00:00Regardez, qui peut aller aujourd'hui dans une manifestation ?
00:03À part Mme Binet de la CGT et M. Mélenchon.
00:09Sans se faire huer, bousculer, etc.
00:11Personne.
00:12Donc c'est une partie du problème.
00:13D'ailleurs, je suis intéressé de voir comment va se passer la visite
00:15de tous les responsables de la gauche, non LFI, à la manifestation.
00:22Parce qu'on annonce Olivier Faure.
00:23Mais je ne sais pas si M. Glucksmann va y aller.
00:25Je veux dire, ce n'est pas un handicap...
00:26Mais on va tenir six mois ?
00:27C'est la question qui se pose et qui est posée aujourd'hui
00:31par la réorganisation du maintien de l'ordre.
00:34Alors ce n'est pas la réorganisation de la doctrine de maintien de l'ordre.
00:36C'est une espèce de...
00:38Il faut marquer le coup.
00:39On n'est pas submergé.
00:41On n'est pas effondré.
00:42On agit, on réagit, on va au contact.
00:44Nous allons donner tort aux horreurs qu'annonce Alain Boer, comme d'habitude.
00:47Mais il y a un sujet.
00:48Donc voilà.
00:49Mais moi, je ne crois pas que demain est l'épicentre du problème.
00:51Je pense que c'est le 5 novembre.
00:53Parce que le 5 novembre, tous ceux qui n'auront pas pu manifester demain,
00:56ils manifesteront deux fois plus, avec deux fois plus de rage,
00:59pour exprimer leur colère face à une absence de la réponse sur la partie sociale.
01:03Le 5 novembre, ça ne peut pas être pire que le samedi 17 octobre ?
01:06Je ne préfère que pas.
01:08Mais quand on ne répond pas à la masse de manœuvre qui permet tout le reste,
01:13on a une masse de manœuvre.
01:14Et tout le monde sort sur la masse de manœuvre,
01:16détourne la revendication et va à la casse et au pillage.
01:19Mais alors Alain Boer, le débat sur l'état d'urgence,
01:23débat qui s'est tenu aussi en 2005.
01:26Oui, j'y étais à l'époque.
01:28Moi, j'ai poussé à l'état d'urgence.
01:30Mais alors si le 5 novembre, ça peut être pire, qu'est-ce qu'on attend ?
01:34On attendait que le président dise quelque chose dimanche soir.
01:37Il aurait pu dire, il fallait qu'il dise ?
01:40Il aurait pu dire des tas de choses, la loi de 55.
01:42Mais là, vous voyez, il annonce tout à l'heure des mesures très fermes.
01:46Mais il n'en a ni le pouvoir ni l'autorité puisqu'il s'en est privé.
01:50Les seuls qui ont ce pouvoir, c'est les préfets,
01:52les intérieurs donnant des instructions aux préfets.
01:55Visiblement, il est à la fois Premier ministre et les ministres d'Intérieur,
01:57ce qui est le problème d'Emmanuel Macron de manière structurelle.
02:00Il est tout le gouvernement à lui tout seul et tous les autres n'existent pas.
02:03Il est chef du renseignement, on a bien compris aujourd'hui.
02:05Mais les ordres sont donnés par les préfets.
02:08Nous sommes jeudi.
02:09D'habitude, les préfets font ça le vendredi
02:10pour éviter la censure du tribunal administratif.
02:13Là, on va encore avoir des décisions de tribunal administratif
02:15pour savoir si à Marseille, on peut interdire tout le temps
02:19et dans le département.
02:21Je n'ai jamais vu la jurisprudence administrative aller aussi loin.
02:24Ça ne veut pas dire qu'ils ne vont pas accepter des choses
02:27ou une partie des choses.
02:28Mais là, le gouvernement a déjà choisi un jour bizarre.
02:32Jeudi, tous les préfets savent qu'il vaut mieux attendre vendredi.
02:36Ça permet d'être trop tard.
02:38Vous avez eu, je ne sais pas, hier je crois,
02:40ou aujourd'hui, une manifestation interfac.
02:42Oui, aujourd'hui.
02:43Oui, le tribunal administratif a annulé l'interdiction.
02:46Oui, effectivement.
02:47Cinq minutes avant, avec des unités de police
02:49qui se demandaient ce qu'ils devaient faire,
02:52et si c'était autorisé, et si c'était interdit.
02:54Par ailleurs, on interdit beaucoup de manifestations
02:55qui ont malgré tout lieu.
02:58Manifestations sauvages, regroupements sauvages.
03:00Ce n'est pas l'interdiction qui compte,
03:02c'est la capacité à faire appliquer l'interdiction.
03:04Moi, je crois que demain, enfin le 24,
03:07sera un jour où il va y avoir un effet
03:10d'affirmation de l'autorité de l'État.
03:13Et donc, a priori, mon pari,
03:17et je souhaite que ça soit pacifique et tranquille,
03:20c'est que ce ne sera pas le jour
03:22où, à part quelques escarmouches ici et là,
03:25il y a un gros problème à Orléans,
03:27mais ils ont beaucoup de chance à Orléans.
03:28Ils ont eu Moutou.
03:29Le préfet Moutou.
03:30Parce que vous avez vu,
03:32c'est la conférence de presse la plus carrée
03:34que j'ai vue depuis très très très longtemps.
03:36C'est le droit de manifester,
03:37les limites du droit de manifester.
03:39On entre là, on entre là, mais pas là.
03:42Ça dure comme ci, ça dure comme ça.
03:43Et c'est comme ça que ça va se passer.
03:44C'est ça, c'est ça, c'est ça, c'est ça.