qu'une addition de colère
00:15:38ne fait pas automatiquement
00:15:40une révolte.
00:15:41En 2018
00:15:42une taxe sur le carburant
00:15:43avait réuni
00:15:44sous un même gilet
00:15:45l'aide soignante,
00:15:46l'artisan,
00:15:46le retraité
00:15:47et la mère célibataire.
00:15:48Aujourd'hui,
00:15:49la colère est partout
00:15:50mais chacun souffre
00:15:51dans son coin.
00:15:52Agriculteur,
00:15:53renseignant,
00:15:54soignant,
00:15:54salarié ou indépendant.
00:15:55Il n'y a plus
00:15:56d'étincelle commune,
00:15:57plus de lieu de rassemblement,
00:15:59plus de victoire
00:16:00à espérer ensemble.
00:16:01Et puis,
00:16:02il y a l'épuisement.
00:16:02Quand on travaille pour survivre,
00:16:04perdre une journée de salaire
00:16:05devient impossible.
00:16:06Et le souvenir
00:16:07des gilets jaunes
00:16:07est traumatique.
00:16:08Des gardes à vue,
00:16:09des condamnations,
00:16:10des mains arrachées,
00:16:10des yeux perdus.
00:16:11Jérôme Rodrigues
00:16:12en porte la trace.
00:16:13Le pouvoir n'a donc pas
00:16:14supprimé la colère.
00:16:16Il l'a rendu solitaire,
00:16:17il l'a rendu coûteuse
00:16:18et politiquement impuissante.
00:16:20La France ne manque pas
00:16:21de raison de se révolter.
00:16:24Pardon.
00:16:25Elle manque de temps,
00:16:26d'unité
00:16:26et surtout de la conviction
00:16:27que se révolter
00:16:28puisse encore
00:16:29changer quelque chose.
00:16:31La vérité crue
00:16:32est que depuis la naissance
00:16:33des gilets jaunes,
00:16:34les prix ont augmenté
00:16:34d'environ 17%.
00:16:35L'alimentation a flambé
00:16:37de près de 20%
00:16:38rien qu'en 2022
00:16:39et 2023.
00:16:40Le gasoil
00:16:41qui coûtait en moyenne
00:16:421,44€ le litre
00:16:44en 2018
00:16:44est à plus de 2€ aujourd'hui.
00:16:46Et la France compte
00:16:47environ 500 000 personnes
00:16:48pauvres de plus.
00:16:49Alors non,
00:16:50les raisons de la colère
00:16:50n'ont pas disparu.
00:16:51Ce qui a changé,
00:16:52ce n'est pas la situation,
00:16:53c'est la capacité des Français
00:16:54à transformer leurs difficultés
00:16:56en mouvements collectifs.
00:16:57voilà pourquoi
00:16:58les gilets jaunes
00:16:58ne sont pas encore
00:16:59de retour.
00:17:00Jérôme Rdeguès,
00:17:01les conditions sont quand même
00:17:02réunies pour qu'il y ait
00:17:03un mouvement de mécontentement.
00:17:07Elles sont bien pires
00:17:08et bien plus conséquentes
00:17:09que celles que nous avions connues
00:17:11à l'époque en 2018.
00:17:13Avec certitude,
00:17:14on reste aujourd'hui
00:17:14sur la capacité
00:17:15à pouvoir remplir nos frigos,
00:17:16à pouvoir ajuster
00:17:18nos fins de mois,
00:17:19de pouvoir mettre de l'essence
00:17:21pour aller travailler
00:17:22et travailler pour rembourser
00:17:23l'essence que l'on vient de mettre.
00:17:24Ça devient très compliqué
00:17:25et ça, avec certitude,
00:17:27on est sur cette similitude
00:17:28en tous les cas aggravée
00:17:29de ce qu'il y a été
00:17:32la naissance
00:17:33du mouvement des gilets jaunes
00:17:34et je reprends un petit peu
00:17:34les propos d'Anissa
00:17:35qui disait que c'était venu
00:17:37et c'est rare de l'entendre
00:17:38sur certains médias
00:17:39que ce qui avait mis
00:17:40en tout cas le feu au bidon
00:17:42pour rester sur la sémantique
00:17:44des carburants,
00:17:45c'est quand même
00:17:45la taxe carbone
00:17:46et c'est un des rares combats
00:17:47que justement
00:17:48les gilets jaunes avaient gagné
00:17:49parce que celle-ci
00:17:50avait été suspendue à l'époque
00:17:51au bout d'un mois.
00:17:52Qu'est-ce qui pose aujourd'hui
00:17:53aussi problème
00:17:54ne serait-ce que pour
00:17:55peut-être alléger la facture
00:17:57des conducteurs
00:17:58et des travailleurs
00:17:58qui ont besoin
00:17:59de leur véhicule
00:17:59pour aller travailler ?
00:18:00Ce sont les taxes
00:18:01sur les carburants.
00:18:02Aujourd'hui,
00:18:03sur 100 euros de carburant,
00:18:04vous payez 60 euros de taxes.
00:18:05Si à un moment donné,
00:18:06le gouvernement
00:18:07avait la bonne volonté
00:18:09de peut-être donner
00:18:10un appel d'air
00:18:11en baissant les taxes
00:18:11pour que les gens
00:18:12puissent peut-être récupérer
00:18:13un peu de pouvoir d'achat
00:18:14et remplir un peu plus
00:18:15leur caddie
00:18:16qu'à défaut de tout foutre
00:18:17dans le réservoir,
00:18:19voilà,
00:18:20c'est pour être force de proposition.
00:18:21On reste sur un problème
00:18:22aussi de taxes.
00:18:23Je veux bien le détroit d'Ormouz,
00:18:24ce n'est pas moi
00:18:25avec ma petite baguette magique
00:18:26qui va aller débloquer
00:18:27les bateaux.
00:18:28On est d'accord.
00:18:29Mais en tout cas,
00:18:29il y a des leviers
00:18:30qui peuvent être actionnés
00:18:31qu'aujourd'hui,
00:18:32le gouvernement ne veut pas
00:18:33et freine des deux pieds
00:18:35depuis bientôt
00:18:36huit mois maintenant.
00:18:37Jérôme Rodrigues,
00:18:38est-ce que vous pensez
00:18:39que le fait que nous soyons
00:18:40en période électorale,
00:18:41il y a une échéance
00:18:41très importante
00:18:42au mois de mai prochain
00:18:43que les gens se disent
00:18:44que ce n'est pas la peine
00:18:45de se mobiliser maintenant
00:18:46de sortir dans la rue
00:18:47pour prendre des coups ?
00:18:48C'est dans les urnes
00:18:49que nous réglerons
00:18:49notre problème
00:18:51avec ce pouvoir,
00:18:52avec ce gouvernement ?
00:18:53En partie,
00:18:53il n'y a pas pas tout le monde.
00:18:55Non, non,
00:18:55mais en tout cas,
00:18:56moi,
00:18:56des remontées d'informations,
00:18:57généralement,
00:18:57j'ai l'habitude de fréquenter
00:18:58des gens qui n'ont rien à foutre
00:18:59parce qu'ils savent très bien
00:19:00que tel ou tel pain-pain,
00:19:01ce n'est pas eux
00:19:01qui vont changer la donne.
00:19:03Ce n'est pas...
00:19:04Le peuple français reste souverain.
00:19:08Souverain,
00:19:08ça reste à déterminer encore.
00:19:09Oui,
00:19:10on n'est pas obligé de voter
00:19:11pour les candidats officiels.
00:19:13Il y a aussi des gens...
00:19:14Voilà.
00:19:15On est d'accord,
00:19:16mais en tout cas,
00:19:17aujourd'hui,
00:19:17les gens...
00:19:19Vous-même,
00:19:20vous pouvez dire
00:19:21je me présente
00:19:22et on va vers cette table.
00:19:24J'ai l'autre chat à fouetter,
00:19:24je vous garantis,
00:19:25mais en soi,
00:19:26et puis je n'ai jamais eu
00:19:27la prétention
00:19:27de faire quoi que ce soit,
00:19:28c'était simplement...
00:19:29Quand il faut y aller,
00:19:29il faut y aller.
00:19:30J'ai remerci des gaz,
00:19:30vous le savez bien.
00:19:31Quand il faut y aller,
00:19:31il faut y aller.
00:19:32Oui,
00:19:32ce n'est pas certain.
00:19:35Mais en tout cas,
00:19:37les gens aujourd'hui
00:19:37ont tel manque de confiance
00:19:39dans des hommes politiques.
00:19:40Est-ce que vous voulez faire confiance
00:19:41à des gens
00:19:41qui n'ont jamais bossé de leur vie
00:19:42et qui passent leur temps
00:19:43à nous traiter de feignants
00:19:44et de nous dire
00:19:45qu'il faut bosser toujours plus ?
00:19:47S'il vous plaît.
00:19:48Ce sont des gens
00:19:48qui gèrent
00:19:49et qui jonglent
00:19:49avec des milliards,
00:19:51qui ne savent même pas
00:19:51quoi faire de l'argent,
00:19:52qui nous ont mis des dettes
00:19:54impossibles sur la tête,
00:19:55alors que les Français,
00:19:56aujourd'hui,
00:19:56gèrent le moindre centime d'euros
00:19:57qu'ils peuvent avoir
00:19:58dans leur porte-monnaie
00:19:58pour arriver au bout du mois.
00:20:00Donc,
00:20:00il y en a marre
00:20:00de ces donneurs de leçons
00:20:01de politiques
00:20:02qui n'ont même pas un billet
00:20:03ou une pièce dans leur poche,
00:20:05qui n'ont jamais bossé de leur vie
00:20:06et qui viennent nous donner
00:20:07des leçons de vie
00:20:07à dire ce que nous,
00:20:08nous devons faire.
00:20:09Nous savons très bien
00:20:10ce que nous allons faire.
00:20:10Nous avons tous
00:20:11nos responsabilités familiales,
00:20:12professionnelles,
00:20:13au-demand,
00:20:14chaque jour.
00:20:14Et quand on vient à fauter,
00:20:15que ce soit familialement
00:20:16ou dans la rue,
00:20:17qu'on vienne à faire une connerie,
00:20:18on est amendé,
00:20:19on est repris par la justice.
00:20:20Et ces gens-là,
00:20:21ça n'existe pas dans leur monde.
00:20:22Et c'est ça qu'aujourd'hui,
00:20:23les gens reconnaissent
00:20:25et se rendent compte
00:20:26de plus en plus.
00:20:27Et c'est ça qui devient aussi
00:20:28peut-être très compliqué
00:20:29de donner de la confiance
00:20:31à tel ou tel homme politique
00:20:32parce qu'ils ne vont pas faire
00:20:32grand-chose aujourd'hui.
00:20:33Nous sommes bien d'accord.
00:20:35Dossier à suivre,
00:20:36Jérôme Andréa,
00:20:36et si ça bouge,
00:20:38évidemment,
00:20:39nous vous rappellerons,
00:20:39j'aurai besoin de votre avis
00:20:41et que vous décryptiez
00:20:42dans quel état aujourd'hui
00:20:44est la colère du peuple.
00:20:46Merci d'avoir été en direct
00:20:47sur Sud Radio.
00:20:48À suivre sur Sud Radio,
00:20:49l'interdiction du portable au lycée,
00:20:51une interdiction officielle,
00:20:52oui,
00:20:52mais qui n'est pas encore
00:20:53appliquée partout.
00:20:54Et puis on reviendra
00:20:55sur le procès du meurtre
00:20:56de Zacharia,
00:20:57un gosse de 15 ans,
00:20:57victime collatérale
00:20:58d'une bagarre entre adultes.
00:21:00On reviendra sur les dangers
00:21:01de l'intelligence artificielle
00:21:03et du fossé social
00:21:04que met en lumière
00:21:05le scandale du périscolaire parisien.
00:21:09Sud Radio,
00:21:10la France dans tous ses états,
00:21:12les perles du jour.
00:21:19Ah, les bons sons
00:21:21du téléphone portable
00:21:22qui nous rassurent,
00:21:24que ce soit dans le métro,
00:21:25dans le train,
00:21:26et puis c'était à l'école aussi,
00:21:27de temps en temps,
00:21:28on entendait au théâtre,
00:21:29au cinéma,
00:21:29c'est formidable,
00:21:30on vit avec cette sonorité.
00:21:31Avec la diversité de sons,
00:21:33il y a des mélodies
00:21:34qui sont absolument prodigieuses.
00:21:36On est entre Mozart et Beethoven,
00:21:37enfin, tout ça pour vous dire
00:21:38que normalement,
00:21:39ça devait être interdit à l'école
00:21:40par une disposition
00:21:41du 24 août
00:21:42qui interdit l'usage
00:21:43du téléphone portable,
00:21:45le GMS,
00:21:46le téléphone mobile,
00:21:47dans les lycées.
00:21:48Il semblerait que la mesure
00:21:49qui a été défendue
00:21:51et présentée
00:21:52par le président de la République
00:21:52lui-même,
00:21:53Emmanuel Macron
00:21:54est allé à Mande
00:21:54dans un lycée,
00:21:55il a dit le bien fondé,
00:21:57et on est tous d'accord
00:21:57sur le bien fondé
00:21:58de cette mesure,
00:21:59parce que ça prenait
00:22:00des proportions absolument,
00:22:02je peux dire tragiques,
00:22:04d'inattention,
00:22:05de détournement d'attention,
00:22:06puis surtout de contournement
00:22:07quelquefois
00:22:08de la réglementation scolaire
00:22:09parce qu'un portable
00:22:10peut aussi servir
00:22:11à tricher
00:22:12durant les examens.
00:22:13dont le gouvernement
00:22:14a enfin décidé
00:22:15d'interdire
00:22:16l'usage du téléphone portable
00:22:18dans les lycées
00:22:19et loi du 24 août,
00:22:21application à la rentrée,
00:22:22bien entendu,
00:22:23il semblerait que ce soit
00:22:24beaucoup plus difficile
00:22:25à mettre en place
00:22:26que prévu.
00:22:27Il y a des lycées
00:22:28où c'est appliqué à la lettre,
00:22:29je vois l'autre jour
00:22:30une confiscation,
00:22:31ils étaient au self,
00:22:32les deux gamins,
00:22:33ils avaient leur porteur
00:22:33à les confisquer.
00:22:35Et puis d'autres
00:22:35où on n'est peut-être
00:22:37pas en classe,
00:22:37mais enfin on est
00:22:38en cours de récréation,
00:22:39on est dans les couloirs
00:22:39du lycée et de l'école,
00:22:40on utilise le portable librement,
00:22:42il ne se passe rien.
00:22:43Alors vous avez des enseignants
00:22:45qui disent
00:22:45oui mais il faut y aller
00:22:46tout doucement,
00:22:46vous avez des chefs
00:22:47d'établissement,
00:22:48des proviseurs
00:22:48qui disent
00:22:49il faut y aller progressivement,
00:22:50c'est une mesure
00:22:50assez violente pour les petits,
00:22:52donc il faut les initier
00:22:53petit à petit,
00:22:53d'autres qui ne disent
00:22:54pas du tout,
00:22:54il faut l'appliquer tout de suite.
00:22:56Toujours est-il
00:22:56qu'il semblerait que
00:22:58il faut être optimiste,
00:22:59ça va se mettre en place,
00:23:00il y a des réticences,
00:23:02je fais allusion
00:23:03au lycée Chaptal
00:23:04puisque je connais
00:23:05quelqu'un qui est,
00:23:05qui me dit là,
00:23:06on dirait que la loi
00:23:06n'a pas été votée,
00:23:08pourtant c'est tellement important,
00:23:10c'est tellement,
00:23:11en plus ça donne
00:23:13une dimension
00:23:14au usage du portable,
00:23:17il faut que les enfants
00:23:17comprennent
00:23:18que cet instrument
00:23:19formidable de communication,
00:23:20de culture,
00:23:21de connaissance,
00:23:22peut être aussi
00:23:23à l'inverse
00:23:23un instrument
00:23:24d'abêtissement,
00:23:25de détournement,
00:23:26de manque d'attention
00:23:27et peut-être que
00:23:28par le portable aussi
00:23:29on apprend,
00:23:30on écoute,
00:23:30on voit des choses
00:23:31qu'on ne devrait pas entendre,
00:23:32qu'on ne devrait pas voir.
00:23:33Donc le portable,
00:23:34c'est comme la phrase
00:23:35de Rabelais,
00:23:36science sans conscience,
00:23:36ce n'est que ruine de l'âme,
00:23:37mais que l'éducation nationale
00:23:39et que le gouvernement
00:23:39aient décidé
00:23:40de limiter ou d'interdire
00:23:41l'usage du portable
00:23:43dans le milieu scolaire,
00:23:44le milieu scolaire
00:23:45est un sanctuaire sacré
00:23:46qui est l'endroit
00:23:46de la connaissance
00:23:47et du savoir,
00:23:48c'était une mesure
00:23:48républicaine urgente,
00:23:50j'espère qu'elle sera
00:23:50appliquée le moment venu,
00:23:52là il y a
00:23:52le temps d'adaptation,
00:23:54qu'elle sera
00:23:54à un moment donné
00:23:55appliquée à la lettre
00:23:56sans concession,
00:23:58tolérance zéro,
00:23:59voilà.
00:24:00Ma chère Anissa,
00:24:01nous allons parler
00:24:01d'une tragédie,
00:24:02un roman sur qui s'est passé,
00:24:06quand les adultes
00:24:07transforment une dispute
00:24:08d'enfants
00:24:09en expédition punitive
00:24:10et ça a donné lieu
00:24:11à une tragédie.
00:24:13Zacharias,
00:24:13c'était un homme
00:24:15rigoleux,
00:24:15comme ça,
00:24:16un homme dynamique,
00:24:18il travaille,
00:24:18il aime bien bosser,
00:24:20lorsqu'on se lève
00:24:21le matin,
00:24:22toujours il vient
00:24:22me faire des bisous,
00:24:23comme ça,
00:24:24c'est ça ce qui va
00:24:25rester dans le miroir.
00:24:27Et voilà ce qu'on entend,
00:24:28c'est le témoignage
00:24:28d'un père,
00:24:29d'un père détruit
00:24:30et aujourd'hui,
00:24:31il se trouve
00:24:32que s'ouvre le procès
00:24:33du meurtrier
00:24:34de son fils,
00:24:35c'est le procès
00:24:35d'Adèle Gourini,
00:24:38qui a tué
00:24:39un jeune gamin
00:24:40qui s'appelle Zacharias,
00:24:4115 ans,
00:24:42au moment des faits,
00:24:42c'était un apprenti
00:24:43plâtrier plaquiste,
00:24:45décrit comme sérieux,
00:24:46travailleur et sans histoire
00:24:47et contrairement
00:24:48à beaucoup de jeunes,
00:24:49il avait un rêve,
00:24:50celui de créer
00:24:50son entreprise
00:24:51dans le bâtiment
00:24:52et de sortir sa famille
00:24:53du quartier de La Monnaie
00:24:54à Romand-sur-Isère.
00:24:56Aujourd'hui,
00:24:57de ses rêves,
00:24:57il ne reste que le goût
00:24:58du sang,
00:24:59le 9 avril 2024,
00:25:00il est mort
00:25:01pour avoir voulu
00:25:01arrêter une bagarre
00:25:03qui ne le concernait
00:25:04même pas.
00:25:05A l'origine,
00:25:05une simple moquerie
00:25:06entre deux collégiens,
00:25:08une altercation filmée,
00:25:09diffusée sur les réseaux sociaux,
00:25:10une embrouille de gosses
00:25:11que les adultes
00:25:12auraient dû désamorcer,
00:25:13mais selon l'accusation,
00:25:15le père de l'un des adolescents
00:25:16aurait fait exactement l'inverse.
00:25:18Il se serait rendu
00:25:19dans le quartier
00:25:19avec deux de ses fils
00:25:20et son gendre
00:25:21pour retrouver l'autre jeune
00:25:23et régler l'affaire
00:25:24en famille.
00:25:24Au cours de la bagarre,
00:25:26Adèle Gourini,
00:25:2626 ans à l'époque
00:25:27et gérant d'une parfumerie
00:25:28dans le centre-ville de Romand,
00:25:30se serait emparé d'un couteau.
00:25:31Il est accusé
00:25:32d'avoir porté
00:25:33le coup mortel
00:25:33à Zacharia,
00:25:34venu s'interposer
00:25:35pour que règne la paix.
00:25:38Il compare aujourd'hui
00:25:39pour homicide volontaire.
00:25:40Son père est jugé
00:25:41pour complicité
00:25:42de violences volontaires
00:25:43et son beau-frère
00:25:44pour avoir notamment
00:25:45facilité la suite.
00:25:46Le procès doit durer
00:25:47jusqu'au 21 septembre
00:25:48et ce drame
00:25:49pourrait être juste
00:25:50un de ces trop nombreux
00:25:51faits divers
00:25:51qu'on lit quotidiennement
00:25:52dans la presse.
00:25:53Sauf qu'il raconte
00:25:54cruellement notre époque.
00:25:55Un harcèlement présumé
00:25:57qui, s'il était avéré,
00:25:58aurait dû être pris en charge
00:25:59par l'établissement.
00:26:00Une humiliation jetée
00:26:02sur les réseaux sociaux
00:26:03par des ados
00:26:03qui n'en mesurent
00:26:04toujours pas les conséquences.
00:26:06Pardon.
00:26:07Et des adultes
00:26:08accusés d'avoir préféré,
00:26:09comme au Moyen-Âge,
00:26:10laver la front
00:26:11du bout d'une lame
00:26:12plutôt que de raisonner
00:26:13leurs enfants.
00:26:14Au bout de cette chaîne
00:26:15de renoncement,
00:26:16c'est Zacharia,
00:26:17le seul qui voulait
00:26:17arrêter la violence.
00:26:18L'innocent,
00:26:19animé par l'intention pure
00:26:21qui a payé
00:26:21l'addition du mal
00:26:22et dans le cas d'espèce
00:26:24de tous les maux
00:26:24qui rongent notre société.
00:26:26On n'a qu'une envie,
00:26:27Anissa,
00:26:28c'est de dire
00:26:28je suis Zacharia.
00:26:30Combien de dizaines
00:26:31de cas de ce genre,
00:26:33peut-être pas très précisément,
00:26:34de cette façon,
00:26:34en tout cas,
00:26:35cet enfant,
00:26:36ce jeune homme
00:26:36a voulu s'interposer
00:26:37et son père dit bien
00:26:38que c'était quelqu'un
00:26:39d'extrêmement souple,
00:26:42qu'il n'est pas violent,
00:26:43qu'il n'était pas agressif.
00:26:45Il a voulu faire le bien,
00:26:45il l'a payé de sa vie.
00:26:47Intolérable,
00:26:48inacceptable,
00:26:49espérons que la justice passera,
00:26:51que la République.
00:26:52J'utilise ce mot
00:26:53parce qu'elle est tellement affaiblie,
00:26:54elle est abîmée par ce genre,
00:26:56ce fait divers,
00:26:57ça se passe à Romand-sur-Isère
00:26:59qui est connu aussi
00:27:00pour d'autres situations.
00:27:01C'est un territoire
00:27:02extrêmement sensible
00:27:03à ce que l'on peut comprendre
00:27:05et Zacharia doit,
00:27:07ce n'est pas Samuel Paty,
00:27:08c'est sur une autre dimension,
00:27:10mais ça reste un exemple.
00:27:12Plus de Zacharia
00:27:13et en tout cas,
00:27:14si ce genre de tragédie
00:27:16doit se produire,
00:27:17on attend que l'État,
00:27:18que la justice,
00:27:18que la police,
00:27:19que les autorités
00:27:20qui font l'ordre
00:27:21dans ce pays
00:27:22prennent les mesures
00:27:23qui s'imposent
00:27:24et on espère
00:27:25qu'effectivement,
00:27:25justice sera rendue
00:27:26avec toute la rigueur possible
00:27:28dans cette tragédie
00:27:29du pauvre,
00:27:30du jeune Zacharia
00:27:31que nous sommes Zacharia
00:27:33aujourd'hui
00:27:34sur Sud Radio.
00:27:50Vous avez peut-être reconnu
00:27:52la musique du film
00:27:54Terminator
00:27:55avec Charles Schrodinger,
00:27:58mais j'aurais pu aussi
00:27:59vous mettre la musique
00:28:00de Matrix
00:28:00pour vous dire
00:28:01« Mais ça y est,
00:28:02on y est,
00:28:03on y est,
00:28:04la machine est en train
00:28:05de prendre le contrôle
00:28:06de l'humanité,
00:28:07le numérique,
00:28:08l'informatique,
00:28:09les ordinateurs,
00:28:09enfin voilà,
00:28:10de la force mécanique,
00:28:12électronique,
00:28:12est en train de s'emparer
00:28:14des leviers de ce monde. »
00:28:16C'est à peu près
00:28:17ce que nous annonce
00:28:18Dario Amodei
00:28:19qui est le patron
00:28:20d'Enthropic,
00:28:21soutenu par
00:28:23Elon Musk lui-même
00:28:24et le patron
00:28:26d'OpenAI
00:28:26qui est Sam Altman
00:28:28et ces trois patrons
00:28:29de la tech
00:28:30lancent un cri
00:28:32d'alarme
00:28:32extrêmement inquiétant
00:28:33à examiner de près,
00:28:35bien entendu,
00:28:36mais ils disent
00:28:37« L'intelligence artificielle
00:28:38est en train de prendre
00:28:39un degré de sophistication
00:28:40surtout par ce phénomène
00:28:42qui est l'amélioration
00:28:44récursive autonome
00:28:45qui fait que l'intelligence
00:28:47artificielle
00:28:47se renforce elle-même,
00:28:49elle se rectifie
00:28:50et elle obtient
00:28:51des performances supplémentaires
00:28:52que nous ne pourrions
00:28:53un jour
00:28:53ne pas contrôler
00:28:54ou ne pas,
00:28:56ou ne pas,
00:28:57j'allais dire,
00:28:58orienter
00:28:59ou ne pas,
00:29:00peut-être,
00:29:01contrarier.
00:29:02Elle devient une force
00:29:03à l'intérieur de la force
00:29:04et là,
00:29:05les perspectives
00:29:06qui s'ouvrent
00:29:07sont absolument
00:29:09terrifiantes
00:29:09et apocalyptiques.
00:29:10Alors,
00:29:10d'autres vous disent
00:29:11« Mais non,
00:29:11ils exagèrent,
00:29:12ils font ça
00:29:12parce que comme
00:29:13ils ont peur d'être en retard
00:29:14c'est vis-à-vis de leurs concurrents,
00:29:15ils attendent
00:29:16que les pouvoirs publics,
00:29:17que les gouvernements
00:29:18réglementent
00:29:19l'intelligence artificielle
00:29:20pour être sûr
00:29:21qu'elle est sous contrôle
00:29:21et qu'elle ne risque pas
00:29:23de créer
00:29:23des concurrences déloyales,
00:29:25le débat est ouvert.
00:29:26Le président Trump
00:29:27a dit « Jamais,
00:29:28moi je suis pour
00:29:29l'intelligence artificielle,
00:29:30au contraire,
00:29:30allons-y. »
00:29:31Il est vrai
00:29:32qu'on a en matière
00:29:32à s'inquiéter,
00:29:33on voit déjà
00:29:34concrètement
00:29:34que l'intelligence artificielle
00:29:36est en train
00:29:36quelquefois
00:29:36de produire
00:29:37des situations inattendues,
00:29:39pour l'instant
00:29:39on a la main mise,
00:29:40on a le contrôle,
00:29:41mais on voit bien
00:29:41qu'on est au bal du ciment
00:29:43de l'intelligence artificielle
00:29:44et que si cette évolution
00:29:47technologique évolue,
00:29:48elle pourrait à un moment donné
00:29:49échapper.
00:29:49Il y a d'autres,
00:29:50sans que ce soit
00:29:51ces trois patrons
00:29:51de la tech,
00:29:52il y a d'autres ingénieurs
00:29:53en informatique
00:29:54qui vous disent là
00:29:55ce qu'on est en train de voir,
00:29:56en tout cas il y a matière
00:29:57à se poser la question
00:29:58et ça serait bien quand même
00:29:59que les gouvernants
00:30:00de ce monde,
00:30:01au niveau même
00:30:02des relations internationales,
00:30:05établissent des codes
00:30:05et une réglementation
00:30:06qui permettent
00:30:07le jour
00:30:08où il y aurait une dérive
00:30:09où il y aurait un danger
00:30:09qu'on puisse faire face.
00:30:10Sans ça,
00:30:11nous rentrons dans une période
00:30:12tout à fait inattendue
00:30:14avec des conséquences
00:30:16qui pourraient être,
00:30:17si ces trois patrons
00:30:18disent vrai,
00:30:19totalement,
00:30:20totalement terrifiantes.
00:30:22Il dort à cette heure-ci ?
00:30:24Oui, en fait,
00:30:24on a beaucoup joué,
00:30:25du coup,
00:30:25il dort très très bien.
00:30:27Ah !
00:30:28Bon, il sera pas bien.
00:30:30Oui, voilà.
00:30:31Bon, ben,
00:30:31à demain Franck.
00:30:32À demain Madame Chanel.
00:30:33Merci.
00:30:34Bonne nuit,
00:30:35petite ados.
00:30:36Mais c'est le film
00:30:37Babysitter,
00:30:38Anissa.
00:30:38Et oui,
00:30:39ça c'est pour la version
00:30:40mignonne,
00:30:41parce que là,
00:30:41on va attaquer
00:30:42le cœur du sujet.
00:30:44Dites-nous tout.
00:30:45Dites-nous tout.
00:30:45Voilà, le scandale
00:30:46du périscolaire parisien.
00:30:47Disons qu'après
00:30:48ce scandale,
00:30:50certains parents ont pris
00:30:51une décision radicale.
00:30:53Ils ne confieront plus
00:30:54leurs enfants
00:30:54au centre de loisirs,
00:30:56on les comprend.
00:30:56Ils préfèrent payer
00:30:58une baby-sitter.
00:30:59Les agences de garde
00:31:00à domicile constatent
00:31:01d'ailleurs une hausse
00:31:02des demandes
00:31:02depuis la rentrée.
00:31:03Et comment leur donner tort ?
00:31:05Puisque depuis janvier,
00:31:06Paris a enregistré,
00:31:07je vous le rappelle,
00:31:08132 signalements
00:31:09ou suspensions
00:31:10liées à des violences,
00:31:11dont 52 pour des soupçons
00:31:13de violences sexuelles
00:31:14ou sexistes.
00:31:15Le parquet traite actuellement
00:31:17203 enquêtes pénales
00:31:18concernant le scénario
00:31:20scolaire et le périscolaire parisien
00:31:21et 143 d'entre elles
00:31:23concernent des écoles maternelles,
00:31:25des enfants,
00:31:25parfois âgés de seulement 3 ans.
00:31:27Alors les familles
00:31:28qui en ont les moyens
00:31:29achètent leur tranquillité d'esprit.
00:31:32Elles payent quelqu'un
00:31:32pour récupérer
00:31:33et protéger leurs enfants.
00:31:34Les autres n'ont pas ce choix.
00:31:36Elles les déposent
00:31:37dans des structures
00:31:37où les faits les plus graves
00:31:38ont pu être signalés,
00:31:40parfois avec la peur au ventre
00:31:41parce que ces familles
00:31:42doivent aller travailler
00:31:43et qu'elles n'ont
00:31:44aucune autre solution.
00:31:46Voilà le véritable scandale
00:31:47finalement à Paris.
00:31:48Les familles modestes
00:31:49ne seraient-elles condamnées
00:31:50qu'à faire confiance
00:31:51à un système
00:31:52dont les défaillances
00:31:53sont désormais documentées ?
00:31:55Lorsqu'il faut avoir
00:31:56les moyens de payer
00:31:56une baby-sitter
00:31:57pour se sentir certain
00:31:58que son enfant
00:31:59est en sécurité,
00:32:00la protection de l'enfance
00:32:01n'est plus un service public.
00:32:03Elle devient un privilège
00:32:04de classe.
00:32:05C'est incroyable
00:32:05parce que le proverbe
00:32:07dit à toutes choses
00:32:07malheureux et bon
00:32:08donc les incompétences,
00:32:09les inepties de Mme Hidalgo
00:32:10qui a créé cette situation
00:32:12par la très très mauvaise gestion
00:32:14qu'elle a fait du périscolaire
00:32:15enfin les équipes municipales
00:32:16qui dépendaient d'elle
00:32:18fait qu'aujourd'hui
00:32:18il y a une profession
00:32:19qui tire ses marrants du feu
00:32:21qui sont les babysitaires.
00:32:23Attention,
00:32:23on a aussi eu des cas
00:32:24de babysitaires
00:32:25grâce à des vidéos
00:32:26des babysitaires
00:32:27ou des nounous
00:32:28alors masculins ou féminins
00:32:30qui se comportaient
00:32:31de façon totalement illicite.
00:32:33Mais enfin le paradoxe
00:32:34il est là.
00:32:36Est-ce qu'on se lance
00:32:37dans le babysitting
00:32:37vous et moi
00:32:38à Nissan ?
00:32:39Pourquoi pas ?
00:32:40Si on peut aider
00:32:41deux ou trois familles
00:32:42moi je signe.
00:32:43C'est vrai que ce film
00:32:45était édifiant.
00:32:46Espérons que les parents
00:32:47qui ont les moyens
00:32:48trouveront une solution.
00:32:49Je pense à ceux
00:32:50qui n'ont pas les moyens
00:32:51de se payer un babysitter
00:32:53ou une babysitter
00:32:53ils devront continuer
00:32:55à passer par les fourches codines
00:32:56du système municipal parisien.
00:32:58Emmanuel Grégoire
00:32:59faites vite
00:33:00parce que la situation
00:33:01commence à devenir
00:33:01extrêmement tendue.
00:33:03Dans quelques instants
00:33:04André Bercoff
00:33:05partagera son fou rire
00:33:06du jour
00:33:07parce qu'il semble
00:33:07que le rire
00:33:08et le rire des femmes
00:33:09excusez-nous du peu
00:33:10messieurs
00:33:11a un prix
00:33:11et ce prix
00:33:12est de 1,5 million de dollars.
00:33:15Une histoire
00:33:15qu'il détaillera
00:33:16dans quelques instants.
00:33:26Française, français,
00:33:27vous allez attendre
00:33:28dans quelques instants
00:33:29la voix du grand
00:33:30André Bercoff.
00:33:31Il va disserter
00:33:32sur un sujet
00:33:33que je peux résumer.
00:33:34Le rire est-il
00:33:35le propre de la femme ?
00:33:37Je voudrais que
00:33:37toutes les femmes,
00:33:38nos auditrices
00:33:39d'aujourd'hui
00:33:40qui nous écoutent,
00:33:40les dames,
00:33:41les demoiselles,
00:33:42écoutent cette chronique
00:33:44d'André Bercoff.
00:33:45Appelez-nous,
00:33:46dites-nous ce que vous en pensez
00:33:47et vous allez voir
00:33:48c'est brillant,
00:33:49c'est pertinent.
00:33:50Alors ça peut
00:33:51échatouiller un petit peu.
00:33:52Il cite un cas
00:33:53très particulier
00:33:54et surtout
00:33:55appelez-nous au
00:33:550826 300 300
00:33:57Alissa répétez le téléphone.
00:33:59Ma 0826 300 300
00:34:01Jérémy est là
00:34:02à l'affût.
00:34:02Il a mis son chapeau
00:34:03de cow-boy.
00:34:04Il attend ce qu'il appelle.
00:34:06Il a mis sa casquette.
00:34:07Dési transmettra
00:34:08l'appel immédiatement.
00:34:09On attend avec impatience
00:34:11vos réactions.
00:34:12Et maintenant
00:34:13la parole est à
00:34:14André Bercoff.
00:34:16Ici Sud Radio.
00:34:19Les Français
00:34:20parlent au français.
00:34:22Les carottes
00:34:23sont cuites.
00:34:24Sud Radio Bercoff
00:34:26dans tous ses états.
00:34:44Oui, vous avez marqué
00:34:45qu'on vit l'ipan de l'Europe,
00:34:47on dit cette Union européenne.
00:34:50On a vu avec Pfizer,
00:34:52on a vu avec ceci,
00:34:53on a vu avec cela.
00:34:54Elle sert à quoi ?
00:34:55Mais si, mais si,
00:34:55elle a des côtés
00:34:56très positifs.
00:34:57Il ne faut quand même
00:34:58pas toujours,
00:34:59toujours jeter
00:35:00cette Union européenne
00:35:01aux gémolis.
00:35:02Quoique,
00:35:03il n'y aurait beaucoup
00:35:04à dire.
00:35:04Mais on va parler
00:35:06du Conseil européen
00:35:07de la recherche.
00:35:08Très important
00:35:09qui regroupe
00:35:10tous les domaines
00:35:12de recherche
00:35:12au niveau européen
00:35:13de l'Union européenne.
00:35:14C'est un budget
00:35:16non négligeable.
00:35:17Je vais vous dire,
00:35:18c'est un budget
00:35:18de 1 milliard d'euros
00:35:20par an.
00:35:21Consacré notamment
00:35:22pour 44%
00:35:24aux sciences physiques,
00:35:25pour 39%
00:35:26aux sciences de la vie
00:35:27et pour 17%
00:35:29aux sciences humaines.
00:35:30Donc,
00:35:31vraiment,
00:35:31c'est bien
00:35:32d'aider
00:35:33comme ça
00:35:33la recherche
00:35:34un peu partout
00:35:35pour tous ces pays,
00:35:36nos pays
00:35:37dont on fait partie.
00:35:39Mais alors,
00:35:40c'est intéressant des fois
00:35:41de se pencher
00:35:41sur les sujets.
00:35:42Et il y a un sujet
00:35:45absolument magnifique.
00:35:46On est très contents
00:35:47pour Erika Sicarella.
00:35:49Erika Sicarella
00:35:51est une excellente
00:35:52chercheuse
00:35:52de l'Université
00:35:53de Toulouse
00:35:54alliée au CNRS
00:35:55du Centre de Tours
00:35:57pardon,
00:35:57de l'Université
00:35:58de Tours
00:35:58et donc
00:36:00du Centre
00:36:01d'Études Supérieures
00:36:02de la Renaissance.
00:36:04Et elle vient
00:36:05de se voir
00:36:05attribuer
00:36:061,5 million d'euros
00:36:08pour étudier
00:36:09étudier quoi ?
00:36:11Le rire des femmes.
00:36:13Voilà.
00:36:13C'est évidemment
00:36:14un sujet
00:36:15absolument fondamental.
00:36:16D'ailleurs,
00:36:17on espère,
00:36:17on espère
00:36:18que d'autres
00:36:19vont se pencher
00:36:20sur le rire
00:36:21des hommes,
00:36:22sur le rire
00:36:23des enfants,
00:36:24sur le rire
00:36:25des animaux,
00:36:26sur les rifs,
00:36:27voilà,
00:36:27sur tous les rires.
00:36:29Évidemment,
00:36:29le rire est le propre
00:36:30de l'homme.
00:36:31Mais on peut
00:36:32quand même
00:36:33se poser
00:36:34quelques questions.
00:36:36Oh,
00:36:37vous allez me dire,
00:36:38ainsi Dieu,
00:36:38c'est pas bien,
00:36:40c'est l'exemple,
00:36:41émigreur.
00:36:42Non mais,
00:36:42est-ce qu'il n'y a pas
00:36:43des priorités
00:36:44peut-être plus importantes ?
00:36:461,5 million d'euros
00:36:48pour une recherche
00:36:50sur le rire
00:36:51de la femme.
00:36:53Attendez,
00:36:54on va réfléchir un peu,
00:36:56on ne va pas recommencer,
00:36:58on ne va pas être démagogue,
00:36:59mais quand même,
00:37:00les hôpitaux,
00:37:02la santé,
00:37:03la sécurité,
00:37:04la police,
00:37:05les ceci,
00:37:06les cela,
00:37:07eh bien,
00:37:08on a l'impression
00:37:08totalement
00:37:09que ces priorités
00:37:11ne servent plus
00:37:12à pas,
00:37:13à rien,
00:37:14à rien,
00:37:15vraiment à rien,
00:37:15parce que,
00:37:16qu'est-ce qui se passe là-dessus ?
00:37:18Ce n'est pas possible.
00:37:19On est en train
00:37:20de donner,
00:37:21vraiment,
00:37:23comment choisit
00:37:24ce Conseil Européen
00:37:25de la recherche ?
00:37:27Comment il choisit
00:37:28les sujets ?
00:37:28Comment faire ?
00:37:29Comment,
00:37:30de quelle façon,
00:37:31on peut lui demander
00:37:32si cet argent,
00:37:34ce gaspillage,
00:37:35dénoncé un peu partout,
00:37:37cette espèce de ruissellement,
00:37:39le Conseil économique,
00:37:40social et autres,
00:37:41tous ces budgets
00:37:42de millions et de millions
00:37:43de données
00:37:44pour rien
00:37:45ou pour pas grand-chose,
00:37:46alors évidemment,
00:37:47écoutez,
00:37:48quoi qu'il en coûte,
00:37:50au diable l'avarice,
00:37:52pourquoi on ne donnerait pas
00:37:53au rire des femmes,
00:37:54des enfants,
00:37:55des adultes,
00:37:57des malentendos,
00:37:58de tout cela ?
00:37:58Un budget
00:37:59pour étudier la recherche,
00:38:00nous ne nous arrêtons pas
00:38:01en si bon chemin,
00:38:03pensant au rire des arbres,
00:38:05au rire des fleurs
00:38:06et puis évidemment
00:38:07au rire des animaux,
00:38:08ne soyons pas racistes
00:38:09envers les animaux,
00:38:11voilà,
00:38:11voilà,
00:38:11voilà comment
00:38:12est distribué
00:38:14les budgets,
00:38:16je rappelle
00:38:16que la France
00:38:17cotise
00:38:19à l'Union Européenne
00:38:20à raison
00:38:20de 26 milliards par an,
00:38:22donc voilà,
00:38:23c'est intéressant,
00:38:24où va notre argent ?
00:38:26Eh bien,
00:38:26vous avez une légère réponse
00:38:28pour le meilleur,
00:38:31et pour le rire,
00:38:32à demain.
00:38:35Vous venez d'entendre
00:38:36André Bercoff,
00:38:37moi je prolongerai
00:38:37ce sujet à Cobain,
00:38:38je voudrais avoir
00:38:39le rire des Normands,
00:38:40le rire des Alsaciens,
00:38:42le rire des Provençaux,
00:38:44le rire des Bretons,
00:38:45voilà,
00:38:45on peut décliner ainsi.
00:38:46J'ai envie de dire
00:38:47des Parisiens,
00:38:47mais ils rient un peu moins
00:38:48malheureusement.
00:38:48Ils rient moins en ce moment
00:38:49les Parisiens,
00:38:50voilà,
00:38:50Anissa,
00:38:51vous riez ?
00:38:51Vous riez ?
00:38:52Oui,
00:38:52bien sûr,
00:38:53mais oui.
00:38:53Nous aussi,
00:38:54on riez,
00:38:54et le rire est très important
00:38:56à Sud Radio,
00:38:58l'humour est un de nos codes
00:39:00professionnels,
00:39:00et même lorsque nous annonçons
00:39:02des choses tragiques
00:39:03ou des choses douloureuses,
00:39:04nous gardons ce recul
00:39:05pour, voilà,
00:39:06pour de temps en temps
00:39:07pouvoir rire des choses
00:39:08et rire de nous-mêmes
00:39:08surtout,
00:39:09parce que nous n'avons pas
00:39:10de prétention là-dessus.
00:39:12Mais André Bercoff
00:39:14nous a rassurés,
00:39:15je ne savais pas
00:39:15où passer mes impôts,
00:39:16comme il l'a dit,
00:39:17un million et demi
00:39:18pour le rire des femmes.
00:39:20On l'a entendu au début,
00:39:22le très beau son
00:39:22de rire féminin,
00:39:23je ne vais pas vous demander
00:39:24de rire ni d'adhésie,
00:39:26ni à...
00:39:26mais je sais que
00:39:27vous pouvez rire aux éclats,
00:39:29mais est-ce qu'on est prêt
00:39:30à vous récompenser
00:39:31quand vous riez ?
00:39:32Mais c'est une idée,
00:39:33on peut peut-être
00:39:34avoir une réverdication sociale
00:39:35à la fin du mois
00:39:36sur la fiche de paix,
00:39:37voilà,
00:39:37à une trois fois,
00:39:39une petite prime
00:39:39pour le sourire,
00:39:40ça ne fait de mal à personne,
00:39:41une petite risette,
00:39:42un petit sourire,
00:39:43ça agrémente quand même
00:39:44la vie de tous les jours.
00:39:45Bon, nous avons des appels,
00:39:47alors évidemment,
00:39:49la prestation de Jérôme Rodriguez
00:39:51a été tellement pertinente,
00:39:52nous avons des appels
00:39:53sur le mouvement
00:39:54des gilets jaunes
00:39:54et nous avons Brigitte
00:39:56qui nous appelle
00:39:56devant d'arc.
00:39:57Bonjour Brigitte.
00:39:58Oui, bonjour.
00:40:00Voilà, je vous écoutais
00:40:01et je suis soulagée
00:40:02de la réaction
00:40:04de M. Rodriguez.
00:40:06Oui, bien sûr.
00:40:07Parce que...
00:40:08Il a été très très bon,
00:40:09il a été très très bon.
00:40:10Il a été très très bon.
00:40:11Oui, parce qu'en fait,
00:40:13moi,
00:40:14quand j'ai vu aux infos hier
00:40:15l'affiche,
00:40:17ils ont montré l'affiche
00:40:18des gilets jaunes
00:40:19avec une manifestation
00:40:21prévue le 17 octobre,
00:40:23je trouve que cette affiche
00:40:24ne ressemble pas du tout
00:40:25aux gilets jaunes.
00:40:26et quand il a dit
00:40:28qu'il faudrait savoir
00:40:29qui c'est qui a fait lancer
00:40:30cette, on va dire,
00:40:31cette idée de manifestation,
00:40:33fouiller un petit peu,
00:40:34mener l'enquête,
00:40:35eh bien,
00:40:35ce serait intéressant
00:40:36parce que moi-même,
00:40:38je suis gilet jaune.
00:40:39Quoi, je l'étais.
00:40:41Alors, une bonne question,
00:40:42est-ce qu'on l'est toujours ?
00:40:44Est-ce qu'on l'est à vie ?
00:40:45C'est un état d'esprit,
00:40:46c'est une conviction,
00:40:47c'est une sensibilité ?
00:40:49Oui, c'est une sensibilité.
00:40:50Je vais vous dire une chose.
00:40:52J'ai 65 ans.
00:40:53Je n'avais jamais manifesté
00:40:55de ma vie.
00:40:55Jamais.
00:40:57Et la première fois
00:40:58que j'ai manifesté,
00:40:59c'est au cours des gilets jaunes
00:41:01parce que je trouvais
00:41:02que ça commençait
00:41:02à devenir exaspérant.
00:41:06quand on a des petits revenus
00:41:08ou même par rapport aux jeunes
00:41:10et tout.
00:41:11Bon,
00:41:11toutes les catégories sociales,
00:41:13je veux dire,
00:41:13qui ne s'en sortent pas.
00:41:15Il n'y a pas d'issue
00:41:16à long terme.
00:41:17Donc,
00:41:18on se dit,
00:41:19bon,
00:41:19je vais descendre dans la rue
00:41:20alors que je ne l'ai jamais fait
00:41:21et on est plein d'espoir.
00:41:23Et quand j'ai vu
00:41:23ce qui se passait...
00:41:24Oui,
00:41:25j'ai envie de vous poser
00:41:26deux questions.
00:41:27Deux questions.
00:41:27Un,
00:41:28est-ce que la situation
00:41:29dans laquelle vous êtes aujourd'hui
00:41:30est plus grave,
00:41:32plus détériorée
00:41:33que celle
00:41:33qui vous a mobilisé
00:41:35au moment des Gilets jaunes ?
00:41:36Deux,
00:41:37est-ce que vous auriez envie
00:41:38aujourd'hui de redescendre
00:41:39dans la rue
00:41:39pour exprimer
00:41:40votre indignation ?
00:41:44Oui,
00:41:44ma situation est pire.
00:41:49Redescendre dans la rue ?
00:41:50Non.
00:41:51Parce que j'ai vu
00:41:52ce qui se passait.
00:41:53C'est-à-dire qu'en fait,
00:41:54il y a les black blocs
00:41:55qui arrivent
00:41:55et moi,
00:41:55ce que j'ai peur,
00:41:56c'est que ça soit
00:41:57un piège,
00:41:58l'histoire de Paris.
00:41:59C'est un risque.
00:42:00Vous recevez des...
00:42:02Moi,
00:42:02pendant 15 jours,
00:42:03au début,
00:42:03j'ai presque perdu la vue.
00:42:05J'ai reçu des gaz
00:42:06de lacrymo,
00:42:06je vous dis,
00:42:07je n'avais jamais manifesté.
00:42:08Vous étiez où ?
00:42:09Vous étiez où ?
00:42:09Dans quelle ville ?
00:42:10Sur Montpellier.
00:42:10Sur Montpellier.
00:42:11Par contre,
00:42:12je peux vous assurer
00:42:13que les black blocs,
00:42:15on les voit bien venir.
00:42:16Et c'est eux
00:42:17qui foutent le bordel.
00:42:18Et je n'arrive pas encore
00:42:19à comprendre
00:42:20comment ça se fait
00:42:20que les fous de l'ordre
00:42:22ne font rien.
00:42:22Et j'ai bien peur
00:42:23que justement,
00:42:27ces manifestations prévues,
00:42:28au mois d'octobre,
00:42:29le 17,
00:42:31c'est encore un piège.
00:42:33Brigitte,
00:42:33il y a eu des deux cas.
00:42:34Il y a eu des situations
00:42:35où les black blocs
00:42:36sont venus semer la pagaille
00:42:38et il y a aussi des instants
00:42:39où les forces de l'ordre
00:42:40ont un peu dépassé
00:42:41leurs prérogatives.
00:42:42On a eu les deux cas de figure,
00:42:43mais c'est vrai
00:42:43que ça a été des instants douloureux.
00:42:45Donc vous,
00:42:46en tout cas,
00:42:46vous ne restez pas dans la rue,
00:42:47mais ça ne retire rien
00:42:49à votre indignation.
00:42:49Je suppose que vous l'exprimerez
00:42:51dans les urnes,
00:42:52probablement.
00:42:52Il faut agir à un autre niveau.
00:42:54Il faut arrêter d'adhérer
00:42:55à tous les syndicats
00:42:56et tous les partis politiques
00:42:58parce qu'ils ne nous défendent pas.
00:43:00Bon, message reçu, Brigitte.
00:43:02J'espère vous avoir
00:43:02une prochaine fois
00:43:03parce que vous imaginez
00:43:04que c'est un sujet
00:43:05sur lequel nous allons revenir.
00:43:06Et j'aurais plaisir
00:43:07à vous entendre
00:43:08parce que vous êtes
00:43:08quelqu'un de bon sens
00:43:09et vous dites les choses
00:43:10avec clarté.
00:43:11Merci, Brigitte,
00:43:12d'avoir été en direct
00:43:12sur Sud Radio.
00:43:14Dans quelques instants,
00:43:15nous recevons l'avocat historique
00:43:16de l'association Anticor
00:43:18du procès des emplois fictifs
00:43:19de la ville de Paris en 2011
00:43:21à l'affaire des sondages
00:43:22de l'Elysée
00:43:22sous Nicolas Sarkozy.
00:43:23Jérôme Carsenti
00:43:25a été de tous les combats
00:43:26et revient aujourd'hui
00:43:27avec un ouvrage
00:43:28Corruption,
00:43:29l'effondrement
00:43:30de l'état de droit
00:43:31aux éditions Autrement.
00:43:32Alors, la France
00:43:33est-elle devenue
00:43:34un pays corrompu ?
00:43:35Vous aussi,
00:43:35vous pouvez nous dire
00:43:36ce que vous en pensez
00:43:38au 0826 300 300.
00:43:41Midi 14h,
00:43:42Sud Radio,
00:43:43la France dans tous ses états,
00:43:46le face à face.
00:43:48Bonjour,
00:43:48vous êtes bien sur Sud Radio.
00:43:51Il est 13h04,
00:43:52en ce lundi,
00:43:5314h septembre
00:43:541826.
00:43:55Nous allons parler
00:43:56d'un sujet
00:43:57douloureux,
00:43:58épineux,
00:43:59tendu,
00:43:59avec quelqu'un d'extrêmement
00:44:00compétent qui n'est autre
00:44:01que l'avocat
00:44:02Jérôme Carsenti,
00:44:03qui a publié
00:44:05aux éditions
00:44:05Autrement
00:44:06une somme,
00:44:07en noir et en rouge,
00:44:09un bilan
00:44:10de la République française
00:44:12sur le thème
00:44:13de la corruption,
00:44:14et là,
00:44:14il l'écrit au pluriel,
00:44:15corruption avec S,
00:44:16l'effondrement
00:44:17de l'état de droit.
00:44:19Jérôme Carsenti,
00:44:20je l'ai intégré,
00:44:21digéré jusqu'au bout,
00:44:22c'est un document historique,
00:44:24c'est un document politique,
00:44:25on peut avoir des divergences
00:44:26sur certaines analyses,
00:44:27mais vous mettez le point
00:44:28sur quelque chose
00:44:29qu'on sous-estime
00:44:30et dont on comprend
00:44:31à la lecture
00:44:32de votre ouvrage,
00:44:32que c'est un phénomène
00:44:35absolument gravissime,
00:44:36que les fondements
00:44:36de la République
00:44:37sont abîmés.
00:44:38Alors,
00:44:38corruption,
00:44:39on l'a mis au pluriel
00:44:39parce qu'il n'y a pas seulement
00:44:41la prévarication financière
00:44:42comme on a pu le voir
00:44:43dans certains territoires
00:44:44autour de la Méditerranée.
00:44:45La corruption,
00:44:46vous partez du principe
00:44:47que les fondements
00:44:48de l'état de droit,
00:44:49c'est la corrosion,
00:44:51c'est-à-dire que
00:44:51le délitement
00:44:52des institutions,
00:44:53des états d'esprit,
00:44:54de l'esprit démocratique,
00:44:55de la République.
00:44:56Vous dites,
00:44:57et la phrase m'a interpellé,
00:44:59depuis le 11 septembre 2001,
00:45:01ce traumatisme politique
00:45:03a engendré
00:45:04dans les sociétés
00:45:05organisées démocratiques
00:45:07une méfiance
00:45:08de l'autre,
00:45:09de la différence
00:45:09et d'étrangers
00:45:10qui a engendré
00:45:11un processus législatif
00:45:13de répression
00:45:14qui est une menace
00:45:15pour l'état de droit,
00:45:16donc pour la démocratie.
00:45:17Des centaines de personnes
00:45:18sont prêts à vous expliquer
00:45:19que c'est le contraire.
00:45:20Je vais essayer de faire l'avocat
00:45:21du diable.
00:45:22Du diable et des angles,
00:45:23alors est-ce que je serais...
00:45:24Voilà, en tout cas,
00:45:25votre bouquin est passionnant.
00:45:26Ça aurait même mérité
00:45:27un passe-à-face.
00:45:28On aura tout à l'heure
00:45:28Charles de Courson
00:45:29qui est quand même
00:45:30le parlementaire
00:45:30qui est le plus impliqué
00:45:32dans la question
00:45:33de corruption.
00:45:35Jérôme Carsenti,
00:45:37vous avez écrit
00:45:37cet ouvrage,
00:45:38vous êtes avocat pénaliste
00:45:39donc vous savez
00:45:39de quoi vous parlez.
00:45:40Vous êtes un lanceur d'alerte.
00:45:42Vous avez à un moment donné
00:45:44agi avec Anticor.
00:45:45C'est pour vous dire
00:45:46que l'expérience
00:45:47que vous avez
00:45:47de tous les sujets
00:45:48qu'Anticor soulève.
00:45:50Vous êtes aujourd'hui
00:45:51cofondateur de BKL,
00:45:52avocat, là aussi
00:45:53dans le lancement d'alerte.
00:45:55C'est sérieux
00:45:56ce que vous dites ?
00:45:57La République
00:45:58est aujourd'hui
00:45:59à un point,
00:46:00il y a toujours eu
00:46:00de la corruption,
00:46:01le scandale de Panama,
00:46:02l'affaire Stavisky,
00:46:03on en est même
00:46:04sous le gaullisme.
00:46:06Là aujourd'hui,
00:46:06on a un point
00:46:08où on a,
00:46:08un peu comme l'IA
00:46:09qui est en train
00:46:10de prendre le pouvoir,
00:46:11vous estimez
00:46:12qu'on a atteint
00:46:13un point
00:46:13où la corruption
00:46:14peut ébranler
00:46:15les fondements
00:46:16de la République ?
00:46:17Oui,
00:46:17parce que derrière
00:46:18la corruption,
00:46:19et on voit bien
00:46:21la manière
00:46:21dont ça évolue,
00:46:22la corruption était,
00:46:23j'allais dire,
00:46:24un phénomène
00:46:25qui a toujours existé,
00:46:26vous avez tout à fait raison,
00:46:27je partage votre avis,
00:46:28ça a toujours existé,
00:46:29mais c'était dénoncé,
00:46:31c'était critiquable,
00:46:33c'était illégal,
00:46:35c'était interdit,
00:46:36mais c'était,
00:46:37j'allais dire,
00:46:38périphérique,
00:46:38accessoire,
00:46:39soit qu'on assiste,
00:46:40et c'est là où,
00:46:41moi j'attire l'attention
00:46:42dans cet ouvrage,
00:46:43c'est d'une certaine manière,
00:46:45par la corruption,
00:46:46par le biais de la corruption,
00:46:48et là je ne parle que
00:46:49de la corruption politique
00:46:50ou des affaires,
00:46:52c'est en réalité
00:46:54la transformation
00:46:55de l'état de droit
00:46:56parce qu'on assiste
00:46:57à une forme
00:46:58de restauration
00:46:58des privilèges.
00:46:59Parce que,
00:47:00qu'est-ce que c'est
00:47:00que la corruption ?
00:47:01Au fond,
00:47:02la corruption,
00:47:03c'est ça qu'apparaît
00:47:03le bien collectif.
00:47:05On parle de république,
00:47:07la république ça veut dire quoi ?
00:47:08Respublica,
00:47:09la chose publique,
00:47:10la chose qui nous appartient
00:47:11à tous,
00:47:11celle qui fait que nous vivons
00:47:13ensemble,
00:47:13que nous avons tous
00:47:14cœur à vivre ensemble.
00:47:15Et j'allais dire,
00:47:16et c'est la conclusion
00:47:17de notre ouvrage,
00:47:18je commence par ça,
00:47:19mais cette idée
00:47:20de la fraternité
00:47:21qui devrait être au cœur
00:47:22de nos institutions
00:47:23fait qu'en réalité
00:47:24de plus en plus
00:47:25les responsables politiques,
00:47:26mais le milieu d'affaires
00:47:27aujourd'hui
00:47:28de façon très importante,
00:47:29est en train
00:47:30de capter
00:47:30la richesse collective.
00:47:31et cette captation
00:47:33de la richesse collective
00:47:34a des conséquences
00:47:35gravissimes.
00:47:36Non seulement
00:47:37on assiste
00:47:37à un appauvrissement
00:47:38de la société française,
00:47:40mais qu'est-ce que ça fabrique
00:47:41ce appauvrissement ?
00:47:42Et c'est pour ça
00:47:43que je reviens à 2001.
00:47:44Ça fabrique
00:47:45au fond
00:47:46le sentiment
00:47:46de relégation,
00:47:48le sentiment
00:47:48de souffrance,
00:47:49le sentiment
00:47:50qu'il y a donc
00:47:50des privilégiés,
00:47:51le sentiment
00:47:52et le besoin
00:47:53de révolte.
00:47:54Ça identifie
00:47:55et les responsables
00:47:56publics,
00:47:56pour ne pas mettre
00:47:57le doigt là-dessus,
00:47:58vont identifier
00:47:59des coupables,
00:47:59des responsables
00:48:00qui sont les étrangers,
00:48:01qui sont les musulmans,
00:48:02qui sont les autres.
00:48:04Ces identifications
00:48:06d'ennemis,
00:48:07en réalité,
00:48:08fabriquent
00:48:08du populisme
00:48:09et c'est là
00:48:10où on voit
00:48:10comment la corruption
00:48:11est à l'origine
00:48:13de grands mouvements
00:48:14populistes
00:48:14en France
00:48:15aujourd'hui.
00:48:17Mohamed Mogouchkov,
00:48:18celui qui a assassiné
00:48:19le professeur
00:48:20Dominique Bernard,
00:48:22avait échappé
00:48:23à une expulsion
00:48:24en 2014
00:48:24grâce à l'état de droit
00:48:25parce qu'il y a
00:48:26des procédures.
00:48:28Donc l'état de droit
00:48:29dans ce cas-là
00:48:30a été appliqué
00:48:30par une association
00:48:31qui a obtenu
00:48:32la suspension
00:48:33de son expulsion,
00:48:34sinon il n'était plus
00:48:35en France
00:48:35et Dominique Bernard
00:48:36serait peut-être en vie.
00:48:38Il est de quel côté
00:48:39l'état de droit là ?
00:48:40Il est du côté
00:48:40de la démocratie
00:48:41et de la justice
00:48:41ou il est du côté
00:48:42de l'assassin ?
00:48:42Vous savez,
00:48:43c'est toujours facile
00:48:44de prendre un fait divers
00:48:45et de dire
00:48:46l'état de droit
00:48:48finalement fait du mal.
00:48:49Le problème aujourd'hui
00:48:50c'est qu'à force
00:48:51de dire du mal
00:48:52de l'état de droit,
00:48:53on est en train
00:48:54de le sacrifier
00:48:55et ça n'est pas
00:48:57simplement
00:48:57ce triste
00:48:59enseignant
00:48:59qui se voit
00:49:00aujourd'hui victime
00:49:01mais l'ensemble
00:49:01des concitoyens.
00:49:02Moi tous les jours
00:49:03je reçois des gens
00:49:04qui sont,
00:49:05j'allais dire,
00:49:06de rebourgeois
00:49:07et qui viennent me dire
00:49:08tiens mon fils
00:49:08est en garde à vue
00:49:09mais maître
00:49:10comment ça se passe
00:49:11les conditions de garde à vue
00:49:12en France
00:49:12c'est scandaleux.
00:49:13C'est-à-dire qu'il y a
00:49:13une forme de déni,
00:49:15de compréhension
00:49:16de ce qui se passe
00:49:17en réalité
00:49:18dans nos institutions.
00:49:20Cette dégradation
00:49:21de l'état de droit,
00:49:21l'état de droit c'est quoi ?
00:49:22C'est la protection
00:49:23pour vous monsieur
00:49:24d'être jugé.
00:49:25Si demain vous dites
00:49:26une parole malheureuse
00:49:27dans votre chaîne
00:49:28vous avez des lois
00:49:29qui protègent
00:49:29la parole que vous exercez
00:49:31et qui vont dire
00:49:32bah oui mais la liberté
00:49:32d'expression prime
00:49:33sur les atteintes
00:49:34à cette liberté.
00:49:35Et donc il y a
00:49:36un ensemble de considérants
00:49:38parce qu'il faut bien
00:49:39comprendre que l'état de droit
00:49:41c'est au fond
00:49:42quelque chose
00:49:42qui dit
00:49:43que le pouvoir
00:49:44arrête le pouvoir.
00:49:45C'est Montesquieu
00:49:45qui le disait.
00:49:46Le pouvoir doit arrêter
00:49:47le pouvoir.
00:49:48Et ce qui est la garantie
00:49:50de l'état de droit
00:49:50c'est d'abord
00:49:51de protéger le citoyen
00:49:53contre les abus de pouvoir.
00:49:54Et quand on en vient
00:49:55à dire
00:49:55mais finalement le droit
00:49:56parce que vous allez
00:49:57toujours trouver
00:49:58une décision de justice
00:49:59tiens on va annuler
00:50:00une procédure
00:50:01pour un extrême violeur.
00:50:02Oui c'est vrai
00:50:02que dans ce cas-là
00:50:04bah c'est dommage
00:50:06c'est dommage peut-être
00:50:07parce que là
00:50:08peut-être que lui
00:50:09était véritablement coupable
00:50:10mais au fond ça protège
00:50:11l'ensemble des justiciables
00:50:13qui tous les jours
00:50:14vont en être tribunaux
00:50:15et tous les jours
00:50:15disent
00:50:16ah bah c'est bien
00:50:17on m'a notifié mes droits
00:50:18en garde à vue
00:50:18on m'a dit que j'avais le droit
00:50:20d'avoir un avocat
00:50:21on m'a dit que j'avais le droit
00:50:22de voir un médecin
00:50:23on m'a dit que j'avais le droit
00:50:24de prévenir un membre
00:50:24de ma famille
00:50:25ah c'est bien
00:50:26j'ai le droit
00:50:26d'être assisté
00:50:27pendant ma garde à vue
00:50:27on s'est longtemps battu
00:50:28pour cela
00:50:29ah c'est bien
00:50:30devant le tribunal judiciaire
00:50:31je peux faire valoir
00:50:32un certain nombre de droits
00:50:33tout cela
00:50:34quand vous comparaissez
00:50:35devant le tribunal
00:50:35parce que le tribunal
00:50:36n'est pas réservé aux délinquants
00:50:37que vous imaginez ici
00:50:39c'est aussi
00:50:40et d'ailleurs
00:50:42Nicolas Sarkozy
00:50:43Marine Le Pen
00:50:44qui sont des délinquants
00:50:45qui ont été jugés
00:50:47ont su faire valoir
00:50:48à quel point l'état de droit
00:50:49leur était utile
00:50:50après l'avoir dénigré
00:50:51quand eux-mêmes
00:50:52étaient en fonction
00:50:53donc on voit bien
00:50:53c'est dire
00:50:54l'approche de l'état de droit
00:50:56c'est j'allais dire
00:50:57presque du situationnisme
00:50:59mais sachons
00:51:00que c'est ce qui est
00:51:02le plus sacré aujourd'hui
00:51:03dans notre construction démocratique
00:51:06alors je voudrais
00:51:06qu'on entend à ce propos
00:51:07les mots du ministre
00:51:09Bruno Retailleux
00:51:10quand il était ministre de l'intérieur
00:51:11et qui s'exprime
00:51:12sur l'état de droit
00:51:13je suis pour l'état de droit
00:51:14mais je ne pense pas
00:51:15que quelques magistrats
00:51:16nommés au conseil constitutionnel
00:51:18puissent réviser
00:51:19de même la constitution
00:51:20c'est à dire
00:51:21faire dire à la constitution
00:51:22ce qu'elle ne dit pas
00:51:23je pense qu'à un moment donné
00:51:25par exemple
00:51:25sur la justice des mineurs
00:51:26je ne vois pas pourquoi
00:51:27on nous interdit
00:51:28aujourd'hui
00:51:29de réformer
00:51:30une politique des mineurs
00:51:31qui ne marche pas
00:51:32qu'est-ce que ça vous inspire
00:51:33il est dans son rôle
00:51:35de ministre de l'intérieur
00:51:36il estime
00:51:37que l'état de droit
00:51:37donne trop de marge
00:51:39à ceux qui veulent
00:51:40enfreindre la loi
00:51:40ou ses propos
00:51:41vous semblent
00:51:42aux yeux du démocrate
00:51:43que vous êtes
00:51:44séditieux
00:51:46ils sont
00:51:46ils sont plus que ça
00:51:48ils sont graves
00:51:49ils sont dangereux
00:51:52nous avons construit
00:51:53un échafaudage
00:51:55juridique
00:51:56protecteur
00:51:57il faut savoir
00:51:58qu'aujourd'hui
00:51:58la constitution
00:51:59de la 5ème république
00:52:02a comme
00:52:02dans son préambule
00:52:04la déclaration
00:52:05des droits
00:52:05de l'homme
00:52:05du citoyen
00:52:06le préambule
00:52:07de 1946
00:52:08c'est à dire
00:52:09un ensemble
00:52:10de droits
00:52:10et de libertés
00:52:11qui protègent
00:52:13tout citoyen
00:52:14des arbitraires
00:52:15ça c'est
00:52:16la constitution
00:52:17quand un ministre
00:52:18de l'intérieur
00:52:19vient dénigrer
00:52:20une institution
00:52:21qui est celle
00:52:22du conseil
00:52:22constituel
00:52:22moi je suis le premier
00:52:24à dire
00:52:24le conseil
00:52:24constitutionnel
00:52:25mais j'aurais un point
00:52:25de vue tout à fait
00:52:26opposé à celui
00:52:27de Retailleau
00:52:28le conseil
00:52:29constitutionnel
00:52:29a d'une certaine
00:52:30manière
00:52:30et de plus en plus
00:52:32renoncé
00:52:32aux prérogatives
00:52:33qui étaient les siennes
00:52:34c'est à dire
00:52:34le contrôle
00:52:35sur les libertés
00:52:36il est de plus en plus
00:52:37d'une certaine manière
00:52:38un juge
00:52:40formaliste
00:52:41monsieur Bruno Retailleau
00:52:42devrait quand même
00:52:43se souvenir
00:52:43que le conseil
00:52:44constitutionnel
00:52:44a laissé passer
00:52:45il y a encore
00:52:46quelques jours
00:52:47le droit
00:52:48pour
00:52:49la justice
00:52:50française
00:52:51de mettre dans un centre
00:52:52de rétention
00:52:53administratif
00:52:54un mineur
00:52:55pendant
00:52:57232 jours
00:52:58quand moi
00:52:59j'ai prêté serment
00:53:00comme avocat
00:53:01c'était 5 jours
00:53:02quand c'est passé
00:53:03à 10 jours
00:53:03on a crié au scandale
00:53:05aujourd'hui
00:53:05pendant 230 jours
00:53:06il peut y avoir
00:53:07des étrangers
00:53:08en situation irrégulière
00:53:09dans des centres
00:53:10de rétention
00:53:11privés
00:53:11de droit
00:53:12il faudrait voir
00:53:13cela
00:53:13pour que
00:53:14monsieur Retailleau
00:53:16puisse dire ceci
00:53:17il est ministre
00:53:18de la république
00:53:19il était ministre
00:53:19de la république
00:53:20il doit défendre
00:53:21avant tout
00:53:21les instituts
00:53:22en fabriquant
00:53:23finalement
00:53:23ce déni
00:53:25qui est de reconnaître
00:53:27le droit au conseil
00:53:27constitutionnel
00:53:28de censurer
00:53:29des lois
00:53:29qui sont
00:53:30anti-constitutionnelles
00:53:31qu'est-ce que fait
00:53:31le conseil constitutionnel ?
00:53:32il dit
00:53:33cette loi
00:53:34que vous me proposez
00:53:35vous
00:53:36législateurs
00:53:37n'est pas conforme
00:53:38à nos principes
00:53:39fondamentaux
00:53:40et cette
00:53:41non-conformité
00:53:42elle ne devrait pas
00:53:43pouvoir être attaquée
00:53:44par un ministre
00:53:45de la république
00:53:46parce qu'il est là
00:53:46c'est lui-même
00:53:47qu'il est en train
00:53:48en réalité
00:53:49de détruire
00:53:49ce sont les institutions
00:53:50qu'il est en train de détruire
00:53:52et c'est au fond
00:53:53une marque du populisme
00:53:55aucun ministre
00:53:56avant lui
00:53:56n'avait pu dire
00:53:57de choses pareilles
00:53:58sans recevoir
00:53:59les foudres
00:54:00de l'opinion publique
00:54:01aujourd'hui ça passe
00:54:01parce que c'est pas le seul
00:54:02à le dire
00:54:03vous entendez Nicolas Sarkozy
00:54:04le dire
00:54:05vous entendez un certain
00:54:06nombre de responsables
00:54:06politiques le dire
00:54:07on arrive à un moment
00:54:09où en fait
00:54:09l'état de droit
00:54:10même dans le langage commun
00:54:11dans le langage politique
00:54:12n'est plus respecté
00:54:14la France
00:54:15est-elle
00:54:16devenue
00:54:16un pays corrompu
00:54:17l'avocat
00:54:18Jérôme Carsanti
00:54:19est avec nous
00:54:19pour en parler
00:54:20le député
00:54:21Charles de Courson
00:54:21nous rejoindra
00:54:22pour confronter
00:54:23ce diagnostic
00:54:24à la réalité politique
00:54:25et vous
00:54:25qu'en pensez-vous
00:54:26est-ce que selon vous
00:54:27la corruption
00:54:28est assez punie
00:54:29en France
00:54:29on attend vos réactions
00:54:31au 0826 300 300
00:54:40Vous êtes bien sur Sud Ratio
00:54:42sur Sud Radio
00:54:43et Sud Ratio
00:54:43pourquoi pas
00:54:44parce qu'on est très rationnel ici
00:54:45on veut dire
00:54:46c'est un face à face
00:54:47qui ne m'oppose pas
00:54:48mais enfin
00:54:48je suis en confrontation
00:54:50avec Jérôme Carsanti
00:54:51sur la corruption en France
00:54:52l'effondrement
00:54:53de l'état de droit
00:54:54nous avons des lectures
00:54:55très tranchées
00:54:55mais son ouvrage
00:54:56est je peux dire
00:54:57magistral
00:54:58et c'est pas parce qu'il
00:54:59est avocat
00:54:59que je dis ça
00:55:00évidemment l'aspect
00:55:01de la corruption
00:55:01est essentiel
00:55:02et Jérôme Carsanti
00:55:03l'associe
00:55:04mais une corrélation
00:55:05entre corruption
00:55:05et fondement
00:55:06de l'état de droit
00:55:06je voulais là-dessus
00:55:07avoir l'avis
00:55:08d'un expert
00:55:09en corruption
00:55:10et qui est un parlementaire
00:55:12extrêmement impliqué
00:55:13sur la question
00:55:13qui est Charles de Courson
00:55:15bonjour Charles de Courson
00:55:17bonjour
00:55:17merci d'avoir accepté
00:55:18mon invitation
00:55:19sur Sud Radio
00:55:20aujourd'hui
00:55:20pour discuter
00:55:22pour débattre
00:55:23de ce sujet
00:55:23sur la corruption
00:55:24en un premier temps
00:55:25monsieur le député
00:55:27est-ce que la situation
00:55:29de la corruption
00:55:30en France
00:55:31aujourd'hui
00:55:31en république française
00:55:32sans qu'elle soit
00:55:33au niveau
00:55:34de la république bananière
00:55:35s'est considérablement
00:55:36aggravée
00:55:37depuis une vingtaine
00:55:38d'années
00:55:40écoutez
00:55:40si j'en croit
00:55:41les évaluations
00:55:43relatives
00:55:44des différents pays
00:55:45la France
00:55:47est très mal
00:55:49située
00:55:49en matière
00:55:50de corruption
00:55:51alors
00:55:52la corruption
00:55:54financière
00:55:55ou
00:55:55les différentes
00:55:57modalités
00:55:58c'est pas forcément
00:55:59de l'argent
00:55:59c'est parfois
00:56:00des contreparties
00:56:01c'est parfois
00:56:02vous voyez
00:56:02toutes ces formes
00:56:03de corruption
00:56:04dans le monde
00:56:04des affaires
00:56:05d'une part
00:56:05mais aussi
00:56:06dans le monde
00:56:07politique
00:56:08ça n'est pas nouveau
00:56:09voilà
00:56:10mais on est mal classé
00:56:12donc la France
00:56:13est un pays
00:56:15dans lequel
00:56:16l'on était
00:56:17parce que
00:56:17on citait Montesquieu
00:56:19mais vous savez
00:56:19ce que disait
00:56:19Montesquieu
00:56:20dans l'esprit des lois
00:56:21il disait
00:56:22le fondement
00:56:22des républiques
00:56:24c'est la vertu
00:56:24et le fondement
00:56:27des autocraties
00:56:29des tyrannies
00:56:30c'est la peur
00:56:30c'est assez bien vu
00:56:33une république
00:56:34dans laquelle
00:56:35les citoyens
00:56:36ont le sentiment
00:56:38que la vertu
00:56:40est une valeur
00:56:42qui est totalement
00:56:43abandonnée
00:56:44et bien
00:56:45elle est en train
00:56:45de se dégrader
00:56:46de s'effondrer
00:56:47il y a un deuxième sujet
00:56:48qu'a abordé
00:56:49le maître
00:56:49qui a ressenti
00:56:50qui est le respect
00:56:51de l'état de droit
00:56:52moi je suis un ancien magistrat
00:56:55j'ai toujours défendu
00:56:56à l'assemblée
00:56:56les libertés publiques
00:56:58voilà
00:56:59même quand il y a
00:57:00des décisions de justice
00:57:01ou des décisions
00:57:02des conseils constitutionnels
00:57:03qui ne me plaisent
00:57:05qu'à moitié
00:57:05je me tais
00:57:07je ne dis pas
00:57:09parce que
00:57:11cette décision
00:57:12n'est pas conforme
00:57:13à ce que j'espérais
00:57:14etc
00:57:14et bien
00:57:15il faut modifier
00:57:17la constitution
00:57:18ou
00:57:22modifier
00:57:22les règles
00:57:23résistantes
00:57:24de la république
00:57:24vous voyez
00:57:25ça
00:57:26effectivement
00:57:27ça c'est une
00:57:28dégradation
00:57:29mais
00:57:29c'est une corruption
00:57:31on aurait dit
00:57:32dans la république romaine
00:57:33c'est une corruption
00:57:34des mœurs
00:57:35du comportement
00:57:37à l'égard
00:57:39de la défense
00:57:40de l'état de droit
00:57:42la garantie
00:57:42des libertés publiques
00:57:43c'est l'état de droit
00:57:45si chacun
00:57:46commence à dire
00:57:46moi je ne suis pas
00:57:47d'accord
00:57:48et je n'en fais
00:57:48qu'à ma tête
00:57:49il n'y a plus
00:57:50de république
00:57:50c'est la dégradation
00:57:53continue
00:57:53et ces deux sujets
00:57:55je ne dis pas
00:57:57totalement
00:57:58indépendants
00:57:58l'un de l'autre
00:57:59mais différents
00:58:01on se souvient
00:58:02on se souvient
00:58:03de cette phrase
00:58:05la convention nationale
00:58:06rappelle à tous les citoyens
00:58:07que la vertu et la promité
00:58:08sont à l'ordre du jour
00:58:09de la république
00:58:09elle évolue par Robespierre
00:58:11vous avez cité
00:58:12Montesquieu
00:58:13Robespierre aussi
00:58:14Charles de Courson
00:58:15la vertu républicaine
00:58:17est une des grandeurs
00:58:18de la France
00:58:18et nous avons eu
00:58:19des hommes politiques
00:58:20vertueux
00:58:20je suppose que vous en êtes
00:58:22et on en a eu d'autres
00:58:23bien sûr
00:58:24je vais demander
00:58:25à maître Carcenti
00:58:26est-ce que la vertu
00:58:27est toujours présente
00:58:28dans la république
00:58:28malgré que vous dénonciez
00:58:29quelquefois
00:58:30qu'il puisse y avoir
00:58:31prévarication
00:58:32alors d'abord
00:58:33je veux juste préciser
00:58:34c'est tellement important
00:58:36la vertu
00:58:36que c'est dans la déclaration
00:58:38des droits de l'homme
00:58:38et du citoyen
00:58:39c'est l'article 10
00:58:40de la déclaration
00:58:41des droits de l'homme
00:58:41et du citoyen
00:58:42qui prévoit
00:58:42que les hommes
00:58:44en responsabilité
00:58:45doivent avoir
00:58:46comme qualité
00:58:47la vertu
00:58:49alors je ne sais pas
00:58:50si la vertu
00:58:50a disparu
00:58:51en tout cas
00:58:52ce que moi je dénonce
00:58:54et qui me paraît
00:58:55assez évident
00:58:56c'est la disparition
00:58:58d'une certaine conscience
00:58:59de l'intérêt général
00:59:01et c'est beaucoup
00:59:02de mon livre
00:59:02c'est comment
00:59:05progressivement
00:59:06les responsables
00:59:08publics
00:59:09ont renoncé
00:59:10à cette idée
00:59:11de la défense
00:59:11de l'intérêt général
00:59:12de l'intérêt commun
00:59:13au profit
00:59:14de logiques privées
00:59:15et j'allais dire
00:59:16que la période
00:59:17et ça n'est pas
00:59:18pour stigmatiser
00:59:19quiconque
00:59:19mais c'est une étude
00:59:20pour le coup
00:59:21assez précise
00:59:23la période
00:59:24qui s'est inaugurée
00:59:25en 2017
00:59:26et qui continue
00:59:26jusqu'à aujourd'hui
00:59:27qui est en réalité
00:59:28la période macroniste
00:59:29est une période
00:59:30à cet égard
00:59:31très symptomatique
00:59:32on voit
00:59:33qu'a été
00:59:34de plus en plus
00:59:36mobilisés
00:59:36les cabinets de conseil
00:59:37on voit
00:59:38que l'argent public
00:59:39211 milliards
00:59:40a dit le Sénat
00:59:42211 milliards
00:59:43d'argent public
00:59:44ont été affectés
00:59:45aux entreprises
00:59:45françaises
00:59:46quand vous savez
00:59:47que le budget
00:59:48de la justice
00:59:48c'est 13 milliards
00:59:49quand vous savez
00:59:51que le budget
00:59:52de la défense
00:59:53c'est 50 milliards
00:59:54quand vous savez
00:59:55que le budget
00:59:56du ministère
00:59:57de l'Intérieur
00:59:58de la Sécurité
00:59:58c'est 20 milliards
01:00:00211 milliards
01:00:00pour les entreprises
01:00:01c'est-à-dire
01:00:01qu'on a
01:00:03progressivement
01:00:04donné de l'argent
01:00:06à des services
01:00:07qui ne sont plus
01:00:08des services publics
01:00:08qui n'ont plus
01:00:09la notion
01:00:09de l'intérêt général
01:00:10vous avez
01:00:10une multiplication
01:00:11aussi des logiques
01:00:12de pantouflage
01:00:13c'est-à-dire
01:00:13d'aller-retour
01:00:14entre le monde
01:00:15du privé
01:00:16et le monde
01:00:16du public
01:00:17ceux-ci
01:00:18corrompent en réalité
01:00:19ce que j'appelle
01:00:19moi l'esprit public
01:00:21l'intérêt général
01:00:22la vocation
01:00:23à servir
01:00:23le commun
01:00:24et ça
01:00:25progressivement
01:00:26quand vous avez
01:00:26par exemple
01:00:27un fonctionnaire
01:00:28qui quitte
01:00:29l'administration centrale
01:00:30pour aller servir
01:00:31un cabinet de lobbyiste
01:00:32dans le privé
01:00:33parce qu'il a le droit
01:00:33parce qu'on l'a autorisé
01:00:35parce que la haute autorité
01:00:36pour la transparence
01:00:37de la vie publique
01:00:38a donné un avis favorable
01:00:39sous réserve
01:00:40mais qu'elle n'a pas
01:00:40les moyens de contrôler
01:00:41ce qu'il va faire
01:00:42après
01:00:43dans le monde du privé
01:00:45et qu'il va revenir
01:00:45dans le ministère
01:00:46pour lequel il a pourtant
01:00:47agi en qualité
01:00:48de lobbyiste
01:00:49tout ça
01:00:50est en train
01:00:51d'effondrer
01:00:51ce que moi
01:00:52j'appelle
01:00:53effectivement
01:00:53l'esprit public
01:00:54et l'intérêt général
01:00:55et on pourrait dire
01:00:56pour répondre précisément
01:00:57à votre question
01:00:57la vertu
01:00:58est-ce que les organismes
01:01:00annexes
01:01:01que l'on consulte
01:01:02les bureaux
01:01:03vous en parlez d'ailleurs
01:01:04dans votre livre
01:01:06est-ce que
01:01:06est-ce que là aussi
01:01:07bien sûr
01:01:08les organismes de conseil
01:01:09est-ce que ce n'est pas aussi
01:01:10un instrument de détournement
01:01:12bien sûr
01:01:12de l'état de droit
01:01:13mais bien sûr
01:01:14aujourd'hui finalement
01:01:15l'état se défausse
01:01:17ce n'est pas comme si
01:01:17on n'avait pas suffisamment
01:01:18de fonctionnaires
01:01:19de talent
01:01:20comme si on n'avait pas
01:01:21encore un ENA
01:01:22même s'il a été
01:01:22un peu démantelé
01:01:23mais il y a quand même
01:01:24encore des hauts fonctionnaires
01:01:26pensez que
01:01:28nos politiques publiques
01:01:29je pense
01:01:29à la politique sanitaire
01:01:30au moment du Covid
01:01:31n'a été pensée
01:01:33que par des cabinets
01:01:34conseils externes
01:01:35comme si la politique publique
01:01:36ne pouvait pas être gérée
01:01:37en interne
01:01:38par nos fonctionnaires
01:01:38mais qu'est-ce que ça dit ?
01:01:40c'est-à-dire que
01:01:40c'est des logiques privées
01:01:41qui vont dominer
01:01:42c'est la logique du profit
01:01:43c'est peut-être le but
01:01:44c'est peut-être le but
01:01:46alors si c'est le but
01:01:47ce n'est pas avoué
01:01:47mais au final
01:01:48on se rend compte
01:01:49en tout cas
01:01:50là moi je pourrais vous rejoindre
01:01:51parce que ce qu'il y a
01:01:52c'est qu'au fond
01:01:53on a détricoté
01:01:55ce qui faisait
01:01:56la force à mon avis
01:01:58d'un état
01:01:58je suis assez étatiste moi
01:01:59je pense qu'un état fort
01:02:01au sens où un état
01:02:03qui sait redistribuer
01:02:04qui sait promouvoir
01:02:05l'intérêt général
01:02:06qui sait penser le commun
01:02:07et qui n'est pas mobilisé
01:02:09est-ce qu'on peut penser
01:02:10qu'un hôpital va être lucratif
01:02:12ou rentable ?
01:02:13est-ce qu'on peut penser
01:02:14qu'une école doit être
01:02:15rentable ou lucrative ?
01:02:16est-ce qu'on peut penser
01:02:17que la justice doit l'être ?
01:02:19et tout cela
01:02:19est aujourd'hui
01:02:20et pensé
01:02:21à l'aune effectivement
01:02:22des cabinets de conseil
01:02:23et d'une certaine forme
01:02:24de libéralisme
01:02:25qui vient effondrer
01:02:26l'esprit public
01:02:26étant entendu
01:02:27que dans l'hôpital
01:02:2860% du personnel
01:02:29est en plus dans l'administration
01:02:30et non pas dans le soin
01:02:31Charles de Courson
01:02:32est-ce que les cabinets de conseil
01:02:33vous avez souvent évoqué
01:02:35cette problématique
01:02:36ont pris aujourd'hui
01:02:37une part
01:02:38de responsabilité
01:02:39dans le dysfonctionnement
01:02:40de l'État
01:02:41qui mériterait
01:02:42que l'on s'en inquiète davantage
01:02:43c'est vrai
01:02:45il y a eu des travaux
01:02:47qui ont été faits
01:02:48on a atteint
01:02:49à un moment
01:02:495 milliards
01:02:505 milliards
01:02:51et comme le disait
01:02:53le maître Gersanty
01:02:54il y a dans l'administration
01:02:56dans l'autre administration
01:02:57des gens
01:02:57tout à fait remarquables
01:02:58qui sont parfaitement
01:03:00capables de le faire
01:03:01alors certains
01:03:02de ces cabinets
01:03:04entre nous
01:03:06c'est parfois
01:03:08allez
01:03:08soyons gentils
01:03:09des contreparties
01:03:11de certains services
01:03:12qu'ils ont vendus
01:03:13des renvois d'ascenseurs
01:03:14bon
01:03:15donc
01:03:15des renvois d'ascenseurs
01:03:17il y a une autre question
01:03:19alors là
01:03:19qui se dégrade
01:03:20c'est la porosité
01:03:21entre le secteur public
01:03:22et le secteur privé
01:03:23c'est à dire
01:03:24ce qu'on appelle
01:03:24le pantouflage
01:03:25avec des retours
01:03:26d'ailleurs
01:03:28assez rares
01:03:29il y a un chapitre entier
01:03:30dans le livre
01:03:31sur cette question
01:03:32il y en a
01:03:32il y en a
01:03:33et ce mélange
01:03:35et là
01:03:37vous pouvez vous demander
01:03:37si
01:03:38la haute administration
01:03:41certains d'entre eux
01:03:42n'espèrent qu'une chose
01:03:44c'est partir dans le privé
01:03:46pour tripler
01:03:46leur rémunération
01:03:47puisque c'est
01:03:48les ordres de grandeur
01:03:49de beaucoup d'entre eux
01:03:51de haut niveau
01:03:52et ils vendent
01:03:54entre nous
01:03:55leur connaissance
01:03:57en la matière
01:03:58et le contrôle
01:04:00qui est censé exister
01:04:02franchement
01:04:03il est
01:04:04je trouve
01:04:05extrêmement
01:04:06faible
01:04:07et
01:04:08et pas généralisé
01:04:10en plus
01:04:10il y a un vrai problème
01:04:13là-dessus
01:04:13la confusion
01:04:15mais vous pourriez aussi
01:04:16rajouter
01:04:17le problème
01:04:18du retouchement
01:04:19d'une partie
01:04:20de la classe politique
01:04:22oui voilà
01:04:24un certain nombre
01:04:25de corruptions
01:04:27sont liées simplement
01:04:28à ce que
01:04:29des hommes politiques
01:04:30honnêtes
01:04:30et des femmes politiques
01:04:31honnêtes
01:04:32vous savez
01:04:34être député
01:04:35moi j'ai 4400 euros
01:04:37net par mois
01:04:37net net
01:04:38ouais bon
01:04:39c'est pas
01:04:41voilà
01:04:41bien entendu
01:04:42je serai dans le privé
01:04:43c'est pas cette rémunération
01:04:45là que j'aurais
01:04:45mais j'ai fait un choix
01:04:47moi c'est d'être
01:04:48parlementaire
01:04:49jusqu'à la fin de ma vie
01:04:50voilà
01:04:50donc
01:04:51mais
01:04:52mais beaucoup
01:04:55succombent
01:04:56à l'attrait
01:04:57et dans une société
01:04:59qui est de plus en plus
01:05:00je trouve dominée
01:05:00par l'argent
01:05:02Charles de Coursor
01:05:03est-ce que vous pouvez
01:05:03rester avec nous
01:05:04quelques instants
01:05:05j'ai encore une ou deux
01:05:06questions à vous poser
01:05:07c'est possible
01:05:08oui mais peu
01:05:10parce que
01:05:11j'ai une réunion
01:05:12dans une demi-heure
01:05:13il faudrait que je déjeune
01:05:14je vous aurais libéré
01:05:15avant monsieur le député
01:05:16ne vous inquiétez pas
01:05:16je vous laisserai
01:05:17vous sustenter
01:05:18la loi est-elle vraiment
01:05:19la même pour tous
01:05:20ou est-ce que la corruption
01:05:21a décimé l'état de droit
01:05:23on en parle avec l'avocat
01:05:24Jérôme Carsanti
01:05:25mais vous aussi
01:05:26vous pouvez réagir
01:05:27rappelez-nous au 0826 300 300
01:05:29et dites-nous
01:05:30si pour vous
01:05:31la justice
01:05:32est la même pour tous
01:05:34bien sûr ceux de radio
01:05:36il est 13h33
01:05:37je reçois un maître
01:05:38Jérôme Carsanti
01:05:38qui a écrit
01:05:39corruption au pluriel
01:05:40l'effondrement de l'état de droit
01:05:41nous débattons
01:05:43à fleur et moucheté
01:05:44ou à bâton rompu
01:05:44c'est pour l'avocat
01:05:46pour le bâton
01:05:46c'est plus simple
01:05:46et nous avons l'honneur
01:05:48et la chance
01:05:49d'avoir Charles de Courson
01:05:50en ligne
01:05:51merci monsieur le député
01:05:52d'être resté en ligne
01:05:53je voulais vous poser
01:05:54une question précise
01:05:55que j'évoquerai ensuite
01:05:56tout à l'heure
01:05:56dans un instant
01:05:58avec Jérôme Carsanti
01:05:59est-ce que le narcotrafic
01:06:01est en train de s'installer
01:06:02dans une forme
01:06:03de corruption territoriale
01:06:05avec des maires
01:06:06qui pourront avoir la paix
01:06:07seraient obligés
01:06:08de négocier
01:06:09avec le monde
01:06:10de la drogue
01:06:10et des stupéfiants
01:06:13hélas
01:06:14il y a des cas
01:06:16il y a des cas
01:06:17et
01:06:18ils sont tellement
01:06:20importants
01:06:21de ces réseaux
01:06:22de narcotrafiquants
01:06:23qu'ils corrompent
01:06:24les dockers
01:06:25ils corrompent
01:06:26les douaniers
01:06:27ils corrompent
01:06:28certains fonctionnaires
01:06:30ils corrompent
01:06:31vous voyez
01:06:32et
01:06:33certains
01:06:34succombent
01:06:34à la tentation
01:06:35et
01:06:36ça
01:06:37tout le monde le sait
01:06:39et vous avez des maires
01:06:40qui ont
01:06:41eu une politique
01:06:42de gauche
01:06:43comme de droite
01:06:44c'est pas un problème
01:06:46politiquement
01:06:47marqué
01:06:48qui croient
01:06:49qu'en
01:06:50pactisant
01:06:51avec
01:06:52ces réseaux
01:06:53de drogue
01:06:54ils vont avoir
01:06:55la paix dans les quartiers
01:06:56et ça finit
01:06:57toujours mal
01:06:58oui
01:06:59on préfère
01:07:00le déshonneur
01:07:01y compris
01:07:01dans mon département
01:07:02si vous voulez
01:07:03on préfère le déshonneur
01:07:04pour éviter la guerre
01:07:05et on a le déshonneur
01:07:06et la guerre
01:07:06c'est ce genre de situation
01:07:07absolument
01:07:07c'est ce que disait Churchill
01:07:08oui
01:07:09avant la déclaration
01:07:11de la deuxième guerre mondiale
01:07:12il faut avoir le courage
01:07:14de combattre
01:07:15alors c'est pas simple
01:07:16et
01:07:17il faut bien voir
01:07:18que certains de nos fonctionnaires
01:07:19sont soumis à des pressions
01:07:21eux-mêmes
01:07:21et des membres de leur famille
01:07:24et
01:07:24que
01:07:25ces
01:07:25narcotrafiquants
01:07:26sont prêts à tout
01:07:29menaces
01:07:30assassinats
01:07:31violences
01:07:32physiques
01:07:32enfin tout
01:07:34et donc
01:07:34on a une vraie guerre
01:07:35à mener
01:07:36contre
01:07:37ces réseaux
01:07:38de narcotrafiques
01:07:39qui ont déjà
01:07:40pourri
01:07:41mais ça s'amplifie
01:07:43un certain nombre
01:07:44de quartiers
01:07:45de nos villes
01:07:45mais aussi
01:07:46les zones rurales
01:07:47sont tout aussi atteintes
01:07:48vous êtes vigilant
01:07:50Charles de Courson
01:07:51sur ce dossier
01:07:52avec d'autres parlementaires
01:07:55il y a quand même
01:07:56heureusement
01:07:57beaucoup de gens
01:07:58qui partagent
01:07:59cette position
01:08:00dans les différents
01:08:01courants politiques
01:08:02le problème
01:08:04c'est qu'une fois
01:08:04qu'on a dit ça
01:08:05il faut aussi accepter
01:08:07dans la lutte
01:08:07contre les narneaux
01:08:08trafiquants
01:08:09de donner
01:08:10des points
01:08:11techniques
01:08:12juridiques
01:08:13aussi
01:08:14à la hauteur
01:08:15de ce combat
01:08:17vous voulez dire
01:08:18repenser
01:08:18l'état de droit
01:08:20éventuellement
01:08:21si besoin
01:08:21tout en garantissant
01:08:23la démocratie
01:08:24dans ces cas là
01:08:25si vous voulez
01:08:26et d'avoir
01:08:27aussi
01:08:28des magistrats
01:08:30très spécialisés
01:08:31dans cette affaire
01:08:32parce que
01:08:32un malheureux magistrat
01:08:35qui fait
01:08:36du pénal
01:08:37de droit commun
01:08:39si je puis dire
01:08:40se retrouve
01:08:41avec des réseaux
01:08:43il n'arrivera pas
01:08:44à remonter
01:08:44c'est des réseaux
01:08:46internationaux
01:08:47donc
01:08:48il va avoir
01:08:49énormément de mal
01:08:50c'est pour ça
01:08:50que moi
01:08:51j'ai soutenu
01:08:52l'idée
01:08:54d'avoir
01:08:55des magistratures
01:08:56spécialisées
01:08:57à qui on pourrait
01:08:59donner aussi
01:08:59des moyens
01:09:01spécifiques
01:09:02et toujours
01:09:03avec un contrôle
01:09:04parce que
01:09:06si vous donnez
01:09:07davantage de pouvoir
01:09:08il faut toujours
01:09:09qu'il y ait
01:09:09une contrepartie
01:09:10qui est le contrôle
01:09:11voilà moi
01:09:12ma position personnelle
01:09:14mais c'est urgent
01:09:15c'est vraiment urgent
01:09:17merci Charles de Courson
01:09:18d'avoir accepté
01:09:19cette invitation
01:09:19je vous souhaite
01:09:20un bon déjeuner
01:09:21et je ne doute pas
01:09:22que j'aurai à nouveau
01:09:23besoin certainement
01:09:24de vos avis
01:09:25parce que c'est un dossier
01:09:26qui à mon avis
01:09:26aura matière
01:09:28à être retraité
01:09:30ici
01:09:30sur cette station
01:09:31de Sud Radio
01:09:32merci monsieur le député
01:09:33bonne journée
01:09:34Jérôme Carsanti
01:09:34Charles de Courson
01:09:35l'a dit
01:09:36il faut à un moment donné
01:09:37que l'on se dote
01:09:38d'un dispositif législatif
01:09:39en cas d'extrême urgence
01:09:40quand il y a un vrai danger
01:09:41vous dites
01:09:42l'état de droit est menacé
01:09:43est-ce que vous concevez
01:09:44l'idée qu'on peut quand même
01:09:45rectifier l'état de droit
01:09:46pour que la république
01:09:47se donne les armes
01:09:47de pouvoir faire face
01:09:48à certaines situations
01:09:49vous savez que c'est très intéressant
01:09:50parce que
01:09:51si on en est là
01:09:53avec le narcotrafic
01:09:54en France
01:09:56c'est aussi parce que
01:09:57vous avez eu des réformes
01:09:58très très destructrices
01:09:59de notre état
01:10:00par exemple
01:10:01vous avez eu d'abord
01:10:03la politique du chiffre
01:10:04qui a été celle
01:10:06mise en place
01:10:06par Nicolas Sarkozy
01:10:08au nom de la sécurité
01:10:09politique du chiffre
01:10:10qui a fait qu'en réalité
01:10:11au lieu d'être
01:10:12sur des enquêtes
01:10:12au long cours
01:10:14pour les enquêteurs
01:10:15qui donc
01:10:16devaient enquêter
01:10:17et le narcotrafiquant
01:10:19c'est quelque chose
01:10:20qui nécessite
01:10:21effectivement
01:10:21d'aller loin
01:10:22dans la recherche
01:10:23des sources
01:10:24du financement
01:10:25des manières
01:10:26dont la drogue
01:10:27arrive en France
01:10:28et donc vous avez
01:10:29une politique du chiffre
01:10:30qui a dit
01:10:30aux policiers
01:10:31quand vous faites
01:10:31un contrôle d'identité
01:10:32quand vous interpellez
01:10:34dans les halls d'immeubles
01:10:35un délinquant
01:10:36ça vaut autant
01:10:37qu'une enquête
01:10:38au long cours
01:10:39ça c'est la première
01:10:40réforme
01:10:41qui a été absolument
01:10:42désastreuse
01:10:42à ceux qui nous disaient
01:10:44à grand cri
01:10:46et haut et fort
01:10:47c'est moi
01:10:48qui vais restaurer
01:10:49la sécurité
01:10:50en France
01:10:50deuxième réforme
01:10:51qui est celle
01:10:52de monsieur Darmanin
01:10:53qui est catastrophique
01:10:55et aujourd'hui
01:10:55tous les enquêteurs
01:10:56le disent
01:10:56et les magistrats
01:10:57le disent
01:10:58c'est d'avoir
01:11:00dépossédé
01:11:01la police judiciaire
01:11:02de son référent judiciaire
01:11:04c'est-à-dire
01:11:04aujourd'hui
01:11:05le magistrat judiciaire
01:11:07n'est plus en charge
01:11:07de la police
01:11:08et donc c'est
01:11:09le pouvoir exécutif
01:11:10c'est-à-dire le ministre
01:11:11de l'intérieur
01:11:12qui suit les enquêtes
01:11:13mais quand un juge
01:11:14d'instruction
01:11:14a besoin
01:11:15de faire des investigations
01:11:16il a besoin
01:11:17d'enquêteurs
01:11:18à sa disposition
01:11:19c'est-à-dire
01:11:20que c'est le contrôle
01:11:20du juge judiciaire
01:11:21et monsieur Darmanin
01:11:22a enlevé
01:11:24la police judiciaire
01:11:25du juge
01:11:25et ça
01:11:26ça fait partie
01:11:26en réalité
01:11:27du détricotage
01:11:28donc la question
01:11:28c'est pas tellement
01:11:29est-ce qu'il faut
01:11:31diminuer l'état de droit
01:11:32c'est qu'il faut
01:11:32restaurer des vrais
01:11:33principes d'enquête
01:11:34donner des moyens
01:11:36des moyens sérieux
01:11:37et la troisième chose
01:11:39quand même
01:11:39c'est que
01:11:40quand on a des responsables
01:11:42publics
01:11:42qui sont des corrompus
01:11:45comment vous voulez
01:11:46que le petit fonctionnaire
01:11:47de base
01:11:48dans sa maison d'arrêt
01:11:49de Fleury Mérogis
01:11:51qui laisse passer
01:11:52de la drogue
01:11:53comment vous voulez
01:11:54que le gardien de la paix
01:11:56qu'est-ce que ça donne
01:11:57et on parle souvent
01:11:58de la question
01:11:58de l'exemplarité
01:11:59qu'est-ce que ça donne
01:12:00comme message
01:12:01qu'est-ce que ça envoie
01:12:01comme message
01:12:02qu'est-ce que ça envoie
01:12:03comme message
01:12:03que Marine Le Pen
01:12:05pense recevoir
01:12:06les suffrages
01:12:07pour être élu
01:12:08président de la république
01:12:09alors qu'elle aura
01:12:09un bracelet électronique
01:12:11et qu'elle aura été condamnée
01:12:12pour détournement
01:12:13de fonds publics
01:12:14qu'est-ce que ça envoie
01:12:15comme message
01:12:15à l'ensemble
01:12:16de la France
01:12:17et des français
01:12:19c'est un sujet
01:12:20qui anime beaucoup
01:12:21le débat politique français
01:12:22on a Jean-Pierre
01:12:23qui nous appelle
01:12:24de Marseille
01:12:24bonjour Jean-Pierre
01:12:26oui bonjour
01:12:28je voulais intervenir
01:12:30effectivement
01:12:30j'ai pas très bien
01:12:31compris l'analogie
01:12:32entre la corruption
01:12:33et Marine Le Pen
01:12:34parce que
01:12:34c'est une affaire
01:12:35pour laquelle
01:12:36le software de ma part
01:12:37LFI
01:12:39Bayrou et le Modem
01:12:40ont été aussi traînés
01:12:41pour les mêmes raisons
01:12:41sauf qu'ils ont été acquittés
01:12:43je ferme la parenthèse
01:12:44moi pour ma part
01:12:45au niveau
01:12:46de mon quotidien
01:12:47je ne vois pas
01:12:48tellement la corruption
01:12:49par contre
01:12:49je m'interroge parfois
01:12:51sur le fond
01:12:52de décisions
01:12:53prises au niveau
01:12:53européen
01:12:54qui vont à l'encontre
01:12:55de quasiment
01:12:56tous les états
01:12:58qui la composent
01:12:59donc je donne
01:13:00un exemple
01:13:01un seul
01:13:03et un exemple
01:13:04économique
01:13:04c'est
01:13:06l'abolition
01:13:07de la vente
01:13:08de tout véhicule
01:13:09thermique
01:13:09en 2035
01:13:10il faut m'expliquer
01:13:11quel est le coeur
01:13:12de cette décision
01:13:13comment on en est arrivé là
01:13:15et je ne peux pas
01:13:16m'empêcher de penser
01:13:17que là
01:13:17à ce niveau là
01:13:18il y a peut-être
01:13:19eu de la corruption
01:13:19parce que
01:13:20ça va tellement
01:13:21à l'encontre
01:13:22de l'intérêt
01:13:22des peuples
01:13:24et même
01:13:24des économies
01:13:25que je me dis
01:13:26que corrompre
01:13:27400 personnes
01:13:28dans une assemblée
01:13:29ça doit être faisable
01:13:30pour les puissances
01:13:31étrangères
01:13:32je m'interroge
01:13:33Merci Jean-Pierre
01:13:34Justement Anissa
01:13:35vous avez une information
01:13:36à nous donner
01:13:36sur cet aspect
01:13:37de la corruption
01:13:38En tout cas
01:13:38voilà la question
01:13:39que l'on peut se poser
01:13:40sur des puissants
01:13:42des personnes puissantes
01:13:43qui échapperaient
01:13:44à la justice
01:13:44du coup la question
01:13:45c'est
01:13:45les contrôleurs
01:13:47dépendent-ils
01:13:48de ceux
01:13:49qu'ils doivent
01:13:50contrôler
01:13:50en France
01:13:51qui contrôle
01:13:51les puissants
01:13:52telle est la question
01:13:53le parquet national
01:13:54financier
01:13:54la haute autorité
01:13:55pour la transparence
01:13:56l'agence française
01:13:58anticorruption
01:13:58ou encore des associations
01:13:59comme anticorps
01:14:00sur le papier
01:14:01les garde-fous existent
01:14:02mais finalement
01:14:03regardons
01:14:04qui tient leur laisse
01:14:05le président
01:14:06de la haute autorité
01:14:07est nommé
01:14:07par le président
01:14:08de la république
01:14:09et ses moyens
01:14:10dépendent du budget public
01:14:11le parquet national financier
01:14:13ne peut plus recevoir
01:14:13d'instructions
01:14:14dans une affaire particulière
01:14:16mais ses magistrats
01:14:16appartiennent toujours
01:14:17à un parquet
01:14:18hiérarchisé
01:14:19et ses moyens
01:14:19sont décisés
01:14:20par le ministre
01:14:22de la justice
01:14:23quant à l'agence
01:14:24française anticorruption
01:14:25elle est placée
01:14:25auprès des ministres
01:14:26de la justice
01:14:27et du budget
01:14:28les cas anticorps
01:14:29est encore plus parlant
01:14:30pour pouvoir se constituer
01:14:32partie civile
01:14:32et déclencher
01:14:33certaines procédures
01:14:34cette association
01:14:34doit obtenir
01:14:35un agrément
01:14:36accordé par
01:14:37le pouvoir exécutif
01:14:38celui-là même
01:14:39qu'elle peut être amenée
01:14:40à poursuivre
01:14:41privée de cet agrément
01:14:42pendant plus d'un an
01:14:43elle l'a récupéré
01:14:44en septembre 2024
01:14:45après plusieurs décisions
01:14:46de justice
01:14:47alors attention
01:14:47cela ne signifie pas
01:14:48que tous ces contrôleurs
01:14:50obéissent
01:14:51au gouvernement
01:14:51mais leur nomination
01:14:53leur budget
01:14:54ou leur capacité
01:14:55d'action
01:14:55dépendent
01:14:56à différents degrés
01:14:56du pouvoir politique
01:14:57en 2025
01:14:59seulement 20 magistrats
01:15:01spécialisés
01:15:02au parquet national financier
01:15:03devaient suivre
01:15:04771 procédures
01:15:06et c'est ici
01:15:07que commence
01:15:07la corruption institutionnelle
01:15:09dénoncée finalement
01:15:10par Jérôme Carsanti
01:15:11pas forcément
01:15:12un ordre donné
01:15:13à un juge
01:15:13mais un système
01:15:14qui conserve
01:15:15ses contre-pouvoirs
01:15:16tout en les maintenant
01:15:17dans la dépendance
01:15:18ou le manque
01:15:19de moyens
01:15:20la France
01:15:20a bien des chiens de garde
01:15:22mais trop souvent
01:15:22c'est encore le gardé
01:15:24qui décide
01:15:24de la longueur
01:15:25de leur laisse
01:15:25Jérôme Carsanti
01:15:26les contre-pouvoirs existent
01:15:28est-ce qu'ils sont solides
01:15:29est-ce qu'ils sont fiables ?
01:15:31Alors
01:15:31ils se sont
01:15:33progressivement
01:15:33démantelés
01:15:34ils n'ont jamais été
01:15:35très puissants
01:15:35sous la Ve République
01:15:36il ne faut pas se raconter
01:15:37d'histoire
01:15:38la Cour des Comptes
01:15:39avant oui
01:15:40c'était différent
01:15:41c'était oui
01:15:42mais bon
01:15:43la Cour des Comptes
01:15:44fait des contrôles de comptes
01:15:45mais elle souligne
01:15:47elle signale
01:15:48rarement à la justice
01:15:49les difficultés
01:15:51le Conseil Constitutionnel
01:15:52dont on parlait tout à l'heure
01:15:54est quand même
01:15:54une composition
01:15:54malgré tout
01:15:55politique
01:15:56et ce que vous avez dit
01:15:57est parfaitement juste
01:15:58donc on a des contre-pouvoirs
01:16:00qui existent
01:16:01mais qui sont
01:16:03effectivement
01:16:03assez
01:16:04assez faibles
01:16:05mais surtout
01:16:07on passe
01:16:08notre temps
01:16:08aujourd'hui
01:16:09à les amenuiser
01:16:11encore plus
01:16:12c'est-à-dire
01:16:12qu'on voit bien
01:16:13comment
01:16:14l'argent
01:16:15vous soulignez
01:16:16que le fait
01:16:16qu'on a
01:16:17un parquet national financier
01:16:19qui est sous contrôle
01:16:21du pouvoir exécutif
01:16:22il y a peu de moyens
01:16:23dans la justice
01:16:24je te disais tout à l'heure
01:16:24le budget de la justice
01:16:25c'est 13 milliards
01:16:26c'est très peu
01:16:28quand vous avez
01:16:29en tant que magistrat
01:16:31financier
01:16:32à devoir
01:16:33vous assurer
01:16:34que Airbus
01:16:36n'est pas
01:16:36corrompu
01:16:37ou n'a pas agi
01:16:38de manière
01:16:39corruptive
01:16:39vous imaginez
01:16:40le nombre d'avocats
01:16:41que vous avez en face
01:16:42le nombre
01:16:43de moyens
01:16:44qui sont dépensés
01:16:45par Airbus
01:16:45vous voyez
01:16:46la difficulté
01:16:47pour aujourd'hui
01:16:48la justice française
01:16:49de s'attaquer
01:16:50en réalité
01:16:51au mastodonte
01:16:52de la corruption
01:16:53quand en réalité
01:16:54vous n'avez pas
01:16:54assez de moyens
01:16:56pour agir
01:16:57et qu'est-ce qui se passe
01:16:58c'était extraordinaire
01:17:00la loi française
01:17:02la loi française
01:17:03elle dit
01:17:03nous procureurs
01:17:04on n'a plus tellement
01:17:05les moyens
01:17:05parce qu'on n'a pas
01:17:06assez de policiers
01:17:07on n'a pas assez d'enquêteurs
01:17:08on n'a pas assez de juges
01:17:09on ne peut pas décortiquer
01:17:10on n'a pas le niveau
01:17:11de savoir
01:17:12parce qu'en face
01:17:13vous avez quand même
01:17:13de la haute technologie
01:17:15de la finance
01:17:16et la corruption
01:17:17elle se cache
01:17:18elle se camoufle
01:17:19elle est dissimulée
01:17:19on n'a pas les moyens
01:17:20donc ce qu'on va faire
01:17:21c'est qu'on va faire
01:17:22ce qu'on appelle
01:17:23des conventions judiciaires
01:17:24d'intérêt public
01:17:24c'est-à-dire
01:17:25on passe un contrat
01:17:26avec l'entreprise
01:17:28corruptrice
01:17:29on lui dit
01:17:29bah voilà
01:17:30vous nous donnez
01:17:30tant de milliards
01:17:31en échange
01:17:33de la renonciation
01:17:34à toute poursuite
01:17:35et vous pouvez continuer
01:17:36à corrompre
01:17:37sur les marchés étrangers
01:17:38sans qu'il y ait
01:17:39d'inscription
01:17:40au casier judiciaire
01:17:41ça c'est la réponse
01:17:42aujourd'hui
01:17:42vous voyez
01:17:43quand on parlait
01:17:43de l'état de droit
01:17:44la réponse
01:17:45et quand l'état de droit
01:17:46est à ce point-là
01:17:47assiégé par des forces privées
01:17:49et bien en réalité
01:17:50il vient renoncer
01:17:51à ces grands principes
01:17:53Gilets jaunes
01:17:54vie chère corruption
01:17:55faiblesse des contre-pouvoirs
01:17:56revenez avec nous
01:17:57sur tous les sujets du jour
01:17:58avez-vous déjà été témoin
01:17:59d'un conflit d'intérêts
01:18:00la France est-elle
01:18:00devenue trop indulgente
01:18:02avec ses dirigeants
01:18:02vos expériences
01:18:03et vos colères
01:18:04nous intéressent
01:18:04appelez-nous au 0826 300 300
01:18:08midi 14h
01:18:09Sud Radio
01:18:10la France dans tous ses états
01:18:12Péricault-Légace
01:18:13vous êtes bien sûr
01:18:15Sud Radio
01:18:15il est 13h48
01:18:16je reçois
01:18:16maître Jérôme Carsanti
01:18:18auteur de Corruption
01:18:18je me rappelle toujours
01:18:20au pluriel
01:18:20parce qu'il n'y en a pas
01:18:21qu'un effondrement
01:18:21de l'état de droit
01:18:22aux éditions
01:18:23autrement
01:18:23un document historique
01:18:25et politique
01:18:26à lire
01:18:26avec beaucoup d'attention
01:18:27alors il faut prendre le temps
01:18:29mais on ressort
01:18:30mieux informé
01:18:31en le finissant
01:18:32que lorsqu'on le commence
01:18:34parce que le sujet
01:18:35évidemment est brûlant
01:18:36et souvent douloureux
01:18:39Jérôme Carsanti
01:18:40on va répondre
01:18:40à Jean-Pierre
01:18:41qui nous a appelé de Marseille
01:18:42qui était inquiet
01:18:42sur les possibilités
01:18:44de corruption
01:18:45alors est-ce que
01:18:46l'Europe
01:18:46est-ce que la Chine
01:18:47l'Allemagne
01:18:48est-ce qu'il peut y avoir
01:18:48des corruptions
01:18:49et est-ce que le Parlement
01:18:50européen peut être aussi
01:18:51un siège
01:18:52ou une entité
01:18:53où il peut y avoir
01:18:54de la corruption
01:18:54bien sûr
01:18:55et bien sûr
01:18:56le Parlement européen
01:18:57comme toute institution
01:18:58publique
01:18:59est soumise
01:19:00à des tentations
01:19:01celle de la corruption
01:19:02aujourd'hui
01:19:03la corruption
01:19:04elle est presque
01:19:05devenue légale
01:19:05c'est un peu aussi
01:19:06le sujet de mon livre
01:19:07c'est-à-dire qu'on voit bien
01:19:09comment se sont
01:19:10instituolisés
01:19:10les lobbies
01:19:11c'est normatif
01:19:12c'est quasiment normatif
01:19:13et en fait
01:19:14le lobbying
01:19:14est devenu légal
01:19:15on voit que la loi
01:19:16de 2016 a prévu
01:19:17qu'est-ce que c'est
01:19:17qu'un représentant d'intérêt
01:19:18et quand vous prenez
01:19:19la définition
01:19:21du représentant d'intérêt
01:19:22avec la définition
01:19:23de ce que c'est
01:19:24que le trafic d'influence
01:19:26la différence
01:19:27c'est l'épaisseur
01:19:29d'un papier
01:19:30de cigarette
01:19:30si vous voulez
01:19:31et donc la réalité
01:19:32c'est que vous avez
01:19:33dans nos institutions
01:19:35effectivement
01:19:35le droit
01:19:36d'aller influencer
01:19:37l'élaboration
01:19:38de la règle de droit
01:19:39et je lisais
01:19:42hier
01:19:43un papier
01:19:44sur le lobbying
01:19:45au parlement européen
01:19:47au moment
01:19:48de la loi Omnibus
01:19:49sur la déréglementation
01:19:50des pesticides
01:19:51vous aviez plus de lobbyistes
01:19:53américains
01:19:53donc l'influence américaine
01:19:54que de parlementaires
01:19:56européens
01:19:56et la réglementation
01:19:58sur le lobbying
01:19:59en Europe
01:19:59comme en France
01:20:00est tout à fait insuffisante
01:20:01pour en réalité
01:20:02tracer la manière
01:20:03dont la loi
01:20:04est élaborée
01:20:05et dont la loi
01:20:05est votée
01:20:06vous vous souvenez
01:20:06de la démission en direct
01:20:07de Nicolas Hulot
01:20:08sur France Inter
01:20:09je me souviens très bien
01:20:10de ce jour de septembre 2018
01:20:11où il dit
01:20:12j'étais à l'Elysée
01:20:13il y avait Thierry Coste
01:20:13qui était là
01:20:14assis quand même ministre
01:20:15j'ai demandé
01:20:16ce que c'était cette personne
01:20:17qui était un lobbyiste
01:20:17il l'avoue
01:20:18Thierry Coste
01:20:19le reconnaît lui-même
01:20:19et là j'ai compris
01:20:20que la république
01:20:21à laquelle je croyais
01:20:22n'était pas exactement
01:20:23celle
01:20:23à laquelle je participe
01:20:25et l'influence
01:20:26aujourd'hui
01:20:26des lobbyings
01:20:27en France
01:20:27et des lobbyistes
01:20:28en France
01:20:28est considérable
01:20:29sur la manière
01:20:30dont la loi
01:20:30est élaborée
01:20:31et votée
01:20:32Juste un mot
01:20:32pour ces Jean-Pierre
01:20:33Jean-Pierre de Marseille
01:20:34Jean-Pierre
01:20:35bien sûr
01:20:36qu'il y a un lien
01:20:37entre la corruption
01:20:37et Marine Le Pen
01:20:38puisque je vous rappelle
01:20:39qu'elle a été condamnée
01:20:40pour détournement
01:20:41de fonds publics
01:20:42ce qui ne veut pas dire
01:20:42que M. Bayrou
01:20:43qui a été relaxé
01:20:44mais son parti
01:20:45a été condamné
01:20:46ni que d'autres
01:20:47ne sont pas par ailleurs coupables
01:20:49vous savez la comparaison
01:20:49en matière de corruption
01:20:50il faut éviter
01:20:51d'être partisan
01:20:52sur la question de la corruption
01:20:53elle touche hélas
01:20:54tous les partis
01:20:55et il faut savoir la condamner
01:20:56là où elle se trouve
01:20:57Et pourtant on pensait
01:20:58avoir mis les gardes de foot
01:20:59depuis 1991 en France
01:21:00et aussi
01:21:01et ça n'empêche pas
01:21:02certains partis
01:21:03qui ont besoin d'argent
01:21:04de le trouver
01:21:05ce qui est drôle
01:21:06c'est quand vous voyez
01:21:07l'évolution de la loi
01:21:08sur la lutte anticorruption
01:21:10il y a eu des grands moments
01:21:11de sensibilisation
01:21:13dans l'opinion publique
01:21:14mais ça a toujours été
01:21:15suscité
01:21:16par les grands scandales
01:21:19Cahuzac
01:21:19Tevenou
01:21:20et à chaque fois
01:21:21vous avez eu des lois
01:21:22anticorruption
01:21:23postériant
01:21:23Fillon
01:21:24et la Veste
01:21:252017
01:21:25et donc on a les lois
01:21:27entre 2013
01:21:272016
01:21:282017
01:21:28qui sont des lois
01:21:29de scandale
01:21:29de conséquence
01:21:31de scandale
01:21:31Jérôme Carcenti
01:21:31les scandales
01:21:33les drames
01:21:33les accidents
01:21:34que ce soit en industrie
01:21:35en la santé
01:21:35en l'alimentation
01:21:36sont souvent à l'origine
01:21:37des solutions
01:21:38parce qu'on attend
01:21:39que ça arrive
01:21:39pour réagir
01:21:41nous avons Jean-Paul
01:21:42qui nous appelle de Toulouse
01:21:43bonjour Jean-Paul
01:21:45oui bonjour
01:21:46et bonjour
01:21:47à votre invité
01:21:48maître Jérôme Carcenti
01:21:50voilà
01:21:51Jérôme Carcenti
01:21:52donc c'est un sujet
01:21:53effectivement brûlant
01:21:55vous connaissez
01:21:56des gens corrompus
01:21:56vous
01:21:57enfin que vous soupçonnez
01:21:58de corruption
01:21:59autour de vous
01:22:00oh ben
01:22:01Van der Leyen
01:22:01c'est le numéro 1
01:22:02de la corruption
01:22:03ah je ne m'attendais pas
01:22:04à cette place qualificatif
01:22:05elle a pas mal de casquettes
01:22:07et de
01:22:08et de casseroles
01:22:09mais la corruption
01:22:10je ne
01:22:10enfin je vous vois venir
01:22:11allez-y
01:22:11dites-nous en plus
01:22:13non je ne vais pas en dire
01:22:15je ne vais pas en dire
01:22:15beaucoup plus
01:22:16parce qu'en fait
01:22:16je voulais intervenir
01:22:18moi sur le
01:22:19sur le
01:22:21sur ce que pense
01:22:22faire le cornu
01:22:23de taxer les
01:22:24taxer les retraités
01:22:25pour récupérer
01:22:266 milliards
01:22:276 milliards
01:22:29mais 6 milliards
01:22:30ça correspond
01:22:31à ce que la France
01:22:32donne
01:22:33à l'Ukraine
01:22:34tous les ans
01:22:35depuis 4 ans
01:22:37depuis le début de la guerre
01:22:38la France
01:22:38la France donc
01:22:39a donné 23 milliards
01:22:42en nature
01:22:43avec les canons
01:22:44César par exemple
01:22:45ou en argent
01:22:46en argent
01:22:47donc à l'Ukraine
01:22:48donc je pense
01:22:49qu'il y a peut-être
01:22:50un effort à faire
01:22:51de ce côté là
01:22:51mais
01:22:53comment dire
01:22:54le cornu
01:22:54d'autres
01:22:55préfèrent taxer
01:22:56les retraités
01:22:56ce qui est absolument
01:22:57honteux
01:22:57parce que
01:22:59les retraités
01:23:00donc
01:23:00ce sont des gens
01:23:01qui ont cotisé
01:23:02toute leur vie
01:23:03qui ont cotisé
01:23:04plein de pot
01:23:04et maintenant
01:23:05on dit
01:23:06bah oui
01:23:06vous êtes des privilégiés
01:23:08vous êtes des voleurs
01:23:09donc on va
01:23:10vous taxer
01:23:10c'est une honte
01:23:12c'est une honte ça
01:23:14il y a
01:23:15bon c'est une honte
01:23:16de plus
01:23:17qui est à
01:23:19qui est à additionner
01:23:20avec les
01:23:21comment dire
01:23:23la hausse des carburants
01:23:24par exemple
01:23:25si on regarde
01:23:26le cours du
01:23:27le cours du brut
01:23:27il y a quelques années
01:23:29le brut était passé
01:23:30à pratiquement
01:23:31150 dollars
01:23:32le baril
01:23:32147 dollars
01:23:34à 147 dollars
01:23:35le baril
01:23:36l'essence
01:23:37était à moins de
01:23:38enfin le carburant
01:23:39était à 1,30
01:23:40ou 1,35
01:23:41quelque chose
01:23:42comme ça
01:23:43là
01:23:44on est à 100 dollars
01:23:45le baril
01:23:46et on passe
01:23:47à 2,30
01:23:482,40
01:23:482,40
01:23:49la pompe
01:23:50la moins chère
01:23:50à côté de chez moi
01:23:51va passer à 2,40
01:23:52pour du gazole
01:23:54mais là
01:23:56Jean-Paul
01:23:57le lobby
01:23:57le lobby
01:23:58qui se sucre
01:23:59avec les carburants
01:24:00c'est le lobby
01:24:00de l'état
01:24:02Jérôme Carson
01:24:03dit
01:24:03est-ce qu'un état
01:24:05peut être obéiste
01:24:06et à ce sens
01:24:06organiser une forme
01:24:07de corruption
01:24:09en détournant des fonds
01:24:10ce qui va à l'Ukraine
01:24:11on n'est pas sûr
01:24:12que l'argent
01:24:12est toujours au peuple
01:24:13ukrainien
01:24:13le bras droit
01:24:14de Zelensky
01:24:14a dû s'enfuir
01:24:16voilà
01:24:16est-ce que là
01:24:17sur le prix des carburants
01:24:19est-ce qu'il y a
01:24:20une forme de corruption
01:24:20quelque part
01:24:21non
01:24:21moi en tout cas
01:24:22je n'ai pas cette analyse là
01:24:24je pense que l'état
01:24:26fait ce qu'il peut
01:24:26aujourd'hui
01:24:27pour refinancer
01:24:28un budget
01:24:29en détresse
01:24:30budget en détresse
01:24:31qui est dû d'ailleurs
01:24:32aux politiques budgétaires
01:24:34menées depuis
01:24:3510 ans
01:24:36donc c'est là
01:24:37où est le paradoxe
01:24:38on pourrait discuter
01:24:39de savoir
01:24:39si c'est auprès des retraités
01:24:41qu'il faut aller chercher
01:24:42l'argent
01:24:42ou ailleurs
01:24:44je disais tout à l'heure
01:24:45c'est le Sénat
01:24:46c'est un rapport du Sénat
01:24:47c'est sérieux
01:24:48211 milliards
01:24:49donnés aux entreprises
01:24:50en France
01:24:51en 2023
01:24:52en une année
01:24:54211 milliards
01:24:55et ça c'est vraiment
01:24:56un questionnement
01:24:57qu'on doit avoir
01:24:57c'est qu'est-ce qu'ont fait
01:24:59les grandes entreprises
01:25:00du CAC 40
01:25:01de cet argent
01:25:02qui a été donné
01:25:03pour l'emploi
01:25:04qui a été donné
01:25:05pour les salaires
01:25:06qui a été donné
01:25:07pour la croissance économique
01:25:08et on voit aujourd'hui
01:25:09à quel point
01:25:09nous sommes tous en berne
01:25:10alors que
01:25:11des petites entreprises
01:25:12des pays
01:25:13des artisans
01:25:13mettent la clé sous la porte
01:25:14entre la facture électricité
01:25:16et le poids des charges
01:25:17Jérôme Carcenti
01:25:18merci d'avoir été avec nous
01:25:19pendant une heure
01:25:20sur Sud Radio
01:25:20merci Anissa
01:25:22je rappelle le titre
01:25:23de votre ouvrage
01:25:23Corruption au pluriel
01:25:25l'effondrement
01:25:26de l'état de droit
01:25:26aux éditions
01:25:27autrement
01:25:28il vous en coûtera
01:25:2822 euros
01:25:29mais vous en aurez
01:25:30pour votre argent
01:25:31et quand vous aurez fini
01:25:32cet ouvrage
01:25:34je dis que c'est un document
01:25:36voilà
01:25:36vous pouvez ne pas être
01:25:37forcément d'accord
01:25:38mais en tout cas
01:25:39Jérôme Carcenti
01:25:40met les points sur les i
01:25:41et il met le doigt
01:25:42sur les plaies
01:25:42qui font très mal
01:25:44à très bientôt
01:25:45Anissa
01:25:45on se revoit demain
01:25:46mais bien sûr
01:25:47qu'on se revoit demain
01:25:48c'était la France
01:25:48dans tous ses états
01:25:49merci à Jérôme Rodrigues
01:25:51Jérôme Carcenti
01:25:52et Charles de Courson
01:25:53d'avoir été avec nous
01:25:53merci également
01:25:54à chacun d'entre vous
01:25:55pour vos appels
01:25:55vos réactions
01:25:56et votre fidélité
01:25:57on se retrouve demain
01:25:58dès midi
01:25:58sur Sud Radio
01:26:00et évidemment
01:26:00on ne part pas
01:26:01parce que Brigitte Laé
01:26:02prend la suite
01:26:03excellente journée à tous
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