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Alain Bauer, professeur émérite de criminologie, était l'invité de BFMTV ce dimanche 13 septembre.

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00:00Le réel rattrape toujours les politiques, c'est une question de temps et après c'est une question de qui
00:05on rend responsable.
00:06Dans l'affaire des Gilets jaunes précédentes, il y avait des responsabilités liées à une décision très particulière,
00:12la vitesse sur les routes départementales, le prix du diesel et des obligations données par en haut au peuple d
00:22'en bas
00:23qu'il a ressenti comme étant l'arrogance de notre système politique qui produit une noblesse d'État.
00:30Je ne cite pas souvent Bourdieu, mais pour une fois, il faut utiliser ce système, c'est-à-dire un
00:37outil qui dit aux gens
00:38faites comme ci, puis faites comme ça, puis faites l'inverse sans jamais s'excuser ni expliquer pourquoi il faut
00:43changer
00:43au nom du fait qu'ils auraient toujours raison tout le temps, quoi qu'il arrive et surtout quand ils
00:48changent d'avis.
00:48Et donc c'est insupportable. Et là, il y avait une responsabilité qui était identifiable.
00:53Le premier ministre de l'époque, c'était M. Philippe, mais ça aurait pu être n'importe quoi.
00:5680 km heure plus taxe carbone, égal gilet jaune.
00:59Voilà, égal gilet jaune. Mais c'était facile et donc on se révoltait contre l'État dans sa représentation.
01:04Là, Babel Mandel, Hormuz, l'Ukraine, la Russie, c'est un peu plus compliqué.
01:10Et d'ailleurs, c'est pour ça qu'on sent bien qu'il y a plus d'inquiétude que de
01:15colère.
01:16Vous avez un sondage qui va sortir, un très très grand sondage, très intéressant,
01:20que je recommande aux politiques de lire avec attention, pas la synthèse en recto, éventuellement verso,
01:26dont ils ont pris la mauvaise habitude durant leur période de feu, l'École nationale d'administration.
01:32Mais là, il y a inquiétude après incertitude, fatigue et seulement colère, puis révolte, puis angoisse.
01:39Et alors après, on a le reste.
01:40On sent bien qu'il y a dans la population française à la fois un mélange d'angoisse pour l
01:48'avenir,
01:48pour eux-mêmes comme pour leurs enfants, de certitude que leurs enfants ne seront pas mieux traités qu'eux-mêmes,
01:54mais moins bien, et de rage contenue, de colère qui n'arrive pas encore à s'exprimer.
02:01Mais cette colère, elle a deux options possibles.
02:04L'option violence, et c'est traditionnellement ce qui se passe dans ce pays qui est connu mille ans de
02:08jacquerie,
02:09mille ans de jacquerie régulièrement,
02:11où l'insurrection démocratique, c'est-à-dire le passage de la colère des points à la colère du vote.
02:19Et il se trouve qu'une élection présidentielle, c'est une formidable opportunité pour une insurrection démocratique dans les urnes.
02:26Ça peut être l'exutoire.
02:27Ça peut être un exutoire, et moi je recommande bien évidemment l'exutoire démocratique,
02:32c'est-à-dire le retour aux urnes de tous ceux qui les ont abandonnés, quasiment la moitié de l
02:36'électorat.
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