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Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:03On est avec Alain Fontaine, président de l'association maître des maîtres restaurateurs,
00:09Olivier Guenek, qui est un jeune et qui vient de la région, de la province,
00:13la première question qu'il vous pose, et peut-être que lorsqu'on est plus âgé et plus installé dans
00:17la vie,
00:18on regarde moins l'addition, mais la première chose qu'il vous a dit, voilà, c'est cher.
00:21Non mais dans certains bistrots c'est très cher.
00:23Ça dépend où c'est cher.
00:24Non mais c'est abusé, dans certains, dans certains bistrots.
00:27Ça dépend où c'est.
00:28C'est sûr que, par exemple, un jeune couple de 25-30 ans, qui commence dans la vie,
00:35quelle est la somme qu'il peut se donner par mois pour aller au restaurant ?
00:41Est-ce que vous l'avez calculé ?
00:42Alors, en ce moment de moins en moins, parce que c'est pour ça qu'on a des problèmes de
00:46fréquentation en ce moment,
00:47mais ils vont aller au restaurant maintenant plus qu'une ou deux fois par mois, pas plus, c'est ça
00:53qu'il faut voir.
00:54Et s'ils se trompent, c'est-à-dire qu'ils voient le bistrot et que c'est de la
00:57bistronomie,
00:58ils vont payer 80-90 euros, qui n'a rien à voir avec le prix d'un bistrot et d
01:02'un café.
01:02Bistrot et café, les vrais bistrots, vous avez le plat du jour pour 16, 15, 17 euros.
01:09Chez nous, on mange par exemple le plat du jour avec le café et puis une boisson pour 16 euros.
01:14C'était quoi le plat du jour aujourd'hui ?
01:15Le plat du jour, j'ai fait du haddock et cervellat, donc terre-mer, sur un lit de choucroute et
01:21avec un beurre au wrestling.
01:22J'ai bien fait de ne pas venir.
01:23C'est bon le haddock, arrêtez !
01:26C'est très bon le haddock !
01:28C'est très bon ça.
01:29C'est bon.
01:30Mais le plat principal, c'était quoi ?
01:35L'entrée, c'était le poumon, mais je n'ai pas que ça.
01:37J'ai la carte avec de la tête d'eau, j'ai de la côte de bœuf, j'ai du
01:42faux filet.
01:42Là, vous êtes ouvert du lundi au dimanche.
01:44Du lundi au dimanche ?
01:45De 7h du matin jusqu'à 23h.
01:48Mais c'est vous qui faites la fermeture tous les soirs ?
01:49Non, j'ai deux équipes, voire trois même des fois.
01:53Bon, et alors, le plat du jour, il change ?
01:56Tous les jours.
01:56Oui, par définition, mais est-ce que chaque semaine, par exemple le vendredi, il y a le même...
02:00Non, je ne fais pas revenir les choses.
02:03Certains le font.
02:04Est-ce que vous faites du hachis parmentier ?
02:05Alors, j'en ai fait hier, c'était mon plat du jour.
02:11Et c'est du hachis parmentier ?
02:12Oui, je le fais dans le filet, je reprends toutes les parures de filet de bœuf et du faux filet,
02:17et je le fais avec la graisse de canard pour qu'il soit plus onctueux.
02:21Et ça, vous ventez ça combien ?
02:23Le prix au bar et au c'est à 16 euros,
02:26autrement, assis à table dans la salle du restaurant, je dirais du bistrot, c'est 20,50 euros.
02:31Donc ça, c'est raisonnable quand même.
02:32Avec une petite salette croquante.
02:33Vous trouvez que c'est raisonnable ou pas ?
02:34Même si on avait déjà eu ce débat tous les deux, est-ce que vous trouvez que c'est raisonnable
02:37?
02:38Sans les vins ?
02:39Sans les vins, hein ?
02:40Là, on n'a pas du tout.
02:41Avec un café.
02:42Avec le vin, sous côté bas.
02:43Tout le monde ne peut pas se permettre de mettre 20 euros pour la supermentier.
02:47C'est en dessous du prix d'un titre restaurant.
02:48Non, mais lui, il veut aller manger chez Masterpoulet.
02:51Non, mais vous ne vous rendez pas compte ?
02:52Non, mais vous ne vous rendez pas compte ?
02:53Pour certains jeunes, mais si, on a eu la discussion déjà.
02:55Pour certains jeunes, tu montes vite à 30, 40 euros et c'est compliqué, c'est tout.
02:59Mais en plus, vous le comprenez, ça.
03:00Bon, là, quel âge ont les gens qui sont dans votre bistrot ?
03:04Alors, chez nous, on est dans une fourchette entre 30 et plus, parce qu'on fait beaucoup d'abats
03:12et les retraités recherchent dans les restaurants qui en font de moins en moins les abats.
03:19Parce que les abats, c'est très bon.
03:21Mais les jeunes aiment ça, les abats, les rognons, tout ça.
03:23Alors, les abats, ils les découvrent.
03:23C'est ça qui est extraordinaire.
03:24Et il y a des découvertes incroyables sur du riz de veau, sur du foie de veau, sur du poumon,
03:31sur le poumon de bœuf.
03:32Ça, c'est pas...
03:33C'est extraordinaire.
03:34Vous aimez ça ?
03:35Ça dépend comment c'est cuisiné.
03:36Moi, j'aime, les gens aiment.
03:37Mais alors, il faut bien les cuisiner, si vous avez raison de le dire.
03:39Il faut savoir les cuisiner.
03:40Alors, cuisiner les abats, c'est pas...
03:42C'est un tablier de sapeur.
03:43Un poumon.
03:44Le poumon de bœuf, oui.
03:46Braisé, revenu au vin rouge, avec une petite persillade.
03:49Vous avez le tablier de sapeur à Lyon, qui est un des abats phares de la ville de Lyon,
03:54et que je fais également, je t'ai fait dans mon restaurant.
03:57Ça me dit pas un petit poumon frite ?
03:59Je vais vous dire quelque chose.
04:00La terre de veau, c'est très bon, parce qu'il y a du collagène dedans.
04:03Et c'est très bon.
04:04On va en manger.
04:04Est-ce que vous faites des frites ?
04:07Est-ce que vos frites, par exemple, vous avez trouvé une recette ?
04:11Qui vous est personnelle, et qui fait que vos frites sont réputées ?
04:15Mes frites sont réputées, je les fais à la graisse de bœuf.
04:18Je ne te laisse pas l'huile.
04:19Je fais comme en Belgique.
04:20Alors les frites, on les fait maison, évidemment.
04:23On achète des pommes de terre, qu'on épluche, voilà.
04:25Et on les fait à la graisse de bœuf, ça change tout.
04:28Il n'y a pas d'huile, si vous voulez.
04:29Café et bistrot, la plus belle histoire d'amour des Français, un patrimoine mondial immatériel.
04:34C'est vrai que d'abord, la couverture est très belle, et on aime ces endroits-là.
04:38Quand tu as en France 22 000 communes qui n'ont plus de bistrot ni de café, à qui on
04:42parle,
04:43on a laissé grandir des désertes de sociabilité.
04:45Que les gens y soient favorables ou non, n'est plus qu'une part du problème,
04:49puisqu'ils ont de moins en moins le choix, que ce soit dans une ruralité désertée,
04:53dans des périphéries dortoirs ou dans des centres-villes fantomatiques.
04:56On reste désormais chez soi à parler devant des boîtes connectées ou à regarder des écrans sans maudire.
05:01La vérité, c'est que pourquoi ils ont fermé ces bistrots ?
05:04C'est que ce n'était pas rentable ? Les gens n'arrivaient pas à gagner de l'argent ?
05:07Il y a deux choses.
05:08Oui, alors, il y a deux choses.
05:09Il y a l'aspect politique, c'est-à-dire qu'à un moment donné, dans les régions et dans
05:13les municipalités,
05:15ils ne se sont pas perçus que les commerces, c'était l'âme du village.
05:18Et ils n'ont pas fait les efforts que maintenant ils les font.
05:21Les municipalités ont pris ça en main.
05:23D'ailleurs, la loi Casbarian est passée la semaine dernière pour obtenir une licence 4 plus rapidement.
05:29Il y a eu la déruralisation, il y a eu la désindustrialisation.
05:33Et on a laissé faire les choses.
05:35Et petit à petit, ces métiers qui étaient durs, c'est les anciens qui le faisaient.
05:39Puis les anciens, ils ont fermé sans pouvoir revendre.
05:41Parce que les jeunes n'étaient plus là et qu'on était, je veux dire, dans les années 60, 70,
05:4880, et plus loin encore, c'était autre chose.
05:51On pensait que les choses étaient pérennes et qu'il y aurait toujours quelqu'un pour reprendre un commerce.
05:55Et puis d'un seul coup, c'est 23 000 communes.
05:57C'est ce qu'on appelle la diagonale du vide.
06:00Et moi, je le dis dans le livre aussi, c'est une discrimination sur la sociabilité.
06:05Vous avez des gens dans les villes ou les petites villes, ils ont le droit d'être ensemble.
06:08Ils ont le droit de se voir, de se regarder, de parler.
06:10Et puis vous avez des pleins de villages où on n'a plus le droit de faire ça.
06:14Alain Fontenay est avec nous.
06:15Il est chef cuisinier, maître restaurateur français, célèbre pour être le propriétaire du bistre parisien Le Mesturet.
06:21Je l'ai dit.
06:22Un jeune qui voudrait s'installer, par exemple, et qui n'a pas forcément beaucoup d'argent.
06:27C'est une mise de fond dans Paris, dans un quartier qui ne serait peut-être pas le huitième arrondissement,
06:33ni les quartiers les plus huppés de la cathédrale.
06:37Mais c'est un ticket d'entrée de combien à Paris ?
06:39Si c'est à Paris, ça peut être cher.
06:42Vous comptez d'abord parce qu'il y a l'licence 4 qui est très chère à Paris.
06:46Pour vous donner une idée, une licence 4, ça peut être dans certains villages de France, 1500 euros.
06:51Sur Paris, elle peut faire, on citait des adresses tout à l'heure,
06:54elle peut faire 25, 30, 40, 45, d'accord ?
06:57Et la mise de fond, pour avoir un bistrot qui tourne, c'est environ 500 000 euros.
07:02Donc sur Paris, c'est cher.
07:04Et en province ?
07:06En province, d'abord, vous trouvez des aides facilement.
07:09Les municipalités, si vous rentrez dans un village où effectivement la municipalité recherche à permis de son village,
07:15dans ce cas-là, vous aurez des franchises de loyers, vous aurez plein de choses.
07:18Et puis vous avez les régions qui vous aident, les chambres de commerce.
07:20Vous avez par exemple Mille Bistro qui peut vous aider.
07:23Mille Bistro qui a été créé il y a quelques années par le groupe SOS, ça peut vous aider.
07:27Il y a aussi Bistro de Pays qui est une association qui est très intéressante et qui peut vous aider.
07:33Favorisons les bistrots de province.
07:35Café et Bistro, la plus belle histoire des Français.
07:37Vraiment, c'est un bonheur.
07:38À chaque fois, de toute façon, c'est un bonheur de vous voir.
07:40Et c'est vrai que c'est des endroits absolument magnifiques.
07:44On a la chance de les avoir.
07:45Nous avons nos plus belles histoires et parfois des histoires d'amour, des rendez-vous.
07:49Ah oui, souvent, évidemment.
07:50Ça s'en va chez vous, je vais venir.
07:51Évidemment.
07:52Pas que chez moi.
07:54Il va être 17h55, passer un excellent week-end.
07:57Et Hélène Rouet dans une seconde.
08:00Pour Europe 1 Soir, c'est les Pascal Fraud sur Europe 1.
08:02Sous-titrage Société Radio-Canada
08:06Sous-titrage Société Radio-Canada

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