- il y a 2 heures
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Télématin reçoit le chanteur et musicien Thomas Dutronc pour son nouvel album "The Jazz Nights", ainsi que le violoniste Simon Royer.
Télématin reçoit le chanteur et musicien Thomas Dutronc pour son nouvel album "The Jazz Nights", ainsi que le violoniste Simon Royer.
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00:01Bienvenue sur France 2 si vous venez de nous rejoindre, Thomas Dutron est avec nous. Bonjour Thomas Dutron.
00:06Bonjour.
00:07Au bon accueil Thomas Dutron parce que pendant la pub, Emma vous demande si vous avez été maquillée.
00:11Comment est-ce que vous l'avez vécu cet accueil ? Vous pouvez dire la vérité.
00:14Oui, non, non, mais elle m'a demandé si j'étais coiffée.
00:17Parce qu'il était déjà super avant d'être coiffée, mais franchement...
00:19Non, c'est mort Emma, c'est mort.
00:21Non, j'ai demandé qu'on me sèche les cheveux, voilà.
00:23Vous pouvez absolument tout savoir.
00:25Vous êtes parfait Thomas Dutron, on est très très heureux de vous recevoir.
00:30Pour parler entre autres de votre album, peut-être le plus jazz que vous n'ayez jamais fait,
00:35avec la crème des jazzmen français, il s'appelle The Jazz Night.
00:40Là, on entend Dance for Victor.
00:42Ah d'accord.
00:44Non ?
00:44Vous n'avez pas reconnu ?
00:46Si, sur l'eau du pont, d'accord, je vois.
00:49Je me suis dit, mais attends, c'est moi qui ai fait ça ?
00:51C'est un petit peu les premiers promos, donc je ne sais pas pourquoi les gens vont mettre tel ou
00:54tel morceau.
00:55Voilà, c'est totalement subjectif.
00:57Bref, en tout cas, j'ai jeté un petit coup d'œil sur les critiques.
01:00Alors, j'ai lu Délicieux, Charmant, Elégant, Cool et TSF Jazz a même parlé d'un câlin.
01:07Qu'est-ce qui...
01:08Oui, et c'est vrai.
01:09Et qu'est-ce qui vous a donné envie de revenir au jazz à ce point ?
01:14En fait, on était en pleine tournée, on était tellement crevés qu'on s'est dit, il faudrait qu'on
01:17soit un peu plus crevés et qu'on fasse un autre disque.
01:21On brosse encore plus.
01:22Non, c'était l'envie, c'était l'envie, on avait joué, c'est un grand guitariste belge qui a
01:2684 ans aujourd'hui qui s'appelle Philippe Catherine, comme le chanteur.
01:29Un homonyme.
01:30Voilà.
01:31Et j'étais fan de lui quand j'étais jeune et je l'ai recroisé récemment, on a joué ensemble.
01:36Il y avait une équipe belge de télé qui était venue nous filmer chez moi, c'était génial parce que
01:39tout leur équipement était resté coincé dans l'ascenseur.
01:42Parce que j'habitais au cinquième et ils ont mis sur cinq avec tout le matos.
01:45C'est monté, il y a une perche qui est tombée, la porte ne pouvait plus s'ouvrir.
01:48Donc, ils ont dit, vous allez vous foutre de nous parce qu'on est belges.
01:50Bref, cette histoire me fait rire.
01:52Et là, on a bien eu le temps de jouer avec Philippe Catherine, le guitariste, et de parler notamment de
01:57Chad Baker, avec qui il a joué pendant 20 ans.
01:59Et voilà, et dans ma tournée d'avant, de temps en temps, on buvait un coup, on se disait, putain,
02:03ça serait bien de faire un projet avec Philippe Catherine, le guitariste,
02:07avant qu'il ne soit trop tard parce qu'il n'est plus tout jeune et tout ça.
02:09Et un jour, on a pris trois dates et on l'a fait, on a enregistré des titres.
02:14Alors, on a beaucoup joué sans lui parce que c'était plus simple.
02:17On n'avait pas le temps de répéter avec lui en fait du tout parce qu'on était en tournée.
02:21Mais il participe à quelques solos et c'est un plaisir de l'avoir, mais c'est un plaisir d
02:24'avoir tous les musiciens qu'il y a sur le disque.
02:26On va en reparler avec Thomas, mais il y a l'autre Philippe Catherine qui est là aussi.
02:29Ça, ce sera pour tout à l'heure.
02:31D'abord, on a interrogé les Français pour savoir ce qu'évoquait Thomas Dutroux pour eux.
02:37Il chante bien, il s'assurine et puis mon guitariste de jazz, c'est cool, ses concerts sont top.
02:44Il a ce côté musical, comment ? Comme son père, un peu qui bouge.
02:47Et puis le côté un peu plus calme de sa mère.
02:49Accessible.
02:52Manouche et rock aussi parce qu'il mélange un petit peu tout ça, je pense.
02:55Il est très sympa, il est pokos.
02:58Le fait qu'il fasse aussi du jazz Manouche, ça veut dire qu'il a une grande ouverture, à mon
03:01avis, musicale.
03:02Je l'ai vu en fait sur des scènes en mode bœuf avec plein d'artistes et c'est génial,
03:07ça crée une émotion folle.
03:09Voilà, vous créez des émotions.
03:11Thomas Dutronc, c'est plutôt sympa.
03:13C'est sympathique ces gens.
03:13Vous avez créé à Thomas Hill aussi, qui a fouillé dans votre vie.
03:16Vous avez payé cher ou pas pour qu'ils disent ?
03:18Bien sûr, vous savez, ce sont des grosses productions.
03:21Et on va évoquer quelques chiffres.
03:23On va repartir d'abord du début avec ce chiffre 1.
03:25Une classe sautée.
03:27Le CE1, vous avez sauté votre CE1 parce qu'en fait, vous aviez appris à lire très tôt, dès l
03:32'âge de 4 ans, notamment grâce au journal de Mickey, c'est ça ?
03:36C'est vrai ?
03:38Oui, ma mère me lisait, c'était souvent plutôt Mickey, elle me lisait comme ça en me donnant à manger.
03:44Puis moi, je regardais et je crois qu'elle devait avoir peut-être un autre doigt sur la case.
03:47Enfin bref, je savais lire sans apprendre à 4 ans.
03:50Et plus globalement, vous dites que vous avez eu une enfance heureuse et très stimulante intellectuellement.
03:56Vous avez cette impression qu'on vous a nourri.
03:58Oui, je n'ai pas beaucoup été à l'école, donc c'est ça surtout.
04:00Ah, c'est ça ?
04:01Moi, j'ai commencé l'école à 5 ans et encore, à l'époque, on avait le droit, c'était
04:05légal.
04:06À l'époque, l'école n'était obligatoire qu'à 5 ans, mais j'ai eu une espèce de dérogation
04:09pour n'y aller que la moitié du temps.
04:12Parce que je ne voulais pas aller à l'école.
04:16Et donc, j'étais la moitié du temps avec ma grand-mère, qui me faisait lire des choses et qui
04:22me faisait faire des exercices.
04:23C'est vrai, de maths ou de trucs, elle était très…
04:26Ma grand-mère maternelle, elle levait ma mère, Françoise Hardy, et sa sœur, à l'époque, à 5 heures du
04:31matin pour leur faire des devoirs.
04:33Et tout ça, ça rigolait, parce qu'il y avait de la grosse discipline à la maison.
04:36Oui, quand même. 17 maintenant, l'âge auquel vous obtenez votre bac. Du coup, forcément, vous étiez un peu en
04:41avance.
04:42Mais aussi l'âge auquel vous touchez votre première guitare chez un ami, avant que votre père vous en offre
04:47une, finalement, l'année suivante.
04:50Ça me paraît un peu tard pour un enfant qui a ses deux parents qui sont dans la musique.
04:55Pourquoi est-ce que vous avez commencé aussi tard la musique, finalement ?
04:58Oui, c'est dommage, je regrette, parce qu'il y a tellement de réflexes qu'on se fait quand on
05:01commence la musique plus tôt.
05:05Je regrette, mais c'est comme ça, ça a été comme ça.
05:09Il y a un refus, c'était un…
05:11Vous n'étiez pas habité par cette envie avant ?
05:14Il faut croire qu'on partageait beaucoup de choses avec mes parents, mais qu'ils n'ont pas su partager
05:19ça avec moi, ou donner l'envie.
05:20Ils jouaient très peu à la maison, ils ne chantaient jamais à la maison.
05:23On les imaginait en train de se servir le petit déjeuner.
05:26Mais veux-tu des œufs brouillés ?
05:28Mais pas du tout.
05:29Non, pas du tout.
05:29Mais vous avez écouté beaucoup de musique, quand même.
05:31Oui, oui, tout de même.
05:33Oui, oui, j'avais quand même, finalement, une culture musicale grâce à eux, grâce à leur discothèque dans laquelle j
05:38'ai pioché,
05:39que je me suis faite tout seul.
05:41Je regardais Madonna, parce que ça parlait de Madonna avant pour les téléspectateurs qui étaient là.
05:45Et c'est rigolo, je me suis rappelé cette anecdote.
05:48Quand tu es sorti Like a Virgin, je l'ai trouvé très sexy et tout ça.
05:52J'ai acheté le disque, j'ai dû acheter un autre album.
05:55Jusqu'à Isla Bonita, un truc comme ça.
05:57Puis après, j'avais un peu honte.
05:58Je ne sais pas quel âge j'avais, 14 ans, peut-être 15 ou 13.
06:01Et je me rendais compte que c'était un peu nul comme musique.
06:04Je ne sais pas comment j'avais cette idée-là dans la tête par rapport à David Bowie ou Gainsbourg,
06:10en gros.
06:10Donc, je me rendais compte que c'était un tout petit peu commercial.
06:14Et donc, comme je n'arrivais pas à faire mon moulin, en travaux manuels, en pince à linge, en bois,
06:20avec la colle à bois, je n'arrivais pas.
06:21J'ai proposé à un copain qui arrivait bien.
06:23Tiens, je te passe mes trois CD de Madonna.
06:26Et en échange, tu me fais mon moulin en pince à linge.
06:31J'ai un dernier petit chiffre, c'est un million.
06:33Parce que selon une annonce faite en 2024 par le patron d'Universal Musique France,
06:37votre premier album, comme un manouche sans guitare, a atteint le million d'exemplaires.
06:43Un chiffre énorme, on se souvient tous de cette chanson, évidemment.
06:46Ça, c'est leur mix radio, c'est la version la moins bien.
06:48C'est dommage, on n'écoute que ça.
06:50Mais sur l'album, il n'y a même pas, je crois.
06:52Est-ce qu'elle est plus lente, la version de l'album ?
06:54Parce qu'on a fait un album, l'album, j'aime plus Paris et Jeune, je ne savais rien.
07:00Ces versions-là ont pu passer en radio parce qu'elles étaient déjà un peu popisées.
07:04Mais comme un manouche, c'était contrebasse, mais on fait des cœurs marrants, la version est marrante.
07:08Mais sauf que ça ne passait pas à la radio parce qu'il y avait de la contrebasse.
07:11Donc il a fallu accélérer ?
07:12Il a fallu rajouter des guitares électriques.
07:14On a fait ça en Belgique très rapidement et la version est correcte.
07:17Ce n'est pas la bonne.
07:19Ce n'est pas celle que j'aime.
07:20Ça vous a permis quand même de vendre pas mal d'albums.
07:22Un million, c'est de plus en plus rare quand même.
07:25On peut le noter.
07:27Thomas Dutronc, on va vous présenter le seul musicien français
07:30qui a fait partie de la tournée de Céline Dion,
07:32La Fameuse.
07:33C'est un tout jeune violoniste qu'on accueille tout de suite.
07:36On va voir s'il est redescendu de son nuage.
07:42Bonjour.
07:44On est très très heureux de vous voir en vrai.
07:47Plus qu'enchanté, de vous voir en vrai aussi.
07:50Avec On n'est pas que des cobayes.
07:52Quand j'étais jeune.
07:53Mais alors, je ne vous ai pas donné la vocation de scientifique apparemment.
07:57Pas loin.
07:58Pas loin.
07:58Je suis passé à ça de me dire que j'allais être astrophysicien
08:01et que j'allais étudier les planètes.
08:03Je ne m'en sors pas plus mal.
08:04Je crois quand même que vous avez bien fait d'être violoniste
08:08parce que vous êtes vraiment incroyable.
08:09Vous avez 24 ans, Simon.
08:11Et vous êtes donc, je le disais, le seul français
08:12à avoir accompagné Céline pendant ses 16 concerts à Paris.
08:17C'était il y a quelques jours quand même, le dernier concert.
08:19Est-ce que vous avez réalisé, métabolisé quand même l'aventure incroyable que vous avez vécu ?
08:24À la fin seulement.
08:25Là, ça fait deux semaines que c'est terminé.
08:28Et ça m'a pris une bonne semaine à redescendre de tout ça.
08:31Parce qu'on se met la tête dans le guidon tellement
08:33qu'en fait, ressortir de ça…
08:35Moi, je n'ai pas fait un million de tournées, contrairement à Thomas.
08:38Donc, j'ai du mal un peu à jauger le timing
08:40de comment ça se passe psychologiquement.
08:42C'était compliqué de redescendre de tout ça.
08:45Émotionnellement, ça m'a un peu chamboulé quand même.
08:47Oui, c'est ça.
08:48Vous êtes un peu en descente, comme on dit.
08:50Exactement, complètement.
08:51Là, ça va un peu mieux.
08:52J'ai travaillé, j'ai fait d'autres choses et tout.
08:54Mais ça va un peu mieux.
08:55Il faut repartir un petit peu.
08:56Il faut remettre les gaz.
08:57Ce qu'il faut dire et ce qui est incroyable dans votre histoire,
08:58c'est que c'est allé très, très vite.
08:59Il y a encore quelques semaines, vous jouiez du violon dans les rues à Montmartre.
09:03Comment est-ce que votre talent est venu aux oreilles de l'équipe de Céline ?
09:08Quelques mois quand même.
09:09Ça faisait quelques mois et du coup, je faisais aussi des vidéos sur les réseaux sociaux,
09:14sur Instagram, etc.
09:15C'est ça que les équipes ont vu, le management de Céline.
09:18Ils ont vu des vidéos, celles-là qui m'ont vu jouer, etc.
09:20Ils se sont dit, c'est lui, peut-être qu'il faudrait qu'on aille le voir et tout ça.
09:24Et là, du coup, le directeur musical de Céline me contacte.
09:28Mais par quoi ? Il vous contacte par les réseaux ?
09:31Par e-mail.
09:31Oui.
09:32E-mail, tout simplement.
09:33Un truc très professionnel.
09:34Il me demande de jouer.
09:35C'est une sorte de casting.
09:37Et puis, il me demande de jouer un extrait de la musique de Céline.
09:40Ça plaît.
09:40Céline, ça lui plaît.
09:41Elle adore.
09:42Et voilà.
09:43Vous avez joué quoi ?
09:44Vous vous souvenez ?
09:45Je ne sais plus.
09:46C'était un des morceaux du programme.
09:49Je ne me rappelle plus exactement.
09:50C'était juste pour avoir un petit extrait.
09:52C'est une histoire absolument folle.
09:55Et puis, donc là, ils vous ont recontacté.
09:57Combien de temps après ?
09:59Non, en fait, ils m'avaient contacté une première fois avant tout ça.
10:01Qu'est-ce que je vous raconte ?
10:02Avant tout ça, j'ai fait le clip dans sa dernière chanson, une de ses dernières chansons.
10:07C'est là qu'ils m'ont contacté la première fois et que j'ai été mis en contact un
10:11petit peu avec ses équipes.
10:12Et quand ils vous annoncent la tournée alors ?
10:14C'est là que j'ai un gros choc.
10:15C'est à ce moment-là.
10:16Juste avant la vidéocasting dont je vous parlais à l'instant, où j'ai vraiment un énorme choc.
10:20Parce que ça fait un drôle d'effet de se dire que Céline Dion souhaite que je joue à ses
10:24côtés.
10:25J'ai même cru que c'était un homonyme qui voulait et pas moi.
10:28Céline Dion pour ne pas dire autre chose.
10:31Tellement invraisemblable.
10:32Tellement invraisemblable.
10:33Céline.
10:34Voilà.
10:35Voilà, c'est Céline.
10:37Et alors, tu joues quel style en violon ?
10:38Tu es plutôt classique ?
10:39Tu fais du jazz aussi ?
10:41Moi, j'ai une formation classique, ouais.
10:43Tu ne touches pas du tout au jazz ?
10:44Je touche un petit peu.
10:45J'improvise un petit peu, des petits trucs et tout.
10:47On a peut-être une tournée pour toi.
10:49Un million, un million d'albums, ça te dit ?
10:51Un million, vous entendez ça, ouais.
10:52Si on peut dire un mot de Stéphane Grappelli, c'est sympa quand même.
10:54Ouais, ouais, quand même.
10:55Non, j'ai bien sûr que j'ai écouté beaucoup.
10:56C'est de la France, dans le monde entier.
11:02Je vais un petit peu aussi.
11:03C'est là que tu vas un petit peu.
11:03Ouais, c'est ça.
11:04Et c'est bon, je ne me sens pas à la maison quand j'y touche, mais j'adore y
11:07toucher.
11:07Ouais, ouais.
11:08C'est plutôt ça.
11:08C'est bien de le faire.
11:10Ouais, je pense que c'est crucial.
11:11Surtout la technique de Grappelli, il faut écouter.
11:14Alors, on va écouter tout ça.
11:15Et alors, il y a des répétitions, j'imagine, après, de longues semaines de préparation.
11:20Comment ça s'est passé ?
11:21À quel moment est-ce que vous avez rencontré Céline ?
11:23Alors, pas à Montréal.
11:24On est allé à Montréal répéter.
11:25Mais j'ai rencontré Céline la première fois à Paris, quand elle est arrivée.
11:28Ah ouais, il faut tout me raconter.
11:29Mais comment vous étiez habillée ?
11:31Elle, comment elle est ?
11:32Elle, comment elle était habillée ?
11:34Je pense que tout le monde le savait.
11:35Il y avait le Royal Monceau quelques minutes avant.
11:37Il suffisait de regarder mon téléphone pour savoir comment Céline allait être habillée
11:40le jour même.
11:41Ça, ce n'était pas très compliqué.
11:43Elle était habillée tout le temps.
11:44Oui, parce que ça serait peut-être bien pour nous qu'on apprenne quelque chose.
11:48René n'est plus là, alors bon.
11:49C'est vrai, c'est vrai.
11:51Et donc alors, comment ça s'est passé, cette rencontre ?
11:53Elle est adorable.
11:54Elle est adorable comme, c'est pour ça que je parlais du Royal Monceau,
11:57l'espèce de folie qu'on retrouve quand elle est devant le Royal Monceau.
11:59On la retrouve quand elle est…
12:00Dans son hôtel à Paris.
12:01Oui, exactement, l'hôtel parisien.
12:03Ou même sur toutes les apparitions publiques qu'on peut voir d'elle.
12:08Elle est très cordiale, très… je ne sais pas comment dire.
12:11Il y a une folie sympa.
12:13Et donc elle vous a rassurée ?
12:14Complètement.
12:15Complètement, tout de suite.
12:16Parce qu'on se rend compte que c'est la même dans toutes les circonstances.
12:18Donc on se dit, bon bah…
12:19Et l'accent, c'est pas un peu…
12:20Quand même, c'est pas un peu too much.
12:22Non, non.
12:23Il faudrait pas qu'elle arrête un petit peu quand même.
12:25C'est bien, ouais, elle force un peu le trait.
12:27Elle charge, elle charge.
12:29Alors je vous dis tout de suite, on ne pourra pas critiquer Céline Dion en la présence d'Emma Gesselle.
12:33Donc là, ça sert à…
12:34Mais il va y avoir des petits défauts.
12:35Non, c'est pas une critique.
12:36C'est compliqué.
12:37C'est compliqué.
12:38Le défaut, c'est que j'ai du mal à comprendre l'accent des fois.
12:40Ah, voilà.
12:41Je ne sais pas, parce qu'on parle la même langue, donc je n'ose rien dire.
12:44Vous la connaissez, Céline Dion ?
12:45C'est une équipe québécoise du tout.
12:46Vous ne l'avez jamais rencontrée ?
12:47Non.
12:52Deux univers totalement différents.
12:55Alors, qu'est-ce qu'elle vous a donné comme conseil, Céline, avant cette tournée ?
12:58Qu'est-ce qu'elle m'a donné comme conseil ?
12:59C'était surtout pendant les répétitions, où elle essayait de voir que moi, mon histoire de solo et tout ça,
13:06qu'elle a poussé pour que j'ai ce solo.
13:09Elle essayait de s'assurer que ça aille bien pour moi.
13:11Et je voyais qu'elle lisait mon regard tout le temps, qu'elle essayait de voir si ça me plaisait,
13:15si j'étais à l'aise.
13:16Je me sentais quelque part un peu ausculté, mais je me disais, elle essayait vraiment de me rassurer, de faire
13:20que ça marche.
13:21C'est surtout ça, moi.
13:22Et alors, ce solo qui a tant marqué le public de la Plénitude Arena, c'est-à-dire que vraiment,
13:27le temps s'arrête au moment où vous faites ça.
13:29Il faut quand même imaginer qu'il a 24 ans, qu'il y a 35 000 personnes qui sont en
13:33train de le regarder tout à coup.
13:35C'est vrai, il n'y a plus Céline, il n'y a que vous.
13:37On regarde.
13:38C'est vrai, c'est vrai.
13:47C'est vrai, c'est vrai.
14:22On entend derrière, c'est la reprise de You With Mix, c'est donc de Sweet Dreams.
14:28Et c'est vous qui avez écrit ce solo.
14:30C'est moi qui ai écrit ce solo.
14:31Au début, je me suis dit…
14:32Bravo, c'est ça, je voulais savoir.
14:33Oui, exactement.
14:34Mais je me suis dit, ça avait compliqué de faire fonctionner un truc complètement disco avec mon violon et tout
14:38ça.
14:38Ah, c'est…
14:39Oui, c'est bien.
14:39Le Clash était intéressant.
14:41J'ai fait plein d'essais sur plein de boucles différentes.
14:43Je les ai tous écrits, puis j'ai choisi les meilleures, je les ai mis dans l'ordre et tout.
14:46Il y a un petit côté bande-haleine un peu.
14:48Un petit peu, c'est vrai ?
14:49Pas Grappelli, pas trop Grappelli.
14:51Sur l'autre guitare des années 80-90, il y a des références.
14:56Oui, ce n'est pas faux.
14:57Et il y a aussi un peu de distorte sur le violon.
15:00Ça aide un petit peu.
15:01Ça donne cet effet.
15:02Ça marche, ça fait que la match.
15:02On est vraiment en train de parler entre Zico.
15:03Pardon.
15:05D'ailleurs, vous sentez un peu très lément, Thomas.
15:06C'est ça qui est intéressant.
15:07Il n'y a pas un soir où vous vous êtes loupé ?
15:10Techniquement, non.
15:11Non.
15:12Ce n'est pas de la prétention, mais non.
15:14Techniquement, c'est ça.
15:14Bravo, la main qui tremble, le truc.
15:17Justement, votre première alors.
15:18Parce que l'enjeu, il y a 35 000 personnes.
15:21C'est horrible, le stress au début.
15:23Mais en fait, heureusement, le solo, il n'est pas au tout début.
15:25Donc en fait, quand je rentre sur scène, j'ai un énorme stress, mais je ne suis pas en solo.
15:29Et tu te chauffes avant avec des petites choses ou c'est direct le solo technique ?
15:32Non, on se chauffe un petit peu avant.
15:34Parce qu'on joue.
15:35Oui, il y a des trucs en quoi tu as.
15:37Oui, exactement.
15:37On joue en quoi tu as juste avant et ensuite, je me détache.
15:39Donc tu as le son.
15:40Exactement.
15:41Et si je jouais des notes longues, c'est là qu'on entendrait l'archet trembler de stress.
15:44Là, ça va, c'est directement sportif.
15:46Donc il n'y a pas le temps du stress.
15:48Vous êtes directement dedans.
15:49On va vous voir d'ailleurs, il y a une captation du spectacle de Céline
15:52où on va vous voir jouer justement pour voir si vous avez un petit peu de stress.
15:56Je crois que ça va partir.
16:02Qu'est-ce que c'est la première fois que vous jouiez devant autant de monde ?
16:19De très, très loin.
16:20De très, très loin.
16:21C'était quoi le plus gros concert que vous aviez fait jusque-là ?
16:23À peu près 4 000, je crois.
16:24Quelque chose comme ça.
16:25Donc c'est de l'ordre du x10.
16:27Et ce qu'on a vu là, c'est la première.
16:29Ah oui, c'était la première.
16:30À la dernière, sur l'extrait de cette chanson, The Power of Love,
16:34je pleurais et ça coulait sur mon violon.
16:36Et ça a laissé des petites traces.
16:38Ce n'est pas terrible pour le bois.
16:40Est-ce que vous pleuriez parce que vous étiez triste d'arrêter ?
16:43Mais en fait, j'avais peur que ça arrive, l'émotion.
16:46Avant, j'étais tellement préparé à ça que je me disais,
16:48forcément, ça va me faire un choc.
16:51Et ça ne venait pas, en fait.
16:52Je m'attendais à trouver les larmes, mais ça ne venait pas.
16:54Puis ça m'a pris par surprise pendant un truc comme ça.
16:56Thomas Dutroux, vous avez encore le track, vous, avant de monter sur scène ?
17:01Oui, c'est l'histoire de Louis Jouvel, un jeune acteur qui m'a volé à Jouvel.
17:05Il dit, moi, je n'ai jamais le track.
17:06Et Louis Jouvel lui dit, ne vous inquiétez pas, ça viendra avec le talent.
17:10Enfin, ça n'est où, je ne sais pas quoi.
17:12Il faut faire attention à ce qu'on répond.
17:14Non, c'est normal de s'inquiéter un peu.
17:16Oui, c'est-à-dire que quand même...
17:17J'utilise la potion magique d'Astérix et Obélix pour me booster.
17:21C'est quoi cette potion ?
17:22Ah ben, ça se...
17:22Du whisky ?
17:24Avec modération.
17:25Un verre de vin, voilà.
17:26Un petit verre de vin, mais avec modération, bien sûr.
17:29Est-ce que votre famille était dans la salle, les images qu'on a vues, donc votre première fois ?
17:34Pas la première, mais oui, bien sûr, tout le monde est venu.
17:36Pas la première, pourquoi ?
17:36Pas la première, parce que je ne sais plus.
17:38Moi, je pouvais choisir à quel moment je pouvais les inviter, donc je voulais juste les arranger.
17:41C'était juste pragmatique.
17:42Et je pense que c'était mieux quelque part.
17:44J'aurais même presque préféré qu'ils aient vu la dernière.
17:46Mais c'est vrai que vous aviez des contrats qui disaient que vous n'aviez pas le droit de prévenir
17:50votre famille ?
17:51Bien sûr.
17:52On ne peut pas dire ces trucs-là publiquement.
17:54Surtout que j'avais une toute petite notoriété juste avant, donc ils ne voulaient pas que ça se sache publiquement.
17:59Ce qui s'entend entièrement.
18:01Et alors, ce qu'il faut dire, c'est que tout comme Thomas Dutronc, vous avez grandi dans une famille
18:04de musiciens.
18:06Votre père, il a toujours joué de la guitare, je crois, à votre maman du piano.
18:10Oui.
18:10Donc, c'était une évidence, cette vocation ?
18:12C'était une évidence.
18:14Pas tant, parce qu'ils étaient plutôt amateurs.
18:18Mon grand-père était prof de musique, donc ça traîne dans la famille.
18:21Il y a peut-être quelque chose de génétique, mais je n'ai pas directement des parents musiciens, contrairement à
18:25d'autres dans la salle.
18:27Je ne sais pas où.
18:29Mais par contre, mon père jouait, je n'aime plus Paris en plus.
18:31Je viens de retilter ça quand vous en parliez.
18:33Voilà, une référence.
18:35Exactement.
18:35Il gratte Manouche et tout ça.
18:37Thomas Dutronc, est-ce que vous vous souvenez du jour précis où vous vous êtes dit, tiens, je vais faire
18:40de la musique.
18:40Allez.
18:41On a bien compris que vos parents ne vous poussaient pas, mais…
18:44Oui, oui, à 20 ans, j'ai décidé de choisir la musique.
18:50J'hésite vraiment, genre à mon anniversaire.
18:52J'hésitais, j'aimais bien faire de la photo aussi, de la photographie.
18:56Je trouvais que la musique permettait quand même un exercice plus…
18:59De se retrouver à plusieurs, à des moments, contrairement à la photo, voilà.
19:03C'est ça qui m'a…
19:05Je ne voulais pas chanter, mais voilà.
19:07Oui, oui, mais bon, ça s'est mal mis, quoi.
19:10Vous chantez maintenant, voilà.
19:12Oui, oui.
19:14Thomas, c'est quoi alors la suite ?
19:16C'est quoi vos prochains rêves, après autant d'émotions ?
19:19En fait, moi, je viens du classique.
19:21Je fais de la composition surtout.
19:22J'écris les partitions, c'est pour ça que j'avais écrit Sweet Dreams.
19:24Et donc, j'ai beaucoup de projets en composition.
19:26Vous avez appelé Thomas, il paraît.
19:28Oui.
19:28C'est une obsession, Thomas Dutronc.
19:30Qu'est-ce que vous voulez que je dis ?
19:30C'est vrai, je n'ai même pas tilté.
19:32Je ne peux même m'appeler Thomas.
19:34Il y en a beaucoup sur le plateau, c'est de toute façon.
19:36Ça fait super un petit peu.
19:37Il y a aussi d'autres concerts de Céline Dion, vous allez les faire ?
19:39Il y a d'autres concerts de Céline Dion, mais avant ça, j'ai quand même des compositions à faire
19:44pour orchestre.
19:45J'ai une commande, donc j'ai 10 minutes à écrire pour orchestre.
19:48Je ne sais pas encore où j'en suis.
19:50Donc, il faut encore que je me mette à la table et la page blanche, tout ça, ça...
19:52Pour descendre un tout petit peu du nuage et puis après, vous aurez un petit peu de temps pour réfléchir.
19:57Regardez.