00:00Éric, vous nous appelez de Côte d'Or. Vous aussi, vous voulez peut-être témoigner de cette fracture de la
00:05société française aujourd'hui ?
00:08Oui, bonjour à toute l'équipe.
00:09Bonjour.
00:11Ce que je voulais simplement dire, c'est que cette violence existait déjà à l'époque,
00:16mais bien sûr, elle n'était pas relayée dans les médias, ni écrite, ni dans la presse,
00:21dans le sens où j'étais portier sur Dijon de 1996 à 2004.
00:25J'ai vu mon ami, qui était un tongien, un monstre, qui faisait presque deux mètres,
00:29tombé d'un coup de couteau dans le dos par un jeune de quartier, comme on dit, de 16 ans.
00:34Ça n'a pas fait une ligne dans les journaux.
00:37On a sauvé la vie avec un ami syrien, une jeune demoiselle était venue en hurlant,
00:41fête de la musique, place de la République à Dijon.
00:45Venez nous aider, venez nous aider.
00:46Il y avait cinq, six jeunes de quartier, entre guillemets,
00:49qui se servaient de la tête du jeune qui était par terre comme ballon de foot.
00:52Ils prenaient leur élément et ils choutaient tant.
00:53Donc voilà, on a sauvé ce jeune-là qui a fini à l'ambulance, qui a fini à l'hôpital.
00:59Moi-même, je me suis fait tirer dessus, étant portier, dans une grosse soirée à l'enfer.
01:03C'était une boîte de nuit qui s'appelait l'enfer, entre mots.
01:05Je me suis fait tirer dessus, pareil, des jeunes de quartier,
01:08parce qu'ils venaient à la fin que s'ils voulaient rentrer, qu'est-ce qui est à l'envers
01:11et mal habillés ?
01:11On les avait refugés, on s'est fait tirer dessus.
01:13C'est déjà, je vous dis, il y a 25 ans en arrière.
01:16Mais personne n'en parlait, parce que ça restait confiné.
01:18Donc on a laissé faire, on a laissé macérer tout ça, cette violence.
01:24Et surtout, il ne fallait pas en parler.
01:26Et surtout, il ne fallait pas en parler, il ne fallait surtout pas stigmatiser.
01:30Donc c'était M. Ressamène, le maire de Dijon à l'époque.
01:33Et donc même lui, elle ne disait pas un mot, il savait très bien ce qui se passait la nuit.
01:37Mais ça restait confiné dans le milieu de la nuit.
01:40Et pour beaucoup de gens, le milieu de la nuit est un milieu hostile et donc dangereux.
01:46Merci pour votre témoignage, mon cher Éric.
01:49On voit comment tous les témoignages se rejoignent.
01:51C'est-à-dire que ça existe depuis longtemps, il ne fallait pas en parler, personne n'en parlait.
01:54Et c'est une sorte de cocotte minute et aujourd'hui qui explose.
01:56Merci infiniment d'avoir appelé au Standard Europe 1 dans un instant.
02:00Une question à Grégoire Doubigny, directeur des Relations Institutionnelles de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie.
02:05Comment comprendre, comment expliquer qu'une parente d'élève placée sous OQTF
02:10entre dans une école maternelle avec une arme, avec un couteau,
02:15menace une directrice, menace une enseignante ?
02:17Que comprendre ? On en parle tout de suite sur Europe 1.
02:19Et on en parle avec vous au 01-80-20-39-21.
02:22A tout de suite avec Christine Kelly sur Europe 1.
02:24Sous-titrage Société Radio-Canada