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  • il y a 3 minutes
Christine Kelly revient, de 11h à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Cette mère de famille qui aurait évoqué une affaire d'agression sexuelle sans que cette affaire ne parle à l
00:06'équipe éducative
00:07pour entrer dans l'établissement, cette école maternelle près de Nice et elle a 36 ans, elle est sous OQTF
00:17et elle a séquestré, menacé la directrice de l'école maternelle à propos, avec un simulacre de roulettes russes,
00:27avec une arme, avec un couteau, puis menacé ensuite et agressé physiquement une enseignante.
00:33La suspecte serait effectivement sous OQTF, déjà connue des services de renseignement.
00:39Comment réagir Grégoire Dobényé, vous qui êtes directeur des relations institutionnelles de l'Observatoire de l'immigration et de la
00:48démographie,
00:49on a envie de se dire pourquoi cette personne était sous OQTF, pourquoi cette personne était en France
00:59alors qu'elle ne devrait pas a priori être en France et ses enfants étaient à l'école ?
01:05Oui, alors déjà mes pensées vont à cette directrice qui a vécu, on imagine, des heures traumatisantes,
01:11tout le personnel enseignant au sens large qui paye un lourd tribut face à l'ensouvagement de la société.
01:17Alors pourquoi on n'arrive pas aujourd'hui à éloigner les OQTF ?
01:22Le bilan est dramatique, il signe la faillite de l'État régalien finalement,
01:26puisqu'on n'est pas capable d'éloigner certains profils.
01:29Le rapport Rodwell nous explique qu'aujourd'hui que moins d'une personne sur 20
01:34fait l'objet d'un éloignement forcé exécuté, qui est effectivement exécuté en dehors de l'Union Européenne.
01:40Donc nous sommes à 4,5% pour ceux qui sont éloignés en dehors de l'Union Européenne.
01:44Alors pourquoi ? Eh bien c'est simple, en fait il y a trois grandes raisons.
01:47La première ce sont des obstacles matériels, nous n'avons pas assez de place dans les centres de rétention,
01:52on est aujourd'hui péniblement à 2-3 000 places, il faudrait arriver à 10-15 000 places
01:59pour éloigner les profils les plus dangereux, pour être sûr de pouvoir les éloigner.
02:04Nous n'avons pas de liaisons commerciales, de vols commerciaux, pardon, avec certains pays.
02:08Je pense à la Russie, je pense à l'Afghanistan, parce que nous ne reconnaissons pas l'érim des talibans
02:13bien sûr,
02:14parce que nous avons la problématique de la guerre en Ukraine.
02:18Nous avons des obstacles qui sont diplomatiques, il y a les fameux laissés-passés consulaires,
02:23cette problématique qui revient régulièrement sur le devant de la scène.
02:28On se cache derrière son petit doigt, disons-nous les choses, Grégoire Dobigny en direct sur Europe 1,
02:32directeur des Relations Institutionnelles d'Observatoire de la Démographie.
02:36S'il y avait une volonté, vous ne pensez pas qu'on aurait pu faire quand même faire les choses
02:40?
02:40Je comprends que ça soit difficile, peut-être, mais moi la question aussi que j'ai envie de me poser,
02:45et aux auditeurs d'Europe 1, c'est-à-dire qu'on est placé sous OQTF, on peut se marier.
02:50On est placé sous OQTF, on peut mettre ses enfants à l'école de la République.
02:54On devrait, au contraire, apprécier cette chance, peut-être, d'avoir ses enfants à l'école de la République.
03:01Ça interpelle quand même de se dire qu'on a une obligation de quitter le territoire,
03:05et on a ses enfants et qu'ils sont scolarisés.
03:08Ça interpelle, et effectivement, ce que vous dites rejoint le dernier obstacle que je voulais aborder.
03:14Non, non, je vous en prie, mais je ne me cacherai pas derrière mon petit doigt,
03:18parce qu'il y a démarche de manœuvre politique, c'est une question de volonté politique.
03:20Je ne viens pas dire qu'il y a une fatalité et qu'on ne peut rien faire sur rien,
03:24bien au contraire.
03:24Mais nous avons reconnu toute une série de droits dits fondamentaux
03:29qui s'appliquent aux étrangers en situation irrégulière, qui sont aujourd'hui très larges.
03:34C'est-à-dire que si on considère que vous avez une maladie grave,
03:37si vous avez déposé une demande d'asile, quand bien même on n'a pas si à tuer dessus,
03:40si vous risquez des mauvais traitements dans votre pays d'origine,
03:43si vous avez noué des liens familiaux en France, ce qui semble être le cas de cette personne,
03:47eh bien l'éloignement est rendu très compliqué, voire impossible.
03:51Donc nous avons aussi créé les conditions de notre propre impuissance,
03:56ça nécessite des réformes d'ampleur, on peut les mettre en œuvre,
03:59mais il faut là aussi de la volonté politique.
04:02Merci.
04:02Merci.

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