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  • il y a 6 heures
Edgard Boulai, 43 ans, un Antillais marginal échoué en Seine-et-Marne, fasciné par les rites vaudous. A l'automne 1995, il apparait derrière la disparition d'une famille entière, Donald, le père, Stéphanie, la mère et leurs deux enfants de deux et trois ans. Des soupçons mais aucune preuve. La famille est introuvable. L'enquête va révéler un scénario terrifiant.

C'est grâce à la ténacité de Gilberte Crovisier, la mère de Stéphanie, que l'enquête va permettre d'avancer. Elle est l'invitée de Jean-Alphonse Richard.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0214h15, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:06La fin d'un terrible mystère à Vaux-le-Pénil en Seine-et-Marne, près de Melun.
00:10Toute une famille de 4 personnes était portée disparue depuis un an.
00:13Les corps du couple et de leurs 2 enfants de 3 et 4 ans ont été retrouvés enterrés dans le
00:18jardin de leur maison.
00:20Bonjour, Edgar Boulet, 43 ans, un Antillais qui vit en Seine-et-Marne, fasciné par les rites vaudous.
00:28A l'automne 1995, il surgit derrière la disparition d'une famille entière, le père, la mère et leurs 2
00:35enfants de 2 et 3 ans.
00:37Des soupçons, des rumeurs, mais pas de preuves.
00:40L'enquête va révéler un scénario terrifiant, machette et magie noire.
00:45Edgar Boulet et les disparus de Vaux-le-Pénil, l'heure du crime, votre rendez-vous 100% fait divers
00:51et tout de suite sur RTL.
01:00Samedi 23 septembre 1995, Gilbert Crovisier, 44 ans, employé de la RATP, qui habite en banlieue parisienne,
01:09s'inquiète de ne plus avoir aucune nouvelle de sa fille Stéphanie, de son gendre Donald Davila et de ses
01:17petits-enfants Donald Junior, 3 ans et demi,
01:20et la petite dernière, Donatella, 22 mois.
01:25La dernière fois que Gilbert a parlé au téléphone avec sa fille, c'était il y a plus d'une
01:30semaine, le 11 septembre.
01:32Elle allait bien, son mari et les enfants aussi.
01:35Gilbert Crovisier alerte la gendarmerie, puis le commissariat de Melun.
01:40La famille habite une petite ville voisine, Vaux-le-Pénil.
01:44Un policier se déplace au 119 bis de la rue Albert-Rogier.
01:49Personne dans ce cabanon qui se dresse sur un terrain d'un hectare.
01:53Pas de traces d'effraction ou de désordre sur place.
01:59Lundi 25 septembre, Gilbert Crovisier appelle le lycée Jacques Amiau, à Melun, où sa fille vient d'être embauchée.
02:07On lui répond qu'elle est absente depuis le 18 septembre.
02:11L'établissement a même envoyé un collègue chez elle.
02:14Il est tombé sur un homme qui dit s'occuper de la maison en attendant le retour de la famille.
02:20C'est un certain Edgar Boulay.
02:23Selon lui, Stéphanie s'est disputé avec son compagnon.
02:27Ils sont partis en coup de vent avec les enfants.
02:30Gilbert Crovisier n'a jamais entendu parler de cet Edgar Boulay.
02:35Cette fois, elle file avec son fils à Vaux-le-Pénil.
02:37La maison est vide.
02:39Toutes les affaires de la famille sont là.
02:41Étonnant que son gendre, musicien professionnel, ait laissé sa guitare.
02:46Il l'emporte toujours avec lui.
02:48Quelques heures plus tard, Gilbert Crovisier et son fils tombent sur le fameux Edgar Boulay.
02:53Ce grand gaillard, très costaud, confirme que le 16 septembre, Donald et Stéphanie se sont violemment disputés.
03:01Le lendemain, ils sont partis à la fête de l'Huma avec un type qui conduisait un fort transit blanc.
03:08A leur retour, une nouvelle dispute a éclaté.
03:11Cette fois, Donald a embarqué les matelas et les enfants dans la camionnette, toujours conduite par un inconnu.
03:17Stéphanie s'est accrochée à la portière, elle a fini par monter.
03:21Selon Boulay, Donald lui a jeté les clés de la maison pour qu'il la garde, jusqu'à son retour.
03:30Mercredi 27 septembre, Gilbert Crovisier écrit au procureur de Melun pour signaler la disparition.
03:36La lettre reste sans réponse.
03:38Elle contacte la police.
03:39La brigade des mineurs est informée, mais aucune suite.
03:42Edgar Boulay l'appelle un jour pour lui dire que la famille a rejoint une secte à Coulomiers.
03:49Gilbert Crovisier ne croit pas en mots de ce que raconte ce squatteur.
03:53Elle frappe à toutes les portes pour que des recherches soient lancées.
03:56Sans succès !
03:5825 juin 1996, Gilbert Crovisier porte plainte contre Edouard Boulay pour vol des deux voitures du couple.
04:06Il les a revendus. Enquête enfin ouverte.
04:12Et on a déjà perdu un an.
04:13Un an de recherche, on n'est vraiment, on ne s'est pas du tout pressé dans cette affaire.
04:17C'est le moins qu'on puisse dire.
04:19Alors, presque un an après, une enquête est enfin ouverte.
04:23Et grâce à la détermination et à l'entêtement, il faut bien le dire, de Gilbert Crovisier,
04:28eh bien, ces investigations vont progresser.
04:30Parce que jusque-là, effectivement, on ne se hâtait pas.
04:32C'est le moins qu'on puisse dire.
04:34Alors, il va y avoir une terrifiante découverte, celle d'une famille anéantie.
04:38Mais ça, on va en parler dans la suite de l'heure du crime.
04:41Bonjour, Gilbert Crovisier.
04:42Bonjour, Jean-Alphonse.
04:44Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans le studio de l'heure du crime.
04:47Gilbert Crovisier, la maman de Stéphanie.
04:50On vous doit beaucoup dans cette histoire.
04:52Parce que vous avez eu beaucoup de courage de mener ce combat jusqu'à son terme, j'ai envie de
04:56dire.
04:57Parce que les autorités se faisaient un peu tirer l'oreille pour vraiment aller chercher la famille disparue.
05:03Dès le début, Gilbert Crovisier, vous vous inquiétez.
05:07Vous vous inquiétez pourquoi, au début ?
05:10Je m'inquiète parce que la maman de Donald m'appelle.
05:15De votre gendre.
05:16De mon gendre.
05:17Et donc, elle me dit qu'elle a téléphoné à Donald et qu'il n'a pas emmené les enfants
05:25le mercredi.
05:26Et que depuis mercredi, elle n'a pas de nouvelles de son fils, ce qu'il ne fait jamais.
05:33Et c'est là que je me suis inquiétée.
05:35C'est là que vous commencez à vous inquiéter.
05:38Stéphanie, votre fille, ce n'est pas dans son genre de ne pas donner de nouvelles.
05:43Elle vous appelle presque tous les jours, votre fille.
05:44C'est vrai.
05:45C'est vrai.
05:46Et quand il sortait, on était au courant.
05:49Quand on vous parle d'Edgar Boulay.
05:53Edgar Boulay, c'est quelqu'un du lycée qui va essayer de retrouver Stéphanie.
05:57Il ne trouve personne.
05:58Il tombe sur cet homme, Edgar Boulay.
05:59Vous ne le connaissez pas ?
06:00Moi, je ne le connais pas.
06:02Mais par contre, Fanny, elle était dans le lycée, faisait les nouveaux travaux à ce moment-là,
06:11pour avoir après le travail au lycée.
06:14Donc, ils se sont connus.
06:16Lui, il n'a pas eu son examen, mais ma fille, elle était reçue 13e.
06:20Et c'est comme ça qu'elle est rentrée à Meulain.
06:22Elle a pu choisir la ville où elle allait.
06:25Oui, c'est ça.
06:25Elle est embauchée dans ce lycée.
06:27Oui, oui.
06:27Vous l'avez dit, mais Boulay, vous ne le connaissez pas.
06:30Moi, pas du tout.
06:31Pas du tout.
06:32Bonjour, Maître Odele-Carré.
06:34Bonjour.
06:34Merci beaucoup d'être également avec nous en direct dans cette heure du crime,
06:38dans le studio de l'heure du crime.
06:39Vous êtes l'avocat d'Edgar Boulay.
06:41Alors, on va voir que votre travail n'a pas été facile dans cette histoire pour défendre cet homme.
06:45On va lui reprocher des choses absolument épouvantables, mais on n'en est pas encore là.
06:49Qui est-il, Edgar Boulay ?
06:51Et qu'est-ce qu'il fait dans cette maison, d'ailleurs ?
06:52Parce qu'il se retrouve d'un seul coup dans cette maison hébergée, c'est ça ?
06:56Alors, en réalité, Edgar Boulay est non seulement une connaissance de Stéphanie Sané,
07:03mais c'est aussi et surtout, je dirais, l'ami de Roland Serge,
07:09qui était le parrain de la petite Donatella.
07:12D'accord.
07:13C'est dans ce contexte qu'il va être amené à plusieurs reprises à participer à des soirées au sein
07:19de la maison de...
07:20Donc, il les connaît ?
07:21Il les connaît, absolument, il les connaît.
07:23Il connaît cette famille ?
07:24Il n'est pas un proche, véritablement, de la famille.
07:30C'est une relation.
07:31Mais il est fréquemment là, quand il y a des soirées qui sont organisées,
07:34et il y a de nombreuses soirées qui sont organisées sur le terrain où habitent Stéphanie et Donald.
07:39Oui, et puis Donald, il joue de la musique.
07:41C'est assez festif.
07:42Ils sont plutôt dans un naturel accueillant, cette famille.
07:45C'est très festif, très accueillant et très inclusif.
07:48Oui, c'est ça.
07:49Donc, c'est un peu comme ça aussi que Edgar Boulet va faire son petit chemin
07:54dans le parcours de vie de Stéphanie et Donald.
07:58Deux mots, qui est-il cet homme ?
07:59Il est connu de la justice déjà, il a une réputation de violent.
08:04Il est très connu des services de police et de la justice.
08:06Il a été condamné à plusieurs reprises, il a été incarcéré à plusieurs reprises.
08:10Et d'ailleurs, lorsqu'on va faire des investigations sur le terrain
08:15pour creuser sur le terrain et retrouver les corps des victimes,
08:20il est incarcéré.
08:21D'accord, ok.
08:22Pour une autre cause, il n'est pas incarcéré pour cette affaire encore.
08:26Et c'est dans ce contexte, en réalité, que les choses vont un peu s'accélérer
08:30et qu'il va être placé sous mandat de dépôt criminel dans le cadre de cette affaire.
08:33C'est quelqu'un qui est très connu de la justice.
08:35Voilà, il a un profil, pas inquiétant peut-être,
08:37mais en tout cas, il a un profil intéressant, on va le dire comme ça.
08:40Il a un profil de passage à l'acte violent sur plusieurs années.
08:45Donc ça, évidemment, ça pose question.
08:47Alors, ça pose d'autant plus question.
08:49Gilbert Crovisier, je reviens à vous, c'est important.
08:52Il a un profil qui est très négatif, un peu sombre, cet homme.
08:55Vous le signalez, vous signalez la présence de ce type à la police.
08:58Vous dites, il y a un type qui est là, sur place, dans la maison.
09:03Pourquoi on ne vous écoute pas ?
09:05Parce que vous avez fait le tour des commissariats pour arriver à bout.
09:09C'est exact, chère Alphonse.
09:13Moi, écoute, pas déjà à Melun.
09:15Ils vont me dire, oh, la famille, les enfants sont avec les parents.
09:19Oh, ce n'est pas grave, madame.
09:21Faites une rife en préfecture, simplement pour votre fille.
09:26Recherche dans l'intérêt des familles, c'est ça ?
09:27Recherche dans l'intérêt des familles, qui ne sert à rien.
09:30Donc, on vous dit ça ?
09:32Oui.
09:32Ça suffit ?
09:33Et le problème, c'est qu'à cette époque-là, moi j'habite le 93, je ne peux rien faire
09:38en Seine-et-Marne.
09:39Ah oui, c'est toujours compliqué.
09:41Sur les circonscriptions policières et judiciaires, on ne va pas rentrer dans le détail, mais c'est toujours assez complexe.
09:47Maître Odelkéré, une question simple.
09:49C'est vrai qu'on ne l'écoute pas, Gilbert Crovisier.
09:52Vous défendez Edgar Boulay, mais vous connaissez bien madame Crovisier.
09:55On ne l'écoute pas ?
09:56On ne l'écoute absolument pas, et cependant de très nombreux mois.
10:00Ni le procureur de la République, parce que madame Crovisier va saisir à plusieurs reprises le procureur de la République
10:06de la disparition de sa famille.
10:08Ni les services de police.
10:10Qu'il soit d'ailleurs en Seine-et-Marne ou dans le 93.
10:14Il y a de très nombreuses plaintes qui auront été déposées.
10:16Il aura fallu attendre une plainte pour le vol des véhicules de la famille,
10:22pour qu'enfin, une procédure se mette en place,
10:25et que le commissariat de Melun se décide à investiguer sur les circonstances dans lesquelles cette famille a disparu.
10:32C'est quand même étonnant.
10:33Pas de perquisition réelle, on laisse filer.
10:37Honnêtement, ça pose question.
10:39Moi, je ne m'explique absolument pas cette période de latence
10:42pendant laquelle le parquet du tribunal judiciaire de Melun n'est pas intervenu.
10:48Derrière la maison, un charnier.
10:50Edgar Boulet, elle est disparue de Volpénil.
10:53Je cherche un prêtre vaudou car j'ai fait quelque chose de mal.
10:58L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:05Merci d'écouter RTL
11:11Publicité
11:12L'heure du crime, présentée par Jean-Alphonse Richard sur RTL
11:16L'heure du crime consacrée à l'affaire Edgar Boulet.
11:20Au printemps 96, la police s'intéresse enfin à se martiniquer installé dans une maison en Seine-et-Marne.
11:27Soupçonnée depuis un an d'être derrière la disparition des occupants et de leurs deux jeunes enfants,
11:32les vérifications démarrent enfin.
11:37Jeudi 27 juin 96, la juge d'instruction de Melun, Isabelle Subra,
11:42en charge de l'affaire des disparus de Volpénil,
11:45s'intéresse beaucoup à Edgar Boulet.
11:47Ce sans domicile fixe.
11:49Il est connu de la justice pour des violences conjugales.
11:51Il y a un an, il a été expulsé de son appartement à Damarie-les-Lys.
11:56De fil en aiguille, il a fini par tomber sur la modeste famille d'Avila.
12:01Ils auraient accepté de lui offrir un asile provisoire.
12:05Les policiers interrogent Boulet.
12:06Ils racontent la scène de la dispute du couple d'Avila,
12:10leur départ avec les enfants dans le fourgon blanc conduit par un blanc.
12:14La famille ne revenant pas, il s'est vraiment installé sur place.
12:18Il a mis les abonnements d'eau, de téléphone, d'électricité à son nom.
12:23Il n'a aucune nouvelle des Davila, mais il a reçu des appels menaçants.
12:27D'un homme qui cherche Donald Davila, il lui doit de l'argent.
12:32Edgar Boulet dément avoir fait du mal à la famille.
12:35Les fouilles de la propriété ne donnent rien.
12:37Dans l'habitation, les policiers découvrent en masque grimaçant
12:41de la peinture rouge qui imite le sang.
12:44Des petits pots de bébés sont posés sur une fenêtre.
12:47Il s'agirait de rites vaudous.
12:49Les petits pots seraient une offrande aux enfants morts.
12:53Boulet avait confié à un ami interrogé qu'il cherchait un prêtre vaudou
12:58car il avait fait quelque chose de mal.
13:03Lundi 23 septembre 1996, les fouilles reprennent sur le terrain de Volpénil.
13:08La pelleteuse creuse tombe sur un amoncellement d'os de poulet,
13:13relique de cérémonie vaudou.
13:14Plus profond, une chaîne en or et une médaille apparaissent.
13:18Le petit Donald Junior, 3 ans et demi, l'est porté autour de son cou.
13:21L'enfant apparaît, tout comme sa petite sœur Donatella,
13:25qui elle est nue, dépourvue de couches.
13:27Les parents sont retrouvés en dessous, sous un matelas décomposé,
13:31allongé côte à côte.
13:32Selon le légiste, le papa a été tué alors qu'il dormait.
13:35La maman s'est défendue.
13:36Les victimes ont toutes été exterminées avec une machette ou un coupe-coupe.
13:42Edgar Boulay dément être l'auteur du massacre.
13:48Réentendu, Edgar Boulay reste sur ses dénégations.
13:51Il reconnaît juste avoir utilisé le chéquier de Stéphanie.
13:54Dans la soirée du 16 au 17 septembre 1995,
13:58une voisine se souvient d'avoir entendu une forte dispute entre deux hommes.
14:02Une autre femme qui habite de l'autre côté.
14:04Elle aussi perçue deux voix d'hommes qui s'invectivaient.
14:08Elle a reconnu celle de Donald Davila.
14:10Il y a eu ensuite des bruits de moteur, puis le calme est revenu.
14:14Un ami d'Edgar Boulay raconte qu'après les disparitions,
14:17celui-ci lui a demandé un bien curieux service.
14:22A savoir, téléphoner aux familles de Donald et Stéphanie
14:25pour se présenter comme le responsable de la secte
14:29qui hébergerait le couple et leurs enfants.
14:31Un mensonge grossier, destiné à rassurer les familles.
14:35Malgré les témoignages, Edgar Boulay continue à nier le massacre.
14:39Il est mis en examen pour assassinat.
14:42Il est écroué.
14:44Edgar Boulay, verrouillé dans ses dénégations,
14:47malgré les indices qui s'accumulent,
14:49il clame qu'il n'y a aucune preuve contre lui.
14:51Les déclarations de sa maîtresse vont éclairer l'affaire
14:54sous un autre jour encore plus horrible.
14:56Des souvenirs cauchemardesques de cette femme,
14:58on va le voir évidemment dans le chapitre suivant de l'heure du crime.
15:02Juin 96, Gilbert Crovisier, vous êtes avec nous dans cette heure du crime
15:06et je vous remercie encore.
15:07On est là 20 ans après cette affaire et cette histoire.
15:09Elle continue à vous hanter.
15:10Évidemment, vous y pensez, je pense, presque tous les jours
15:13et à chaque anniversaire.
15:14D'ailleurs, vous nous écrivez à RTL pour nous dire
15:16« Ne nous oubliez pas, moi j'ai tous vos textos, j'ai tous vos mails,
15:20ne nous oubliez pas, on pense à eux, etc. »
15:22Donc, en cela, votre démarche, elle est exemplaire,
15:24elle est extrêmement émouvante.
15:27Gilbert Crovisier, maman de Stéphanie, l'une des victimes.
15:30On revient à juin 96, l'enquête qui redémarre, enfin !
15:34Et là, vous vous dites « C'est bon, là c'est parti, enfin on m'a écouté. »
15:37Vous que vous faisiez insulter par les enquêteurs.
15:40Et oui, ils avaient dit que ma fille, la gendarmerie de Montreuil
15:45m'avait dit que si ma fille avait disparu, c'est qu'elle avait été mal élevée.
15:49Et puis à Montreuil, la brigade des mineurs,
15:53je demandais pour mes petits-enfants, parce qu'il y a une loi
15:57pour les grands-parents qui puissent parler à leurs enfants.
16:01Et ils m'ont dit que cette loi n'existait qu'au cinéma,
16:04que j'étais une grand-mère emmerdeuse.
16:06Et donc, effectivement, on en est resté là.
16:08Et puis enfin, l'enquête a redémarré.
16:14Vous nous le dites, l'enquête qui a redémarré 30 ans,
16:16et non pas 20 ans, comme je l'ai dit, 30 ans après.
16:20Il y a effectivement cette terrifiante nouvelle.
16:23Est-ce qu'avant la découverte des corps,
16:25est-ce que vous aviez un espoir ?
16:28Ou bien vous disiez « Ils sont morts, ils ne sont plus là ».
16:31Qu'est-ce que vous sentiez en vous ?
16:32Vous êtes la maman de Stéphanie.
16:34Avec le commandant Carré, on avait parlé,
16:38et elle avait dit « On ne sait pas s'ils sont vivants,
16:41on ne sait pas s'ils sont morts ».
16:43Et moi, je savais qu'ils n'étaient plus là,
16:45parce que pas de nouvelles comme ça,
16:49ce n'est pas ma fille, ce n'étaient pas eux.
16:51Et puis les mamans, elles sentent parfois quelque chose ?
16:53Oui, j'ai ressenti quelque chose quand je suis allée sur le terrain,
16:55quand j'ai vu qu'il avait vendu les voitures boulet.
16:59J'ai ressenti, au coin de la maison de Pierre,
17:05j'ai senti que quelqu'un me prenait comme ça par les épaules,
17:09et me disait « Viens, viens derrière ».
17:11J'ai eu des frissons,
17:13et c'est là que j'ai compris que c'était ma fille.
17:17C'est inexplicable, ça.
17:18Oui.
17:19C'est une espèce de sensation terrible.
17:20Ça m'est arrivé, mais je peux vous dire que ça fait tout drôle.
17:21Vous étiez glacée ?
17:22Oui.
17:23Et quand j'ai dit ça à ma sœur,
17:25je suis rentrée avec mon compagnon de l'époque,
17:27et je lui ai dit « Je te jure, Stéphanie,
17:29elle est sur le terrain, elle est sous les planches. »
17:32Et tout le monde a dit « Ça ne va pas,
17:34je ne me redis pas des choses comme ça. »
17:36Vous perdez la raison.
17:36Ils m'ont pris que je perdais la raison,
17:38mais j'ai compris qu'elle était là, ma fille.
17:40Alors ça, c'est un témoigneuse très très fort.
17:44Maître Odelokéry, vous êtes avec nous également dans l'ordre du crime,
17:46et je vous remercie également.
17:47Vous êtes l'avocate d'Edgar Boulay.
17:49Les corps retrouvés,
17:50ces corps, alors il nie l'effet d'Edgar Boulay,
17:53on va y revenir,
17:54mais les corps sont massacrés.
17:56On a utilisé une machette, c'est ça, pour tuer tout le monde ?
17:59Alors, pas pour tuer tout le monde,
18:01manifestement de ce qu'il ressortait de l'expertise médico-légale,
18:05les parents ont été tués par une machette,
18:08mais en revanche, les enfants auraient été tués
18:10d'un polytraumatisme crânien.
18:13Des coups, c'est ça ?
18:14Des coups qui auraient été portés sur eux.
18:19Et manifestement, l'effet se serait produit dans la petite maison en pierre,
18:23parce qu'il y avait deux maisons, une maison en préfabriquée et une maison en pierre.
18:27Et c'est dans la deuxième maison, où ne vivait pas la famille,
18:29qu'auraient eu lieu les assassinats des deux enfants.
18:33Mais où vivait Boulet, à ce moment-là ?
18:35Il était hébergé dans cette maison,
18:36qui est une dépendance, en fait, de la maison principale.
18:40Encore un mot avec vous, et c'est important,
18:41Maître Leclerc, on a beaucoup parlé de vaudou dans cette histoire.
18:45Des signes un petit peu, pas cabalistiques,
18:47mais enfin, la magie noire, le vaudou.
18:49Il est passionné par ça, à l'époque, Boulet.
18:52Il vit dans cette culture.
18:54Il est intéressé par ça, il est en contact avec un sorcier vaudou
18:58qui habite au Canada, à l'époque.
19:01Mais il faut savoir que ça n'est qu'aux assises
19:04que nous apprendrons la présence de ces petits pots
19:07sur le rebord des fenêtres.
19:10Cela n'apparaissait pas dans le dossier d'instruction.
19:12De sorte que la dimension vaudouesque du crime qui lui est reproché
19:17n'était pas aussi marquée qu'elle l'aura été
19:19après les révélations des services de police
19:23au moment de l'enquête de la procédure devant la cour d'assises.
19:27Mais vous confirmez qu'il vit, en tout cas à cette époque,
19:30dans cette espèce de climat un petit peu ésotérique
19:33et un peu effrayant, il faut bien le dire.
19:35Oui, oui.
19:35Et puis, il y a des écoutes qui démontrent
19:37qu'il est en contact régulier avec ce sorcier vaudou.
19:41Manifestement, il est très attiré par cette religion,
19:46si on peut la qualifier comme telle.
19:49Il faut quand même préciser qu'il est dans les lieux,
19:56mais il n'est pas tout seul à occuper cet endroit.
19:59C'est-à-dire qu'on a eu trop longtemps,
20:03la manière de présenter les choses consistait à dire
20:05qu'il était seul à occuper cet endroit,
20:07alors qu'en réalité, il y avait presque en permanence avec lui
20:11deux autres personnes qui ont été mises en examen
20:14mais qui n'ont pas été renvoyées devant la cour d'assises
20:16de manière extrêmement surprenante
20:19et qui sont présents quasiment tout le temps.
20:22Dont le jardinier, c'est ça ?
20:24Dont le fameux jardinier.
20:25Absolument, le fameux jardinier
20:27qui est là presque en permanence.
20:31Et qui sont aussi évidemment dans cette croyance.
20:33C'est un milieu un peu particulier.
20:35Effectivement, il y a beaucoup de personnes
20:36qui passent par cette propriété.
20:38Vous avez raison de le souligner, c'est très important.
20:41Gilbert Crovisier, évidemment, à l'époque,
20:43vous suivez l'affaire au-delà de l'horreur
20:45qui vous a complètement glacé et stupéfait
20:48la manière dont ont été tués,
20:49notamment vos petits-enfants.
20:50Ça vous a beaucoup marqué, je crois, Gilbert.
20:53C'est quelque chose qui est très important
20:54et vous êtes encore émus aujourd'hui.
20:56Je voulais juste vous demander, Gilbert,
20:59le fait que Boulet ne parle pas,
21:02qu'est-ce que ça suscite chez vous ?
21:04Vous vous attendiez peut-être à des déclarations ?
21:07Non.
21:07Vous avez envie de vérité ?
21:08Non.
21:08Non ? Pas du tout ?
21:10Pas du tout, parce que avant le procès,
21:13on m'avait dit qu'il fallait que j'assiste à des procès
21:16pour me mettre en condition.
21:20Et quand j'ai vu qu'il ne parlait pas,
21:22j'ai dit, bien, il ne parlera pas non plus.
21:25Je ne me faisais pas d'illusion.
21:26Et dans beaucoup de procès,
21:28on croit qu'on va prendre quelque chose.
21:29Et souvent, ils ne disent rien.
21:32Et souvent, aux assises, hélas, ça peut arriver.
21:34Le témoignage accablant de la maîtresse.
21:38Edgar Boulet, elle est disparue de Volpénil.
21:40J'ai entendu des hurlements, des cris horribles.
21:43Ils m'ont fait penser à une bête qu'on est gorgée.
21:45L'enquête de l'heure du crime.
21:46Va-t-on enfin s'approcher du scénario hexa des assassinats ?
21:50À suivre dans un court instant sur RTL.
21:58Toute la journée, RTL vous accompagne.
22:04L'heure du crime, présentée par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
22:08Elle déclare que sa nuit a été coupée par un affreux cauchemar.
22:12Cauchemar qu'elle détaille puisqu'elle dit
22:15que c'est quelque chose de très prenant.
22:16Elle dit que comme des hurlements de bêtes l'ont réveillé.
22:18Des hurlements de bêtes qu'on égorgerait.
22:21Retour dans l'heure du crime sur l'affaire Edgar Boulet.
22:24Ce marginal est soupçonné d'avoir assassiné
22:26toute une famille en Seine-et-Marne.
22:27En septembre 1995, il avait pris possession de leur maison.
22:31Mise en examen, il nie obstinément les faits.
22:34Les charges vont pourtant s'accumuler.
22:39Jeudi 25 juillet 1996,
22:41la maîtresse d'Edgar Boulet, Monique Bé,
22:44qui exerce comme médecin,
22:45est convoquée une première fois par les policiers.
22:47Elle reconnaît qu'elle se trouvait chez son amant
22:50les 16 et 17 septembre 1995
22:52quand les Davila ont disparu.
22:55Elle ne s'est pas inquiétée de leur absence.
22:58Elle ne se souvient pas d'une dispute
22:59ou d'un incident quelconque.
23:01Depuis sa prison,
23:02Boulet lui a envoyé un courrier
23:04dans lequel il écrit
23:05« Cette histoire me fait peur ».
23:08Deux mois plus tard,
23:09Monique Bé est placée en garde à vue.
23:11Cette fois, son récit change du tout au tout.
23:14« Oui, elle a bien passé la nuit du 16 au 17 septembre
23:18dans la maison de Volpénil.
23:19Cette nuit-là,
23:20Boulet l'avait séquestrée, dit-elle. »
23:23Elle raconte avoir été réveillée
23:24par des hurlements,
23:25des cris horribles,
23:26saccadés,
23:28inquiétants, raconte-t-elle.
23:29« Des cris qui m'ont fait penser
23:30à une bête conne égorgée, »
23:32précise-t-elle encore.
23:33Elle poursuit.
23:34« J'avais peur d'un coupe-coupe
23:36qu'Edgar détenait.
23:38Je voyais Edgar en train de me tuer. »
23:41Elle s'est alors endormie.
23:42« Le matin, Edgar dormait paisiblement
23:45à côté d'elle.
23:46Elle l'a questionné,
23:47mais elle ne se souvient plus
23:48de ses réponses.
23:50Elle a sans doute, dit-elle,
23:52« cauchemardé.
23:53L'inconscient efface les choses graves, »
23:56explique-t-elle en garde à vue.
23:58Monique Bé est mise à l'examen
23:59pour dissimulation de preuves.
24:04Les enquêteurs se sont convaincus
24:06qu'Edgar Boulay a décimé
24:07la famille de Davila.
24:08Il n'exclut pas qu'il ait été aidé
24:10par des complices.
24:10Il s'intéresse ainsi
24:11à un ami jardinier
24:13retourné aux Antilles.
24:14Boulay aurait utilisé une mini-pelle
24:16pour enfouir les victimes,
24:18mais qui lui a prêté cet engin ?
24:20Avec qui a-t-il enseveli
24:22les victimes sous un matelas,
24:24puis sous des plumes
24:25et des ossements de poulet
24:26lors d'une cérémonie
24:28aux accents vaudous ?
24:32On va revenir tout de suite
24:33sur Monique.
24:34C'est la maîtresse
24:35d'Edgar Boulay
24:37et son témoignage,
24:39il est important.
24:40Elle est dans la maison,
24:41quasiment à côté
24:42de là où ont été tués
24:43les victimes.
24:45C'est très important.
24:46Gilbert Crovisier,
24:47la maman de Stéphanie,
24:48est avec nous
24:49dans cette heure du crime.
24:51Ce témoignage,
24:51il est capital
24:52parce qu'elle a tout entendu,
24:53cette femme,
24:54d'après ce qu'elle dit au début.
24:56Elle n'a pas qu'entendu,
24:57elle a dû voir.
25:00Elle a dû voir.
25:01Vous pensez ?
25:02Oui.
25:03Et puis on n'était pas
25:05sequestré,
25:05on pouvait ressortir
25:07et entrer par n'importe quel endroit
25:09dans cette maison.
25:10Qu'est-ce qu'elle a vu ?
25:11Alors, si elle a vu,
25:12qu'est-ce qu'elle aurait pu voir ?
25:14C'est mon gendre Donald
25:15quand il a été ventré.
25:18Ça, vous pensez
25:18qu'elle était
25:19aux premières loges,
25:20comme on dit ?
25:21Bien sûr, mon avocat.
25:22Alors ça,
25:23elle va nier absolument,
25:24elle va dire
25:24qu'elle n'a rien vu.
25:26Elle a cauchemardé.
25:27Maître Aude Le Quéré,
25:28vous êtes avec nous,
25:29vous êtes l'avocate
25:29d'Edgar Boulay.
25:30Question importante.
25:32Elle a cauchemardé,
25:33mais cette espèce de cauchemar,
25:35il est emprunt
25:36d'une telle couleur
25:38de réalité
25:38qu'on est un peu glacé
25:40en écoutant ses propos.
25:41Puis elle se souvient
25:41avec précision
25:42de ce qu'elle a rêvé
25:44cette nuit,
25:45en quelque sorte.
25:45Alors, on est bien plus
25:46qu'effarée
25:47parce qu'en réalité,
25:48compte tenu
25:49de la chronologie des faits,
25:51nécessairement,
25:52elle a assisté
25:52à quelque chose.
25:53Que ce soit
25:54les faits à proprement parler,
25:56qu'ils se sont déroulés
25:58dans la nuit,
25:58comme elle avait l'air
25:59de le dire,
26:00mais aussi de l'enfouissement
26:01à tout le moins provisoire
26:03des corps.
26:04Puisqu'elle est présente
26:06le matin
26:06et que,
26:07par voie de conséquence,
26:08il y a bien un moment
26:09où Edgar Boulay,
26:10si tant est qu'il ait été
26:12l'auteur unique
26:13de ces faits,
26:13ce que je ne crois définitivement pas,
26:16va enfouir
26:17à tout le moins
26:18provisoirement les corps
26:19avant qu'ils soient procédés
26:21à une humation
26:22un peu différente
26:23dans un deuxième temps.
26:25Alors,
26:25la première victime,
26:26Donald,
26:27il a été tué le premier.
26:29Stéphanie,
26:29elle rentre chez elle
26:31avec ses enfants.
26:32Elle va sûrement découvrir
26:34le corps de Donald.
26:35Elle est tuée
26:36un peu plus loin
26:37dans le jardin,
26:38c'est ça ?
26:38Elle est tuée
26:39à coups de machette.
26:40Elle est rattrapée
26:41et est tuée
26:42de deux coups de machette.
26:45Gilbert,
26:45Crovisier,
26:47on essaie
26:47d'effacer le sang,
26:48on sait qu'on a essayé
26:49d'effacer le sang
26:50à l'extérieur,
26:51c'est ça ?
26:51Oui,
26:52ils ont passé de l'eau
26:53pour...
26:53Ils ont inondé
26:55les deux maisons
26:56de toute façon.
26:57Pour essayer
26:58d'effacer les traces.
26:59Exactement.
27:00C'est ça,
27:00donc ça,
27:01voilà.
27:02Maître Aude Le Quéré,
27:04question sur les complices,
27:05parce que là,
27:06on est en plein dedans.
27:07On se dit,
27:07comment cet homme,
27:08il a pu faire ça
27:09tout seul ?
27:10C'est vrai qu'il y a
27:11une mini-pelle
27:12qui a été amenée
27:12dans le jardin,
27:14on le sait,
27:14les voisins l'ont vue,
27:16on a creusé ce jardin,
27:17on a transporté les corps,
27:20un homme seul,
27:20ça en quelques heures,
27:21c'est compliqué ?
27:22Ah, pour moi,
27:23c'est impossible.
27:24Il fallait à tout le moins
27:26que plusieurs personnes
27:28soient là pour maîtriser
27:29les différentes victimes
27:30et que l'enfouissement
27:33des corps,
27:34même fut-il provisoire
27:36dans un premier temps,
27:38exigeait,
27:39imposait la présence
27:40de plusieurs personnes.
27:41Et on ne peut pas exclure,
27:43puisqu'elle le dit elle-même,
27:44que Monique ait été présente
27:46dans la matinée du dimanche,
27:49puisqu'elle explique
27:50qu'elle est présente
27:51dans la nuit.
27:52Et qu'elle y a passé la nuit,
27:54et donc,
27:54par voie de conséquence,
27:55elle y est le matin,
27:56et que dans ces conditions...
27:58Voilà, et au matin,
27:58tout le monde est mort,
27:59on est d'accord.
28:00Et au matin,
28:00tout le monde est mort.
28:01Donc, fatalement,
28:02on peut difficilement passer
28:03sur ce périmètre aussi réduit,
28:05cette petite maison de pierre.
28:07On ne peut pas passer
28:08à côté de certaines traces.
28:10Pour moi,
28:10c'est parfaitement invraisemblable.
28:12Juste un petit point,
28:13et on va y revenir.
28:14Le mobile,
28:15pourquoi Edouard Boulay ?
28:16Il est quoi ?
28:17Il est drogué ?
28:19Il est alcoolisé ?
28:20Comment on peut expliquer
28:21ce passage à l'acte insensé ?
28:23Toute une famille décimée ?
28:25Alors, il est alcoolisé
28:27extrêmement souvent.
28:29Drogué, je ne sais pas.
28:31La procédure n'a pas permis
28:33de le déterminer,
28:34mais il est alcoolisé
28:35relativement souvent.
28:36Et on ne peut pas exclure
28:38qu'une dispute ait éclaté
28:40entre Donald et Edouard Boulay
28:42au sujet, justement,
28:44de son hébergement.
28:46Puisque Stéphanie avait indiqué
28:48à plusieurs personnes
28:49qu'elle ne souhaitait pas,
28:50contrairement à l'invitation
28:52qui avait été faite
28:53par Donald,
28:55qu'Edgar Boulay
28:56vive sur le terrain.
28:57Elle n'avait ras le bol
28:58de voir cet homme.
28:59Oui, c'était compliqué pour elle.
29:02Et je pense que nous sommes
29:04dans une hypothèse
29:06où, en réalité,
29:08il y a eu une dispute
29:09de ce chef
29:09et puis,
29:10un geste en entraînant un autre,
29:13on se retrouve avec...
29:15Avec cette catastrophe,
29:16ce drame absolu.
29:17le suspect va être jugé.
29:19Edgar Boulay,
29:19il est disparu de Volpénil.
29:21Les autres protagonistes
29:23de ce carnage
29:24sont passés à travers
29:25les mailles du filet
29:25percées de la justice.
29:27L'enquête de l'heure du crime.
29:28On se retrouve dans un instant
29:29sur RTL.
29:34Bonne journée
29:36sur RTL.
29:39L'heure du crime
29:40présentée par Jean-Alphonse Richard
29:42sur RTL.
29:44Au programme de l'heure du crime,
29:45l'affaire Edgar Boulay
29:46est un marginal
29:47mis un examen en 96
29:48pour quatre assassinats.
29:50Toute une famille,
29:51dont deux jeunes enfants,
29:53décimés à la machette
29:54puis ensevelis
29:55derrière la maison.
29:56Il n'y les fait.
29:57Quatre ans plus tard,
29:58il est jugé.
30:01Mardi 6 juin 2000,
30:03Edgar Boulay,
30:0444 ans,
30:04comparé devant la cour d'assises
30:05de Seine-et-Marne,
30:06à Melun.
30:07Seul accusé
30:08des assassinats
30:09de Donald
30:09et Stéphanie Davila
30:11et de leurs deux
30:12jeunes enfants.
30:13L'accusé
30:14bafouille.
30:15Il a du mal
30:16à rassembler ses souvenirs.
30:17Il n'a qu'une certitude.
30:19Je n'ai tué personne,
30:20répète-t-il.
30:21Il dit que
30:22la famille
30:23a subitement
30:24fait ses valises
30:25le 18 septembre 95.
30:27Donald avait accepté
30:28que j'habite chez eux.
30:29La petite maison
30:30en pierre,
30:31près de leur cabanon,
30:32martèle Boulay.
30:33À propos des corps enterrés,
30:34il ne sait rien.
30:35Une capitaine de police
30:37affirme que les victimes
30:38ont bien été tuées
30:39le 16 septembre.
30:40Les enquêteurs
30:41ont même retrouvé
30:42un petit calendrier
30:43de Boulay
30:43seulement annoté
30:45à la date
30:45du 16 septembre.
30:47Une croix
30:47avec à côté
30:49le prénom
30:50de Donald.
30:50L'accusé
30:51ne sait pas vraiment
30:53quoi répondre.
30:54La policière
30:55se souvient encore
30:55des signes vaudous
30:56laissés dans la maison.
30:57Quand on s'est approché
30:59de l'endroit
30:59où les corps
31:00étaient enterrés,
31:01il est devenu
31:02blanc-vert.
31:04Des coulées
31:04de sueurs
31:05sont apparues
31:06sur son visage,
31:07se souvient la policière.
31:11Monique B,
31:12médecin
31:13et ancienne maîtresse
31:14de Boulay
31:14est entendue.
31:15Cette fois,
31:16elle n'a plus
31:17aucun souvenir
31:18de la nuit
31:19du samedi
31:1916 septembre 95.
31:21Elle avait pourtant
31:21décrit
31:22des hurlements
31:23d'horreur.
31:24Je ne sais pas
31:25comment j'ai pu dire
31:26des choses
31:26aussi invraisemblables,
31:28déclare-t-elle.
31:28Elle ajoute,
31:29ma mémoire me dit
31:30que je n'étais pas présente
31:32ce fameux
31:33samedi 17 juin.
31:35Edgar Boulay
31:36est condamné
31:36à la perpétuité.
31:37Il ne bronche pas
31:38pour Gilbert Crovisier,
31:40maman de Stéphanie
31:41et grand-mère
31:41de Donald Junior
31:42et Donatella.
31:43L'accusé avait
31:44des complices,
31:45selon elle,
31:46deux personnes,
31:47dont la maîtresse
31:48et un ami
31:49auraient dû être jugés.
31:50Les autres protagonistes
31:51de ce carnage
31:52sont passés
31:53à travers
31:54les mailles du fil
31:55et percées
31:55de la justice,
31:57dit-elle.
31:59Gilbert Crovisier
32:00qui est avec nous
32:01dans cette heure du crime,
32:0130 ans après les faits.
32:04Vous êtes la maman
32:04de Stéphanie.
32:05Évidemment,
32:05vous n'avez pas oublié
32:06une seule minute
32:07de cette tragédie
32:08qui, encore une fois,
32:09je le dis,
32:10vous hante
32:10parce qu'on parle toujours
32:11des familles de victimes
32:12mais les familles de victimes,
32:13elles le disent d'ailleurs,
32:14c'est un mot qui revient
32:15qui est un petit peu un cliché aujourd'hui.
32:17Elles disent toujours
32:18on est condamné à la perpétuité.
32:19Mais c'est une vérité
32:21parce que, effectivement,
32:21vous vivez ça,
32:22vous transportez ça
32:23comme un mauvais bagage
32:25sur vos épaules
32:26alors que les années défilent
32:27et que, finalement,
32:28on finit par oublier
32:29les histoires.
32:30vous avez insisté
32:31pour qu'on fasse cette histoire
32:31et je vous remercie,
32:32Gilbert Crovisier
32:33parce qu'effectivement,
32:34il faut parler
32:35de ces victimes.
32:37Vous êtes à ce procès,
32:38évidemment,
32:38Gilbert Crovisier.
32:39À quoi il ressemble
32:41cet homme,
32:42Gilbert,
32:42Édouard Boulet,
32:43pardon,
32:44il est devant vous
32:45dans le box des accusés.
32:46Vous le regardez ?
32:47Oui,
32:48je le fixe.
32:49Mais il ne regarde pas,
32:50il ne regarde pas.
32:52Qu'est-ce que vous vous dites
32:53en le fixant comme ça ?
32:56Maintenant,
32:56je ne me rappelle plus
32:57mais j'avais pris,
32:59vous savez,
33:00mon petit-fils,
33:01il avait un petit sac
33:03de maternelle
33:05avec un sac à dos
33:07avec un honneur
33:09et moi,
33:09j'avais les photos
33:10des enfants
33:11et je le regardais.
33:12Et ça,
33:13il ne vous regardait pas,
33:14Boulet ?
33:15Et vous avez un petit espoir
33:18quand même
33:18qu'il dise quelque chose
33:19où tout de suite
33:20vous dites
33:21ce type,
33:21il est enfermé ?
33:23Non,
33:24je ne sais pas.
33:25Moi,
33:25j'ai deviné
33:26parce qu'après,
33:27j'ai lu tout le dossier
33:30et c'est comme ça
33:31que j'ai vu
33:34que j'ai compris
33:35comment ça s'était passé,
33:37j'ai compris
33:37que ma fille,
33:39elle était dehors
33:40parce qu'on lavait le sang
33:42et quand je suis arrivée,
33:43moi,
33:44le lundi 25 sur place,
33:45je suis rentrée dans la maison,
33:47c'est comme si
33:47j'avais un glaçon.
33:48Oui,
33:49c'est ça,
33:49ce que vous nous disiez
33:50tout à l'heure,
33:50vous avez eu le courage
33:51de lire tout ça,
33:52Gilbert ?
33:52Oui,
33:53j'ai lu,
33:53ça mon dossier,
33:54il était étonné,
33:55maître Lema,
33:56il dit,
33:56je n'ai jamais vu
34:01des personnes lire autant,
34:03il me laissait tout le dossier
34:05et j'allais tous les vendredis
34:06et je remercie la RATP,
34:09mon travail,
34:09de vous avoir aidé,
34:10de m'avoir aidé.
34:11Vous savez,
34:12si la RATP
34:14n'était pas là...
34:16ils ont été compréhensifs avec vous,
34:17ils ont compris votre douleur
34:19et juste une petite pensée
34:20pour Charles Liebman
34:21parce que c'était un avocat formidable,
34:23il est décédé aujourd'hui,
34:24moi je l'ai bien connu,
34:25Liebman,
34:25c'était vraiment
34:26quelqu'un d'un professionnel
34:28très très intéressant.
34:30Maître Aude Leclerc,
34:31vous êtes avec nous
34:32dans cette atout crime,
34:32vous êtes l'avocate
34:33d'Edgar Boulay,
34:36votre client vous a dit
34:37je suis innocent,
34:39je ne parlerai pas,
34:40vous n'attendez pas
34:40des miracles de sa part ?
34:43Il est bien seul
34:44dans le box des accusés,
34:45Edgar Boulay.
34:47Donc,
34:47c'est vrai que c'est compliqué pour lui,
34:50que je crois
34:51qu'il était dans
34:52l'incapacité absolue
34:54de dire quoi que ce soit
34:55sur les faits
34:56qui lui étaient reprochés,
34:57en dépit des charges
34:58qui pesaient
34:59sur sa personne.
35:01Il était
35:02d'autant plus
35:04coincé,
35:05je dirais,
35:05que
35:07les personnes
35:08qui auraient dû être
35:09à ses côtés
35:10n'étaient pas présentes.
35:11La seule qui était là,
35:12c'était Monique
35:13et elle a dit
35:14je ne sais pas,
35:15je ne me souviens plus.
35:16Mais justement,
35:17ça c'est étonnant,
35:18c'était un revirement,
35:18vous n'attendiez pas à ça ?
35:20Pas du tout.
35:21Je m'attendais
35:21à ce qu'elle ait
35:22des explications
35:23et à lui poser des questions
35:24parce que peut-être
35:25que cela aurait permis
35:26de faire avancer
35:27un tout petit peu
35:28les positionnements
35:29de Boulay.
35:30Il a dit à Monique,
35:31il a dit à un moment donné,
35:32il lui a écrit une lettre
35:33en disant
35:33cette histoire me fait peur.
35:35Est-ce que
35:35Edgar Boulay,
35:36avec ses histoires
35:37de vaudou,
35:38etc.,
35:38de superstition,
35:40est-ce qu'il ne sait pas
35:41finalement que
35:42s'il l'avoue
35:42quoi que ce soit,
35:43ça va lui retomber dessus ?
35:45Il va être foudroyé ?
35:46On a l'impression
35:46qu'il vit un petit peu
35:47dans cette terreur.
35:48Ah, il a la terreur
35:50des faits,
35:52des enjeux du procès,
35:54des positionnements
35:55qui sont ceux
35:56des personnes
35:57qui étaient autour de lui
35:58à ce moment-là.
35:59Il est assez terrifié.
36:01Et puis,
36:02il est aussi terrifié
36:03de ce sorcier vaudou
36:04qu'il a contacté.
36:06il n'est pas
36:08très à l'aise
36:09pour s'évoquer
36:11les faits
36:12qui lui sont reprochés.
36:12Effectivement,
36:13il vit dans la terreur.
36:15Gilbert Crovisier,
36:16alors vous,
36:16vous ne lâchez pas
36:17du tout l'affaire
36:17parce qu'il est condamné,
36:18cet homme,
36:19perpétuité,
36:19vous devriez peut-être
36:20en rester là.
36:21Mais tout de suite,
36:22vous allez dire quelque chose.
36:23Là, tout de suite,
36:24après le verdict,
36:25vous allez dire
36:25il en manque.
36:27Et ils auraient dû être jugés.
36:29Ça, ça vous reste en travers ?
36:30Moi, c'est pas
36:32comment les assises,
36:33c'est une pièce de théâtre.
36:35Tout simplement.
36:37Donc, il manque des acteurs,
36:39c'est ce que vous dites.
36:40Comment on disait aussi,
36:44parce que mon gendre
36:45était de la Martinique
36:46et nous,
36:47il y a eu aussi
36:48un problème, ça.
36:49Ils nous ont bien
36:50roulé dans la farine.
36:52Donc, effectivement,
36:53c'est incomplet pour vous.
36:54Il y a un puzzle,
36:55mais ce puzzle,
36:56il est incomplet.
36:5731 ans après la tragédie,
36:59une histoire
36:59qui ne s'efface pas.
37:01Edgar Boulet,
37:01elle est disparue
37:02de Volpénil.
37:03Il n'a jamais donné
37:04la moindre réponse.
37:05Il les a tués
37:06pour prendre leur place.
37:07L'enquête de l'heure du crime.
37:09Je vous retrouve tout de suite
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37:18L'heure du crime
37:19Présenté par Jean-Alphonse Richard
37:21sur RTL
37:23Dans l'heure du crime,
37:24l'affaire Edgar Boulet
37:25en 2000,
37:26en Seine-et-Marne.
37:27Ce marginal a été condamné
37:28à la perpétuité
37:29pour l'assassinat
37:29de quatre membres
37:30d'une même famille,
37:31dont deux jeunes enfants.
37:33Exécuté à la machette,
37:34il n'a jamais avoué.
37:39Mercredi 18 janvier 2023,
37:4128 ans après les quatre assassinats
37:43de Volpénil,
37:44la cour d'appel de Rion
37:45dans le puits de Dôme
37:47de Rojette,
37:48la demande de mise en liberté
37:49déposée par Edgar Boulet,
37:5166 ans.
37:52Gilbert Crovisier,
37:54mère et grand-mère
37:54de trois des quatre victimes,
37:56se déclare soulagée.
37:57Elle n'avait cessé
37:58de se battre
37:59pour faire condamner Boulet.
38:01Après un marathon judiciaire,
38:03elle avait aussi obtenu
38:04la condamnation
38:05de la maîtresse de l'assassin,
38:06le docteur Monique B,
38:07pour destruction de preuves.
38:12Gilbert Crovisier
38:13reste persuadé
38:13de n'avoir obtenu
38:14qu'une partie de la vérité.
38:16Nous avons dû reconstituer
38:18le crime
38:18à partir des témoignages.
38:20Boulet, lui,
38:21n'a jamais donné
38:22la moindre réponse,
38:23indiquait-elle
38:24dans l'hebdomadaire
38:26Marianne.
38:27C'est un mobile
38:29qui peut paraître
38:30complètement dérisoire.
38:31Je crois que Boulet
38:33s'est dit,
38:33si ça se trouve,
38:34Donald,
38:35au bout d'un certain temps,
38:36ce terrain,
38:36il sera à lui,
38:37enfin,
38:37il sera à toute la famille.
38:38Et je pense que
38:39c'est vraiment là
38:40qu'est l'explication
38:41de son geste.
38:42Pour avoir un logement,
38:42pour avoir un terrain,
38:43pour prendre leur place.
38:44Je crois que c'est ça.
38:46La voix
38:47et les explications
38:48de Pierre-Jean Goris,
38:49il était procureur
38:50de la République
38:51au tribunal judiciaire
38:52de Melun,
38:53c'était dans l'émission,
38:54fait entrer
38:55l'accusé.
38:55Gilbert Crovisier,
38:56la maman de Stéphanie
38:57et la grand-mère
38:59des petits-enfants
39:01qui ont été tués
39:04dans cette maison.
39:05Donald Junior,
39:07trois ans et demi,
39:07et Donatella,
39:0822 mois,
39:09tout petits,
39:10donc,
39:10ont été frappés
39:11par Edgar Boulet.
39:13Et puis,
39:13ils ont également
39:14perdu leur vie
39:15avec leurs parents.
39:17On est là
39:1830 ans après,
39:19Gilbert Crovisier.
39:20Et pourquoi ?
39:21Vous pourriez dire
39:22c'est fini,
39:24je tourne la page,
39:26je tire le rideau,
39:27comme on dit.
39:28Mais pourquoi c'est important
39:30pour vous
39:30de parler encore
39:31de cette histoire ?
39:32Parce que mes enfants,
39:33ils sont partis
39:34trop brutalement
39:35comme ça
39:36et j'ai besoin
39:37d'en parler,
39:38déjà pour moi.
39:39Et puis,
39:40ça revient tout le temps
39:41parce que quand à chaque fois
39:42ils font des demandes
39:44de sortie,
39:44je suis obligée
39:45d'argumenter
39:46et d'envoyer
39:47un courrier
39:48au JAP.
39:50pour Edgar Boulet.
39:52Parce qu'à Edgar Boulet,
39:53vous ne voulez surtout pas
39:54qu'il sorte de prison.
39:55Exactement.
39:57Tout,
39:57enfin,
39:57pas que pour moi.
39:59Si je me bats aussi,
40:00c'est pour les autres familles.
40:02Tous ceux qui tuent
40:03les enfants
40:04ne doivent pas sortir.
40:06C'est perpétité réelle.
40:08C'est ça,
40:08vous demandez ça,
40:09vous.
40:10Depuis des années,
40:11les tueurs d'enfants,
40:12etc.,
40:12vous estimez que leur place
40:13n'est pas en liberté
40:14ou même en semi-liberté.
40:17Exactement.
40:19Chaque anniversaire,
40:20c'est très douloureux
40:20pour vous ?
40:21Exactement.
40:22De toute façon,
40:22chaque année,
40:23chaque année,
40:24oui.
40:25Chaque année,
40:25vous pensez effectivement
40:26à ce drame
40:27et encore une fois,
40:28vous le portez avec vous.
40:30Maître Aude Le Quéré,
40:32avocate d'Edgar Boulet.
40:33Alors évidemment,
40:34il manque plein de pièces
40:35dans ce puzzle,
40:36on l'a un petit peu dit.
40:38Vous l'avez très,
40:39très justement dit
40:40qu'il manquait aussi
40:42des complices,
40:42certainement.
40:43Il n'a pas agi seul,
40:44cet homme,
40:45Edgar Boulet.
40:46Est-ce qu'il pourrait dire
40:48avec le temps,
40:49je ne sais pas si vous avez
40:49encore des contacts avec lui,
40:50mais est-ce qu'il pourrait dire
40:51avec le temps
40:52qu'effectivement,
40:52il reconnaît
40:53certains détails,
40:55certaines choses ?
40:56Alors,
40:56j'ai fait le choix
40:58assez vite
40:58après le procès d'assises.
41:00Je précise qu'à l'époque,
41:02il n'y avait pas encore
41:02de cour d'assises d'appel.
41:05Le seul recours
41:06qu'on avait
41:07contre une décision
41:08de la cour d'assises
41:08c'était un pauvre
41:09en cassation.
41:11Donc,
41:11de ce fait,
41:12la condamnation à perpétuité
41:13est devenue définitive
41:15à l'issue
41:17du premier procès
41:19et seul procès
41:20criminel.
41:22J'avais indiqué,
41:23quant à moi,
41:23à M. Boulet
41:24que je continuerais
41:26à l'assister
41:26sans aucune difficulté
41:27à partir du moment
41:28où il faisait un pas
41:29vers la vérité.
41:30Oui,
41:30c'est important ça.
41:31Vous l'avez encouragé
41:32à aller un peu plus loin.
41:33Oui,
41:33parce que je crois
41:34qu'il était indispensable
41:36pour l'apaisement
41:37aussi des victimes
41:39qu'ils aient une information
41:40complète
41:41sur qui avait participé
41:42à quoi
41:42et dans quelles conditions.
41:44Et que donc,
41:45il fallait qu'il s'exprime.
41:47Ça me semblait
41:48extrêmement important.
41:49Je lui avais donc
41:50laissé la porte ouverte
41:51en lui disant
41:52il n'y a pas de difficulté.
41:53Je vous assisterai
41:54dans le cadre
41:54de votre aménagement de peine
41:55si vous acceptiez
41:57de faire un pas
41:57vers cette vérité.
41:59Il ne l'a pas souhaité.
42:00C'est son choix.
42:01Je ne sais pas
42:02dans quelle mesure
42:03celui de mes confrères
42:04qui intervient à ses côtés
42:05maintenant
42:06a été amené
42:07à le faire avancer
42:08sur ce terrain-là.
42:09Je ne sais pas.
42:11Mais il est évident
42:12qu'à partir du moment
42:14où il n'admet pas
42:15sa responsabilité
42:16dans ce geste,
42:17ça reste extrêmement compliqué
42:19qu'il puisse imaginer
42:20d'être élargi un jour.
42:22Gilbert Crovisier,
42:23vous qui avez suivi
42:23tous ces rendez-vous judiciaires
42:25et vous êtes toujours
42:25très attentif,
42:26vous êtes là,
42:27c'est comme une espèce
42:27de vigie
42:28qui surveille évidemment
42:29toutes les demandes
42:31qui peuvent être faites.
42:32Est-ce que vous avez eu
42:33le sentiment
42:33lors de ces derniers
42:34rendez-vous judiciaires
42:35devant, je ne sais pas,
42:36je pense que c'est
42:36la chambre de l'instruction
42:37je suppose, etc.,
42:38qu'il y avait
42:40une avancée chez lui ?
42:41Qu'il en disait
42:43un petit peu plus
42:43que ce qu'il a pu dire
42:44à l'époque
42:44ou pas du tout ?
42:46Il était toujours
42:47sur la même position,
42:49que ce n'était pas lui,
42:49que c'était la police
42:50qui avait mis les corps
42:51et ça,
42:52il n'en démordait pas.
42:54Mais bon,
42:58je n'ai rien su
42:59parce qu'il demandait
43:01qu'il sorte
43:02faire des courses
43:03pour qu'il soit habitué
43:04à la vie sociale.
43:06Civil, c'est ça.
43:08Et donc,
43:09j'ai eu quand même
43:10des gens
43:11qui m'ont donné
43:13cet avis.
43:14Ils n'avaient pas changé.
43:16Ils vivaient toujours
43:16sur les autres.
43:18Donc, vous avez peur
43:19aujourd'hui
43:20qu'ils puissent
43:20sortir un jour.
43:21Il y a quelque chose
43:21de très étonnant
43:22dans ce que vous disiez,
43:23c'est que cette histoire,
43:24vous l'avez lue
43:25et relue dans ce dossier
43:26et que vous avez reconstitué
43:28comme un metteur en scène,
43:29vous avez reconstitué
43:30ce film épouvantable.
43:31Oui.
43:32Et ça,
43:33vous l'avez en mémoire,
43:34il vous appartient ce film finalement.
43:35C'est le film d'une vie aussi.
43:37Oui.
43:38Ça, c'est quelque chose.
43:39Ça m'a assez détruit quand même
43:41parce qu'il ne faut pas dire
43:42que...
43:42Et en plus,
43:42je ne suis pas la seule
43:43parce que les victimes
43:44en général,
43:45des grands chocs
43:46comme le mien,
43:48on devient malade.
43:49Oui, on devient malade.
43:49On a des maladies.
43:50Et on s'allume.
43:51Moi, j'ai eu des cancers,
43:52oui, j'en ai eu,
43:53l'athéroïde
43:54et j'ai eu le diabète.
43:56Oui, c'est ça.
43:58Alors...
43:58Vous êtes toujours debout.
43:59Oui.
44:00Et ça, c'est important.
44:00Même avec mon déambulateur.
44:03Et vous êtes debout,
44:03même avec un déambulateur.
44:05Merci beaucoup,
44:05Gilbert Crovisier.
44:07Et merci,
44:07Maître Aude Lequerré,
44:08d'avoir été les invités
44:09de l'heure du crime.
44:10Merci à l'équipe de l'émission,
44:11rédactrice en chef,
44:12Justine Vigneault.
44:13Préparation,
44:14Marie Bossard-Lily,
44:14l'abbaye,
44:15réalisation en direct,
44:16Jonathan Griveaux.

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