- il y a 39 minutes
En novembre 2019, une femme de 31 ans affirme avoir été séquestrée pendant plusieurs années dans une villa de Saint-Raphaël par sa belle-mère, Marie-Anne Colangelo. Elle décrit un enfermement, des privations, une mise à l'écart totale et la perte de tout lien avec son fils, finalement adopté par sa belle-mère.
L'enquête met au jour un climat de domination au sein de la famille Colangelo, entre silence, peur et emprise. Jugée aux assises du Var, Marie-Anne Colangelo est condamnée en juillet 2022 à douze ans de réclusion criminelle pour séquestration et escroquerie au jugement.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
L'enquête met au jour un climat de domination au sein de la famille Colangelo, entre silence, peur et emprise. Jugée aux assises du Var, Marie-Anne Colangelo est condamnée en juillet 2022 à douze ans de réclusion criminelle pour séquestration et escroquerie au jugement.
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00:0012h15, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:06Retrouvée errante sur une route, une jeune femme âgée de 31 ans explique avoir été séquestrée pendant plusieurs années dans
00:12une chambre,
00:13avec pour seul confort un banc en bois et un matelas, même le sol.
00:17Le tout dans des conditions d'hygiène déplorables, sans possibilité de toilettes intimes ni de douche.
00:24Bonjour, Marie-Anne Colangelo, 61 ans, ancienne femme de ménage, deux fois veuve, quatre grands enfants.
00:33A l'automne 2019, elle est accusée d'avoir séquestré pendant plus de quatre ans sa belle-fille, menacée, esclavagisée.
00:40Elle lui aurait même volé son petit garçon.
00:43Que se passait-il dans la villa de Saint-Raphaël ?
00:46Marie-Anne Colangelo, la belle-mère, elle a séquestré.
00:49L'heure du crime, votre rendez-vous 100% fait diverser tout de suite sur RTL.
01:01Dimanche 17 novembre 2019, en pleine nuit, un couple qui roule sur une petite route en direction de Cannes
01:08aperçoit dans les phares la silhouette d'une femme au bord de la chaussée.
01:12Son visage est livide, elle fait des signes pour que la voiture s'arrête.
01:16Elle demande de l'aide. Le couple la dépose à la caserne des pompiers.
01:20On la prend en charge. Les pompiers la décrivent comme très pâle, malodorante, hygiène douteuse, les dents en mauvais état.
01:29Ils évoquent une personne vide, perdue, qui ne maîtrise plus rien, comme quelqu'un dans une secte.
01:36Au policier de Cannes, la femme déclare se prénommer Céline.
01:39Elle a 31 ans. Depuis une dizaine d'années, elle vit chez sa belle-mère dans une maison à Saint
01:45-Raphaël.
01:46Une certaine Marie-Anne Colangelo.
01:50Elle est en couple avec un de ses fils. Ils ont eu ensemble un petit garçon.
01:54Elle raconte s'être peu à peu retrouvée isolée, coupée du monde.
01:59« J'étais séquestrée dans des conditions que vous ne pouvez même pas imaginer », dit-elle.
02:03Les policiers sont hésitants, d'autant plus qu'un médecin de l'hôpital de Cannes n'a distingué, chez la
02:09jeune femme, aucun signe apparent de maltraitance.
02:16Lundi 18 novembre 2019, Céline est transférée au commissariat de Fréjus.
02:21Elle maintient ses déclarations. Elle raconte son enfermement au premier étage de la villa.
02:27Elle vivait cloîtrée dans un couloir, privée de soins, d'hygiène, de nourriture.
02:32Ses papiers d'identité lui avaient été confisqués, tout comme son téléphone portable.
02:37Sa belle-mère avait procuration sur son compte bancaire.
02:41Dans la maison, Céline n'avait plus le droit de parler à son fils, âgé de 10 ans.
02:45Et il était interdit à l'enfant de s'adresser à elle.
02:49Marianne Colangelo l'a d'ailleurs dépossédée totalement de son enfant, puisqu'elle a réussi à l'adopter.
02:55Les policiers vérifient.
02:56Le garçon a bien été adopté il y a 9 ans.
03:00Adoption plénière par Marianne Colangelo.
03:03Elle a obtenu une délégation de l'autorité parentale.
03:06Interrogée.
03:07La directrice de l'école où est scolarisé le petit garçon explique qu'il est très souvent absent.
03:13Pour raison médicale, elle soupçonne la médecin de famille de fournir des certificats de complaisance.
03:22Les policiers se rendent à la villa de Saint-Raphaël, posée sur les hauteurs de la ville dans un lotissement
03:28tranquille, accueillis par 4 personnes qui vivent ici.
03:33Un homme handicapé hébergé à l'année, deux fils de Marianne Colangelo, 29 et 23 ans, et puis le fils
03:40de Céline, 10 ans.
03:41Les 3 adultes sont tous embarrassés.
03:44Ils répondent exactement la même chose.
03:46Oui, ils connaissent Céline, mais ils ne l'ont pas vue depuis au moins une dizaine d'années.
03:52Ils sont incapables de dire quand et comment elle a quitté la maison.
03:56Ils ignorent où elle se trouve.
03:58Seul le petit garçon, une fois isolé des autres, raconte que Céline a quitté la maison dans la nuit, il
04:06y a deux jours.
04:09Les enquêteurs étaient sceptiques.
04:11Ils pouvaient penser que cette femme mère de famille était fragile.
04:13Ils sont en train de découvrir le climat très très spécial qui réunit dans cette villa de Saint-Raphaël.
04:18Des silences, beaucoup de gênes et sans doute beaucoup de mensonges aussi.
04:23Pas un mot en tout cas sur Céline, on évite d'aborder le sujet, on ne répond pas là-dessus.
04:28Donc effectivement, ça renforce les doutes des enquêteurs.
04:31Rien non plus sur la mère et grand-mère Marianne Colangelo,
04:35comme si effectivement on craignait beaucoup cette femme.
04:38On va voir tout ça évidemment dans la suite de l'heure du crime.
04:40Et l'interrogatoire de Marianne Colangelo, qui à ce moment-là n'est pas à la maison.
04:44Bonjour Isabelle Colombani.
04:46Bonjour.
04:47Merci beaucoup d'être avec nous dans cette heure du crime.
04:50Vous êtes l'avocate de Céline.
04:52Alors Céline, c'est la séquestrée pour l'instant, entre guillemets,
04:55parce qu'on est juste au début de cette affaire.
04:58Elle s'est enfuie apparemment.
05:00Il y a cette apparition dans la nuit de novembre, sur une route pas très loin de Cannes.
05:06Et c'est une femme qui semble complètement perdue.
05:09C'est bien ça, cette vision nocturne ?
05:12Effectivement, quant à l'appareil, les premières personnes qui vont la rencontrer
05:16vont penser que c'est une femme qui est soit échappée d'un asile ou d'un hôpital,
05:22parce que déjà elle est très peu vêtue.
05:24Et en plus, elle a le cheveu un peu issurte et elle fait des gestes
05:29où on pourrait penser qu'elle a perdu la raison.
05:32Tout de suite, ce qu'elle raconte, c'est d'une gravité extrême.
05:36On a l'impression que c'est vraiment surréaliste ce qu'elle dit.
05:40Oui, c'est vrai que ça va paraître grave et en même temps presque incohérent.
05:45On se demande si ce qu'elle raconte est vrai,
05:47puisqu'elle dit qu'elle a été séquestrée depuis des années
05:49et que là elle a réussi à s'échapper en prenant juste un petit sac d'affaires
05:53et en passant par une fenêtre d'une chambre.
05:56Et je crois qu'elle a, de mémoire, elle avait marché plus de deux heures
05:59avant de reprendre une nationale et qu'un véhicule automobile s'arrête.
06:03C'est étonnant, effectivement, c'est une scène, encore une fois, surréaliste.
06:07On est pourtant là, bien dans la réalité.
06:11Les policiers vont inquiéter.
06:13Bonjour Maître Céline Mamelouk.
06:14Bonjour.
06:15Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans le studio Le L'heure du crime.
06:17Vous êtes l'avocat dans cette affaire de Marianne Colangelo.
06:21La tâche n'a pas été facile, mais on va en parler.
06:24Vous êtes spécialisé dans le droit pénal.
06:26Vous avez beaucoup d'affaires dans ce domaine-là.
06:29Et vous connaissez donc bien cette mécanique judiciaire.
06:33Maître Céline Mamelouk,
06:35on bruit tout de suite sur Marie-Anne Colangelo.
06:39D'où vient-elle ? Qui est-elle ?
06:41Parce que là, elle est montrée du doigt tout de suite.
06:43On dit, attention, cette femme est dangereuse.
06:46Elle me tenait séquestrée.
06:47C'est ce que dit Céline.
06:49Tout à fait. Alors, Mme Colangelo, si vous voulez, comment la présenter ?
06:55C'est une tâche difficile,
06:58puisqu'on va la présenter à rebours forcément des faits qui lui sont reprochés.
07:04Mme Colangelo, c'est un peu Mme Tout-le-Monde.
07:06C'est une dame qui a la soixantaine,
07:09qui a vécu une vie qui coche à peu près toutes les cases du désespoir.
07:16C'est une fille du Nord, d'abord.
07:19Elle est née dans une famille de cinq enfants.
07:21Elle a abandonné ses études très jeunes pour s'occuper de ses parents,
07:26qu'elle va voir décéder progressivement.
07:29Et puis, elle va, si vous voulez, s'occuper de sa soeur, qui est malade aussi.
07:34Elle va se marier avec son premier mari qui va se suicider.
07:41Elle va effectivement assister à cette scène où elle va rentrer dans son domicile
07:47et voir son premier époux pendu,
07:49puis se remarier avec un homme violent, élever des enfants seuls, faire des ménages.
07:54C'est une femme un peu désespérée.
07:56C'est une femme un peu désespérée.
07:58Dire que le mot est faible.
08:01Et c'est étonnant parce qu'il y a beaucoup de monde qui vit dans cette maison,
08:04notamment ses fils.
08:05Il y a trois fils qui sont là.
08:07On a peur d'elle.
08:09Quand les policiers arrivent, on a peur d'elle.
08:11On n'en parle pas.
08:13Elle fait peur ? Elle fait peur à tout le monde ?
08:15C'est une interprétation.
08:16Évidemment, si vous voulez, le silence des fils peut laisser place à plusieurs interprétations.
08:22La première peut être celle que le départ de Céline,
08:27la fuite de Céline, était le dernier scénario qu'il pouvait s'imaginer.
08:32Tellement que sa séquestration, parce que c'est désormais une vérité judiciaire,
08:40et ça a été le cas pendant des années,
08:42a été tellement acté, intégré, que c'était le dernier scénario, si vous voulez,
08:49qu'il pouvait s'imaginer.
08:50Mais ça veut dire, maître, que cette femme disait à ses proches,
08:54elle disait, Céline, vous n'en parlez pas.
08:56Ils vont le dire, là, les proches, tout de suite.
08:59C'est tabou. Céline, on n'en parle pas.
09:01La question des proches peut se poser.
09:04Est-ce qu'elle a donné pour instruction de ne pas parler de Céline ?
09:07On peut s'interroger.
09:08Moi, je ne pense pas que ça soit conforme à la réalité,
09:11puisque Mme Colangelo a été interpellée dans un second temps,
09:15à son retour, effectivement, de Belgique.
09:17Donc, elle n'a pas pu, à mon sens, donner cette instruction.
09:22La question, si vous voulez, d'une responsabilité,
09:26je ne parle pas de complicité,
09:27mais d'une responsabilité au moins morale collective,
09:31se pose.
09:31Et on va en parler, parce que ça, c'est intéressant,
09:33parce qu'effectivement, elle va se retrouver exposée toute seule,
09:36Marianne Colangelo, avec des faits très, très graves.
09:38Mais on va, effectivement, se poser la question sur les possibles complicités.
09:43Isabelle Colombani, encore une petite question pour vous.
09:45C'est vrai que l'histoire, elle est tellement énorme,
09:48que les enquêteurs ont du mal à croire à ce que dit Céline.
09:52Oui, ils ont vraiment du mal à y croire,
09:54parce que d'autant plus qu'elle va s'échapper en soirée,
09:57ils ne vont pas se rendre tout de suite sur place,
09:59ils n'iront que le lendemain.
10:01Donc, c'est vrai que la première soirée,
10:03on l'a fait examiner par un psychologue,
10:05et même un psychiatre,
10:06pour voir si on a affaire à quelqu'un
10:07qui a un discours cohérent.
10:09Et on va retracer l'histoire, petit à petit,
10:13en interrogeant tous les membres de la famille.
10:16Mais, au départ, c'est une incompréhension générale.
10:20Une belle fille, souffre douleur et source d'ennuis.
10:24Marianne Colangelo, la belle-mère, elle a séquestré.
10:27Elle était traitée comme une moins que rien.
10:29Tout le monde dans la maison l'appelait Cendrillon.
10:32L'enquête de l'heure du crime,
10:32on se retrouve dans un instant sur RTL.
10:36Merci d'écouter RTL.
10:44L'heure du crime, présenté par Jean-Alphonse Richard, sur RTL.
10:49L'heure du crime, consacrée à l'affaire Marianne Colangelo,
10:52en novembre 2019.
10:53Cette femme de 61 ans est soupçonnée
10:55d'avoir séquestré sa belle-fille pendant au moins 5 ans.
10:59Celle-ci s'est échappée de la maison de Saint Raphaël.
11:02La suspecte va être interrogée.
11:07Lundi 18 novembre 2019,
11:09les enquêteurs entendent les deux fils de Marianne Colangelo.
11:13L'un d'eux reconnaît une forme de séquestration
11:16exercée par sa mère sur Céline.
11:18Le deuxième affirme que si Céline était recluse,
11:22c'était pour la protéger des mauvaises fréquentations.
11:25Le petit garçon, qui présente Marie-Anne Colangelo
11:29comme sa maman,
11:31raconte que Céline devait rester sur un banc,
11:34dormir sur un matelas,
11:36dans le couloir,
11:37ne parler à personne,
11:38pas d'accès à la salle de bain.
11:40C'est Marie-Anne Colangelo qui commandait.
11:46Mardi 19 novembre 2019,
11:49Marie-Anne Colangelo est placée en garde à vue
11:52pour séquestration et abus de faiblesse.
11:55Elle raconte son existence difficile,
11:574 enfants qu'elle a élevés seuls.
11:59En 2008, l'un de ses fils, 23 ans,
12:02a raconté Céline.
12:04Ils se sont installés dans la villa.
12:06Sa belle-fille se laissait vivre.
12:08Elle ne cherchait pas de travail.
12:10Le couple ne s'entendait plus.
12:12Un enfant est né, mais personne ne s'en est occupé.
12:15À l'âge de 5 ans,
12:16elle a donc décidé de l'adopter.
12:18C'était un accord avec les parents.
12:20Jamais je n'ai voulu m'accaparer le petit,
12:22dit-elle, selon elle.
12:24C'est Céline qui s'est recluse elle-même.
12:27Le lendemain, face au juge d'instruction de Draguignan,
12:31Marie-Anne Colangelo reconnaît
12:33avoir fait dormir Céline dans le couloir.
12:35Elle avait besoin d'une chambre
12:37pour l'un de ses fils malades.
12:38Elle réaffirme que Céline était libre de ses mouvements.
12:41Les caméras installées dans la villa,
12:44ça n'était pas pour elle.
12:45Par la suite,
12:46elle admet avoir demandé à ses enfants
12:48de ne jamais parler de Céline à l'extérieur
12:51pour éviter les histoires.
12:53Les portes étaient fermées
12:54pour qu'elle ne vole pas des médicaments.
12:56« Je ne la supportais plus, » avoue-t-elle.
13:00Enfin, à sa demande,
13:02Céline était interdite des fêtes et des repas familiaux.
13:06Ses repas lui étaient apportés dans le couloir
13:08avec pour seul couvert une fourchette.
13:10Elle jure qu'elle aimait Céline comme sa fille,
13:14mais elle l'a fait souffrir car elle ne voulait pas qu'elle l'abandonne.
13:21Mercredi 20 novembre,
13:23Marianne Colangelo est placée en détention.
13:25Son fils, ancien compagnon de Céline, est entendu.
13:28Il dit qu'il ne savait pas ce qu'il se passait dans la maison.
13:32Deux anciennes compagnes,
13:33qui avaient séjourné à la villa,
13:35décrivent la belle-mère comme une marâtre.
13:37La première affirme qu'elle l'obligeait
13:39à accomplir des tâches domestiques.
13:41Elle l'isolait de sa famille,
13:43ses papiers avaient été confisqués.
13:44La deuxième décrit la famille Colangelo comme une secte
13:48où tout le monde était au garde-à-vous
13:50quand la matriarche parlait.
13:53Elle énonce les interdictions.
13:55Ne pas rigoler,
13:56ne pas regarder les gens dans les yeux.
13:58Pas de téléphone,
13:59pas de télé,
14:00pas de réseaux sociaux.
14:02Selon elle,
14:03Marianne Colangelo traitait Céline comme une moins que rien.
14:06Dans la maison,
14:08tout le monde l'appelait Cendrillon.
14:11Cendrillon,
14:11le surnom de Céline dans cette maison
14:14du Var
14:15où Marianne Colangelo
14:17semblait tout diriger
14:18d'une main de fer.
14:19Une famille sous sa coupe
14:21et de potentielles belles-filles
14:22priaient de se plier
14:24à la discipline ambiante.
14:25On voit que,
14:25effectivement,
14:26tout ça est d'une rigueur absolue,
14:28d'une dureté terrible.
14:30L'enquête n'est pas terminée.
14:32On va en parler, évidemment,
14:33dans la suite de l'heure du crime
14:34avec l'apparition
14:37des psychologues,
14:38des psychiatres.
14:39Ils sont importants aussi
14:40dans cette affaire.
14:42Maître Céline Mamelot,
14:43que vous êtes avec nous
14:44dans cette heure du crime.
14:46Vous êtes l'avocat
14:47de Marianne Colangelo.
14:50Elle avoue à moitié,
14:51elle commence à parler,
14:53votre cliente,
14:54on est en garde à vue,
14:55puis après,
14:55on est devant la juge d'instruction.
14:57pourquoi elle voulait absolument
15:00garder sa belle-fille
15:03dans cette maison ?
15:04Pourquoi emprisonner Céline ?
15:06C'est la grande question.
15:07J'avoue que je n'ai pas de réponse
15:10pour l'instant.
15:11Écoutez,
15:11c'est toute la complexité
15:13de ce dossier
15:13et il faut clairement
15:17se tourner vers le paradigme
15:19des soins,
15:20le plus profond
15:22du fonctionnement psychique,
15:24psychologique
15:24de Mme Colangelo
15:25pour comprendre.
15:26Alors, nous avons des expertises
15:28dans ce dossier
15:28qui ont pu nous éclairer
15:30sur le fonctionnement
15:32et de Mme Colangelo
15:34et de Céline aussi
15:35parce que la particularité
15:37de ce dossier,
15:38ce n'est pas seulement
15:39Mme Colangelo
15:40qui a,
15:41si vous voulez,
15:42cette impossibilité
15:44de laisser partir
15:45ce qu'elle aime
15:46mais aussi du côté de Céline
15:49qui a cette dépendance,
15:51cette ultra-dépendance
15:53et c'est la rencontre
15:54des deux,
15:54finalement,
15:55que j'ai qualifiée
15:57à l'audience
15:58de la rencontre
15:59de l'huile et du feu
16:00qui fera ce dossier.
16:02Je suis d'accord avec vous
16:03mais il n'y a finalement
16:04qu'une seule victime,
16:05il faut bien le dire,
16:06c'est Céline,
16:06la victime la plus apparente.
16:08C'est elle qui souffre
16:08dans cette affaire
16:09et elle est malmenée.
16:11et l'enfant,
16:12on va en parler de l'enfant
16:13mais elle,
16:13elle est très malmenée,
16:15elle est très maltraitée.
16:17On lui demande le silence d'ailleurs,
16:19il ne faut pas lui parler,
16:20elle n'a le droit de parler à personne,
16:22elle mange parfois de nourriture,
16:25de soins,
16:26c'est évident,
16:26quand les pompiers l'ont retrouvé,
16:28c'est une espèce de fantôme errant
16:30sur une route.
16:31Là, il faut quand même,
16:33elle n'a pas pris la mesure,
16:34Marie-Anne Colangelo,
16:35des dégâts qu'elle causait.
16:37Alors peut-être qu'initialement,
16:39ses propos étaient perfectibles.
16:42C'est une femme de 60 ans
16:45qui est interpellée,
16:47qui n'a jamais eu affaire à la justice
16:48et qui, à cet instant-là,
16:51disant qu'elle n'avait pas
16:53une maturation,
16:54ou en tout cas,
16:55des explications forcément rationnelles,
16:58audibles à présenter à la justice,
17:00ce qui n'a pas été le cas
17:01lors de son procès,
17:03puisqu'au fil de sa détention,
17:05de l'avancement du dossier,
17:07elle se présentera
17:08devant la cour d'assises de Draguignon
17:10pour reconnaître,
17:11sans aucune réserve,
17:13les faits et l'intégralité des faits
17:15qui lui sont reprochés.
17:16Le plus affreux, j'ai envie de dire,
17:18c'est le fait qu'elle interdise
17:20la communication entre son petit-fils,
17:22qu'elle a adopté,
17:23donc comme son fils,
17:25même si c'est une adoption plénière,
17:27et la mère biologique,
17:29et Céline.
17:31Elle monte son petit-fils
17:33contre sa mère biologique.
17:35C'est absolument dramatique,
17:37et c'est dans le prolongement
17:39de toute cette procédure d'adoption,
17:41puisque ça se passera en trois temps,
17:44finalement.
17:44Il y a une délégation parentale,
17:46d'abord,
17:47ensuite une adoption simple,
17:49qui se fera,
17:50et puis une adoption plénière,
17:52c'est-à-dire la dépossession,
17:53la rupture du lien filial,
17:56du lien parental,
17:57entre Céline et l'enfant,
17:59pour une appropriation totale,
18:01et la conséquence étant,
18:03cet aspect effectivement,
18:04absolument dramatique,
18:06c'est-à-dire une interdiction
18:07d'adresser la parole
18:10des deux côtés.
18:11C'est inhumain,
18:13c'est inhumain,
18:13il faut bien le dire.
18:14D'ailleurs,
18:14on peut se poser des questions
18:15sur l'adoption,
18:16on se demande comment
18:17elle a pu obtenir.
18:18C'est une question...
18:18Sans beaucoup de vérification,
18:21la garde de cet enfant,
18:23pouvoir l'adopter.
18:23Absolument.
18:24Absolument.
18:25Question qui n'a pas été
18:26beaucoup creusée dans le dossier.
18:27Si vous voulez,
18:28dans un élan,
18:29si vous voulez,
18:30verbal à l'audience,
18:31j'avais pu dire
18:32que différents intervenants
18:33dans ce dossier
18:34avaient pu être
18:35les bras armés
18:37des lubies
18:37de Mme Colangelo.
18:39C'est une formule
18:40évidemment exagérée,
18:41mais il y a eu
18:44plusieurs paliers
18:45où on n'a rien vu.
18:46On n'a rien vu,
18:47on l'a laissé faire,
18:48il y a eu sans doute
18:48des complicités,
18:49on va en reparler,
18:50c'est important.
18:51Il n'y a pas eu
18:51un regard sur cette famille
18:52et un regard sur
18:53ce qui se passait
18:54dans cette maison.
18:54Ça, il y a une faille
18:55quelque part.
18:57Isabelle Colombani,
18:57vous êtes l'avocate
18:58de Céline,
18:59la séquestrée.
19:00Dans cette maison,
19:02c'est surprenant,
19:03tout le monde se tait
19:04quand on évoque Céline.
19:05Oui.
19:06En fait, au départ,
19:08on pourrait presque penser
19:09qu'elle n'a pas
19:09habité la maison
19:10et qu'elle n'a pas existé.
19:11Et il y a un des fils
19:12qui va commencer
19:13à parler
19:14de son existence
19:15et petit à petit,
19:17ça va libérer
19:17la parole
19:18des uns et des autres.
19:19Mais les premiers
19:21interrogatoires,
19:22on sent bien
19:23qu'ils ont quand même
19:24peur de s'exprimer
19:25et qu'ils sont
19:26sous la toute puissance
19:27de la mère
19:27qui terrorise tout le monde.
19:30Marianne Colangelo,
19:31c'est elle,
19:32elle finit par reconnaître
19:33devant la juge
19:34une détestation,
19:36c'est son mot,
19:36une détestation
19:37pour Céline.
19:39Elle reconnaîtra
19:40que les seuls sentiments
19:42qu'elle avait
19:42pour cette jeune femme,
19:43c'était de la colère,
19:45c'était de la haine,
19:46mais elle ne peut pas
19:47expliquer pourquoi.
19:49Elle ne l'aime pas,
19:50elle la déteste,
19:51elle le dit,
19:51je suis en colère
19:52après elle tout le temps,
19:53mais je ne peux pas
19:54vous expliquer pourquoi.
19:55Donc c'est vrai
19:56qu'elle était devenue
19:57son souffre-douleur.
19:58Oui, c'est ça,
19:59son souffre-douleur,
19:59mais effectivement,
20:00c'est un point
20:00des plus sombres
20:01qui soit
20:01parce qu'elle n'explique
20:02pas vraiment
20:03pourquoi cette détestation
20:05finalement l'a emportée
20:06au point de commettre
20:08les pires vilénies.
20:09Isabelle Colombani,
20:11deux femmes
20:12ont fréquenté la maison,
20:15j'ai envie de dire
20:15les anciennes
20:16belles-filles.
20:18Le mot qui revient
20:19dans la bouche
20:20de ces femmes,
20:20c'est la secte,
20:22la secte,
20:22la secte,
20:23l'autorité exclusive,
20:24comme si
20:26Marianne Colangelo
20:27était une gourelle,
20:28une matriarche
20:29qui régnait
20:29sur tout le monde.
20:30Oui, c'est ce qu'elle fait,
20:31c'est ça,
20:32effectivement,
20:33la secte,
20:34le gourou,
20:35personne ne peut
20:35la contrarier,
20:36et c'est ce qu'on appelle
20:38la maîtresse-femme,
20:41et c'est elle
20:42qui impose sa loi
20:43au sein de la maison.
20:45Une longue confession
20:47face aux experts.
20:49Marianne Colangelo,
20:50la belle-mère,
20:51elle a séquestré.
20:52Elle était incontournable,
20:53elle était comme
20:54la reine des abeilles.
20:55Dans l'enquête
20:56de l'heure du crime,
20:56comment cette femme
20:57a pris le contrôle
20:58de toute une famille
20:59au point de prendre
21:00possession des uns
21:01et des autres,
21:02à suivre dans un court instant
21:03sur RTL.
21:08Bonne journée.
21:13Sur RTL.
21:14L'heure du crime.
21:15Présenté par Jean-Alphonse Richard
21:17sur RTL.
21:18Vous savez qu'une jeune fille
21:19était séquestrée
21:20juste dans la maison,
21:21est-ce que vous avez entendu
21:22quelque chose
21:22ou vu quelque chose ?
21:23Pas du tout, monsieur,
21:24non, pas du tout.
21:25Non, non, pas du tout.
21:27Rien, je vous assure.
21:28Vous connaissez vos voisins, là ?
21:29Plus ou moins, plus ou moins.
21:31J'ai confécuté comme personne.
21:32Mais rien de plus.
21:35Au programme de l'heure du crime,
21:36l'affaire Marianne Colangelo,
21:38cette sexagénaire de Saint-Raphaël
21:39a été écrouée
21:40à l'automne 2019,
21:42accusée d'avoir séquestré
21:43pendant presque 5 ans
21:44sa belle-fille.
21:45Elle l'avait aussi
21:46dépossédée de son enfant.
21:47les experts se penchent
21:49sur son cas.
21:53Vendredi 7 février 2020,
21:54l'expert-psychologue
21:55Jacques Milano-Mayan
21:58entend Marianne Colangelo
21:59placée en détention provisoire.
22:01Elle raconte
22:02ses jeunes années,
22:03ses déboires maritaux.
22:04« Je suis marqué par le destin,
22:06j'ai jamais eu de chance.
22:07J'ai accumulé les difficultés.
22:08Toute ma vie a été comme ça, »
22:10dit-elle.
22:11Elle affirme
22:12n'avoir jamais fait de mal à personne.
22:13« Tout ce qu'on me reproche
22:15aujourd'hui,
22:15c'est ma gentillesse.
22:16J'ai toujours tout donné,
22:18je l'ai fait pour les enfants, »
22:19déclare-t-elle en pleurant.
22:21Marianne Colangelo
22:22se présente
22:23comme le pilier
22:24de la maison.
22:25« Je m'occupais de tout. »
22:27Le psychologue
22:27la compare
22:28à une reine des abeilles
22:29qui dirige
22:30les mouvements
22:31de la ruche.
22:32Selon son rapport,
22:33tout s'organisait
22:34dans la maison
22:34autour de la personnalité
22:36de la seule
22:37Marianne Colangelo.
22:38Logeuse,
22:40cuisinière,
22:40infirmière,
22:41mère admirable,
22:42puis mère adoptive.
22:44Chaque membre de la famille
22:45était informé
22:46de l'adoption de l'enfant,
22:48mais chacun
22:49devait garder le secret
22:50et surtout
22:51ne rien dire
22:52au petit garçon.
22:53Il ne fallait pas
22:54qu'il sache
22:54que Céline
22:55était sa mère biologique.
22:57« Je ne me rendais pas compte,
22:59je voulais faire le bien.
23:00Ça a donné du malheur, »
23:02confie Marianne Colangelo.
23:07Jeudi 3 décembre 2020,
23:08le juge des enfants
23:09maintient le placement
23:10du petit garçon
23:11auprès des services sociaux.
23:12La justice considère
23:14l'adoption
23:14comme frauduleuse.
23:15L'enfant avait été
23:17réentendu
23:17un an auparavant,
23:19informé par les psychologues
23:20de sa véritable filiation.
23:22Il avait de lui-même
23:24repris contact
23:24avec ses parents biologiques.
23:26Il s'était montré
23:27en colère
23:27contre Marianne Colangelo
23:29qui se présentait
23:31comme sa mère,
23:32mais qui,
23:33selon lui,
23:34avait emprisonné
23:36sa maman.
23:39Et on le voit,
23:40Marianne Colangelo,
23:41c'est la reine
23:42des abeilles.
23:43Elle dirige
23:43cette ruche,
23:44cette ruche
23:46effectivement
23:47où il y a ses fils,
23:48il y a beaucoup de monde
23:48dans cette maison
23:49qui passe.
23:50Et puis,
23:51elle a isolé
23:51totalement Céline
23:53au point d'en faire
23:54une recluse,
23:55quelqu'un d'ailleurs
23:56qui va se retrouver
23:57presque en danger de mort.
23:58Céline,
23:58elle va dire
23:58« J'avais peur
23:59de finir dans le jardin
24:00parce que cette femme
24:02était méchante avec moi. »
24:03Maître Céline Mamelouk,
24:04vous êtes l'avocat
24:05de Marianne Colangelo.
24:07Alors effectivement,
24:07elle est la responsable
24:08numéro un
24:09de ce désastre.
24:10Il n'y a pas d'autre mot,
24:10c'est un désastre.
24:11Un désastre humain,
24:13c'est assez terrifiant
24:14comme histoire d'ailleurs.
24:15Ça fait peur,
24:16ça donne des frissons.
24:18Elle est l'auteur principal
24:20de ce désastre,
24:20mais il y a beaucoup de monde
24:21qui a vu
24:23comment aller Céline,
24:24c'est-à-dire mal.
24:25Il y a beaucoup de monde
24:26qui a vu cette jeune femme
24:28recluse
24:28dans un couloir
24:30qui l'ont observé,
24:31qui savait sans doute
24:32ce qui se passait
24:33dans sa maison.
24:34Personne n'a rien dit.
24:35Personne n'a rien dit.
24:38Si vous voulez,
24:39Madame Colangelo
24:40a reconnu les faits.
24:42Elle dort
24:43et se lève
24:44tous les jours
24:44avec sa conscience.
24:47Et cette question-là,
24:48effectivement,
24:49elle est au cœur.
24:50Elle est au cœur
24:50des débats
24:51et au cœur
24:52des développements
24:52que nous avons pu faire
24:54à l'audience
24:54lorsque je me retournais
24:56vers le box
24:57des accusés
24:58dans lequel était
24:59Madame Colangelo,
25:01je m'étonnais
25:01de le voir aussi vide
25:03parce qu'on entend
25:04le terme secte,
25:06le terme de gourou.
25:08On est dans une forme
25:11aussi,
25:11malgré la réalité
25:13des faits,
25:13leur caractère,
25:14et là,
25:14je vous rejoins
25:15totalement,
25:16absolument désastreux,
25:17mais une responsabilité
25:18individuelle,
25:19je crois que c'est
25:20une commodité,
25:22une orientation
25:23qui a été choisie
25:24dès les premiers temps
25:26de ce dossier
25:26parce qu'il n'y a
25:27plus d'une responsabilité
25:29selon moi
25:30dans ce dossier
25:31à commencer
25:32par tout ce monde
25:33qui gravitait autour d'elle
25:34qui était tous majeurs,
25:37pas seulement
25:38ses fils
25:39qui ont un lien de sang
25:40avec elle,
25:41mais le compagnon,
25:42l'ex-compagnon,
25:43tous majeurs
25:44et vaccinés
25:45si vous me permettez
25:46l'expression,
25:46tous avaient accès
25:48au monde extérieur,
25:49donc retenir
25:51une seule
25:52et unique responsabilité
25:54sur la base
25:54si vous voulez,
25:55d'une marâtre
25:56ou d'un gourou
25:58comme on a pu l'entendre,
25:59c'est un peu réduire
26:00ce dossier
26:01à une facilité
26:03qui ne correspond pas
26:04à la réalité des choses.
26:05Vous pensez
26:06que ces personnes,
26:07ces personnes
26:08qui gravitent
26:08dans cette ruche,
26:09elle est la reine des abeilles,
26:10je reprends cette expression
26:11du psychologue,
26:12vous pensez
26:13que ces personnes
26:14auraient dû être mises
26:14à l'examen
26:15pour non-assistance
26:15à personnes en danger
26:16par exemple ?
26:17Je n'ai pas,
26:18si vous voulez,
26:19l'apanage
26:20de l'opportunité
26:20des poursuites
26:21comme aurait pu le faire
26:22le parquet
26:24à l'instant T
26:25mais je pense
26:26qu'à minima
26:27ces personnes-là
26:28auraient dû
26:29être mises en cause,
26:31interrogées
26:32longuement
26:33et on aurait dû
26:34surtout interroger
26:35ou poser une question,
26:38une seule et unique.
26:39Pourquoi n'avez-vous
26:40pas réagi ?
26:42Si je peux me permettre
26:43effectivement,
26:44si je peux me permettre
26:45un exemple,
26:46l'une des ex-compagnes
26:48de l'indéfice
26:49de Mme Colangelo
26:50avait comparu
26:51comme témoin
26:52devant la cour d'assises,
26:54elle a pointé
26:55de l'index
26:56Mme Colangelo
26:56avec beaucoup de véhémence
26:58expliquant que
26:59effectivement
26:59c'était un gourou
27:00etc.
27:01et qu'elle avait assisté
27:02elle-même
27:02à des conditions indignes
27:04ou aux conditions indignes
27:05dans lesquelles
27:05Céline était maintenue.
27:08Je lui ai posé
27:09la question
27:10de savoir
27:10pourquoi elle n'a pas réagi
27:11et là c'était
27:12le silence radio
27:13et la cour d'assises
27:14elle-même
27:15dans sa motivation
27:17explicité,
27:18ou disait explicitement
27:19que les témoins
27:20on peut regretter
27:22leur absence de réaction.
27:24Alors ça c'est intéressant
27:25et c'est important
27:26parce qu'effectivement
27:26beaucoup de monde
27:27savait
27:30Isabelle Colombani
27:30vous défendez
27:32Céline
27:33la séquestrée
27:33tout le monde savait
27:35beaucoup de monde savait
27:36beaucoup de monde
27:37a vu des choses
27:38mais personne n'a rien dit
27:39qu'est-ce qui se passait
27:40finalement
27:40pour votre cliente
27:41dans cette maison ?
27:43Déjà
27:43elle n'avait le droit
27:44de vivre qu'à l'étage
27:45de la maison
27:46et il ne fallait pas
27:47qu'on la voit
27:47donc elle était
27:48à l'étage
27:49mais avec interdiction
27:51de rentrer dans les chambres
27:52et elle n'avait pas
27:53le droit
27:53de rentrer
27:54dans la salle de bain
27:55donc dans le couloir
27:57Madame Colangelo
27:58avait installé un banc
27:59et elle passait
28:00toutes ses journées
28:01sur le banc
28:02pour pouvoir aller aux toilettes
28:03il fallait qu'elle demande
28:04une permission
28:06elle ne pouvait pas
28:07y aller autant de fois
28:08qu'elle voulait
28:08elle n'avait pas le droit
28:10d'avoir accès
28:11aux produits d'entretien
28:12les plus simples
28:13comme du papier toilette
28:14du savon
28:15du shampoing
28:17si par extraordinaire
28:18elle était amenée
28:19à croiser une personne
28:21il ne fallait pas
28:21qu'elle regarde
28:22les gens dans les yeux
28:23on est vraiment
28:24dans le phénomène
28:25de l'emprise morale
28:26oui c'est ça
28:27la soumission
28:28l'emprise morale
28:29la domination
28:30Isabelle Colamboni
28:31encore une question
28:32pour vous
28:33pourquoi
28:34Marianne Colangelo
28:35voulait-elle absolument
28:37adopter ce petit garçon ?
28:39Je pense qu'elle avait
28:40vraiment
28:41un grand amour
28:42pour cet enfant
28:43elle le considérait
28:44comme son fils
28:45alors cela
28:45pourrait peut-être
28:46expliquer
28:47la haine
28:47et la détestation
28:48de Céline
28:49puisqu'il fallait effacer
28:50la mère
28:51et elle voulait
28:51vraiment devenir sa mère
28:53bien qu'elle ait eu
28:54cinq fils
28:54cet enfant
28:55elle l'aimait
28:56et elle voulait être
28:56sa mère
28:57par-dessus tout
28:59La mère
29:00et grand-mère
29:01va être jugée
29:04Marianne Colangelo
29:05la belle-mère
29:06elle a séquestré
29:07la fille joyeuse
29:08et vivante d'avant
29:09cette fille
29:10n'existe plus
29:11l'enquête de l'heure du crime
29:13on se retrouve
29:13dans un instant
29:14sur RTL
29:15Bonne journée
29:16sur RTL
29:21RTL
29:21votre radio
29:26l'heure du crime
29:27présentée par
29:28Jean-Alphonse Richard
29:28sur RTL
29:30retour dans l'heure du crime
29:32sur l'affaire
29:32Marianne Colangelo
29:33une sexagénaire
29:34écrouée en 2019
29:35pour avoir séquestré
29:37sa belle-fille
29:38pendant presque
29:39cinq ans
29:40à Saint Raphaël
29:41elle l'avait dépossédée
29:43de son jeune fils
29:44en l'adoptant
29:44trois ans plus tard
29:45elle est jugée
29:48lundi 4 juillet 2022
29:50Marianne Colangelo
29:5263 ans
29:53t-shirt jaune
29:54canarie
29:55silhouette menu
29:56grosse lunette
29:57et masque médical
29:58et devant la cour d'assises
30:00du Var
30:00à Draguignan
30:01tout de suite
30:02confrontée à Céline
30:0433 ans
30:04sa belle-fille
30:05qu'elle séquestrait
30:06la jeune femme
30:07à l'air absent
30:08le regard
30:09est dans le vague
30:10j'ai perdu
30:12dix ans
30:12de ma vie
30:13dit-elle
30:14elle raconte
30:15qu'avec Marie-Anne
30:17Colangelo
30:18tout s'est déréglé
30:19juste avant
30:20la naissance
30:20de son fils
30:21son couple
30:22avait explosé
30:23elle m'a fait passer
30:24pour une instable
30:25elle me disait
30:26que si je voulais
30:27protéger mon fils
30:28à naître
30:29elle pouvait
30:30s'en occuper
30:31Céline ne disait rien
30:32car elle avait peur
30:33de ne plus voir son fils
30:35ou de finir enterrée
30:36dans le jardin
30:37comme elle me le répétait
30:401187 jours
30:41de séquestration
30:43elle se souvient
30:44des cheveux
30:44qui tombent
30:45par manque d'hygiène
30:46un unique repas
30:48chronométré
30:49ne pas faire de bruit
30:50pas de maquillage
30:52obligé de garder
30:53les mêmes habits
30:54pas le droit
30:55d'utiliser
30:55des serviettes
30:56hygiéniques
30:57je baignais
30:58dans ma transpiration
30:59et dans mon sang
31:00pas la force
31:02de s'enfuir
31:02l'accusé répond
31:04Céline
31:05ne voulait pas partir
31:06mais moi
31:07je ne voulais pas
31:08qu'elle parte
31:08je voulais juste
31:09protéger
31:10un bébé
31:11de l'abandon
31:15les trois fils
31:16de Marianne Colangelo
31:17témoignent
31:18tous décrivent
31:19une ambiance lourde
31:20sombre
31:21suffocante
31:22dans la villa
31:22un jour
31:23elle a menacé
31:24de m'étriper
31:24avec un couteau
31:25si je sortais
31:26dit l'un
31:26un autre
31:27elle gérait tout
31:29les finances
31:30l'heure du coucher
31:31il ne fallait pas
31:32la contredire
31:33le troisième
31:33elle était immonde
31:35avec Céline
31:35j'en pleurais
31:36dans ma chambre
31:37les fils
31:38disent qu'il faisait
31:39passer un peu
31:40de nourriture
31:40en cachette
31:41à la séquestrer
31:42j'ai perdu le contrôle
31:44j'avais une colère
31:45en moi
31:46comme un démon
31:47dit l'accusé
31:47Céline
31:48confie
31:49de son côté
31:50qu'elle n'est plus
31:51la fille joyeuse
31:52et vivante
31:53d'avant
31:54cette fille là
31:55elle n'existe plus
31:58l'avocate générale
32:00va demander
32:0014 ans de prison
32:02on va voir
32:03dans le chapitre
32:03suivant
32:04ce que va être
32:05le verdict
32:06Maître Selim Mamlouk
32:08vous êtes avec nous
32:08vous êtes l'avocate
32:09de Marianne Colangelo
32:12accusée unique
32:12dans ce procès
32:13on peut le déplorer
32:14on en a parlé
32:15dans le chapitre précédent
32:18comment
32:18vous l'avez vu
32:19évidemment
32:19avant votre cliente
32:21avant qu'elle passe
32:22qu'elle rentre
32:23dans cette cour d'assises
32:24dans quel état d'esprit
32:25est-elle
32:26est-ce qu'elle est
32:28honteuse
32:28est-ce qu'elle est abattue
32:29ou au contraire
32:30est-ce qu'elle
32:30elle dit
32:31elle a du courage
32:32elle a envie de se battre
32:34et de montrer une vérité
32:35qu'est-ce qui se passe
32:36dans sa tête
32:37alors madame Colangelo
32:39va se présenter
32:40à ce procès
32:42petite
32:43menue
32:46amégrie
32:48éprouvée
32:48par deux années
32:50et demie
32:50de détention
32:52au cours desquelles
32:53elle a perdu
32:53près d'une vingtaine
32:55de kilos
32:55l'état d'esprit
32:57pour répondre
32:57très directement
32:58à votre question
33:00c'est celui
33:01d'une femme
33:01qui
33:02ne conteste pas
33:04qui n'est pas
33:05venue
33:05dans un esprit
33:06de combat
33:07mais dans un esprit
33:08qui est celui
33:09de faire face
33:10finalement
33:10aux accusations
33:12qui sont dirigées
33:14qui lui sont dirigées
33:15et qu'elle va reconnaître
33:16dès les premiers instants
33:18effectivement
33:19de l'ouverture
33:20de ce procès
33:21et bien sûr
33:22elle se retrouve confrontée
33:23à la séquestrer
33:24à Céline
33:26et là
33:27ça change
33:28parce qu'elle a quelqu'un
33:29à face d'elle
33:29qu'elle a fait souffrir
33:30je suppose
33:31qu'elle n'est pas très bien
33:33dans ce box
33:33des accusés
33:34si vous voulez
33:36elle était presque
33:36invisible
33:37dans ce box
33:38en tout cas
33:39elle se faisait
33:40toute petite
33:41ses interventions
33:43étaient
33:44uniquement
33:45en réponse
33:46aux questions
33:47du président
33:48enfin
33:48aucune protestation
33:50aucun signe
33:50si vous voulez
33:51de protestation
33:53ou de négation
33:54j'imagine
33:56que pour elle
33:56effectivement
33:58la confrontation
33:59avec Céline
34:00a dû provoquer
34:02quelque chose
34:03oui bien sûr
34:03et effectivement
34:04c'est un choc
34:04justement on en parle
34:06aussi avec maître
34:06Isabelle Colombani
34:07vous êtes l'avocate
34:09de Céline
34:10évidemment
34:10vous êtes à ce procès
34:11on le disait
34:12avec maître Céline Mamlouk
34:14Isabelle Colombani
34:15le choc
34:16dans ce dossier
34:17c'est l'apparition
34:18devant la cour d'assises
34:19là il y a le silence
34:20qui se fait
34:21évidemment
34:22c'est l'apparition
34:23de Céline
34:23la séquestrée
34:25alors déjà
34:26elle se présente seule
34:27c'est vraiment
34:28moi ce qui m'a
34:28le plus marqué
34:29cette jeune fille
34:30elle était vulnérable
34:31au départ
34:32puisqu'elle avait perdu
34:33ses parents
34:34déjà dans des conditions
34:36un petit peu tragiques
34:37donc vous avez
34:38quelqu'un
34:38qui est isolé
34:39qui n'a pas de famille
34:40qui n'a pas de repère
34:41et qui de surcroît
34:42a été mis
34:44en dehors de la société
34:45pendant des années
34:46donc lorsqu'elle se présente
34:48à ce procès
34:48de cour d'assises
34:49elle est vraiment
34:50dans une solitude
34:52terrible
34:53dans une solitude terrible
34:54évidemment
34:55comme vous dites
34:55Isabelle Colombani
34:56mais même s'il n'y a pas
34:57beaucoup de doutes
34:58sur les sévices
34:59qu'elle a pu endurer
35:00cette jeune femme
35:01en fait
35:02elle l'avait déshumanisé
35:03Céline
35:04pour elle
35:04c'était plus
35:05un être humain
35:05c'était
35:06voilà
35:07elle l'avait
35:08vous savez
35:09les derniers temps
35:10elle lui donnait
35:11à manger
35:12en lui jetant
35:12la nourriture
35:13à même le sol
35:14alors je ne sais pas
35:15vous avez peut-être
35:16des animaux domestiques
35:17moi j'en ai
35:17mais on met la nourriture
35:18au moins dans une gamelle
35:20là elle lui jetait
35:21la nourriture
35:22à même le sol
35:22sur le carrelage
35:23donc c'est vrai
35:24que c'est totalement sordide
35:25un dossier
35:27incroyable
35:27en fait
35:28c'est un dossier
35:28totalement hors norme
35:29en matière criminelle
35:30Maître Colombani
35:32moi ça fait 30 ans
35:33que j'exerce
35:33j'en avais jamais vu
35:34et je ne pensais pas
35:35que c'était possible
35:36au départ
35:36quand j'ai pris connaissance
35:39du dossier
35:39j'ai même eu du mal
35:40à y croire
35:40moi ça me faisait penser
35:42je veux dire
35:42aller à la mauvaise série
35:44Netflix
35:44ou à un film d'horreur
35:45on se dit
35:46c'est pas possible
35:47qu'il se passe ça
35:48à l'époque
35:49dans laquelle nous vivons
35:50dans une petite ville
35:51j'allais dire
35:52plutôt touristique
35:54comme Saint Raphaël
35:55voilà
35:56c'est pas envisageable
35:594 jours d'audience
36:00puis le verdict
36:02Marianne Colangelo
36:03la belle-mère
36:04elle a séquestré
36:04elle voulait protéger
36:05son petit-fils
36:06mais elle a été
36:07la source de sa souffrance
36:08l'enquête de l'heure du crime
36:09je vous retrouve
36:10tout de suite sur RTL
36:12cette émission
36:13vous intéresse
36:14vous en voulez plus
36:15retrouvez toutes les archives
36:16en podcast
36:17sur l'appli RTL
36:20l'heure du crime
36:21présentée par
36:22Jean-Alphonse Richard
36:23sur RTL
36:25dans l'heure du crime
36:25l'affaire Marianne
36:26Colangelo
36:27accusée d'avoir séquestré
36:28sa belle-fille
36:29pendant près de 5 ans
36:30dans sa villa de Saint Raphaël
36:32la sexagénaire
36:33comparée aux assises
36:34la captive
36:35soumise à d'épouvantables
36:37sévices
36:37s'était enfuie
36:38après 4 jours de débat
36:40voici le verdict
36:44jeudi 7 juillet 2022
36:46Marianne Colangelo
36:47est condamnée
36:48à 12 ans
36:48de réclusion criminelle
36:50elle risquait
36:51jusqu'à 20 ans
36:52de prison
36:52reconnue coupable
36:53de séquestration
36:54et d'escroquerie
36:56au jugement
36:57elle a interdiction
36:58d'entrer en contact
36:59avec Céline
37:00et le fils
37:01de celle-ci
37:06lors des débats
37:07maître Marie Casano
37:08qui défendait
37:09les droits
37:10du fils de Céline
37:11avait indiqué
37:12à propos
37:13de Marianne Colangelo
37:14elle voulait
37:15protéger son petit-fils
37:16destiné à devenir
37:17son bâton de vieillesse
37:19comme elle a voulu
37:20protéger
37:20tout le monde
37:21autour d'elle
37:21mais elle a été
37:22la source
37:23de sa souffrance
37:24Céline
37:25la maman séquestrée
37:26espère récupérer
37:27la garde de son enfant
37:28elle devra pour cela
37:30passer à nouveau
37:30devant un tribunal
37:31officiellement
37:33Marie-Ange Colangelo
37:34est toujours
37:34la mère
37:35du petit garçon
37:37C'est un processus
37:38complet
37:39qui enferme
37:40la personne
37:40et qui agit
37:41selon une mécanique
37:42où la personne
37:42se retrouve
37:43happée
37:44dans ce système
37:44la personne
37:45qui met en place
37:46un système
37:46d'emprise
37:47elle le fait
37:47dans un ordre
37:49elle met en place
37:49des gestes
37:50qui sont organisés
37:51de manière à ce que
37:52la personne
37:52se retrouve
37:53enfermée dedans
37:53à son insu
37:55le phénomène
37:56de la séquestration
37:57analysé par
37:58la docteure
37:59en psychologie
38:00clinique
38:00Isma Nsoukaina Diop
38:03évidemment
38:03ce phénomène
38:05il est rare ici
38:05mais fort heureusement
38:06on a peu de cas
38:07de séquestration
38:08de cet ordre
38:09aussi grave
38:10pendant des années
38:11pendant 4 ans et demi
38:12Céline a été séquestrée
38:14par sa belle-mère
38:15et puis aussi
38:15par une famille
38:16il faut bien le dire
38:16qui avait des regards
38:18sur elle
38:19et qui pourtant
38:20n'a jamais rien dit
38:20et n'a jamais rien fait
38:21c'est aussi une leçon
38:22de cette histoire
38:23maître Céline Mamlou
38:24que vous êtes avec nous
38:25avocat de Marie-Anne
38:27Colangelo
38:2812 ans
38:28à l'écope de 12 ans
38:30votre cliente
38:30c'est moins que les réquisitions
38:32de l'avocate générale
38:33c'est plutôt satisfaisant
38:35j'ai envie de dire
38:35du côté de la défense
38:38si vous voulez
38:39madame Colangelo
38:40on couvrait 20 années
38:41de réclusion
38:42le parquet général
38:44on avait requis 14
38:45elle a été condamnée
38:46à 12 ans
38:46pour 5 chefs
38:47d'accusation
38:49s'il en suit
38:50une logique
38:51purement arithmétique
38:52on pourrait se dire
38:53que c'est une victoire
38:54qu'elle a pris
38:55moins que la réquisition
38:56si je peux me permettre
38:57l'expression
38:58mais
38:59cette peine
39:00est une peine double
39:02une typologie double
39:04puisqu'il y a
39:04un volet
39:05réclusion
39:06à proprement parler
39:07un volet suivi
39:08socio-judiciaire
39:09certainement
39:10plus utile
39:11pour la société
39:12pour Céline
39:13pour madame
39:14Colangelo
39:15puisqu'il comporte
39:15une obligation
39:16de soins
39:18une injonction
39:18de soins
39:19les 12 ans
39:20de réclusion
39:21je ne me permettrai
39:23pas de dire
39:24que c'est une peine
39:25satisfaisante
39:26pour une personne
39:27qui a plus de 60 ans
39:29qui a reconnu
39:30parfaitement
39:31les faits
39:32qui a initié
39:33un travail
39:34de recherche
39:36en tout cas
39:37ou un travail
39:37de suivi
39:38psychologique
39:39et psychiatrique
39:40au sein de la maison
39:42d'arrêt
39:42c'est un quantum
39:43qui reste important
39:45pas d'appel
39:45elle n'a pas voulu
39:46faire appel
39:47votre cliente
39:47vous lui avez dit
39:48qu'elle avait une possibilité
39:50évidemment
39:50évidemment
39:51elle avait cette possibilité
39:52là
39:53elle le savait
39:54mais
39:54elle n'a pas
39:55interjeté appel
39:56madame Colangelo
39:57pour une raison
39:58double
39:59la première
40:00c'est que
40:00ce procès
40:01était redouté
40:03et a constitué
40:04une épreuve
40:05absolument
40:06difficile
40:07difficile
40:07pour elle
40:08je sais que
40:09ou j'imagine
40:10que ça peut
40:11être contre-intuitif
40:13de l'entendre
40:13presque inaudible
40:14mais
40:15madame Colangelo
40:17a vécu
40:17ce procès
40:18comme une épreuve
40:19absolument difficile
40:20elle ne voulait pas
40:21se l'infliger de nouveau
40:23ni l'infliger
40:24à Céline
40:25aussi
40:26alors
40:27maître Mamelouk
40:28je sais qu'il y a
40:29les confidences
40:30d'une cliente
40:31ou d'un client
40:31à son avocat
40:32ça reste secret
40:33c'est du secret professionnel
40:34mais
40:35néanmoins
40:35est-ce qu'elle vous a dit
40:37à un moment donné
40:37qu'elle avait peut-être
40:39compris ce qui s'était passé
40:40que
40:42cet endroit
40:43où elle est allée
40:43où elle ne devait pas aller
40:44c'est-à-dire
40:44la séquestration
40:45de sa belle-fille
40:46elle savait pourquoi
40:47elle avait fait tout ça
40:48est-ce qu'elle a compris
40:49elle ?
40:50écoutez
40:51il suffit de se rapporter
40:54à ses confidences
40:55ne serait-ce que
40:56devant le magistrat
40:58instructeur
40:58elle va avoir
40:59ses premiers mots
41:00vont être très durs
41:02vis-à-vis d'elle-même
41:03elle va dire
41:03qu'elle a été un monstre
41:04qu'elle a été odieuse
41:06je veux dire
41:07cette compréhension
41:09cette prise de conscience
41:10quoiqu'imparfaite
41:12au début
41:13mais
41:13elle s'est réalisée
41:15dès les premiers temps
41:16de cette procédure
41:18et à l'audience
41:20elle va
41:20s'en exprimer
41:21elle va s'en expliquer
41:22donc cette prise de conscience
41:24elle existait
41:25dès le départ
41:26en réalité
41:26et ça a été
41:28confirmé
41:28par les expertises
41:30qui ont été réalisées
41:31qui vont
41:32en substance
41:33dire que
41:33la hache de la loi
41:35elle va avoir
41:36un impact
41:36finalement
41:37sur la conscience
41:39des faits
41:41Maître Isabelle Colombani
41:42vous êtes avec nous
41:43dans cette heure du crime
41:44vous êtes l'avocate
41:45de Céline
41:46alors il y a eu
41:47cette condamnation
41:49Céline
41:49on a reconnu
41:50que ce qu'elle disait
41:51et l'enfer
41:52qu'elle a vécu
41:53était une réalité
41:55hélas pour elle
41:56d'ailleurs
41:56est-ce que vous avez
41:57des nouvelles
41:57de Céline
41:58de votre cliente ?
42:00Oui
42:00j'en ai régulièrement
42:01alors c'est quelqu'un
42:02qui vit seule
42:03elle a réussi
42:03quand même
42:04à avoir un petit appartement
42:05et elle a un emploi
42:07dans la grande distribution
42:09et elle essaie
42:10actuellement
42:10de reprendre
42:11une relation
42:12avec son fils
42:12mais c'est compliqué
42:13C'est compliqué
42:14évidemment
42:14ce petit garçon
42:15c'est aussi
42:16une victime collatérale
42:17de ce dossier
42:18il ne faut pas l'oublier
42:19selon vous
42:20le moment le plus fort
42:21de ce procès ?
42:24Moi j'ai vu
42:25des jurés
42:25qui avaient les larmes aux yeux
42:26c'est vrai que
42:27quand on voyait
42:27cette femme
42:28l'accuser dans le box
42:29on ne pouvait pas
42:30s'imaginer
42:32le calvaire
42:32qu'elle avait fait vivre
42:34à cette jeune femme
42:35mais le plus fou
42:36de cette histoire
42:38moi ma frustration
42:40ce n'est pas les 12 ans
42:41qu'elle a pris
42:42c'est qu'il n'y a eu
42:43personne dans cette maison
42:45qui a été
42:47j'allais dire
42:48jugée
42:48poursuivie
42:49pour complicité
42:51ou allez
42:52au moins
42:53pour non-assistance
42:54à personne en danger
42:55je pense effectivement
42:56qu'il y avait
42:56d'autres personnes coupables
42:57dans cette maison
42:59merci beaucoup
43:00maître Isabelle Colombani
43:01maître Céline Mamlouk
43:03d'avoir été les invités
43:04de l'heure du crime
43:04aujourd'hui
43:05merci à l'équipe
43:06de l'émission
43:06rédactrice en chef
43:07Justine Vignot
43:08préparation
43:08Marie Bossard
43:09Lili Labeille
43:10réalisation en direct
43:11Jonathan Griveaux
43:12Céline Mamlouk
43:12– Sous-titrage FR 2021