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  • il y a 8 minutes
Invité sur l'antenne de BFMTV à analyser la dynamique des cortèges et la hausse des violences urbaines, le professeur émérite de criminologie Alain Bauer décrypte la complexité de la gestion du maintien de l'ordre.

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Transcription
00:00Bonsoir Alain Bauer.
00:01Bonsoir.
00:02Merci d'être avec nous, professeur émérite de criminologie,
00:05auteur de ce livre « Il faut sauver nos enfants » aux éditions First.
00:10Tout d'abord, je voulais vous montrer ces images du jour,
00:12de manifestations dites sauvages, anarchistes,
00:15des rassemblements anarchiques, pardonnez-moi,
00:18dans la capitale, anarchistes probablement,
00:20avec des bouffées anarchistes en tous les cas.
00:22Les anarchistes sont beaucoup plus organisés que l'idée qu'on s'en fait.
00:25C'est le mot qu'on leur donne, mais l'anarchie est un mouvement très structuré.
00:29Là, c'est assez calme et statique.
00:31Ce genre de mouvement, est-ce que ça reprend un défi en matière d'encadrement
00:34par leur aspect, justement, si je puis dire, sauvage, inattendu,
00:39et leur objectif, parfois, là, ce ne fut pas le cas,
00:41peut-être d'aller vers des lieux de pouvoir, des bâtiments stratégiques ?
00:45D'abord, il y a toujours une pulsion irrésistible à aller se montrer.
00:48La manifestation, c'est pour que ça se voit.
00:52Une manifestation clandestine, c'est un autre type d'action politique.
00:58Donc, l'idée en France, c'est que la manifestation est d'être mobile et mouvante.
01:03Aux États-Unis, c'est tourner en rond, et dans d'autres pays européens,
01:07c'est se réunir dans une place centrale.
01:09Il restait pendant longtemps, une manifestation française était au Champ de Mars,
01:13ou sur la place de la Concorde.
01:15Donc, il n'y a pas une tradition aussi développée que ça.
01:18Puis, à un moment, la manifestation s'est transformée en défilé,
01:21et donc en processus qui a mécaniquement transformé la manière dont on envisageait
01:27la gestion de la circulation, puis la protection des manifestants.
01:32Ça a nécessité la création de services d'ordre.
01:34Donc, ce sont les syndicats qui ont été chargés d'organiser l'ordre public pour eux-mêmes
01:39par une sorte de sous-traitance négociée avec la création des gendarmes mobiles en 1921,
01:47parce qu'avant, on envoyait l'armée tirer dans le tas.
01:50Avant, autre période.
01:51Et là, aucun service d'ordre.
01:52J'entends de temps en temps des gens qui expliquent que le maintien de l'ordre,
01:56il suffit de tirer dans le tas quand même.
01:57Il y en a qui le disent, aujourd'hui, en France.
02:00Rappelez que ça n'a pas mieux marché, et que c'est même contre-indiqué,
02:05contre-intuitif, et que ça donne des résultats désastreux.
02:07C'était une révolte dans le sud de la France, à cette époque-là.
02:10Oui, il y a même eu une fraternisation entre les celles-là,
02:12qu'on refusait de tirer sur des viticulteurs.
02:15Donc, en 1907, la question centrale, elle est maintenant
02:19que vous avez plusieurs manifestations dans la manifestation.
02:23Et ça, ça ne date pas de la semaine dernière,
02:24ça date de la création de ce qui a s'appelé la nébuleuse,
02:27vous avez des études sociologiques sur la question,
02:29qui est arrivée en 1986, au moment où des collégiens et des lycéens,
02:32par milliers, ont submergé les manifestations étudiantes.
02:36C'est la première fois qu'on voyait débarquer des collégiens et des lycéens
02:39qui, non seulement entraient dans la manifestation,
02:40mais passaient devant, avec un certain moment à la fois joyeux
02:45et revendicatif et parfois un peu musclé.
02:47On a vu arriver ensuite les Black Blocs,
02:49qui sont des organisations très structurées et très politiques,
02:52qui, elles, ont des objectifs très particuliers,
02:56qui est la lutte contre le capitalisme,
03:00les institutions politiques nées du capitalisme,
03:04du libéralisme économique.
03:05Vous avez vu apparaître une toute nouvelle génération
03:07qui sont les gilets jaunes,
03:09et là vous avez encore un phénomène de faim,
03:11de comète gilet jaune, très structuré, très déterminé,
03:15qui n'a toujours pas digéré de ne pas avoir réussi leur objectif
03:18et qui n'avait rien à voir sociologiquement,
03:19ni avec les syndicalistes, eux n'avaient jamais manifesté,
03:22ils n'étaient pas politisés,
03:23mais ils étaient en colère,
03:25en colère contre la réduction de la vitesse,
03:28contre des injonctions contradictoires
03:31et incompréhensibles du gouvernement de l'époque,
03:34de M. Philippe.
03:35Et puis vous avez une apparition un peu nouvelle désormais,
03:41qui sont les exclus ou...
03:47Ah, les invisibles.
03:48...du système scolaire,
03:50qui sont encore officiellement des élèves,
03:53mais qui ne sont pas vraiment dans un système,
03:55mais qui sont les petites mains du narcotrafic,
03:57ce qui explique beaucoup des agressions et des incendies
04:00qui ont eu lieu dans certains établissements scolaires,
04:02particulièrement dans le sud et le sud-est de la France,
04:04qui est une catégorie à part.
04:05Vous avez la génération Naël,
04:07je viens souvent expliquer ici que je ne comprends toujours pas
04:10pourquoi elle est zappée dans la mémoire...
04:13Pardon, donc c'est un condensé de toutes les crises passées.
04:14C'est un cocktail.
04:15C'est un cocktail.
04:16Qui n'est pas Molotov,
04:17mais qui donne les mêmes effets en termes de capacité explosive.
04:20C'est-à-dire qu'il peut faire incendier...
04:21Parce que je rappelle que génération Naël,
04:22juillet 2023,
04:24je cite le rapport du Sénat,
04:2550 000 émeutiers,
04:2710 jours,
04:291 milliard d'euros de dégâts,
04:31des bâtiments publics...
04:32Le cœur de la génération Naël,
04:34c'est Montargis,
04:35une ville quasiment à moitié brûlée,
04:38c'est le Limoges de la génération Naël.
04:40Et on ne se rend pas compte,
04:42et il n'y a pas eu de retour d'expérience
04:43sur la génération Naël.
04:45C'est ça ce qui est incroyable, bien sûr.
04:45Mais vous notez que,
04:46si on n'en parle pas ici avec vous
04:48et certains de vos collègues
04:50qui ont plus de mémoire que d'autres,
04:52ce sujet n'est jamais abordé,
04:53et tout le monde vous renvoie à
04:54Gilets jaunes, mai 68,
04:56rarement en 1986,
04:57qui est pourtant l'élément
04:58où apparaissent ces mouvements
05:00débridés, sauvages, etc.
05:03Et en fait,
05:03vous avez un composé générationnel,
05:05mais par mille feuilles,
05:06un effet cafarnaum,
05:08comme dirait les archéologues,
05:10qui est qu'on a un peu tout,
05:12l'un sur l'autre et avec l'autre,
05:13personne n'oubliant rien,
05:15et tout le monde ayant la colère du précédent
05:17et rajoutant sa colère à lui.
05:19Alors avec de telles strates,
05:21ça a donné peut-être le 17 octobre,
05:22sur date, sur laquelle...
05:24Oui, c'est ce qu'a dit le ministre Nadeau.
05:25Effectivement.
05:26Il faut saluer d'ailleurs
05:27une assez grande honnêteté
05:28dans sa déclaration du mineur.
05:30J'ai pas entendu le débat
05:32parce que je venais chez vous.
05:34Effectivement.
05:34Alors, j'explique à nos téléspectateurs.
05:36Donc, il est auditionné
05:36dans le cadre de cette fameuse commission
05:38d'enquête
05:39pour comprendre les tenants
05:40et les aboutissants
05:41d'une telle faillite.
05:42Encore et toujours,
05:43il marque le défaut d'anticipation.
05:45Il reconnaît un échec
05:47et il assume,
05:48et c'est là où je voudrais
05:48vous interroger aussi,
05:49de ne pas avoir rappelé
05:50des policiers,
05:51notamment sur leur congé.
05:53Écoutons-le.
05:54La question,
05:55toujours facile à poser
05:56à posteriori,
05:57restera pourquoi ne pas avoir
05:58mis en place
05:58dès le 17 octobre,
05:59ce qui a été prévu
06:00le samedi 24.
06:01Par exemple,
06:02pourquoi ne pas avoir mobilisé
06:04plus de forces de l'ordre
06:05dès le 17 octobre ?
06:06J'assume de ne pas avoir rappelé
06:08sur leur congé
06:08des effectifs de police
06:09et de gendarmerie
06:11qui se trouvaient à ce moment-là
06:12déjà très éprouvés
06:13par de longues et intenses semaines
06:15de mobilisation
06:16sur le mouvement des lycéens
06:17durant lequel ils ont été
06:19d'ailleurs largement scrutés
06:21et la proportionnalité
06:22de leurs réponses
06:23mise en cause.
06:25Il assume,
06:26on peut le comprendre.
06:27Vous pensez, Alain Bauer,
06:28qu'à l'aune
06:30d'une telle commission d'enquête,
06:31on va pouvoir savoir
06:31tout ce qui s'est vraiment passé ?
06:33Il a décidé de fournir
06:35une partie importante
06:35des notes du renseignement.
06:37Il en a cité d'ailleurs
06:38un certain nombre.
06:38Il a annoncé aux rapporteurs
06:39qu'ils y auraient accès.
06:41Il y en a deux ou trois
06:41qui doivent être un peu plus
06:43classifiés
06:43parce qu'il y a des noms
06:44d'individus dedans.
06:46Il est normal
06:47qu'elles ne se baladent pas
06:48partout.
06:49Mais sur le fond,
06:51c'est plutôt honnête
06:52et lucide.
06:52C'est-à-dire que
06:53la déclaration liminaire
06:54du ministre
06:55ouvre la voie
06:56à une assez grande capacité
06:57pour les rapporteurs,
06:58les trois rapporteurs,
06:59à entrer dans le vif
07:02du sujet.
07:03On a senti
07:04qu'il y avait un peu
07:04de tension
07:04avec un des parlementaires
07:06de la France insoumise,
07:07M. Bernalicis,
07:08qui est le spécialiste
07:09des questions
07:10de sécurité intérieure
07:11chez eux.
07:12Mais sur le fond,
07:13j'ai trouvé le ministre
07:14plutôt extrêmement précis,
07:16extrêmement détaillé,
07:17extrêmement ouvert
07:18sur la capacité
07:19à aller voir les notes.
07:20Alors il se trouve
07:20qu'évidemment,
07:21vos journalistes
07:22qui sont extrêmement
07:23bien informés
07:24ont vu passer
07:25une partie de ces notes.
07:26D'ailleurs,
07:26ils avaient anticipé
07:27les éléments.
07:28Mais quand le ministre
07:29dit en fait,
07:29c'est le 16
07:30que j'ai commencé
07:31à me rendre compte
07:32qu'on était peut-être
07:33en train de se faire
07:34déborder,
07:35c'est la vérité.
07:36Ah bah attendez.
07:37Mais alors expliquez-nous
07:38parce qu'il dit,
07:39il dit que c'est donc
07:40la veille,
07:41il dénonce ultra-gauche,
07:42il dit qu'il y a des messages,
07:43très clairs,
07:45qui en appelaient
07:45très directement
07:47à s'en prendre
07:47des symboles de l'État
07:48avec un imaginaire
07:50très ancré,
07:51très affirmé,
07:52un imaginaire révolutionnaire.
07:54Écoutons-le
07:54et vous me direz
07:55si la veille
07:56vous détectez tout ça,
07:57qu'est-ce que vous faites
07:57pour le lendemain ?
07:59Je souhaite vivement
07:59que cette commission d'enquête
08:00sur les incidents du 17 octobre
08:02à laquelle je réponds volontiers,
08:04devant laquelle encore une fois
08:05je prends toute ma responsabilité,
08:06n'occulte évidemment pas celle
08:08de la mouvance ultra-gauche
08:09et d'extrême-gauche radicale
08:10qui par ses nombreux appels
08:12documentés
08:12à faire dégénérer
08:13la mobilisation du 17 octobre,
08:15détient la responsabilité
08:16première et principale
08:17des violences observées
08:18et dont le ministre
08:19de l'Intérieur que je suis
08:21est aujourd'hui pourtant
08:22le premier à répondre devant vous
08:23en grande responsabilité.
08:25Il a évoqué des messages
08:26très explicites
08:27et des cortèges sauvages
08:28qui allaient vers des lieux
08:29de pouvoir.
08:30Ils n'étaient pas sauvages.
08:32Ils étaient hors
08:33du champ initial
08:34mais très organisés
08:35par ceux qui disaient
08:36on va aller ici
08:37on va aller là.
08:38Donc sauvage
08:39c'est quand
08:4030 000 collégiens
08:41et lycéens débarquent
08:42tout d'un coup
08:42et ne savent pas où aller.
08:43Si vous avez un message
08:45indiqué
08:45prise de l'Elysée
08:46est-ce que vous vous dites
08:47oulala
08:48il y a une
08:48en termes
08:49En fait ce qu'il dit
08:50et qui est très juste
08:51c'est que
08:52ce que j'avais expliqué
08:53la dernière fois
08:54c'est que
08:54quand vous avez
08:55une masse de manœuvres
08:57suffisante
08:57elle permet
08:58aux casseurs de casser
08:59et aux pilleurs de piller.
09:01Quand vous sous-estimez
09:02non pas l'existence
09:04des manifestants
09:05mais qu'ils vont
09:06du simple au triple
09:07et que vous avez
09:08effectivement
09:09des mouvements
09:10qui éparpillent
09:11les forces de l'ordre
09:12et qui surtout
09:13les prennent à revers
09:13notamment à Marseille
09:15par un mouvement
09:16qui commence très tôt
09:17le matin
09:17je précise que c'est
09:18quasiment jamais arrivé
09:20même si c'est
09:21les lycéens
09:22et les collégiens
09:22ont plutôt l'habitude
09:23d'aller tôt
09:24au collège
09:25ou au lycée
09:25ce n'est pas le cas
09:26des manifestants
09:27qu'on réunit en général
09:28vers 13h
09:29pour le défilé
09:31qui va durer
09:31jusqu'à la fin de journée
09:32moment où il se passe
09:34des choses.
09:34Quand vous avez
09:35la conjonction
09:36de mouvements tactiques
09:37inattendus
09:38d'une masse de manœuvres
09:40dépassant
09:40les prévisions
09:42et que vous ne le savez
09:43que le jour d'avant
09:44de toute façon
09:45vous comptez les points
09:46et vous espérez
09:47que ça n'a pas trop mal
09:48de se terminer.
09:48C'est quand même vertigineux.
09:49D'ailleurs
09:50du haut de votre expérience
09:51vous avez déjà entendu
09:52un ministre de l'État
09:53reconnaître un échec
09:55non reconnaître un échec
09:56je n'ai jamais entendu
09:56c'est vrai que c'est à souligner
09:57c'est la première fois
09:58mais dire à ce point
09:59qu'on a failli
09:59qu'on a été débordé
10:01c'est quand même
10:01c'est à dire que
10:02c'est l'État régalien
10:03qui a été débordé.
10:04Oui mais l'État régalien
10:05est souvent débordé
10:05mais ne le reconnaît jamais
10:06c'est à dire
10:07l'État ment effrontément
10:08c'est à dire un des problèmes
10:09de sa défiance
10:10avec la société civile
10:13injonction
10:13c'est à dire
10:14l'État a pris l'habitude
10:15la noblesse d'État
10:16comme dirait Pierre Bourdieu
10:17je cite rarement
10:19mais cette fois-ci oui
10:21dit grosso modo
10:21il est arrogant
10:22suffisant et maîtrisant
10:23il prend tous les autres
10:24pour des débiles
10:25il leur montre
10:25et parfois
10:26il leur surmontre
10:27et surtout
10:28il sous-estime
10:29ce qu'est la colère
10:30la rage d'aviance
10:31l'État a été totalement
10:32pris au dépourvu
10:33par les gilets jaunes
10:34qui étaient des travailleurs
10:35pauvres
10:36qui travaillaient
10:37la semaine
10:38et qui venaient défiler
10:39le week-end
10:39sans aucune idée
10:40de ce qu'était
10:41qu'un défilé
10:41qui n'avait jamais été
10:42politisé de leur vie
10:43qui n'avait jamais
10:44manifesté de leur vie
10:45et qui avait une vision
10:46de la manifestation
10:47uniquement limitée
10:48à la télévision
10:49ou à leurs enfants
10:51quand ceux-ci
10:51avaient un mouvement
10:52lycéen
10:53voire étudiant
10:54à l'époque
10:54donc l'État
10:55est très souvent
10:57pris au dépourvu
10:58mais là
10:59il a été pris au dépourvu
11:00par la quantité
11:02à la fois
11:03de manifestants
11:04donc de casseurs
11:05et il n'a pas vraiment
11:06vu les pilleurs
11:07et ça c'est un élément
11:08majeur
11:09ensuite il a été
11:10posé par la diversité
11:11à l'intérieur
11:12de la manifestation
11:13des groupes
11:14composites
11:15qui ont chacun
11:15des objectifs différents
11:17c'est pour ça qu'il n'y a pas
11:18de convergence des luttes
11:19mais une convergence des colères
11:21de ce que j'appelle
11:21une convergence des rages
11:22qui couvre un nombre
11:23des secteurs
11:24absolument invraisemblables
11:25et chaque fois
11:26l'État essaye
11:27de ne pas avoir
11:27tout le monde contre lui
11:28si possible
11:29à les agriculteurs
11:30à les transporteurs routiers
11:31à les pompiers
11:33en même temps
11:33que les policiers
11:34qui eux-mêmes
11:34ont des revendications
11:36il est face
11:37à cette extraordinaire
11:38complication
11:39c'est qu'en ne gérant
11:40aucune fin
11:41de crise précédente
11:43ce que j'appelle
11:43une crise totale
11:44il les reçoit tous
11:45à la fin
11:46parce qu'à la fin
11:46vous êtes toujours
11:47rattrapés par la patrouille sociale
11:48très bien
11:49mais qui est rattrapé
11:50parce que l'État
11:51l'État
11:51il a failli
11:52le gouvernement pour l'instant
11:53mais qui sont les victimes
11:54de l'effondrement
11:54accéléré de l'État
11:55les citoyens
11:56parce qu'en France
11:57l'État a construit la nation
11:59c'est très rare
12:00très rare
12:01partout ailleurs
12:02les nations ont construit des États
12:03donc vous avez des tas
12:03d'éléments
12:04de corps intermédiaires
12:05d'éléments décentralisés
12:06fédéralisés
12:07vous pouvez atténuer
12:09les coûts gérés
12:10au niveau local
12:11bref
12:12à trouver des solutions
12:13qui vous évitent
12:14d'être emportés
12:14pas en France
12:15l'État non seulement
12:16dit qu'il sait tout
12:17qu'il fait tout
12:17mais qu'il est le seul
12:18à le faire
12:19donc il réduit
12:20les corps intermédiaires
12:21il les élimine
12:23le chef de l'État
12:24est un spécialiste
12:25de la chose
12:26puisqu'il est le premier
12:27à avoir expliqué
12:28que désormais
12:28il n'y avait lui et rien
12:30et non seulement
12:31il y a lui et rien
12:32donc il a le droit
12:32de le penser
12:33mais non seulement
12:34il le dit
12:34mais il le montre
12:35et donc à un moment donné
12:37il est le centre
12:37parce qu'il s'est mis
12:39au milieu du champ de bataille
12:40mais qu'il est un peu
12:41tout seul
12:41quand il dirige
12:43quasiment le maintien de l'ordre
12:44puis qu'il dirige
12:45le renseignement
12:46puis qu'il vous explique
12:48qu'il dirige
12:49le prix de l'essence
12:50etc
12:50le président république
12:51fait comme si
12:52en fait il n'avait besoin
12:53ni de préfets
12:53ni de gouvernement
12:55la réalité
12:56elle est qu'il s'est construit
12:57dans cette posture
12:58qui lui a permis
13:00d'être élu
13:00au nom du renouvellement
13:02de son livre
13:03ça s'appelait Révolution
13:04de ce point de vue là
13:04on ne peut pas dire
13:05qu'on a été trompé
13:06sur la marchandise
13:06la question centrale
13:08aujourd'hui
13:08c'est comment on gère
13:09le moment paroxystique
13:10du 5 novembre
13:11donc le 17 octobre
13:13on a appris le 24
13:14le 31
13:17là on va voir le 5
13:18parce que le 5
13:18vous avez vraiment
13:19la conjonction
13:19de tour en même temps
13:21et dans plein d'endroits
13:22parce qu'à la veille
13:23de cette commission d'enquête
13:24et en prévision
13:25du 5 novembre
13:26Laurent Nunez
13:27il dit qu'il ne renoncera
13:28à aucun moyen intermédiaire
13:30comme les grenades
13:31et autres
13:32des moyens permettant
13:33dit-il aux forces de l'ordre
13:34de se défendre
13:35ça a donc été une erreur
13:37à un moment de suspendre
13:37certaines grenades
13:38alors de toute façon
13:39la grenade de désencerclement
13:40qui est une arme de guerre
13:41je le répète
13:42quelles que soient les conditions
13:43ça ne sert pas
13:44au maintien de l'ordre
13:45dans des manifestations
13:46ça sert à gérer l'état
13:48quand il est encerclé
13:50et au moment
13:51où il lutte
13:52contre une insurrection
13:53ce n'est pas la même chose
13:54donc on a des armes
13:55on n'a rien à faire
13:56du tout
13:56là-dedans
13:57il se trouve que
13:58tout le monde parle du LBD
14:00comme si c'était
14:00une arme stable
14:01ce n'est pas vrai
14:02le LBD était une arme
14:04qui s'appelait
14:04le flashball
14:05le flashball tirait
14:07des projectiles
14:09plus larges
14:10plus loin
14:11et avec une moins grande
14:13vélocité
14:13c'est-à-dire qu'on pouvait avoir
14:15une petite fracture
14:16ou quelques hématomes
14:18mais on ne perdait pas son oeil
14:19on a commandé
14:20de nouveaux produits
14:21qui s'appellent désormais
14:22LBD ou GL06
14:24c'est le nom du fabricant
14:25qui vient de brûler
14:25d'ailleurs en Suisse
14:26avant-hier
14:28petit effet secondaire
14:29de la vente de LBD
14:30à la France
14:31probablement
14:32c'est ce que disent
14:34les autorités suisses
14:35c'est une entreprise suisse
14:37et donc
14:38les projectiles
14:39sont plus petits
14:39donc ils vous font
14:40perdre l'oeil
14:41ils peuvent étirer
14:42de plus près
14:43et leur puissance
14:44est plus grande
14:45mais qui a eu
14:46cette idée
14:47folle
14:48d'utiliser cet outil
14:49non pas le
14:50flashball ancien
14:52dont on pouvait discuter
14:53quand on change
14:54la grenade
14:55assourdissante
14:56votre collègue
14:57Maxime Switek
14:58que vous avez retrouvé
14:58tout à l'heure
14:59est venu ici
15:00montrer une grenade
15:00lacrymogène
15:01il l'a démontée
15:02et tout le monde
15:03a compris
15:03qu'à l'intérieur
15:04rassurez-vous
15:04ce soir je suis désarmée
15:05oui bah tant mieux
15:06parce qu'autrement
15:07vous allez avoir
15:088 jours
15:08de lacrymo à la maison
15:10je suis pas sûr
15:10que ça va plaire
15:11à votre famille
15:12mais sur le fond
15:13vous voyez tous les éléments
15:14composants de grenades
15:15vous comprenez
15:16que la grenade
15:16lacrymogène
15:17qui n'est que lacrymogène
15:18elle explose
15:19comme toutes les autres
15:20grenades
15:20en envoyant
15:21des tas de petits
15:22picots en plastique
15:24plus ou moins grands
15:24quant à la grenade
15:25assourdissante
15:26c'est la même manière
15:27elle vient de remplacer
15:28la précédente
15:29qui était déjà jugée
15:30mais Laurent Lunez
15:30il dit moi
15:31je veux tous les ventailles
15:32parce qu'il n'est pas
15:33face à une manifestation
15:35de manifestants joyeux
15:37et sympathiques
15:37ce qui a été le cas
15:38de la quasi-totalité
15:39des manifestations
15:40collégiens et lycéens
15:41contrairement à ce qu'on raconte
15:42par contre
15:43ce qui n'est pas le cas
15:43des blocages de lycées
15:44pour les raisons
15:44que j'ai expliquées tout à l'heure
15:45je pense qu'elles sont explicites
15:48d'un certain nombre de problèmes
15:49avec des exclus du système scolaire
15:50ou des gens qui y sont dedans
15:51mais qui aimeraient bien
15:52être dehors
15:52vous avez ensuite
15:54des casseurs
15:55où là il y a une problématique
15:56particulière
15:57et vous le voyez d'ailleurs
15:57avec la problématique
15:58du cocktail Molotov
15:59cocktail Molotov
16:00il date de la guerre d'Espagne
16:01il n'y a pas de nouveauté
16:02le cocktail Molotov
16:04n'est pas le problème
16:05ce qui est le problème
16:05c'est que désormais
16:06une partie des Black Blocks
16:07envoie du white spirit
16:08pendant des heures
16:10sur les policiers
16:10pour accélérer
16:11le pouvoir inflammable
16:12c'est ce qui s'est passé
16:12avec le gendarme attaqué ?
16:14on peut de nouveau regarder
16:15la séquence ?
16:17on est en train d'analyser
16:18si la détonation
16:19est une détonation
16:20liée au cocktail Molotov
16:21ou un bruit résiduel
16:23je vais laisser parler
16:23le spécialiste
16:24et je vais parler
16:24j'ai eu plein de collègues
16:26qui m'ont dit
16:26il faut étudier
16:28il y a les deux secondes
16:29on les asperge
16:31de white spirit
16:32pour que l'effet
16:33ne soit pas
16:34le cocktail Molotov
16:35mais décuplant
16:36le cocktail Molotov
16:37donc vraiment
16:38pour les griller
16:38et quand le ministre
16:39de l'Intérieur
16:40dit que c'est un acte
16:42meurtrier
16:43ou avec une visée meurtrière
16:44il a raison
16:46parce qu'on n'est pas
16:47simplement dans l'envoi
16:48du truc
16:48ou les tenues
16:49qui appartiennent quasiment
16:51il y a une préparation
16:51c'est très important
16:52parce que tout cocktail Molotov
16:53n'est pas un cocktail Molotov
16:54vous avez des cocktails Molotov
16:55à mèche
16:56des cocktails Molotov
16:57par la rencontre
16:57au moment où ils se brisent
16:58de deux entités chimiques
17:00et des cocktails Molotov
17:01où vous rajoutez
17:02un élément
17:02que je ne vais pas vous donner
17:03sur ce plateau
17:04qui les rendent explosifs
17:06au sens de
17:07qui provoque une détonation
17:08en plus de l'embrasement
17:10et si vous rajoutez
17:11du white spirit
17:12ou autre produit
17:13du même genre
17:14que vous envoyez
17:14on ne sait pas très bien
17:15ce que c'est
17:15parce que ça ressemble
17:16à de l'eau
17:18pendant 10 minutes
17:1920 minutes
17:191 heure
17:20et puis tout d'un coup
17:20vous envoyez le cocktail Molotov
17:22vous décuplez
17:23le pouvoir abrasif
17:24et incendiaire
17:25du cocktail Molotov
17:27et vous en changez
17:27et vous en changez
17:28la nature
17:29oui je le crois
17:30on regarde la séquence
17:31à la boire
17:50d'accord et donc
17:51c'est à la justice
17:52là de
17:53oui aux experts
17:54parce qu'ils vont regarder ça
17:55micro secondes
17:56par micro secondes
17:57la police technique
17:58et scientifique
17:58en tous les cas
17:59il y a une chose
17:59on peut ne pas attendre
18:00c'est la haine
18:01qui est envoyée
18:02avec un tel
18:02ah oui mais ça
18:04c'est l'effet générationnel
18:05celui qu'on a totalement
18:07sous-estimé
18:07pas vu pas compris
18:08mais rien ne justifie
18:10c'est agape
18:10oui
18:11non non je dis
18:12je ne juge pas
18:14des mobilisations
18:17sociales
18:17et de leur justification
18:18le fait de vouloir
18:19tuer un policier
18:20n'est pas justifié
18:21vous voulez dire
18:21que parce qu'on n'a pas répondu
18:22à une crise
18:23il y a quelques années
18:24on ne l'a pas analysé
18:25on ne l'a pas comprise
18:26on ne l'a pas estimé
18:27on se retrouve avec un gendarme
18:29qui pourrait finir
18:30en torche humaine
18:31bien sûr
18:31mais d'abord
18:32ce n'est pas la première fois
18:33des gendarmes
18:34et des policiers
18:35c'est pour ça
18:36qu'on a changé
18:37pour les BOS
18:37c'est vrai que c'était
18:38assez saisissant
18:39de voir ça
18:40oui l'image est saisissante
18:40mais je crois que
18:41j'ai dû repérer
18:42depuis 1986
18:45une quarantaine de cas
18:46où des policiers
18:48ou des gendarmes
18:49des CRS pardon
18:50ou des gendarmes mobiles
18:51en général
18:52ils les ciblent particulièrement
18:53mais ils savent aussi
18:54que leur tenue
18:55de mieux en mieux protégée
18:56et inifugée
18:57permet de réduire
18:58mais là il a bien senti
19:00la brûlure saisissante
19:01oui alors on la sent
19:02très bien
19:02mais vous avez vu que
19:03les blessures sont
19:05malgré tout
19:06et heureusement pour lui
19:07limitées
19:07et qu'il en parle
19:08avec un sang froid incroyable
19:10et que la ligne
19:10regarde
19:11ils sont une demi-douzaine
19:13à avoir été touchés
19:14pas seulement lui
19:15mais la ligne
19:16s'est bien reformée
19:17et puis
19:17il y avait
19:18chez les gendarmes
19:20des outils
19:21de préservation
19:22des sections
19:23par des agents
19:26qui sont chargés
19:28de la partie infirmerie
19:29qui est très bien
19:30ce qui n'existe
19:30quasiment plus
19:31chez les CRS
19:32malheureusement
19:32du fait de la réduction
19:33et de la concentration
19:34des effectifs
19:35mais ça c'est un effet
19:38RGPP comptable
19:39avant d'arriver
19:39au 5 novembre
19:40Alain Bauer
19:41juste une question
19:41elle est à la fois politique
19:43parce que le débat politique
19:44s'en est saisi
19:45mais elle est très factuelle
19:46sur le terrain
19:46pour connaître le profil
19:48des casseurs
19:48et des pilleurs
19:49vous avez vu
19:49que ça divise
19:51le débat politique
19:52entre les candidats
19:53Edouard Philippe
19:54qui affirme
19:54qu'il y avait
19:55une partie
19:56avec des habitants
19:57venant des quartiers
19:58et donc
19:58qui met en avant
19:59un défaut d'intégration
20:00ce à quoi
20:01Jean-Luc Mélenchon
20:02estime que le fait
20:03d'en parler
20:03c'est raciste
20:04est-ce qu'on connaît
20:06ces profils-là ?
20:07Pas forcément
20:08de ceux qui ont été
20:09interpellés
20:09mais de ceux
20:11Je rappelle que
20:12les mille ans de jacquerie
20:15ne se faisaient pas
20:16avec des profils
20:17basanés des quartiers
20:18parce qu'il n'y avait
20:19pas de quartiers
20:19et que l'immigration
20:21elle était à l'époque
20:22italienne, provençale
20:24bretonne, basque
20:25et alsacienne
20:26Personne ne dit
20:27que c'est le monopole 2
20:27mais est-ce que cette fois-ci
20:29il y a eu plus d'opportunisme ?
20:31L'idée que
20:32en ramenant cette problématique-là
20:34comme si elle était
20:35d'évidence
20:36et nouvelle
20:37serait insuïe
20:38Moi
20:38il se trouve que j'ai été
20:39comme président
20:40de l'Observatoire national
20:41de l'Incance
20:41le premier à sortir
20:42les statistiques
20:43non pas des immigrés
20:45parce que je ne les connais pas
20:46et que personne ne les connaît
20:46donc je dénie
20:47à qui que ce soit le soin
20:48de pouvoir annoncer quoi que ce soit
20:50sur le profil de l'immigration
20:51mais sur les étrangers
20:52et grâce à trajectoire
20:54et origine
20:54sur les enfants d'étrangers
20:55et sur les parcours d'étrangers
20:57on les connaît extrêmement bien
20:59Mais c'est important
21:00ce que vous dites
21:00sur les français
21:01il n'y a pas de surprise
21:02le deuxième ou le troisième génération
21:03on ne peut pas savoir
21:04Mais ça n'existe pas
21:04il n'y a pas de français
21:05de première, de troisième
21:06ou de quatrième génération
21:07il y a des populations diversifiées
21:09qui depuis les romains
21:10jusqu'à nos jours
21:11ont peuplé ce pays
21:13il y a simplement une différence
21:15je vais aller jusqu'au fond
21:15Je vous en prie
21:16parce que vous avez très bien
21:17traité du sujet tout à l'heure
21:18on sent les trois problématiques
21:21assimilation, intégration, communautarisation
21:23et en fait le code civil en France
21:25il n'a pas changé
21:26le code civil de la république
21:27il dit assimilation
21:29Point
21:30Et nous avons oublié ça
21:31C'est-à-dire que pour nous
21:33une grande partie
21:34des populations issues
21:35de l'immigration
21:35que nous avons attirées
21:37pendant les Trente Glorieuses
21:39avec la promesse de l'emploi
21:40il n'y a jamais eu de promesse
21:42ni d'assimilation
21:43ni d'intégration
21:43parce que pour nous
21:44c'était des immigrés
21:45à durée déterminée
21:46et qu'ils allaient rentrer
21:46à la maison
21:46Et qu'on a connu
21:47les transpiteuses
21:48donc effectivement
21:49Une collection
21:50qui s'appelle comme ça
21:51Voilà
21:52Donc le premier problème
21:53c'est que nous avons raté
21:54cet épisode
21:55Nous, volontairement
21:57pour des raisons
21:58bassement économiques
21:59Et quand il y a eu
22:00la crise du textile
22:01la crise de la sidérurgie
22:02etc
22:02Disons les choses
22:03Vous voulez dire
22:03que c'est une forme
22:04de l'ompenprolétariat moderne
22:06qu'on a utilisé
22:07qu'on a ajouté
22:07comme un kleenex
22:08Sauf qu'il y a des familles
22:10il y a des enfants
22:11Exactement
22:11Ils sont nés sur le territoire
22:13Et à ce moment-là
22:14On s'est trouvé face
22:15à une problématique nouvelle
22:16de populations
22:18qui étaient déracinées
22:19de leur propre culture
22:20qui ne savaient pas très bien
22:21où ils étaient
22:21Pas très bien vues
22:23Mais je rappelle
22:23que les premiers pogroms
22:25anti-immigrants en France
22:26ont été faits
22:26contre des Italiens
22:29Au XIXe siècle
22:30Les Italiens
22:31qu'on faisait venir
22:31avec leur famille complète
22:32après 1914-18
22:34puisqu'il n'y avait plus personne
22:36pour aller travailler
22:37vu le nombre de morts
22:39notamment hommes
22:40Je suis d'accord
22:41Rappel historique
22:42Bienvenue
22:42Mais alors la seule chose
22:44qu'on peut voir
22:44Qui mériterait d'être visitée
22:46Je vais renvoyer
22:46la conquête de l'Ouest
22:47à à peu près
22:47tous ceux qui mériteraient
22:49de relire
22:49Le Récit national
22:51Parce que tout le monde
22:51vit dans un roman national
22:52merveilleux
22:53inventé par la Troisième République
22:55formidable
22:56Vous savez que j'attends toujours
22:58d'avoir un vrai débat
22:58avec Philippe Devilliers
22:59sur roman national
23:01contre récit national
23:02Déjà vous avez demandé
23:03un débat avec Robert Ménard
23:05et on est en train
23:05de l'organiser
23:06Je pense qu'on n'est pas
23:08dans exactement
23:08la même configuration
23:09Non nous sommes d'accord
23:09Je veux dire par là
23:10qu'on peut avancer
23:12pour comprendre
23:12comment on peut réconcilier
23:14le récit et le roman
23:15sans continuer
23:16à raconter n'importe quoi
23:18sur la partie roman
23:19Un roman c'est magnifique
23:20c'est merveilleux
23:21mais c'est de la fiction
23:22Le Récit national français
23:24est celui de sa diversité
23:25Ce que disait
23:26François-Olivier Gisbert
23:27tout à l'heure
23:27Je ne citerai pas Bainville
23:29même si c'est le héros
23:30personnel d'Éric Zemmour
23:31mais dans toute notre histoire
23:33il y a cette réalité
23:35de diversité
23:36Je m'appelle Bauer
23:37et pas Dupont
23:38et même si ça s'appelle
23:39désormais Boer
23:40mais mes petits camarades
23:42d'Alsacien
23:42ils aiment bien
23:43parler dialecte
23:44et si vous trouvez
23:45quelque chose de commun
23:46entre un Alsacien
23:47un Basque
23:48un Corse
23:50et un Breton
23:51il n'y a rien de commun
23:51sauf l'intégration nationale
23:54qui s'appelait assimilation
23:55Mais donc y a-t-il un défaut
23:56d'intégration ?
23:57Y a-t-il un défaut
23:57d'assimilation ?
23:58D'assimilation
23:58Ah vous reprenez le mot
23:59Vous voyez parce que
24:00pour certains le mot est à vous
24:01mais il est dans le code civil
24:02Vous avez raison
24:02Je propose qu'ils changent
24:03le code civil
24:04mais qu'ils assument
24:04de le changer
24:05parce que moi je comprends
24:06les mots qui sont utilisés
24:08par les uns et les autres
24:09créolisation
24:11communautarisation
24:11etc.
24:12Mais je rappelle que
24:13c'est pas comme ça
24:13que ce pays a été construit
24:15On n'est pas obligé
24:16de refaire systématiquement
24:17la même erreur
24:18d'interprétation
24:19de la nature du pays
24:20Moi je suis pour une
24:23assimilation intégrative
24:24mais en même temps
24:25quand Michel Rocard
24:26défendait le droit
24:27C'est la promesse
24:27de la France
24:28Le droit pour les Bretons
24:29de parler bretons
24:30J'étais avec lui
24:31pour préparer son audition
24:33dans la Cour Sûreté de l'État
24:34qui s'était réuni
24:35pour savoir si parler bretons
24:37était une menace
24:37pour l'intégrité nationale
24:38Et les hussards de la République
24:39c'était à coup de baguette
24:41qui ne voulaient pas
24:42que les bretons parlent bretons
24:43etc.
24:44C'était même interdit
24:45de parler bretons
24:45à la devanture des bars
24:47Et donc l'intégration
24:48de l'assimilation
24:48s'est faite un peu
24:49pardonnez-moi
24:50à l'époque
24:50On n'est pas obligé
24:52d'être aussi idiot
24:53J'espère bien
24:53Mais je veux dire
24:55par là
24:55on peut reconnaître
24:56la diversité
24:56de ce qu'a été ce pays
24:58et l'unicité
24:59de ce qui en fait
25:00son identité
25:02ce qui nécessite
25:03de sortir beaucoup
25:04du roman national
25:05pour redescendre sur terre
25:06et de passer
25:08dans un processus
25:09d'assimilation
25:09ouverte
25:10intelligente
25:11qui disent
25:11mais nous avons
25:12des valeurs communes
25:13donc une identité commune
25:14qui nécessite
25:15de nous rappeler
25:16qui nous sommes
25:16Et vous nous sommes
25:17Pour cela
25:17il faut sortir
25:18il faut regarder
25:19il faut avoir
25:19les pieds ancrés
25:20sur le terrain
25:21probablement
25:21comme le cas
25:22de nombreux maires
25:23qui se succèdent ici
25:24sur le terrain
25:25C'est grâce à eux
25:26que le pays tient encore
25:27quand même le dire
25:28S'il n'y avait pas
25:2936 000 maires
25:30dans ce pays
25:31On va le dire
25:32à David Lissnard
25:32Il a raison
25:33Il va venir dans quelques instants
25:34Le président de l'association
25:35des maires de France
25:35Par ailleurs
25:36Par ailleurs
25:37Tout à fait
25:38Double casquette
25:40Janvier au 5 novembre
25:41On va accorder
25:42les dernières minutes
25:43à cela
25:43Vous avez dit
25:44depuis des semaines
25:45que c'était le moment
25:45probablement
25:47paroxystique
25:47ou l'ACME
25:48Une agrégation
25:49de populations
25:50quand même très diverse
25:51À la fois le pouvoir d'achat
25:53le pouvoir de vivre
25:53les carburants
25:56Moitié fin du mois
25:57moitié fin du monde
25:59Exactement
25:59Alors comment on arrive
26:00à concilier
26:01la fin du mois
26:01et la fin du monde ?
26:02On leur parle
26:03Parce que qu'est-ce
26:04qu'ils demandent ?
26:04Qu'on leur parle ?
26:06Qui parle ?
26:08On me dit
26:08genre les populistes
26:10mais les populistes
26:10parlent au peuple
26:11C'est une partie du problème
26:12d'ailleurs
26:12Et tous les autres
26:13se désolent
26:14que les populistes
26:14parlent au peuple
26:15Mais à qui parlent-ils eux ?
26:17Qui peut aller
26:17dans une manif ?
26:18Donc il faut aller
26:18sur les barricades
26:20Mais il faut parler
26:21à tout le monde
26:21Tout le monde
26:23Il n'y a aucune
26:24Je ne vois pas
26:24qu'elle est là
26:25Alors évidemment
26:26il y en a qui se font rejeter
26:27mais ils ont un lourd passif
26:29Et ceux qui ne se font pas rejeter
26:31c'est intéressant
26:32de voir pourquoi
26:32ils ne se font pas rejeter
26:33Vous croyez vraiment
26:33qu'on peut être encore
26:34dans un moment d'écoute
26:35Il y a ceux qui se font rejeter
26:36parce qu'ils ont un lourd passif
26:37Aujourd'hui même
26:38quand vous essayez
26:39de recueillir une parole
26:39en tant que journaliste
26:40parfois vous vous faites
26:42éjecter
26:42de manière manu militair
26:43Est-ce que c'est encore
26:44un pays
26:45qui veut être
26:46Est-ce que ce sont encore
26:47parfois
26:49qui veulent être écoutés
26:50ou est-ce qu'ils sont passés
26:52au-delà
26:52Ils veulent être écoutés
26:53entendus
26:54et ils ont un lourd contentieux
26:55avec la parole de l'État
26:57et les médias
26:59dont ils considèrent
27:00Qui sont les proxys
27:01Ou les relais
27:02Ou dont ils considèrent
27:03qui sont les proxys de l'État
27:04ou de l'extrême droite
27:06Alors il n'y a pas de médias
27:07d'extrême gauche
27:08ou d'ultra gauche
27:09Bon enfin
27:09s'il y en avait un
27:10Moi je suis pour les chaînes d'opinion
27:11J'ai aucun problème
27:12Je pense que ça devrait être normal
27:14et parfaitement légal
27:16d'avoir une chaîne d'opinion
27:18qui affirme des opinions
27:19Évidemment avec une obligation
27:21du débat contradictoire
27:22à un moment ou d'autre
27:23dans la grille
27:24et pas à 3h du matin
27:25Mais sur le fond
27:27Vous voyez moi
27:27il se trouve que
27:28Je suis invité
27:29par toutes les chaînes
27:30d'information
27:31Et j'y vais
27:32Mais vous avez bien raison
27:33Vous pouvez noter
27:33que je dis à peu près
27:34la même chose à chacun
27:34Et c'est ça qui fait la différence
27:35C'est votre cohérence
27:36Je ne m'adapte pas
27:37à la chaîne qui m'invite
27:38J'essaye de faire en sorte
27:39de parler à des gens
27:40qui ne m'écouteraient pas
27:41si je n'y allais pas
27:41Donc c'est une forme
27:42de considération
27:43C'est ça ce qui manque
27:44C'est-à-dire que le lien
27:45entre toutes ces personnes
27:46De respect
27:46De respect pour les citoyens
27:47Mais pardonnez-moi
27:48Alors est-ce qu'on peut
27:50répondre par respect
27:51quand pour certains
27:52de l'avis de certains
27:53pendant 10 ans
27:54on n'a pas écouté
27:54on n'a pas respecté
27:55D'abord on s'excuse
27:57C'est un début
27:59Oui quand je dis
28:00le ministre de l'Intérieur
28:01reconnaît une erreur
28:02et je pense qu'il doit avoir
28:04la médaille d'or
28:06de l'honnêteté politique
28:07et il se trouve
28:08qu'il y a peu de concurrents
28:09De la même manière
28:10que j'ai salué
28:11Gérald Darmanin
28:12pour avoir été chercher
28:14la vérité
28:15sur l'affaire Liana Rosa
28:16et les 88 000 dossiers
28:18qui étaient planqués
28:19partout
28:20Donner une médaille
28:20Donner une médaille
28:22à ceux qui s'excusent
28:23parce qu'il ne faudrait pas
28:23donner une médaille
28:24collective aux commerçants
28:27qui résistent
28:28aux forces de l'ordre
28:29Oui
28:29Moi
28:30je suis
28:31ma position
28:32c'est de défendre
28:33et de faire entendre
28:33la voix des victimes
28:34de cesser qu'on ne les écoute pas
28:36surtout les enfants
28:37mais
28:38ceux qui commettent une erreur
28:40et qui disent
28:40j'ai commis une erreur
28:41et je vous présente
28:42mes excuses
28:42et j'assume mes erreurs
28:43et bien je vous propose
28:44de faire un palmarès
28:46de ceux qui l'ont fait
28:48en politique
28:48La liste est courte
28:49je dois avouer
28:50Très très courte
28:51Le 5 novembre
28:51On a du mal à remplir un podium
28:53Alors je suis d'accord
28:54reconnaissance de l'échec
28:55de l'erreur
28:55de la faillite
28:56Oui
28:56De l'adaptation
28:58Très bien
28:58Donc on tire les conséquences
28:59donc le 5 novembre
29:00on peut espérer
29:01que l'ordre ne soit pas seulement maintenu
29:03qu'il soit rétabli
29:04J'espère que c'est ce qui est
29:06en train de se passer
29:07mais on l'a vu
29:07l'évolution des problématiques
29:09par contre c'est vrai
29:10que le 5 novembre
29:11Qu'est-ce que vous craignez vraiment
29:12Alain Bauer le 5 ?
29:13Qu'il y ait tellement
29:15de rage cumulée
29:17et tellement de concentration
29:18de population différente
29:20sur des lieux différents
29:21tellement d'éparpillement
29:22des moyens et des forces
29:24qu'il se trouve
29:25à un endroit ou un autre
29:26un moment
29:27de bascule
29:28c'est-à-dire
29:29le pire possible
29:30on l'avait vu
29:31avec Malik Ousekine
29:32en 86
29:33Vous craignez un drame
29:36définitif ?
29:37Je rappelle à tous ceux
29:38qui veulent bien m'écouter
29:39que s'il voit arriver
29:39une grenade
29:40de n'importe quel type
29:41ils ne la ramassent pas
29:42ce qui est un bon début
29:43je rappelle à tous ceux
29:44qui utilisent des LBD
29:45que ça se tire en l'air
29:47et pas ailleurs
29:49c'est un vrai sujet
29:49donc au bout d'un moment
29:51la reprofessionnalisation
29:53du maintien de l'ordre
29:53c'est dans les deux camps
29:56c'est le retour
29:57des grands services d'ordre
29:58syndicaux
29:59et je salue
29:59le travail de la CGT
30:01c'est aussi le retour
30:02à la reprofessionnalisation
30:04et donc au regarnissement
30:05d'unités
30:06de gardiens
30:08de la paix
30:08J'entends
30:08mais vous craignez
30:09c'est les pires craintes
30:11pour le 5 novembre
30:12et en même temps
30:12les cortèges seront encadrés
30:14les syndicats seront là
30:15donc est-ce que
30:16ce n'est pas une journée
30:17justement de la professionnalisation ?
30:19C'est mon souhait
30:20mais quand il y a
30:21trop de populations différentes
30:22donc quand la masse de manœuvre
30:24comme disait le ministre
30:25est trop grande
30:27et qu'on n'arrive pas
30:29à encadrer
30:29et tenir
30:31le cortège
30:31ou qu'il y a trop
30:32d'éléments
30:33dits sauvages
30:34qui ne le sont pas tant que ça
30:35quand il y a trop
30:36de rage cumulée
30:37quand il y a trop
30:37de diversité des mouvements
30:39quand il y a trop
30:40d'appels
30:40vrais et faux
30:41sur les réseaux sociaux
30:42parce que ça fait partie aussi
30:43de l'éparpillement des forces
30:45ça nécessite
30:46du renseignement
30:47encore plus structuré
30:48une transformation
30:49du renseignement territorial
30:50mais alors rassurez-nous
30:52plus jamais le 17 octobre
30:53plus jamais
30:55des mairies
30:56comme Limoges brûlées
30:57plus jamais
30:58des Mariannes
30:58à terre
30:59comme à Marseille
31:00plus jamais des images
31:01que personne
31:01que tout le monde considère
31:03Je fais partie de ceux
31:05qui sont pour le dialogue social
31:06et pas pour la répression sociale
31:08mais je le dis
31:10le 5 novembre
31:11est un moment paroxystique
31:12dans un moment paroxystique
31:13vous avez
31:14la fin de quelque chose
31:16ou le début d'autre chose
31:17un mouvement social
31:18une génération politique
31:19une avant-garde radicalisée
31:21une réponse autoritaire
31:22et
31:23et le problème
31:23c'est que nous écrivons
31:24le et
31:25soit il y a une réponse
31:26politique et sociale
31:27des états généraux
31:28un Grenelle
31:29un moment
31:30où tout va être
31:31enfin remis
31:32sur la table
31:33et qui ne ressemble pas
31:33au cahier de doléances
31:35immédiatement envoyé à la couvée
31:36Certains l'ont encore coincé
31:37au niveau de la gorge
31:38des cahiers de doléances
31:40Pourquoi l'état
31:41a-t-il eu
31:41cette arrogance
31:42et ce mépris
31:43sur des cahiers de doléances ?
31:45Qu'est-ce qui l'empêchait
31:46d'en faire quelque chose ?
31:48Franchement
31:48Pourquoi l'état
31:49n'est pas en capacité
31:51et ce gouvernement en particulier
31:52de faire une convention citoyenne
31:55d'écouter la convention citoyenne
31:56et d'essayer
31:57de faire l'inverse
31:57de ce que la convention citoyenne
31:59qu'il a lui-même convoquée
31:59lui propose
32:00Mais M. Beauvoir
32:01parce qu'à six mois
32:01d'une présidentielle
32:02ça s'appelle un scrutin
32:04présidentiel normalement
32:05Oui mais là
32:06Est-ce que vous avez déjà vu
32:07une crise aussi importante
32:08aussi enquistée
32:09enracinée
32:09inédite à six mois ?
32:11Ah non non
32:11Vous avez un troisième tour
32:13avant le premier
32:14le troisième tour social
32:15d'habitude c'est après
32:16c'est-à-dire quand on se rend compte
32:17que les promesses
32:18ne peuvent pas être nues
32:19qu'on vous dit
32:19ah bah non
32:20on ne va pas pouvoir
32:21on n'avait pas prévu
32:22ah l'Europe
32:23ah le FMI
32:24ah la Banque centrale
32:26ah le rêve secret
32:27de la quasi-totalité
32:28des candidats présidentiels
32:29c'est que nous soyons forcés
32:31à faire en matière budgétaire
32:32ce qu'aucun des groupes politiques
32:35ne veut assumer
32:36de faire à l'Assemblée
32:36C'est-à-dire ?
32:37La tutelle
32:38Oh !
32:40La mise sous tutelle ?
32:41Parce que vous croyez
32:41que le lendemain
32:42de l'élection présidentielle
32:43qui que ce soit
32:43qui soit élu
32:44et qui que ce soit
32:45la situation budgétaire du pays
32:46va s'améliorer miraculeusement
32:48Non
32:48Une injonction d'argent
32:49va tomber du ciel
32:50Non pas du tout
32:51Mais je ne sais pas
32:52qui peut se réjouir
32:52d'une mise sous tutelle
32:53d'un pays
32:54Tous ceux qui n'ont pas le courage
32:56de mettre sur la table
32:57comment on fait
32:58La vraie situation
32:58Ah ! Très bien !
32:59Donc c'est Ponce Pilate
33:00en disant regardez
33:01c'est le FMI
33:02qui nous le demande
33:03on est obligé
33:03C'est Ponce Pilate
33:04tout en se demandant
33:04s'il lui-même
33:05ne va pas être emporté
33:06Il y a toujours ce moment
33:07un peu compliqué
33:08où il faut expliquer
33:09qu'on résiste à l'envahisseur
33:11Astérix c'est bien
33:12mais je rappelle
33:12que toute la Gaule est occupée
33:16Si je peux dire
33:17il faut résister
33:18parce que c'est le village
33:19d'Astérix
33:20c'est résister
33:20pour nos enfants
33:21Je voudrais qu'on termine
33:22vraiment
33:23et saluer votre livre
33:24J'ai vu qu'il était
33:26c'est pas une question de vente
33:27Non
33:27C'est que quand il y a
33:28des livres comme ça
33:29Une question d'impact
33:29Voilà
33:29Effectivement
33:30qui sont le plus largement partagés
33:32c'est d'utilité publique
33:34et je voudrais vous montrer
33:35ce chiffre
33:36ce chiffre qui a été mis en évidence
33:37par le quotidien Le Monde
33:39on va le voir s'afficher
33:41au sujet de nos enfants
33:42Une enquête
33:42Voilà
33:42Violence sexuelle
33:4363% des 18-21 ans
33:45déclarent en avoir déjà été victimes
33:4763%
33:48Alors il y en a une pire
33:49sur les élèves de CE2
33:51je rappelle qu'ils ont 9 ans
33:5340%
33:54dans une enquête écrite
33:55un questionnaire
33:56éducation nationale
33:57le premier
33:57pour l'année 2024-2025
33:59Et ce qui est terrible
34:00c'est que
34:01à part vous
34:02ce soir
34:04personne
34:04n'en a parlé
34:06C'est un non-sujet
34:075,5 millions de victimes
34:09en France
34:10vivantes
34:11adultes
34:11160 000 enfants
34:12au moins tous les ans
34:14Là on est passé
34:15non pas de 10%
34:16ce qui était l'estimation
34:17extrapréhension
34:17à 40%
34:18pour des élèves
34:18De rendre hommage
34:19à mon équipe
34:20qui a vu ce chiffre
34:22et qui a été saisie
34:23de cette situation
34:23Mon grand drame
34:24c'est pas de savoir
34:25si mon livre va se vendre
34:27ou pas se vendre
34:28c'est que c'est toujours
34:29pas un sujet
34:30pour les responsables
34:31politiques
34:32dans cette campagne
34:33présidentielle
34:34Il n'y a jamais eu
34:35une victimation
34:35aussi importante
34:37quantitativement
34:38et qualitativement
34:39dans ce pays
34:40Il n'y a jamais eu
34:41un seul crime
34:42avec 5,5 millions
34:43de victimes
34:44Il n'y a jamais eu
34:45un seul crime
34:45avec des victimes
34:46qui s'omatisent
34:47qui sont malades
34:47qui s'effondrent parfois
34:48et qui de temps en temps
34:49reproduisent
34:50ce qu'ils ont subi
34:51notamment en matière
34:52de pédocriminité
34:53dont on ne s'occupe
34:54pas du tout
34:55ni des pédophiles
34:56qui ne veulent pas
34:56devenir des pédocriminels
34:58ni des pédocriminels
34:59qu'on n'écoute pas
35:00qu'on n'entend pas
35:01qu'on n'incarcère pas
35:02qu'on ne cherche pas
35:03sauf quand Gérald Darmanin
35:05deuxième hommage
35:05de la journée
35:07ouvre le tapis
35:08en se faisant haïr
35:09par la moitié
35:09de la magistrature
35:11et pas seulement
35:12il y a ce sujet
35:13qui me laisse
35:14absolument pantois
35:16qu'il n'y a pas
35:18ce n'est toujours pas devenu
35:19un sujet de campagne
35:20C'est peut-être
35:21de notre responsabilité
35:22également
35:22de poser la question
35:23aux candidats
35:24La pédagogie
35:24est l'art de la répétition
35:25Nous sommes d'accord
35:26et c'est de la cohérence
35:27toujours quand on se répète
35:28généralement
35:29Merci Alain Bauer
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