00:00Jean-Christian Petit-Fils...
00:02Je perds mes fiches, alors là, ça va pas du tout.
00:06Si je perds mes fiches, ça va pas du tout.
00:08Bon, Jean-Christian Petit-Fils est avec nous.
00:10Et il vient régulièrement lorsqu'il publie un nouveau livre.
00:15A priori, j'essaye de lire les livres quand même que nous recevons.
00:19C'est la moindre des choses.
00:23800 pages.
00:23Oui, mais la Révolution mérite un bon travail de synthèse.
00:27Je suis d'accord avec vous.
00:28Alors, je suis d'accord avec vous, mais moi, je dois l'honnêteté aux téléspectateurs.
00:32Je lis 40 pages à l'heure.
00:33Bon, il faut 20 heures pour lire ça.
00:3640 pages, je dois dire rentement, mais je ne lis pas en diagonale, forcément.
00:39Donc, je confesse, c'est mal,
00:42que je n'ai pas lu de la première à la dernière page votre livre ce week-end.
00:46Je vous donne l'absolution.
00:48C'est gentil.
00:48Mais moi, j'ai une question à vous poser.
00:50Parce que ce matin, j'ai entendu Dimitri Pavlenko qui a dit qu'on est en 1788.
00:54Oui.
00:55Qu'en pensez-vous ?
00:56Alors, en effet, c'est là où il y a des points de rapprochement très importants qui se passent aujourd
01:04'hui.
01:05On peut les regrouper.
01:08Nous avons une crise financière très terrible aujourd'hui.
01:13Terrible.
01:14Pire peut-être que ce qu'on peut imaginer.
01:17Eh bien, en 1788, la France était en état de banqueroute.
01:22Et Louis XVI a été obligé de convoquer les États généraux, justement, pour résoudre cette crise financière.
01:29Pourquoi cette crise financière ?
01:31Parce que Necker, qui était le directeur des finances, a mené une politique d'endettement gigantesque pour financer la guerre
01:39d'Amérique.
01:41D'ailleurs, les Américains ne nous ont pas remboursés.
01:43Donc, Necker, c'est Macron ?
01:45Non, je ne fais pas.
01:46C'est le quoi qu'il en coûte.
01:47Necker, c'est le quoi qu'il en coûte.
01:49Mais, en tout cas, il y a vraiment, du point de vue de l'endettement, il y avait 1,2
01:55milliard d'endettements.
01:57Mais pourquoi vous dites non, d'ailleurs ?
01:58Et pourquoi vous dites non ? C'est le quoi qu'il en coûte, Necker ?
02:01Non, parce que Necker, il a obéi à Louis XVI, qui a accepté de financer la guerre d'Amérique.
02:08Ah oui, donc Necker, c'est Bruno Le Maire.
02:09Oui, c'était le ministre des Finances, si vous voulez, en gros.
02:12Mais est-ce que c'est la politique du quoi qu'il en coûte ?
02:14Non, on s'est endettés énormément, alors qu'on aurait très bien pu financer cette guerre par un impôt.
02:22Parce qu'il y avait un patriotisme considérable qui a joué en faveur des insurgents, en revanche sur l'Angleterre.
02:29Donc, point commun, crise économique. Deuxième point commun.
02:31Alors, point, crise économique.
02:32Délitement de l'État, plus du tout d'autorité, absence de fermeté, faiblesse de cet État.
02:41Et ça, c'est très important parce que souvent, les historiens, à la suite notamment de Tocqueville,
02:47qui est un immense historien par ailleurs, ont considéré que la monarchie est morte d'un excès de centralisation.
02:54Ce qui est exactement l'inverse.
02:56La monarchie est morte, étouffée par les corps sociaux, par les ordres, par les privilèges accordés
03:02qu'elle était absolument incapable d'anéantir.
03:05Donc, cette monarchie est très faible, avec un roi d'ailleurs hésitant, bon, intelligent.
03:11Intelligent par ailleurs.
03:12Très intelligent, mais...
03:13Mais trop.
03:14Comment ?
03:15Peut-être trop.
03:16Oui, justement, trop, parce qu'il voyait toujours les avantages et les inconvénients d'une solution.
03:22Par conséquent, il était...
03:23C'est le roi en même temps.
03:24Il était un peu comme l'âne de Buridan.
03:26Il savait pas, il hésitait.
03:28Et c'était toujours le dernier à parler qui l'emportait.
03:32Ah ben, c'est le roi en même temps.
03:34Voilà.
03:34Bon, donc ça, il y a eu aussi, il faut le dire, une crise sociale, alors très importante,
03:40là, qui est un peu différente, puisque c'est une incapacité de l'aristocratie
03:45à intégrer les couches supérieures du tiers-État.
03:49Une volonté aussi de cette aristocratie, brimée par Louis XIV, de prendre sa revanche sur Louis XIV.
03:56Donc, tout cela est...
03:57Et puis aussi, vous avez la crise climatique.
04:00Crise climatique qui, en 1788-89, a conduit la France avec des excès de canicules, avec des tempêtes de grêle,
04:09des terribles.
04:10Le 13 juillet 1788, le pierre de la France a été sous la grêle.
04:17Mais ne dites pas ça, malheureux.
04:19Eh bien, pourquoi ?
04:20Eh bien, parce que le dérèglement climatique, c'est maintenant, c'est pas en 1788.
04:24N'arrivez pas sur ces sujets-là.
04:27Attendez, mais surtout, ne dites pas que...
04:30C'est maintenant le dérèglement climatique, c'était pas...
04:32Ah non, non, non, moi, je m'inscris en faux.
04:35Je m'inscris en faux.
04:37Non, non, je suis pas d'accord avec vous.
04:39C'était le réchauffement climatique.
04:40Il n'y avait pas de réchauffement climatique à ces fois-là.
04:42Attention, attention.
04:45Là, c'est des sujets...
04:46Voilà, non, non, mais on était dans le petit hiver glacial, hein, les spécialistes de...
04:51Oui, oui, oui, c'était...
04:52Mais bon, le dérèglement climatique, c'est maintenant.
04:57Avant, c'était autre chose.
04:58Donc, d'autres éléments qui nous conduisent à faire des rapprochements.
05:01Alors, cela dit, évidemment, nous ne sommes pas à la veille d'une révolution,
05:06parce qu'il y a aussi des...
05:07Oui, mais il y a une révolution, et attendez, on n'est pas à la veille d'une révolution.
05:12Qu'est-ce que vous avez dit de la révolution de 89 ?
05:15Elle est sanglante.
05:17Oui.
05:18Pas forcément au début, d'ailleurs, mais petit à petit.
05:22Il y a eu beaucoup de heurts, des violences.
05:25On considère que la violence commence le 14 juillet.
05:28Pas du tout.
05:29En 1788, il y a déjà des heurts sanglants à Rennes, à Paris.
05:34En avril 89, donc pas en juillet...
05:37Il y a un terreau à Rennes, hein.
05:38En avril 89, il y a la propriété d'un entrepreneur de papier peint qui s'appelle Réveillon,
05:47qui a été saccagé, l'armée a tiré, il y a eu 300 morts, beaucoup plus qu'au 14 juillet,
05:54par exemple.
05:54Donc, la violence, elle est là dès le départ, sous la révolution.
05:57Bon, on va évidemment parler, et c'est un sujet grave, je vous taquine, bien sûr,
06:02mais ce qui est intéressant dans ce livre, qui est une somme,
06:07tous ceux qui se plongent dans ce livre le trouvent absolument formidable,
06:11et il faut le temps pour le lire, bien sûr.
06:14Les inégalités sociales et fiscales sous l'Ancien Régime, ça c'est très intéressant.
06:19La crise bretonne, magistrats, noblesse, le pouvoir royal, on va en parler dans deux secondes.
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