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Pierre-Vincent Guéret, président de la FNOGEC, revient sur les coupes budgétaires dans l'enseignement privé sous contrat en commission des finances.

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Transcription
00:00On est ravis de vous recevoir, Pierre-Vincent Guéret, merci beaucoup d'être avec nous.
00:05Je voulais vous avoir hier, et puis c'était mieux de vous avoir en plateau, vous nous venez de Lyon.
00:10Président de la Fédération des organismes de gestion de l'enseignement catholique.
00:14LFI et les écologistes veulent couper les financements de l'enseignement privé.
00:20Il est question là de la liberté scolaire.
00:22LFI et les écologistes ont signé, voté des amendements qui veulent relancer la guerre scolaire
00:28en prenant l'argent du privé pour le donner au public.
00:31Expliquez-nous de quoi il retourne.
00:34D'abord, bonjour, merci de me recevoir.
00:37Effectivement, je suis un peu comme la poupée de Paul Nareff.
00:39Je vais faire non, excusez-moi, avant cette transition.
00:43On est en commission des finances, donc on n'est pas au bar PMU, on n'est plus dans des
00:48slogans.
00:48On est en commission des finances, jeudi dernier, et la commission des finances décide d'adopter
00:52un certain nombre d'amendements, un peu plus de 200, sur les crédits scolaires.
00:56Et pour financer des amendements qui ajoutent des dépenses, décide de vidanger, particulièrement
01:01un programme, celui de l'enseignement privé sous contrat.
01:04Alors, il n'est pas question de quelques millions d'euros, il est question de 9 milliards d'euros.
01:10Expliquez-nous.
01:12En fait, vous avez une majorité qui va comporter LFI, aussi le Parti Socialiste, Europe Écologie
01:17et Communiste.
01:18Et donc, ils posent des amendements qui vont s'empiler.
01:20Et on arrive grosso modo à 9 milliards.
01:22Et là, en fait, le paradoxe de cette affaire, c'est qu'ils sont même allés au-delà
01:25de ce qu'il y avait dans les crédits destinés à l'enseignement privé.
01:28C'est-à-dire que non seulement on n'a plus rien, mais en plus, il y a 50 millions
01:31de plus
01:32qu'il faut prendre en dessous de zéro.
01:34Je ne sais pas comment ça marche, mais c'est comme ça qu'ils ont voté.
01:36Alors, ces 9 milliards d'euros, c'est quoi exactement qui est donné à l'enseignement privé ?
01:41En fait, il faut se rappeler que l'enseignement privé sous contrat, catholique, mais pas
01:44que, aussi juif, laïque, les langues, etc., est financé en partie par de l'argent
01:51public, dont une partie, c'est le salaire des enseignants, qui sont des agents publics.
01:55Et puis le reste, ce sont les familles qui vont le payer.
01:57Et là, la première composante de ce programme, pour 8 milliards, c'est les salaires des
02:01enseignants.
02:01Donc, quand vous annulez ces 8 milliards, vous ne payez plus les 132 000 enseignants,
02:07accessoirement agents publics, qui, tous les jours, font cours aux enfants des parents
02:13qui ont choisi l'école privée sous contrat.
02:15Quelle a été votre réaction quand vous avez appris ça ? Et quels sont les risques
02:19que ce soit vraiment voté ?
02:21Ma réaction, elle est très en colère, d'une part, et puis très estomaquée.
02:29En colère, parce que, je ne sais pas si le terme est le plus approprié, mais je trouve
02:32ça très méchant, d'avoir 99 amendements sur 200 qui vont tous taper un seul programme.
02:38Donc, on avait avant des slogans, on avait des hostilités, aujourd'hui, c'est un vote.
02:41La dernière étape, c'est la loi.
02:43On est vraiment à deux pas d'un changement radical.
02:47Et la deuxième, c'est d'être un peu abasourdi.
02:51On est à la Commission des finances de l'Assemblée nationale.
02:53Pour moi, qui suis représentant des organismes de gestion, c'est le Saint-Dessin.
02:57On a un tableau Excel, on pilote le budget de la France.
03:00Et là, vous avez, en deux heures, quelque chose qui passe de 9 milliards à zéro,
03:04qui passe même en dessous de zéro.
03:06Je ne sais pas d'où sortent ces méthodes.
03:09Personne ne fait le total et personne ne se pose la question de savoir
03:12qu'est-ce qu'on fait de ces 132 000 enseignants si on ne les paye plus.
03:14Parce qu'a priori, tout travail mérite salaire.
03:17Il n'y a que les bénévoles comme moi qui ne sont pas rémunérés.
03:19Et donc, l'enseignant va avoir une fiche de paye à zéro.
03:22C'est ça, la méthode.
03:23Donc, je suis entre l'énervement et sur le point technique.
03:27Et puis, la colère, puisque ce n'est pas en commission des finances
03:30qu'on discute de liberté scolaire.
03:32Oui.
03:32En quelques mots, Thomas Bonnet, une commission, enfin un amendement,
03:36ça ne veut pas dire que c'est voté, mais ça veut dire que ça peut être soumis au vote.
03:38Oui, parce qu'en fait, on ne sait pas comment le budget sera adopté.
03:41Ça peut être par ordonnance.
03:42Dans ce cas-là, c'est le projet du gouvernement qui fait foi.
03:44Et ça ne figure pas, ces dispositions-là ne figurent pas dans le projet du gouvernement.
03:47S'il y a un vote, on peut imaginer que le centre, la droite et le Rassemblement national
03:52s'opposent à ces amendements et donc qu'ils ne passent pas lors du vote dans l'hémicycle.
03:57Après, il faut être méfiant parce qu'on a entendu dans la voix de certains au centre
04:00des discours sur l'école privée.
04:03On se rappelle de la polémique sur Stanislas, par exemple,
04:05où on avait des personnes qui prenaient pour cible Stanislas.
04:09En fait, c'est très révélateur cette affaire parce que la gauche veut effacer là où ça marche.
04:14Et vu que l'école privée marche très bien, ils ont envie qu'elle marche moins bien visiblement.
04:18Pourquoi l'école privée, et notamment l'école privée catholique, étant attaquée, selon vous ?
04:23Alors premièrement, elle n'est pas attaquée puisqu'on va vous expliquer,
04:26moi c'est ce qu'on m'a expliqué, que tout ça était une histoire de technique budgétaire.
04:29Il y avait un gage, c'est un peu comme si on jouait un, deux, trois soleils.
04:31Oui, vous êtes ironique.
04:32Il y a un gage.
04:33Oui, moi je suis très factuel, c'est-à-dire que là il y a un vote.
04:35On a un vote.
04:36Donc l'Assemblée peut décider de faire fi de la Commission des finances.
04:40Et dans ce cas-là, le citoyen que je suis se dit, mais à quoi sert tout ça ?
04:43Si finalement les députés, leur vote ne servent à rien, ils comprennent une autre méthode.
04:49Là, il faut prendre ça très au sérieux.
04:51Pourquoi l'enseignement privé sous contrat est la cible ?
04:55Je crains qu'il y ait deux réponses.
04:58L'une, c'est qu'il y a un sujet sur l'amélioration de l'enseignement public,
05:02qui est une nécessité.
05:03Et nous, nous y croyons, à l'enseignement public.
05:06On ne dit pas, on ne prend pas une école pour taper sur l'autre.
05:08Il faut que l'ensemble du niveau remonte.
05:09C'est un problème d'intérêt national.
05:11Le niveau PISA s'effondre et nos dépenses filent à toute vitesse.
05:16Alors vous avez deux méthodes.
05:17L'une, c'est de casser ce qui marche.
05:19Et l'autre, c'est de faire bosser tout le monde ensemble en tirant vers le haut.
05:22Moi, je préfère la méthode collaborative.
05:25Et vraisemblablement, certains ont préféré ce jour-là
05:28poursuivre une voie d'hostilité interne
05:31plutôt que de régler les problèmes qui sont devant eux,
05:33y compris aujourd'hui dans la rue.
05:39Sous-titrage Société Radio-Canada

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