00:00Cette mère de famille qui aurait évoqué une affaire d'agression sexuelle sans que cette affaire ne parle à l
00:06'équipe éducative
00:07pour entrer dans l'établissement, cette école maternelle près de Nice et elle a 36 ans, elle est sous OQTF
00:17et elle a séquestré, menacé la directrice de l'école maternelle à propos, avec un simulacre de roulettes russes,
00:27avec une arme, avec un couteau, puis menacé ensuite et agressé physiquement une enseignante.
00:33La suspecte serait effectivement sous OQTF, déjà connue des services de renseignement.
00:39Comment réagir Grégoire Dobényé, vous qui êtes directeur des relations institutionnelles de l'Observatoire de l'immigration et de la
00:48démographie,
00:49on a envie de se dire pourquoi cette personne était sous OQTF, pourquoi cette personne était en France
00:59alors qu'elle ne devrait pas a priori être en France et ses enfants étaient à l'école ?
01:05Oui, alors déjà mes pensées vont à cette directrice qui a vécu, on imagine, des heures traumatisantes,
01:11tout le personnel enseignant au sens large qui paye un lourd tribut face à l'ensouvagement de la société.
01:17Alors pourquoi on n'arrive pas aujourd'hui à éloigner les OQTF ?
01:22Le bilan est dramatique, il signe la faillite de l'État régalien finalement,
01:26puisqu'on n'est pas capable d'éloigner certains profils.
01:29Le rapport Rodwell nous explique qu'aujourd'hui que moins d'une personne sur 20
01:34fait l'objet d'un éloignement forcé exécuté, qui est effectivement exécuté en dehors de l'Union Européenne.
01:40Donc nous sommes à 4,5% pour ceux qui sont éloignés en dehors de l'Union Européenne.
01:44Alors pourquoi ? Eh bien c'est simple, en fait il y a trois grandes raisons.
01:47La première ce sont des obstacles matériels, nous n'avons pas assez de place dans les centres de rétention,
01:52on est aujourd'hui péniblement à 2-3 000 places, il faudrait arriver à 10-15 000 places
01:59pour éloigner les profils les plus dangereux, pour être sûr de pouvoir les éloigner.
02:04Nous n'avons pas de liaisons commerciales, de vols commerciaux, pardon, avec certains pays.
02:08Je pense à la Russie, je pense à l'Afghanistan, parce que nous ne reconnaissons pas l'érim des talibans
02:13bien sûr,
02:14parce que nous avons la problématique de la guerre en Ukraine.
02:18Nous avons des obstacles qui sont diplomatiques, il y a les fameux laissés-passés consulaires,
02:23cette problématique qui revient régulièrement sur le devant de la scène.
02:28On se cache derrière son petit doigt, disons-nous les choses, Grégoire Dobigny en direct sur Europe 1,
02:32directeur des Relations Institutionnelles d'Observatoire de la Démographie.
02:36S'il y avait une volonté, vous ne pensez pas qu'on aurait pu faire quand même faire les choses
02:40?
02:40Je comprends que ça soit difficile, peut-être, mais moi la question aussi que j'ai envie de me poser,
02:45et aux auditeurs d'Europe 1, c'est-à-dire qu'on est placé sous OQTF, on peut se marier.
02:50On est placé sous OQTF, on peut mettre ses enfants à l'école de la République.
02:54On devrait, au contraire, apprécier cette chance, peut-être, d'avoir ses enfants à l'école de la République.
03:01Ça interpelle quand même de se dire qu'on a une obligation de quitter le territoire,
03:05et on a ses enfants et qu'ils sont scolarisés.
03:08Ça interpelle, et effectivement, ce que vous dites rejoint le dernier obstacle que je voulais aborder.
03:14Non, non, je vous en prie, mais je ne me cacherai pas derrière mon petit doigt,
03:18parce qu'il y a démarche de manœuvre politique, c'est une question de volonté politique.
03:20Je ne viens pas dire qu'il y a une fatalité et qu'on ne peut rien faire sur rien,
03:24bien au contraire.
03:24Mais nous avons reconnu toute une série de droits dits fondamentaux
03:29qui s'appliquent aux étrangers en situation irrégulière, qui sont aujourd'hui très larges.
03:34C'est-à-dire que si on considère que vous avez une maladie grave,
03:37si vous avez déposé une demande d'asile, quand bien même on n'a pas si à tuer dessus,
03:40si vous risquez des mauvais traitements dans votre pays d'origine,
03:43si vous avez noué des liens familiaux en France, ce qui semble être le cas de cette personne,
03:47eh bien l'éloignement est rendu très compliqué, voire impossible.
03:51Donc nous avons aussi créé les conditions de notre propre impuissance,
03:56ça nécessite des réformes d'ampleur, on peut les mettre en œuvre,
03:59mais il faut là aussi de la volonté politique.
04:02Merci.
04:02Merci.