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  • il y a 9 minutes
Retrouvez le replay de Hammett Week-end sur BFMTV.

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Transcription
00:02Générique
00:11Nouvelle semaine à Auris, je disais, pour le gouvernement.
00:13Des appels à bloquer les lycées demain, mardi et jeudi.
00:16Jeudi, les syndicats appellent aussi à la grève générale.
00:19Et puis, les Gilets jaunes annoncent une nouvelle mobilisation samedi prochain.
00:23On va en parler avec nos invités.
00:25Nicolas Domenac et Amandine Attalaya sont avec nous.
00:27Bonjour à tous les deux.
00:29On est avec Antoine Jumel, conseiller modem du 10e arrondissement de Paris.
00:33Bonjour, bienvenue.
00:34Guilhem Carayon, vice-président délégué de l'UDR et allié du Rassemblement national.
00:39Bonjour.
00:39Jennifer Haas, vice-présidente des Jeunes Républicains.
00:43Ami Nathaniak, a été un petit peu de retard.
00:44Porte-parole, les écologistes, elle nous rejoint dans un instant.
00:48Nicolas Domenac, un point avec vous pour commencer.
00:50On a quand même un peu l'impression qu'on n'en voit pas le bout.
00:52On n'en voit pas le bout, mais il y a quand même quelque chose d'important qui s'est
00:55passé ces derniers jours.
00:56D'abord, il y a un mouvement qui reste fort, mais qui décélère, comme on dit, dans les hautes sphères
01:01du pouvoir.
01:02C'est-à-dire que c'est un moment où il ne faut pas non plus faire d'erreurs, même
01:07si on estime là-haut que l'opinion a changé.
01:10C'est-à-dire que l'opinion veut que les lycéens, je parle du mouvement des lycéens dans un premier
01:15temps,
01:15veut que les lycéens rentrent dans leur lycée, dans leur collège, mais pour autant ils soutiennent leurs revendications.
01:22Donc il ne faut pas non plus faire d'erreurs.
01:24Or des erreurs, le gouvernement a commencé par en faire beaucoup.
01:27Donc on est toujours à la merci d'une faute diplomatique.
01:31De quelles erreurs parlez-vous ?
01:32Non, mais au début, ils n'ont pas pris au sérieux du tout le mouvement,
01:36au lieu de considérer qu'une nouvelle génération arrivait en politique
01:39et qu'elle demandait à être écoutée, à dialoguer.
01:42Ils ont eu à l'allumage un retard absolument considérable
01:46qui fait qu'ils ont exaspéré, voire ulcéré, une bonne partie des lycéens
01:51qui vont recommencer maintenant les blocages,
01:55mais avec moins de force derrière eux.
01:58Mais quand même, le mouvement reste là.
02:00Je vous donne ce sondage au DOXA pour le Figaro.
02:0464% des Français veulent que cesse ce mouvement,
02:07qu'ils considèrent effectivement pour autant comme légitime.
02:10Et 8 personnes sur 10 approuvent les mesures du gouvernement
02:13pour répondre aux revendications de la jeunesse.
02:15Et effectivement, on a constaté un essoufflement,
02:1722% de personnes en moins hier dans le cortège.
02:21Guilhem Carayan.
02:22Je crois que le principal danger qui nous guette aujourd'hui,
02:25c'est l'accoutumance.
02:26Ce serait le fait de s'habituer à ce qu'en fait,
02:28chaque manifestation dans notre pays, chaque mouvement social,
02:30chaque week-end en ce moment, et sûrement les prochains week-ends,
02:33s'accompagne de violences, de pillages, de dégradations.
02:37Tout ça à un coût.
02:38L'IFRA a montré, je disais ça ce matin dans le JDD,
02:40qu'il y a 1,2 milliard de dégâts rien que pour le week-end du 17-18 octobre.
02:45On ne peut pas s'habituer à ce que notre pays devienne une zone de non-droit
02:48où tous les week-ends, les commerces sont fermés,
02:50sont obligés de se barricader.
02:51Ça a été le cas dans beaucoup de métropoles,
02:53à Paris, à Marseille, à Lyon, à Toulouse.
02:56Même si les deux derniers week-ends n'avaient rien à voir
02:58avec ce qu'on a pu connaître le 17 octobre.
03:00Parce qu'il y a eu clairement un défaut d'anticipation
03:01de la part du gouvernement le 17 octobre
03:03avec un dispositif de force de l'ordre qui n'était pas du tout à la hauteur.
03:06Là, il y a eu plus 20% d'effectifs de force de l'ordre.
03:09On est passé de 60 000 en gros à 70 000,
03:11surtout les samedis qui ont suivi.
03:13Donc il y a eu ce défaut d'anticipation
03:14qui est hyper alarmant de la part du gouvernement la première semaine.
03:17Et puis ensuite, il y a quand même le fait
03:20qu'on soit obligé d'avoir autant de force de l'ordre dans les rues
03:22pour assurer la sécurité.
03:23Ça en dit beaucoup quand même sur l'état de violence
03:25qui existe dans notre pays.
03:26Et je crois qu'il y a une responsabilité politique.
03:28Il y a des responsabilités politiques qui, chez LFI,
03:30attisent la violence, légitiment la violence.
03:32J'entendais, il y a une semaine, pas plus tard qu'il y a une semaine,
03:34Jean-Luc Mélenchon qui nous dit,
03:36il est quand même candidat à la Préhencelle,
03:37il va être président de la République dans quelques mois,
03:38c'est pas rien,
03:39qui parle de vos confrères de BFM TV
03:41en disant, allez faire du racisme ailleurs,
03:43laissez-nous la paix, laissez-nous la paix,
03:45laissez-nous la paix.
03:46Donc on est quand même sur des gens
03:48qui attisent la violence,
03:49qui n'ont absolument aucun problème à ce qui est de la casse,
03:52qui d'ailleurs ont des problèmes à la condamner,
03:53qui n'arrivent pas à condamner la violence
03:54et qui ont une responsabilité politique, je crois, immense
03:57dans ce qui est en train de se jouer dans le pays.
03:58En attendant, ça se poursuit,
03:59je donnais les prochaines échéances.
04:01Antoine Jumel, comment s'en sortir ?
04:04Comment l'exécutif peut faire pour sortir de cette crise ?
04:07Parce que certes, il y a un petit essoufflement,
04:09mais ça continue.
04:11Exactement.
04:11On a vu de très très grosses violences
04:13le samedi et le dimanche,
04:15le week-end du 17 octobre.
04:17Donc là, il y avait premièrement l'impératif
04:19de mettre une réponse sécuritaire.
04:20On a vu sur les deux derniers week-ends
04:22que celle-ci avait été massive,
04:24qu'elle avait pu à la fois protéger
04:27nos commerçants et nos riverains,
04:28également les manifestants.
04:30Ils ont pu se remettre à manifester
04:32et à défendre leur position.
04:34Donc premièrement, il fallait une réponse sécuritaire.
04:36Maintenant, elle est sur la table, elle est à portée.
04:38Et deuxièmement, il faut que le gouvernement soit capable
04:40d'ouvrir la porte, soit capable d'écouter cette jeunesse
04:43et de leur dire, mettons-nous autour de la table,
04:46discutons de certaines mesures,
04:47que ce soit sur l'accompagnement dans votre orientation,
04:50le nombre de places par formation...
04:52Est-ce que vous considérez aussi que ce qui a déjà été annoncé
04:54n'est pas suffisant ?
04:55Il faut premièrement une réponse sécuritaire,
04:58elle a eu lieu.
04:58Deuxièmement, une réponse politique.
05:00Ensuite, il faut que les manifestants et les étudiants
05:03soient capables aussi de leur côté d'appeler au calme,
05:05de se mettre autour de la table et de regarder comment avancer
05:08et comment mettre en place ces solutions-là.
05:10En sachant que pour le gouvernement, il y a trois difficultés.
05:13La première, c'est le temps.
05:14On va rentrer dans une séquence budgétaire
05:15qui va être très mouvementée.
05:17Ensuite, c'est la confiance.
05:18La confiance du gouvernement est érodée.
05:21Et puis, finalement, le contexte budgétaire
05:23pèse aussi sur ces mesures-là.
05:25Donc, on est dans ce contexte-là.
05:26Mais il faut, je pense, que le gouvernement ouvre la porte
05:28et avance sur le sujet avec les lycées.
05:31Donc, les réponses données jusque-là
05:32sont, selon vous, pas suffisantes.
05:35Remplacement d'ici 2028 de parcours sup,
05:37500 postes de professeurs créés au lycée,
05:4015 000 places supplémentaires pour les filières professionnelles,
05:43BTS, IUT, 4 milliards pour la rénovation du bâti.
05:46Il faut qu'il aille encore plus loin ?
05:48Elles vont dans le bon sens.
05:49Ensuite, elles se mesureront sur leur satisfaction
05:52à l'aune de ce que pensent les lycéens
05:56et les personnes qui sont dans la rue.
05:57Pour ça, il faut qu'il y ait un retour au calme.
05:59Il faut qu'il puisse y avoir une discussion autour de la table.
06:01Et c'est eux aussi qui seront capables de dire
06:03« Je suis satisfait, je ne suis pas satisfait.
06:05Allons plus loin sur ce sujet. »
06:07Pour cela, il faut qu'il y ait un dialogue.
06:08Il faut qu'on retrouve du calme
06:10et qu'on puisse amorcer une réponse politique.
06:12Jennifer, à ce que faire de plus
06:14pour que les lycéens soient satisfaits
06:18et que ce mouvement, le mouvement lycéen, du moins, prenne fin ?
06:22Alors, moi, je crois justement
06:23que le gouvernement a beaucoup écouté les jeunes.
06:26Beaucoup les jeunes de gauche et d'extrême-gauche.
06:28Pardonnez-moi de vous le dire.
06:29Il y a des personnes qui ne font pas du tout partie
06:31de ces négociations et qui ne font pas partie de ces débats.
06:33Il y a toute une jeunesse.
06:34Et vu que vous avez parlé d'un sondage,
06:36il y a un autre sondage dont je voudrais parler
06:38qui montre qu'une majorité des jeunes
06:41sont favorables à la sélection à l'université.
06:43Ces jeunes-là, personne n'en parle.
06:45Vous avez un tas de jeunes
06:47qui ne sont pas dans la rue aujourd'hui.
06:48Ça ne veut pas dire que je méprise ceux qui le sont.
06:50Ils ont tout à fait le droit tant que c'est pacifique
06:53et tant qu'il n'y a pas de violence.
06:54Mais regardez, ils vous disent
06:56on va continuer le combat
06:57tant que le gouvernement ne cédera pas.
06:59Ils veulent, on va prendre leurs mesures d'urgence,
07:02parce qu'ils appellent ça les mesures d'urgence,
07:04250 000 places supplémentaires dans le supérieur.
07:07On est à côté de la plaque.
07:08Pourquoi faire ? Dans quelle filière ?
07:10On a déjà une université aujourd'hui
07:12qui est en grande difficulté.
07:14Vous avez un étudiant sur deux
07:16qui sort de l'université 5 ans plus tard sans diplôme.
07:19C'est ça le sujet.
07:20C'est qu'on a menti aux jeunes
07:22en les envoyant vers le bac général,
07:24en les envoyant vers l'université,
07:26en leur faisant croire que c'était le seul horizon vers la réussite.
07:29Et on se réveille aujourd'hui en se disant
07:30finalement il n'y a pas assez de place
07:32et on essaye de trouver des solutions
07:33à un problème inexistant pour moi.
07:36Donc on regarde les mesures d'urgence.
07:38J'ai regardé avec attention
07:39les revendications par exemple de l'union étudiante.
07:43Vous avez dans la dixième mesure d'urgence,
07:46je vous invite à aller regarder ça,
07:47c'est mettre fin à la répression étudiante
07:49et aux violences policières.
07:51Moi ce que j'attends du gouvernement
07:52c'est qu'il dise à un moment
07:54il ne faut pas dire n'importe quoi.
07:55Moi je veux bien qu'on discute sur le bâti scolaire
07:57et évidemment regarder là où il y a des problèmes.
08:00Je veux bien qu'on discute des filières,
08:01je veux bien qu'on discute orientation, parcours sup.
08:03Mais à un moment il va falloir respecter nos forces de l'ordre.
08:07Pour le coup là-dessus le gouvernement s'exprime
08:09et explique bien qu'il n'y a pas de répression policière.
08:12Bien sûr, sauf que j'ai entendu le président de la République
08:13nous dire que le gouvernement allait finalement se calmer,
08:17pardon, que la mobilisation allait se calmer d'elle-même
08:20parce qu'il allait répondre aux attentes.
08:22Sauf que que ce soit les attentes des étudiants et lycéens
08:25qui sont exprimés et qui pour moi ne sont pas celles de la majorité,
08:28mais bon ça c'est autre chose,
08:29que ce soit les attentes des syndicats sur le travail notamment,
08:33vous regardez aussi leurs mesures exigées,
08:37vous avez tout un tas de mesures
08:39qui pour moi seraient catastrophiques pour notre pays,
08:42on peut en reparler,
08:42mais par exemple on nous parle de taxe Zuckman,
08:44de rétablissement de l'ISCF, de blocage des prix.
08:47On va revenir sur les questions du pouvoir d'achat un peu plus tard.
08:50Oui, en tout cas ce n'est pas juste des mesures d'urgence,
08:52c'est aussi un projet présidentiel.
08:53Là derrière on a carrément un programme présidentiel,
08:55donc moi je ne suis pas du tout fermée à ce qu'on débatte de ces sujets,
08:57mais ce n'est pas uniquement des mesures d'urgence.
08:59C'est aussi une base de négociation,
09:01et ensuite c'est le jeu.
09:02Mais il va falloir écouter tous les Français.
09:04On va écouter, tiens,
09:06l'un des membres de l'union syndicale lycéenne sur la suite du mouvement.
09:09Vous allez entendre leur détermination, pardonnez-moi.
09:13On appelle les lycéennes à s'organiser,
09:15à faire des assemblées générales,
09:16à discuter, à débattre,
09:17et puis à voter s'ils feront oui ou non un blocus le mardi.
09:20Aujourd'hui on a un rapport de force qui est en augmentation,
09:23et c'est le seul moyen qu'on a de se faire entendre.
09:25Le gouvernement a commencé à céder,
09:26on a eu des premières victoires,
09:27des premières réussites assez concrètes.
09:29Donc on pense qu'on peut avoir beaucoup plus si on continue,
09:31et si on s'y met un bon coup tous ensemble,
09:34on pourra avoir des vraies victoires.
09:36Et nous on a 10 revendications,
09:36il faut qu'elles soient écoutées.
09:37Tant qu'elles ne sont pas écoutées,
09:38on continuera à se mobiliser.
09:40On continuera à se mobiliser.
09:41Ami Nathania Katté vient de nous rejoindre,
09:43porte-parole les écologistes et adjointes au maire de Paris.
09:45Bonjour et bienvenue.
09:47Vous les appelez à continuer le mouvement ?
09:49Moi je comprends en tout cas la mobilisation de la jeunesse,
09:52ils demandent des choses assez simples.
09:53Et c'est vrai que finalement la mobilisation devient le sujet,
09:56alors qu'en réalité la mobilisation n'est que le symptôme
09:58d'une non-réponse politique à des revendications.
10:01Vous dites qu'ils demandent des choses assez simples,
10:02ils demandent 10 milliards, est-ce que c'est réaliste ?
10:04En tout cas, on a trouvé de l'argent magique
10:06pour aider les commerçants pendant le Covid.
10:08Là aussi, pour soutenir les commerçants, les artisans,
10:13on mobilise des fonds, des moyens.
10:15Donc je pense que mobiliser des fonds pour la jeunesse,
10:18qui sont l'avenir de la France,
10:20je pense que c'est quelque chose qui se regarde.
10:22Donc ce début de réponse politique qu'on évoquait,
10:26il y a déjà des choses qui ont été mises sur la table.
10:294 milliards pour la rénovation du bâti,
10:3115 000 places supplémentaires en BTS, on le disait.
10:34Parcoursup, qui était pourtant, on le pensait,
10:36le totem remplacé en 2028.
10:40Tout ça, ça ne suffit pas.
10:41Remplacé, mais remplacé par quoi ? On ne sait pas.
10:42Est-ce que ce sont des humains qui vont faire l'orientation
10:45de ces jeunes ou est-ce que ce sont des algorithmes ?
10:47Vous vous souvenez de cette anecdote avec cette étudiante
10:49qui avait mis une recette de cuisine dans sa lettre de motivation
10:51et qui avait été reçue sur un parcours pour devenir psychologue ?
10:55Je pense que remplacé, c'est une réponse un peu comme ça.
10:59Mais remplacé par quoi ?
11:01Moi, je suis assez curieuse de le savoir.
11:02Amandine Atalaya, on a quand même l'impression
11:04d'un gouvernement qui est coincé.
11:06Comment va-t-il pouvoir sortir de cette situation ?
11:10Ça va être très compliqué parce qu'il a peu de réponses
11:12sur la crise lycéenne.
11:14Il n'entend pas aller beaucoup plus loin, a priori.
11:16Il estime que ce qu'il a donné, c'est déjà pas mal
11:20et il compte sur le fait que maintenant, ça s'affaiblisse.
11:23Et sur le plan du pouvoir d'achat, les réponses sont minces aussi
11:27en raison, à cause des difficultés budgétaires, tout simplement.
11:31On parle notamment d'avancer l'indexation du SMIC sur l'inflation
11:36au mois de décembre au lieu du 1er janvier 2027.
11:40Bon, ça fait quelques dizaines d'euros en plus pour les ménages.
11:45Ce n'est pas une énorme différence.
11:47Sur le carburant, il a fait la libération des stocks stratégiques
11:50pour faire baisser les prix du diesel.
11:52On voit d'ailleurs les premiers effets.
11:55Il est un peu coincé.
11:56C'est en plus un président qui est en fin de règne,
12:00qui a perdu une grande partie de son autorité,
12:03qui a perdu une grande partie de son pouvoir, ça on le sait,
12:05avec une majorité à l'Assemblée qui a disparu.
12:09Donc c'est extrêmement compliqué pour lui de donner
12:12beaucoup de contenu politique, même si ce matin encore,
12:14l'exécutif nous redit que la solution à cette crise sera politique.
12:19Il y a eu un effet de surprise quand même de la part du gouvernement
12:22d'assister à ces manifestations d'ampleur à six mois des élections.
12:27C'est quelque chose qu'il n'avait pas prévu.
12:28Non, il ne l'avait pas du tout prévu.
12:29Et d'ailleurs Emmanuel Macron lui-même l'a dit.
12:31Vous savez, quand il dit qu'il n'est pas normal que le pays
12:33soit en ébullition à six mois d'une élection présidentielle,
12:36il dit que ça n'est jamais arrivé.
12:37Et les sondeurs le confirment.
12:38Ils expliquent tous que normalement à quelques mois d'une élection présidentielle,
12:42le pays est calme, c'est une phase d'apaisement
12:44parce qu'on sait que par les urnes, à un moment donné,
12:46des solutions vont arriver.
12:48Donc on vit une situation qui est vraiment exceptionnelle.
12:51Et à vrai dire, le gouvernement était convaincu
12:54que les Français étaient lassés et résignés,
12:55il y a encore quelques mois de ça,
12:57et il ne pensait pas que la colère se manifesterait aussi fort dans les rues.
13:00Est-ce que ça se joue réellement encore dans la rue à six mois de la présidentielle ?
13:03Est-ce qu'il ne faudrait pas attendre qu'un nouveau président arrive,
13:08qu'un nouveau gouvernement prenne les rênes et fasse les réformes souhaitées ?
13:14Moi je pense que quand on a du mal à boucler les fins de mois,
13:17six mois, c'est peut-être pas audible pour les personnes qui sont un peu à cran.
13:22Et après, moi j'ai aussi le sentiment que ces mobilisations ont vraiment égrené
13:27tout le mandat Macron, on a eu les gilets jaunes,
13:29on a eu les mouvements contre la réforme des retraites,
13:32le mouvement des agriculteurs,
13:33enfin vraiment ça a été presque une façon de gouverner.
13:36Et tous les ans, il y a eu des vagues de mobilisations extrêmement fortes
13:40pour contester et critiquer la manière d'Emmanuel Macron de gouverner.
13:46Il y a une grosse incertitude aussi sur ce qui va arriver dans six mois.
13:50Voilà, bien malin celui qui peut prédire ce qui va se passer.
13:52Et ce qui va arriver surtout la semaine à venir,
13:53qui s'annonce quand même particulièrement chargée.
13:56Non, il faut bien se rendre compte quand même que
13:59ces lycéens ont découvert qu'ils étaient une force.
14:02C'est pas rien, je veux dire, ça peut vous en donner encore plus,
14:06voire vous monter la tête.
14:07En tout cas, c'est important, je veux dire.
14:09Et puis s'ils ont découvert qu'ils étaient une force,
14:10et pas cette fois pour se mobiliser pour la retraite ou des trucs comme ça,
14:15mais pour des revendications auxquelles ils se tiennent
14:17et qui sont populaires, contrairement un peu à ce qui a été dit d'eux,
14:21ils ont en face d'eux un pouvoir qui est faible et qui risque,
14:24après l'élection présidentielle, de devenir un pouvoir fort qui ne les écoutera encore moins.
14:29Donc ils ont toutes les raisons objectives et subjectives d'essayer de mettre le paquet
14:33et d'obtenir plus que ce qu'ils ont obtenu jusqu'ici.
14:36Alors je ne dis pas qu'ils obtiendront.
14:37En tout cas, c'est le moment pour eux, ou jamais.
14:40Ils y croient encore, ils ont raison d'y croire, Antoine Jumel,
14:42ils peuvent vraiment obtenir plus sur le plan politique ?
14:47Sur le plan, mais c'est ce qu'ils vont essayer de faire.
14:50Ce qu'il faut voir également, c'est qu'effectivement,
14:52on est à six mois d'une élection présidentielle.
14:54Si tout cela dégénère, on va leur voler leurs revendications.
14:58Donc ils ont aussi quand même, je pense, intérêt à ce qui est dans une moindre mesure du calme
15:03et qu'ils puissent justement dialoguer et que le gouvernement, je le disais juste avant,
15:07soit capable d'ouvrir la porte et d'apporter certaines réponses.
15:10En sachant aussi que ces revendications-là ne sont pas seulement d'ordre lycéenne.
15:16Il y a une sédimentation des revendications.
15:18Elle touche également la vie chère, l'insertion sur le marché du travail.
15:23Également le sentiment que les citoyens ne sont pas assez associés sur ce qui se passe au niveau politique.
15:27C'est-à-dire qu'ils disent, moi, je peux vivre, avoir des idées.
15:30Elles ne sont pas assez prises en compte.
15:31La politique ne part pas assez du terrain.
15:33Donc il y a toutes ces revendications-là qui se fusionnent aujourd'hui à six mois d'une présidentielle.
15:38L'objectif, c'est qu'elles puissent, à très court terme, sur des questions de pouvoir d'achat,
15:41on y reviendra, trouver certaines réponses.
15:44Mais ensuite, qu'il y ait véritablement des projets politiques qui s'affrontent pour 2027,
15:48pour l'avenir de notre pays et avec des réponses très précises sur ces revendications-là.
15:52Guilhem Carayan.
15:53Je crois que dans cette crise, on voit aussi qu'il y a deux Frances qui se posent.
15:56Il y a une minorité qui est très bruyante et qui est représentée très bien
15:59par ces syndicats qui sont très souvent d'extrême-gauche et qui ont beaucoup de revendications
16:03qui sont, selon moi, parfaitement inapplicables.
16:06On parlait tout à l'heure de lutter contre la répression policière à l'égard des étudiants.
16:10Ce ne sont pas des revendications de fond pour le pouvoir d'achat des jeunes,
16:13pour les étudiants, pour les lycées.
16:15Pour l'instant, ça n'a rien à faire dans le domaine des revendications légitimes.
16:18Mais je crois qu'il y a une autre France, qui est une France qui est peut-être la majorité
16:22silencieuse,
16:23qui ne casse pas, qui ne proteste pas, qui se prépare sûrement à voter pour Marine Le Pen
16:26dans six mois d'élection présidentielle, qui n'en prend pas rien dans le pays.
16:29Il y a 35% des Français qui veulent voter pour elle au premier tour.
16:32Il y a 70% des Français qui veulent voter pour elle si demain elle est opposée à Jean-Luc
16:35Mélenchon,
16:36qui est quand même son opposant principal.
16:37Et ces gens-là, ils en ont marre de voir à quel point le gouvernement est complètement dépassé
16:41et ne fait rien. Il y a eu deux fois où le président de la République est intervenu dans cette
16:45crise.
16:45Ça a été, il y a quelques semaines, pour dire aux forces de l'ordre,
16:47il faut faire preuve de plus d'empathie à l'égard des manifestants.
16:50C'est quand même horrible de dire ça à des forces de l'ordre qui se réveillent tous les samedis
16:53pour aller faire le sale boulot, aller se faire caillasser, aller se faire attaquer.
16:58Il faisait référence à certaines techniques du maintien de l'ordre qui ont été très critiquées.
17:02Il y a plus d'une centaine d'enquêtes menées par la police, des polices, l'IGPN.
17:07C'est très bien pour le travail et à chaque fois qu'il y a des violences de la part
17:10de policiers
17:11qui se sortent du cadre, elles sont traitées et les policiers sont condamnés.
17:13Donc pour moi, le sujet, il n'est pas là.
17:15Pour moi, le sujet, il est dans le fait qu'on a des forces de l'ordre,
17:17des gens qui nous protègent, qui évitent que le pays tombe dans l'insurrection totale
17:19et qui se font incendier comme hier, ça a été le cas.
17:22Il y a des enquêtes qui ont été ouvertes hier parce qu'il y a des cocktails Molotov
17:25qui ont été balancés sur des flics.
17:27Une enquête a été ouverte pour tentative d'homicide sur personnes dépositaires.
17:31C'est ce copain Molotov qui a été envoyé sur la jambe d'un gendarme qui sécurisait la zone.
17:39Il faut que la réponse pénale soit à la hauteur parce qu'on ne peut pas aujourd'hui
17:42faire en sorte que ceux qui protègent les Français, ceux qui éteignent les incendies,
17:45les pompiers sont aussi attaqués, ceux qui transmettent les savoirs fondamentaux,
17:47les professeurs sont aspergés d'essence.
17:49Ça a été le cas il y a quelques semaines.
17:50On arrive quand même à un degré de violence qui est inacceptable
17:52et le gouvernement doit mettre en place une réponse pénale qui est à la hauteur.
17:571190 policiers et gendarmes blessés depuis le début du mouvement.
18:00On le rappelle aussi depuis la mi-septembre.
18:02On marque une très courte pause.
18:03On va revenir notamment sur les mesures pour pouvoir d'achat.
18:07Y aura-t-il un coup de pouce supplémentaire comme on l'évoquait annoncé jeudi prochain ?
18:11On y revient dans un instant.
18:12A tout de suite.

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